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 Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]

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MessageSujet: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Sam 12 Mar - 12:31

Ernie MacMillan traversait une profonde crise existentielle.

Quand il avait quitté Poudlard auréolé de gloire pour entrer au Ministère – ce qu’il souhaitait ardemment depuis sa plus tendre enfance – son avenir lui semblait tout tracé : ses supérieurs ne seraient pas longs à reconnaître son talent, il gravirait rapidement les échelons, et serait propulsé Ministre de la Magie avant sa trentième année. Dans son optimisme débridé, il avait même d’ores et déjà préparé un plan d’action pour les premières années de son mandat (supprimer Serpentard, donner plus de points à Poufsouffle, développer un programme d'hygiène bucco-dentaire et une école de coiffure sorcière). Hélas ! Il avait désormais trente-deux ans passés, et la vie s’était chargée de piétiner une à une toutes ses illusions. Il comprenait, à présent, qu’ils avaient été – et qu’ils étaient encore – nombreux ceux qui, comme lui, nourrissaient l’espoir d’accéder à la fonction suprême. Mais le Ministère était une grosse machine aux besoins insatiables : il absorbait, tous les ans,  des dizaines de jeunes sorciers fraîchement débarqués de l’école, et confiants en leur destinée. Il les épuisait, tous sans distinction, dans des travaux insipides et abêtissants, aspirant sournoisement leur jeunesse et leur enthousiasme, jusqu’à les recracher, exsangues et amers, pour s’occuper d’une nouvelle fournée.

Ernie avait connu les longues journées d’ennui et les tâches ingrates. Il avait couru, de bureaux en bureaux, porteurs de messages aussi essentiels que « les toilettes du Département de la Coopération Magique Internationale  sont encore bouchées » ou « on vous a prêté notre poinçonneuse, la semaine dernière, on aimerait bien la récupérer, maintenant, merci beaucoup », il avait apporté un nombre incalculable de tasses de thé et de petits biscuits à ses collègues, il avait plié des brochures d’informations, jusqu’à en avoir le bras engourdi à force d’agiter sa baguette dans les airs des heures durant, il avait recopié des liasses de notes incompréhensibles, archivé des documents depuis longtemps oubliés, rempli les encriers, taillé les plumes et classé les parchemins, été prêté généreusement aux autres départements, dès qu’ils avaient eu besoin de petites mains supplémentaires, il avait été envoyé si souvent au stock de fournitures, qu’il était capable d’en retrouver le chemin, les yeux fermés, depuis n’importe quel point du Ministère ; il avait passé des nuits entières à travailler, dans le silence pesant de l’imposant bâtiment, il avait sauté des repas, il était venu tous les jours, même malade, même fatigué au point d’en avoir la nausée, il avait sacrifié des amitiés et des amours au nom de sa carrière, il avait même, une année, manqué le traditionnel repas de Noël qui réunissait toute la famille MacMillan, si bien que certains de ses cousins refusaient aujourd’hui de lui parler, mais ce n’était pas le pire. Non, le pire était qu’il avait tout fait et tout accepté avec ferveur, persuadé qu’il avait un rôle à jouer, qu’il était important, que « ça » servait à quelque chose.

Et, dans une certaine mesure, « ça » avait servi. Son acharnement avait été remarqué. On lui avait, peu à peu, confié des tâches moins ingrates, plus stimulantes, on lui avait donné un bureau, on avait commencé à l’inviter aux réunions importantes et à lui demander son avis. En quelques années, il était devenu un employé à part entière du Département, et c’était désormais lui, qui réclamait des tasses de thé aux stagiaires, ou qui les envoyait chercher des plumes neuves aux fournitures. Mais il était resté une ombre parmi les ombres, un obscur petit travailleur, perdu dans la masse des anonymes qu’engageait le Ministère. Il aurait aimé faire plus. Il aurait aimé se sentir vraiment utile. Il aurait aimé moins de palabre – domaine dans lequel il excellait pourtant – et plus d’action. Il aurait aimé que la Coopération Magique Internationale ne se limitât pas à organiser des réunions pour en programmer d’autres, ou à se chamailler sur des peccadilles, mais prît de vraies décisions, en mesure de renforcer les liens entre les différentes communautés. Certains jours, son métier lui semblait vain, et alors il avait peur.

Il avait peur de se satisfaire de la médiocrité et de trahir le jeune homme vibrant qu’il avait été, pour se contenter d’une existence de raté, comme celle de tant d’autres autour de lui. Il avait peur de se retrouver, un jour, dans l’atrium du Ministère, à discuter du nouveau revêtement du sol ou de l’augmentation du prix de la biéraubeurre, comme s’il s’agissait de sujets réellement importants. Il avait peur d'avoir, une fois venue la retraite, un Mug « meilleur employé ! » dans sa cuisine et des regrets plein la tête.
Ces jours-là, Ernie ne rentrait pas chez lui, après le travail. Il savait d’instinct qu’il ne pourrait supporter une énième longue soirée en tête-à-tête avec des dossiers sans devenir fou. Ces jours-là, il se rendait au Chaudron Baveur, où il restait jusqu’à la fermeture, trouvant une forme de consolation dans la compagnie de ses semblables et de ses dissemblables, car la taverne accueillait toujours une population aussi bigarrée qu’étrange.

- Salut Tom, dit-il, ce soir-là, tandis qu’il s’appuyait sur le comptoir de bois sombre, derrière lequel officiait le Barman. Une biéraubeurre, et le plat du jour, s’il te plaît, commanda-t-il, le gratifiant au passage de son habituel sourire ultra-bright, ultra-lisse, ultra-mentholé (Dieu merci, la vie ne lui avait pas pris ses dents en même temps que ses rêves !).

Il récupéra sa commande et, sa choppe dans une main, son assiette de stew dans l’autre, il se mit en quête d’une table libre. Malheureusement pour lui, le Chaudron était bondé, et il se rendit bien vite compte qu’il lui faudrait en partager une s’il ne voulait pas manger debout, appuyé contre un pilier. Qu’à cela ne tienne ! La dépression avait beau le guetter, Ernie restait un charmeur, qui ne redoutait pas de sociabiliser.
- Excusez-moi, ça vous ennuie, si je m’insta… commença-t-il, déjà prêt à dégainer son jet de cheveux légendaire (il était devenu amer, pas chauve, et savait toujours comment jouer de son opulente chevelure blonde pour séduire son entourage), avant de s’arrêter net lorsque la jeune femme qui occupait la table redressa la tête, Ah ben mince ! Lisa ? Mais… Qu’est-ce que tu fais ici ? S’exclama-t-il, en reconnaissant la Serdaigle, qu’il n’avait pas vue depuis… Probablement trop de temps pour compter sans que ce soit douloureux. "Bouhouhou, je suis vieux et inutile".
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Mar 15 Mar - 22:00

Depuis aussi loin qu'elle s'en souvienne Lisa avait toujours aimé lire, a passer des nuits sans dormir, à écrire des passages qui l'avait marqué sur les murs de sa chambre, à éviter ses amies pour pouvoir lire un peu plus longtemps. Lorsqu'elle était étudiante à Poudlard elle adorait passer la majorité de son temps dans la bibliothèque. Elle aimait les livres, elle aimait lire, elle aimait l'ambiance particulière de la bibliothèque. Elle aurait pu y passer sa vie.

Elle voulait y passer sa vie.

Ce n'était pas pire qu'autre chose de vouloir simplement être bibliothècaire. C'était son ambition quand elle avait quinze ans et elle l'avait réalisé, elle avait travaillé à Poudlard, arpenté les rayons de la bibliothèque non plus en tant qu'étudiante mais avec ce pouvoir de faire taire les étudiants sur son passage, comme son modèle, madame Pince. Oui mais voilà, après plusieurs années en poste Lisa s'était rendu compte qu'elle s'ennuyait. Il n'y avait aucun challenge à travailler à bibliothèque de Poudlard, il n'y avait qu'à voir madame Pince, sans vouloir la critiquer, ce n'était pas la personne la plus active du monde. Alors oui, les livres de la réserve demandait certaine précaution et une pratique de la magie intéressante car peu utilisée, mais elle ne pouvait pas s'appuyer la dessus. Elle n'avait pas envie de finir vieille fille, avec le même teint que les pages des livres, dévorées par les doxys, après avoir passé 50 ans à travailler au même endroit.
Mais ce qui l'avait poussé à finalement claquer la porte de Poudlard tenait en deux mots : Teddy Lupin. Quand elle avait repéré ce gamin aux cheveux bleus pour la première fois dans la grande salle 3 ans plus tôt, elle s'était dit « tiens alors, un enfant aux cheveux bleus », et puis il avait été appelé au Choipeau, Teddy Lupin, orphelin de la bataille de Poudlard, 11 ans, 11 ANS ! Le lendemain elle avait fait sa malle et démissionné pour aller s'installer à Londres.

Le problème avec le fait d'avoir été bibliothécaire à Poudlard, c'est que mis à part ranger des livres en suivant la Méthode de Classification Magique, vous ne savez pas faire grand chose.
Lisa avait toujours été une grande lectrice, elle écrivait aussi, des lettres et ses journaux intimes surtout mais entre ça et des romans il ne devait pas y avoir un tel écart, elle écrivit une grande fresque historique sur une sorcière qui traversait les Pyrénées pour aller libérer sa sœur de l'inquisition espagnol et l'envoya à tout les éditeurs de romans sorciers, sans exception. Elle resta majoritairement sans réponse, ou lorsqu'elle en recevait elles étaient négatives, jusqu'à ce qu'enfin on lui demande de se présenter au bureaux de Cœur Sorcière, une maison d'édition qui publiait de la littérature pour adolescentes sorcière et jeunes adultes dont Lisa ne connaissait absolument pas le catalogue.

Les éditrices lui expliquèrent qu'elles A-DO-RAIENT son roman, mais qu'il était trop long, trop compliqué et surtout qu'il manquait de personnages masculins, elles suggérèrent à Lisa de remplacer la soeur de la sorcière par un amoureux et de lui faire rencontrer sorcier dans les montagnes plutôt qu'un ours et surtout d'inclure le plus de scène romantique et eroticoromantique possible. Lisa ravala sa fierté et effectua toutes les modifications demandées, elle souhaita uniquement que l'on remplace son nom par un pseudo Wilma Verity. Conmigo eu un succès phénoménal, si elle avait encore été à Poudlard, Lisa aurait vu toutes les adolescentes avec leur exemplaire de son livre, mais à chaque fois qu'elle passait devant Fleury et Botts elle rougissait intensément et faisait semblant de ne pas voir que de nombreux exemplaires étaient en vitrine, elle avait refusé toutes les demandes de dédicace ou de rencontre avec la presse, et c'était uniquement servi de son nom de plume pour obtenir une place de pigiste à Sorcière Hebdo, où elle tenait une chronique inventée de toute part sur sa vie amoureuse.

Elle avait honte, tellement d'avoir écrit ça, mais elle devait continuer, les éditrices de Coeur Sorcière voulaient publier un roman de Wilma Verity par an et elles avaient confortablement augmenté son avance.
Assise à une table dans un coin du Chaudron Baveur, où elle ne risquait de rencontrer personne, avec un verre de whisky pur feu pour se donner du courage, Lisa prenait des notes pour son prochain roman. Elle avait avec elle un exemplaire de Conmigo où les éditrice avaient marqué certain passage pour signaler les éléments qu'il serait nécessaire de retrouver dans le suivant. Lisa avait détaché ses cheveux et penchée sur la table elle ne faisait pas attention à ce qu'il se passait autour d'elle, elle était entrain de relire un passage particulièrement croustillant où son héroïne se baignait nue dans un ruisseau avec son compagnon ours (qui était en fait un animagus, mais l'héroïne ne le savait pas encore), passant sur tout ces mots qu'elle avait écrit elle même Lisa sentait le feu lui monter aux joues. C'est à ce moment là qu'elle entendit qu'on prononçait son nom. Surprise elle releva la tête pour se retrouver nez à nez avec Ernie Macmillan, toujours aussi blond, toujours le sourire aussi ultra bright, avec une assiette de stew dans les mains.
- Ernie, ça alors !
Lisa se leva tellement vite, qu'elle se cogna la cuisse contre le coin de la table.
- Sac à gargouilles ! S'exclama-t-elle. Aouch !
Elle se rassit tout aussi brusquement et commença furieusement à rassembler ses notes. Dans sa précipitation elle fit valdinguer son exemplaire de Conmigo par terre, jura fort quelque chose à propos de la maman du livre qu'Ernie aurait sûrement préféré ne pas entendre. Finit par sortir sa baguette.
- Evanesco, dit-elle en pointant le tas de feuillets. Il disparu dans un vouchh qui permis à Lisa de reprendre son souffle. Un rire moitié hystérique moitié gêné lui échappa. Elle inspira et expira lentement, passa ses mains sur son visage, glissa ses cheveux derrière ses oreilles, et recomposa un visage agréable.
- Désolée, j'ai été un peu surprise, ça faisait si longtemps, mais je suis contente de te voir ! Elle disait cela sincèrement, passé les premières secondes de surprise, elle était véritablement contente de voir un visage ami, elle sourit à Ernie et se releva même brièvement pour lui faire une bise.
-Je t'en prie, installe toi. L'invita-t-elle en désignant la banquette qui lui faisait face.
Le livre était resté par terre.
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Jeu 17 Mar - 20:19

Ernie avait beau travailler pour le Ministère, où il fallait savoir écraser ses petits camarades plus souvent que de raison pour obtenir ce que l’on voulait, depuis les affaires intéressantes (« Bas les pattes, le dossier des accords internationaux sur la protection des espèces menacées m’appartient ! Je suis docteur ès pingouins à dents de sabre, je te ferais dire ! ») jusqu'aux fournitures (« Le dernier flacon d’encre rose est pour moi ! »), en passant par les stagiaires (« Je veux le petit John-Wilfried dans mon équipe ! On n’a plus personne pour faire le thé ! »), il n’en restait pas moins un garçon poli, qui feignit de ne pas remarquer la nervosité de Lisa, même lorsque la jeune femme se mit à glousser si furieusement, qu’elle lui rappela Ophélia, le jour où  il l’avait surprise en train de bécoter son tout premier petit-ami. Eût-il été moins gentleman, il aurait dit que Lisa avait quelque chose à cacher, au lieu de quoi il était convaincu que l’étrange comportement de la Serdaigle était entièrement sa faute : quelle idée, de bondir sur les honnêtes gens sans prévenir !
- Non, non, c’est moi, rétorqua-t-il, tout en se laissant glisser avec reconnaissance sur la banquette, qui faisait face à Lisa, je n’aurais pas dû te tirer de tes pensées aussi brusquement, c’était franchement rustre de ma part, et c’est bien aimable à toi de m’accepter à ta table malgré tout, poursuivit le jeune homme, non sans dégainer au passage son sourire de publicité pour l’hygiène bucco-dentaire, Tu n’étais pas en plein travail, au moins ? Parce que si tu as besoin de t’occuper, j’ai justement un ou deux documents urgents dans mon sac tranquillité,   je peux très bien aller effrayer quelqu’un d’autre… De préférence un cardiaque, cette fois, rajouta-t-il, pince-sans-rire.

En réalité, Ernie n’aurait changé de table pour rien au monde. A présent qu’il était bien installé et qu’il avait trouvé un visage ami dans la foule des clients de la Taverne, il se sentait beaucoup plus joyeux : seule la pile de dossiers qui alourdissait sa besace l’empêchait d’oublier que sa journée était loin d’être terminée des pingouins à dents de sabre à sauver, des réunions avec les diplomaties étrangères à prévoir, des autocollants "les joueurs de Quidditch de l’année" à coller dans son album panini, tout ça, tout ça. Il s’efforça toutefois de chasser de son esprit l’image des mémos qui encombraient son bureau, et dont chacun proclamait qu’il était « important », « très important », « encore plus important », voire « laisse tomber tout ce que tu fais, c’est une question de vie ou de mort ! », dans l’espoir de grappiller quelques instants de répit, et reprit :
- C’est amusant de te trouver ici, je ne crois pas t’y avoir déjà vue… Tu viens souvent ? demanda-t-il, pendant que son cerveau moulinait pour retrouver le fichier « Lisa » dans ses archives. Il croyait se souvenir qu’elle faisait quelque chose en rapport avec la culture… Danseuse de charme ? Chanteuse d’Opéra ? Non, ce n’était pas ça… Libraire chez Fleury et Bott ? Non, il l’aurait forcément remarquée… Ah, oui : bibliothécaire à Poudlard ! Mais alors, que diable venait-elle faire au Chaudron Penché, un soir de la semaine, en pleine période scolaire ? Décidément, ces enseignants, quelles feignasses alcooliques !

Bien qu’intrigué, Ernie n’osa pas poser ouvertement la question à Lisa. Il était curieux, certes, mais pas suffisamment pour en devenir intrusif (« Et alors, Lisa ? Quoi de neuf ? ça va ? Tu es mariée ? Divorcée ? Tu as des enfants ? Un Labrador ? Des canaris ? C’est quoi, ton numéro de coffre à Gringotts ? Ta vieille grand-mère va bien ? Tu es à jour dans tes vaccins ? »), si bien qu’il se contenta de jeter un coup d’œil perçant aux alentours, comme s’il espérait trouver une réponse dans les fûts de biéraubeurre alignés sur le comptoir ou les taches de gras qui souillaient la table voisine. A défaut d’une explication probante, le jeune homme repéra toutefois l’ouvrage, que Lisa avait fait tomber quelques instants plus tôt et que, dans sa hâte de déposer son plat de Stew, il n’avait pas remarqué jusqu’alors. Il haussa un sourcil dubitatif et, soucieux de protéger le livre d’un piétinement imminent, se pencha si vite qu’il en fit craquer ses lombaires.

D’un geste vif, Ernie ramassa Conmigo et, sa curiosité l’emportant sur sa bonne éducation, ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil à la couverture :
- Ah tiens, je le connais, celui-là… commenta-t-il, juste avant de réaliser qu’avouer avoir lu un ouvrage pour midinettes en mal de romance n’était peut-être pas la meilleure façon de renouer avec quelqu’un qu’on n’avait pas vu depuis, au bas mot, dix ans (« J’ai croisé Ernie MacMillan l’autre jour… Le pauvre vieux, il ne s’est franchement pas arrangé ! Il lit des fictions à l’eau de rose, maintenant ! Je te jure, ça m’a fait de la peine : on aurait dit Ombrage version masculine… »). Enfin, s’empressa-t-il d'ajouter, tandis qu’il se passait négligemment la main dans les cheveux, dans l’espoir de cacher son embarras, Ophélia a tellement insisté pour que je le lise que j’ai fini par céder… Mais j’ai sauté certains passages, précisa-t-il, pour bien signifier qu’il était un homme très occupé, qui n’avait certainement pas le temps de se livrer à des activités aussi frivoles que la lecture d’un roman cucul la praline. Mais je suppose que c’est très bien quand on aime la guimauve… Je veux dire, pour autant que je puisse en juger, le style était plutôt bon.

Il gratifia Lisa d’un sourire beaucoup trop décontracté,  pour un homme de son âge qui venait d’avouer avoir lu un roman destiné aux adolescentes fleurs bleues et aux vieilles filles désespérées, et lui tendit Conmigo par-dessus la table :
- C’est bien ton exemplaire, non ? Il a dû tomber quand je suis arrivé… Tu es obligée de le lire pour Poudlard ? demanda-t-il, l’air désolé, car il lui paraissait inconcevable que quelqu’un d’aussi bon goût que Lisa pût se retrouver de son plein gré avec un tel livre entre les mains. Il ignorait d’ailleurs tout de la démission de la Serdaigle, si bien qu’il poursuivit en toute innocence : vous voulez essayer de faire venir l’auteur à la bibliothèque de l'école ? Il paraît que personne n’avait jamais entendu parler d’elle avant la publication de Conmigo, c’est dingue, non ? Lança-t-il encore, sans s’apercevoir qu’il était en train de compromettre gravement sa couverture de pauvre grand frère maltraité par sa cadette, via romans interposés. A dire vrai, le mystère qui entourait l’identité de Wilma Verity était, de loin, la chose la plus palpitante qui lui fût arrivée dernièrement et il avait déjà essayé de retrouver, à plusieurs reprises, une anagramme connue derrière ce nom étrange. Il avait même sérieusement envisagé l’hypothèse qu’Hagrid eût rédigé le roman pour occuper ses longues soirées d’hiver, juste avant de se souvenir qu’Hagrid écrivait à peu près aussi bien qu’un enfant de six ans.
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Mer 23 Mar - 1:47

Lisa n'était pas ce qu'on peut appeler une personne détendue. Personne n'avait jamais dit en parlant de l'ancienne bleu et bronze « han, mais Lisa j'ai jamais vu une personne aussi chill qu'elle », non non. Elle avait été une petite fille timide, une adolescente complexée et était logiquement devenue une adulte angoissée. Si elle arrivait assez bien à gérer sa vie de tous les jours sans avoir une boule dans sa gorge en permanence, rien ne la perturbait plus que l’imprévu.
Lisa n'était pas du genre spontanée, ses petites habitudes étaient importantes. Elle faisait bien sûr de nouvelles choses car la routine finissait par être lassante, mais c'était toujours des décisions longuement réfléchies, où Lisa avait fait des listes de pour et contre, repéré les lieux, demandé le plus d'informations possible pour être le moins surprise possible. Par exemple, quand Lisa avait décidé que le Chaudron Baveur allait être son QG pour écrire, elle était venu un dimanche matin à 7h, avait demandé à Tom à quelle table elle pourrait s'assoir, qu'est ce qu'elle devait commander et combien de temps elle pouvait rester à une même table, malheureusement Tom lui avait répondu de faire comme elle voulait. Après l'avoir un peu harcelé, ils avaient fini par conclure un deal où elle pouvait venir deux fois par semaine, s’installer à la table un peu cachée sous l'escalier, commander une boisson et le plat du jour et pouvait rester jusqu'à la fermeture. Cela faisait deux semaine que cette routine c'était mise en place et Lisa était presque tranquille intérieurement lorsqu'elle venait au Chaudron Baveur, on la dérangeait rarement, sauf pour lui apporter son repas et récupérer l'assiette.

Autant vous dire que de voir débarquer Ernie de manière aussi impromptue avait mis Lisa dans un état proche de la tachycardie.
Maintenant qu'il était installé en face d'elle et qu'elle avait fait disparaître les preuves compromettantes ça allait un peu mieux, mais c'était en grande partie dû au fait qu'Ernie n’était pas un sombre inconnu et surtout que sa présence ici était aussi étonnante que la sienne, il devait sûrement avoir quelque chose à cacher lui aussi et, aussi bizarre que cela puisse paraître, cela la rassura grandement. Manifestement elle n'irait pas fouiner s'il en faisait de même. Mais apparemment Ernie avait envie d'entrer directement dans le vif du sujet et de savoir ce que pouvait bien faire Lisa Turpin au Chaudron Baveur. Il est certain que c'était une question intéressante si on considérait que ses parents tenait un salon de thé à deux pas d'ici. Mais la jeune femme doutait qu'Ernie soit au courant de ce détail, elle aurait très bien pu lui mentir effrontément. Le seul problème étant que l'ex Serdaigle était une très mauvaise menteuse, heureusement elle était particulièrement maline.

- C'est vrai, c'est aussi amusant de t'y trouver, un meeting hors les murs de prévu avec un diplomate magique étranger ? Comment ça se passe au ministère ? J'ai entendu dire que le climat était compliqué en ce moment...

La meilleure défense n'est pas l'attaque mais l'esquive, c'était bien connu. Lisa commençait à franchement souffler, se disant qu'il n'y avait plus aucune raison de stresser, qu'il fallait juste orienter la conversation sur lui, qu'ils finiraient par parler de Poudlard, avant de se séparer joyeusement à la fin de la soirée en promettant de se revoir bientôt.
C'était sans compter sur ce fichu livre.
Lorsque l'ancien Poufsouffle ramassa Conmigo toutes les couleurs disparurent du visage de Lisa, l'exemplaire était annoté de partout, il était dans un état pitoyable, si Ernie avait le malheur de le feuilleter Lisa pensait qu'elle décèderait sûrement de honte dans la seconde. Heureusement il lui tendit le livre qu'elle récupéra avec un peu plus de brusquerie que normal, avant de le fourrer dans son sac et qu'il disparaisse enfin de la vue de tous.

- Oui c'est à moi, merci.

Avec tout ce stress elle en avait presque loupé la confession d'Ernie, il avait lu son livre. Lisa était étrangement flattée, surtout lorsqu'il avoua avoir trouvé le style plutôt bon. Elle n'avait l'occasion de parler du livre qu'avec ses éditrices et c'était toujours très factuel, elle était contente d'avoir l'avis d'un vrai lecteur, même si tout cela était très embarrassant. Elle avait basé les deux personnages masculins sur des personnes réelles, des personnes avec qui elle était allée à Poudlard. Clément, son premier et unique copain à long terme, était le sorcier retenu par l'inquisition espagnole et Christian Montgomery sur qui elle avait fantasmé pendant trop longtemps pour l'admettre, l'animagus des montagnes. Elle avait poussé la ressemblance jusqu'à leur donner des prénoms assez similaires, Cléon et Christobal. Elle pensait, sûrement à raison, que personne ne pouvait faire le rapprochement.
Elle fut amusée en songeant qu'elle pourrait inclure un faux Ernie MacMillan dans son nouveau roman, dense chevelure blonde, sourire ultra bright et ambition démesurée, il ferait un excellent prince charmant. Elle pouffa discrètement, la main sur la bouche avant de reporter son attention sur son ancien camarade.

-Oh non, je ne travaille plus à Poudlard depuis quelques années. Mais Wendell y a pris ma place, enfin il est professeur d'arithmancie, donc pas exactement mon poste, mais à Poudlard enfin, oui, non, c'est bien mon livre, mais euh, c'est euh, une lecture pour moi, je, j'étais, curieuse, Teresa n'arrête pas de m'en parler, héhé les petites soeurs, n'est ce pas, que devient Ophélia ?

Elle ignorait pourquoi elle avait mentionné son cousin dans cette conversation, elle imaginait difficilement qu'Ernie et lui puisse se connaître. Après tout elle pouvait bien dire qu'elle lisait Conmigo, puisqu'il l'avait lu aussi. D'ailleurs il avait l'air particulièrement intéressé par le mystère de Welma Verity, c'était cela qui faisait aussi l’attrait de son livre, le mystère qui l'entourait, et dire que Lisa avait fait ça car elle pensait que cette réécriture serait un échec et que le livre la hanterait jusqu'à la fin de sa vie, au lieu de ça, elle était devenu celle dont on parlait le plus dans le monde des livres depuis plusieurs mois. Elle était finalement assez soulagée de ne pas avoir à gérer face au monde ce succès. Lisa finit par se détendre complètement et songea qu'il n'y avait probablement aucun risque à rentrer dans le jeu d'Ernie.

- Si ça se trouve c'est une auteur connue de livre sérieux, de manuel de métamorphose ou d'histoire de la magie, qui veut pouvoir avoir plus de liberté. Ou alors, c'est un homme, un vieux sorcier un peu pervers. Ou alors, c'est un employé du ministère qui essaye d'égayer ses longues journées de travail ennuyeuses, elle lui fit un clin d'oeil, ou c'est juste madame Pince...
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Mer 30 Mar - 19:50

- Oh, tu sais le Ministère…  Ernie se passa une main faussement désinvolte dans les cheveux, et dissimula son malaise derrière un énième sourire de façade. La question de Lisa venait de rappeler à son bon souvenir les dossiers qu’ils transportaient avec lui, et qu’il devait absolument avoir traités pour… voyons voir… avant-hier dernier délai ? A cette pensée, il sentit son estomac se contracter, et repoussa imperceptiblement le plat de stew qu’il avait posé devant lui. C’est toujours plus ou moins la panique, là-bas, forcément, il y a tellement de départements différents… Une vraie fourmilière, quand on y réfléchit, répondit-il. L’image de l’atrium pullulant, dès potron-minet, de petits employés aux visages tristes et aux vies ternes qui s’empressaient de rejoindre leurs bureaux trop exigus, lui traversa l’esprit, accentuant un peu plus sa nervosité. Il était temps de détourner la conversation, car le jeune homme sentait que si elle s’éternisait sur le sujet « ma vie sans perspective, mon absence d’œuvre et la mort de mes ambitions ministérielles », il ne tarderait pas à s’effondrer sur la table en sanglotant, ce qui ferait au moins autant mauvais genre que d’admettre qu’il était, en réalité, un fan inconditionnel de Conmigo (« Ah tiens, j’ai croisé Ernie MacMillan, l’autre jour… Le pauvre vieux, ça ne s’est pas arrangé : non seulement il lit des romans à l’eau de rose, mais quand je l’ai quitté, il chougnait tout ce qu’il pouvait en baragouinant quelque chose à propos de sa chienne de vie… C’était très gênant ! Tout à fait entre nous, il se serait mis à boire que ça ne m’étonnerait qu’à moitié… »).

Le jeune homme était si désireux de trouver une échappatoire, qu’il ne remarqua pas la brusquerie avec laquelle Lisa lui retira le livre des mains. S’en fût-il aperçu, il l’eût certainement prise pour une forme de pudeur culturelle, de la même veine que celle que peut ressentir un éminent critique de danse, quand il est surpris à sautiller dans un bal musette ("Euh, c'est pas ce que vous croyez, les gars ! Et d'ailleurs, c'est pas moi, c'est mon frère jumeau !"). Au lieu de quoi, il se contenta de hocher distraitement la tête, tandis que Lisa lui expliquait ses dernières aventures « previously, in Lisa Turpin… »… Ou plutôt, réalisa-t-il subitement, tandis qu’elle essayait de noyer le poisson, en lui parlant des autres membres de sa famille. Arraché à sa complainte intérieure (« Ma vie n’est qu’une longue suite de déceptions et personne n’est plus malheureux que moi ! »), Ernie haussa un sourcil étonné :
- Ah oui ? Tu as quitté Poudlard ? Mais… Pourquoi ? Demanda-t-il, abandonnant, pour un fois, toute discrétion. Il trouvait la nouvelle – si tant est qu’une information vieille de plusieurs années pouvait encore être qualifiée de « nouvelle » - de la démission de Lisa très déstabilisante. A l’école, il n’avait jamais été suffisamment proche de la Serdaigle pour la compter parmi ses amis, mais leurs relations avaient toujours été très cordiales, et, si on lui avait posé la question, il aurait sans doute répondu qu’il la connaissait, somme toute, plutôt bien et que, à son humble avis, la noble tâche de bibliothécaire lui correspondait parfaitement. Par ailleurs, Lisa lui avait toujours semblé être une personne posée et raisonnable : pour qu’elle ait quitté son poste prestigieux à Poudlard, c’est qu’elle devait avoir une sacrément bonne raison. Il se pencha par-dessus la table avec un air de conspirateur, et chuchota : C’est à cause de Madame Pince, c’est ça ? J’ai toujours trouvé que la pauvre femme avait un comportement étrange… Je me rappelle, une fois, elle est arrivée derrière moi pendant que je travaillais, et m’a marmonné que j’allais abîmer l’Encyclopédie des Sorts à force de la lire. Le souvenir de son souffle fétide me glaçant l’oreille hante encore mes rêves les plus sombres, rajouta-t-il, en secouant la tête, affligé. Elle a exigé que je la lui rende et je te jure que quand je suis parti, elle était en train de caresser sa tranche, comme si je l’avais maltraitée ! Bizarre, non ?

Replonger dans ses années à Poudlard avait étrangement contribué à éloigner, pour un temps du moins, Ernie de ses démons qui l’entraînaient pourtant, d’ordinaire, au bout de la nuit. Il se rendit soudain compte qu’il mourait de faim, et s’empara de ses couverts, bien décidé à faire un sort à son repas :
- Tu sais, dit-il, en agitant sa fourchette dans les airs avec le plus grand sérieux, j’ai déjà envisagé cette hypothèse. Après tout, Madame Pince doit être une experte en littérature, et celui – ou celle – qui se cache derrière le pseudonyme de Welma Verity écrit trop bien pour ne pas être un fin lettré ! Il abattit d’autorité sa fourchette dans le plat de stew, et prit le temps de mâchonner un bout de viande, avant de poursuivre, j’avais d'abord pensé à MacGonagall, mais je ne suis pas certain qu’elle ait assez d’imagination… J’ai aussi cherché du côté des romantiques échevelés de ma connaissance, mais à part Lavande Brown, je ne vois pas qui aurait pu oser mettre sur papier quelque chose d’aussi mièvre. Ophélia, elle, croit sincèrement que l’auteur exprime ses fantasmes les plus fous dans le livre parce qu’il est brimé dans la vie. Du coup, elle est convaincue que c’est Ron Weasley. Remarque, elle a peut-être raison, être marié à Hermione Granger, ça ne doit pas être drôle tous les jours. Je veux dire, elle est très sympathique même si elle a usurpé mon poste de Ministre, mais il faut mieux éviter de la contrarier…

Il en savait quelque chose, il travaillait, pour ainsi dire, pour elle, depuis qu’elle avait pris la direction du Ministère. Oh ! Il n’avait pas croisé la jeune femme plus de deux ou trois fois, au cours des derniers mois, mais il lui semblait entendre bien moins de contestations dans les bureaux, ces derniers temps. Il en avait donc conclu que la toute jeune Ministre menait ses équipes au doigt et à l'oeil, pour susciter un tel consensus. Bien entendu, on aurait aussi pu arguer que son travail était si bon qu’il satisfaisait tout le monde, mais Ernie, qui était pourtant un bon bougre, n’était pas encore prêt à le reconnaître : dans sa tête, Hermione demeurait une abominable traîtresse.
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Mer 13 Avr - 0:08

Lisa eu un élan de compassion assez inattendu envers Ernie lorsqu'il répondit à sa question concernant le ministère. Même si celle ci n'avait été qu'un honteux moyen de détourner l'attention du jeune homme et de le faire parler de lui même, domaine dans lequel elle savait qu'il excellait, force était de constater que l'ancien Poufsouffle n'avait pas l'air de vouloir s’appesantir sur la question. Plus habituée à se regarder agir à cause de la constante peur d'être ridicule, Lisa était habituellement assez mauvaise observatrice des comportements des autres, sauf lorsqu'elle était avec sa famille. Néanmoins il aurait vraiment fallu être aveugle pour ne pas remarquer que la désinvolture qu'affichait Ernie MacMillan était un peu forcée, il n'avait visiblement pas envie d'être rappelé à sa vie de bureau alors qu'il sortait probablement d'une journée de travail et balaya le sujet de quelques constatations on ne peut plus générale sur le Ministère. Lisa voulu tendre le bras et lui toucher l'épaule, elle stoppa son geste au dernier moment, c'était geste de réconfort qu'elle n'était pas capable de se permettre, Ernie et elle étaient des connaissances, des camarades tout au plus, ils n'étaient pas amis et il aurait peut être trouvé le geste déplacé, rien que d'y penser plongeait Lisa dans une mer d'anxiété, elle rangea l'idée dans son tiroir à « n'y pense même pas » et sourit à Ernie de manière compatissante.

-Je vois, ça à l'air compliqué à gérer, j'espère que tu t'en sors.

Ernie sembla étonné lorsqu'elle confia ne plus travailler à Poudlard, est ce qu'elle avait été une personne si prévisible que tout le monde s'attendait à ce qu'elle reste bibliothécaire toute sa vie ? Ses parents l'avait suggérer en tout cas et nombre de ses connaissances n'avaient pas compris son départ précipité. Surtout qu'elle n'en avait jamais expliqué vraiment les raisons, ça sonnait superficiel, elle préférait dire qu'elle avait eu envie d'être plus proche de sa famille, que la vie londonienne lui manquait trop. Ce qui n'était même pas vrai, elle adorait Poudlard et l'Écosse, le château et son parc avaient conservés toutes ces années leur aspect romanesque. Là-bas, lorsqu'elle sortait dans le parc, que le vent glacé des Highlands faisait voler ses cheveux, elle avait l'impression d'être Jane Eyre ou Elizabeth Bennet. Mais elle avait fini par se rendre compte qu'elle n'était qu'Emma Bovary, qu'elle vivait une vie monotone où elle se rêvait héroïne romantique, c'était pathétique. Elle décida d'être un peu honnête pour une fois.

- Je me suis sentie vieille et piégée, j'avais l'impression de rien accomplir, je me voyait parfaitement rangeant encore des livres dans 40 ans avec le fantôme de madame Pince par dessus mon épaules, sans qu'aucun fait notable n'ait marqué ma vie. Ça m'a fichu une sacrée boule d'angoisse dans la poitrine. J'ai décidé d'arrêter d'être un personnage secondaire de ma propre vie. Avoua-t-elle en souriant à Ernie.

Merlin, ça faisait un bien fou de dire cette phrase à voix haute. Lisa pouvait comprendre que des gens dépense des fortunes en thérapie. Lorsque le jeune homme raconta sa mésaventure avec Madame Pince, Lisa ne put s'empêcher d'éclater brièvement de rire, avant de se remettre furieusement les cheveux derrière les oreilles d'avoir été si démonstrative. Elle avait pu observer pendant de nombreuses années les habitudes de la vieille bibliothécaire et on aurait pu écrire un livre sur tout les moments horriblement génants qu'elle avait fait subir aux pauvres élèves.

-Une fois, un groupe de première année avait sorti plusieurs livres des étagère pour un devoir d'Histoire de la magie. Elle a tenu à ce qu'ils n'aient qu'un livre par élève à chaque fois et a refusé qu'ils se fasse passer les ouvrages de l'un a l'autre, un élève devait aller remettre le livre en question dans le rayon pour qu'un autre puisse aller le chercher à son tour. Je pense qu'ils ont été traumatisé jusqu'à la fin de leur scolarité.
Elle me connaissait bien, mais je crois que nous n'avons jamais eu une discussion qui a été à propos d'autre chose que des livres.

Je suppose qu'elle sera enterrée dans la bibliothèque. Où qu'ils momifieront son cadavre pour qu'elle soit à tout jamais à l'accueil de la bibliothèque.
Elle leva les yeux aux ciels, une grimace comique sur le visage et reprit une gorgée de sa boisson. Elle écouta Ernie parler de ses différentes théorie à propos de Wilma Verity tout en mangeant son stew et grimaça en découvrant à quel point la théorie d'Ophélia était proche de la vérité, heureusement ses soupçons se portaient sur Ron Weasley. C'était assez cocasse d'imaginer que le mari de la ministre de la magie ait pu écrire Conmigo. Lisa n'allait pas essayer de défendre son livre au yeux d'Ernie mais elle trouvait que le terme de mièvre était quand même un peu poussé.

-Oh, je n'aurai pas dit mièvre... Tu trouves ça mièvre ? C'est un peu niais mais ça reste une aventure formidable et le portrait d'une héroïne à la fois romantique et forte, non ?

Elle ne voulait pas trop insister mais quand même, mièvre ça lui paraissait un peu violent.
Regarder Ernie manger lui avait donné faim, elle fit un petit signe au jeune serveur pour lui signifier qu'elle prendrait bien la même chose.

-J'ai entendu dire, que le prochain roman de Wilma Verity se passerait entre l'Irlande et les États Unis, dans les années 50.
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Jeu 21 Avr - 22:25

Ernie se sentit étrangement soulagé, quand Lisa reconnut avoir quitté Poudlard pour ne pas prendre le risque de se perdre dans un travail qui lui semblait dépourvu de sens. Ainsi il n’était pas le seul à souffrir de la vacuité de sa propre existence, à redouter de rester un spectateur, perdu dans l’arrière-plan, tandis que la Vie passerait devant lui, à prier le ciel pour qu’il se passe quelque chose, n’importe quoi, qui viendrait le tirer de sa torpeur et  lui donner le sentiment, enfin, d’être vivant. Au cours des mois qui venaient de s’écouler, il avait craint de perdre la raison : comment expliquer, autrement, qu’il fût incapable d’éprouver le moindre intérêt pour tout ce qui fascinait ses collègues ou qu’une partie de son esprit lui soufflât continuellement, à tout moment du jour ou de la nuit, que tout ceci – les réunions, les dossiers, les congrès et les deadlines – n’était qu’une vaste plaisanterie, que rien n’était aussi sérieux qu’on voulait bien le leur faire croire ? Lisa venait de lui prouver que s’il était fou, elle l’était tout autant, ce qu’il trouvait profondément rassurant du moins tant qu’elle ne sortait pas une hache de son sac à main.

- Je trouve que c’est très brave de ta part d’avoir osé claquer la porte de la bibliothèque, avoua-t-il. Il trouvait la démission de Lisa épatante, et éprouvait une espèce de gêne confuse à l’idée d’être plus lâche qu’une fille qu’elle. Pour une raison qu’il ne parvenait pas à s’expliquer, l’idée que Lisa pût le prendre pour un de ces couards velléitaires qui passaient leur temps à se plaindre sans jamais agir – ce qu’il était pourtant dans une certaine mesure - lui déplaisait. Dans l’espoir de redorer son blason, il renchérit aussitôt, retrouvant toute sa verve : Même si je me doute bien que « claquer » n’est pas vraiment le terme adéquat… Madame Pince t’aurait certainement traînée en justice si tu avais été aussi radicale : tu aurais comparu pour « perturbation de l’ordre public et tentative d’assassinat via arrêt cardiaque interposé ». On aurait peut-être même envisagé la réouverture d’Azkaban rien que pour toi ! Mais ne t’inquiète pas, je serais venu t’apporter des oranges et du shampooing des chocogrenouilles, précisa-t-il, bon prince. Il dut lutter contre une violente envie de tapoter la main de Lisa, et enfourna une nouvelle bouchée de stew pour la dissimuler.

Hélas pour sa dignité, Lisa évoqua la sombre affaire des livres empruntés « mais un par un seulement, petits chenapans indignes de seulement poser les yeux sur leurs reliures ! » précisément au moment où il s’efforçait de venir à bout d’un morceau de viande plus caoutchouteux que les autres. Pris par surprise, le Poufsouffle éclata de rire et manqua de s’étouffer. Suffocant et crachotant, Ernie projeta des petits morceaux de viande à moitié mâchonnée tout autour de son assiette. Sur le point d’étouffer, il attrapa son verre et but une longue gorgée de jus de citrouille pour tenter de calmer sa toux.
- Désolé, maugréa-t-il, quand il parvint à retrouver sa respiration. J’espère que tu as fermé les yeux pour ne pas assister au massacre. Ernie tira sa baguette de sa robe de sorcier, et fit disparaître les dégâts d’un petit geste désinvolte en vrai professionnel du crachat qu’il était. Sacrée Madame Pince, même absente, elle demeure redoutable… Elle a bien failli m’avoir ! Enfin, je t’ai démasquée : tu n’as pas du tout démissionné mais elle t’a chargée d’exercer sa vendetta ! Tu traques impitoyablement tous les anciens élèves qui ont rendu des livres en retard ou corné des pages de manuels, pour les faire disparaître un à un ! Allez, j’avoue tout, une fois, en cinquième année, j’ai volontairement omis de faire remplir la fiche de prêt du Guide des Champignons Vénéneux. A l’époque, j’avais peur qu’elle ne m’accuse de chercher à empoisonner Ombrage… Pas que l’idée m’eût déplu, remarque, rien que ses horribles pulls pelucheux auraient mérité une condamnation pour insulte au bon goût. Le souvenir de leur ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal – qui était plutôt, de l’avis d’Ernie, contre, tout contre, le Mal en question – arracha une grimace au jeune homme, qui préféra la chasser – elle, ses petits nœuds et ses doigts boudinés – de son esprit, pour porter toute son attention sur un sujet autrement plus digne d’intérêt.

- Certes, répondit-il d’un ton qui dissimulait mal son engouement passionné pour Conmigo, l’héroïne est admirable de courage et de détermination encore que partir gambader dans les montagnes, comme ça, toute seule, il faut être un peu frappé, mais les lettres qu’elle échange avec son fiancé restent très stéréotypées, tu ne trouves pas ? Non pas que je sois un spécialiste du genre, note bien, se dépêcha-t-il de rajouter, car il ne voulait surtout pas que Lisa s’imagine qu’il disposait d’étagères entières de romans photos chez lui, mais disons qu’à la lecture, elles m’ont paru un peu creuses… Un peu décevantes par rapport à la qualité littéraire du reste du roman. Franchement, j’avais l’impression que l’auteur n’était pas très convaincue par ce qu’elle écrivait. Remarque, c’est peut-être un roman rédigé à plusieurs mains, ce qui expliquerait la différence des styles entre l’épistolaire et le récit à lui-même. Il prit mentalement note d’envoyer un hibou à Ophélia pour lui faire part de cette nouvelle hypothèse avant de poursuivre : ah oui ? Comment tu le sais ? Tu connais quelqu’un qui est en lien avec l’auteur ? Tu pourrais avoir un autographe ? Pas pour moi, hein, pour Ophélia… Précisa-t-il, avec un sourire cabotin.


Dernière édition par Ernie MacMillan le Ven 22 Avr - 10:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Ven 22 Avr - 0:33

Lorsqu'elle avait été répartie à onze ans, le Choipeau c'était décidé très rapidement pour Serdaigle, elle était une jeune fille curieuse de tout, avec une imagination débordante, déterminée à engranger tous les savoirs qu'elle pouvait et bien que déjà un cas désespéré socialement parlant, munie d'un franc parlé à défaire la tapisserie Ulric le follingue. Toutefois le Choipeau avait laissé entendre que la jeune fille aurait pu avoir sa place à Gryffondor, que la maison pourrait l'aider à avoir plus confiance en elle et il sentait au fond de son coeur, le courage des lions, celui de ceux qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, celui de ceux qui refuse de se contenter de survivre au lieu de vivre. La fillette avait refusé de toutes ses forces, bien trop intimidée par le prestige et le côté flamboyant des rouges et or.
Rassurée de se fondre dans la masse des Serdaigles, elle avait mené son bout de chemin de manière tranquille et sans surprises, rangeant cette histoire de Gryffondor au fond de sa tête, comme une anecdote amusante, une flamme au creux de son esprit, le savoir qu'elle possédait ce courage au fond d'elle. Mais celui-ci lui avait fait défaut, elle n'avait pas été courageuse, elle n'était pas resté à Poudlard lors de sa septième année. Du fait de sa double nationalité elle avait pu effectuer celle ci à Beauxbâton et avait passé des mois horribles loin de sa famille et de Clément où la culpabilité et l'angoisse l'avaient rongé, mais sans jamais revenir sur sa décision.
Elle n'avait pas été courageuse, elle n'était définitivement pas une Gryffondor.

Alors lorsque Ernie avoua qu'il la trouvait brave, le compliment la toucha en plein coeur, rien n'aurait pu lui faire plus plaisir que ce petit mot, elle en rosi de plaisir et adressa au Poufsouffle un regard touché où on pouvait lire toute les émotions que cet adjectif faisait resurgir dans la mémoire de la jeune femme. Elle n'y avait jamais pensé de cette façon, mais c'était juste dans un sens, elle avait eu le courage de tout quitter, sans filet de secours, parce qu'elle savait que sa place n'était pas là et même si le reste était incertain. Ernie ne s’appesantit pas sur le compliment ce pour quoi elle fut reconnaissante car elle ne savait jamais quoi répondre, fallait-il dire merci ? Répondre par un compliment ? Faire comme si de rien n'était ? Et réorienta la conversation sur madame Pince.
Elle répondit en riant :

-C'est ça, « pousser doucement la porte » serait plus juste ! Je plains la pauvre personne qui me remplacera. Ecoute j'ai toujours rêvé de voyager, une si grande prison, rien que pour moi, tu t'imagines le luxe, bon sans les détracteurs par contre et pas trop trop longtemps, après tout être responsable du décès de madame Pince devrait être reconnu comme un service rendu à la nation, Hermione Granger s'en appercevrait très rapidement, me ferai revenir à Londre illico presto et me donnerait...elle fit tourner le whisky dans son verre en réfléchissant, l'ordre de Merlin première classe ! Tu n'aurais même pas le temps de m'apporter des oranges et des chocogrenouille, ce que je regrette, car j'adore ça. Mais en tant que chevalier de l'ordre de Merlin, je suis sûre qu'on doit avoir ce genre d'avantage, et même plus !

Elle finit la dernière gorgée de son verre alors que son plat de stew arrivait.
La jeune femme avait peu conscience de son pouvoir comique et elle fut un peu surprise de voir Ernie s'étouffer à moitié avec son plat en réaction a une de ses remarques. Mais loin de la dégouter elle trouva cela très amusant et rigola de bon coeur, avant de s'arrêter net en songeant qu'il pourrait peut être croire qu'elle se moquait de lui.

-Oh pardon, je ne me moque pas de toi Ernie. Elle tampona le coin de ses grands yeux marrons plein de larmes de rire avec un bout de serviette. Je serais désolée d'être responsable de ta mort. Surtout de cette façon. Je peux te promettre que madame Pince et moi même n'avons effectué aucun pacte de sang qui me pousserai dans une folie vengeresse à éliminer tous les anciens élèves de Poudlard ayant omis de remplir leur fiche de prêt, la liste serait bien trop longue. J'ai des choses bien plus intéressantes à faire, rassure toi, faire disparaître les anciens élèves qui ont empruntés des livres et les ont laissé dans leur dortoir à la fin de l'année scolaire, par exemple.

Lorsque Ernie nuança son propos concernant le « niais » Lisa dû se mordre la joue pour réprimer un sourire amusé, il avait vraiment lu son livre et il avait apprécié les passages les plus important. Lisa avait écrit les lettres échangées entre Gaïa et Cléon sur un coin de table, répondant à la demande de ses éditrices qui trouvaient que le triangles amoureux n'était pas assez marqué et qu'on avait du mal à s'attacher à Cléon. Les lettres étaient remplies de mièvrerie qui lui hérissait le poil quand elle les relisait et qu'elle s'était juré de réécrire si l'occasion se présentait.

-Je suis d'accord avec toi sur ce point, c'est vraiment pas la partie la plus réussi du roman.

La jeune femme commença son stew en écoutant Ernie monter de nouvelles théorie sur Wilma Verity. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas partagé un repas avec quelqu'un qui ne fasse pas parti de sa famille et ce diner impromptu avec Ernie MacMillan se révélait finalement très agréable, la jeune femme était détendue et plus du tout effrayée qu'il fasse le rapprochement. Même, elle songeait que peut être, si Ernie finissait par le faire, elle ne nierait pas. Elle prit soin de finir sa bouchée avant de lui répondre.

-Et bien, je travaille pour Coeur Sorcière. Du coup je côtoie les éditrices responsables de Wilma Verity et elles sont très enthousiastes et pas très discrète.
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Mar 26 Avr - 0:22

Discuter avec Lisa tout en lui crachant dessus dégustant un bon repas rassérénait Ernie, qui ne s’était pas senti aussi détendu depuis des mois. Il avait l’impression de retrouver un peu de l’enthousiasme qui le caractérisait, et que le Ministère était parvenu à étouffer. Même la pensée des dossiers qu’il avait à terminer ne suffisait plus à lui tordre les entrailles d’angoisse et il en vint à estimer, dans un élan d’optimisme que ses vieux barbons de collègues auraient certainement qualifié « d’accès de folie » et « va t’allonger cinq minutes, Ernie, tu nous fais un petit malaise... On envoie un stagiaire chercher du thé avec beaucoup de sucre », qu’il pourrait tout aussi bien les laisser dormir dans sa besace jusqu’au lendemain matin : après tout, il n’était plus à un jour de retard près ("Les dossiers ? Quels dossiers ? Je ne les ai pas vus... Ahlàlà, le service de communication, c'est vraiment n'importe quoi, en ce moment !"). Déterminé à prolonger la soirée aussi longtemps que Lisa supporterait sa compagnie, le jeune homme agita la main en direction de Tom, pour lui commander une bonne tisane drainante un petit verre de whisky pur-feu et une part d’apple pie, qui se révéla, quand elle arriva sur la table, suffisamment copieuse pour nourrir une famille entière.

- Tu en veux la moitié, proposa-t-il à Lisa, ou bien tu laisses mon cholestérol grimper tout seul ? Honnêtement, tu me ferais une faveur en acceptant, parce que je crois que Tom m’a confondu avec Hagrid.
*Ou alors il fait payer la part au poids et essaie de me ruiner*. Ernie se garda toutefois bien de formuler cette hypothèse à voix haute, car dans son code d’honneur du galant homme, on ne parlait pas d’argent si on ne voulait pas passer pour un gros rustre. Lisa pourrait se méprendre et penser qu’il lui proposait de partager, non seulement le dessert, mais aussi son prix, ce qui n’était absolument pas le cas.
- Allez, on dira que c’est pour compenser tous ces chocogrenouilles que je n’aurai pas à t’apporter, puisque tu as su dompter tes pulsions meurtrières. Quand je pense que tu es passée à un claquage de porte de la gloire… Tu ne regrettes pas trop ? Dire que j’aurais pu dîner avec une célébrité… Ernie laissa sa phrase en suspens et secoua la tête d’un air faussement affligé ce qui lui permit de faire admirer à Lisa à quel point il avait le poil souple et brillant.

Le Poufsouffle laissa échapper un léger « tss, tss, tss » désapprobateur, tandis qu’il séparait d’autorité son apple pie en deux. Il se refusa toutefois d’y toucher tant que Lisa n’avait pas terminé son plat de Stew. En l’attendant, il sirota une gorgée de whisky avant de répondre d'un ton dubitatif :
- Tu crois qu’elle va réussir à recruter quelqu’un d’autre ? A part Hermione, je ne vois pas qui serait capable de supporter ses petites manies sans devenir complètement fou, et Hermione a d’autres chats à fouetter en ce moment, me semble-t-il. Mais si elle veut démissionner pour saisir cette opportunité, je suis tout prêt à lui succéder. Ce serait dommage qu’elle passe à côté d’un poste de prestige pareil.

Il plaisantait, évidemment – avec la chance qu'il avait, ces derniers temps, on remplacerait certainement Hermione par Grégory Goyle - et son sourire amusé laissait peu de place à l’équivoque, mais il ne put empêcher une petite partie de son esprit de se demander si faire traîner une offre d’emploi à la bibliothèque de Poudlard, rendez-vous compte !, sur le bureau de l’usurpatrice la Ministre, n’était pas un coup à tenter. Il pourrait peut-être même s’arranger pour lui suggérer que Madame Pince mourrait d’épuisement, si elle ne trouvait pas très vite une assistante, et qu’elle seule était digne d’occuper le poste : la Gryffondor avait toujours eu un faible pour les causes perdues au hasard Harry Potter et son grand cœur ne supporterait pas de savoir qu’il existait, quelque part dans ce monde, une pauvre petite vieille fragile qu’on laissait dépérir. Ernie repoussa cependant rapidement cette idée, car il était intimement convaincu que la jeune femme s’empresserait, avec sa fougue coutumière,  de vendre des badges à la criée, dans le Hall du Ministère, pour l’ABCES (Association des Bibliothécaires Cruellement Exploitées  et Spoliées) ou un autre groupe de soutien qu’elle viendrait de créer entre deux décisions politiques majeures, en menaçant de renvoi les récalcitrants ("Elle t'a supporté sept ans à la bibliothèque ! Elle a classé soigneusement toutes les encyclopédies pour que tu puisses travailler ! Elle t'a confié des ouvrages - à son corps défendant, peut-être, mais confiés quand même - alors que tu n'as jamais eu la décence d'utiliser des gants blancs pour les feuilleter ! Elle a rangé tous les livres que tu avais "oublié" sur ta table... Et c'est comme ça que tu la remercies, hein ? En ignorant sa détresse ? Tu es un être abject, et les êtres abjects n'ont pas leur place au Ministère !"). Il n’avait aucune envie de se promener à longueur de journée avec un badge à l’effigie de Madame Pince.

- Ah oui, reprit-il vivement, car la dernière remarque de Lisa avait piqué sa curiosité, vraiment ? Dans quel cadre ? Je ne savais pas que Cœur Sorcière était une maison d’édition suffisamment importante pour recruter des salariés ! Je croyais avoir lu dans la Gazette que les éditrices géraient tout elles-mêmes… Le jeune homme se tut et fronça les sourcils, cherchant à se rappeler l’article en question. Il lui semblait se souvenir qu’il était tombé dessus un peu par hasard, un soir de solitude où il feuilletait le journal, attablé au Chaudron Penché. L’article avait été motivé par le succès phénoménal de Conmigo - à défaut d’avoir l’auteure à se mettre sous la dent, les journalistes s’étaient tournés vers ses éditrices – mais Ernie, qui n’avait pas encore lu le roman à cette époque bouh, il n’est pas un vrai fan, s’était contenté de le survoler, un choix qu’il regrettait à présent. Ou alors tu fais partie des auteurs que la maison publie ? Finit-il par dire, car cette solution lui paraissait la plus crédible, c’est ça ? Tu as un contrat d’auteur ? Si c’est le cas, toutes mes ficelles de caleçon félicitations, ça doit être tellement gratifiant de vivre de sa plume !

Il faillit lui demander si elle avait écrit quelque chose qu’il aurait pu lire, mais se retint au dernier moment : Cœur Sorcière ne publiait pas les textes littéraires les plus prestigieux qui fussent – exception faite de Conmigo - si bien que Lisa préférait peut-être rester discrète sur sa collaboration avec la maison d’édition. Pourtant, le Poufsouffle ne doutait pas qu’elle fût bourrée de talent.
- En tout cas, bougonna-t-il, elles sont assez discrètes pour ne pas lâcher le véritable nom de Wilma Verity.
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MessageSujet: Re: Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]   Sam 30 Juil - 17:05

En voyant arriver la gargantuesque part de tarte aux pommes Lisa songea aux Poufsouffles et à leur renommée de bon vivant. Elle s'était toujours demandé d'où venait cette réputation car il ne lui semblait pas que le Choixpeau l'ai jamais mentionné dans ses chansons. Pour avoir lu l'Histoire de Poudlard elle savait qu'Helga Poufsouffle était une cuisinière émérite mais elle doutait que le Choixpeau prenne en compte ce détail dans sa répartition. Ou alors c'était dû à la proximité des jaune et noir avec les cuisines de Poudlard qui étaient légendaires. Lisa elle même n'y avait jamais mis les pieds, mais elle avait souvent entendu les Gryffondors parler des quantités de victuailles qu'ils récupéraient là bas, se servant de la serviabilité sans borne des elfes de maison qui y travaillaient. Elle aurait été curieuse de savoir si Ernie y avait déjà fait un tour.
En tout cas il était particulièrement raisonnable ou très généreux car il venait de proposer à la jeune femme de partager son dessert. Lisa rosi de cette gentille attention et se décida de laisser de côté le reste de son stew qui, même s'il avait ce côté réconfortant de la nourriture que l'on trouve habituellement dans les pubs, contenait très probablement quelques ingrédients étranges. Lisa avait, par exemple, cru apercevoir des feuilles de digitales qui, si ses souvenirs de botanique étaient exactes, s'utilisaient très peu en cuisine à cause des propriétés cardiotonique presque nocive de celles ci. Elle préférait ne pas imaginer les effets de du mélange sauce et alcool sur les habitués du Chaudron Baveur.

-Si ça se trouve Tom utilise un sortilège d'engorgement sur ses pâtisseries. Où alors c'est ton habitude de demander une grosse part et tu essaies de me faire croire que tu n'es pas un ogre déguisé en employé du ministère. Qui êtes vous, et qu'avez vous fait d'Ernie MacMillan ? Menaça-t-elle en utilisant sa cuillère à dessert comme d'une baguette magique.

-Vous savez bien que le décret de protection des jeunes sorciers de 1697, interdit aux ogres de se rendre dans des lieux public. Qu'y a-t-il dans cette tarte, hum ? Des orteils de petits garçons ? Des lobes d'oreille de blondinet ? Voyons voir ça...

Elle prit une cuillerée de la tarte et la porta suspicieusement à sa bouche, la mangeant de manière délibérément lente.
-Mmm, j'en étais sûre...elle marqua une pause dramatique. De la purée de bout du nez. Cette fois vous êtes fichu !
Elle se pinça les lèvres une seconde pour se retenir de rire, mais elle était trop fière de sa blague nulle et trop amusée par la tête d'Ernie pour ne pas rire.
La tarte était très bonne, aucun morceau d'enfant à l'horizon, et elle en repris bien vite une cuillère.

-Est ce que tu te souviens de ce cours de cuisine auquel on avait participé il y a quelques années ? Tu y étais retourné ?

-Je ne pense pas qu'il vont prendre une remplaçante. C'était une faveur qu'ils m'avaient fait de toute façon, mais la bibliothèque n'a pas vraiment besoin de deux personne. Tant que madame Pince sera vivante, et Merlin sait que ça peut prendre encore du temps, je ne pense pas que quelqu'un d'autre travaillera à la bibliothèque, enfin pas par nécessité en tout cas.
Mais peut être qu'Hermione est fatiguée de la vie de ministre et apprécierait de se mettre au vert, de retrouver sa chère bibliothèque, je pense que c'est une conversation que tu devrais avoir avec elle, je suis certaine qu'elle n'attends que cette opportunité. Je crois qu'elle aimerait le faire mais que le bon successeur ne s'est pas présenté, il faudrait que tu te rappelles à son bon souvenir.


Elle lui sourit, se souvenant de ses ambitions lorsqu'il était encore à Poudlard, de devenir le plus jeune ministre de la magie. C'était étonnant parfois comment la vie nous jouait des tours et se moquait de nos plus grands rêves. Elle était sincèrement désolée pour le jeune homme.

-Oh je ne suis pas vraiment salariée, je fais de la correction majoritairement.


Ce n'était presque pas un mensonge. Elle ne répondit pas volontairement lorsqu'il lui demanda si elle était auteur, ça aurait été s'enfoncer dans un mensonge idiot qui lui serait probablement revenu dans la figure tôt ou tard. Elle s'amusa de son côté bougon lorsqu'il mentionna que le vrai nom de Wilma Verity était bien gardé.

-Un mystère de plus à résoudre. Il faut lancer la brigade de police magique dessus !
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Pilier de bar [le Chaudron Baveur] [PV Lisa]
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