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 L'inestimable rencontre (PV)

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MessageSujet: L'inestimable rencontre (PV)   Ven 19 Fév - 22:05

Il y avait des lustres que Dylan n’avait pas mis le nez dehors. Enfin, dehors signifiait ici « délibérément, sans obligation officielle, sans objectif particulier ». Prendre le temps de marcher sans destination précise, faire fonctionner de façon optimale sa circulation veineuse, brûler les quelques calories en trop, mais surtout, prendre le temps de respirer l’air frais et trouver de l’inspiration pour les quelques lignes quotidiennes qu’il s’efforçait de noter sur son carnet de pensées.

Il traversa distraitement la ruelle et manqua de se faire renverser par une voiture. Le doux et pacifique « Abruti ! » du conducteur ne l’atteignit même pas. Il était trop occupé à passer en revue les quelques endroits où il pourrait aller pour s’aérer un peu en paix. Sa semaine avait été rude, mais il sentait que son travail commençait à devenir plus… intéressant. La veille, on lui avait proposé de se rendre avec un responsable du service en Irlande pour une mission sur le terrain. C’était la première fois qu’une telle offre lui était accessible. Soit son ardeur au travail fastidieux était récompensée, soit son existence était enfin considérée par ses collègues. En tous cas, l’atmosphère s’était détendue et après trois semaines de stage, il commençait enfin à sentir que ce qu’il faisait correspondait à ce qu’il recherchait quand il avait postulé pour ce stage.


« Hé, m’sieur ! M’sieur ! Vous avez fait tomber votre… votre bâton ? »

Dylan se retourna. Un gamin tenait dans sa main sa baguette, l’air un peu dubitatif. Il récupéra son bien non sans se maudire d’être si distrait, remercia chaleureusement le jeune garçon et reprit sa route. Il n’était pas très loin du Hyde Park, son objectif. Effectivement très fréquenté, mais il ne cherchait pas la solitude. Cet après-midi de repos, il comptait bien le rentabiliser, voilà plusieurs jours que ses horaires ne lui permettaient pas de penser à autre chose qu’à son travail. Il fut soudainement attiré par une odeur de fleur d’oranger, cette odeur qu’il aimait tant. Il ralentit le pas, cherchant des yeux (et du nez) d’où provenait cette odeur délicieuse. C’est ainsi qu’il se retrouva quelques minutes plus tard en train de déguster non sans gourmandise une part de tarte au citron, achetée dans la pâtisserie française raffinée d’où émanait cette senteur voluptueuse, toujours en route vers son parc.

Il traversa une grande avenue (en regardant cette fois qu’aucun véhicule Moldu ne soit susceptible de mettre précocement un terme à ses projets pour la journée), et arriva à l’entrée du parc. Il poussa un soupir de satisfaction, sa tarte terminée. Il était aux anges. Ses sens avaient tous de la gratitude à son égard. Son itinéraire désormais était passif, il se contenterait de suivre le chemin au bord de l’eau, en entendant plus qu’en entendant son environnement, et en contemplant le paysage. C’était, de toute évidence, ce qu’il recherchait en venant ici : un exutoire. Cela faisait quelques temps qu’il n’avait pas vraiment pris soin de lui. D’ailleurs, il commençait à avoir quelques cernes sous les yeux, et sa peau, d’ordinaire rasée de près, était par endroits parsemée d’une barbe discrète. Ses yeux bleus étaient absorbés par tout ce qui pouvait retenir son attention : un chien qui aboyait, un enfant qui jouait, une femme qui grondait sa progéniture, … Il se demanda combien de ces gens pouvaient possiblement être des sorciers.

Il irait sûrement à la bibliothèque en sortant du parc. Il venait d’achever le dernier ouvrage qu’il avait emprunté, alors que sa dernière visite datait de seulement quatre jours. Il passait une grande partie de ses nuits à lire, ce qui expliquait sûrement sa fatigue actuelle. Il se promit d’être plus raisonnable à l’avenir sur son temps de lecture, bien que, se connaissant, il ne résisterait probablement pas très longtemps à l’appel des ouvrages qu’il aurait emprunté. Il s’arrêta quelques minutes, et s’assit sur un des bancs, en face de la grande étendue d’eau qui baignait dans le parc. Il ferma les yeux, et son inconscient prit instantanément le dessus sur sa conscience. Pendant quelques longues minutes, aucun son de son environnement ne put le délivrer de sa prison mentale, jusqu’à ce, qu’au loin, des pleurs frénétiques, s’approchant, ne le ramènent à lui.
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MessageSujet: Re: L'inestimable rencontre (PV)   Sam 27 Fév - 9:08

Opalyne avait un jour de congés. Pas d’aide en salle, pas de répétition, pas de spectacle ce soir. Rien. Elle pouvait souffler un petit peu. La jeune femme adorait son travail, mais ce n’était pas forcément le genre de travail dont on se vantait beaucoup, les gens ayant facilement tendance à juger autrui. Se présenter comme danseuse de cabaret n’était pas forcément la meilleure des publicités. Ajouter à cela une fille de bientôt 3 ans et on passait immédiatement pour une dévergondée sans avenir à moitié prostituée. Préjugés bonjour.

Profitant de sa liberté fraîchement retrouvée, la sorcière avait pris son temps ce jour-là. Elle avait été réveillée par Saphyr qui voulait jouer, manger, faire du bruit… Bref, vivre sa vie de bébé de bientôt 3 ans. Elle s’était donc levée pour s’occuper de sa fille. Cette dernière avait les cheveux roux de sa mère, la peau pâle et des yeux d’un bleu très clair, les yeux de son père. La sorcière avait fait déjeuner sa fille, malgré ses protestations. De toute évidence, ce jour de congés ne serait pas de tout repos, mais était-ce étonnant ? La vie de parent ne connaissait aucune vacance, aucun répit, elle avait signé, elle assumerait. Après un combat acharné pour que la petite daigne avaler son repas, Opalyne la lava puis l’habilla. Comme il commençait à faire un peu plus frais, elle lui mit une petite robe turquoise à manches longues avec des collants assez épais roses. Une fois vêtues, Saphyr fila jouer sans demander son reste, laissant ainsi sa mère s’occuper un peu d’elle. Opalyne commença par avaler son propre petit déjeuner, tout en observant sa progéniture, histoire qu’elle ne trouve pas une nouvelle bêtise à faire pendant qu’elle était occupée ailleurs. Puis elle alla se doucher rapidement, Saphyr toujours sous sa surveillance, laissant la porte de sa salle de bain grande ouverte. Elles passèrent la matinée à l’appartement.

Il était quinze heures passées de trente minutes, lorsque la sorcière fit mettre sa veste à sa fille avant d’en faire autant, puis toutes deux purent enfin sortir. Saphyr avait fait sa sieste et était de nouveau pleine d’énergie. Opalyne avait hésité, mais s’était finalement décidée à ne pas prendre la poussette. Sa fille marchait beaucoup et bien, bien que lentement, et la poussette était un calvaire au quotidien. Mère et fille se retrouvèrent sur le chemin de Traverse. Quittant le monde des sorciers, elles traversèrent le Chaudron Baveur pour se retrouver dans les rues du Londres moldu. La main de Saphyr dans celle de sa mère, les deux représentantes Hummingbird se dirigèrent vers le parc. L’enfant était enchantée, elle adorait jouait au parc. Il y avait toujours d’autres enfants pour s’amuser, moldus, sorciers… Mystère et finalement, peu importait, bien qu’il fasse faire attention aux discours que pouvaient parfois avoir les enfants… Saphyr jouait tranquillement dans les jeux pour enfants avec une petite fille qu’elle venait de rencontrer, sous le regard attendri de sa mère. C’était toujours très impressionnant cette capacité que les enfants avaient de devenir très proches en l’espace de quelques secondes. A quel âge perdait-on cette aptitude à se sociabiliser si aisément ?

Aux environs de 16 heures Opalyne récupéra sa fille après une vingtaine de minutes à jouer dans le parc, il était temps de rentrer, de prendre le goûter. Saphyr commença à pleurer, refusant fermement de rentrer. La sorcière renonça à la faire marcher et la porta, ce qui la fit hurler d’avantage encore. Etre parent c’était aussi renoncer définitivement à ses tympans, en plus de ses heures de sommeil. Il fallait aussi n’avoir honte de rien. Opalyne ne comptait pas le nombre de personnes qui se retournaient sur son passage, l’observant avec un mélange d’agacement, de pitié et d’interrogation. Portant toujours sa fille, elle laissa échapper son sac, pour son plus grand agacement. Etre en congés fatiguait bien plus que de travailler, c’était officiel. Elle posa Saphyr à terre pour récupérer ses affaires qui s’étaient étalées à même le sol et la petite en profita pour se faire la belle.

« Saphyr, reviens immédiatement ! »

N’écoutant absolument pas sa génitrice, la petite courrait tout ce qu’elle pouvait comme si elle avait la moindre chance de distancer sa mère avec ses jambes minuscules, et fut rapidement rattrapée par sa mère, ce qui lui valut de pleurer plus fort encore, Opalyne la sermonant sèchement :

« Quand je te dis que tu reviens, tu reviens ! Je ne rigole pas Saphyr, maman est très fâchée. Et pleurer ne servira à rien, je ne changerais pas d’avis. »

L’enfant continua à pleurer, bien évidemment, pour le plus grand désarroi de sa mère qui était commençait à fatiguer. Vraiment. La prenant par la main, elle l’obligea à marcher. Saphyr traînant des pieds, elle qui galopait si ben quelques minutes plus tôt, pleurait toujours, rechignant à avancer. Il ne restait plus qu’à rentrer et la noyer dans son bain et attende le soir qu’elle dorme, pour, enfin, avoir un peu de tranquillité. Soudain, ce fut le silence radio. Sa fille était devenue muette ? Merlin l’avait-il entendu ??? Non, aucunement. Saphyr était occupée à regarder dans la direction de l’étendu d’eau qui s’étendait dans cette partie du parc. Non loin de là, un jeune homme était assis sur un banc. Sans trop voir ce qui pouvait passionner sa fille, la sorcière poursuivit son chemin, passant vers le jeune homme, appréciant le calme soudain. Hélas, ce fut de bien courte durée, puisque Saphyr refit un caprice, pleurant lorsqu’elles eurent passé la fontaine. C’était à ne rien y comprendre.

« Mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ? »

La petite faisait sa tête de boudin, ce qui ne présageait rien de bon. Opalyne revint vers l’étendue d’eau et la petite se calma immédiatement. S’accroupissant à la hauteur de sa fille, lasorcière s’enquit :

« Qu’est-ce que tu as vu ? »

Opalyne lâchant la main de sa fille, elle l’observa faire, et finalement, elle ne partit pas bien loin, restant dans ses jambes, se cachant derrière elle et offrant un large sourire… à l’inconnu sur le banc.
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MessageSujet: Re: L'inestimable rencontre (PV)   Lun 29 Fév - 21:59

L’étude des créatures (magiques ou non) offrait une large palette de sons caractéristiques des différentes races et espèces peuplant la planète. Dylan avait eu l’occasion d’en écouter sur le terrain à quelques rares occasions, ou lors de cours à Poudlard. Mais il lui fallait reconnaître que les pleurs d’un petit Homo sapiens sapiens étaient un son étrange par bien des aspects. Désagréable pour certains, triste pour d’autres, les plus empathiques voudront serrer la pauvre créature dans leur bras, les plus froids prévoiront de faire rapidement un peu de place dans leur congélateur. Quoiqu’il en soit, les pleurs se rapprochaient, et Dylan était revenu à sa conscience. Il aperçu au loin une mère, en pleine bataille psychologique avec sa progéniture, qui semblait en proie à une indescriptible tristesse. Un sourire malicieux vint subrepticement éclairer le visage de Dylan. Quel était donc l’objet du scandale ? Une glace maladroitement tombée au sol ? Un souhait d’itinéraire divergeant ? Ou un autre caprice qui avait pris les proportions d’une affaire d’état ? Dans tous les cas, il croisa le regard de la petite fille qui s’arrêta net de pleurer.

Le jeune blaireau (car oui, blaireau un jour, blaireau toujours) sentit alors son visage prendre une teinte rouge, comme c’était le cas très souvent, en ce moment. Dans ces situations, son visage passait par toutes les teintes de rouge possible, pourpre, sang, en passant préalablement par l’orange foncé, comme si un Moldu essayait de régler les tons de rouge sur son téléviseur à la différence près que le visage de Dylan n’avait pas encore la capacité de capter la TNT. Gêné, il changea de position et tenta de regarder ailleurs. Il n’avait pas réellement d’affection pour les enfants, même s’il se débrouillait pour ne pas que sa présence leur soit trop désagréable quand c’était nécessaire. Ses péripéties avec son petit cousin John, quelques mois plus tôt, avaient quelque peu refroidi sa fibre paternelle. Pour résumer, sa cousine (fille du frère de sa mère, branche Moldue de la famille), avait proposé à Dylan de garder son rejeton âgé de quelques mois le temps d’un après-midi. Malencontreusement, le pauvre Dylan avait échangé Johnny contre un autre bébé dans un parc, et avait passé l’après-midi en sa compagnie. Il avait trouvé le petit humain très calme et avait sympathisé, allant même jusqu’à le trouver affectueux. Heureusement, son petit cousin avait retrouvé sa mère après que les parents du mystérieux enfant sage aient compris la méprise, ils avaient pu rapporter John à sa maison grâce à l’adresse inscrite sur sa poussette (une attention qui avait évité à Dylan un incident familial majeur). Voilà une expérience qui ne permit pas au jeune homme de développer une confiance en sa fibre paternelle.

La jeune maman passa avec la petite devant Dylan, qui fut bien obligé de les regarder passer, en faisant mine d’être absorbé par un canard, se tenant dans la même direction. Il ne s’attarda pas sur le visage de la sorcière (qu’il n’imaginait aucunement appartenir à son monde), et vit que les grands yeux du petit monstre se fixaient par intermittences dans sa direction, tandis que les deux femmes (ou les un virgule vingt-cinq femmes) s’éloignaient. Il concéda que Grands-Yeux-Hurlant avait une certaine part de « trognonitude ». Il referma ses yeux, descendit doucement l’escalier de son inconscience. Il commença à s’imaginer en pleine expédition en contrée loint…

« Mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ? »

Les cris, au loin, de Grands-Yeux-Hurlant l’extirpèrent une seconde fois de son rêve éveillé. En dépit du fait qu’il devait être le seul autiste actuellement à venir s’asseoir sur un banc, en plein milieu d’un parc très fréquenté, pour fermer les yeux et se livrer à des pirouettes inconscientes, il était sûrement l’un des rares à ne pas perdre son sang froid face à la puissance vocale que dégageait, à pleins poumons, la jeune enfant. Un univers vocal tout entier semblait s’offrir à elle, tant sa voix balayait largement l’amplitude des décibels accessibles à l’être humain avec une aisance prometteuse pour son avenir artistique. Quoiqu’il en soit, la pauvre maman prit la décision de faire demi-tour et de revenir en direction de Dylan, qui, plus que jamais, éprouvait une curiosité indiscrète. Mais bientôt, alors que le concerto avait pris brutalement fin, la situation prit une tournure tout autre, impliquant de façon brutale Dylan, puisque, la jeune maman fixait ce dernier, Grands-Yeux-Hurlant entre ses jambes, contemplant aussi le garçon.

Gêné, quelque peu en colère contre le destin qui avait voulu l’impliquer dans une histoire qu’il avait cru temporaire, comme tous les évènements qui font de la vie cette succession de hasards et de choix parfois sans conséquences, parfois lourds de sens, Dylan fit un sourire à la fois sincère et maladroit à la jeune femme… avant de reconnaître un visage familier, qu’il lui semblait avoir vu quelques années plus tôt à Poudlard. Il n’avait pas une mauvaise mémoire, aussi il s’engagea :


« Salut, je crois qu’on fréquente tous les deux le Chaudron Baveur, non ? »

Il lui fit un clin d’œil, et regretta aussitôt son geste. Bien sûr, il rougit instantanément, et s’en rendit compte, ce qui le décontenança. Dès qu’il essayait de paraître cool, détendu, il ne pouvait s’empêcher de se trouver pathétique. L’un n’allait pas sans l’autre. Mais, il le savait, c’était aussi ce qui faisait son charme, parfois bien malgré lui.

« Et comment s’appelle cette petite chose entre vos jambes ? »

Il ne réalisa pas (en tous cas pas immédiatement) la maladresse de sa question, qui se devait d’être interprétée dans le contexte, et commença à regarder plus en détail celle qui se tenait non loin de lui, en essayant de ne pas être trop insistant dans son étude soigneuse. Ses tâches de rousseur, sa magnifique chevelure rousse, ses yeux bleus… de nombreux atouts qui ne tardèrent pas à faire s’emballer le rythme cardiaque du blaireau, déjà bien mis à l’épreuve par le simple fait d’échanger avec le genre opposé.
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MessageSujet: Re: L'inestimable rencontre (PV)   Dim 6 Mar - 6:45

Saphyr était là, cachée dans les jambes de sa mère qui hésitait entre un sentiment de honte, de fatigue et de lassitude. Elle avait signé, elle le savait, quand elle avait décidé de la garder. Opalyne savait très bien qu’elle allait en prendre pour son grade pour les minimum dix-sept années à venir. Elle savait qu’elle devait se préparer aux caprices, aux crises de larmes, qui allaient céder doucement mais sûrement place à des ‘dégages’ agrémentés de ‘de toute façon je t’aime même pas !’… Les joies de l’adolescence et qui sait, peut-être qu’à 34 ans, si sa fille faisait comme elle, elle serait grand-mère… Bref, elle le savait, elle s’était préparée, mais la préparation ne suffisait pas, évidement. Du moins pas pour le moment. Alors oui, là maintenant, elle avait un peu honte. Saphyr faisait un joli caprice, jusque-là, rien d’anormal, mais qu’elle commence à faire de fixettes sur les inconnus croisés dans les parcs, ça c’était plutôt inédit. Opalyne avait posé ses prunelles azur sur le jeune homme qui fascinait tant sa fille. Elle ne savait pas du tout ce qui, chez un enfant, pouvait plaire (ou déplaire) dans le physique d’un adulte. Mais elle remarque de son côté qu’il avait un regard troublant, mais elle ne put guère approfondir cette observation, puisqu’il lâcha une bombe à laquelle elle ne s’était pas vraiment préparée. Alors qu’il mentionnait –subtilement-le chaudron baveur, elle comprit… Il était donc un sorcier lui aussi ?

« Oh… Eu oui, bonjour… »

Elle le trouvait un brin familier entre le ‘salut’ et le clin d’œil, ceci étant, en travaillant au Black and Red elle s’était aussi un peu habituée à côtoyer des personnes bien plus familières et moins sympathiques. Encore que le cabaret était bien fréquenté, Tobias y veillait. La clientèle était sélectionnée. Passant une main hésitant dans sa crinière rousse, elle observait le sorcier, s’interrogeant à présent sur l’endroit où ils s’étaient croisés. Elle ne se souvenait pas de lui comme d’un client régulier du cabaret, mais peut-être venait-il occasionnellement ? Mais l’aurait-il reconnue alors ? Entre les tenues, maquillages et perruques ce n’était vraiment pas certain… Poudlard ? Elle ne se rappelait pas. Il l’interrogea alors sur Saphyr qu’il qualifia de ‘chose’ ce qui ne choqua pas vraiment la rouquine.

« Elle s’appelle Saphyr… »

Elle hésita, et finalement, elle opta pour une attitude avenante et offrit donc un sourire, un vrai, au jeune homme. Il était plutôt séduisant, le côté rougissant lui donnant un petit plus côté charisme. Opalyne trouvait ça mignon. Peut-être avait-elle fini par se lasser des beaux parleurs qu’elle avait côtoyé toute son adolescence ? Opalyne s’adressa à la fillette, toujours accrochée à ses jambes :

« Tu dis bonjour ma chérie ? »

La rouquine miniatures emblait peser le pour et le contre. Au moins avait-elle cessé de hurler ce qui était une réelle avancée. Elle finit par marmonner un semblant de bonjour gêné et fila se cacher, les yeux clos, derrière la danseuse. Comme si le fait de ne plus voir le jeune homme allait le faire soudainement disparaître. Opalyne décida d’aller au front, parce qu’elle trouvait cette situation à al fois gênante et ridicule et interrogea donc le jeune homme :

« Je ne me souviens pas vraiment de l’endroit où nous avons pu nous croisé. Désolée. »

Elle l’était vraiment. C’était très gênant tout de même d’être reconnue, ne serait-ce que visuellement, par une personne que l’on ne reconnaissait pas. Elle était restée debout, à la même place, faisant toujours face au sorcier. Pour le moment, elle essayait de comprendre un peu mieux la situation, tout en savourant le silence. Elle aviserait ultérieurement.
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MessageSujet: Re: L'inestimable rencontre (PV)   Dim 13 Mar - 19:52

Le jeune homme prit une profonde inspiration, ayant pour objectif de reprendre le contrôle de son corps, qui avait visiblement décidé que sa maladresse naturelle, s’agissant des rencontres avec le sexe opposé, n’était pas suffisante et qu’une poignée de symptômes sympathiques serait probablement plus adaptée à la situation. Son cœur continuait à danser la polka, tandis que quelques discrètes gouttes de sueur (la saison automnale débutante y étant aussi sûrement pour beaucoup) perlaient sur son front. Visiblement, la jeune maman qui se tenait devant lui était à son goût, en témoignait sa nouvelle teinte rougeâtre qui colorait ses pommettes, beaucoup (et c’était un exploit qu’il en soit ainsi) plus teintée qu’à l’ordinaire (et donc, qu’il y avait quelques secondes lorsque Grand-Yeux-Hurlant l’avait dévisagé). Il entendit à peine le prénom de la « petite chose entre [ses] jambes », et dut se concentrer pour ne pas paraître distrait. Néanmoins, le prénom de la petite fille arriva à sa conscience, on l’aura compris, à une vitesse extrêmement diminuée par rapport à son intelligence et sa perspicacité habituelles. Un joli nom de pierre précieuse. Il se demanda ce qui avait pu conduire à un tel choix de prénom. S’il avait un enfant, il aurait sûrement porté un prénom trouvé dans un livre perdu au fond d’une bibliothèque, dont l’originalité, la musicalité et l’étymologie le rendraient magnifique. Saphyr n’avait cependant rien à envier à une telle trouvaille, reconnut Dylan.

Saphyr accorda un timide « bonjour », avant d’aller se cacher à nouveau derrière les jambes de sa mère. Ce manque d’aisance détendit quelque peu le jeune homme, qui échangea un regard amusé et chaleureux vers sa mère. Il n’avait, pour ainsi dire, jamais eu de coup de foudre, seulement quelques contemplations béates et admiratives devant la beauté de quelques créatures du sexe opposé. A vrai dire, pour lui, succomber à la beauté d’une femme n’était pas pathognomonique d’un coup de foudre. Les délicieuses réactions d’une âme dotée d’intelligence, d’autodérision, de vivacité, d’éloquence, de savoir-vivre et de défauts étaient d’avantage propices à cela. Cependant, la vie semblait lui rappeler que rien n’était jamais simple, puisqu’un regard avait suffit pour le mettre dans un état tel que rien n’importait plus que de connaître d’avantage celle qui se tenait devant lui, et qui ne semblait malheureusement pas se souvenir que leurs routes s’étaient croisées sans jamais réellement se heurter, quelques années plus tôt à Poudlard. Après un silence gêné, Dylan répondit, d’une voix peu assurée :


« Pas de soucis, il n’y a rien à excuser. Nous nous sommes déjà vus à Poudlard, sans jamais vraiment nous parler. »

Il ne s’était, d’ailleurs, jamais rendu compte, par le passé, pour les très rares occasions où ils avaient pu se croiser (dans l’ombre d’un couloir, ou encore dans les escaliers malicieux de Poudlard), de sa beauté et de son charisme naturels. Ce genre de détails l’intéressaient peut-être moins à l’époque.

« Moi, c’est Dylan Jameson, même si ça ne vous dit peut-être rien. Et vous ? »

Il s’était levé de son banc, le fait de regarder d’en bas son interlocutrice le mettant dans une situation d’inconfort. Il lui tendit une main bienveillante et professionnelle, mais, malheureusement, dépassa de plusieurs centimètres la cible qu’il s’était fixée puisque sa main vint percuter l’abdomen de la jeune femme, sans réelle violence.
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MessageSujet: Re: L'inestimable rencontre (PV)   Dim 27 Mar - 14:17

La situation était des plus cocasses. Il était finalement assez difficile de savoir qui était le plus gêné des trois ? Etait-ce le jeune homme rougissant ? La petite fille qui avait cessé de hurler et qui passait son temps à se cacher à présent ? Ou bien la jeune femme qui ne parvenait plus à savoir où elle avait pu croiser la route de son interlocuteur ? Chacun était gêné à sa manière. Opalyne était aussi soulagée par la fin des cris de sa fille (elle commençait à passer pour une affreuse mère indigne avec son enfant qui hurlait à mort pendant la promenade… C’était particulièrement gênant, même si en étant mère, on finissait par ne plus craindre le ridicule, ce dernier devenant le quotidien de tout parent qui se respecte). Avoir des enfants, c’était assumer chacun de leurs gestes et de leurs propos. Ces derniers étant, malheureusement, souvent déplacés…

Dylan, qui ne s’était pas encore présenté expliqua finalement où ils s’étaient croisés tous deux et la rouquine hocha doucement la tête. Poudlard. Bien sûr… Elle esquissa un sourire, gênée :

« Oh, oui… Poudlard… Quelle maison ? J’ai l’impression que c’était hier et il y a une décennie en même temps… »

Elle avait elle-même arrêté ses études prématurément et à l’époque, elle n’avait d’yeux que pour une catégorie très précise de garçons (les plus mignons physiquement parlant et les plus cons possibles, en règle générale). Certes, elle en avait aussi fréquenté des fréquentables, comme Nicolas ou Corey, encore que ce dernier n’avait pas forcément très bien traité la rouquine à l’époque, mais pouvait-elle vraiment lui en vouloir ? Compte tenu de son propre comportement ? Certainement pas.

Se levant de son banc, le sorcier se présenta en bonne et due forme, tendant une main maladroite vers la rouquine, main qui entra directement en contact avec le ventre de la jeune femme qui ne pu que sourire, la saisissant sans hésiter, se présentant à son tour :

« Enchantée… Opalyne Hummingbird. Ancienne Gryffondor. »

Elle n’était jamais naturellement gênée mais étrangement, le malaise qui atteignait son interlocuteur semblait déteindre sur elle. Elle en venait à être gênée elle-même. Hésitant un instant, elle poursuivit :

« Je peux me joindre à vous ? Juste un moment ? »

Et sur le ton de la confession, elle ajouta :

« Vous avez le super-pouvoir d’apaiser Saphyr et je dois avouer que ça me fait un bien fou de la voir enfin se tenir un petit peu tranquille… »

Etait-ce là le discours d’une mère indigne inapte à s’occuper de son enfant ? Elle ne le souhaitait pas… Désignant le ban d’un petit geste du menton, elle poursuivit :

« On peut s’assoir ? »

Elle avait envie de faire une pause, une vraie. Et Saphyr commençait à quitter ses jambes pour regarder un peu mieux celui qui la fascinait tant. Il fllait avouer que sa fille cotoyait bien plus de femmes que d’hommes. Il y avait bien sûr Tobias, mais Opalyne passait nettement plus de temps avec des femmes qu’avec des hommes. Un jour, peut-être, verrait-elle Aiden, le compagnon de sa tante, mais pour l’heure Opalyne n’avait jamais laissé sa fille à sa sœur Jade. Leur relation étant encore trop récente. Et Jade avait tant à faire de son côté…. Mais un jour, sans doute…

Prenant place sur le banc, elle hissa sa fille sur ses genoux. Saphyr continuait de regarder avec grand intérêt Dylan, pour le bien être de tout le parc c’était sûrement pas plus mal ainsi.

« On peut peut-être se tutoyer, non ? Tu as quitté Poudlard depuis longtemps ? »
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