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 Erreur fatale [PV]

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MessageSujet: Erreur fatale [PV]   Mar 23 Aoû - 16:08

Susan était en colère. Son mécontentement, sourd, d’abord, avait enflé insidieusement, jusqu’à devenir difficile à contenir. Elle le retenait pourtant et, différant son explosion, continuait à le laisser grandir avec un  plaisir malsain, se réjouissant à l’avance du moment  où elle laisserait enfin libre cours à sa fureur. La raideur croissante avec laquelle elle se tenait devant l’évier, sa manière saccadée, presque violente, de rincer la vaisselle du dîner, sans se soucier d’entrechoquer les verres et les assiettes, étaient autant de signes indubitables de la rage qui l’habitait. Aucun de ses enfants ne s’y était d’ailleurs trompé : eux qui, d’ordinaire, traînaient volontiers dans le salon en attendant l’heure du coucher – ou plutôt, ces derniers temps, le retour de leur père –, avaient filé sans demander leur reste aussitôt le repas terminé, ce qui n’avait fait qu’aviver l’irritation de Susan. Ils lui donnaient l’impression d’être une abominable mégère, et la culpabilité venait surnager au-dessus de sa hargne.

Elle déposa d’un geste brusque une poignée de couverts dans l’égouttoir, et s’attaqua au décrassage d’une casserole, avec une force telle qu’on aurait pu penser que l’ustensile l’avait personnellement offensée. Un irrépressible besoin de s’occuper les mains l’avait poussée à laisser sa baguette de côté, pour se saisir de l’éponge et plonger les deux bras dans l’eau de la vaisselle. Elle n’en tirait néanmoins aucun réconfort. La répétition mécanique de chacune de ses actions – tremper, frotter, rincer, mettre à sécher, recommencer – laissait son esprit libre de ruminer, ce dont il ne se privait pas. Il ne cessait de revenir sur la honte qu’elle avait ressentie, quelques heures plus tôt, lorsque sa fille aînée était rentrée de l’école ; une honte si cuisante que le rouge lui montait encore aux joues à sa simple évocation. Mais ce qui était plus douloureux encore que la honte, c’était le sentiment d’abandon, injustifié, peut-être, et cependant bien présent, qu’elle éprouvait, et qui revenait trop fréquemment, ces derniers temps, pour qu’elle n’en conçût pas une certaine rancoeur.

Car ce n’était pas contre elle-même, que Susan était fâchée ; ce n’était pas non plus contre Eléonore, qui souffrait au moins autant qu’elle de l’incident du début de soirée. C’était contre Quentin, que sa colère était tournée. Quentin qui avait promis, et qui avait oublié. Quentin à cause duquel elle était passée pour une mère indigne auprès de Galatée Peterson, la langue de vipère en chef no offense, Slytherin, de Pré-au-Lard. A l’heure qu’il était, songea-t-elle avec amertume, tout le village était certainement au fait de la mésaventure. A cette pensée, sa rage redoubla, et elle se mit à gratter un peu plus fort le fond de la casserole. Evidemment, elle savait que son mari avait des circonstances atténuantes : les derniers rebondissements dans l’affaire de la Menace avaient mis le Ministère en émoi, le service de Quentin était sur les dents, si bien qu’il ne comptait pas ses heures. Elle ne s’en plaignait pas. Elle était suffisamment aux premières loges, à Poudlard, pour savoir tout ce que la Menace avait de néfaste, et à quel point il était nécessaire de la neutraliser au plus vite. La névrose ambiante était encore montée d’un cran, suite à la récente mise à sac de la salle commune de Serpentard : les spéculations les plus folles allaient bon train, la suspicion était de mise. La désagréable impression de déjà-vu, qui émanait de la volonté évidente de la Menace de dresser une partie de la communauté sorcière contre l’autre, le climat de peur qui s’instaurait, glaçait le sang de la plus si jeune femme. La décennie de sérénité et de bonheur que les sorciers venaient de traverser, lui apparaissait désormais comme un agréable mirage collectif. Le retour à la réalité était brutal.
Mais ce qui inquiétait réellement Susan, plus que le danger latent qui pesait au-dessus de leurs têtes, plus que les cauchemars, sombres échos de la dernière guerre, qui étaient revenus assaillir ses nuits, c’était qu’elle n’arrivait pas à se départir du sentiment que toute cette affaire était en train de déliter les liens qui unissaient sa famille.

Comment avait-il pu oublier ? Comment avait-il osé oublier ? Et ce n’était pas exactement comme si il avait omis de mettre ses chaussettes au sale ou d’acheter du chocolat (encore que, ce dernier crime méritât, à lui seul, la mort). Non, le « détail » qu’il avait oublié, ce jour-là, n’était « que » sa fille, la première dans la liste de ses héritiers et la seule de ses enfants, soit dit en passant, qui fût capable de dresser une liste exhaustive de tous les Montgomery, pièces rapportées comprises… Trois fois rien, en somme.
Il avait pourtant été entendu, la veille au soir, qu’il irait exceptionnellement la récupérer à l’école : le petit atelier de chant auquel la fillette était inscrite (une riche idée qui obligeait le reste de la famille à aller régulièrement écouter des récitals à la justesse douteuse, mais qui faisaient, néanmoins, la fierté de tous les parents, que l’amour pour leur progéniture rendait sourds), avait prévu une répétition tardive, dont il n’était pas question, au vu du contexte actuel et des soirées encore sombres, qu’elle rentrât seule. Quentin s’était dévoué pour la ramener, ce qui devait éviter à Susan de ressortir avec les plus jeunes, d’autant plus que deux d’entre eux se remettaient à peine d’un mauvais rhume.

Quelle n’avait donc pas été sa surprise, quand elle avait découvert, sur le pas de sa porte, Galatée Peterson, son sourire plein de fiel et ses sous-entendus insultants, en compagnie d’une Eléonore mortifiée, « pauvre petite » ramassée devant l’école, alors qu’elle attendait « transie de froid (et sans une écharpe, rendez-vous compte !) », qu’un de ses dégénérés de parents vînt la chercher. La brave femme n’avait « pas eu à cœur d'abandonner » une « si bonne amie » de sa fille, alors qu'elle courait le risque d'« attraper la mort » dans l’air « glacial » de Mars : elle l’avait reconduite et espérait que « tout allait bien ».
Cette dernière remarque avait été accompagnée d’une tentative gourmande d’apercevoir l’intérieur du cottage, probablement dans l’espoir de le voir livré au stupre et au chaos et, quand le bruit d’une dispute entre les jumeaux lui parvint (une sombre histoire de jouet cassé), Galatée avait eu toutes les peines du monde à contenir sa joie. Abasourdie, Susan avait toutefois eu la présence d’esprit de couper court avant que sa (nouvelle) pire ennemie (après Myrielle), n’eût l’idée d’avertir les services sociaux. Elle avait bredouillé une excuse confuse, remercié, et fait entrer Eléonore, dont le regard noir n’avait laissé planer aucun doute sur l’absence totale de considération qu’elle avait, à cet instant précis, pour ses parents. Depuis, la colère était montée.

Susan poussa un soupir excédé, pendant qu’elle se remémorait la scène pour la énième fois, voulut attraper un verre et, dans son empressement brutal, le laissa échapper. Le verre éclata en une multitude de petits morceaux coupants sur le carrelage. L’espace d’un instant, un horrible silence emplit la cuisine, tandis que Susan contemplait, avec une fixité inquiétante, l’ampleur des dégâts. Puis, s’emportant contre sa maladresse, et sans se soucier d’être entendue par l’un ou l’autre des enfants, elle étouffa un juron rageur, au moment précis où un bruit de pas, dans le vestibule, signalait le retour du Quentin.
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MessageSujet: Re: Erreur fatale [PV]   Lun 19 Sep - 13:26

Biiien loin de l'orage qui s'abattait sur le cottage des Montgomery-Bones les seuls, les vrais, Quentin était en train – petit à petit – de se faire pousser dans ses derniers retranchements (ce qui était assez rare pour le faire remarquer, généralement rien ne l'atteignait et il avait réponse - globalement - à tout) par son supérieur hiérarchique. Les remontrances n'avaient rien de récent, certes, surtout depuis les derniers mois, mais ce soir-là elles avaient pris une tournure tout à fait originale. Enfin, 'originale' si l'on puit dire, Quentin – de nature très pondérée et calme – commençait à sentir l'énervement monter en lui. Ses joues devenaient rouges, ses yeux bleus électriques crachaient des éclairs, ses poings s'étaient machinalement contractés et il mettait toute la bonne volonté du monde à ne pas envoyer un bon crochet du droit à son patron, qui, en ce moment, l'aurait bien mérité. L'injustice était le point faible de Quentin Montgomery, depuis toujours elle lui faisait perdre de son calme olympien. C'était d'ailleurs pour ça qu'il avait intégré la brigade de police magique, pour défendre la veuve et l'orphelin et au passage empêcher une catastrophe internationale ou deux.
Mais quand ça le touchait à lui, ça devenait personnel. Ça l'atteignait. D'ordinaire de sang froid, l'ex-Serpentard – dans ces rares moments là – avait toute la peine du monde à rester de marbre. Mais il y parvint cependant, cette fois-là, en pensant à Susan et aux enfants et à ce qui arriverait s'il se laisser submerger.

« Vous êtes en train d'insinuer que je fais volontairement capoter les enquêtes parce que je suis un ex-Serpentard ? C'est bien ce que vous dites, que je ne me méprenne pas ? »

Quentin avait pesé les mots un par un et avait tenté le plus fidèlement possible de retranscrire les paroles de son supérieur, dans leur intégralité. Non, il n'avait pas mal compris, oui il avait bien entendu, le nouveau chef de son service avait bien insinué une chose aussi grosse que cela. Il le lui confirma d'ailleurs quelques secondes plus tard, totalement inconscient de la portée de ses accusations.
Quentin croyait s'être débarrassé à son arrivée au Ministère, des stéréotypes du Serpentard ambitieux, du Gryffondor impulsif et du Serdaigle hautain. Mais visiblement non. Des années après Poudlard, les mentalités ne changeaient pas. On avait beau faire ses preuves, délaisser un peu sa vie de famille pour exceller dans son métier et au final on n'était jamais récompensé. Pire, on vous prenait pour un traitre, dans une période où – précisément – le Ministère de la Magie avait besoin d'unité.
Tout ce que Quentin avait vécu à Poudlard durant sa 7ème année, ce qu'il avait fait pour protéger des jeunes écoliers torturés par les Carrow et d'autres Serpentard fanatiques, les mangemorts qu'il avait combattus durant la bataille de Poudlard, dont un qui avait même failli torturé et failli tuer Susan, les sacrifices qu'il avait fait durant toute une année scolaire pour être quelqu'un de bien sans que personne n'en sache rien et sans rien attendre en retour, et tout ce qu'il avait fait depuis, tout ça lui revint en tête en quelques instants.

« Je ne vous ai pas vu à la Bataille de Poudlard, il y'a 15 ans, affrontant des Mangemorts, âgé de seulement 17 ans. Et Lord Voldemort en personne, au passage. Il ne me semble pas non plus avoir entendu vos exploits cités par la Ministre pour votre lutte héroïque contre la dernière vague noire ? Mais pourtant, moi, je m'abstient de tout jugement. Vous voulez repartir dans des guerres intestines et puériles comme ils le font actuellement à Poudlard, à 14 ans et quelques ? Mais allons-y ! Sachez-juste que c'est précisément ce que veux la Menace. »

Et d'ajouter, fou de rage :

« Et si vous me prenez toujours pour un traitre bonisseur qui sait faire de beau discours pour éloigner tout soupçons de lui, je vous invite cordialement à venir dans mon bureau voir ce à quoi je 'm'occupe' depuis plusieurs mois. »

Son supérieur, scotché devant tant de répartie le pur Gryffondor de base écarquilla des yeux ronds et ne sut pas s'il pouvait voir en ce virulent monologue l'occasion rêvée pour se débarrasser définitivement de Quentin ou bien un prétexte pour se remettre en question et écouter la plaidoirie de son meilleur élément en toute modestie, toujours.
Il opta finalement pour la seconde option et suivit L'agent Montgomery-Bones dans son bureau. L'entretien – comme s'en douta Quentin – ne dura pas 5 minutes et l'ex-préfet dut sortir un par un tous les dossiers qu'il avait traité et classé, entretiens et interrogatoires à l'appui, plus toutes les pistes qu'il avait approfondi ou pas. Comme on pouvait s'y attendre, le directeur ne se montra pas tendre et c'est insinuation sur insinuations que Quentin dut justifier – à peu près – chacun de ses actes des 10 derniers mois de la pause café du 4 novembre à son arrivée à 8h04 le 29 décembre.
Physiquement épuisé par une longue journée de travail (qui suivait une demi-douzaine d'autres journées harassantes, plus un week-end passé presque entièrement au Ministère) et moralement lessivé par les longues heures qui venait d'arriver avec son patron, Quentin était sur le point de craquer quand son supérieur montra en premier des signes de faiblesse.

L'ex-Serpentard savait la partie loin d'être gagnée, mais il pouvait au moins se targuer d'avoir fait forte impression sur son nouveau patron. Peut être pas en bien, certes... mais au moins il l'avait convaincu, en grosse partie.
C'est en rentrant chez lui que Quentin trouva juste aberrant qu'un crétin pareil, rempli de préjugés (ou si ça ne venait pas de lui, carrément influençable), puisse exercer à un poste aussi élevé. Fou de rage mais pourtant stoïque le paradoxe du Serpentard, Quentin transplana jusqu'à Pré-au-Lard et en oublia même son attaché-case au bureau tellement il était pressé de rentrer.
Arrivé chez lui, c'est en ouvrant la porte que Quentin entendit un bruit de casse. Il fut suivi quelques secondes plus tard par un fort juron de Susan. Inquiet, et à la fois frustré de consacrer si peu de temps à sa femme, Quentin arriva dans la cuisine et se dirigea pour sa femme pour l'embrasser.

« Qu'est-ce qui se passe ?! »

La fin de ta vie, juste.
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