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 [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]

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MessageSujet: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Lun 4 Avr - 0:14

Alan Carmichael débordait d'énergie, ce matin de novembre là. Il y'a des jours comme ça où en se levant, on avait envie de déplacer des montagnes, changer le monde, jouer au Quidditch à dos de licorne volante et hurler dans tous les couloir que Poufsouffle la vie, c'était génial. Ne nous y trompons pas, la vie était géniale.

Poudlard était un endroit merveilleux. Son château construit en pierres vous donnait l'impression que rien de l'extérieur ne pouvait vous atteindre c'est ainsi que la quasi-totalité des élèves devenaient cinglés après leur 7ème année. C'était rassurant, chaleureux hormis les cachots en hiver, immense, beau (admettons-le pour un bâtiment, Poudlard était magnifique) et toujours plein de nouvelles cachettes à découvrir.

Les cours étaient passionnants, Alan s'était découvert une véritable passion pour l'apprentissage de la magie. Le sorcier avait toujours été studieux à l'école mais , tout devenait intéressant. Les sortilèges le fascinaient, la botanique lui ouvrait les yeux sur un monde totalement inconnu et éblouissant, la métamorphose lui offrait un panel de perspectives futures impressionnantes et les potions lui donnaient toujours l'impression que dans deux ans à une vache près il pourrait très facilement mettre au point la potion d'amour universel, dont seulement quelques gouttes pourraient mettre fin aux guerres les plus féroces, dans tous les pays du monde. Puis il y avait les cours de vol sur balai, où – comme il s'y attendait – il était très bon. Voir sa mère monter un balai trois fois par semaine depuis qu'il avait 4 ans avait nécessairement dû jouer un petit peu sur Alan.

Pour ne rien gâcher à ce magnifique tableau, Alan était accompagné de ses acolytes de toujours, sa meilleure amie Prudence Faraday la reine des originales et son cousin Magnus Fitzpatrick le roi des cailloux. Attention, accompagné, accompagné ! Non contents d'être à Poudlard avec lui, les deux Irlandais avaient eu la chance incommensurable le bon goût de le suivre... à Poufsouffle !

Ajoutez à cela la découverte d'un nouveau lieu insolite, somptueux et incroyable et vous obtenez la journée la plus belle de votre vie.

« Allez Prue, dépêche-toi ! C'est juste là ! On y est presque. »

Comme à son habitude Alan montait les marches deux à deux, tandis que Prudence elle, avait un peu plus de mal. Le sportif de la bande, c'était lui, ne nous le cachons pas, il fallait donc s'accrocher pour se mettre à son rythme.
Alan avait découvert ce matin-là la tour d'Astronomie "Salle de bain. Saaalle de bain. Un lieu que vous ne connaissez sûrement pas." Pardon j'avais Kaamelot en tête., lieu où les 1ères années n'avaient pas encore eu la chance d'aller et qui était, en toute objectivité, à couper le souffle. Surtout quand vous tombiez dessus par hasard.

Prudence qui aimait les espaces dégagés - tout comme Alan d'ailleurs - allait sans aucun doute adorer le panorama. On y avait une vue incroyable sur le Terrain de Quidditch, le parc de Poudlard, le lac noir, la forêt interdite, un morceau de la cour de l'école et une bonne partie des montages entourant le tout. C'était magnifique. Objectivement. Le soleil était en plus en train de se coucher et Alan n'aurait pas supporté que sa meilleure amie rate ça. Après la fête d'Halloween qu'ils avaient passé, Alan devait bien ça à Prue.

« C'est bon, regarde ce que j'ai trouvé. C'est la tour d'astronomie ! La plus haute tour de Poudlard donc, comme tu as pu le remarquer. Et voici... la vue qu'on y a. »

Tout ajout de mot était superflu, Prudence avait suffisamment de goût pour apprécier toute seule le spectacle.  Elle s'approcha du bord de la salle, où des barrières encerclaient le tout (puisque toute la salle était ouverte sur les côtés) toute seule.

Alan lui, se perdit à son tour dans la vue du soleil qui s'enfonçait doucement à l'intérieur du lac noir, incandescent. La vue était si belle que s'il avait un appareil photo, le Poufsouffle aurait bombardé la scène de nombreux clichés souvenir. Le soleil se perdait également dans les cheveux blonds de Prudence qui, appuyée contre la rambarde, s'était laissée aller à la contemplation. Personne ne pouvait le lui reprocher, l'endroit prêtait forcément à la détente en particulier quand vous veniez de vous farcir 8 étages à grimper et au laisser-aller.

« La maison te manque Prue ? »

Allan ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement entre le lac noir et les nombreux lochs Irlandais qui entouraient Galway de toute part. Lui-même se sentait un peu dépaysé parfois. Poudlard était certes un endroit magnifique par bien des aspects, il n'en demeurait pas moins qu'il se situait en Ecosse en non en Irlande. La famille d'Alan lui manquait parfois, voir papa dans son fauteuil en train de lire un bon livre dans sa bibliothèque lui manquait, tout comme voir maman s'activer un peu partout dans la maison à 100 à l'heure. Même entendre maman crier à Alan de ranger sa chambre un complot universel, donc lui manquait, c'était dire.

« Moi des fois, quand je me sens trop étouffé dans les sous-sols, je m'imagine à notre plage. Ça m'aide bien. Et j'entends même parfois le bruit des vagues si je me concentre. »

'Leur' plage était bien évidemment la petite plage de Silverstrand, lieu connu d'eux seul (même Magnus n'avait jamais eut le droit de les y suivre) proche de Galway, où les deux amis aimaient se retrouver. Ils étaient tombés sur cette plage petits et avaient eu un vrai coup de cœur pour elle, elle était donc devenue 'leur' plage, leur quartier général en quelque sorte [strike]là où ils cachaient tous leurs cadavres, entre autres choses[strike].

S'il y avait bien une chose dont Alan était sûr dans la vie, c'était que sa passion pour la plage de Silverstrand était au moins aussi énorme que celle de Prudence pour celle-ci. C'était leur point de repère, le lieu où ils se rendaient quand ils en avaient marre de la ville, ou des lacs, le lieu où après une petit dispute ils aimaient se rabibocher et le lieu où ils pouvaient aisément passer plusieurs minutes sans parler à contempler le flux et le reflux de l'océan.

« Sinon... » risqua t-il « tu as pensé quoi de ton premier Halloween à Poudlard ? »

La question était sincère, parce que très honnêtement, Alan ne savait pas très bien comment lui-même aussi devait prendre cet Halloween. C'était son premier à Poudlard après tout et il était logique qu'il ne ressemble en rien à ce qu'il avait vécu depuis tout petit.

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Dernière édition par Alan Carmichael le Dim 17 Avr - 16:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Mar 5 Avr - 23:15

Quand elle avait quitté son lit, ce matin-là, Prudence était tout sauf une gravure de mode. L’œil éteint, la voix rauque et la goutte au nez, la fillette subissait, depuis le début de la semaine, les assauts d’un rhume particulièrement coriace, pour son plus grand malheur… Et celui de tous ceux qui l’entouraient. Car Prudence n’était pas une malade de bonne composition. Aux quintes de toux sèche qui la secouaient à intervalles réguliers (« Je suis sûre que je vais me décoller la plèvre, si ça continue ! ») et aux ronflements qui empêchaient ses camarades de dormir une bonne partie de la nuit (« J’ai le nez bouché, je t’ai dit ! Ce n’est quand même pas de ma faute si j’ai attrapé la grippe à cause de votre climat anglais détestable ! En Irlande, il ne pleut jamais en Novembre ! ») venait s’ajouter la mauvaise humeur de la fillette, persuadée que personne n’était plus à plaindre qu’elle depuis qu’elle avait la gorge en feu. Ces derniers jours, Prudence ne semblait s’arrêter de bougonner que lorsqu’elle était occupée à se moucher – de préférence le plus bruyamment possible, pour que tout le monde comprenne à quel point elle souffrait – ou à suçoter une pastille de menthe, ce qui lui donnait immanquablement l’air une petite vieille édentée.

Il fallait donc qu’elle éprouvât beaucoup d’amitié pour Alan, pour accepter de le suivre dans les couloirs glacés de l’école (« Non mais sérieusement, on ne se chauffe jamais, chez les barbares ? ») alors qu’elle ne rêvait que de siroter un thé brûlant devant la cheminée de la salle commune. Elle avait si savamment enroulé sa grosse écharpe autour de son cou que son visage était presque entièrement dissimulé derrière l’épaisse laine jaune et noire, ce qui avait au moins le mérite de rendre ses ronchonnements inaudibles. Pourtant, Merlin seul savait qu’ils avaient pu être nombreux, tandis qu’elle se traînait d’un pas mollasson à la suite de son ami, qui s’était donc vu privé de commentaires aussi édifiants que : « C’est encore loin ? », « Tu comptes qu’on arrive avant Noël, ou bien ? », « T’es complètement perdu, ou juste momentanément égaré ? C’est pas pour critiquer, c’est pour me renseigner. » ou bien encore « Si c’est une plaisanterie, elle n’est pas drôle » (même si, avec le rhume, il fallait plutôt entendre : « arribe », « abant », « comblètement berdu » « bobentanément » « bas bour » et « blaisanterie », ce qui mettait un peu à mal l’ironie du propos).

A force de pester, Prudence arriva affreusement essoufflée en haut des escaliers. En plus, elle avait à présent trop chaud mais il était hors de question pour elle d’ôter son écharpe au milieu des courants d’air qui traversaient la tour d’astronomie. La Poufsouffle laissa échapper un profond soupir, aussitôt étouffé par le cache-col, et lança un coup d’œil suspicieux à Alan : le jeune garçon cherchait-il à la tuer via choc thermique interposé, par hasard (« Je vous jure, Professeur, elle est devenue toute raide d’un coup et elle s’est effondrée comme ça… Paf ! ») ?  Agissait-il sur ordre des filles de son dortoir, qui ne supportaient plus ni ses reniflements permanents, ni ses mouchoirs abandonnés au petit bonheur la chance, partout autour de son lit ? A moins qu’elle ne fût en train de délirer ? Elle se sentait, après tout, un peu fébrile, depuis son ascension, « fébrile » étant ici synonyme de « je suis sûre que j’ai au moins 46 de fièvre ! C’est possible, tu crois ? ». Bonne âme, Prudence laissa à Alan le bénéfice du doute – elle aurait besoin de lui pour retrouver le chemin de la salle commune – et se moucha longuement avant de regarder autour d’elle.

Même son cerveau embrumé ne pouvait pas passer à côté de la beauté du paysage, digne d’un tableau de Monet, la Seine en moins, le calmar géant en plus. N’était-ce pas lui, qui créait d’étranges tourbillons, tout là-bas, à la surface des eaux troubles du lac ? Impressionnée, Prudence oublia un instant qu’elle était censée être terrassée par le mal, et se rapprocha de la rambarde, sur laquelle elle s’appuya franchement, afin de mieux profiter de la vue.
- Ah ça, commenta-t-elle de sa voix éraillée de pauvre petite grippée, en abaissant son écharpe, il faut reconnaître que question paysage, l’Ecosse, c’est plutôt pas mal ! On se croirait presque en Irlande ! Précisa-t-elle, magnanime.

Perdue dans la contemplation du soleil qui descendait à l’horizon, la Poufsouffle ne répondit pas immédiatement aux épanchements d’Alan. A la place, elle chercha à humer l’air écossais… Avant de se souvenir qu’elle avait le nez totalement bouché. Un peu dépitée de cet échec retentissant, Prudence se tourna vers son ami, qu’elle gratifia d’un regard perçant :
- La maison ? Répéta-t-elle, mais c’est Poufsouffle notre maison ! Bien sûr qu’elle me manque, mais la plupart du temps, on a tellement de choses à faire que je n’ai pas trop l'occasion d’y penser ! Je crois sincèrement que la tonne de devoirs qu’on nous donne est un vaste complot destiné à nous faire oublier le mal du pays, rajouta-t-elle avec le plus grand sérieux. D’ailleurs, Noël va vite arriver… On sera bientôt de retour en Irlande ! Tu as bien prévu de passer les fêtes de fin d’année avec ta famille, non ? Maintenant qu’elle y pensait, elle avait un doute : elle était partie du principe qu’Alan ferait forcément comme elle, et refuserait catégoriquement de fêter Noël à l’anglaise, mais elle n’était pas certaine d’en avoir discuté avec lui à un moment donné. De toute façon, conclut-elle, catégorique, ce qui compte, c’est qu’on soit ensemble, Magnus, toi et moi : on n’a peut-être pas l’Irlande sous les yeux et sous les pieds, mais on l’emporte avec nous partout où on va ! Et si elle te manque trop, tu pourras toujours demander à Magnus de te prêter un de ses cailloux !

La jeune fille s’amusa à imaginer, un court instant, Alan plaçant avec émotion un morceau de roche irlandaise dans son lit, un peu comme un doudou d’un nouveau genre, avant de proposer :
- Si tu veux, on n’aura qu’à venir ici quand l’Irlande nous manquera trop… Ce serait comme la plage, mais en plus haut !
Sur ces bonnes paroles, Prudence se laissa glisser contre la rambarde et s’assit à même le sol gelé mais pas de panique, elle avait mis sa culotte en laine d’agneau et fronça les sourcils.
- Halloween, c’était une expérience… Intéressante. Le ton prudent sur lequel elle avait prononcé ce dernier adjectif, montrait assez clairement que la fillette n’avait pas un avis bien arrêté sur la question et que, si elle avait apprécié les réjouissances, elles lui laissaient également un petit goût d’inachevé. Je veux dire, les décorations étaient très jolies, et le banquet vraiment impressionnant, mais finalement, ce n’était pas très différent du repas qu’on a eu après la cérémonie de répartition, sauf qu’il y avait plus de citrouilles. C’est dommage, qu’on n’ait pas eu des activités d’Halloween ! Je m’attendais à ce qu’on nous propose une sortie nocturne dans la forêt interdite avec des étapes pour lire des histoires effrayantes, par exemple ! Admets que ça aurait été rudement chouette ! Et au moins, j’aurais eu une bonne excuse pour être tombée malade…

[1230 mots]


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MessageSujet: Re: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Mer 6 Avr - 8:59

Tel le yin et le yang, parfaitement complémentaires mais opposés, Prudence était la kryptonite d'Alan agissait souvent à l'opposé de son meilleur ami. Sans le vouloir la plupart du temps mais aussi clairement qu'on était sûr qu'elle allait vouloir aller se balader en forêt quand Alan voudrait bouquiner tranquillement.

Ce schéma classique de syndrome de contradiction (qui n'était dû qu'à Prudence, bien évidemment, elle le faisait toujours exprès) se vérifiait encore une fois aujourd'hui. Alan, lui, pétait la forme et aurait volontiers couru dans tout Poudlard sans s'arrêter. Prudence, elle donc, était à l'article de la mort, la plume limite greffée dans sa main pour coucher ses dernières volontés avant qu'il ne soit trop tard Prudence en faisait toujours trop.
Alan avait parfaitement fini par remarquer que Prue prenait toujours un malin plaisir à contrarier ses plans, à croire qu'elle voulait lui faire passer un message. C'était évident il ne pouvait en être autrement. C'était logique, on ne pouvait que le voir. C'était évidemment évident., elle adorait chambouler les programmes qu'il avait prévu dans sa tête et même parfois elle arrivait à dire l'inverse PILE de ce qu'il avait l'intention d'affirmer. Si ce n'était pas fait exprès, ça ! Avoir un cerveau qui marchait c'était bien, avoir un cerveau qui marchait trop, ça rendait vite parano mais Alan n'était pas parano, non. Je ne suis pas fou vous savez !.

Le Poufsouffle ne put donc s'empêcher de lancer un soupir profondément agacé (ce qui était assez rare pour être noté) quand il vit que Prue mettait toute la mauvaise volonté de la terre à venir contempler le lieu qu'il avait trouvé pour elle vous voyez, elle a fait exprès de s'enrhumer ! Rien que pour l'embêter !.

« Bon c'est bon ? »

Ne put-il contenir, trop agacé pour être aimable.

Alan avait beau être un garçon gentil, il lui arrivait parfois d'être légèrement irritable. Ce n'était quand même pas sa faute si les gens qui agissaient sans réfléchir n'écoutaient pas ses précieux conseils (Alan mettait toujours beaucoup de temps à prendre des décisions, mais une fois qu'il avait bien pesé le pour et le contraire, il savait que ses choix étaient inattaquables), après tout. Et puis vu qu'Alan était trop jeune et gentil pour imposer ses choix aux autres, il absorbait les contrariétés comme une éponge et croyez bien qu'entre le fou du caillou et l'hypocondriaque notoire, des contrariétés, il en avait !.

« C'est plutôt pas mal oui, mais de là à comparer ça à l'Irlande, il ne faut quand même pas exagérer. »

Marmonna t-il plus pour lui que pour Prue, d'une voix faible inutile de forcer la voix puisque Prue était à moitié bouchée, de toute façon. Alan faisait preuve de mauvaise foi, il était vrai que l'Ecosse avait de magnifiques paysages, dans son genre.
Hélas, Alan était en pleine crise identitaire et son pays lui manquait férocement. Ainsi, il ne pouvait plus voir le lac noir sans penser au Loch Coirib, le plus beau et le plus grand lac d'Irlande proche de Galway, où Magnus, Prue et lui se rendaient souvent. Il ne pouvait plus mentionner la mer sans avoir en tête la Plage de Silverstrand dans la seconde qui suivait. Il ne pouvait tout simplement plus écouter la chorale de Poudlard sans imaginer combien il y était indispensable d'ajouter un fiddle, une harpe, une flûte ou même un accordéon. Il ne pouvait plus regarder la pluie Ecossaise sans regretter le soleil permanent qui tapait en Irlande. En gros, Alan avait le mal du pays.

« Moi les devoirs ne me font pas oublier l'Irlande, pas du tout... »

Alan avait toujours été attaché à sa réussite scolaire merci papa et faire ses devoirs n'avait jamais été pour lui une corvée. Au contraire, il adorait quand il avait tout fait et qu'il avait retenu tous les points essentiels du cours. On sentait ainsi qu'on n'avait pas perdu sa journée.

« Bien sûr ! Déjà que je voulais rentrer pour ces vacances-là et qu'on n'a pas pu... Je ne veux certainement pas rater Noël. Surtout qu'il y aurait Jerry et Sidney, comme chaque année.»

Alan avait fait tout un speech à Magnus pendant trois jours comme quoi ils allaient enfin pouvoir profiter de chez eux pour Halloween, de leur vraie maison, de leurs parents et de leur famille. Tout ça avant que le jeune Fitzpatrick ne juge utile de préciser qu'ils ne rentreraient pas chez eux ces vacances-là, mais juste à celles de Noël. Si la salle commune de Poufsouffle n'avait pas été au rez-de-chaussée, Alan aurait sauté par la fenêtre.

« Pas besoin des cailloux de Magnus, j'ai suffisamment d'objets souvenirs Irlandais pour faire fortune au marché noir ici. Mais ça ne change rien. »

Nous l'avons compris, Alan n'était pas bien. Jamais on ne l'avait vu si affligé, triste, déprimé et même parfois agressif si, si, n'ayons pas peur des mots. Alan avait le mal du pays, tout simplement. Il ne pouvait pas longtemps être séparé de son chez-soi, ça le bouffait.
Et la proximité de Magnus et de Prudence n'arrangeait rien : il se sentait comme dans sa vie d'avant, exactement comme dans sa vie d'avant, sauf qu'il lui manquait tout ce à quoi il était habitué avec Prue et son cousin. Une partie de sa vie était là mais elle était gravement incomplète, ainsi il ne pouvait pas faire entièrement son deuil en gros si Prue et Magnus n'était pas là, ça irait mieux.

« Ouais, ok. »

Alan ne pouvait le nier, il préférait la vue de la tour d'astronomie à toute les autres de Poudlard. Le lac noir était la perle de Poudlard et cet endroit était un merveilleux tremplin pour y plonger. Alan aurait passé des heures entières au bord d'un lac, ça le ressourçait mais manifestement pas suffisamment.

« Oui, c'est sûr, mais la forêt interdite ne l'est pas pour rien... La Murder Party était bien quand même. »

Payton Harris, la préfète des jaune et noir avait organisé une petite soirée jeu avant Halloween, et c'était assez sympa.
Cependant à son retour du banquet d'Halloween vers la salle commune (qu'Alan avait fait seul), une chose s'était produite, et le petit Irlandais n'en avait parlé à personne. Même pas à Prue, même pas à Magnus. Et ça l'avait un peu chamboulé.

« Pour moi, ça n'a rien eu d'une expérience intéressante, je te le dis... »

Alan avouait à demi-mot que quelque chose s'était passé mais qu'il avait préféré n'en parler à personne. Là, il osait se confier à Prudence.
Le banquet d'Halloween avait certes été sympa mais sans plus, la fin de la soirée avait par contre été pour le moins inoubliable. C'était peut être le moment de se confier un peu.

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MessageSujet: Re: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Mer 6 Avr - 23:48

Prudence avait beau être extrêmement préoccupée par son état de santé (aurait-elle suffisamment de mouchoirs pour tenir jusqu’au retour dans la salle commune ? Les amygdales pouvaient-elles gonfler au point de vous étouffer ? Ses organes étaient-ils ballotés dans tous les sens chaque fois qu’elle toussait ? Et si oui, son estomac risquait-il de remonter jusqu’à ses poumons ?), elle n’en avait pas moins bon cœur - et ce où qu’il se trouvât situé depuis sa dernière quinte de toux -, si bien qu’elle ne fut pas longue à remarquer qu’Alan n’était pas au mieux de sa forme. Surprise par la soudaine baisse d’enthousiasme du jeune sorcier, qui lui avait semblé, jusqu’à présent, tout excité, Prudence haussa un sourcil dubitatif et jeta un coup d’œil vaguement inquiet à son ami. Etait-il, lui aussi, souffrant ? L’avait-elle contaminé, à force de toujours être dans ses pattes ?

La fillette se mordillait nerveusement la lèvre inférieure, tandis qu’elle gratifiait le jeune garçon d’un regard perçant, cherchant, de toute la force de ses prunelles bleues, les preuves que la maladie l’avait gagné à son tour. Mais de goutte au nez et d’œil chassieux point il n’y avait chez Alan, qui lui paraissait frais comme un gardon, si tant est qu’on fît abstraction de son air renfrogné. Prudence en éprouva un mélange de soulagement – Dieu merci, elle n’avait pas transmis sa grippe à son ami, même si les amis étaient faits pour partager – et d’appréhension. Quelle raison pouvait-il bien avoir pour se montrer bougon, lui qui était, d’ordinaire, d’humeur égale et plutôt joyeuse ?  

Les bribes de commentaires que le Poufsouffle laissait échapper pour toute réponse n’aidaient pas vraiment  Prudence à se faire une idée claire de la situation : la jeune fille était bien en peine de trouver un angle d’attaque à partir duquel elle pourrait creuser ce mystère. L’espace d’un instant, elle fut tentée de le brusquer un peu, en s’exclamant quelque chose du genre « Oh, Carmichael, ça suffit maintenant ! Soit tu dis franchement ce qui ne va pas, soit tu te tais ! ». Elle renonça toutefois bien vite à cette idée car, si elle était de nature à faire réagir Alan, elle n’était pas certaine des proportions que pourraient atteindre la discussion houleuse qui ne manquerait pas de s’ensuivre : après tout, elle était, elle-même, d’humeur chagrine, de sorte que ses réserves de patience étaient plutôt minces. La fillette s’était rarement brouillée avec Alan, qui ne partageait pas son goût pour le mélodramatique, et savait toujours comment désamorcer les conflits, mais même le fin diplomate qu’il était, n’avait pu s’épargner les deux ou trois disputes qui étaient déjà venues jeter une ombre sur leur amitié sans nuage. Prudence n’avait pas gardé un bon souvenir de ces chamailleries enfantines : elle avait, à chacune d’elle, eu l’impression que son petit univers bien organisé menaçait de sombrer dans le chaos, ce qui la terrifiait au plus haut point. Alan était son meilleur – et son plus vieil – ami, elle ne se rappelait pas avoir un jour vécu sans lui et elle escomptait bien ne jamais avoir à se passer de son affection.

Soucieuse de préserver la bonne entente, la jeune fille préféra ne pas approfondir le match Irlande-Ecosse (il était d’ailleurs truqué : l’Ecosse n’avait aucune chance de gagner face au chauvinisme forcené – et souvent mâtiné de mauvaise foi « Mouais, Poudlard, c’est mignonnet, mais question paysages grandioses, le Connemara, c’est tout de même autre chose ! » - des deux Poufsouffles), qui plongeait visiblement Alan dans les affres de la souffrance, mais reprit plutôt, d’un ton conciliant :
- Tu as raison, évidemment, mais j’ai entendu dire que certaines cours de soins aux créatures magiques avaient lieu dans la forêt malgré tout… Elle ne doit pas être si dangereuse que ça, à partir du moment où on est accompagné d’un adulte et qu’on connait le chemin. Mais la Murder Party, c’était une excellente idée aussi ! Tu crois qu’ils avaient organisé quelque chose, dans les autres maisons ? Demanda-t-elle, songeant que parler de Poufsouffle – alias the place to be – dériderait peut-être Alan.

Mais le jeune garçon n’était pas décidé à lui faciliter la tâche, et Prudence se sentait de plus en plus déstabilisée par son manque de réactivité. Lassée de ses sous-entendus, la Poufsouffle décida finalement de tirer les vers du nez de son ami, quitte à mettre les pieds dans le plat
- Ah bon, s’étonna-t-elle, écarquillant les yeux de manière exagérée, j’avais pourtant l’impression que tu t’étais bien amusé ! Tu avais mangé trop de bonbons ? Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
Elle tenta de se repasser le fil de la soirée, mais ne parvint pas à repérer un événement qui eût été de nature à mettre Alan dans l'embarras. Pourtant, ils avaient été ensemble presque tout le temps, si on exceptait le moment où Alan avait rejoint son dortoir, juste avant la Murder Party... Mais il était alors en compagnie de Magnus, non ? Peut-être ces idiots de garçons s'étaient-ils disputés ? Si tel était le cas, ils étaient tous deux d'excellents acteurs, car Prudence n'avait remarqué aucun changement dans le comportement des cousins l'un envers l'autre.

[860 mots]


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MessageSujet: Re: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Jeu 7 Avr - 23:47

Alan fut soulagé de constater que Prudence (pour une fois) ne fut pas contrariante pour un sou, une fois qu'elle eut admiré le paysage environnant. Restons tout de même prudent, rien n'était jamais acquis avec les filles. La jeune Irlandaise aborda ensuite un sujet qui intéressait Alan au plus haut point. Même si le première année n'était pas incroyablement impatient à l'idée de se rendre dans la fameuse forêt interdite (à l'inverse de Prue), il fallait dire qu'il aimait naturellement sans jeu de mots les forêts. Ils s'y étaient toujours senti bien et Prudence aussi. Entre les lacs, la mer, les vastes champs et les forêts, Alan pouvait se vanter d'aimer la nature sous toute ses formes.

« Moi j'aimerai bien y aller oui, surtout qu'avec un professeur, comme tu dis, on ne risque rien. Et puis de toute manière j'ai lu beaucoup de choses sur les centaures et je sais qu'il faut être très respectueux envers eux, et qu'ils sont très gentils et très cultivés. Les licornes ne doivent pas poser problème, je pense, quant aux loups-garou, je doute qu'il y en ai encore le Ministère a très certainement déjà dû les avoir tous éradiqués. »

Concernant une éventuelle Murder Party dans les autres salles communes, Alan était catégorique. A Gryffondor, au mieux, il avaient organisé une vraie Murder Party et le cadavre fumant était un Serpentard fraichement découpé. Mais il en doutait.

« Franchement, ça m'étonnerait. A Gryffondor je suis sûr qu'ils organisent des soirées tactiques d'expédition contre les Serpentard. A Serpentard ils sont trop occupés à survivre dans le château, ils préparent surement des kits de sauvetage, tout ça. Ça m'étonnerait qu'ils s'amusent beaucoup en ce moment, d'ailleurs. Quant aux Serdaigle à part organiser un championnat d'échec, je les vois mal s'amuser à plusieurs... Papa m'a dit un jour que les Serdaigle étaient les plus individualistes et les moins portés sur l'esprit d'équipe des 4 maisons de Poudlard. Et il était à Serdaigle. Alors en gros, non, je pense que nous étions les seuls à nous amuser. »

Et il avait raison.
Quand Prue questionna Alan sur ce qui s'était passé à Halloween pour lui, l'Irlandais décida de se confier une bonne fois pour toute.

« Et bien, quand je suis rentré seul à la salle commune, il s'est passé quelque chose. »

Le soir d'Halloween Alan s'était renversé du jus de citrouille dessus la faute à Magnus qui avait surement cru voir un caillou sauter sur la table. Il s'était donc éclipsé aux toilettes en fin de soirée et quand il était revenu, Prue et Magnus avaient déjà quitté la grande salle. Magnus avait en fait compris que son cousin se rendait aux toilettes de la salle commune, alors qu'Alan avait préféré celles du 1ère étage, plus proches. Le petit Irlandais était donc rentré seul dans ses quartiers.

« J'étais dans les sous-sols et d'abord, j'ai entendu un cri. J'ai pensé que c'était juste deux élèves qui s'amusaient, mais non. Il y'a eu un nouveau cri, un peu plus fort et un peu plus long, donc j'ai couru. C'était vers les cachots. »

Alan avala sa salive et essaya de se donner une contenance en racontant l'histoire d'un point de vue extérieur et objectif. C'était très difficile, étant donné que les images lui revenaient très nettement en tête et que depuis ce soir-là, Alan ne dormait que d'un œil.

« Là, j'ai vu deux personnes descendre les escaliers en direction des cachots et je suppose qu'il s'agissait de Serpentard. Ils avaient l'air effrayés et ils détalaient. »

Ils n'avaient pas que l'air effrayés, ils l'étaient. Même si Alan n'avaient pas vu leur visage, il savait que la peur les avaient habités. La peur, pas l'appréhension de se faire punir ou le sursaut qu'on a quand on vous surprend lors d'une sieste. Non, la peur, la vraie.

« Et je me suis tourné vers un petit corridor miteux qui avaient des faux airs de cachots. La porte qui y donnait accès était ouverte et elle était vermoulue, presque cassée. Et là, venant du noir, quelqu'un est sorti. »

Alan prenait son temps pour raconter l'histoire, parce que maintenant qu'il avait eu le courage de se confier à quelqu'un, il allait le faire bien. Le jeune garçon se retint de pleurer (comme il l'avait fait dès qu'il l'avait pu d'ailleurs, sans que personne ne le voit et si quelqu'un balance quoique ce soit, il est mort) mais tout en finissant de raconter, le jaune et noir avait les larmes aux yeux. Il voulait cependant que Prue comprenne sa détresse.

« Enfin, quelqu'un. Ça avait deux jambes et deux bras, mais c'est tout. C'était... je ne sais pas, grand. Tout en sang... du sang, partout. Ça coulait de sa nuque, comme une blessure et sur son visage. Ses habits étaient en lambeaux et il marchait en claudiquant. On aurait dit un zombie. Ses yeux faisaient peur, on aurait dit qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Et puis il y'a avait ce sang, tout ce sang. Partout. »

Alan ne put retenir ses larmes plus Non mais c'est quoi ces âneries ? Depuis quand on pleure devant les filles ?. Il revoyait cette abomination devant lui et se maudissait chaque jour un peu plus d'être allé voir d'où provenait ces cris la prochaine fois ils iraient se faire cuire un œuf.

« Ce n'était pas quelqu'un qui faisait une blague. Je le sais. C'était un épouvantard, mon épouvantard. Ça prends la pire forme qu'on peut imaginer et c'était la pire forme que j'ai jamais imaginée. »

Alan essuya rapidement ses larmes pour ne pas trop pleurer devant Prue et fronça les sourcils, mécontent de lui. Mécontent d'avoir été aussi idiot ce soir-là, mécontent d'avoir l'air d'une fillette émotive devant sa meilleure amie. Il n'avait presque jamais pleuré devant elle.

« Je suis parti en courant sans demander mon reste, et je me suis caché dans la salle commune. Je suis resté derrière les tonneaux plusieurs minutes avant de monter me coucher. »

Magnus non plus n'avait vu que du feu, puisqu'Alan savait bien jouer la comédie et n'avait montré à son cousin aucun signe de faiblesse. Il était parti se coucher rapidement après ça.

« Mais je n'ai pas crié ! »

Jugea t-il utile de préciser. Parce que les Serpentard plus âgés que lui (à vue d'œil) – eux – avaient détalés comme des lapins en s'époumonant. Alan avait ce mérite là, au moins, de s'être fait pipi dessus... mais en silence.

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MessageSujet: Re: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Sam 16 Avr - 22:57

Prudence n’avait jamais compris les réticences d’Alan à aller baguenauder dans la forêt interdite, alors qu’elle leur lançait clairement des appels à la promenade, de toute la force de ses petites branches dénudées, depuis le début de l’année. Certes, l’administration castratrice leur avait bien signalé - entre deux ou trois autres règles qui tenaient plus de l’aimable recommandation de l’avis de la jeune fille - que la forêt était un no man’s land dans lequel il ne fallait en aucun cas s’aventurer, sous peine de mourir dans d’atroces souffrances – ou, si on était vraiment malchanceux, sous les coups de ses petits camarades de maison, échaudés par les points qu’on avait pu leur faire perdre, après avoir été ramené manu militari des sentiers forestiers probablement suite à la délation de ces mêmes petits camarades -, mais Prudence demeurait fermement convaincue qu’on leur exagérait à dessein les dangers de la forêt.

Après tout, quelles créatures suffisamment démoniaques pouvaient bien s’y tapir pour justifier une mesure aussi radicale ? Des licornes ? D’innocentes créatures inoffensives. Des centaures ? De sympathiques Serdaigles sur pattes. Des hippogriffes ? Juste des merles un peu plus gros que la moyenne. Des acromentules ? De braves bêtes victimes d’une ignominieuse discrimination. Des loups-garous ? Des êtres humains comme les autres, qu’il fallait juste éviter de côtoyer les nuits de pleine lune, et que celui qui n’a jamais été de mauvais poil leur lance la première pierre ! Non ! Si la directrice mettait un tel point d’honneur à tenir ses élèves éloignés de la forêt, c’était sans doute plus parce qu’elle n’avait aucune envie d’organiser des escouades de recherche tous les trois quatre matins pour aller récupérer les petits malins qui se seraient égarés dans les bois. Alors oui, de fait, la sylve était aussi touffue qu’un lapin angora sous hormones, mais il fallait bien accepter de lâcher les enfants de nuit, sur un sentier, pour qu’ils apprennent à se débrouiller seuls !

Toutefois, malgré les obstacles qui se dressaient sur la route de la promenade dominicale au milieu des fougères, Prudence ne désespérait pas de parvenir à ses fins, aussi rebondit-elle très vite aux propos d’Alan, preuve que sa grippe n’avait pas encore grillé tous ses neurones :
-Ah oui ? Tu serais d’accord pour faire une sortie dans la forêt avec un professeur ? Parce que tu sais, je suis sûre que si on demandait gentiment, ils seraient prêts à nous accompagner ! Après tout, ils n’ont pas l’air d’avoir une vie sociale très intense, ça égayera un peu leur quotidien !...
Ragaillardie à l’idée de pouvoir bientôt folâtrer au milieu des feuilles mortes, Prudence était déjà prête à bondir pour aller toquer à la porte du bureau du professeur McGonagall, quand elle fut arrêtée dans son élan par la confession de son ami.

Remettant immédiatement ses projets de sortie pédagogique à plus tard, la jeune sorcière fronça les sourcils. Elle se sentait étrangement déstabilisée par la découverte de la sensibilité exacerbée des Serpentards le malaise palpable du Poufsouffle, qu’elle n’avait jamais vu, au cours de leur longue amitié, aussi bouleversé, à l'exception, peut-être, du jour où elle lui avait avoué être en partie anglaise.
- Ohlàlà, dit-elle finalement, en tapotant le bras d’Alan, d’un geste qui se voulait rassurant, quelle horreur ! Je vois pourquoi tu ne gardes pas un très bon souvenir de la soirée… Mais, pourquoi est-ce que tu n’en as pas parlé tout de suite ? J’aurais peut-être pu t’aider, argua-t-elle encore, presque vexée qu’Alan lui eût caché quelque chose d’aussi important : était-elle son amie, oui ou zut ? Ce n’est pas grave, si tu as eu peur ! Moi aussi, j’aurais peur si je croisais mon pire cauchemar dans les couloirs… Surtout le soir d’Halloween !

La vision d’une horde d’anglais s’apprêtant à reconquérir l’Irlande, sur fond de « Rules Britannia » lui traversa furtivement l’esprit, lui arrachant un frisson d’horreur. Elle secoua la tête  et entreprit de se relever avec toute la dignité dont elle était capable, au vu de son derrière anesthésié par les dalles glaciales :
- Allez viens, on redescend, et on va manger du chocolat dans la salle commune… Tu vas voir, tu te sentiras mieux après, promit-elle doucement.

[Terminé pour Prudence]


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MessageSujet: Re: [THEME] Des nuages noirs qui viennent du nord [Terminé]   Dim 17 Avr - 16:39

Alan avait beau réfléchir, il ne voyait pas 40 professeurs à Poudlard capables d'aller dans la Forêt Interdite avec des élèves. Déjà parce qu'il fallait un prétexte et qu'Alan voyait mal un professeur d'Arithmancie justifier sa présence dans la dite forêt, et surtout parce que peu de profs étaient assez gentils pour avoir du temps à perdre pour des élèves. Surtout pour Prudence, en fait, qui n'avait aucun intérêt pédagogique à aller dans la forêt, mais juste une envie irrépressible à assouvir mais on ne pouvait que la comprendre, déjà les forêts c'était passionnant, mais alors quand elles étaient interdites, elles étaient 10 fois mieux !

« Peut être le professeur Harris... Parce que je doute que le professeur McGonagall soit très emballée par l'idée. Il faudrait lui demander. »

Puis Alan décida de faire ressurgir des moments douloureux et se confia (enfin) à sa meilleure amie. Bien loin d'imaginer qu'il avait pu faire de la peine à Prue en lui cachant la vérité, il avait surtout voulu éviter de se faire du mal à lui. Et très franchement, Alan n'avait pas franchement envie de traumatiser l'Irlandaise à vie, parce que croyez bien qu'un épouvantard, ça traumatise.

« Je ne sais pas pourquoi j'en ai pas parlé. J'ai préféré oublier l'histoire et passer à autre chose. Mais bon ça ne s'est pas révélé très efficace. »

Alan y pensait souvent, à cet épouvantard. Et en parler à Prue ou à son cousin donnait à la chose une dimension encore plus réelle. Et très franchement, il préférait se convaincre que ça n'avait été qu'un cauchemar particulièrement réaliste amorcé par l'ambiance effrayante d'Halloween. Ça aurait pu marcher, si cette vision de cadavre sanguinolent ne lui revenait pas en tête régulièrement.

« Comme tu veux... »

Alan se donna un air nonchalant quand Prue lui proposa à demi-mot un soutien qu'il n'avait pas trop le courage d'accepter. Mais ne nous y trompons pas, promettre à Alan de manger du chocolat, ça le faisait aller n'importe où.

« Il te reste des Chocogrenouilles ? »

Lança t-il, au hasard, à son amie. Poudlard avait cet avantage là de gâter ses élèves aux fêtes importantes. Pour des sorciers, Halloween était très important et c'est donc en toute logique que les étudiants avaient pu s'empiffrer de cochonneries non, pas de boudin ni de saucisse sèche durant la soirée d'Halloween. Des Chocogrenouilles avaient été distribuées en masse et seul les plus vifs et les plus rapides avaient pu faire du stock pour l'hiver.

[Terminé pour Alan]



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