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 Après le choc, le mépris [PV]

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MessageSujet: Après le choc, le mépris [PV]   Mer 7 Aoû - 11:29


Linwood & Rudy


Le destin de l'être humain ne se façonne pas par à-coups, il s'élabore au fil des jours. Le plus infime des événements, même s'il est insignifiant, même si on ne s'en souvient pas et qu'on pense n'en garder aucune trace tisse un lien qu'on ne peut rompre.


    Linwood émergea à l'infirmerie. Elle se souvenait vaguement de la Vague Noire, puis elle s'était évanouie. Quelle heure était-il ? Elle tourna la tête et aperçut dans le lit d'à côté une des personnes qu'elle méprisait le plus dans l'école : Rudy. Même si de mémoire il n'avait jamais porté la main sur elle, il traînait en permanence avec la bande de ses bourreaux. Elle supposait à force de le voir regarder qu'il était faible et qu'il préférait laisser faire au lieu de se mettre du côté des bonnes personnes.  Les gens comme elle par exemple, elle était du côté des gentils, elle n'embêtait aucun autre élève. Dommage qu'on ne lui rende pas la politesse, ses épaules étaient endolories à force de rencontrer trop fréquemment les murs. Elle soupira. Elle avait mal au crâne, elle porta la main à son front, il était chaud et humide. Elle en déduisit qu'elle avait fait une crise. Rapidement, des fragments plus précis de sa mémoire lui revinrent. La terre, la poussière, l'impossibilité d'échapper à la situation. Elle hoqueta, elle allait vomir. C'est du moins ce qu'elle croyait mais la vague de nausée passa lorsqu'un autre moment traversa son esprit. Rudy l'avait ramené.

    « Pas possible... » Murmura-t-elle... elle se mit légèrement sur le côté et pointa du doigt Rudy, bien certaine qu'il était conscient pour l'entendre. « Toi... Plus jamais tu ne poses tes mains sur moi, même pas avec trois couches de tissus entre nous. » Il n'y avait rien de plus humiliant que d'être sauvé par quelqu'un qu'on déteste. A choisir, elle eût préféré rester dans la serre de botanique, terre sale et nauséabonde ou pas. Être redevable à quelqu'un qui lui faisait autant de mal au quotidien... « Tu vas faire quoi maintenant ? Aller te vanter à tes imbéciles de copain d'avoir aidé la looseuse que je suis ? Celle qui ne supporte même pas un peu de terre sur elle ? Et qui tourne de l'oeil en situation de crise ? » Elle se remit sur le dos, en colère contre elle-même. Elle était rarement aussi embêtée d'être malade, en général, elle vivait plutôt bien le fait de devoir porter des gants, de ne pas supporter la saleté, elle assumait sa différence. Ce n'était que parce que là, elle s'était rendue dépendante de la bonne volonté d'un de ses pires ennemis qu'elle s'en voulait affreusement. « Rah ! » Elle tapa des poings sur le lit et les leva. On lui avait changé ses gants, sa tenue aussi était différente, elle était en pyjama. Elle avait soulevé le drap, son teint (déjà pâle) devenant encore plus pâle. Elle se redressa, rapidement, ce qui lui fit tourner un peu la tête dans la mesure où elle avait encore de la fièvre.

    « Qui... m'a... changé ?! » Elle foudroya Rudy du regard. Il n'y avait pas intérêt à ce que ce soit lui car sinon, elle ne savait pas comment elle ferait, mais elle lui arracherait les yeux. Ce serait compliqué, mais pas impossible, Wood pouvait avoir beaucoup de volonté et d'inventivité lorsqu'il s'agissait de se venger.
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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Mer 7 Aoû - 20:19


Rudy était arrivé à l’infirmerie en un temps plutôt record, et avait déposé Linwood sur le premier lit qu’il avait trouvé, avant d’être agressé par Madame Pomfresh à coups de « Qui-êtes-vous-et-que-faites-vous-dans-mon-infirmerie-à-mettre-de-la-boue-partout ?! ». Il lui avait cependant expliqué brièvement la situation, et la vieille sorcière avait aussitôt retroussé ses manches pour prendre la jeune fille en charge. Elle avait également obligé Rudy à se changer et à enfiler un pyjama de l’infirmerie, puis à patienter en appliquant une compresse humide sur son visage le temps qu’elle finisse avec Linwood. Les autres élèves n’étaient toujours pas arrivés quand Madame Pomfresh eut fini avec à la rousse, et le Poufsouffle avait commencé à s’inquiéter ; est-ce que tout le monde allait bien ? Pourquoi personne n’avait encore déboulé ici pour réclamer quelques soins ? Les professeurs étaient-ils au courant ? Peut-être aurait-il été préférable qu’il aille voir McGonagall directement après avoir déposé sa camarade. Mais l’infirmière le calma bien rapidement en lui administrant un médicament pour endormir ses douleurs, et en lui faisant avaler une horrible mixture censée réparer son os cassé. Le Poufsouffle faillit tout recracher tant le goût était immonde, mais ne fit aucun commentaire et se contenta de garder gentiment le thermomètre qu’elle lui avait mis dans la bouche pour prendre sa température.

Thermomètre qui était encore là, plusieurs heures après, lorsque Linwood se réveilla. Qu’on se le dise, la température était affichée depuis bien longtemps déjà. Mais Madame Pomfresh, débordée par l’arrivée subite d’une ribambelle d’élèves venus réclamés des soins, n’avait pas pensé à dire à Rudy qu’il pouvait à présent l’enlever. Et il n’y avait pas pensé lui-même Rudy, quoi.
Ce fut donc avec des airs de malade chronique que le Poufsouffle se tourna mollement vers sa camarade et voisine de lit lorsque celle-ci lui adressa la parole. Il fut tout d’abord fou de joie de la voir en bon état et remise sur pieds –enfin, elle était réveillée, c’était déjà ça-, mais se rétracta bien vite lorsqu’elle lui sauta presque à la gorge en l’agressant verbalement. Réaction plutôt inattendue, mais qu’il n’avait pas démérité, au vu de ses antécédents avec elle. La bande à Grayson. La maltraitance et les insultes quotidiennes envers elle. C’était tout à fait légitime qu’elle le déteste autant, pensa Rudy. Mais ça faisait toujours un peu mal d’entendre les mots en direct. Bah. Il s’était déjà depuis longtemps habitué à son rôle de mauvais garçon. Ce n’était pas un problème qu’elle le haïsse autant, du moment qu’il pouvait prendre soin d’elle de loin. Sauf que cette fois-ci, elle s’en était rendu compte. Et apparemment, elle avait l’impression de lui devoir quelque chose.

Il ne leva même pas un sourcil lorsqu’elle lui interdit de la toucher une seconde fois. Message reçu. C’était simplement sous le coup de la panique et de l’urgence de la situation qu’il s’était senti obligé de le faire. En temps normal, jamais il n’aurait osé ne poser ne serai-ce qu’un seul de ses doigts sur elle. Mais s’excuser n’arrangerait rien. Elle croirait certainement qu’il se moquait d’elle, de cette façon. Aussi garda-t-il le silence et attendit qu’elle ait fini de pester contre lui. Comme ça au moins, elle serait peut-être un peu plus calme et il pourrait en placer une. Il eut cependant une expression surprise lorsqu’elle lui demanda ce qu’il comptait faire à présent. Aller s’en vanter devant Grayson et les autres ? Elle ? Une looseuse ? Là, elle n’y était pas du tout. C’était peut-être à cause de la tornade et des coups qu’il s’était pris sur la tête, mais Rudy était devenu un peu plus calme. Aussi évita-t-il de lui dire tout de suite qu’elle disait des bêtises.

« Je ne vois pas en quoi le fait de t’avoir juste portée jusqu’ici a quoi que ce soit d’important. Je l’aurais fait pour n’importe qui, et n’importe qui l’aurait fait pour toi. » répondit-il en enlevant le thermomètre de sa bouche –ce qui était plus pratique pour parler, bravo Rudy !-. « Et puis je n’ai aucune raison d’aller m’en ‘vanter’ auprès des autres. Je ne vois pas pourquoi j’irai faire ça, d’ailleurs. »

Ce qui n’était pas faux. Mais bon, Linwood avait ses propres raisons de penser qu’il l’avait fait uniquement pour qu’elle lui soit redevable. Après tout, elle ne le connaissait pas, de savait rien de ce qu’il pouvait ressentir pour elle. L’idée qu’il l’ait sauvée parce qu’il tenait à elle et l’admirait, tout simplement, ne lui avait sans doute pas effleuré l’esprit. Bon après, il était vrai qu’il n’avait pas fait que la porter. Il l’avait aussi protégée dans les serres, mais n’était pas sûre qu’elle s’en souvienne. Et dans tous les cas, il n’irait pas le lui rappeler ! Elle se mettait déjà dans ce genre d’états alors qu’il l’avait juste amenée jusqu’ici. Quelle réaction elle aurait si jamais elle apprenait qu’il l’avait en plus sauvée dans les serres en lui faisant bouclier contre la tornade ? Elle en serait complètement malade.

« Et puis ‘looseuse’ ? Arrête de raconter n’importe quoi. Je ne pense pas que tu sois une looseuse juste parce que tu n’aimes pas la saleté. » la contredit-il.

Il aurait peut-être mieux fait de se taire. Il n’était pas censé donner son avis sur ce point-là, mais elle se trouvait tellement sur toute la ligne qu’il n’avait pas pu s’en empêcher. Elle ? Une looseuse ? Il l’admirait pour tout ce qu’elle incarnait. Son mépris face aux gens qui se moquaient de ses différences. Sa capacité à rester toujours fière, malgré tout ce qu’on pouvait lui faire subir. Elle était tout ce qu’il n’était pas. Un modèle de courage, de bravoure.

Malgré tout, Linwood semblait en proie à une grande rage, et Rudy fut un peu désemparé de la voir perdre son calme légendaire. Elle se tourna d’ailleurs de nouveau vers lui, et lui lança un regard meurtrier tout en lui demandant qui l’avait changée. Non. Elle ne croyait quand même pas que c’était lui ?! Il rougit à cette pensée. Il n’avait jamais vu le corps nu d’une fille, et encore moins d’une fille pour qui il avait un faible. Et puis Madame Pomfresh ne l’aurait jamais laissé faire, c’était ridicule.

« Madame Pomfresh. » s’empressa-t-il de répondre. « Elle a tiré les rideaux, et elle m’a dit qu’elle avait utilisé une baguette pour ne pas avoir à te toucher. » ajouta-t-il en proie à une grande panique.

Il ne fallait pas qu’elle pense qu’il avait fait preuve de voyeurisme. Pour appuyer ses paroles, il leva les bras en l’air, mais le fit tellement vite qu’il grimaça à cause de son poignet foulé. Et dire que Madame Pomfresh lui avait dit de rester tranquille jusqu’à ce qu’elle lui dise qu’il pouvait bouger. C’était râpé.
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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Lun 12 Aoû - 7:53

    Une grimace déforma la bouche de Linwood. La rouquine avait pour habitude d'être plutôt douce, un petit sourire aux lèvres, sauf lorsqu'on la maltraitait, auquel cas elle affichait alors une expression de mépris profond. Mais elle ne grimaçait pas. Or là, elle ne se voyait pas réagir autrement vu le peu de sens des paroles de Rudy.

    « Tu me prends pour une imbécile ? Au cas où tu l'aurais oublié, dans mon monde tu fais parti des méchants. » Elle insista lourdement et non sans une certaine ironie sur ce dernier mot. Wood n'avait pas pour habitude de se plaindre, aucun adulte n'était au courant de ses fréquents conflits avec la bande Rudy, néanmoins, elle était loin de les porter dans son cœur. Elle connaissait leur nom, leur année, leur maison, et depuis qu'elle était préfète, elle attendait une occasion pour les coller avec Rusard sans qu'elle en subisse les représailles. Elle n'avait pas une vision manichéenne du monde, pas pour ce qui concernait le quotidien, mais s'il devait y avoir des gentils et des méchants, elle se posait en gentille et Rudy se retrouvait automatiquement chez les méchants. Il pouvait bien l'avoir emmené à l'infirmerie sur un coup de tête (il s'était sûrement rappelé qu'il était à Poufsouffle pendant un quart de seconde), ça n'améliorait pas l'image qu'elle avait de lui. Cela la poussait même à s'exprimer alors que d'ordinaire, elle considérait que ce serait user sa salive que de parler à un membre de la bande de Grayson. Elle se pensait bien trop intelligente pour s'abaisser à leur adresser la parole. Et puis, si elle se mettait à leur demander d'arrêter ou même si elle les menaçait, ça ne ferait que les exciter un peu plus dans la violence. Le silence les agaçait, mais elle, ça la soulageait. Puis, ça les lassait au bout d'un moment. Ils la prenaient pour une idiote (et ne se privaient pas pour le lui dire) car ils n'avaient quasiment jamais entendu le son de sa voix à part pour un gémissement de douleur. Comme beaucoup de gens la prenaient pour plus bête qu'elle n'était de toute façon, elle s'en moquait. Il est vrai qu'elle paraissait toujours un peu dans la lune avec ses bizarreries et sa manière de parler un peu lente, toutefois, la première chose à retenir de Wood était qu'elle s'assumait très bien. Elle ne désirait pas changer. Peut-être que, parfois, elle aimerait pouvoir avoir un contact avec ses amis, comme leur faire la bise ou les prendre dans ses bras quand ils étaient tristes... Pourtant à ces détails près, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait essayer de se fondre dans la masse. Si c'était pour ressembler à Rudy, merci mais non merci.

    « Ah oui ? Alors ce n'est pas à cause de mes phobies que j'ai rencontré pour une énième fois le mur il y a trois jours ? C'est quoi qui te gêne alors ? Mes cheveux roux ? Ma voix ? Mes vêtements ? Tout est bon pour maltraiter les plus petits que soi, pas vrai ? » Elle fronça les sourcils et se souvint de ce que son médecin lui disait fréquemment. Le sarcasme n'aidait jamais à résoudre une situation, et ce n'était qu'une échappatoire pour oublier la souffrance, tout comme ses phobies. Elle pinça les lèvres, contrariée. Il ne fallait pas parler aux idiots, ça les instruit.

    Avant de poursuivre sur sa lancée d'agacement profond, elle réalisa qu'elle avait été changé et comme elle n'en était pas à prêter une mauvaise intention de plus à Rudy, elle l'accusa. Mais à la façon dont il rougit, elle se rassura aussitôt. Un garçon qui réagit comme ça n'a pas le culot nécessaire pour changer une fille qui ne soit pas de sa famille.

    « Ok. Tant mieux. » Dit-elle simplement en reprenant un peu de couleur maintenant qu'elle était bien certaine que sa vertu et sa pudeur étaient sauvées. Le fait que Mme Pomfresh ne l'ai pas touché était seulement un bonus. Elle était tellement sale dans la serre, qu'elle n'était plus à ça près, et puis elle était inconsciente. Très lucide sur son propre comportement (même si incapable de le contrôler), il lui arrivait fréquemment de songer que si on la touchait dans son sommeil, du moment qu'elle n'en avait aucune idée, ça ne lui ferait rien. C'est dans la tête docteur !

    Elle se tourna à nouveau vers Rudy, repoussant ses cheveux roux derrière ses épaules. Elle faisait preuve de moins d'animosité mais ses yeux bleus étaient toujours teinté de mépris. Ses potes et lui, elle les détestait. Toutefois, elle avait un grand cœur, et n'était pas vraiment porté sur la perte d'énergie inutile (or la colère était justement une perte d'énergie). « Tu as été blessé ? » Demanda-t-elle en s'appuyant sur son propre bras pour le regarder plus confortablement. « Tu sais si les personnes qui étaient avec moi vont bien ? » Enchaîna-t-elle parce que sa compassion pour la douleur de Rudy avait ses limites. Elle attrapa de sa main gantée de blanc (une de ses paires de rechange, l'infirmière l'avait prise dans sa poche de cape) une de ses mèches de cheveux et la tourna entre ses doigts, songeuse. Elle avait du mal à réfléchir et encore plus à se souvenir du détail de ce qui s'était passé. Aiden n'était pas à ses côtés mais ça ne voulait pas dire qu'il n'était pas venu (sans que l'infirmière le laisse venir à elle) ou qu'il ne viendrait pas plus tard. Elle n'arrivait pas non plus à se souvenir qui l'avait sauvée. Rudy semblait prétendre ne l'avoir que porté (tant mieux, elle se sentait moins redevable comme ça), mais il y avait quelqu'un qui l'avait protégé des éclats de verre et du vent de la tornade. Elle avait de la fièvre et elle se sentait encore nauséeuse, mais à part quelques coupures, elle n'avait rien de grave, alors qu'elle ne s'était pas réfugiée sous un meuble. Elle avait même été complètement paralysée. Elle n'était pas capable de se salir de son propre chef. Alors elle avait été incapable de se jeter elle-même au sol, elle avait joué les lapins pris dans les phares d'une voiture à regarder la tornade magique foncer vers eux. Puis quelqu'un l'avait projeté au sol et était resté entre elle et le danger. Impossible de se souvenir qui c'était. Un garçon sans aucun doute, mais elle ne savait rien de plus.

    Ah ! Mais bien sûr, si Rudy l'avait porté jusqu'ici, il avait forcément vu le garçon qui était avec elle. « Spencer ? » Dit-elle autant pour se sortir de sa rêverie que pour de nouveau attirer l'attention de son camarade (et ennemi). « Tu sais qui était le garçon qui m'a sauvé tout à l'heure ? » Si une partie d'elle n'aimait pas trop l'idée d'avoir eu quelqu'un aussi près d'elle, l'autre avait bien conscience de lui devoir le fait d'être encore entière. Elle tenait sincèrement à remercier cette personne comme il se devait. Elle ne savait pas encore comment, mais la première étape était de savoir qui c'était.

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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Lun 12 Aoû - 20:09


Les choses ne s’arrangeaient pas vraiment pour ce pauvre Rudy. Linwood continuait de le maudire intérieurement, et le jeune Poufsouffle vint à se demander s’il avait réellement bien fait de la ramener à l’Infirmerie. On ne savait jamais, elle avait peut-être des pouvoirs vaudous cachés, comme Nasira Orwell avait son Krav Maga, et Alexandra Bowman ses pouvoirs mystiques d’alien ; c’était sûr, la rousse le maudirait dans toutes ses prochaines vies pour son geste, en clouant une poupée glauque à son effigie sur un totem en forme de babouin. Ce qui était ma foi bien dommage, puisqu’il avait espéré se réincarner en panda obèse chouchouté par des chinois dans un zoo. Il hocha la tête. Ce n’était pas le moment de penser à sa future vie. Il devait déjà essayer de se sortir –avec plus ou moins de réussite- de sa situation actuelle. Certes, il n’avait pas espéré qu’elle se réveille et le remercie pour ses actions chevaleresques, en tombant dans ses bras et en lui jurant un amour éternel ; ça, c’était plutôt réservé à ses fantasmes aux gens un peu moins stupides et de meilleure réputation que lui. Mais il devait à tout prix calmer le jeu s’il ne voulait pas qu’elle le déteste encore plus. En général, Linwood se contentait de l’ignorer lorsqu’elle le croisait dans les couloirs et dans la salle commune, ce qui lui convenait tout à fait, puisqu’il avait alors tout le loisir de l’admirer sans passer pour un quelconque pervers louche. Il n’avait pas envie que cela change et qu’elle se mette à essayer de lui faire éclater la cervelle par la pensée à chaque fois qu’elle le croisait.

Il se gratta l’arrière de la tête avec sa main valide, lorsqu’elle le traita de méchant. Bon, elle n’avait pas totalement tort, même si pour Rudy, cette vision des choses paraissait assez simpliste. Il n’y avait pas de « bons » et de « mauvais ». Les enfants qui le martyrisaient dans son enfance ne devaient certainement pas se considérer comme des « méchants », de même que les membres de sa famille qui le traitaient de Cracmol. C’était une boucle. Quoi que vous fassiez, certaines personnes vous considèrerons comme « méchant », et d’autres comme « gentil ». Les gens mauvais ont-ils réellement conscience qu’ils le sont ? Probablement pas. Etonné par son raisonnement un peu trop intelligent pour lui, Mayday Mayday, la tornade lui a véritablement bousillé le cerveau, rendez-nous le vrai Rudy !, Rudy se contenta de garder une expression neutre. Il ne savait trop que répondre à Linwood ; s’il se plantait, il risquait de creuser sa propre tombe. Ceci dit, il ne la prenait pas du tout pour une imbécile, mais avait toujours eu du mal à exprimer ce qu’il ressentait. Les phrases ne se formaient pas, et les mots s’embrouillaient dans sa tête. Que dire ? Que faire ? La panique commença à le gagner, et des gouttes de sueur perlèrent sur ses tempes. Il avait un fichu mal de crâne. Etais-ce si dur de parler à des gens qui n’avaient pas pour seule ambition de cogner sur les autres en s’esclaffant comme des ânes ?

« Rassure toi en tout cas, je ne leur dirai rien. » se contenta-t-il donc de répondre, sans réellement savoir comment elle le prendrait. « Tu crois qu’ils me féliciteraient de t’avoir aidée ? Ils me trouveraient stupides, ouais. » ajouta-t-il pour lui faire comprendre qu’il était sincère lorsqu’il disait qu’il ne répéterait rien.

Il se fichait bien de passer pour le pauvre type une nouvelle fois. Peut-être se sentirait-elle mieux en étant sûre qu’il n’irait pas s’en vanter auprès de sa bande d’idiots. Peut-être se sentirait-elle moins redevable s’il se comportait comme le total crétin qu’il était. Ainsi, elle pouvait donc continuer de le détester de tout son cœur. A présent, il n’en avait plus rien à faire. Il valait mieux qu’elle le haïsse. Tout serait plus simple comme ça.

Rudy ne put cependant s’empêcher de lever les yeux au ciel lorsqu’elle lui demanda ce qui le gênait chez elle.  Ne pouvait-elle pas comprendre ? Il savait pourtant qu’elle était intelligente, pour l’avoir observée tant de fois. Qu’est-ce qui était si dur à assimiler, alors ? Puis, dans un flash de lucidité, il comprit. Il était normal qu’elle ne puisse pas s’en rendre compte. Pour elle, il faisait partie des « méchants ». Elle le voyait comme un ensemble, rattaché à Grayson et sa bande. Et non pas comme un être individuel. Elle ne pouvait pas envisager qu’il n’avait rien contre elle, et qu’au contraire, tout chez elle lui plaisait. Cette pensée ne pouvait simplement pas lui travers l’esprit. Il le savait pour l’avoir vécu lorsqu’il était en primaire. A cette époque, il était certain que tous le détestaient. Pourtant, certains enfants lui lançaient de temps à autres des regards compatissants. Sur le moment, il avait cru que c’était seulement de la pitié ou de la cruauté. Peut-être que ces gamins avaient, au fond d’eux, envie de lui donner la main et de lui dire que tout allait bien, qu’il n’avait rien fait de mal, et qu’il n’avait pas à se détester autant que les autres le haïssaient. Le Poufsouffle essaya de se souvenir. Qu’aurait-il voulu qu’on lui dise, et qu’aurait-il voulu leur dire en retour ? La réponse lui vint plus naturellement qu’il ne l’aurait pensé.

« Rien. Rien ne me gêne chez toi. » répondit-il piteusement et à mi-voix.

Elle ne le croirait pas. Mais il faisait partie de la « bande à Grayson ». Il ne pouvait pas dire qu’il n’y était pour rien et qu’il ne cautionnait pas les actions de son leader. Au final, il était aussi mauvais que le Serpentard. Il se contentait de rester derrière, sans rien faire pour protéger ceux qui étaient innocents. Il était faible. Incroyablement faible. Et pourtant, il se complaisait dans cette pâle image qu’il renvoyait de lui. Pourquoi ? Parce qu’il était humain, tout simplement. Personne ne veut être rejeté. Personne ne veut être détesté. Alors, pour s’inclure dans la masse, on suit le mouvement, quitte à faire des choses qui vont contre son propre code de l’honneur. Malgré tout, il y avait dans cette société pourrie jusqu’à la moelle, quelques exceptions. Des gens comme Linwood, qui ne suivait pas le troupeau comme des moutons. En quelques sortes, la rousse était comme une étoile qu’il contemplait de loin sans pouvoir l’atteindre. Et lui était incapable de devenir une étoile.

Perdu dans ses pensées, il entendit à peine la jeune fille se réjouir de ne pas avoir été changée par un garçon. Ses joues devinrent un peu moins rouges, et il se détendit légèrement. Au moins sur ce point-là, elle le croyait, c’était déjà ça. De toute façon, en cas de doute, elle aurait toujours pu demander à Madame Pomfresh, qui se serait fait une joie de lui répondre que si un garçon essayait de déshabiller une fille sous son nez, elle lui enfoncerait des suppositoires par les narines jusqu’à ce que mort s’en suive. Etait-ce une impression où la voix de Linwood s’était légèrement radoucie ? Contre toute attente, et pour confirmer ses dires, la rousse lui posa une question sur son état.

Rudy entrouvrit légèrement la bouche, étonné qu’elle s’inquiète pour lui, mais déchanta bien rapidement. Elle se sentait sûrement redevable et voulait au moins faire preuve de politesse. A la façon dont elle continuait de le regarder, il était certain que rien n’avait changé –ou tout du moins, n’avait changé en mieux-. Il profita tout de même de cette occasion pour essayer de parler sans qu’elle ne lui balance des reproches à la figure ou ne l’agresse.

« Poignet cassé, et quelques coupures sur le visage. Rien de grave. » dit-il en haussant les épaules, comme s’il venait de tomber dans un buisson de ronces plutôt que de se prendre une tornade sur la figure.

Il ne précisa pas qu’il s’était blessé en essayant de la protéger. Ni qu’il aurait probablement pu s’en tirer sans trop de dégâts s’il n’avait pas décidé au dernier moment de la plaquer au sol pour lui faire bouclier avec son propre corps. Il était persuadé qu’elle se jetterait immédiatement de la plus haute tour du château s’il lui disait ça. Et puis, il ne l’avait pas sauvée pour se présenter devant elle comme un valeureux guerrier. Il voulait la protéger, c’était tout ce qui lui importait. Il n’était pas ce genre de personnes à faire des choses et en espérer de la reconnaissance.

Elle lui demanda ensuite s’il avait des nouvelles sur ses amis. En fronçant les sourcils, Rudy tenta de se souvenir. Il était dans un état totalement second –voire plus- lorsqu’il s’était pris cette tornade. Et l’état de Linwood l’avait bien trop préoccupé pour qu’il puisse penser à regarder qui allait bien ou pas. Il avait juste la vision quelque peu floue d’Alexandra Bowman allongée sur le sol juste à côté de Linwood, mais rien d’autre. Et puis il avait vu la Serdaigle arriver dans l’infirmerie quelques temps après lui, donc elle allait sûrement bien.

« J’ai vu Alexandra Bowman entrer dans l’infirmerie, mais elle arrivait à marcher, donc ce n’était pas trop grave. » lui dit-il pour tenter de la rassurer.

Pas la peine de l’inquiéter encore plus en lui disant qu’elle avait du mal à se déplacer, et qu’elle était en bien piteux état. Mais Madame Pomfresh l’avait certainement rapidement prise en charge, donc elle pourrait gambader et retourner à ses activités d’alien louche très prochainement. Par contre, c’était les seules choses qu’il savait, mais son silence ferait office de réponse aux interrogations de la rousse. Intérieurement, il eut un petit sourire. Ils parvenaient à avoir une conversation plutôt civilisée sans haine ou rien, et il trouvait ça plutôt agréable. Mais la Poufsouffle appuya bien vite sur un point qui faisait mal, en lui demandait qui avait bien pu la sauver. A cette question, il ne put s’empêcher de retenir une grimace, mais parvint in extremis à faire passer ce geste pour une douleur subite au poignet, et massa un instant son bandage avec beaucoup trop d’entrain pour qu’il s’agisse d’une réaction naturelle, mais qu’importe. Il devait trouver un mensonge, et vite.

Il n’était pas comme Drake, ou comme Connor, qui parvenaient à mentir à leur père en le regardant dans les yeux et sans ciller. Il était réellement mauvais à cette activité, ce qui lui donnait toujours la place de pouilleux au jeu de carte du même nom. Pourtant, il devait se remuer les neurones s’il voulait se sortir de cette situation périlleuse. Puis soudain, il pensa à ses menteurs de frères. Connor ! S’il lui promettait de l’amener jouer à « Cherche la Dinde » avec Riley et lui, Connor accepterait certainement d’endurer le rôle de sauveteur de Linwood. Et puis en toute franchise, il n’en avait sûrement rien à faire. Ca ne le tuerait pas. Se promettant de lui en parler le plus rapidement possible, Rudy répondit, mal à l’aise comme à chaque fois qu’il devait mentir :

« Eh bien… heu… c’était mon petit frère Connor. » articula le jeune Spencer en desserrant un peu le col de sa chemise fournie par l’infirmière. La température de la pièce avait grimpé de 30 degrés ou quoi ?

Le Poufsouffle déglutit avec difficulté, et précisa, le regard fuyant : « Il est en troisième année, chez Serpentard. »

Ne pas la regarder. Ne surtout pas la regarder. Rudy était persuadé que si leurs regards se croisaient, elle y décèlerait l’odieux mensonge qu’il était en train de tisser. Mais par chance, elle était peut-être encore trop sonnée pour s’en rendre compte. Il n’y avait plus qu’à espérer que Rudy trouve Connor avant Linwood.

[ 1957 mots ]
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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Mar 13 Aoû - 11:35

    Linwood avait bien envie de lui répondre quelque chose comme « Le prends pas mal mais tu es stupide » parce qu'elle n'était pas de très bonne humeur. Elle avait mal à la tête, avait des frissons, et elle se sentait encore vaguement nauséeuse. Mais elle était propre et consciente, par rapport à son état précédent, c'était déjà pas si mal, aussi décida-t-elle d'être modérée dans ses propos. Même si Rudy était un imbécile, il était aussi un Poufsouffle, et elle devait montrer l'exemple. L'échange d'insulte n'avait rien de glorieux, puis c'était fatiguant. Elle ravala donc son sarcasme et chercha quelque chose d'autre à répondre. La remarque de Rudy était censé. Ce qui l'était moins en revanche c'était ce qu'il fichait avec Grayson et les autres. Peut-être que c'était na naïveté maladive qui refaisait surface là-dessus, mais les Poufsouffle n'étaient-ils pas supposés être loyaux et travailleurs ? Rudy participait passivement à son lynchage hebdomadaire alors qu'il était de sa maison (et qu'elle était une fille, mince à la fin, et la galanterie alors!), et il n'était pas une lumière en classe (après, peut-être qu'il travaillait quand même, ce n'était pas elle qui vérifiait, elle l'évitait en général). Elle ne méprisait pas Rudy plus que Grayson, mais elle n'arrivait pas à le considérer mieux que le serpentard sous prétexte qu'il ne faisait que regarder. Qui ne dit mot consent...

    « Ouai. » Auquel elle failli ajouter « Puis subir un lynchage au lieu d'en regarder un, ça fait une sacrée différence » mais là encore, elle se contint. Elle brûlait d'envie de déverser toute la haine et toute la colère qu'elle cumulait depuis deux ans qu'elle était à Poudlard (et, tant qu'à faire, celle qu'elle éprouvait pour les êtres comme Rudy vu qu'elle était maltraité déjà au primaire). C'était facile, ils étaient quasiment tout seul. Non pas qu'il n'y ait pas d'autres lits autour d'eux, mais personne ne faisait attention à ce qu'ils se disaient. Ce serait simple de se décharger de tout ça une bonne fois pour toute. Parfois, elle avait l'impression que ça la pourrissait de l'intérieur. Mais à quoi bon ? Quand elle sortirait de l'infirmerie, la vie reprendrait son cours, et tout serait comme avant. Elle continuerait à les mépriser, ils continueraient à l'ennuyer. Autant rester dans l'attitude qui était son ordinaire, du calme et de la pondération. Pour ne pas dire du stoïcisme.

    Elle n'entendit que d'une oreille ce que Rudy ajouta à propos de ce qu'il pensait d'elle (il faut dire que ses questions étaient purement rhétoriques, elle pouvait devancer les moqueries de sa bande à force de les supporter, donc elle savait ce qui les gênait, et pour elle, Rudy était forcément en accord avec eux). Elle soupira néanmoins et secoua la main d'un air las. C'était ridicule de parler à Rudy de tout ça. Ils n'étaient pas du même côté de la barrière.

    « Laisse tomber. De toute façon, je me fiche de ce que tu penses. » Que quelque chose le gêne ou ne le gêne pas chez elle, les faits étant ce qu'ils étaient, là encore, ça ne modifierait pas leur quotidien. Elle se ferait envoyer contre un mur et lui il regarderait. Et ainsi de suite. Toute l'année. Peut-être même toute leur scolarité. Et elle continuerait à les regarder fixement pendant qu'ils feraient tomber ses livres et essaieraient de l'intimider. Elle continuerait à ne pas leur adresser la parole. A attendre que ça passe et à ne jamais verser une larme sur leur bêtise. C'était ça, son arme, le silence, l'absence de réaction. Ils pouvaient bien s'en prendre à elle, elle en avait vu d'autres et des pires. Le caniveau, elle connaissait, elle y avait passé des heures la tête dans la boue à suffoquer. On l'avait brisée, elle s'était relevée. Un peu cassée, elle devait bien le reconnaître (même si ça blessait son orgueil) mais elle avait quand même continué à aller à l'école tous les jours, puis elle était entrée à Poudlard alors que c'était un internat. Son existence dérangeait : tant mieux. Elle continuerait à déranger, ça lui convenait. Elle ne changerait pas pour être dans la norme, jamais. A cause de cette obstination, la voie de la guérison était aussi assez éloignée d'elle, car ne pas changer supposait rester phobique, mais nul ne pouvait lui enlever qu'elle ne manquait pas de détermination.

    Satisfaite de sa décision de laisser là ce que Rudy était pour mieux se centrer sa propre existence, elle devint plus courtoise. Les fondamentaux restaient identiques, elle cessait juste de s'énerver. Quelque part, c'était plus dans ses habitudes. « Poignet cassé ? Mauvaise réception ? Mme Pomfresh devrait te régler ça rapidement lorsqu'elle aura terminé avec les urgences. » Si chez les moldu un poignet cassé était très long à guérir, ici, à Poudlard, c'était une blessure douloureuse mais bénigne. Là, il fallait juste être patient parce que si leur coin était calme, ce n'était pas le cas dans le reste de l'infirmerie. Après un tel événement, pas très étonnant ! Et justement, elle s'inquiétait pour ses amis, malheureusement, Rudy ne semblait avoir aperçu que Alex'.

    « Ah... j'espère qu'elle n'a rien de grave... elle n'était pas loin de moi et nous étions proches des vitres. » L'anxiété lui monta à la gorge. Elle la chassa. Pas la peine de se stresser, les élèves plus âgés avaient lancé des protego, et il n'y avait que les nouilles comme elle pour ne pas faire passer l'instinct de survie avant le reste. « Et Aiden ? Il est venu ? » Sur le moment, elle se souvenait avoir éprouvé un besoin intense de voir son frère, mais maintenant qu'elle était réveillée (et propre), c'était moins urgent. Pourtant, elle se demandait ce qu'il fichait pendant que sa jumelle était à l'infirmerie. Enfin, la lenteur n'est pas propre à Wood dans sa famille, Aiden avait parfois du mal à réagir aussi, bien que ce soit dans d'autres sortes de situations que sa sœur.

    Laissant de côté ses proches, elle s'intéressa ensuite à la personne qui l'avait sauvé car Wood n'était pas ingrate (dans le cas contraire, peu lui aurait importé que ce fut Rudy). Ce dernier l'informa qu'il s'agissait de son frère, Connor. Wood se tourna pour se mettre sur le dos et observa un moment le plafond pour décider ce qu'elle pensait de cette information. Si on la croyait idiote au premier abord c'était justement parce qu'elle ne parlait jamais sans bien peser ses mots (et ses réactions). Qui plus est, celui qui l'avait sauvé (Connor donc) avait été en contact étroit avec elle pour faire barrage entre la Vague Noire et elle, Wood avait un problème avec ce point précis, mais elle l'assimila en quelques secondes. Elle rangea cette information quelque part dans son cerveau et sourit pour elle-même. « Connor... Oui, oui, je vois très bien qui c'est. Cool. Puis comme dirait Nasira, au moins, il est mignon. » Parlait-elle à Rudy ? Probablement pas. Ou du moins lui parlait-elle simplement pour avoir quelqu'un avec qui partager ses impressions. Quant au côté mignon de Connor, précisons pour la forme que ça n'avait pas tellement d'importance pour Wood. Mais tant qu'à faire d'être sauvée par un garçon et que ce même garçon soit la première personne en dehors d'Aiden à l'avoir approché d'aussi près (même s'il y avait du tissu entre eux, évidemment), mieux valait qu'il ne soit pas laid. Cela donnait un aspect plus chevaleresque à la situation (Wood avait envie de voir les choses à la façon d'une héroïne de BD, ça permettait de relativiser, chacun son trip). Cependant, ça ne lui disait pas comment montrer sa reconnaissance au frère de Rudy, mais elle avait le temps de trouver, rien ne pressait.


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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Ven 16 Aoû - 18:09


Linwood écouta à peine ses explications, et balaya le tout d’un revers de la main dédaigneux. Au final, elle n’en avait rien à faire, et restait bornée. Elle ne parvenait pas à le voir comme différent du reste de la bande à Grayson, et il ne pouvait malheureusement pas l’en blâmer pour ça. Probablement pensait-elle qu’il ne lui balançait pas des insultes à la figure parce qu’il était seul, et qu’il était bien connu que les gens qui se baladaient en groupes étaient faibles. Au final, même s’il lui jurait qu’il n’avait aucun problème avec elle, et qu’il aimait tout chez elle, depuis ses cheveux roux, jusqu’au son adorable de sa voix, en passant par ses gants en dentelle et son attitude digne, elle ne le croirait jamais. Pour elle, il ne pouvait pas l’apprécier. Et pourtant, elle était tellement loin du compte… Elle ne pouvait même pas ressentir le millième de ce qu’il éprouvait pour elle. Mais après tout, il ne l’avait pas démérité ; c’était son châtiment pour être si faible, si vulnérable, et rester avec des gens dont les actions étaient abjectes, juste parce qu’il était effrayé par la solitude. Son égoïsme et sa peur étaient certainement plus forts que son affection pour Linwood Saroyan. Elle avait peut-être raison dans le sens où il était une « mauvaise personne ». Lui-même se considérait comme tel de temps à autres. Mais il ne pouvait encore chasser les fantômes de son passé pour commencer à vivre comme il l’entendait réellement. Il avait toujours voulu être quelqu’un de bien ; une personne qu’il aurait voulu avoir à ses côtés lorsqu’il était gamin, et qui l’aurait accepté pour ce qu’il était. Mais tout ça lui était impossible. Malgré ses muscles, sa taille, et la force de ses poings, il restait l’enfant chétif et faible qui souhaitait désespérément qu’on le regarde comme un ami. Il avait besoin de l’affection des autres. Ou à défaut, de leur admiration. N’importe quoi qui pourrait lui permettre de se sentir exister. De se sentir vivre. Il n’y avait rien de pire que le mépris. Quand tout le monde faisait semblant de ne pas le voir, il avait beau courir, interpeller ses camarades, espérer qu’ils le frappent ou l’insultent, même ; il n’y avait rien eu à faire. Pour eux, il était mort. Cette sensation de ne plus exister et d’être rejeté… il ne voulait plus jamais la revivre. Plus une seule fois. Plus un seul instant.

La voix trainante de Linwood le tira de sa torpeur et de ses mauvais souvenirs. Elle était comme sa bouée de secours, qui lui permettait de s’extraire des abîmes lorsque tout allait mal ; Linwood était, à peu de choses près, comme lui. Rejetée, détestée. Et pourtant, elle parvenait à ne pas changer, et à s’entourer d’amis précieux. Elle était simplement exceptionnelle. Même si elle ne le verrait jamais comme il était réellement… « Hm oui, un truc comme ça. » répondit évasivement Rudy lorsqu’elle supposa qu’il s’agissait d’une mauvaise réception. En quelques sortes oui, il s’était jeté sur elle pour la protéger mais avait cassé son poignet dans la précipitation, il ne savait plus réellement comment. Peut-être était-ce le moment où il l’avait plaquée au sol. Ou bien celui où il avait décollé et s’était cogné contre un peu tout et tout le monde dans les serres. Il préférait cependant ne pas trop parler, et surtout, éviter de lui révéler des détails importants qui pourraient le mettre en difficulté par la suite ; elle ne devait pas se rappeler qu’il l’avait sauvée. Absolument pas.

« Ouais ce sera réparé en un rien de temps. Et puis, il y a bien pire que moi alors je ne suis pas pressé. » ajouta Rudy, les yeux dans le vague. Une brusque pensée s’imposa alors à lui. Quel idiot ! S’il disait des choses pareilles, Linwood s’inquièterait forcément pour les autres ! Il ne pouvait pas la boucler de temps en temps ? Non mais sérieusement. Détournant le regard pour éviter de voir l’expression probablement terrifiée de la Poufsouffle, Rudy rentra la tête dans les épaules lorsqu’elle parla d’Alexandra Bowman, qu’elle espérait ne pas être trop blessée. « Bowman va bien. » lui répéta-t-il, toujours sans oser croiser son regard. « Elle sera remise sur pied en un rien de temps. En tout cas, son frère s’occupait d’elle, et elle arrivait à marcher, alors… » Il laissa sa phrase en suspens. La Serdaigle irait sans doute mieux rapidement, elle n’était pas dans un état aussi grave que celui de Linwood. Et concernant Aiden… « Non Aiden n’était pas dans les serres, alors il ne lui est rien arrivé. Je pense qu’il n’est pas encore au courant de ta présence ici, sinon il serait déjà venu te voir. Mais c’est un peu le chaos dans le château, les élèves sont paniqués, les professeurs ne savent plus où donner de la tête pour calmer tout le monde…  Ils ne comprennent pas comment la tornade a pu traverser les barrières magiques. J’ai entendu Madame Pomfresh parler avec le Professeur McGonagall, et il semblerait que la vague noire soit née directement au milieu du parc. Quoi qu’il en soit, je pense que les autres préfets ou les directeurs de maison ont consignés les élèves dans leurs salles communes. Ou que Madame Pomfresh refuse d’accueillir des visiteurs tant qu’elle a encore des urgences à gérer. Ca expliquerait l’absence des élèves indemnes… » répondit d’une traite Rudy. Soit Aiden n’était pas au courant, ce qui était probable, puisqu’il pensait certainement que Linwood était en train de gérer les choses avec les autres préfets. Ou soit Madame Pomfresh n’acceptait pas encore les visites. Après tout, il y avait tellement de blessés que tous les lits étaient occupés ! Et elle n’avait clairement pas besoin que d’autres élèves trainent dans ses pattes et l’empêchent de faire son travail. Dans tous les cas, Rudy était sûr que le jumeau de Linwood n’était pas dans les serres ce jour-là, puisqu’il avait observé tous les élèves histoire de savoir qui s’était pris une retenue comme lui, et qu’il ne l’avait pas vu.

Concernant le mystérieux sauveur, Linwood parut un instant rêveuse et sembla heureuse qu’il s’agisse de Connor. Elle le qualifia même de mignon, ce qui eut pour effet d’arracher une grimace à Rudy. Certes, son petit frère était loin d’avoir une plastique disgracieuse –après tout, il tenait de Riley !-. Mais quelque chose dans le ton de la voix de Linwood le dérangeait quelque peu, et il en vint à se demander si ça avait été une bonne idée de choisir Connor comme sauveur mon pauvre, si tu savais. « Oui, heu oui, heu non. » répondit-il stupidement à Linwood, tandis qu’il se traitait intérieurement d’idiot. Ne pouvait-il pas réfléchir un peu avant de parler ? « Enfin je veux dire… tant mieux si tu vois qui c’est. Après tout il est de ton année, alors ce n’est pas si étonnant… » Alors pourquoi se sentait-il si jaloux qu’elle connaisse Connor ? « Puis il ne passe pas inaperçu. » ajouta-t-il, comme pour creuser encore un peu plus sa propre tombe.

Connor était loin d’être moche, ça c’était clair et net. Et puis contrairement à Rudy, il était populaire dans le bon sens, même s’il n’était pas aussi connu que Riley, et que certaines personnes avaient eu à subir son mauvais caractère et ses sautes d’humeur. Il avait probablement du succès avec les filles… Mais bon, cela n’avait jamais dérangé Rudy ; de toute façon, il se préoccupait peu de son cadet lorsqu’ils étaient à Poudlard, même s’ils s’entendaient réellement bien à la maison. Ceci dit, si jamais Linwood avait un faible pour Connor, les choses seraient différentes. Il avait en quelque sorte un mauvais pressentiment… mais dans tous les cas, il espérait qu’il ne regretterait pas son mensonge.

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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Sam 17 Aoû - 10:45


    Rudy avait de la chance (ou pas, ça dépend comment on voit les choses), Linwood ne se souvenait de rien à partir du moment où elle avait compris qu'elle était en danger. Elle avait bien quelques flashs, mais rien de précis. Tout s'était passé très vite et elle avait rapidement perdu connaissance lorsqu'elle avait senti la terre sur sa peau. Quant aux événements qui précédaient l'arrivée de la tornade magique, ils étaient tout aussi flous, elle était incapable de dire qui était dans la serre ou non, à part pour ce qui était de Eden et de Alex' à qui elle avait directement parlé peu avant l'incident. Son esprit était brumeux et refusait de se souvenir clairement. Il y avait là non seulement le contre-coup du choc (que tous les blessés de la Vague Noire devaient ressentir comme elle) mais aussi celui de ses phobies. Voilà longtemps qu'elle n'avait pas fait de crise, qu'elle ne s'était pas évanouie à cause de la saleté... Elle faisait tellement attention à éviter ce danger ! Car elle voulait vivre normalement, au moins selon ses critères. Avoir des amis, aller en cours, pratiquer ses activités favorites...Elle n'en demandait pas plus. Elle parvenait à avoir tout ça en faisant attention. Sauf que là, il n'y avait eu aucune issue possible. Elle se détestait d'être restée sans rien faire à regarder le danger arriver sur eux. C'était la preuve concrète (qu'elle n'arrivait pas à accepter) qu'elle était encore trop faible. Elle n'aurait pas dû avoir besoin qu'on la sauve. Certes, jouer les demoiselles en détresse ça pouvait être amusant, mais si elle ne se plaignait jamais de ce que lui faisait subir Grayson et sa suite, c'était parce qu'elle voulait devenir plus forte. Si elle avait été moins cruche, elle se serait jetée sous la table d'elle-même. Non seulement le résultat aurait été identique (crise pour crise, elle aurait aussi bien pu y aller sans qu'on l'y pousse), mais en plus, ça aurait sûrement évité à quelqu'un d'autre d'être blessé.

    Cependant, elle préférait ne pas trop se lamenter. Non seulement Rudy était juste à côté (et elle devait se montrer aussi droite et fière qu'à l'accoutumée en sa présence) mais en plus, ce qui était fait était fait. On ne pourrait pas changer ce qui s'était produit. Elle ferait avec et remercierait platement la personne qui l'avait secouru quand elle avait été trop bête pour se protéger elle-même.

    Forte de cette décision et, aussi, un peu trop fatiguée pour philosopher longtemps, elle écouta Rudy lui parler de son poignet. Bien qu'elle éprouvât à son égard peu de compassion, elle se laissa aller à un peu plus de chaleur « C'est gentil à toi de penser ainsi. Et c'était gentil aussi de me porter alors que tu avais mal. » Elle ne pousserait pas jusqu'à un remerciement, mais elle voulait bien admettre que c'était sympa de sa part de l'avoir portée avec un poignet cassé. L'idée qu'il l'ait touché continuait à la débecter, elle ne pouvait le nier sans mentir, pourtant, elle regrettait son emportement après lui. Elle n'aurait pas dû se mettre en colère, ce n'était pas digne d'elle. Qui plus est, ça partait sûrement d'une bonne intention de sa part de l'avoir emmener ici, et de ce qu'elle connaissait de lui, il n'en avait pas souvent des bonnes intentions, alors ce serait bête de le décourager sur cette voie. Elle était préfète de leur maison, elle devait lui montrer l'exemple pour qu'un jour peut-être il arrête de fréquenter des Serpentards ignobles comme Grayson. Donc c'était gentil de sa part, elle n'irait pas plus loin, mais elle le concédait volontiers. Et elle décida même de s'excuser pour son comportement au réveil : « Et je suis désolée de ce que je t'ai dit tout à l'heure, c'était puéril de ma part. Quand un accident magique arrive, les querelles entre élèves ne devraient pas entrer en ligne de compte. » Voilà, elle se sentait mieux maintenant. La tentation de hurler sur Rudy était pleinement canalisée. Toute sa colère et sa frustration étaient bien endormies en son sein. Elle se sentait psychologiquement beaucoup mieux ainsi. Linwood était une gentille, une vraie, et elle détestait sincèrement Grayson et ses potes. Elle ne supportait pas qu'on la voit, faible et fragile sous les coups et les insultes. Ainsi, elle n'était pas certaine d'arriver un jour à les pardonner. Sauf que ce n'était ni le lieu, ni l'endroit pour ramener tout ça à la surface. Il faudrait peut-être un jour qu'elle arrive à mettre dos au mur un à un chaque membre de la bande, qu'elle les regarde droit dans les yeux et qu'elle les mette face à leur responsabilité vis-à-vis d'elle. Mais pas un jour comme celui-ci, pas quand tout Poudlard était sans dessus-dessous. Et au fond, il était aussi très immature d'avoir dit qu'elle aurait préféré qu'il ne la sauve pas lorsqu'elle pensait encore que c'était lui. Elle était contente d'être entière. Elle avait échappé de peu à des blessures graves car elle aurait pu être soufflée, debout comme elle était devant les vitres. Seulement, elle ne voulait rien devoir à ses ennemis. C'était une pensée violente bien qu’inappropriée, elle devait l'admettre. Et elle n'irait pas jusqu'à revenir sur ses paroles, elle s'était excusé de lui avoir balancé à la figure ce qu'elle pensait de son comportement, c'était déjà beaucoup. Elle se glorifiait fréquemment d'être de ceux qui agissent de façon « juste », mais il ne fallait pas abuser non plus. On parlait d'un mec qui assistait à son lynchage sans rien dire presque une fois par semaine. Elle pensait ce qu'elle lui avait dit, ce n'était juste pas le moment pour avoir cette conversation. Et il aurait mieux valu aussi qu'elle ne le fasse pas sous le coup de la mauvaise humeur. Car elle n'était pas prête à en parler, elle voulait simplement déverser sa colère. Ce n'était pas ça une conversation, une discussion, parce que dans ce mot, il y a di- "deux".

    Elle soupira. C'était dur parfois d'être raisonnable. Elle chercha des yeux son insigne qu'on avait dû enlever de son uniforme abîmé. Elle le vit sur la table de chevet et elle l'attrapa. Sans trop savoir pourquoi, elle le boutonna sur son pyjama et passa ses doigts gantés sur le relief du blaireau dessiné dessus. Elle ne devait pas oublier qui elle était. Sinon, elle ne vaudrait pas mieux que Rudy.

    Revenant aux nouvelles de ses amis, elle se pinça la lèvre d'un air inquiet lorsqu'il évoqua Alex'. Mais il lui dit que Max' était avec elle alors elle se détendit légèrement. « D'accord. Tant mieux. Je... Je ne sais pas ce que je ferais si elle était blessée... surtout que je suis coincée dans ce lit pendant encore un moment. » Elle faisait bonne figure parce qu'elle pouvait se montrer très orgueilleuse quand ça la prenait, mais elle savait que ce n'était même pas la peine qu'elle essaie de se lever : elle ne tiendrait pas sur ses jambes. Elle se releva sur les coudes dans l'espoir d'apercevoir le lit de son amie mais beaucoup de rideaux étaient tirés pour préserver l'intimité des élèves blessés. Rudy et Wood n'étaient pas séparés, sûrement parce qu'ils étaient arrivés ensemble. Elle laissa tomber et en vint à Aiden. Il n'était pas dans les serres. Cette idée la réjouissait car son frère n'était pas blessé, mais elle la décevait aussi car il ne pourrait pas venir la voir tout de suite. A en croire Rudy du moins.

    « Je crois qu'elle est effectivement née dans le parc. Je l'ai vue. Elle était de plus en plus grosse et elle se dirigeait vers le lac. » Des images lui revenaient mais se souvenir lui fit mal. Elle hoqueta et porta la main à ses lèvres. Elle crut un instant que ça allait la faire vomir mais après un instant, la nausée redevint supportable. Elle était essoufflée, sa poitrine se soulevant à un rythme rapide et son autre main se crispa sur les draps. « J'espère qu'Aiden viendra bientôt. » Dit-elle quelques secondes plus tard lorsqu'elle fut sûre de ne pas rendre le déjeuner qu'elle n'avait pas pris (Wood et la prise de repas, une grande histoire). Elle se sentirait mieux quand son jumeau viendrait la voir. Elle avait besoin qu'il vienne près d'elle et qu'il écoute ses problèmes. Ils n'avaient rien de neuf, mais elle ne pouvait le faire qu'avec lui. Elle enlèverait ses gants et elle mettrait ses mains dans celles de son frère. Et ça irait mieux. Au moins pendant cinq bonnes minutes.

    Désireuse de penser à autre chose, elle interrogea Rudy sur son sauveur et la réponse lui plut bien. Elle ne connaissait quasiment pas Connor, mais elle n'avait rien contre lui et il était de son année donc ce serait assez simple de le trouver sans avoir l'impression d'être une gêneuse. Elle donna son impression à Rudy histoire de causer (ça faisait passer le temps) et celui-ci sembla hésitant quant à la réponse. Elle lui lança un regard interrogateur mais évita de lui demander ce qu'il avait. Vu leur rapport, il valait mieux marcher sur des œufs et ne pas aborder de sujet qui pourraient finir en remarque désagréable. Car, avouons-le, Rudy n'avait pas l'air fin dans l'instant présent.

    « Oui, c'est vrai qu'on le remarque. Mais dans le bon sens du terme il me semble. Et il traîne souvent avec Jade, c'est une amie à moi. » Techniquement, c'était surtout une amie de son frère, cependant, comme ils étaient jumeaux et qu'ils étaient dans un internat, ils avaient en général des relations avec les amis de leur frère/sœur. « Je me demande ce que je pourrais faire pour le remercier... Il ne faudrait pas que ça paraisse déplacer, je le connais à peine. » Elle se plongea dans sa réflexion (qui lui permettait de ne pas penser au fait qu'elle était en train de discuter avec Rudy – classé ennemi numéro 5 ou 6 dans sa liste perso' – ou aux souvenirs de la serre), et se dit qu'il lui manquait des informations capitales sur le jeune homme. « Il a une copine ? » Lâcha-t-elle sans arrière-pensée. Elle aurait pu attendre pour demander à Jade, mais celle-ci serait rapidement devenue lourde, imaginant qu'elle s'intéressait à Connor ou quelque chose de ce genre. Nasira ne serait pas mieux. Wood voulait seulement savoir si elle devait aller voir une fille en particulier pour la prévenir qu'elle voulait remercier Connor et pas le draguer, ou si elle pouvait y aller direct. Tant de rumeurs circulaient facilement dans ce château, mieux valait prévenir que guérir.


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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Dim 18 Aoû - 14:54


Alors qu’il tâtait stupidement une énième fois son poignet –c’est bien connu, plus c’est douloureux, et plus on est tenté de poser un doigt dessus pour voir si ça fait vraiment mal ou pas-, Rudy évalua les dégâts et les conséquences de son acte héroïque. Même si Pomfresh pourrait arranger le tout d’un tour de baguette magique –presque indolore, ce n’était quand même pas comme s’il avait à se refaire repousser des os !- Rudy savait qu’il ne serait pas rétabli immédiatement, et que cela aurait peut-être une conséquence sur son jeu de Quidditch. Pas vraiment de bol, puisqu’il avait été choisi pour jouer comme Batteur au premier match de la saison opposant Poufsouffle à Serpentard, et qu’un bon poignet –ainsi que de bonnes épaules- étaient nécessaires à un bon coup de batte bien placé –sur le Cognard j’entends, il n’en était pas au point où il voulait gagner en blessant les gens. Rudy était quelqu’un de somme toute très fairplay-. Ceci dit, malgré la douleur lancinante qu’il éprouvait de temps en temps, et les picotements désagréables qui parcouraient ses coupures du visage, Rudy ne regrettait en rien son geste. Il avait sauvé Linwood Saroyan, ce n’était pas rien –même si elle ne s’en souvenait pas, mais bon, Rudy n’était pas le genre à vouloir s’accorder tous les crédits ; c’était même d’ailleurs tout le contraire-. Alors il pouvait bien supporter d’avoir l’impression que son cœur battait dans son poignet, juste pour un petit moment. Et puis en parler avec sa cadette lui faisait oublier qu’il avait mal –mais malheureusement, pas qu’il souffrait autre part. Rudy eut tout de même du baume au cœur lorsque Linwood qualifia ce qu’il venait dire de ‘gentil’, et que le fait de l’avoir portée jusqu’à l’infirmerie l’était également. Un sourire s’installa contre son gré sur son visage, et il sentit ses joues chauffer un peu plus. Il ne faisait certainement toujours pas parti du monde des ‘gentils’, d’après les critères de la rousse ; mais au moins, il était un ‘méchant’ qui pouvait se montrer sous un meilleur jour. Et puis quelque part, il avait l’impression qu’elle lui était reconnaissante de l’avoir transportée, même si elle ne voulait pas le remercier ; chose plutôt logique, puisqu’ils étaient censés se détester : lui se moquant d’elle et la martyrisant, elle le trouvant stupide et mauvais. « Ce n’est pas grand-chose. » lui répondit-il à voix basse, rouge comme une tomate trop cuite. Même s’il avait eu une jambe en moins, il aurait fait tout son possible pour que Linwood arrive à l’Infirmerie dans les plus brefs délais, et aurait même pu jusqu’à jouer des coudes pour qu’on s’occupe d’elle en premier. Parce qu’au final, ceux qu’il avait vu passer alors qu’il était allongé sur son lit mais conscient –il reconnaissait avoir fait une courte sieste un moment, mais s’il y avait eu un mort il l’aurait vu- n’étaient pas dans un état plus grave que celui de la rousse. Et puis on s’en fout d’eux, clairement.

Linwood s’excusa ensuite pour son emportement d’il y a quelques minutes, et Rudy évita soigneusement de croiser son retard. « Ce n’est rien… » murmura-t-il si bas que sa voix en fut presque inaudible. Au fond, la colère de Linwood était parfaitement légitime ; il ne récoltait que les graines de ce qu’il semait. Enfin, les graines qu’il avait laissé Grayson semer sans l’en empêcher, plutôt. Mais le résultat était le même, au final. Elle avait tout de même raison de dire que ce n’était certainement pas le bon moment de se crier les uns sur les autres –à supposer qu’il existe un bon moment pour ça-, avec tout ce qui était arrivé. La tornade, la panique, les blessés, tout ça. S’il leur restait de l’énergie, il valait mieux la dépenser à venir en aide aux autres, plutôt que de se battre. Malheureusement, Rudy était complètement lessivé, et même s’il avait voulu donner un coup de main à Madame Pomfresh, il n’aurait été qu’un poids mort. Se laissant retomber lourdement sur son oreiller, Rudy ferma les yeux un instant pour essayer de chasser la fatigue qui l’empêchait d’avoir les idées claires.  Aucun de ses frères n’avait été blessé ; par chance, ni Drake ni Connor ne s’étaient fait attraper par Rusard ces derniers temps, et avaient donc pu échapper à la corvée du rempotage. Riley ne serait jamais venu de lui-même sans y être obligé, et avait probablement passé l’après-midi à draguer des filles dans un couloir isolé de Poudlard. Quant au petit dernier… à n’en pas douter, il était dans la tour des Serdaigles à réviser toutes ses leçons pour briller à son prochain contrôle. Même si elle avait été amochée et qu’elle restait affaiblie, Linwood était à présent hors de danger. Pour un peu, il en aurait pleuré de joie ; mais l’état de ses camarades ne lui permettait même pas de se réjouir. Ce qui était également le cas pour la rousse. Par chance, Alexandra Bowman n’était pas blessée –ou tout du moins, pas gravement-, ce qui sembla apaiser la préfète. Rudy ne fit aucun commentaire là-dessus, sachant qu’elle se parlait plus pour elle-même que pour faire lui faire la conversation. Mais le fait est que même si Linwood avait été en mesure de marcher, Madame Pomfresh lui aurait sans doute interdit de s’approcher du lit de Bowman ; la pauvre devait être en train de dormir comme une vieille souche pour que son corps frêle récupère de toutes ses émotions.

Et tant qu’on parlait de la tornade et des dégâts occasionnés... Rudy n’avait vu la tornade que lorsqu’elle avait été suffisamment près pour qu’il puisse paniquer. Juste avant, son attention était totalement captée par la fichue plante qui essayait de lui dévorer le doigt, et sans l’avertissement du Professeur Lorne, il aurait sans doute été soufflé d’un coup. Il avait cependant pu se mettre à l’abri, et avait eu le temps de se jeter sur Linwood grâce à ses réflexes et son corps d’athlète. Suite au témoignage de la rousse, ses pires craintes furent confirmées ; la tornade était bel et bien née dans le parc, comme le Professeur McGonagall l’avait dit à Madame Pomfresh. Mais comment avait-elle pu apparaître comme ça au beau milieu d’un lieu censé être sécurisé ? Rudy n’avait jamais vu quel qu’évènement que ce soit perturber la tranquillité de Poudlard. Certes, ils avaient de la pluie et de l’orage ; une petite tempête de temps à autres. Mais toutes les grosses catastrophes naturelles étaient automatiquement repoussées au loin par les barrières et les enchantements magiques. Ce qui signifiait que si les tornade n’était pas naturelle…  « Est-ce que tu crois que quelqu’un aurait fait apparaître cette tornade à Poudlard intentionnellement ? » demanda-t-il à Linwood, horrifié parce qu’il venait de dire. Malgré les évènements étranges qui s’étaient produits ces quatre dernières années, comme la disparition de la Magie, ou l’étrange bulle qui les avaient isolés il n’y a pas si longtemps que ça, le Monde des Sorciers était relativement calme. Depuis la chute du plus grand Mage Noir de tous les temps, il n’y avait pas eu de problèmes majeurs comme des manifestations de Mangemorts ou autres. Mais est-ce que tout ça était réellement fini ? « Enfin je veux dire… la tornade n’aurait jamais pu naître au milieu du parc s’il n’y avait pas un problème… Mais penser que quelqu’un l’a créée, c’est stupide… » s’empressa-t-il d’ajouter pour ne pas inquiéter sa camarade. « Il y a sûrement eu un problème dans la barrière magique ou je ne sais quoi ; on l’aurait quand même vu si un sorcier essayait de faire déferler un cyclone sur nous. Et puis je doute qu’il existe quelqu’un d’aussi doué et torturé d’esprit pour faire ça. N’est-ce pas ? » Il esquissa un bref sourire. Oui. C’était particulièrement stupide ; il avait juste été trop sous le choc pour que son cerveau fonctionne correctement. Un responsable ? Il n’y en avait pas, cela ne pouvait pas exister. Ce n’était pas comme si on avait fait apparaître la Marque des Ténèbres, ou que quelqu’un venait de se faire blesser à coups de maléfices ; on parlait d’une réelle tornade ! Une vraie !

Une pensée subite s’imposa alors à son esprit. « Mais c’est possible qu’une tornade touche juste un endroit et s’évapore comme ça ? Normalement, elles ne sont pas censées continuer un peu plus longtemps ? Oh je te rassure, il n’y a eu aucun autre dégâts que les serres, j’ai vérifié en sortant quand je te transportais ici. Le château n’a pas été touché, et même le Saule Cogneur est encore là. » dit-il, quelque peu mal à l’aise. Pour ce qu’il en avait entendu, les tornades duraient plus de deux secondes, ou alors c’était rare. Aux Etats-Unis, il était fréquent qu’elles dévastent des villages entiers, et non pas juste une minable serre à peine assez grande pour faire tenir une cinquantaine d’élèves excités. Cela ne faisait que renforcer ce sentiment qu’il avait que quelqu’un, derrière, tirait les ficelles. Mais si telle personne était belle et bien réelle, et qu’il lui mettait la main dessus, Rudy se promis qu’il le cognerait jusqu’à qu’il ne ressemble plus à rien. C’était impardonnable ! Mettre la vie d’enfants innocents en danger, pour un acte qui, somme toute, n’avait aucun sens, était pire que tout. Rudy ne pensa cependant pas qu’il existait un indice supplémentaire, qui résidait dans la lettre qu’avait reçue le Professeur Lorne. Il n’était pas au courant, et n’avait pas fait le rapprochement entre le hibou qui était apparu quelques instants avant la tempête, et la dite catastrophe. Pour le moment, il était donc obligé de spéculer sur des choses dont il n’avait au final, aucune idée.

« Tu pourrais peut-être demander à Madame Pomfresh de lui envoyer un hibou, quand elle sera moins occupée… » suggéra Rudy en se demandant si Aiden n’était justement pas déjà en chemin. En supposant qu’il n’était pas coincé dans sa Salle Commune à devoir attendre des nouvelles qui ne viendraient pas ce soir. L’inquiétude de Linwood fut cependant de courte durée, et elle repensa à Connor. « Ouais, il a du succès avec les filles. » répondit Rudy, non sans une légère pointe de fierté dans la voix –c’était son petit frère, après tout-. Par contre, pour ce qui concernait Jade, Rudy n’en savait trop rien. Il n’était pas au courant des fréquentations de tous les Spencer ; sinon, il aurait su que Riley était sorti avec Nasira Orwell, ou que cette dernière semblait s’intéresser à ses deux cadets ce qui était totalement immoral *tousse*. Aussi se contenta-t-il d’acquiescer d’un air absent. Concernant le remerciement, Rudy ne pouvait pas trop l’aider. Déjà, remercier quelqu’un pour quelque chose qu’il n’avait pas fait, c’était tordu à la base. Mais il ne pouvait pas lui dire de ne pas le faire, elle le trouverait malpoli. « Heu… un simple merci lui suffira. » répondit-il gêné, en s’interdisant de penser à ce jeu vidéo que Connor voulait depuis l’été dernier. Il n’allait tout de même pas suggérer ça à Linwood. D’autant plus que ce ne serait pas mérité. Il fut tout de même désarçonné lorsqu’elle lui demanda si son frère avait une copine, et s’il n’avait pas été fermement couché sur son lit, il en serait probablement tombé. Pourquoi lui demandait-elle ça ? Se pourrait-il qu’elle s’intéresse à son frère ? Ah non, ça n’allait pas le faire ! C’était quoi ce plan ?! « Je ne sais pas, je pense pas. » finit-il par réponde, trop pur pour lui mentir une seconde fois. Il aurait été plus avantageux pour lui de dire que Connor avait effectivement une copine, mais ce n’était pas dans sa nature de raconter des choses fausses. Et ça l’aurait également arrangé s’il avait eu connaissance de cette dite copine si Connor n’était plus célibataire, mais il ne s’intéressait pas assez à ses frères pour savoir s’ils avaient eu la curiosité de fricoter avec l’autre sexe. Il ne pouvait donc que supposer.

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MessageSujet: Re: Après le choc, le mépris [PV]   Dim 18 Aoû - 20:52


    Comme elle le devait en tant que jeune préfète de la maison des blaireaux, Linwood sourit gracieusement à Rudy lorsqu'il accepta ses excuses. Ce sourire était complètement dépourvu de la moindre chaleur. C'était une de ses expressions qu'on prenait avec des gens qui ne nous sont pas intimes et avec qui on tente d'être le plus cordiale possible pour une raison x ou y. Dans le cas de Wood, c'était en partie parce qu'elle regrettait son emportement, et en majorité parce qu'elle ne désespérait pas complètement qu'un jour Rudy puisse être sauvé. Le soucis, c'est que la loyauté est une arme à double tranchant. Les Poufsouffles sont des gens loyaux et tolérants (sur le papier, la tolérance n'était pas le fort de Rudy pour ce que Wood en savait), mais il n'avait jamais été clairement précisé à qui cette loyauté revenait au final. S'il s'agissait d'une mauvaise personne – Grayson à tout hasard – comment faisait-on pour ramener la brebis perdue dans le troupeau ? Rudy l'avait ramenée ici en dépit de la douleur. C'est qu'il devait bien rester un truc chez lui de sa maison. A moins qu'il ne soit simplement aussi stupide que ce qu'il paraissait et qu'il n'ait pas réfléchi. Encore qu'une bonté irréfléchie restait une bonté. Elle passa la main sur son front. Elle n'était pas sûre que ce genre de mission soit taillée pour elle, mais peut-être que Ava aurait elle quelque chose à dire ou à faire sur le cas Spencer. La seule certitude de Wood c'est qu'à part rester toujours exemplaire dans son rôle de préfète (qui incluait de s'occuper de tous les gens de sa maison, même ceux qui l'insupportaient), elle ne pouvait rien faire pour Rudy. Elle ne le croyait pas fondamentalement aussi méchant qu'elle l'avait affirmé au départ. Ce qui restait vrai toutefois c'était qu'ils n'étaient pas du même côté et que dans son univers à elle, il était de celui qu'elle ne pouvait pas approcher. Sa haine contre Grayson et les éléments gravitant autour de lui était trop vivace. Le pardon est divin parait-il, Wood n'était ma foi que très humaine. Elle ne se voyait pas pardonner aussi facilement à Grayson. Puis, pour être honnête, elle avait aussi très peur de jusqu'où irait ce petit jeu malsain. Quand elle était arrivée à l'école de magie et que ça avait commencé, elle avait onze ans. La pousser contre le mur, faire tomber ses affaires, c'était une chose... désormais elle avait treize ans, et malheureusement, eux aussi avaient pris deux ans de plus. Les commentaires devenaient parfois graveleux ce qui ne faisait que renforcer les craintes de Wood. Et si un jour, ils essayaient de la toucher pour de vrai ? Ils n'avaient jamais osé. Mais... et si à un moment se contenter de la bousculer ne leur suffisait plus ? Et si les remarques sur ses vêtements les poussaient  à les abîmer ? Elle tourna son visage pour que Rudy ne puisse pas la voir. Elle était en train de penser à des choses désagréables à cause de sa maladie. Il n'y avait aucune raison pour que les règles du jeu entre Grayson et elle changent. Pas vrai ? Elle réprima un frisson. Puis elle se consola en se disant que si Grayson avait un jour le malheur de poser un seul doigt sur elle, il n'allait pas être déçu du voyage. Elle supporterait déjà mal qu'un de ses amis ait un contact avec elle peau à peau, mais si c'était l'une des personnes qu'elle haïssait le plus sur terre, il y avait de forte chance pour qu'elle vomisse direct. Et ce ne serait pas une image. Comme quoi, somatiser à ce point n'avait pas que des mauvais côtés.

    Elle fut tirer de sa séance d'auto-réconfort par la conversation qu'elle et son voisin entreprirent sur l'arrivée de la tornade et ses dernières nouvelles. Toutefois, ça ne permit pas à Wood de se sentir mieux physiquement. Rudy semblait inquiet aussi se glissa-t-elle de nouveau dans la peau de la préfète modèle. « Ne t'inquiète pas, les professeurs et le ministère tireront tout ceci au clair. Cela dit, je ne crois pas que ce soit l’œuvre de quelqu'un. Je l'ai vu grandir, elle venait du parc et il n'y avait personne. Qui plus est, le dérèglement de la magie dans Poudlard n'est pas nouveau. Souviens-toi l'année dernière quand l'objet magique s'est déclenché à cause de ça ou bien encore quand nous avons été coupé du reste du monde. » Elle s'étira comme un chat sur son lit et se mit sur le ventre, calant sa tête sur son coussin tout en réfléchissant. « A mon avis, il y a un problème avec la magie de Poudlard. Mais rien qui soit l’œuvre de l'homme ou de la nature. Si c'était un attentat, ce ne serait pas l'école qui serait visée. Enfin, je ne crois pas. Après tout, je n'en sais rien. Mais ce dont je suis sûre c'est que comme d'habitude, on sera les derniers au courant de ce qui s'est vraiment passé. » Quant au fait qu'elle en soit restée au environs immédiats du parc, c'était une assez bonne chose. Les habitants du lac n'auraient pas aimé qu'on les dérange. Et les affirmations qu'elle proféraient étaient le fruit d'une expérience à Poudlard qui à défaut d'être longue avait été riche. Rien n'était jamais innocent dans les événements de l'école de sorcellerie. Elle aurait bien voulu parfois, mais non. Et les adultes se gardaient bien de tout expliquer même si à leur décharge ils n'étaient pas toujours au courant de tout non plus.

    « Hum... oui, je ferais ça. » Elle avait envie de voir son frère, mais elle n'allait probablement pas pouvoir déranger Mme Pomfresh avec ça avant un moment. Dommage, la présence d'Aiden lui ferait du bien. Déjà parce qu'elle éprouvait le besoin d'être réconfortée, et que vous admettrez que c'était assez difficile de lui procurer ceci sans la toucher, donc la présence de la seule personne de l'école habilitée à poser les mains sur elle était nécessaire. Elle n'aimait pas être dépendante, et elle ne l'était pas tant que ça, sauf qu'en cas de crise, elle se sentait redevenir une petite fille de six ans nouée par l'angoisse. Elle faisait semblant d'aller bien pour la galerie (ou, à défaut, pour Rudy), mais elle était nauséeuse, fiévreuse, et en plus elle se sentait effectivement stressée, apeurée même. Dès qu'elle relâchait deux minutes ses pensées, elles voguaient vers de funestes présages.

    « Peut-être. Mais toi aussi, non ? » Wood n'était pas très très au point sur les garçons en vu de Poudlard. Pour elle, n'importe lequel d'entre eux, à peu près bien bâti, faisait aussi bien l'affaire qu'un autre pour n'importe quelle fille un peu cruche de l'école. Il faut dire qu'elle n'était pas très branchée histoire de cœur, garçon et toutes ces niaiseries. Nasira par contre, elle, elle adorait ça. Katherine aussi. Mais Wood détestait Katherine presque autant que Grayson, ce qui n'était pas peu dire. Enfin, en tout cas, la loi de la génétique étant ce qu'elle est, elle ne voyait pas pourquoi Connor aurait du succès auprès des filles et pas Rudy. Bon, certes, Rudy n'avait pas la quotte auprès d'elle, mais elle ne formait pas non plus un panel représentatif de la gente féminine de Poudlard ! La preuve, elle était bien incapable de dire qui sortait avec qui dans l'école, sinon, elle n'aurait pas posé la question à Rudy pour son frère. « Cool, ce sera plus simple comme ça. » Pas de nana à amadouer pour qu'elle ne pense pas que Wood – aussi ridicule que puisse être cette idée – allait essayer de lui piquer son mec. Car les nanas jalouses et possessives ça existait. Encore un de ces nombreux comportement que notre rouquine ne comprenait pas, mais elle avait déjà assisté à des scènes abominables aux heures des repas ! Elle ne tenait pas à briser sa tranquillité en laissant la moindre occasion à une rumeur de lui pourrir l'existence comme ça (d'autres s'en chargeaient déjà très bien). Mais si Connor n'avait pas de copine, ce problème ne se poserait pas. Après, qu'on croit qu'elle draguait un garçon si celui était célibataire, c'était tout aussi ridicule, mais ça portait moins à conséquence.

    Ayant pris bonne note de toutes ces informations, elle changea encore une fois de position. « Je vais dormir un peu. » Déclara-t-elle. « Tu devrais signaler à Mme Pomfresh qu'elle t'a oublié, il commence à se faire tard, et tu ne pourras pas dormir avec la douleur. » Elle s'enfonça un peu plus dans le lit, remonta le drap jusqu'à son menton et ferma les yeux d'un air décidé. Cette journée devait se terminer maintenant ! « Bonne nuit Spencer, à demain. » Elle réalisa au moment où elle le dit que ces deux derniers mots étaient de trop (même si, objectivement, elle risquait bien de le croiser le lendemain puisqu'il ne sortirait pas si facilement de l'infirmerie à l'heure qu'il était), mais elle laissa filer et lui tourna le dos. Elle repensa encore un peu à la Vague Noire, à sa crise, à Alex', son frère, à Connor et même à Rudy, puis, la fièvre aidant, elle s'endormit.


{1 530}
{Terminé pour Linwood}

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