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 [Défi#3] Michael Corner

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Âge : 30 ans [18 Juillet 1981]
Actuellement : Poursuiveuse de l'Equipe des Pies de Montrose


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MessageSujet: [Défi#3] Michael Corner   Mer 10 Avr - 22:10


Michael Corner - Les 30 Baisers Musicaux ( liste )
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#1 : Fireflies – Owl City
#2 : Someone Like You – Adele
#3 : How to Save a Life – The Fray
#4 : One More Night – Maroon 5
#5 : Jamais je n’avouerai – Jessica Parker, … (Hercule)
#6 : DJ Got Us Fallin’ in Love – cover Alex Goot/Christina Grimmie
#7 : All I want for Christmas – cover Against The Current
#8 : Sideway Figure Eights – Tanner Patrick
#9 : Raise your Glass – P!nk
#10 : Make me Wanna Die – The Pretty Reckless
#11 : A Walk to Remember – Mandy Moore
#12 : Fais-moi une place – Julien Clerc
#13 : Unfaithful – Rihanna
#14 : What I go to School for – Busted
#15 : Je suis ton Meilleur Ami – Richard Darbois (Aladdin)
#16 : Brokenhearted - Karmin
#17 : Fuckin’ Perfect – P!nk
#18 : Give me some Love – James Blunt
#19 : Sorry seems to be the hardest word – Elton John
#20 : You’ve Been on My Mind – Dave Days
#21 : Forget You – cover Karmin
#22 : Lemon Tree – Fools Garden
#23 : The Man of a Thousand Faces – Regina Spektor
#24 : Secret Girl – Alex Goot
#25 : We Are Never Ever Getting Back Together – cover Tiffany Alvord
#26 : Somebody That I Used to Know - Gotye
#27 : Black Out - MUSE
#28 : You and Me Always and Forever – The Wannadies
#29 : Blue Lips – Regina Spektor
#30 : Tequilla Sunrise - Eagles


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MessageSujet: Re: [Défi#3] Michael Corner   Sam 13 Avr - 1:51


" N'oublie Pas "
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"N'oublie Pas" est un arc qui se déroule dans un hypothétique futur où tout est identique à l'histoire de Michael sur le forum. A l'exception près que Rowen n'a encore jamais croisé son chemin.

Contexte : Michael Corner, jeune sorcier de 25 ans diplômé de l’Ecole de Sorcellerie Poudlard, travaille depuis sept ans au Ministère de la Magie. Son rôle est très simple : lorsque des moldus surprennent des choses qu’ils n’étaient pas censés voir, il se charge d’effacer de leur mémoire toute trace du monde magique. Avec le temps, l’ancien Serdaigle s’est habitué à faire son travail sans trop d’états d’âmes. Mais lorsque son département lui donne pour mission d’effacer entièrement la mémoire de Rowen Lone, mystérieuse moldue sans passé particulier, Michael ne sait plus ce qu’il doit faire. Il décide alors de prendre la jeune fille sous son aile, et de tenter de savoir ce que le Ministère de la Magie souhaite tant lui faire oublier…

Personnages Principaux :

Michael Corner : Ancien Serdaigle de 25 ans, qui a le don de lire l’esprit des gens. Il habite seul dans un appartement à Londres, et travaille comme Oubliator au Ministère de la Magie. Il est célibataire, mais plutôt volage, donc sort régulièrement avec plusieurs filles à la fois. Il n’a jamais eu aucuns soucis à faire son travail, mais se refuse à effacer la mémoire de Rowen Lone. Pour quelles raisons ? Lui-même n’en sait rien…

Rowen Lone : Moldue de 24 ans, son passé est totalement inconnu. Elle a été arrêtée et ramenée comme une prisonnière dans le bureau du département des Oubliators, escortée par un Détraqueur. Elle semble avoir vu quelque chose qu’elle n’aurait pas dut, mais refuse de dire de quoi il s’agit. Le Veritaserum n’a aucun effet sur elle, tout comme la Legilimancie.

Note : J'ai décidé cette fois ci de faire l'alternance entre les points de vue de Michael et Rowen, comme dans les fics précédentes, mais de me concentrer plutôt sur ce pauvre Corner. C'est donc lui qui sera à l'honneur pour les trente fics suivantes. En espérant que ça vous plaira !

Averto : Attention, les personnages ont 25 ans à présent, donc ce sera un peu moins bon enfant que d'habitude si vous voyez ce que je veux dire. En restant dans les limites du raisonnable, bien sûr Smile


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MessageSujet: Re: [Défi#3] Michael Corner   Sam 13 Avr - 2:09


N'oublie Pas ( épisode 1 | PILOT )
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Couple : Michael Corner & Lavande Brown
Personnages concernés : Michael Corner, Rowen Lone, Liam Darling, Lavande Brown, ...
Rating : PG-13
Thème : #13 : Unfaithful – Rihanna ( www )
Tome concerné : Aucun
Nombre de mots : 4227 mots
Cadre : Cet épisode se déroule 7-8 ans après la fin de Harry Potter et les Reliques de la Mort. Michael est âgé de 25 ans, et travaille comme Oubliator pour le Ministère de la Magie. Rowen est une moldue de 24 ans.





" N'oublie Pas "
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La lumière de l’aube laissait filtrer ses doux rayons à travers les épais rideaux opaques de l’appartement. Une brise matinale s’engouffrait par la fenêtre légèrement ouverte, et soulevait de temps à autres une pile de parchemins posée sur la table basse. Une masse remua sous les lourdes couvertures, lorsque le réveil sonna 8 heures du matin, en grommelant et pestiférant contre Merlin ou autre sorcier célèbre. D’un coup de main, l’endormi éteignit le réveil, et se redressa, l’esprit encore dans le vague.

C’était un jeune homme brun aux cheveux courts, aux yeux d’un marron profond, et plutôt bien bâti. Il avait un visage carré qui lui donnait un certain charme, et cet air espiègle et satisfait du dragueur invétéré pleinement conscient de ses propres atouts. Il était torse nu et parfaitement frais, comme s’il s’était fait un soin complet du visage avant de s’endormir. Ce qui était sûrement le cas, vu la pile plutôt impressionnante de produits cosmétiques pour homme qui tenait à peine en équilibre sur son lavabo.

Le brun s’étira un long moment, et passa une main dans ses cheveux, avant de regarder la silhouette allongée à côté de lui.

« Eh, il est temps de se réveiller, je vais devoir aller bosser. » lui dit-il doucement, avant de poser sa main sur une des bosses visible sous la couverture, espérant qu’il s’agisse bien d’une épaule –et si cas contraire, ça ne l’aurait pas dérangé pour autant-.

La jeune fille endormie à ses côtés émit un petit gémissement de protestation, mais se redressa tout de même, vêtue d’une simple nuisette en mousseline. Elle bailla en mettant la main devant sa bouche, et frotta ses yeux endormis. Ses longs cheveux châtains et bouclés tombaient en cascade sur ses épaules nues.

« Quelle heure est-il ? » demanda-t-elle d’une voix ensommeillée, en baillant de nouveau.

« 8h » , répondit son compagnon, qui s’était déjà levé et se brossait les dents tout en enfilant sa tenue de travail du Ministère.

La jeune fille poussa un juron et sorti du lit d’un bond, en faisant valser la couverture dans un coin.

« Merde. Je dois rentrer. » dit-elle en enlevant sans pudeur sa nuisette presque transparente, et en remettant ses sous-vêtements. –Michael se rinça allégrement l’œil sans discrètion- « C’était sympa en tout cas cette nuit, Michael. »

Elle lui décocha un sourire angélique, et il lui répondit en lançant un petit clin d’œil charmeur, avant d’enfiler un pantalon. Il acheva ensuite rapidement sa toilette, et se rinça le visage à grandes eaux pour se réveiller. Michael ne mettait jamais longtemps à se tirer de sa torpeur le matin. Par contre, choisir ses vêtements, s’habiller soigneusement, et vérifier un nombre incalculable de fois sa coiffure étaient des tâches qui lui demandaient beaucoup plus de temps. C’était d’ailleurs pour ça qu’il se réveillait normalement deux à trois heures avant d’embaucher, pour être certain d’être présentable en sortant de son appartement. Mais les circonstances de la veille avaient fait qu’il n’aurait pas été capable de se lever à l’heure habituelle… Après tout, il avait passé une nuit bien agitée.

Après avoir jeté à coup d’œil à sa conquête, il se pencha vers elle pour l’embrasser, puisque celle-ci semblait le réclamer avec ses mimiques mièvres et aguicheuses.

« Pas de soucis. N’oublie pas de récupérer tous tes vêtements avant de partir. Je vais sûrement bosser tard alors pas la peine de revenir ce soir, Lavande. »

Lavande Brown le regarda avec un air bougon, tout en revêtant sa robe de la veille et ses escarpins aux talons d’une hauteur vertigineuse.

« Je ne comptais pas revenir dès ce soir » , dit-elle avec mauvaise humeur. « J’ai un fiancé, je te rappelle. »

Le brun leva les yeux au ciel, et afficha un air amusé. Ce n’était pas la première fois qu’il avait ce genre de remarques. Il se fichait d’ailleurs bien que ses partenaires soient en couple ou non, et pouvait donc passer pour un parfait enfoiré. Mais n’étais-ce pas elles qui venaient frapper à sa porte peu avant minuit, dans des tenues tellement courtes que même un Elfe de Maison était plus vêtu ?

« Ah oui. J’avais oublié ça, hier soir. » répondit-il donc, avec un sourire goguenard, en repensant à sa soirée de la veille, et à l’attitude de Lavande lors de leurs petits entretiens.

Elle lui balança un coussin à la figure, vexée, et sorti de l’appartement avec un air dédaigneux, avant de claquer la porte sans demander son reste.

Michael vérifia qu’elle n’avait oublié aucune affaire –petite culotte, ou autres lingeries embarrassantes- en se disant que Popkin, la vieille elfe de maison de sa famille n’aurait pas supporté de retrouver une fois de plus un soutien-gorge en dentelles sous l’oreiller de son maître –elle en avait presque fait une crise cardiaque, la dernière fois, et Michael avait dut lui faire du bouche à bouche… expérience qu’il n’était pas près de renouveler-. Au bout de quelques minutes, il en conclut que toutes les preuves de son odieux forfait avaient disparues, et sortit donc de son appartement pour se rendre sur son lieu de travail. Il fit un tour sur lui-même en levant les bras comme une ballerine, puis répéta mentalement la règle des trois D qu’il avait apprise au cours de sa formation à Poudlard, et transplana.

Michael arriva dans le centre de Londres presque immédiatement, sans se faire remarquer par les moldus, et emprunta le chemin de la cabine téléphonique pour se rendre au Ministère de la Magie. Bien qu’il y travaille, il répugnait à transplaner directement dans l’Atrium –ce qui était selon lui, un manque total de classe et de bonnes manières-, et empruntait donc toujours le passage de la cabine, moyen le plus propre et sûr d’arriver à bon port –les toilettes publiques et la poudre de cheminette n’étaient pas vraiment à son goût-. Il composa donc le numéro spécial, et s’accrocha aux parois lorsque sa cabine se mit à trembler et à descendre vers les sous-sols de Ministère.

Michael se retrouva rapidement dans l’énorme hall du Ministère de la Magie A cette heure-ci, de nombreux sorciers venaient d’embaucher, et il y avait donc des files entières d’employés qui se dirigeaient d’un pas absent, presque mécanique, vers leurs bureaux respectifs. Le jeune brun passa devant la Fontaine de la Fraternité Magique –restaurée plusieurs années plus tôt par le Ministre- en adressant un salut à quelques personnes qu’il connaissait, puis rejoignit l’ascenseur pour se rendre dans son département. .

Arrivé au niveau -3, il se dirigea vers le Quartier Général des Oubliators, et ouvrit la porte avec son pied –ses mains étant déjà occupées par une tasse de café brûlante, et un journal plié en quatre-. Il s’installa ensuite à son bureau, salué distraitement par ses collègues aux mines moroses, et posa tout son barda dans le but d’enfin ôter son manteau.

« On a pas trop de travail aujourd’hui, Michael » lui lança son meilleur ami, Liam Darling, depuis le bureau d’à côté.

Michael tourna la tête vers le jeune homme, qui semblait profondément ennuyé, et continua de pianoter sur une machine à écrire pour se donner l’impression de faire quelque chose. Ce n’était visiblement pas la première fois que le travail était inexistant. La journée s’annonçait longue, une fois de plus…

Michael haussa les épaules comme si ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Au bout de deux ans à peine dans ce service, il s’y était tellement habitué que tout ça lui était égal.

« C’est comme ça, il y a parfois des périodes creuses… »

Et parfois, les périodes creuses duraient éternellement, pensa Michael sans le dire. Mais Liam sembla requinqué par la perspective de se voir prochainement attribuer une mission, et tapa son rapport avec un peu plus d’entrain.

Michael profita de son manque personnel de travail pour déplier la Gazette du Sorcier qu’il avait prise avant de descendre dans son bureau. Il commença ensuite à feuilleter les nouvelles, d’un air détaché.

Michael Corner, malgré ses 25 ans, était un jeune sorcier qui avait eu l’occasion de faire ses preuves lors de la Bataille Finale de Poudlard, 8 ans plus tôt. Il avait alors combattu Lord Voldemort aux côtés du célèbre Harry Potter, et avait donc réussi à avoir un poste directement au Ministère de la Magie –comme si fréquenter le balafré était un véritable plus sur son CV-. Le brun avait visé quelque chose qui l’intéressait un peu plus, comme le département de la « justice magique », ou celui de la « coopération magique internationale ». Au lieu de quoi il avait atterrit aux « accidents et catastrophes magiques ». Son rôle était donc celui d’attendre que les « héros » de la Brigade de Police Magique lui amènent des moldus ayant été témoin d’un acte magique, et d’effacer de leur mémoire ce qu’ils n’étaient pas censés avoir vu d’un coup d’Oubliettes. Ni plus, ni moins.

Michael trouvait son travail extrêmement barbant. Mais au fil des années, il avait fini par s’y accommoder. Au final, la paye était satisfaisante, et il avait la sécurité de l’emploi. Néanmoins, il se demandait si mentionner son don particulier dans son CV avait été une bonne chose.
Car oui, Michael Corner faisait partie de ces gens un peu « spéciaux » qui avaient pu bénéficier d’une particularité magique génétique dès la naissance. Il pouvait en effet sonder l’esprit des gens ainsi que leur mémoire, s’il se concentrait assez longtemps. Il avait donc un pouvoir particulièrement recherché chez les Oubliators, qui lui permettait de faire un travail précis et de qualité. Pas de risque que le moldu n’en oublie plus que de nécessité. Et pas de risque non plus qu’il garde en mémoire un souvenir qui aurait pu menacer la paix entre les deux mondes. Une perle rare, donc.

Coincée dans un département pourri.

« Y’a rien d’intéressant, là-dedans. » marmonna Michael en froissant le journal et en le jetant dans la corbeille derrière lui.

Liam leva la tête du bouquin qu'il était en train de lire, et acquiesça d'un air las.

« Depuis que les Mages Noirs ont disparu, la Gazette ne relate plus que les histoires d’amour stupides entre les célébrités. Apparemment, Viktor Krum s’est dégoté une nouvelle copine. »

« Avec la tête qu’il se paie, je me demande comment il a fait. » commenta Michael en regardant son propre reflet dans sa tasse de café –une tâche pas si facile-.

« Dit le gars qui n’est sorti avec aucune fille depuis… sa cinquième année à Poudlard. » ricana Liam.

« Eh ! Je suis sorti avec un tas de filles ! Pas plus tard qu’hier, d’ailleurs… »

« Je pensais sorti sérieusement. » le coupa Liam. « Pas juste un coup d’un soir. Mais ça m’intéresse, t’étais avec qui hier ? »

Michael se pencha vers le bureau de Liam, de façon à ce que ses autres collègues n’entendent pas, puis murmura :

« Lavande Brown. »

Liam paru scandalisé.

« Mec, elle est fiancée à Seamus Finnigan depuis la fin de Poudlard ! »

« Quand une fille déboule chez toi avec une robe-plus-courte-que-ça-tu-meurs, tu réfléchis pas trop, tu te mets en pilote automatique. »

Ce n’était pas la première, et d’ailleurs, certainement pas la dernière. Mais le brun se contenta de prendre un air faussement affecté pour ne pas que Liam continue de lui faire la morale.

« Il n’empêche que t’es irrécupérable, Michael. » dit ce dernier, en croisant les bras.

Ils continuèrent de discuter pendant un bon quart d’heure, avant de retourner à leur paperasse respective. Mais lorsqu’il n’y avait pas de moldus dont s’occuper, il fallait dire que le Quartier Général des Oubliators était bien tranquille. Michael s’amusa à faire voler une note magique, et à l’envoyer à une de ses collègues, mais celle-ci le fusilla du regard avant de retourner à ses lettres de réclamations.

La journée passa donc ainsi, dans l’ennui le plus total. Michael se demanda ce qu’il ferait ce soir-là. Lavande ne reviendrait sûrement pas le voir avant une semaine, alors il pouvait peut être sortir prendre un verre avec Cho Chang, ou Marietta Edgecombe –qui était redevenue charmante depuis qu’elle avait réussi à se débarrasser de ses boutons ensorcelés-. Le brun était déjà en train de penser à la façon dont il s’habillerait, lorsqu’il entendit un CRAC sonore.

Il sursauta et tomba à la renverse –le fait que sa chaise ne tenait que sur ses deux pieds au lieu de quatre y était peut-être pour quelque chose-, tandis qu’un petit sorcier rondelet se matérialisait sur son bureau. Celui-ci ajusta sa robe de sorcier, comme si transplaner sur le bureau d’un de ses collègues était la chose la plus naturelle du monde, et contempla le désordre autour de lui. Une multitude de parchemins voletaient dans la pièce, et les agrafeuses magiques s’étaient mises à ruer comme des étalons, complètement paniquées.

Michael jeta un regard mauvais au nouvel arrivant. Voilà précisément pourquoi il trouvait que transplaner directement dans un endroit sans passer par la porte d’entrée était très impoli. D’autant plus que les types du Ministère avaient la fâcheuse tendance d’apparaître SUR les bureaux. On racontait même qu’un de leur collègue en avait pratiquement fait une crise cardiaque… Mais le sujet n’était pas là.

Le sorcier à l’imposante bedaine se racla la gorge, et annonça à la cantonade :

« Annonce l’arrivée imminente de Mark Stanford, directeur de la Brigade de Police Magique, d’un détenu, et de son gardien. »

Puis il sauta avec souplesse du bureau, tourna sur lui-même, et se volatilisa.

Michael jeta un coup d’œil à Liam, qui semblait aussi perplexe que lui, puis se releva à grande peine. Le directeur du département des Oubliators, Elmer Foch, arriva en courant pour voir ce qui se passait, manquant de glisser sur les nombreux parchemins étalés sur le sol. Foch était un vieil homme à l’air bienveillant, mais qui pouvait faire preuve d’une incroyable vivacité lorsque les conditions s’y prêtaient. Et dans le cas actuel, le directeur semblait ne jamais avoir souffert de cette horrible hernie distale dont il se plaignait tous les jours. Il s’apprêta donc à tempêter pour qu’on lui livre des informations, mais s’arrêta net lorsqu’un froid glacial se répandit dans toute la pièce.

Michael sentit aussitôt une vague de désespoir fondre sur lui, et toute sa joie s’évapora, comme si on était en train d’aspirer son âme. Il connaissait cette sensation particulière pour l’avoir déjà ressentie au cours de sa troisième année à Poudlard, mais il ne pensait pas qu’il en serait autant affecté à présent.
Des souvenirs horribles de la Bataille de Poudlard lui revinrent en mémoire. Les corps mutilés, les cadavres de ses amis tombés au combat sous les sortilèges impardonnables des Mangemorts, les cris, la panique… Il commença à se sentir faible, mais se força à penser à quelque chose de joyeux.

Alors, il agita sa baguette et son Patronus -un aigle argenté- en sortit pour lui venir en aide.

Aussitôt, la pièce redevint chaleureuse, et son désespoir disparu. A ses côtés, Liam et ses collègues avaient aussi fait appel à leurs Patronus –être des anciens de l’Armée de Dumbledore leur était parfois bien utile-, et reprenaient progressivement leurs esprits.

Ce que vit Michael le figea cependant d’horreur.

Il comprenait à présent ce que le sorcier rondouillet avait voulu dire par « détenu et gardien », et pourquoi il était reparti aussi vite qu’il était venu. Pour rien au monde, Michael n’aurait voulu se retrouver en face de cette chose une nouvelle fois. Mais rien ne se passait jamais comme prévu, et l’immense silhouette cagoulée glissait lentement vers eux, ses mains couvertes de croûtes maintenant fermement sa « victime » par de lourdes chaînes de métal. Un Détraqueur. En plein dans le Ministère de la Magie.

« Qu’est-ce que cela signifie ?! » tonna le directeur des Oubliators, derrière son énorme rhinocéros argenté, à l’adresse du membre de la Brigade de Police Magique.

Michael remarqua qu’une personne accompagnait le Détraqueur, et fronça les sourcils, sur ses gardes. Le sorcier rondouillet avait en effet annoncé l’arrivée de Stanford, mais l’ancien Serdaigle avait été bien trop occupé à reprendre ses esprits pour analyser l’information. Et tout ça ne sentait pas bon… Il vouait une haine sans nom à l'égard du directeur de la Brigade de Police Magique.

Ce dernier esquissa un sourire de crocodile sournois –On aurait dit que la présence des Détraqueurs ne lui faisait ni chaud ni froid, comme s’il était aussi mauvais qu’eux-, et attrapa par le poignet une personne que l’ancien Serdaigle n’avait pas remarqué jusque-là. Il la tira et la jeta sans ménagement en plein milieu de la pièce. Michael, qui se trouvait à proximité, se précipita pour éviter que la victime du Détraqueur ne tombe, et fut stupéfait de constater qu’il s’agissait… d’une jeune femme.

Elle était brune, plus petite que lui, et avait l’air également un peu plus jeune. Ses longs cheveux raides cachaient à moitié son visage, mais Michael eut le temps d’entrapercevoir un œil couleur noisette, luisant d’un éclat sauvage, avant que la fille ne s’écroule dans ses bras. Elle était en très mauvais état, comme si elle avait passé une semaine entière à errer dans les bois, luttant contre des Filets du Diable. Ses vêtements –une simple robe de détenue d’Azkaban- étaient déchirés, et sa peau tellement pâle qu’elle en était presque irréelle. Elle était dans un état de grande faiblesse, et Michael la comprenait parfaitement : rester à proximité d’un Détraqueur ne faisait jamais de bien à personne.

Il fouilla dans ses poches, en sorti un chocolat de chez Honeydukes, et lui mit un carré dans la bouche en espérant qu’elle tiendrait le coup. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour le moment, en attendant de pouvoir l’allonger quelque part. Stanford toisa un moment la jeune fille et Michael, puis, de son habituel ton hautain, déclara :

« Le département de la Justice et moi-même avons décidé que la mémoire de cette moldue devait être effacée entièrement. Elle a été déclarée potentiellement dangereuse pour le monde magique, et doit donc faire l’objet d’une suppression complète de ses souvenirs. »

Un silence s’abattit dans la salle, tandis que Michael jetait un coup d’œil inquiet à la détenue. Puisqu’elle portait une tenue d’Azkaban, il ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit moldue. En règle générale, seuls les sorciers étaient envoyés à la célèbre prison… Que se passait-il donc ?

« Mais… mais voyons… » intervint le directeur des Oubliators en prenant son courage à deux mains, « il faut un papier de déclaration spécial pour effacer la mémoire des moldus. Et… » - Liam lui envoya des signes d’encouragement pour qu’il puisse tenir tête à Stanford- « Toute sa mémoire ? C’est un cas extrêmement rare… de toute l’histoire du Ministère, ce n’était jamais arrivé. »

« Eh bien ce sera une première. » répondit Stanford d’un ton glacial. « C’est une décision irrévocable. Occupez-vous en rapidement et vous pourrez la libérer. Sinon, laissez la croupir dans une des prisons d’Azkaban. »

Il fit ensuite signe à son Détraqueur, et tous deux disparurent sans leur jeter de coup d’œil supplémentaire. Liam et Michael reportèrent leur attention sur la jeune moldue qui tremblait comme une feuille.

« Quelle horreur, quelle horreur. » commenta Foch en courant dans tous les sens. « Que devons-nous faire ? »

« Nous ne pouvons pas effacer toute sa mémoire ! » protesta Michael en enlevant sa veste pour couvrir la jeune inconnue. « C’est trop dangereux, elle risque d’avoir des séquelles. Comme Gilderoy Lockhart... »

Michael connaissait bien le cas de Lockhart pour l’avoir vu à l’issue de sa septième année, lorsqu'il avait fait un séjour à Ste Mangouste. Et si c’était là le sort qui attendait la moldue, sa fin serait bien triste…

« Nous n’avons pas le choix, c’est une décision de la Brigade… » marmonna Foch en se rongeant les ongles, comme s’il était tiraillé. -Michael pouvait presque voir les rouages de son cerveau tourner à plein régime.- « Stanford qui plus est ! Qu’a-t-elle bien pu faire ? Qu’a-t-elle bien pu voir ? »

« Quelque chose qui ne plaît pas à Stanford, visiblement… » grinça Michael entre ses dents.

Il avait appris durant ces longues années à exercer son travail sans trop réfléchir à ce que pouvaient ressentir les moldus. Mais cette fois ci, c’était différent. Il était question de transformer quelqu’un en légume. Et il se refusait à le faire. Par ailleurs, il vouait une haine infinie envers Mark Stanford. Cette histoire ne lui disait rien qui vaille.

« Eh, Michael peut regarder dans la mémoire de cette fille ! » intervint Liam. « Comme ça on saura si elle a vu quelque chose de vraiment grave, et s’arranger pour n’effacer que ce qui dérange Stanford. Il n’aurait aucune raison de se plaindre, si le travail est bien fait, non ? »

Michael réfléchit un instant.

« Je veux bien… mais si je fais ça, je risque de l’affaiblir encore plus. »

Le fait de pénétrer dans l’esprit des gens était en effet une épreuve assez peu agréable pour la personne qui se faisait fouiller le cerveau. Et en général, celles-ci s’évanouissaient juste après.

« Ce n’est pas comme si on avait le choix. » répondit Liam. « Soit c’est ça, soit elle se transforme en Gilderoy Lochkart bis. Tu l’as pas vu quand t’étais à Ste Mangouste ? Ce type continue de se prendre pour Superman. Il s’est fracturé le tibia en essayant de voler depuis son lit. Tu veux la condamner à un sort pareil ? »

« Non bien sûr… » répondit Michael. « Bon, je vais essayer. Normalement ça demande un peu de préparation, mais comme elle est déjà faible et que c’est une moldue, je ne devrais pas avoir trop de problèmes. »

Son directeur lui donna silencieuse l’autorisation, et Michael commença son espionnage.

Il posa une main sur le front brûlant de la jeune fille, et regarda son visage encore une fois. Elle avait les yeux fermés et haletait comme si elle souffrait d’une mauvaise grippe. Mais malgré les perles de sueur, l’expression de souffrance, et ses traits déformés par les égratignures et les blessures, Michael la trouvait vraiment belle. Il secoua la tête de gauche à droite, pour se concentrer, et ferma les yeux.

Au départ, il ne sentit rien. Puis, progressivement, une petite lumière s’alluma au creux de son esprit, et il la suivit, comme il avait l’habitude de le faire. Il pénétra dans une grande chambre dorée qui représentait la mémoire de la jeune fille, et tendit une main devant lui pour pénétrer dans ses souvenirs. Ses doigts butèrent contre une sorte de vitre invisible, et il essaya de forcer pour la briser, sans succès. Il ne savait pas ce qui se passait, mais visiblement, cette moldue lui refusait l’accès à sa mémoire. Ce n’était jamais arrivé auparavant. Il était toujours parvenu à lire ce qu’il voulait savoir.
Il restait là debout sans savoir trop que faire, et s'apprêta à faire une nouvelle tentative pour briser la barrière, lorsqu'une voix grave et froide qu’il ne connaissait pas résonna distinctement à ses oreilles.

Dégage…

Puis, sans qu’il s’y attende, il sentit un poing le frapper violemment au niveau du ventre. Il perdit immédiatement sa concentration, et revint à l’instant présent dans un sursaut.

Liam et son directeur le regardaient d’un air surpris, tandis qu’il essayait de se remettre de ses émotions. Quelque chose de chaud coula sur son menton, et en portant ses doigts à sa bouche, il se rendit compte qu’un filet de sang s’en échappait. Son propre sang.

« Michael ? » demanda Liam. « Qu’est ce qui t’es arrivé ? »

Le brun porta une main à son front et ferma les yeux pour essayer d’oublier cette horrible sensation qu’il avait éprouvée quand il avait essayé de briser la barrière invisible. Sa tête cognait, et il se sentait beaucoup plus faible, à la limite du nauséeux. Le sang continuait de s’écouler abondamment des bords de sa bouche. Il l’essuya d’un revers de manche.

« Elle m’a rejeté. Ce n’était jamais arrivé… » murmura Michael en se sentant soudainement vidé de toutes ses forces. « Elle m’a refusé l’accès à son esprit. Je ne sais pas comment elle a fait ça… »

Ils regardèrent tous la jeune femme allongée sur les genoux de Michael, qui reprenait doucement ses esprits. Ses cheveux glissèrent sur un côté de son visage, découvrant des yeux froids et sauvages, presque animals. Un bras d’une pâleur cadavérique émergea de sous la veste de Michael, et la moldue se maintint en position assise, toujours faible et tremblante, mais les toisant comme si elle refusait d’être aidée par quiconque.

« Est-ce que vous allez bien ? » lui demanda Foch en se penchant vers elle d’un air rassurant. « Comment-vous appelez-vous ? »

La jeune femme le fixa quelques instants, comme si elle essayait de déterminer s’il valait la peine de répondre à ce type-là. Michael eut un frisson tant elle lui rappelait un animal prédateur, prêt à se jeter sur sa proie et à lui planter les crocs dans la gorge. Puis, d’une voix froide et glaciale, identique à celle que Michael avait entendue avant d’être repoussé de son esprit, la brune répondit :

« Rowen. Rowen Lone. »




Dernière édition par Rowen Lone le Lun 29 Avr - 20:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Défi#3] Michael Corner   Dim 14 Avr - 20:06


N'oublie Pas ( épisode 2 )
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Couple : Michael Corner & Opalyne Humminbird
Personnages concernés : Michael Corner, Rowen Lone, Opalyne Hummingbird
Rating : PG-13
Thème : #18 : Give me some Love ( www )
Tome concerné : Aucun
Nombre de mots : 3364 mots
Cadre : Cet épisode se déroule à la suite de l'épisode 1. Michael et le bureau des Oubliators prennent une décision concernant Rowen, qui n'est pas forcément au goût de tous. En attendant, Opalyne Hummingbird (âgée de 24 ans), tente de récupérer Michael, son ex petit ami.





" Une ex encombrante "
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Cela faisait déjà trois heures que le directeur des Oubliators ainsi que quatre des sorciers sous sa responsabilité s’étaient enfermés dans un bureau afin de discuter de l’actuel cas de crise. Dans le département, le silence était tellement pesant que c’en était oppressant : on n’entendait aucune respiration, aucun grattement de plume, comme si le bureau entier avait été soumis à l’Assurdiato. La nuit était déjà tombée, mais tous les Oubliators étaient restés en attendant qu’une décision soit prise, tandis que les autres étages s’étaient progressivement vidés. Mark Stanford était certainement déjà rentré chez lui, et n’avait même pas daigné repasser voir Elmer Foch pour s’assurer que ses ordres avaient bien été exécutés. Il était tellement habitué à ce que tout le monde remue ciel et terre pour que ses désirs soient satisfaits, qu’à l’heure qu’il était, on s’était certainement déjà occupé du cas de sa moldue.

Rowen Lone était cependant encore dans le Quartier Général des Oubliators. Installée à la place de Michael, vêtue d’un épais manteau que Foch avait réussi à emprunter à une vieille sorcière du département des Transports Magiques –qui n’était évidemment pas au courant du pourquoi du comment-, la moldue avait ses yeux fauves fixés sur un point imaginaire, perdue dans ses méditations. Sa présence rendait mal à l’aise les sorciers qui avaient été écartés de la réunion, mais ceux-ci ne faisaient aucun commentaire, se contentant de lire pour la quinzième fois de la journée, leur Gazette du Sorcier.

Au bout d’une vingtaine de minutes supplémentaires, la porte du bureau s’ouvrit enfin sur un Elmer Foch épuisé. Michael et Liam le suivaient de près, la mine grave, accompagnés de la sorcière que Michael avait taquinée plus tôt dans la journée, et d’un vieil homme aux cheveux poivre sels. Ils retournèrent tous à leurs bureaux respectifs, à l’exception de Foch, qui se dirigea directement vers la moldue.

« Bon… Nous avons pris notre décision, mademoiselle. »

Il jeta un coup d’œil à Michael, quelques pas derrière lui. Ce dernier avait l’air soucieux et fatigué, comme s’il était encore affaibli par le rejet de la moldue, et Elmer Foch se demandait une fois de plus s’ils avaient trouvé le meilleur terrain d’entente. Il reprit cependant ses explications à voix basse :

« Nous ne pouvons malheureusement pas vous laisser retourner à votre vie normale pour le moment. Pas avant d’avoir découvert pourquoi votre mémoire doit être effacée. Et en attendant, il faudrait que vous restiez avec la seule personne qui a les capacités nécessaires pour découvrir ce que vous nous cachez et n’avez pas voulu me dire avant la réunion. »

Il fit un signe en direction de Michael, qui s’avança de quelques pas en essayant d’esquisser un sourire rassurant. Rowen Lone le regarda un court instant sans ciller, puis reporta son attention sur son interlocuteur.

« Vous comprenez bien que je n’ai pas le choix… A moins que vous ne vous décidiez à me parler… »

Le silence de la moldue fit office de réponse. Elmer soupira, puis retourna à son bureau ranger ses affaires, dans le but d’enfin rentrer chez lui. Considérant qu’ils pouvaient partir, les autres sorciers se levèrent tous d’un même mouvement, et se pressèrent vers la sortie pour débaucher, non sans quelques soupirs soulagés. Michael, qui avait hérité d’une grosse corvée, resta seul avec la moldue et Liam, qui lui tapota sur l’épaule d’un air réconfortant, comme pour lui signifier qu’il le soutenait, bien que ce soit de loin. Son meilleur ami sorti ensuite du bureau après l’avoir salué d’un geste de la main absent, et Michael se tourna vers la moldue.

Cette dernière le fixait comme si elle allait l’attaquer, et il se sentit bien peu en sécurité en tête à tête avec elle. Il tapota sa poche pour s’assurer que sa baguette était à portée de main, mais se trouva immédiatement ridicule : c’était un sorcier, et elle n’était qu’une moldue affaiblie par un Détraqueur. Que pouvait-il bien lui arriver ?

« Bien… Je crois qu’il va être temps d’y aller. Tenez ça, n’ayez pas peur. »

Il l’invita à poser sa main sur une vieille tasse à café ébréchée qui avait appartenu à Elmer Foch, et toucha sa main afin de s’assurer qu’elle ne lâcherait pas prise. Une lumière verte éclaira l’objet quelques secondes plus tard à peine, et il sentit un crochet invisible l’attraper au niveau du nombril et le tirer vers l’avant. A côté de lui, la moldue sembla surprise, mais garda ses doigts fermement serrés sur l’anse de la tasse, comme si elle craignait de tomber dans le vide si elle cessait de se rattacher à la seule chose matérielle qui existait dans ce tourbillon de couleurs. Ils furent secoués dans tous les sens un bon moment, et sentirent tout aussi brusquement le sol se reformer sous leurs pieds.

La moldue tituba, et Michael la rattrapa par l’épaule.

« C’est un Portoloin » , lui expliqua Michael. « Les sorciers s’en servent pour voyager d’un endroit à un autre… »

Elle ne lui répondit rien et il se sentit immédiatement stupide. Quoi qu’il arrive, elle oublierait cette explication sur les Portoloins dès lors qu’ils auraient effacé une partie de sa mémoire. Elle semblait par ailleurs se désintéresser totalement de ce qu’il pouvait raconter.
Michael ne le disait pas, mais il trouvait la jeune fille d’assez désagréable compagnie. Et dire qu’il aurait pu être au bar, chouchouté par Cho ou Marietta, à cette heure ci –ou peut-être même par les deux-…

Il avait cependant hérité d’une tâche, et allait la mener du mieux qu’il le pouvait. Il invita donc la jeune fille à rentrer dans son appartement, et jeta les enchantements nécessaires pour s’assurer qu’elle ne s’enfuirait pas dès qu’il aurait le dos tourné –car malgré son travail supplémentaire, il n’était pas dispensé d’aller au bureau pour autant. Foch lui avait seulement donné deux ou trois jours pour que la moldue puisse s’accommoder à son nouveau logement-.

Rowen était au centre de son appartement, et observait l’endroit d’un œil critique. Son regard balaya la pièce un instant, puis s’attarda sur les sorties comme les fenêtres et les portes. Michael remarqua son air analytique et calculateur, qui transparaissait malgré son épuisement, et jugea bon de la prévenir, histoire qu’elle ne fasse rien de stupide.

« J’ai jeté un sort sur tout l’appartement. Vous pouvez essayer si vous voulez, mais vous ne pourrez pas sortir d’ici, que ce soit par les portes, ou par les fenêtres –ce que je vous déconseille, d’ailleurs, puisqu’on est au 5ème étage-. Tout cela est dans le but d’assurer votre sécurité, comme vous l’a fait comprendre Foch. »

Il avait l’impression d’être une sorte de séquestreur louche en donnant ces explications, mais chassa rapidement cette pensée de son esprit. Après tout, c’était pour une bonne cause, et pour son travail. Ce qui était deux arguments qui suffisaient largement à justifier ses actes. Ou tout du moins, il essayait de s’en persuader.

Prenant son nouveau rôle d’hôte au sérieux, Michael servit un verre de jus de fruit à la moldue, et l’invita à s’assoir sur son canapé. La demoiselle accepta la boisson, toujours sans lâcher un mot, et bu quelques gorgées pour soulager son gosier asséché. Par chance, Michael avait pensé à faire les courses la veille, et avait donc autre chose à proposer que du jus de citrouille –qui n’était certainement pas au goût de la moldue-.

« Après ça, vous pourrez aller prendre une douche. C’est par là-bas, au fond du couloir. Je sortirai les affaires nécessaires pour que vous puissiez vous changer. Vous pouvez dormir dans mon lit, je dormirai sur le canapé. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, il vous suffit de demander… »

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Michael devait bien avoir quelques sous-vêtements féminins qui traînaient dans ses placards, laissés par ses nombreuses conquêtes –et par ses ex petites copines un peu plus sérieuses, également-. Concernant les vêtements, c’était un peu plus délicat –une fille pouvait repartir le matin sans son soutien-gorge, mais certainement pas sans habits-, mais il devait sûrement avoir des vieilles chemises trop petites pour lui qui devraient aller à la jeune fille. En tout cas, tout serait mieux que la robe déchirée d’Azkaban qu’elle portait actuellement.

Comme il n’avait pas de réponse –était-elle muette ?-, Michael se releva et rassembla des serviettes, ainsi qu’une chemise et des sous-vêtements, pour que la brune puisse aller se laver. En lui mettant les affaires dans les bras, il toucha involontairement sa main et se mit à rougir sans raison. Pour faire passer son moment de gêne, il demanda, l’air de rien :

« Au fait, comment est-ce que je dois vous appeler ? Est-ce que je dois continuer à vous vouvoyer ? »

Rowen attrapa les serviettes éponges, puis toisa Michael d’un air glacial.

« Ne m’appelez pas. » lâcha-t-elle simplement, dans un ton qui n’admettait aucune réplique.

Puis elle tourna les talons et alla s’enfermer dans la salle de bain.

« Ouah… ça va être plus compliqué que prévu… » marmonna Michael en se grattant la tête.

*****

Quelques minutes plus tard, la moldue sortit de la salle de bain, propre comme un Gallion neuf et vêtue de la chemise de Michael qui lui arrivait juste au-dessus des genoux. Michael était installé à sa table à manger, et avait posé deux assiettes d’un plat qu’il venait juste de cuisiner. Il n’était même pas gêné par la tenue légère de Rowen. Après tout, il avait l’habitude de voir des filles dans son appartement, et en général, elles portaient moins de tissu sur elles que sa nouvelle colocataire. Il l’invita donc à s’assoir et à grignoter un morceau ; elle devait en effet être affamée depuis le temps, et l’Oubliator se demanda depuis quand elle n’avait rien avalé.

Toujours sans un mot, la brune s’assit à la table et commença à manger avec appétit. Michael profita de ce petit moment où elle baissait sa garde, pour essayer de faire la conversation.

« Alors comme ça vous vivez dans les environs de Londres ? Qu’est ce vous faites comme métier ? »

Rowen avala une bouchée de petits pois au lard, puis répondit, sans lever les yeux de son assiette.

« Je suis serveuse dans un restaurant. »

Elle avait parlé ! Il y avait une nette amélioration. C’était sûrement le genre de personne à être d’humeur un peu moins massacrante quand elle avait le ventre rempli. Michael trouva ce signe encourageant, et continua donc de lui poser des questions.

« Ah bon ? »

Il regretta immédiatement d’avoir ouvert la bouche. Avec le ton qu’il avait employé, il était clair qu’il se demandait pourquoi une jeune femme qui avait pourtant l’air aussi intelligente, était coincée dans un restaurant avec un métier aussi trivial.
Elle lui lança un regard froid, et trancha un morceau de jambon braisé.

« Je le faisais pour payer mes études. »

« Des études de quoi ? »

Elle ne répondit rien et coupa un nouveau bout de viande avec vigueur, comme si elle s’imaginait qu’il s’agissait de son agaçant hôte. Michael estima qu’il était temps de la laisser tranquille –aussi parce qu’elle lui foutait un peu les jetons-, et se leva pour sortir des couvertures et préparer sa couche pour la nuit. Il était sorti tellement tard du boulot qu’il était à présent pratiquement minuit. Et il était particulièrement crevé.

« Bon je vais dormir. Laissez les assiettes dans l’évier, je ferai la vaisselle demain. Je vous ai mis une brosse à dent dans la salle de bain –c’est la rouge-, allez dormir quand vous le voudrez. Faites comme chez vous. »

Il grimpa ensuite sur son canapé, se lova dans ses couvertures, et s’endormit aussitôt.

Rowen le regarda un instant, puis termina son repas. Elle lava ensuite sa vaisselle, fit sa toilette, et alla se coucher dans le lit de Michael. L’odeur du sorcier flottait partout dans l’air, et s’était incrustée dans les couvertures, mais la jeune fille n’en fut pas dérangée pour autant. Elle remonta ses couvertures, puis sombra dès que sa tête eut touché l’oreiller.

*****

Lorsque Michael se réveilla le lendemain, aux alentours de 10h, une bonne odeur d’œufs et de bacon grillé lui chatouilla les narines. Il frotta ses yeux ensommeillés, se redressa, et vit la moldue en train d’éplucher des oignons tandis que des œufs cuisaient joyeusement dans une poêle. La table était déjà mise pour deux, et des tranches de pain de mie doraient dans le toaster. L’Oubliator jeta ses couvertures sur un côté du canapé, puis se leva et se dirigea d’un pas lent vers la table.

« Bonjour » , dit-il à la jeune fille, en attrapant du pain et en se servant du jus d’orange.

« Bonjour » , répondit la moldue, en revenant vers la table et en faisant glisser des œufs au plat tous chauds dans l’assiette de son hôte.

Elle le regarda un instant, comme si elle voulait ajouter quelque chose, mais une tranche de pain jaillit brusquement du toaster, et elle l’attrapa avec des pincettes pour le poser dans un plat.

« Merci pour le petit déjeuner » , articula Michael entre deux bouchées, tout en se disant qu’il n’avait pas aussi bien mangé le matin depuis qu’il n’habitait plus chez ses parents. Être sorcier ne permettait malheureusement pas d’être un bon cuisinier, et même l’Elfe de Maison de ses parents était une véritable catastrophe quand il s’agissait de préparer quelque chose. Popkin n’était d’ailleurs pas toujours avec Michael, puisqu’elle faisait les allers-retours entre la demeure des Corner et la sienne, et ne passait que pour le ménage.

« Je n’aurais pas dut ? » demanda la brune en se versant un verre de jus d’orange. « Je veux dire… vous aviez dit de faire comme chez moi… »

« Non, ne t’inquiète pas ! » s’empressa de répondre Michael.

Rowen tiqua qu’il venait de la tutoyer, mais ne fit aucun commentaire là-dessus. Michael en vint à la conclusion qu’elle l’autorisait donc à le faire, même s’il ne savait toujours pas s’il devait l’appeler par son nom ou son prénom.

« Je ne sais pas cuisiner, alors c’est bien que tu le fasses… enfin si ça ne te dérange pas. »

« Je peux le faire. » répondit Rowen.

Il ne savait pas si elle essayait d’être aimable ou quoi, ou si elle souhaitait tout simplement le remercier pour ce qu’il faisait pour elle à sa manière, mais elle semblait soudainement plus accessible et plus encline à la conversation.

« Par contre, ne touche pas au ménage, mon Elfe de Maison s’en charge. »

La jeune fille dut penser qu’il s’agissait du surnom de sa bonne, puisqu’elle ne posa aucune question. Ils finirent donc de petit-déjeuner en silence, puis Michael, voyant qu’il était impossible de la faire parler plus, alla faire une promenade, la laissant vaquer à ses occupations –il lui avait dit de farfouiller dans sa bibliothèque si elle voulait-.
Bien qu’il n’ait pas besoin d’aller travailler, Michael fit un tour au Ministère de la Magie pour faire un compte rendu à son directeur. Il apprit de son côté que Stanford croyait bel et bien que la mémoire de la moldue était effacée, ce qui le rassurait quelque peu : au moins, il n’aurait pas Stanford sur le dos, et Rowen était à présent hors de danger immédiat.

Il rentra ensuite chez lui, et retrouva la moldue plongée dans la lecture d’un gros grimoire qu’il avait acheté lors de sa scolarité à Poudlard. Il se frappa la tête du poing, en se rappelant qu’il n’avait pas que des ouvrages de littérature moldus, et reprit le manuel, l’arrachant des mains de la brune.

Elle ne protesta pas mais le regarda comme si elle avait envie de le massacrer. Il tenta de se justifier.

« C’est un livre que tu vas oublier, de toute façon. » dit-il d’une voix calme. « Même si on n’efface pas toute ta mémoire, tu oublieras quand même tout ce qui est en rapport avec notre monde. Donc ça ne sers à rien que tu le lises. Et puis tu ne le comprendrais pas, il n’est pas fait pour les Moldus. »

« Moldus ? Ça sonne comme une insulte. » dit-elle d’une voix cassante, tout en gardant son habituelle expression indéchiffrable.

« C’est simplement un mot pour désigner les personnes qui ne sont pas des sorciers, et n’ont pas de pouvoir magique. » répondit Michael, remarquant qu’il venait de la contrarier –il ne lui en fallait pas beaucoup !-

Ils passèrent donc le reste de la journée et le début de la soirée dans un calme plus que total. Rowen, toujours stoïque, était bien décidée à rester derrière son mur de silence et Michael n’avait même pas envie de faire l’effort d’engager une conversation. Après tout, elle finirait bien par se lasser d’habiter dans son appartement et de ne pas pouvoir sortir. Elle lui autoriserait à ce moment-là l’accès à sa mémoire, il pourrait effacer ce qu’il devait effacer, et puis basta. Il lui donnait encore quatre jours à tenir dans ces conditions.

La sonnerie de son appartement retentit, et Michael sursauta légèrement, tant il était perdu dans ses pensées. Rowen leva à peine la tête de son livre lorsque son colocataire passait devant elle pour aller ouvrir.

Michael regarda dans le judas, puis fit coulisser les verrous et ouvrit la porte en soufflant.

« Surpriiiiiiiseeeee ! » lança une petite voix fluette, en se jetant dans les bras du brun et en l’embrassant langoureusement.

Une cascade de cheveux roux s’abattit sur l’Oubliator, qui se dégagea bien rapidement des bras de la nouvelle arrivante en ayant l’air gêné.

« Opalyne, qu’est-ce que tu fais ici… » demanda Michael en se mettant entre l’entrebâillement de la porte et son appartement, pour lui signifier qu’il ne la laisserait pas entrer.

« Oh ben c’est là tout l’intérêt d’une surprise » , répliqua la rouquine en battant des cils et en faisant un large sourire.

Elle essaya une nouvelle fois de le prendre dans ses bras, mais Michael la repoussa.

« Ecoute… On ne sort plus ensemble, je te l’ai dit, non ? »

« Tu as seulement envoyé une lettre. C’était pas très gentil ! » le gronda Opalyne en secouant sa tête de gauche à droite. « Alors techniquement… »

L’ancienne Gryffondor tenta d’embrasser une seconde fois Michael, mais celui-ci mis sa main sur la bouche d’un rouge pétant de la jeune fille. Dans son geste, il recula de quelques pas, et la porte s’ouvrit en grand. Opalyne aperçu Rowen, simplement vêtue d’une chemise de Michael qui était bien trop courte pour qu’il ne s’agisse que d’une collègue de travail.

« Quoiiii ? » cria-t-elle d’une voix perçante. « C’est qui ça ?! Mich’, tu me trompes ? Non c’est pas vrai, tu me trompes ??! »

Rowen leva les yeux de son livre et regarda d’un air blasé la rouquine, qui semblait sur le point de se jeter sur elle pour en découdre Me vole pas mon mec #PAF#

« Ecoute Lyne, ce n’est pas ce que tu crois. Et je ne te trompe pas, parce que nous ne sommes plus ensemble, est-ce que c’est clair ? »

Il la regarda droit dans les yeux, et elle fronça les sourcils de plus belle. Puis, voyant qu’il ne comptait pas céder, elle tourna les talons en faisant virevolter son sac à main sur son épaule.

« Très bien. Trèèèès bien. Mais tu vas essayer de me récupérer dans deux jours, j’en suis sûre. Et à ce moment-là, tu pourras te brosser ! Oh oui ! »

La rousse dévala ensuite les escaliers, et Michael pu enfin refermer la porte de son appartement, exténué.

Il se retourna alors et se retrouva nez à nez avec Rowen, qui venait de se lever et avait abandonné son livre sur la table basse. La jeune fille esquissa un sourire moqueur –peut être bien le premier sourire qu’il lui eut été donné de voir- puis déclara sur un ton ironique.

« Impressionant… »

Elle tourna ensuite le talons et alla s’enfermer dans sa chambre, laissant dans le salon, un Michael complètement perplexe.




Dernière édition par Rowen Lone le Lun 29 Avr - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Défi#3] Michael Corner   Mar 16 Avr - 23:55


N'oublie Pas ( épisode 3 )
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Couple : Michael Corner & Keira Williams
Personnages concernés : Michael Corner, Rowen Lone, Keira Williams, Liam Darling, Popkin
Rating : PG-15
Thème : #4 : One More Night – Maroon 5 / cover Alex Goot ( www )
Tome concerné : Aucun
Nombre de mots : 2844 mots
Cadre : Cet épisode se déroule 3 semaines après l'épisode 2. Michael et Rowen commencent progressivement à s'habituer l'un à l'autre, et l'Oubliator semble avoir compris comment "apprivoiser" la moldue. Mais c'était sans compter l'intervention d'une vieille connaissance de Michael, Keira Williams (mannequin de 24 ans), qui va ajouter un peu de piment dans cette relation inattendue...





" Briser une promesse "
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Trois semaines s’étaient écoulées depuis que Michael Corner, Oubliator et tombeur de ces dames, avait accueilli chez lui la mystérieuse Rowen Lone, une moldue dont il avait la charge d’effacer la mémoire. Au départ réticent à cette nouvelle colocataire taciturne, le jeune homme s’était rapidement accommodé à sa présence, et la brune lui faisait désormais plus penser à un chat sauvage qu’à un tigre enragé. Il arrivait même parfois à avoir des conversations qui comptaient plus de trois échanges, et était parvenu à en apprendre un peu plus sur elle –sur ses goûts et ses passions, notamment- ; mais dès qu’il commençait lui poser des questions plus personnelles, ou à mentionner la chose dont elle avait été témoin et que Stanford voulait qu’elle oublie, elle se réfugiait derrière son mur du silence, et il lui était impossible d’en tirer plus.

En dehors, elle lui faisait penser à un gracieux félin, qui se montrait tantôt affectif, tantôt agressif. Il avait toujours autant de mal à la cerner, mais s’était attaché à ces quelques facettes de sa personnalité qu’elle avait bien voulu lui montrer.
Rowen était intéressée par tout, lisait de tout, et lorsqu’elle était plongée dans un des gros grimoires de Sorcellerie de Michael, avait cette petite étincelle qui s’allumait dans son regard noisette. Elle semblait passionnée par le monde de la Magie, et l’ancien Serdaigle se sentait tous les jours un peu coupable de s’occuper d’elle uniquement pour une chose : qu’elle oublie tout une fois sa mission achevée.

Son cas le préoccupait cependant énormément, et il se pressait de rentrer chez lui dès lors qu’il avait fini son travail au Ministère. Il était alors soulagé -et peut être même un peu heureux- , de retrouver la jeune fille assise en tailleur sur son tapis, tournant les pages jaunies par le temps de ses vieux bouquins, et notant d’une écriture distraite sur un bout de parchemin, quelques mots qu’elle n’arrivait pas à comprendre. Elle passait alors tout le dîner à poser un nombre incalculable de questions à Michael, et à être fascinée par ses récits de sa scolarité à Poudlard –elle avait d’ailleurs un intérêt tout particulier pour la Salle sur Demande, mais Michael n’avait pas osé lui raconter tout ce qu’il avait pu y faire-.

De ce fait, Michael ne sortait plus avec ses conquêtes d’un soir, et avait cessé de répondre aux avances de ses ex petites copines. Il préférait passer tout son temps avec sa protégée, plutôt que de s’impliquer dans des histoires qui ne duraient qu’une nuit. Il ne savait pas pourquoi, mais il s’interdisait à fréquenter n’importe qui. Peut-être que la remarque de la moldue le jour où Opalyne était venue le voir lui avait fait prendre conscience de quelque chose. Dans tous les cas, ramener une fille chez lui aurait été impossible, avec Rowen dans les parages.

Par ailleurs, bien qu’il ait fait la quête dans son département pour recueillir de quoi l’habiller, la jeune fille préférait toujours se balader dans l’appartement avec les vieilles chemises de Michael. Ce dernier commençait par ailleurs à ressentir une certaine gêne à la vue de ces tenues un peu aérées, et se demandait si un Joncheruine ne l’avait pas piqué : en effet, une paire de jambe n’aurait pas dut autant le perturber. Aux dernières nouvelles, il s’appelait toujours Michael Corner, non ?

Les semaines continuaient de défiler, et se ressemblaient, identiques. Quand un jour…

******

« Tu veux du thé ? »

Michael releva la tête de son dossier, et se rendit compte qu’il s’était assoupi sur la table. Le document qu’il était en train d’étudier pour son travail était encore ouvert devant lui, et l’encre avait légèrement disparu à l’endroit où il avait sûrement bavé. Il jura et s’essuya la bouche d’un revers de main rageur, puis leva les yeux vers Rowen, qui lui tendait une tasse de thé encore fumante, posée sur une soucoupe.

« Merci » lui dit-il en esquissant un sourire, tandis que la brune se penchant vers Popkin –l’Elfe de Maison des Corner-, pour lui servir une tasse de thé également.

L’Elfe couina des remerciements, bu rapidement son breuvage, puis se jeta dans les bras de la moldue pour l’enlacer de ses petites mains frêles. Rowen éclata d’un rire cristallin en caressant d’un air affectif la tête de chauve-souris de la créature vêtue d’un tablier à dentelles, tandis que les tasses roulaient sur le parquet sans se briser. Son sourire fut cependant de courte durée et s’effaça dès qu’elle remarqua que Michael était en train de la regarder, laissant place à son habituelle expression froide et dure.

Popkin sauta des bras de Rowen pour courir derrière les tasses et les empiler, avant de les laver d’un tour de main et de retourner jouer avec la jeune fille. Michael ne savait pas si c’était parce que Rowen se sentait seule après ces trois semaines loin de son logis –voire plus, il ne savait pas combien de temps elle avait passé à Azkaban-, ou si elle était tellement fascinée par la Magie qu’une créature comme un Elfe de Maison lui apparaissait comme un cadeau du ciel, mais il était clair que ces deux-là s’entendaient comme larrons en foire. L’ancien Serdaigle continua de les observer un moment, attendri, mais son attention fut captée par une grosse chouette hulotte qui venait de s’engouffrer par sa fenêtre ouverte.

L’animal piqua vers la table de la cuisine et se posa dans un bruissement de plumes élégant sur le bras tendu de Michael, livrant son courrier à son destinataire.
Rowen, qui avait rarement eu l’occasion de voir un hibou en guise de facteur, admira la scène avec un grand intérêt.

« Qui peut bien m’écrire… » marmonna Michael en fronçant les sourcils, et en retournant l’enveloppe.

« Maîîître » couina Popkin d’une petite voix aigüe. « Vous allez être en retard au travail. »

Le brun regarda sa montre, poussa un juron, puis s’empressa d’enfiler des habits convenables, avant de sortir en trombe de son appartement. Il salua rapidement Rowen, en lui disant qu’il serait de retour pour le repas du soir, comme d’habitude, et transplana vers le Ministère de la Magie.

Lorsqu’il arriva dans son bureau, il se posa sur sa vieille chaise, et, constatant qu’il n’avait –encore une fois- pas de travail à faire, prit une pause qui était bien partie pour durer toute la journée. Il en profita donc pour ouvrir son courrier.

Il lut rapidement les lignes, puis poussa un soupir, avant de ranger l’enveloppe dans son tiroir. Contrairement à ses nombreuses lettres d’ex et/ou de fan, il ne l’avait pas jetée à la poubelle dès la réception. Au lieu de quoi il l’avait gardée précieusement, comme s’il s’agissait de quelque chose d’important.

« Qui t’as écrit ? » lui demanda Liam à l’autre bout du bureau.

Le jeune Darling était en train de taper un rapport à la machine à écrire, mais cette tâche ne semblait pas requérir une très grande concentration. La preuve : il parvenait à parler, à travailler, et à manger en même temps.

« Rien, mes parents… » répondit Michael d’un air las, comme s’il était blasé par toutes les missives que ses parents lui envoyaient pour lui demander s’il allait bien, si le travail se passait bien, et surtout, si son régime alimentaire était convenable.

Liam haussa les épaules d’un air compatissant, puis retourna à son rapport.
Michael passa une main dans ses cheveux, et fit mine de lire un article de la Gazette du Sorcier particulièrement intéressant. Mais au fond, il essayait juste de ne pas croiser les yeux bleus de son meilleur ami. Si tel était le cas, Liam aurait sûrement su qu’il lui mentait. Mais l’excuse des parents était bien passée –courrier pas assez important pour qu’on puisse en parler, mais qu’on se devait de ne pas jeter à la poubelle, sous risque de se prendre un coup de pied meurtrier de la part de la Mama-, et Michael ne voulait pas tout gâcher en se montrant trop bavard. Car l’expéditeur, et le contenu de la lettre, avait de quoi créer de gros ennuis. Et, -en dehors de la belle Dawn Kostovak, évidemment-, qui pouvait être un tourbillon à embrouilles ?

******

Ding Dong !
La journée s’était achevée, et Michael, lettre en main, attendait patiemment devant la porte d’un appartement en bois vernis. Il avait l’air fatigué, comme toujours à l’issue de ses longues heures d’embauche, et avait encore sa cape de sorcier sur les épaules.

Il attendit quelques instants, puis s’apprêta à tourner les talons, lorsque la porte s’ouvrit à la volée, manquant de l’assommer au passage.

La jeune fille qui venait de tenter de l’assassiner lui ouvrir la porte était la copie conforme de ces mannequins aux chevelures rousses et flamboyantes qui décoraient tous les magazines en vogue du moment. Elle avait des jambes fines et interminables, qui paraissaient encore plus imposantes avec les talons de 10cm qu’elle portait. Ses lippes étaient recouvertes d’un rouge à lèvre aux couleurs criardes, et elle était vêtue d’une élégante tenue composée d’une chemise blanche presque transparente, et d’une jupe droite et noire, comme celle des femmes d’affaire.

La rousse eut un sourire lorsqu’elle reconnut son visiteur, puis se précipita sur Michael et le prit dans ses bras tout en lui donnant de grandes tapes dans le dos.

« Lapinouuuu ! Ça faisait tellement longtemps ! Viens, entre ! »

Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, elle le fit entrer dans son appartement, et claqua la porte derrière lui.
Elle lui déposa ensuite deux baisers sur ses joues, et esquissa un sourire candide.

« Salut Keira »

La rouquine le débarrassa de sa cape d’un geste, et la jeta sans ménagement dans un coin de son appartement. Elle passa ensuite ses mains autour du cou de Michael, et le regarda droit dans les yeux –il préféra pour sa part se concentrer sur ses tâches de rousseurs, histoire de ne pas avoir à la regarder en face-.

« Ben quoi, pourquoi tu tires la tronche ? » lui demanda-t-elle en faisant une petite moue boudeuse. « T’es pas content de voir ta vieille pote ? »

Michael réfléchit un instant, toujours en fuyant le regard de l’ex Gryffondor, puis répondit, en choisissant soigneusement ses mots.

« Ecoute, je suis juste venu parce que tu as dit que tu avais des documents à me donner, qui pourraient me permettre de quitter ce fichu job que j’ai au Ministère… »

« Ah oui ! Oui, tout un dossier avec des contacts de musiciens qui pourraient te prendre dans leur groupe ! Je sais que tu rêves encore d’être batteur professionnel, et que la vie derrière un bureau, c’est pas trop pour toi. Alors je t’ai rendu ce petit service ! »

L’Oubliator dut faire un énorme effort pour ne pas paraître gêné.

« C’est très gentil de ta part, mais pour ce que tu m’as demandé dans ta lettre… »

« Je t’ai rendu un service, à toi de m’en rendre un, non ? » répondit Keira avec un froncement de sourcils.

Michael sentit que la pression qu’elle exerçait sur sa nuque était plus forte. Il la regarda cette fois droit dans les yeux.

« Je sais que tu es encore bouleversée parce que Liam vient de rompre avec toi, mais ce n’est pas une raison pour… »

« Tut tut » , le coupa-t-elle. Un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres. « Je sais que tu en as envie, et moi aussi. Tu ne te retenais que parce que Liam est ton meilleur ami, non ? Je suis sûre que tu as envie de voir ce qui se cache sous cette jolie chemise… »

En même temps qu’elle parlait, elle déboutait quelques boutons de son chemisier –déjà bien transparent-. Michael déglutit, et amorça un mouvement pour sortir de l’appartement.

« Ecoute, je dois rentrer à la maison… Il y a… mon chat qui m’attend. »

Keira éclata de rire et le serra plus fort pour qu’il ne puisse pas s’enfuir. Elle déboutonna ensuite la chemise de Michael, déposa un baiser sur son cou, puis sur ses lèvres, et ils finirent par s’embrasser fiévreusement. Le brun n’arrivait plus à penser à quoi que ce soit, et savait qu’il n’aurait pas dut toucher à ce fruit défendu qu’était Keira. Mais elle savait tellement bien jouer avec lui que son cerveau semblait flotter dans une sorte d’océan euphorisant. Il enleva donc ses propres vêtements, et tout devint flou.

******

Il était déjà une heure du matin passée. L’appartement de Michael était plongé dans le noir, et seul un rayon de lune qui filtrait par la fenêtre éclairait l’endroit. Rowen était assise à même le sol, contre un mur du salon qui lui permettait d’avoir une vue directe sur la porte d’entrée. Popkin, l’Elfe de Maison, dormait paisiblement dans ses bras, recouverte d’un petit plaid, en émettant de petits sifflements par les narines. La moldue lui caressait la tête affectueusement, les yeux dans le vague.

Sur la table, deux assiettes remplies d’un plat aux allures délicieuses attendaient patiemment qu’on vienne les vider. Mais Michael n’était toujours pas revenu, et Rowen commençait à désespérer qu’il ne rentre un jour. Elle n’avait pas non plus mangé, souhaitant dîner, comme à son habitude, avec son hôte. Mais ce soir, tout était différent. Pourquoi n’était-il pas rentré après le travail ? Pourquoi la laissait-il attendre si longtemps dans le noir ? Elle détestait le noir…

Des images atroces lui revinrent en mémoire, et elle sursauta brusquement. Popkin glissa sur un côté, et roula sur le sol, continuant toujours de dormir en faisant des bruits attendrissants. Rowen prit sa tête dans ses mains, et ferma les yeux. Elle ne voulait pas se rappeler. Elle ne voulait pas s’en souvenir. Elle voulait à tout prix que ces passages de sa mémoire s’effacent à jamais… Mais il était trop tard. Le mal avait été fait. Elle s’était accrochée à Michael, comme s’il était son seul rayon de soleil dans ce monde pourri jusqu’à la moelle, mais tout ça était fini. Même Michael l’avait abandonnée, et à présent, elle était seule dans le noir, terrorisée.

Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux, mais elle les effaça tout aussitôt. Elle reprit alors son habituel visage impassible.

Ce fut à ce moment-là que la serrure de l’appartement se mis à émettre un petit déclic.


Michael entra dans l’appartement. Vu sa mine épuisée, et son look totalement débraillé, Rowen constata qu’il n’avait pas été « retenu au boulot ». Sa chemise était en effet toute froissée, et à moitié déboutonnée –des boutons manquaient çà et là-, tandis que des traces d’un rouge à lèvre flashy étaient imprimées sur ses vêtements et sur son cou. Rowen le toisa un moment sans rien dire, et son expression ne changea pas d’un poil.

Lorsque le brun la vit, il sursauta, puis eut un air gêné. Michael ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit encore debout à cette heure-ci. Il pensait que, voyant qu’il ne revenait pas, elle aurait dîné et serait partie se coucher aux alentours de minuit, comme elle le faisait à chaque fois.
Il sentit le rouge lui monter aux joues –ou tout du moins, à la joue qui n’était pas déjà recouverte du maquillage de Keira-, et remercia le ciel pour ne pas avoir eu l’idée stupide d’allumer la lumière en rentrant.

« Je suis désolé d’être rentré si tard… » commença Michael. « J’étais… »

« …au boulot, oui. » compléta Rowen.

Michael sursauta tant le ton de sa voix était froid et tranchant. Qu’on se le dise, la jeune fille avait toujours été très cassante et peu chaleureuse. Mais au fil des semaines, elle s’était montrée plus douce avec lui, et il fut presque choqué de voir les yeux fauves de la moldue le dévisager d’un air courroucé. Il lâcha sa cape, qui tomba au sol, et avança d’un pas vers elle.

« Ecoute, je… »

« Pas la peine de te justifier » , le coupa la jeune fille, sans un sourire. « Ce n’est pas comme si c’était important… si j’avais su, je ne t’aurais pas attendu. Je suppose que je vais aller me coucher. »

Et sur ces mots, elle tourna les talons et alla se réfugier dans la chambre de Michael.

Ce dernier la regarda partir, trop fatigué pour essayer de la retenir, puis il tourna la tête vers la table de la cuisine, sur laquelle il comptait poser les dossiers que Keira lui avait donnés. Ce fut à ce moment-là qu’il vit les deux assiettes encore pleines. Son visage se décomposa, et il s’approcha doucement du repas à présent froid, préparé par Rowen et Popkin.

Ses propres mots résonnèrent dans son esprit, comme une entêtante mélodie maudite.

« Je serai de retour pour le dîner, comme d’habitude. »

Il s’effondra sur le sol, et regarda la porte de sa chambre où Rowen dormait. Close.

« Merde… » murmura-t-il, avant de donner un coup sur la table.

Pourquoi fallait-il toujours qu’il gâche tout ?




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MessageSujet: Re: [Défi#3] Michael Corner   Mer 7 Aoû - 14:26


     


N'oublie Pas ( épisode 4 | partie 1 )
............................................................................................................................

Couple : Michael Corner & Cherise Rowle
Personnages concernés : Michael Corner, Rowen Lone, Liam Darling, Cherise Rowle, ...
Rating : PG-13
Thème : #30 : Tequila Sunrise - Eagles ( www )
Tome concerné : Aucun
Nombre de mots : 1535 mots
Cadre : Une semaine après l'épisode 3. L'indifférence de la moldue Rowen Lone perturbe de plus en plus Michael Corner. Perdu, l'Oubliator va alors tenter de se saouler dans un bar, afin d'avoir les idées plus claires...






" N'oublie Pas "
...................................................................................................................................................................



Il voyait son reflet dans les yeux mordorés de la jeune fille à chaque fois qu’il passait devant elle ; et pourtant, elle ne lui adressait pas un mot. Elle se contentait de le fixer, sans aucune expression, et détournait le regard lorsqu’il tentait d’ouvrir la bouche. Comme ça. Puis, dans un bruissement de tissu, elle se faufilait dans sa chambre et refermait la porte. Le message était on ne peut plus clair.
Michael ne savait pas quoi penser de ce comportement. D’une part, il était furieux parce qu’elle ne semblait pas éprouver la moindre once de reconnaissance envers lui ; sa colère n’était pas légitime, ce n’était pas comme s’il lui devait la moindre chose. Mais d’une autre part, il ne pouvait s’empêcher de se sentir honteux lorsqu’il la voyait claquer la porte d’un air courroucé. Il voyait dans ses longs cheveux bruns, le visage de son meilleur ami Liam, et le poids de la trahison. Comme si, en ne lui adressant plus la parole, elle voulait lui rappeler qu’il avait fauté. Puis, doucement, sa colère faisait place à la tristesse, au remord… Que n’aurait-il pas donné pour qu’elle lui parle, juste une fois ?

Il entendait encore le son de sa voix, là n’était pas le problème. Rowen continuait de parler avec Popkin, de s’occuper des repas, et de prendre soin de la maison. Mais elle dînait généralement avant que Michael ne rentre du travail, puis s’enfermait dans sa chambre, de telle façon qu’il ne la voyait plus vraiment. Il avait l’impression que lorsque cette porte était close, c’était une partie d’elle qu’elle lui empêchait de voir. Comme s’il avait levé un peu trop fort le rideau qui masquait tout ce qu’elle tentait désespérément de lui cacher, et qu’à présent, elle avait reconstruit le mur. Mur qui la séparait d’elle. Inexorablement. Il avait beau frapper, beau supplier, aucune brique de voulait céder. Elle avait reconstruit pièces par pièces sa forteresse, et il ne pouvait que rester devant, impuissant.

Il avait parfois l’impression de devenir fou. C’était comme si le fantôme de Rowen le narguait. Il voyait sa silhouette gracile dans sa chemise de nuit se promener comme un félin à travers la maison. Il la voyait ouvrir le frigo, ses longs cheveux attachés en un chignon lâche, ses yeux noisette brillant dans la lueur du crépuscule. Il la voyait assise près de lui lorsqu’il dormait dans le canapé ; mais lorsqu’il tendait la main pour lui toucher la joue, elle s’évaporait comme de la brume : insaisissable, froide, fascinante. Il se surprenait à penser à elle à chaque instant ; la courbe de son corps, le creux de sa nuque, la finesse de ses lèvres. Progressivement, l’admiration avait fait place au désir. C’était la seule fille qu’il ne pouvait pas avoir en claquant des doigts. La seule qui ne se logerait jamais dans ses bras ; et tout ça le rendait malade.

Ce jour-là, Michael était encore en train de paresser sur son bureau, tandis que Liam était parti effacer quelques bribes de mémoires d’un groupe de moldus qui avait vu une voiture volante dans le ciel. Il devait peut-être se décider à tout lui avouer ; qu’il s’était laissé séduire par Keira, qu’elle lui avait fait du chantage, et une chose en entraînant l’autre… Son meilleur ami lui pardonnerait-il ? Il n’en savait rien, mais n’était pas pressé d’en faire l’expérimentation. Il tapota d’un air distrait sur la table en bois, jusqu’à ce que son chef de service vienne lui dire qu’il pouvait exceptionnellement rentrer chez lui plus tôt. Bonne nouvelle. Remballant ses affaires, Michael sortit du Ministère, et transplana directement chez lui.

La fatigue et l’ennui lui avaient fait oublier qu’il ne devait rentrer que dans deux heures. De ce fait, sa colocataire ne s’était pas encore réfugiée dans sa chambre, mais préparait joyeusement le dîner avec Popkin. Ce ne fut qu’en voyant son visage stupéfait qu’il réalisa qu’il tenait peut-être là la chance de lui parler.

« Rowen… » commença-t-il, avant d’entendre le bruit métallique de la louche qu’elle laissait tomber dans la marmite.

Popkin couina et s’écarta de son passage tandis qu’elle tentait de regagner la chambre. Mais Michael avait une grande longueur d’avance sur elle. Avec un geste brusque, il lui attrapa les deux poignets et la plaqua contre le mur. La violence de l’impact se transmis jusque dans ses propres bras, mais il n’y prêta aucune attention. Il ne voulait pas la laisser partir. Ses yeux se plantèrent dans les siens, et ce qu’il y décela le déboussola. De la peur.

L’Elfe de Maison lâcha un petit gémissement et alla se cacher derrière une table en se couvrant les yeux. Ses mains verrouillées autour des poignets de Rowen ressentaient le moindre tremblement. Il avait l’impression d’être face à un chaton craintif. Le genre d’animal que leurs maîtres prennent un plaisir malsain à attraper, à caresser, quand bien même ils ne cherchent qu’à s’échapper. Un désir égoïste, presque pervers. Cruel. C’était là sa véritable nature ? Etait-il fou d’elle au point d’en perdre ses propres valeurs ? Doucement, ses doigts relâchèrent la pression, et il posa simplement ses mains à plats sur le mur.

« Pardonne-moi… » chuchota Michael. Les notes de sa voix devinrent douloureuses.

Il ne savait plus quoi faire, quoi dire. Mais déjà il la sentait glisser entre ses doigts comme de l’eau. Elle se baissa, massa un moment ses poignets, puis passa sous les bras tendus de Michael, et alla s’enfermer dans sa chambre. Les choses devenaient de pire en pire.

*****

Avant qu’il n’ait pu s’en apercevoir, il était assis derrière un comptoir du Chaudron Baveur, un verre de Tequila Sunrise à la main. Les yeux perdus dans le vague, il faisait tinter les glaçons distraitement, en se demandant de quelle façon il arriverait à se faire pardonner. Il ne savait pas. Il ne pouvait pas.
Ses pensées se brouillaient dans sa tête, mais ce n’était certainement pas à cause de l’alcool. Il était juste perdu. Pour la première fois en plus de vingt ans, Michael Corner était déboussolé.

Une ombre se faufila jusqu’au siège à côté du sien. Sans un bruit, une jeune femme aux cheveux bouclés prit place, et commanda un cocktail au nom alambiqué. L’ancien Serdaigle ne leva les yeux que lorsqu’il sentit qu’on l’observait.

La demoiselle était du genre beauté mystérieuse, avec ses anglaises qui s’arrêtaient au-dessus de ses épaules, et son demi-sourire énigmatique. Elle attendit qu’on lui serve son verre, bu une gorgée, et fit jouer son index sur le rebord tout en continuant de fixer Michael. Il connaissait ce regard. C’était celui que les filles lui lançaient quand elles voulaient être courtisées. Comme si elles étaient trop fières pour prononcer le premier mot. « Joue avec moi, seulement si tu le veux. » Il lui semblait entendre les pensées de l’inconnue, tant il avait eu affaire à ce genre de tentatives de séduction, auparavant.

« Arrête de me fixer comme ça, je vais finir par rougir. » lui dit-il en affichant un sourire charmeur.

Il ne savait pas si c’était l’alcool qui le faisait parler, ou la frustration d’avoir encore plus de problèmes avec Rowen, mais ses bonnes résolutions avaient volé en éclat. Plus de conneries. Plus de drague. Plus de sexe. Mon œil, oui. L’inconnue eut un petit rire. Sa façon de mettre sa main devant sa bouche avait quelque chose de plutôt mignon.

« C’était le but. » répondit-elle en lui adressant un clin d’œil, avant de reprendre une gorgée de son cocktail.

Il eut un sourire.

« Mes excuses, dans ce cas-là. » Il exécuta une petite courbette, puis lui prit la main. « Michael Corner. »

« Cherise Rowle. »

« Aussi appétissante que votre prénom. » fit remarquer Michael en la regardant dans les yeux, sans ciller une seule fois.

« Allons, ne sortez pas ce genre de phrases clichées. Moi qui pensais que j’étais tombée sur un sacré morceau. »

Ils se sourirent un moment, puis continuèrent de discuter. Les verres s’enchaînaient, les éclats de rires résonnaient. Michael n’avait même pas à penser, tant il était simple de parler avec cette fille-là. Ça avait toujours été le cas, d’ailleurs. Avec toutes. Toutes, sauf une.
Tentant de la chasser de son esprit, Michael se pencha vers Cherise, et l’embrassa. Elle se laissa faire, et osa même faire courir ses doigts le long de sa cuisse, juste pour s’amuser. Rendre le jeu plus palpitant. Malgré tout, il ne ressentit rien. Aucune chaleur. Aucun plaisir. C’était comme s’il embrassait du marbre ; froideur, indifférence. Pas cette caractéristique décharge électrique qui lui redressait les poils sur les avant-bras. Rien du tout.

Une image s’imposa à lui, comme si on avait allumé un flash dans son esprit. La courbe de cils bruns, rabattus sur des iris mordorés. Des longs cheveux châtains qui tombaient en cascade sur ses épaules à demi-nues à cause de la chemise trop grande. Le blanc pâle de sa peau. Même ici elle continuait à le hanter.
Reculant précipitamment, Michael s’excusa longuement, en prétextant qu’il avait quelque chose d’important à faire pour le bureau, et qu’il ne pouvait pas rester plus longtemps. Il transplana ensuite jusqu’à chez lui, sous un ciel couvert d’orages.

( à suivre )

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