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 C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]

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MessageSujet: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Mar 13 Avr - 11:21

Plusieurs semaines étaient passées depuis le bal de Noël et pourtant, Anabelle se traînait encore comme une âme en peine dans le château au grand dam de Crivey auquel elle faisait de la concurrence. Depuis le fiasco du Réveillon et le baiser qu'Adrien lui avait volé (si, si, volé, parfaitement !) au détour d'un couloir, les deux Poufsouffles étaient en froid. Comprenez par là qu'Anabelle s'efforçait autant que possible d'éviter son camarade, opération d'autant plus délicate que non seulement ils étaient dans la même maison mais en plus, ils étaient dans la même maison. Encore une chance qu'ils n'aient pas choisi exactement les mêmes options ! Mais la jeune fille devait bien reconnaître qu'elle en était réduite à des extrémités quelque peu ridicules pour ne pas se retrouver confrontée à Adrien. La veille, par exemple, elle avait préféré aller déjeuner à la table des Serdaigles ("Ooooh ! Juliet, y'a un truc que je n'ai pas très bien compris au dernier cours de DCFM, tu pourrais m'expliquer, vite fait ?"). L'avant-veille, elle avait tellement repoussé le moment de descendre dîner que finalement, lorsqu'elle s'était enfin décidée à entrer dans la Grande Salle, il ne restait plus rien à manger. La semaine passée, durant les interclasses, elle se cachait derrière Cody, dans l'espoir qu'Adrien ne puisse pas la repérer. Elle avait même passé deux heures coincée dans la vieille armoire de la salle commune de Poufsouffle (celle qui ne contenait plus que des parchemins tombant en décrépitude et des robes moisies) parce que son ex meilleur ami était revenu de cours plus tôt qu'elle ne l'avait prévu.
Le pire, c'était qu'à ses yeux du moins, le mufle semblait se moquer comme d'une guigne du malaise de la brunette et des efforts désespérés qu'elle était obligée de déployer quotidiennement pour s'épargner la douleur d'une conversation. Car après trois années pleines d'amitié et de complicité, comment ne pas souffrir de retomber dans des platitudes du style "Bien dormi ? Tiens, passe-moi la marmelade...".

*Pffff, en fait j'avais raison, il s'en fout de moi... A tous les coups, il tente déjà sa chance avec d'autres...* songeait-elle ce jour-là, en montant d'un air malheureux l'escalier qui conduisait à la volière.

Etonnamment, les événements du mois de décembre avaient eu pour conséquence de renforcer le lien de fraternité apaisée qui existait désormais entre Quentin et Anabelle : les lettres que les deux Montgomery échangeaient se faisaient de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu'Ana s'isolait de ses petits camarades. Car la jeune fille n'évitait pas uniquement Adrien, loin de là ! En réalité, elle avait cessé de fréquenter une bonne partie des Poufsouffles, convaincue qu'elle était que tous savaient depuis longtemps qu'Adrien en pinçait pour elle. Han ! Soit disant qu'ils étaient ses amis et personne, non, personne ne l'avait mise en garde ! Poufsouffle maison de la loyauté, tu parles ! Quant aux Gryffondors... Nul doute que Fred était au parfum depuis belle lurette et avait fait passer le mot dans sa maison. Les Serpentards, Ana ne les fréquentaient pas de base donc... Donc il ne restait plus guère que les Serdaigles avec lesquels elle pouvait frayer. D'ailleurs, Anabelle s'était arrangée pour effectuer ses rondes avec Juliet ou Enry, et non plus avec Elizabeth, comme de coutume.

En cette frisquette matinée, donc, Anabelle avait quitté sa salle commune bien avant que le reste de sa maison soit éveillée pour envoyer une nouvelle missive à son aîné. Non pas Edward, l'autre. La volière avait au moins ceci d'appréciable qu'elle était tellement couverte de fientes malodorantes et ouvertes aux quatre vents qu'il était rare d'y croiser des élèves en hiver, a fortiori au petit matin !
Fronçant le nez d'un air vaguement écoeuré (quand même, l'odeur du cadavre de souris avant le petit-déjeuner, ce n'était pas l'idéal !), la Poufsouffle s'avança précautionneusement dans la volière pour s'approcher de l'endroit où les hiboux de l'école sommeillaient ou, plutôt, digéraient leur repas de la nuit. Du bout de l'index, Ana asticota la grosse chouette tachetée à laquelle elle avait l'habitude de confier ses messages jusqu'à ce que le volatile daigne tendre une patte.

- Rhâlala, t'as pas l'air très motivée, mais en même temps, ça va faire passer les bestioles que tu as boulotté pendant la nuit, tu vas voir... En plus, Quentin a toujours du Miam-Hibou chez lui... précisa-t-elle, tout en s'efforçant d'attacher sa lettre à la patte de la chouette.
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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Mar 13 Avr - 22:11

Depuis Noël, Anabelle l’évitait et contre toute attente, Adrien ne le vivait pas si mal que ça. Il était plutôt résigné sur le sujet et surtout, il était décidé à ne pas céder. En revanche, il fut assez étonné que non contente de l’ignorer lui, elle ignore presque tout le monde ! ça ne faisait qu’accentuer aux yeux de tous combien ils étaient en froid et au bout d’un moment, quelques Poufsouffles vinrent poser des questions à Ady. « Vous traînez plus ensemble Montgomery et toi ? » Ce à quoi il répondit calmement « Non, nous avons une divergence de point de vu.
- Et c’est tout ?
- Oui, c’est tout. Je ne veux pas céder, pas cette fois, et je crois qu’elle ne l’accepte pas. C’est la vie les gars. »

Le temps passait et ça ne s’améliorait pas. Il ne faisait rien pour, c’est vrai. En même temps, qu’est-ce que Ana’ voulait ? Qu’il lui jure sur Merlin qu’il ne l’aimait pas et qu’il lui avait fait une blague de mauvais goût ? Nan, même elle, elle n’y croirait pas. Elle était aveugle mais peut-être pas à ce point là. En tout cas, sans Anabelle à qui plaire, Ady se lâchait sur les accessoires. Il s’était fait un autre piercing à l’oreille, la même d’ailleurs, il n’aimait pas l’idée de portait des boucles aux deux oreilles, ça faisait trop filles, et il avait mis une plus grosse chaîne qu’auparavant.

Ce matin là, il ne portait même pas l’uniforme. Il portait un jean baggy et un tee-shirt moulant blanc. Il gravissait les marches avec entrain pour poster une lettre pour sa mère avant d’aller s’entraîner pour sa chorégraphie avec Fred’. Il aurait bien répéter celle avec Anabelle, mais sans Anabelle, c’était plus complexe.

Il eut cette pensée ironique lorsque tadaaaaam, il croisa la fille qui occupait approximativement 90% de ses pensées. Bizarrement, alors que c’était elle qui le fuyait, c’est lui qui avait envie de rebrousser chemin. Il n’en fit rien. Elle était là, à parler à son hibou, et il la regarda un moment sans rien dire avant de faire un pas en avant.

« Salut. » dit-il simplement avant de s’approcher de son hibou à lui et de lui donner la lettre pour sa mère. Ensuite, il s’adossa au mur – et en quelque sorte, adieu le tee-shirt blanc – et observa Anabelle. C’est lui qui rompit le silence, cette situation était complètement ridicule ! Il fallait crever l’abcès, ils n’allaient pas s’ignorer pendant encore des mois, si ? Quoi que… avec Anabelle, c’était possible. Mais il devait au moins dire ce qu’il avait sur le cœur, et là il ne pensait pas à ses sentiments.

« Tu te sens mieux toute seule ? » Si la phrase l’était, le ton lui n’avait rien d’agressif. C’était juste qu’il trouvait qu’Anabelle se flagellait pour rien. « Cette situation est ridicule Belle… Je sais bien ce que tu penses des sentiments amoureux et je ne te demande pas de… de m’aimer. » Il n’arrivait pas à croire qu’il disait un truc pareil. Pire, il le pensait vraiment ! Qu’Anabelle ne veuille pas de lui, ok, mais pourquoi changer ce qui était ? Au fond c’était comme ça depuis longtemps, la seule chose qui avait changé, c ‘est que maintenant elle était au courant.

« Avant, je t’aimais, tu l’ignorais, et tu vivais très bien avec mes sentiments, non ? Pourquoi le fait de l’apprendre te choque-t-il à ce point ! J’vais pas te sauter dessus si c’est ce que tu imagines. Je t’ai embrassé et je me suis excusé, qu’est-ce que tu veux de plus pour arrêter de fuir quasiment toute l’école ? » Parce que finalement, c’était ce qui le dérangeait. Qu’elle l’évite lui, à la limite, passe encore, mais tous les poufsouffles c’était fort quand même ! Après, il avait conscience que là, il parlait à une fille qui avait un mode de pensée particulier, avec le bol qu’il avait (et en amour particulièrement) elle allait encore tout comprendre de travers. Heureusement, Adrien Sallers avait de l’expérience en Montgomery-logie.
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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Ven 23 Avr - 20:55

Dans un mouvement parfaitement inconscient, Anabelle s'était immobilisée lorsque Adrien était entré dans la volière, comme si elle espérait ainsi passer inaperçue aux yeux du jeune garçon. Malheureusement pour elle, même si une telle méthode de camouflage on me voit, on me voit plus avait eu des chances de fonctionner, la chouette de l'école se serait bien chargée de la faire échouer. En effet, le volatile, appréciant peu de rester une patte en l'air alors que la Poufsouffle, figée un, deux trois, soleil avait cessé d'y attacher sa lettre, hulula vigoureusement en signe de protestation. Caramba, encore raté !

Visiblement très gênée par toute cette situation, Anabelle coula un oeil prudent en direction d'Adrien, priant à moitié pour que ce dernier fasse mine de l'ignorer. Tout de même, quel manque de chance ! Croiser la seule personne (ou presque !) du château qu'elle voulait à tout prix éviter en cette heure indue et, qui plus est, en cet endroit malodorant (comment cela, il avait également du courrier à envoyer ? Et alors ? Ce n'était pas une raison pour fréquenter la volière si tôt le matin !) ! A croire qu'elle avait la poisse ou pire, que le Poufsouffle la pistait ! Pff ! Il n'avait même pas la décence de faire demi-tour, ce traître de prétendu meilleur ami !
Toutefois, et pour être parfaitement honnête avec elle-même, Ana devait bien reconnaître qu'elle n'aurait pas été totalement satisfaite si son camarade avait quitté les lieux. Certes, d'un côté elle ne supportait pas de le voir et avait même une furieuse envie de lui tordre le cou dès qu'il entrait dans son champ de vision, mais d'un autre côté... Ah ! D'un autre côté, elle devait bien reconnaître que ne pas le voir du tout était plus atroce encore. En réalité, elle se sentait comme amputée d'une partie d'elle-même - probablement la meilleure - depuis qu'ils s'étaient disputés.

Ce qui n'était pas pour lui plaire. Car enfin, quelle idée ridicule que de se croire attachée à quelqu'un au point de ne pas supporter son absence ou, plutôt, son silence ! Elle n'appartenait à personne d'autre qu'à elle-même, elle était un être indépendant, capable de d'agir, de penser, de vivre par elle-même et pour elle-même. Jamais elle ne s'attacherait à un autre ou laisserait son bonheur dépendre d'autrui. D'une part parce que c'était bien trop risqué, et d'autre part parce qu'elle ne croyait tout simplement pas qu'il fût possible pour deux personnes de cheminer ensemble envers et contre tout. A ses yeux, les relations humaines, qu'elles soient amicales ou amoureuses, étaient nécessairement fluctuantes : elles se nouaient, se dénouaient, se renouaient parfois, au gré des hasards de l'existence, de l'affadissement des sentiments et des frustrations destructrices. Alors à quoi bon se lier entièrement à quelqu'un qui, tôt ou tard, finirait fatalement pas sortir de votre vie ? Ou bien même, de quel droit accepter l'intimité d'un autre si c'était pour le quitter un jour ?

A bien y réfléchir, Anabelle était une idéaliste. Elle rêvait d'amitiés franches, honnêtes et pures, sans ennui et sans non-dit, où l'entente serait parfaite et où chacun serait comme un prolongement de l'autre. Seulement, elle n'était pas assez sotte pour croire en l'existence de tels sentiments, aussi avait-elle toujours pris soin de se préserver dans les relations qu'elle avait jusqu'alors entretenues avec ses semblables. Oh ! Elle avait bien des amis à Poudlard, mais une partie d'elle-même, méfiante, refusait obstinément de se dévoiler, de s'exposer à des yeux étrangers et ainsi de leur confier son sort. Oui, elle avait cultivé avec soin son jardin secret, avait évité de se livrer plus que de raison, avait désamorcé habilement les conversations trop intimes, quitte à jouer les imbéciles, avait, en somme, avancé masquée. Mais peut-être pas autant qu'elle l'aurait souhaité.

Elle avait cherché à s'endurcir, mais gardait pourtant le souvenir vif d'épanchements malheureux. Au moment même où elle aurait dû le plus se méfier, elle avait donné, sans même s'en apercevoir, toute sa confiance. Car si Anabelle avait jamais été pleinement elle-même, c'était bien avec Adrien. Elle avait le sentiment étrange que le Poufsouffle était capable, bien malgré elle, de faire tomber toutes les barrières qu'elle avait précautionneusement dressées, année après année, entre le monde et elle. C'était à la fois terrifiant, excédant, et profondément merveilleux. Pourtant, où tout cela les avait-il menés ? Mais à la rupture, bien évidemment. A la mésentente et aux silences butés, précurseurs d'une haine farouche ou, au mieux, d'une indifférence dédaigneuse. Preuve définitive que la solitude valait mieux que toutes les chimères sociales ! Et pourtant... Pourtant Anabelle aurait donné n'importe quoi, absolument n'importe quoi, pour qu'Adrien reste avec elle. Elle avait besoin de lui, ces dernières semaines s'étaient bien chargées de le lui apprendre, et cette certitude ne faisait qu'accentuer sa rage. Ce fut certainement la raison pour laquelle sa fierté blessée la poussa à répondre d'un ton cinglant:

- Oui, je préfère.

Puis, parce qu'une grande partie de sa petite personne éprouvait un désir si impérieux de retenir le jeune garçon qu'elle avait le sentiment qu'elle suffoquerait à en mourir s'il venait à partir maintenant, elle reprit d'une voix plus hésitante, visiblement dépassée :

- Mais... Mais... Non ! C'est totalement différent ! Je veux dire... Je ne vivais pas avec avant... Je vivais sans, puisque je ne savais même pas qu'ils étaient là ! Mais maintenant... maintenant... Je sais ! Et c'est terrible ! Parce que ça veut dire que chaque fois... Que chaque fois qu'on se verra, j'y penserai ! Et je saurai ce que tu ressens ! Et j'aurai l'impression de te blesser ! Et je ne veux pas que tu sois blessé !

Le ton était monté au fur et à mesure que les mots s'étaient précipités pour sortir de sa bouche, à tel point qu'à la fin, elle criait presque. Elle aurait aimé se taire à présent, et arrêter de se tordre les mains avec désespoir. Hélas ! A la manière de l'eau qui déferle après que la digue a rompu, une foule de sentiments retenus depuis trop longtemps cherchaient subitement à jaillir hors de la Poufsouffle :

- Et puis, poursuivit-elle, les joues rouges, si on continue, sans doute que je finirai par t'aimer aussi ! Peut-être même que je t'aime déjà ! Et je ne peux pas ! Tu sais très bien que je ne peux pas !
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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Ven 23 Avr - 21:42

Dans tout ce que disait Anabelle, Adrien ne savait pas ce qui le choquait le plus. Le fait que pour une fois ce soit parfaitement cohérent et en rapport avec ce qu’il racontait (et donc qu’il arrive à la suivre, ça faisait un moment que ce n’était plus arrivé), ou bien qu’elle lui dise des trucs bah… surprenants. Il s’était un peu attendu à la première partie, à savoir qu’elle ne voulait pas lui faire de peine, et il avait bien préparé son argumentaire pour le sujet par avance ce qui lui permit de rétorquer presque du tac au tac :

« Mais moi je le savais. Je veux dire, moi je savais que je t’aimais et je vivais avec. C’est maintenant que je suis blessée Anabelle, pas de ce que tu ne m’aimes pas, mais que tu brises ce qu’on avait déjà. Tu crois que parce qu’on tombe amoureux on met un terme à tout le reste ? Ce n’est pas ça, pas pour moi. Bien sûr, il y a plus pour moi, mais je peux être ton ami… il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas le cas ! » Il allait continuer sur cette lancée, pour essayer au moins de sortir Anabelle de cette solitude forcée qu’elle s’imposait. Ces dernières semaines, il s’était dit qu’il ne pourrait pas redevenir ami avec elle, que ce serait trop dur, mais en la voyant ainsi, il avait changé aussitôt d’avis. Il l’aimait, plus que n’importe qui, et s’il avait été capable de se tenir à distance pendant deux ans, pourquoi ne pas continuer ? Avec du temps, puisqu’elle ne voulait pas répondre à ses sentiments, il finirait peut-être par oublier et tout redeviendrait normal entre eux ! Comme c’était redevenu normal avec Heaven ! Il voulait y croire, pour qu’Anabelle retrouve un semblant de stabilité, même s’il savait que c’était idiot de sa part.

Seulement ses intentions louables furent coupées dans leur élan par ce qu’Anabelle ajouta et qui le troubla plus qu’il ne voulu bien se l’admettre. Elle ne pouvait pas dire des trucs comme ça… Pas alors qu’elle l’avait évité pendant des semaines ! Ne sachant pas trop ce qu’il était supposé faire – parce qu’honnêtement, il ne pouvait pas lui dire non, non, tu ne tomberas jamais amoureuse de moi, tu m’as bien regardé ?, il n’était pas maso à ce point -, il soupira et passa la main dans le peu de cheveux qu’il lui restait (le coiffeur était passé par là il y a peu).

Il prit le parti de s’approcher d’un pas et de tendre la main prudemment vers Anabelle. L’objectif était de ne pas l’effaroucher, mais en même temps, il ne se voyait pas lui dire ce qui suivrait à deux mètres l’un de l’autre.

« Ce n’est pas que tu ne peux pas Belle… » Il lui redonnait le petit surnom qu’il avait choisi pour ne pas utiliser le diminutif que les Montgomery prenaient pour leur cadette. Il n’avait jamais voulu l’appeler comme eux, parce qu’elle souffrait d’être dans cette famille où elle n’avait qu’une place relative. Il comprenait ça, lui qui avait été renié par son père, qui n’aurait jamais du existé. Il ne savait plus comment des citrouilles, ils en étaient venus à parler de leurs familles, mais il se souvenait qu’il s’était enfin senti compris avec Anabelle.

« Bien sûr, je sais. Je sais très bien même. Pourquoi crois-tu que je me suis tu tout ce temps ? » Uniquement pour ses beaux yeux bien entendu ! En amour, Adrien n’était pas si timide qu’il se taise pendant deux ans, s’il n’avait pas fait sa déclaration avant c’était pour ne pas blesser Anabelle, uniquement pour ça.

« Mais si tu peux refuser d’être avec moi, tu ne peux pas diriger mes sentiments… ni les tiens. » Il posa doucement la main sur l’épaule de son amie, mais sans forcer le contact, elle était posée mais en réalité elle ne faisait qu’effleurer. « Tu as peur… et je ne sais pas quoi faire contre ça, dis moi ce que je dois faire Belle… » sa main s’éleva toujours avec lenteur vers le visage de la jeune fille et il repoussa une mèche de cheveux. « Belle, est-ce que tu veux que ça finisse comme ça ? Que je m’en aille, qu’on ne se voit plus et… » Il hésita, c’était un peu osé, mais vu ce qu’elle avait dit, ça pouvait être… et bien, l’électrochoc qu’il fallait. « Et qu’un jour mon cœur aille à une autre. C’est ce que tu veux ? » Il n’aurait jamais pensé qu’elle puisse même émettre la simple supposition de devenir amoureuse de lui, alors qu’elle le soit déjà… ça lui semblait plutôt bon signe, mais il y avait encore du travail à faire. Elle pouvait encore se mettre en colère comme la fois où il l’avait embrassé, ou éclater en sanglot comme à Pré-au-lard, il fallait qu’il se tienne prêt à toute éventualité.

Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas être simple pour une fois ? Adrien avait mal au ventre avec tout ce stress, mais ce n’était pas le moment de flancher ! Pour Anabelle comme pour lui, il fallait que l’un d’eux garde la tête froide, et vu qu’Anabelle battait un record de monté dans les aigu, c’était son rôle.
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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Sam 24 Avr - 0:21

Il aurait été erroné d'affirmer qu'Anabelle avait pleinement conscience de ce qu'elle faisait ou même de ce qu'elle disait, depuis la reprise des hostilités qu'Adrien était entré dans la pièce. En réalité, la jeune fille n'avait qu'une idée très floue de ce qui lui arrivait et galopait plus après les événements qu'elle ne les maîtrisait. Mais après tout, n'était-ce pas le cas depuis la rentrée de septembre ? Ce sentiment de totale impuissance ne lui était plus si inconnu que cela, et elle le retrouvait avec une forme de plaisir coupable, le genre de plaisir que l'on éprouve à revoir une vieille copine qu'on sait qu'il serait plus sage de ne pas fréquenter mais qu'on ne peut s'empêcher de retrouver tout de même. Le genre de plaisir qu'on a à jouer avec le feu.
Cependant, parmi les brumes dans lesquelles la jeune fille s'enfonçait à une vitesse affolante, une révélation vint la frapper de plein fouet. Comment ? Adrien pouvait être son ami ? Il osait le soutenir, alors que quelques semaines plus tôt, il lui avait parfaitement fait comprendre qu'il en avait assez de jouer les meilleurs amis ? A moins qu'elle ne se soit trompée sur le sens des paroles prononcées à ce moment-là ? En tous les cas, l'assertion avait de quoi laisser perplexe, a fortiori lorsqu'on naviguait en plein brouillard ! Clignant des yeux d'un air à la fois surpris et perdu, Anabelle bafouilla un malheureux :

- Mais... Mais... Mais... Tu as dit... Tu as dit que tu ne voulais plus qu'on soit ami ! Alors j'ai fait ce que tu voulais !

Oui, enfin, presque. Disons que si l'éloignement d'Anabelle avait eu le mérite de répondre aux attentes formulées par Adrien le soir du bal, il la servait bien également. Car comment songer sérieusement à poursuivre leur relation amicale comme si de rien n'était ? Le soir de Noël, Anabelle avait été terrifiée, et même paniquée, par les sentiments d'Adrien à son égard. Jamais elle ne les avait soupçonnés, et Merlin seul savait à quel point elle l'avait imaginé épris d'une autre, mais quand le Poufsouffle s'était dévoilé, elle avait eu l'impression qu'un gouffre s'ouvrait sous ses pieds, et elle l'avait repoussé avec violence. Comment, dès lors, continuer à être amie avec Adrien ? Rien de bon n'aurait pu naître d'une entente fondée, d'un côté, sur un espoir brisé et de l'autre, sur la crainte d'une nouvelle déclaration ainsi que sur la culpabilité d'avoir blessé sans le vouloir un être cher. Aussi, si Anabelle avait pris le parti d'éviter Adrien, s'était autant pour se protéger elle que pour l'épargner lui.

Sans compter qu'elle avait nourri, au cours des jours écoulés, une colère tenace, tournée officiellement contre le reste du monde mais officieusement contre elle-même. Elle ne s'en voulait pas seulement d'avoir fait du mal à Adrien, mais également parce qu'une partie de sa personne aurait souhaité répondre à ses sentiments. La jeune fille se sentait déchirée, tant deux voix se battaient en son sein. La première, la plus forte jusqu'alors, lui assurait que l'amour n'existait pas, qu'il n'était qu'une illusion inventée par les esprits les plus faibles qui, incapables de supporter la sinistre solitude de la condition humaine, préférait se raccrocher à l'idée ridicule qu'une âme soeur les attendait quelque part sur cette terre. La seconde, faible, presque inaudible au début mais qui n'avait pourtant pas cessé d'enfler au cours des derniers mois, susurrait, tentatrice, qu'une telle idée n'était peut-être pas si ridicule que cela, après tout, qu'il ne serait pas nécessairement désagréable de la mettre à l'épreuve, juste pour voir, et que, de toute façon, si l'amour existait réellement, alors, en ce qui la concernait, Adrien faisait obligatoirement parti de l'équation.

En cet instant précis, la seconde voix, ragaillardie par l'arrivée d'Adrien, se faisait plus forte que jamais. Ce qui expliqua certainement l'absence de réaction de la jeune fille lorsque son ami-mais-en-fait-on-ne-sait-plus-trop esquissa un pas dans sa direction : elle était bien trop occupée à essayer de maîtriser ce dérangeant petit avis pour seulement le remarquer. Elle tressaillit néanmoins légèrement quand Adrien s'adressa de nouveau à elle, et parut chercher, l'espace d'une seconde, une échappatoire. L'espace d'une seconde uniquement, car le son de la voix de son ami-enfin-il-paraît, qui lui avait tant manqué, était bien trop envoûtant pour qu'elle songe plus longtemps à s'enfuir. Tout à la fois apeurée et fébrile, Anabelle glissa un oeil indécis en direction du jeune garçon, écoutant avec plus d'attention qu'elle ne l'aurait souhaité ce qu'il avait à lui dire et c'est à peine si elle laissa entrevoir un sursaut lorsqu'il lui toucha l'épaule.

Elle ne put pourtant pas retenir un regard significatif aux dernières paroles du Poufsouffle. Adrien lui tournant le dos à jamais ? Adrien avec une autre ? Comment pouvait-il sérieusement penser qu'elle le supporterait ? A cette seule idée, son coeur se serrait bien trop pour ne pas la faire souffrir. Si Adrien disparaissait de sa vie, elle avait la certitude qu'elle s'éteindrait. Peut-être pas physiquement - mourir d'amour, ce n'était bon que pour les héroïnes de roman ! - mais intérieurement elle serait comme morte. Et même si elle parvenait à se redresser un jour, elle ne serait pas intacte, il lui manquerait toujours une part d'elle-même. Bien entendu qu'elle aimait Adrien, seulement elle préférait l'ignorer ! Parce qu'elle avait peur des conséquences, parce qu'elle craignait de se leurrer elle-même en ayant créé de toutes pièces un sentiment auquel sa raison ne croyait pas, parce qu'elle redoutait de le voir s'effacer avec le temps, parce qu'il lui semblait plus fragile qu'une bulle de savon, plus éphémère qu'un papillon et plus léger qu'une plume ballotée par le vent. Elle désirait tant pouvoir s'abandonner à la furie des sentiments qui se déchaînaient en elle, mais elle n'osait pas. Elle pressentait confusément que si jamais elle lâchait maintenant, elle serait perdue, pauvre petite brindille emportée par le torrent.

- Arrête, arrête de dire ça ! s'écria-t-elle brusquement, Tu sais bien que ce n'est pas ce que je veux ! Et que je ne sais pas ce que je veux, sauf que je n'ai pas du tout envie que tu t'en ailles !

Puis, sans avoir prévu ce geste, probablement parce qu'elle était effrayée à l'idée de voir Adrien tourner les talons, Anabelle se jeta à son cou pour le serrer contre elle avec toute l'affection dont elle était capable.

- Fais ce que tu crois devoir faire, chuchota-t-elle avec un calme nouveau, j'en ai assez d'avoir peur.
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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Sam 24 Avr - 8:13

Il commença par hausser les épaules d’un air mi-figues, mi-raisins. Il est vrai qu’il avait dit qu’il ne voulait plus jouer au meilleur ami avec elle, et sur le moment, il le pensait sincèrement, mais il n’avait pas prévu que ça dégénérerait à ce point. En plus, il éprouvait un peu de culpabilité. Lui se sentait beaucoup mieux depuis qu’il s’était libéré de son secret, mais en échange maintenant c’était Anabelle qui souffrait. Il n’était pas assez égoïste pour s’en réjouir, pas assez idiot pour revenir sur sa déclaration, proposer un statu quo avait semblé la seule idée plausible.

« Ce n’est pas exactement ce que j’imaginais, je pensais être mis au banc de la société, pas que toi tu t’y mettrais. » Adrien avait parfois un petit côté marseillais qui faisait qu’il exagérait les choses, mais l’idée était là. Il avait pensé qu’Anabelle lui ferait ouvertement la tête et que tous les Poufsouffles se rangeraient derrière leur préfète un temps contre le méchant Adrien qui lui avait fait de la peine. Au lieu de quoi, ça ne s’était pas du tout passé comme ça, comme elle évitait tout le monde, les Poufsouffles s’étaient rassemblés autour de lui et elle se retrouvait toute seule. Parce qu’elle le voulait, certes, mais il connaissait son ex-meilleure amie assez bien pour savoir qu’elle faisait semblant de haïr tout le monde. En réalité, Anabelle resterait toujours la petite fille qui ne demandait qu’à être aimée. Aux yeux d’Adrien en tout cas, elle n’avait jamais été autre chose, c’était ce qui avait motivé son silence. Leur relation d’autrefois était confortable pour Anabelle, elle répondait exactement à ses attentes sans briser son idéologie (un brin défaitiste selon Ady) sur l’amour. Mais ce qui marchait si bien autrefois avait commencé à se fissurer depuis le début de l’année et les avait mené à ce qui se passait aujourd’hui.

Adrien ayant le vertige et détestant les endroits en hauteur, il n’aurait pas choisi la volière comme endroit pour cette conversation, mais il devait bien avouer qu’au moins ils ne risquaient pas d’être dérangés, surtout à cette heure matinale. Le tout c’était de ne pas regarder dehors. Chassant cette idée saugrenue qui ne surgissait que parce qu’il était stressé, il cligna deux fois des yeux. Son esprit faisait toujours ça, quand il était dans une situation difficile, il s’échappait jusqu’à parfois s’arrêter. Il avait beau s’être dit qu’il fallait qu’il garde la tête froide, c’était quand même plus facile à dire qu’à faire. Il n’avait jamais été dans ce cas de figure, avec Heaven ça avait été tout à fait différent ! Mais il espérait tout de même pouvoir s’en sortir.

La suite des évènements n’était pas pour l’aider à y voir plus clair, en même temps, ce n’était pas simple. Anabelle ne cessait de répéter depuis des années que l’amour c’était nul, que ça n’existait pas et quand il lui en parlait (parce que lui était tout au contraire un grand romantique) elle le traité systématiquement d’idéaliste. Il s’était dit qu’avec des présupposés pareils, il n’avait vraiment aucune chance et après le bal, il n’avait fait que voir ses suppositions se fonder. Sauf qu’en fait, peut-être pas. Enfin, visiblement, Anabelle n’avait pas changé d’avis d’une manière générale, mais par contre il n’avait pas rêvé sa jalousie (il avait vraiment cru prendre ses désirs pour des réalités au premier semestre), hors qui dit jalousie, dit amour. Cela contredisait les opinions farouchement ancrées de sa Belle, d’où les différentes crises d’hystéries qu’il avait essuyé. Tout se mettait en place comme un puzzle dans la tête d’Adrien sans que ça lui permette de savoir malgré tout ce qu’il devait dire.

« Mais je n’ai pas envie de partir… » Finit-il par lâcher bien qu’en toute honnêteté il ne voyait pas ce qu’ils pouvaient faire d’autre que de se séparer si elle campait sur ses positions. Sauf que ce n’est pas ce qu’elle fit et quand elle lui sauta au cou, il manqua de peu vaciller et les faire tomber tous les deux (ce qui aurait été gênant parce que c’était genre pas très propre par terre). Heureusement, à côté d’Adrien, Belle était une brindille alors ils étaient restés debout, mais il se serait assommé qu’il n’aurait pas eu la tête moins vide. Une fois tout ça réglé, il faudrait qu’il apprenne des règles de base à Anabelle. On ne sautait pas au cou des garçons comme ça, il n’était pas son grand frère hein ? Est-ce qu’elle en avait conscience au moins ? Il avait bien peur qu’à force de s’être enfermée dans sa bulle, Anabelle n’ait qu’une idée très vague de la différence mais ce n’était pas le moment de penser à tout ça. Adrien avait un bon self contrôle (même si son esprit divaguait très facilement sur une certaine envie de l’embrasser…), il se reprit donc, cherchant une réponse satisfaisante.

Pendant ce temps, il referma ses bras sur elle et il posa ses lèvres sur le haut du crâne de sa meilleure amie (ou autre chose, mais c’était le sujet de sa réflexion justement). Il aurait bien aimé avoir le genre de réponse pragmatique que Anabelle affectionnait pour faire en sorte qu’elle n’ait plus peur, mais l’amour n’était pas quelque chose qu’on pouvait rationaliser. Si c’était le cas, ils n’auraient pas tant de problèmes tous les deux.

« Pour être tout à fait franc, je ne sais pas comment faire pour que tu ais moins peur. » L’honnêteté était une qualité d’après les Poufsouffles après tout, alors autant ne pas la bercer de fausses paroles doucereuses. C’était justement ce qui lui faisait peur non ? Les illusions ? « Tu pourrais peut-être juste essayer de croire que… ça pourrait marcher. » Ok, il avait lui-même du mal à y croire, mais les présupposés étaient différents, c’était lui qui s’était fait jeté, pas l’inverse ! « Tant qu’on n’essaie pas, on ne peut pas savoir, mais ça ne peut pas être pire que les dernières semaines, tu ne penses pas ? » Voilà, ça pour le coup, c’était logique comme pensée. Si ça la rendait malheureuse à ce point qu’ils ne soient pas ensemble, autant l’être, au moins tout le monde serait content. Après, il ne pouvait pas promettre d’amour éternel ou ce genre de choses, il croyait qu’un amour pouvait durer toujours bien sûr, mais on ne pouvait pas le savoir comme ça, dès le début, c’était plutôt un travail dans le temps pour entretenir les sentiments.

Se penchant un peu plus vers l’oreille d’Anabelle, il lui murmura un peu gêné « Mais si tu veux pas, va falloir que tu me lâches parce que là, moi, j’ai très envie de t’embrasser. » Il a dit qu’il ne sauterait pas dessus mais s’il prévenait ce n’était pas pareil, non ?
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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Ven 11 Juin - 17:20

De bon matin, j'ai rencontré le train, de trois grands rois qui allaient en voyage... Pardon ? Le rapport avec le sujet qui nous intéresse ? Aucun, si ce n'est mon incapacité chronique à trouver une introduction adéquate à ce post. Oui, toujours sans "e" post, je persiste et je signe. Mais soyons honnête, cette entrée en matière pour le moins hasardeuse et désordonnée n'est rien comparée au bazar qui semblait s'être installé dans l'esprit d'Anabelle. Tout le contrôle que la jeune fille s'était efforcée d'exercer, ces derniers mois, et même ces derniers années, non seulement sur l'amour qu'Adrien pouvait lui inspirer mais également, d'une manière plus générale (et probablement beaucoup plus inquiétante) sur tout sentiment positif qu'elle éprouvait à l'égard de quelqu'un (car s'attacher à autrui lui paraissait destructeur puisque obligatoirement source de déception) semblait s'être volatisé en l'espace de quelques secondes, celles qui lui avaient été nécessaires pour venir se blottir contre le Poufsouffle. A la place de ce contrôle permanent et rigide ne restait qu'un grand vide, ou plutôt, aux barrières mentales qu'elle s'était scrupuleusement imposées s'était substité un gigantesque champ des possibles. Bien entendu, c'était un sentiment franchement déroutant, pour ne pas dire un peu effrayant, mais Ana se surprit à songer, un court instant, qu'il n'était certainement pas aussi terrible qu'elle s'y était attendue.

L'absence totale de maîtrise qu'Anabelle exerçait sur la situation, associée au fait qu'elle se sentait plus proche d'Adrien sans mauvais jeu de mots qu'elle ne l'avait été depuis le début de l'année, expliquait sans aucun doute qu'elle parut considérer avec le plus grand sérieux la proposition d'Adrien alors qu'elle l'aurait estimée totalement inconcevable ne serait-ce que le matin-même. Pourtant, la Poufsouffle leva ses prunelles noisettes en direction de son ami qu'elle gratifia d'un coup d'oeil perçant, comme si elle s'efforçait de jauger la validité du marché qu'il lui proposait. Certes, elle redoutait toujours de sortir avec Adrien, non parce qu'elle doutait de ses sentiments et ce qui est bien avec ce "ses", c'est qu'on ne sait pas exactement à qui il se rapporte, mais plutôt parce qu'elle craignait les conséquences d'une rupture. Si précisément "ça" ne marchait pas, que se passerait-il ? Leur amitié ne survivrait certainement pas à leur toquade. Or, ces derniers jours avaient prouvé à Anabelle qu'elle avait bien du mal à affronter le quotidien sans l'amitié d'Adrien. Sortir ensemble représentait donc un gros risque et, en tant que Poufsouffle digne de ce nom, Anabelle ne pouvait pas l'ignorer.

Ceci étant, si elle retournait le problème, elle devait bien reconnaître qu'ils étaient un peu coincés : comment, en effet, reprendre leurs petits rituels amicaux maintenant qu'elle connaissait l'intérêt tout particulier que lui portait le jeune garçon ? Même s'ils essayaient, s'ils faisaient de gros efforts pour parvenir à restaurer leur amitié, cet intérêt la pervertirait et finirait par la tuer parce qu'un "et si..." sans cesse sous-entendu mais jamais clairement énoncé se serait immiscé entre eux. D'ailleurs, tout bien considéré, Adrien n'avait pas tort plus dix points pour Poufsouffle : quelle que soit l'issue qui attendait leur relation, elle ne pouvait pas être pire que les semaines qu'ils venaient de passer. A ce souvenir, Ana laissa échapper un petit rire étranglé et répondit d'un ton pensif, sur un mode profondément euphémistique :

- Oui, c'est vrai que c'était assez... Déprimant.

Elle fronça le nez avec application avant de rajouter, à mi-chemin entre l'amusement et l'abattement :

- Sans compter que je crois que les Serdaigle commencent à se lasser de me voir débouler à tout bout de champ à leur table...

L'image du regard chargé de sous-entendus que lui avait lancé Ethele Vals la veille au soir, au dîner, lui revint en mémoire avec une telle précision qu'elle ne s'aperçut pas qu'Adrien s'était penché. Elle sursauta lorsqu'il chuchota à son oreille et redressa la tête si brusquement qu'il semblait presque miraculeux que 1) ses cervicales ne se soient pas coincées et 2) le menton d'Adrien n'ait pas été violemment agressé par le sommet de son crâne. Le premier rancard Montgomery/Sallers ? Oh ! Il s'est fait à l'infirmerie et ils étaient tous les deux dans les vapes à cause des potions antidouleurs...
De nouveau, la jeune fille leva un regard pensif sur le Poufsouffle avant de lui effleurer, en un geste hésitant, le nez du bout des doigts Anabelle, fétichiste de la narine. Elle esquissa alors un indicible sourire et, avec plus de détermination qu'elle n'en avait montré jusqu'alors se dressa sur la pointe des pieds pour embrasser Adrien.

- Voilà, dit-elle ensuite, en reculant un peu, les joues teintées d'un rose qui n'avait rien à voir avec la température glaciale des lieux, comme ça, tu n'as pas à résister à la tentation de quoi que ce soit...

Elle adressa un sourire espiègle à Adrien et passa un bras autour de son cou :

- Bon, on y va ? demanda-t-elle d'une voix flûtée, parce que là, j'ai très faim...

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MessageSujet: Re: C'est moi ou c'est sale ici ? [PV]   Ven 11 Juin - 18:09

Vous connaissez cette sensation que le sol s’effondre sous vos pieds et que vous ne savez plus trop ce qui va se passer ? Et bien jusqu’à ce jour Adrien Sallers avait toujours pensé que ce genre de sensation était forcément désagréable. Faut dire que si Ady était plutôt du genre flegmatique comme beaucoup de mes persos, faut bien que je compense, il n’était pas un fan des surprises, encore moins au point de lui faire perdre pieds. Mais là pour le coup, c’était plutôt sympa même s’il resta figé sans savoir quoi dire pendant quelques instants. Ce n’est pas si souvent qu’Anabelle se rangeait à son raisonnement, d’habitude, elle n’était jamais d’accord, un peu comme si elle le faisait exprès, et sur le sujet des amours c’était peut-être le pire ! Et là, elle était d’accord !

Se retenant tant bien que mal de sourire niaisement pour pas qu’elle change d’avis, il rétorqua au sujet des Serdaigles « Et puis une préfète de Poufsouffle qui passe à l’ennemi, ça ne fait guère sérieux. » Non mais vous pensiez quoi ? Qu’ils allaient sortir les violons ? Eh ! C’est d’Anabelle et d’Adrien qu’on parle là ! Et même sans violon, Adrien flottait allègrement sur un petit nuage. Il n’avait pas pensé en se levant ce matin que ce serait une si bonne journée. Même s’il devait apprendre le décès d’un proche ce qui n’était pas nécessairement une mauvaise chose, il ne pourrait s’empêcher de se sentir consoler par son début de journée. Mais il espérait bien que rien d’aussi tragique n’arriverait puisqu’il tenait à ce que la perfection de cette journée continue.

Elle était en bonne voie puisqu’Anabelle prit l’initiative de l’embrasser ce qui fût une nouvelle bonne surprise. Encore un peu et il allait devenir fan de ces petites choses ! Ou pas en fait, mais il ne pensait pas forcément de manière cohérente pour le moment.

« Heu… merci. » Il se sentait bête mais qu’est-ce qu’il pouvait répondre à ça ? Pour compenser le manque d’imagination de sa réponse, il adressa un sourire à sa désormais petite amie et déposa un nouveau baiser furtif sur les lèvres de celle-ci juste avant de répondre à sa demande de ne pas s’éterniser. Il n’avait pas vraiment faim mais par contre il rejoindrait volontiers des lieux moins en hauteur, son nuage à lui ne volait guère haut pour aussi confortable qu’il fût parce que le bonhomme continuait encore et toujours à craindre les hauteurs.

« Très bonne idée, je crois que je vais prendre des beignets à la framboise ce matin. »
Pragmatique un jour, pragmatique toujours… mais le changement se voyait tout de même puisque la main d’Adrien glissa du dos de la préfère jusqu’à son bras puis sa main qu’il prit sans hésitation pour faire le premier pas vers la sortie qui les conduirait ainsi, en tant que couple, jusqu’à la grande salle… où les pépiements commenceraient autour de ce changement, mais ceci est une autre histoire que la nôtre et nous ne vous la raconterons pas aujourd’hui Wink

{Topic Terminé de justesse }
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