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 [THEME] La cité de la joie [PV]

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Poufsouffle

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MessageSujet: [THEME] La cité de la joie [PV]   Mar 6 Sep - 8:28

Hercule ayant décidé de se faire la malle de la salle commune, ce samedi après-midi là, laissant son maître seul sur le canapé des Poufsouffle, aussi peu affairé qu'on pouvait l'être après 3h à faire des devoirs, Alan Carmichael décida de partir à la recherche de son amie Prudence. Le sorcier avait comme à son habitude préféré faire le travail que les professeurs demandaient en début de week-end, pour en être débarrassé une bonne fois pour toute et ainsi vaquer à des occupations diverses et variées le reste du week-end. Comme arpenter les couloirs à la recherche d'un second passage secret (le premier avait été trouvé par Prue et lui, merci pour eux), trouver un nouveau bon livre de chevet dans la partie 'roman' de la bibliothèque, ou bien regarder Magnus et Prue faire leurs devoirs, le dimanche soir à minuit, en lançant occasionnellement au passage quelques indications pour les aider à terminer plus vite.

La jeune sorcière n'était sûrement pas très loin puisque Alan l'avait entendu dire qu'elle allait faire un tour dans le parc du château - afin de profiter du soleil - il y avait une heure de cela, et qu'elle revenait approximativement pour l'heure du goûter. Naturellement, Alan avait prévu le coup : s'il rejoignait Prue dehors, ce n'était pas les mains vides. Au repas du midi il s'était constitué un stock suffisamment important pour offrir à trois petits Irlandais un goûter de luxe à la fois copieux, et gourmand. Des oranges, Alan en avait pris trois, des cookies, une bonne demi-douzaine. Sans oublier des barres chocolatées qui – un professeur de sport moldu n'aurait jamais oublié de vous le dire – apportaient de l'énergie durablement. Et étaient en plus de ça anti-oxydant ! Manque de bol Magnus lui, était porté disparu. Quand son cousin partait, ou on avait la chance de l'accompagner (mais il fallait être invité pour ça), ou on le revoyait 3h après avec quelque chose en plus, ou bien quelque chose en moins. Un jour il était arrivé avec le bas de son pantalon complètement arraché, un autre son uniforme était couvert de boue, et un troisième l'Irlandais était trempé de la tête au pied (une sirène l'avait selon ses dires invité à venir se baigner dans le lac noir, si, si !). Bref, on ne savait jamais trop ce qui pouvait arriver, à Magnus, ni comment, et où.

Alan jugea donc intelligent de se rendre sur le pont suspendu de l'école et d'attendre ses amis. Prudence et Magnus, s'ils rentraient du lac, du parc ou même des serres de botanique passeraient forcément par le pont suspendu. Et comme il savait sa meilleure amie sur le point de le faire, il n'avait plus qu'à attendre.

Accoudé sur une des rambardes du pont, Alan s'était perdu dans la contemplation du lac noir où l'espace du seconde, il cru voir son cousin Magnus accroché au sommet de la tête du Calmar Géant, en plein rodéo. Il pensa naturellement à tout ce qui arrivait à Poudlard. L'ampleur du faux problème Serpentard, mais du vrai danger de la Menace, avaient pris une tournure effrayante dans l'école. Bien qu'Alan soit plus que jamais pro-Serpentard et qu'il passait avec Prue la quasi-totalité des interclasses avec des verts et argent de leur année (dont il connaissait d'ailleurs presque tous les prénoms victoire ! !), c'était loin d'être le cas de tout le monde. Les tensions avaient monté d'un cran au sein du château et il ne se passait pas un jour sans qu'on relata une bagarre dans l'école. La dernière en date remontait à avant-hier, où des Serdaigle et des Serpentard en avaient fini aux poings. Sans parler de l'intrusion qu'il y avait eu dans la salle commune des élèves de Salazar, bien sûr, ce qui dépassait tout sur une échelle de l'horreur (quoique). On parlait même maintenant de mettre des détraqueurs tout autour de l'école, c'était dire ! Déjà que l'ambiance était pesante, ça allait être du pipi de chat en comparaison de celle qu'ils auraient avec des détraqueurs.

Alan s'y connaissait bien en créature magique et donc en détraqueurs, même si le terme 'créature magique' était très largement inapproprié pour eux. Ils n'avaient absolument rien de magique et même rien d'humain. Leur pouvoir constituait à se nourrir de la joie et de l'amour d'autrui, autant dire que même le diable en personne n'avait pas de telles aptitudes enfin on suppose, personne ne le connaît directement. Les détraqueurs – en plus du pouvoir atroce d'empêcher toute personne de rire à jamais - avaient une seconde arme secrète, leur baiser, qui pouvait retirer l'âme d'un sorcier ou d'un moldu, de leur corps, par un simple contact.
Ils voulaient quoi en fait au Ministère ? Accélérer le conflit en donnant à la Menace de nouvelles armes pour prospérer plus rapidement ? Non parce que déjà Poudlard allait mal (Alan en avait parlé à ses parents et ils étaient choqués de voir combien sa première année à lui était à des années lumières de la leur, à l'époque. "Merveilleuse, extraordinaire et très enrichissante" avait dit maman, on en était loin !), avec cette arrivée là, c'était le début de la fin.

Alan fut coupé de ses pensées par l'arrivée d'une personne, sur sa droite. Comme il s'y attendait, c'était Prudence.

« Je suis venu t'apporter une surprise. Ça te dit un goûter en plein air ? »

Alan adressa un doux sourire à sa meilleure amie tandis qu'elle le rejoignait.
Il lui demanda, plus par réflexe que par réel intérêt de la réponse (il se doutait bien qu'elle serait négative) :

« Tu n'as pas croisé Magnus, par hasard ? »

L'Irlandais se rendait généralement très peu souvent au parc, son endroit de prédilection étant le bord du lac, mais les bords de lac à Poudlard étaient assez vastes et on pouvait faire de longues distances tout en restant néanmoins dans l'enceinte de l'école. Et puis c'était Magnus, rien ne garantissait qu'une mouche ne l'avait pas piqué et qu'il avait subitement eut envie de changer totalement de nouveau coin préféré. Avec lui on pouvait s'attendre à tout !

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Poufsouffle

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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Mar 6 Sep - 23:16

Prudence avait beau être – quand on prenait le temps de creuser un peu – une personne tout à fait tolérante et agréable, la manie qu’avait Alan de bâcler faire tous ses devoirs à peine le week-end entamé, avait le don de lui mettre les nerfs en pelote. Si la Poufsouffle n’était pas la cancre qu’Alan voulait bien laisser entendre (faire ses devoirs à minuit ? Mais enfin, quelle drôle d’idée ! A une heure pareille, on était beaucoup plus à son aise sous la couette  et, de toute façon, Prudence n’était bonne à rien si elle n’avait pas ses dix heures de sommeil !), il était vrai qu’elle préférait repousser ses obligations scolaires au dimanche, jour « booooring » au possible, où on n'avait souvent rien de mieux à faire que réviser ses leçons.
Toutefois, voir son ami vertueusement penché sur ses parchemins, tandis qu’elle se prélassait dans un des fauteuils de la salle commune, lui gâchait son plaisir : non seulement le jeune garçon lui rappelait qu’elle avait, elle aussi, à rédiger toute une dissertation sur les propriétés du bézoard (beaucoup trop nombreuses pour qu’un cerveau humain pût les retenir) ou la "fascinante" évolution du Filet du diable à travers les âges, mais en outre, elle éprouvait toujours le désagréable sentiment – mâtiné d’une pointe de culpabilité – d’être la pire des feignasses. Le silence religieux dans lequel Alan se mettait un point d’honneur à accomplir sa tâche, semblait l’accuser du pire des laxismes. Aussi avait-elle, ce jour-là, fuit les quartiers de Poufsouffle dès que les velléités de son ami d’être élu « meilleur petit Serdaigle Granger de l’année » avaient pointé le bout de leur nez. La semaine n’avait pas été bonne, et elle ne se sentait tout simplement pas la force d’ajouter la plume virevoltante d’Alan à la liste de ses malheurs.

Tout avait commencé par un banal échange de lettres. Le lundi, à l’heure du courrier, Prudence avait reçu une missive d’Aloysius Faraday, fieffé moldu devant l’Eternel et, accessoirement, père de son humble personne qui, après avoir mis près d’un trimestre à contrôler la peur phobique que lui inspiraient les volatiles (« Ils n’ont pas de bras ! Je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus ! »), se faisait désormais un devoir d’expédier une lettre par jour à sa fifille… Qui n’en demandait certainement pas tant. Celle qu’il lui avait écrite en début de semaine était particulièrement édifiante, puisqu’il y était question – excusez du peu – de la retirer de l’école. Prudence n’en avait pas été très surprise : quand elle avait été acceptée à Poudlard, Aloysius avait tenu à s’abonner à la Gazette – un instant, Prue avait caressé l’espoir que le journal ne livrait pas en territoire ennemi moldu, mais, visiblement, on était prêt à n’importe quelle concession  pour récupérer un abonné – pour « suivre les nouvelles de ton autre monde », or, les « nouvelles » de son « autre monde » n’étaient pas franchement rassurantes, ces derniers temps. La Menace occupait de plus en plus les journalistes, et Prudence avait senti l’inquiétude de son père grimper au fur et à mesure que les articles la concernant s’allongeaient. L’intrusion dans la salle commune de Serpentard avait dû confirmer les pires craintes d’Aloysius : il était désormais convaincu que Poudlard n’était pas en mesure d’assurer la protection de sa précieuse (et unique) progéniture, a fortiori si l’école refusait la présence de « détracteurs » (une erreur qui faisait dire à Prudence que son père ne maîtrisait pas grand-chose au sujet : il se représentait probablement les détraqueurs comme d’aimables représentants des forces de l’ordre, chargés de faire des ronde autour du château) à ses abords. Prudence avait roulé des yeux à la lecture de la lettre, et envoyé un hibou à sa mère, pour lui faire part de ce qu’elle appelait : « la dernière lubie de papa ».

Le mardi matin, Prudence découvrait une lettre scandalisée d’Elanor, qui disait avoir écrit à son ex-mari, pour lui signaler (« tout à fait poliment », une assertion dont la fillette se permettait de douter) qu’il était hors de question que Prudence quitte l’école. A midi, Aloysius lui écrivait que sa mère était parfaitement inconsciente. Elanor avait rétorqué qu’il lui semblait tout de même être un peu plus au fait de la situation qu’un « pauvre petit bonhomme dépassé par les événements ». A partir de ce moment-là, la fillette avait plus ou moins perdu le contrôle de la situation, et suivi, avec une forme d’horreur fascinée, l’escalade de violence épistolaire entre ses deux parents. Et encore, songeait-elle, amère, les compte-rendus qu’elle recevait de part et d’autre, devaient être fortement édulcorés : les missives originales étaient sans doute plus riches en noms d’oiseaux et vocabulaire fleuri. Aux dernières nouvelles, l’un des deux partis menaçait de ne pas laisser Prudence aller en vacances à Londres, durant l’été, si c’était pour qu’elle se retrouvât « inscrite au club du troisième âge, où boire une tasse de thé sans soucoupe constituait l’événement palpitant de la journée », tandis que l’autre n’envisageait rien de moins que de prendre un avocat pour réclamer la garde de la fillette, afin de « s’assurer qu’elle ne finisse pas égorgée au fond de son lit ». Prudence attendait avec anxiété la reprise des hostilités lors de la prochaine arrivée de courrier. Sa seule consolation était de savoir que son père ne pouvait pas débarquer à Poudlard, pour l’en retirer manu militari, après avoir copieusement taxé tout le corps enseignant d’incompétence même si certains le méritaient.

La jeune fille avait marché sans but dans le parc de l’école, tandis qu’elle ruminait des pensées toutes plus moroses les unes que les autres, mais sa promenade ne lui avait apporté aucun soulagement. De guerre lasse, elle avait donc pris le chemin du retour, quand elle était tombée sur Alan, visiblement bien moins abattu qu’elle pour une fois.
- Oh… C’est toi. Je ne t’avais pas vu, marmonna-t-elle d’une voix qui manquait cruellement d’entrain. Elle s’appuya contre la rambarde, et lança un coup d’œil perçant aux provisions que transportait son ami : la guéguerre ridicule que se livraient ses parents lui nouait l’estomac, et elle n’avait pas grand appétit, ces derniers jours, ce qui, à soi seul, suffisait à souligner la gravité de la situation. Un goûter dehors ? Répéta-t-elle, remarquant, pour la première fois depuis une bonne heure, à quel point l’air printanier était doux, ben ça dépend… Qu’est-ce que tu as pris ? Tu ne veux pas qu’on cherche Magnus d’abord ? Il sera déçu si il apprend qu’on ne l’a pas attendu pour faire bombance… Rajouta-t-elle encore.

Elle esquissa un sourire, quand elle imagina les hauts cris de trahison que pousserait Magnus, si on osait manger des biscuits sans lui, et scruta les alentours, comme si elle s’attendait à le voir surgir d’un coup devant eux (« Aha, je vous y prends, bande de perfides, à vouloir m’ôter le pain-au-chocolat de la bouche ! »). Ce faisant, elle songea que les goûters dans le parc seraient bien moins agréables s’il fallait les prendre en compagnie d’une petite cinquantaine de détraqueurs, et elle laissa échapper :
- Non mais franchement, tu ne trouves pas ça ridicule, cette idée de mettre des détraqueurs autour de l’école pour renforcer la sécurité ? Les parents sont complètement cinglés, je te jure… Ils en disent quoi, les tiens ?
Jusqu’à présent, Prudence n’avait pas abordé le sujet avec Alan, auquel elle s’était bien gardé de parler de ses derniers déboires familiaux, tant par pudeur que par crainte de l’ennuyer, mais le silence lui pesait, et elle éprouvait le besoin de plus en plus irrépressible de se confier à son ami, qui avait, en cette minute précise, le mérite d’être beaucoup plus sain d’esprit que ses deux parents réunis.

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Prudence Faraday

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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Mer 7 Sep - 8:14

Tout en lui demandant ce que comportait le goûter d'extérieur (une première quand même !), Prudence rejoignit Alan, auquel n'échappa pas la sombre mine de son amie. Prue, il la connaissait depuis longtemps, ça se voyait que ça n'allait pas. Et puis de toute manière il n'y avait pas besoin d'être un proche parent ou un expert en divination pour voir que la jeune fille revenait de sa balade plus tracassée qu'elle ne l'était en partant : on lisait en la blondinette comme dans un livre ouvert. Prudence cachait quelque chose depuis quelques jours, son meilleur ami d'Irlandais était juste incapable de dire si c'était personnel ou scolaire, et si c'était grave ou pas de toute manière, il le saurait.

« J'ai pris des cookies, des oranges et du chocolat. »

Si un tel petit festin ne lui remontait pas le moral, c'est que c'était plus grave que prévu ! La jaune et noire suggéra à son camarade qu'ils devraient chercher Magnus dans Poudlard avant d'entamer le goûter, au risque de subir une grosse colère de celui-ci.
Très franchement, Alan n'avait pas le moins du monde envie de chercher l'enfant unique des Fitzpatrick pendant trois plombes en tablant sur le fait qu'il était bien là où on l'attendait. Magnus ne faisait jamais ce qu'il annonçait aux autres. Magnus ne faisait jamais ce qu'il pensait initialement faire. Magnus faisait un peu ce qu'il voulait, quand ça lui piquait. Bref, Magnus était un vrai sorcier imprévisible.

« A vrai dire je n'ai pas tellement envie de passer une heure à le chercher partout, il peut se révéler très bon quand il ne veut pas être trouvé. »

Alan avait omis de préciser qu'il n'avait -lui- pas du tout la force d'aller gambader dans le parc, au bord du lac ou pire, dans les tréfonds du château. Autant, d'ordinaire on pouvait difficilement le retenir de faire une excursion dans l'enceinte de l'école, autant aujourd'hui était un jour sans. Un jour cool quoi, où s'asseoir là où on était valait mieux que se taper une randonnée de 400 bornes. Et puis c'était l'heure du goûter.

« On lui en gardera un petit peu s'il nous retrouve avant le repas du soir. »

Ce qui équivalait à dire que si dans l'heure, Magnus n'avait pas pour projet de rentrer dans le château en passant par le pont suspendu, le cookies et le chocolat allaient lui passer sous le nez. Alors dépêche-toi cousin !

Ce qui n'allait toujours pas en revanche, c'était Prudence. Alan avait fait mine de ne pas voir le petit moral de son amie, mais il n'était à présent plus question de faire semblant. Manifestement elle avait quelque chose sur le cœur et des fois un petit coup de pouce levait toutes les inhibitions et des fois non

« Ça ne va pas ? Qu'est-ce qui se passe ? »

Alan avait reporté son attention sur le goûter pour ne pas fixer avec insistance la jeune fille et ainsi la faire se sentir mal à l'aise. S'il voulait qu'elle se confie, il fallait le faire avec ses règles à elle.

La jeune fille lui parla ensuite des détraqueurs dans l'école et des parents qui devenaient cinglés. Alan soupçonna fortement que ce problème là soit fortement lié à celui de son amie. Après tout, les parents de Prue étaient divorcés et elle parlait rarement de 'ses parents', d'une même voix. Avait-elle des soucis avec eux ? Etaient-ils responsables des lettres de parents d'élèves qui demandaient qu'on ajoute des détraqueurs un peu partout dans l'école, comme on ajoute de petites bougies dans une maison pour chasser l'obscurité ? Etaient-ils encore plus bêtes que les adultes ne l'étaient déjà réellement ?

« C'est tellement idiot oui ! Et ça va servir à quoi ? A moins d'en poster devant la salle commune de Serpentard vu que c'est un professeur qui a fait le coup, je ne vois pas trop l'intérêt. »

Et Alan en était convaincu, l'intrus était quelqu'un de l'intérieur, personne n'avait pu entrer dans l'enceinte de Poudlard par l'extérieur. Poudlard était un château impénétrable et même si les rares fois où on avait pu entrer restées inexpliquées, Alan avait confiance en l'Histoire. Le jaune et noir s'était même fait à l'idée qu'un Serpentard isolé, peut être en détresse, avait monté cette comédie d'intrusion de toute pièce pour lancer un appel à l'aide. C'était tiré par les cheveux, mais si c'était vraiment un appel à l'aide, Alan le comprendrait.

« Ils sont inquiets, forcément. Et je pense un peu déçus que ma première année à Poudlard ne soit pas aussi parfaite que l'a été la leur. Mais il n'a jamais été question de me faire quitter l'école hélas. Ils portent le professeur McGonagall en haute estime. »

De toute manière, comme le répétait Alan dans ses lettres, lui il ne risquait rien. Le Poufsouffle ne savait en revanche pas si le professeur McGonagall avait fait part par courrier de ce qu'il lui avait rapporté plusieurs mois plus tôt, mais dans tous les cas ses parents étaient assez intelligents pour comprendre qu'il n'y avait pas de danger. Est-ce des Serpentard ou d'autres élèves avaient été blessés ? Morts ? Non, alors c'était clair, Poudlard avait connu bien pire. Pas de quoi paniquer tant qu'on ne comptait aucun décès, donc.

« Comme je leur disais, nous, on ne risque rien. Enfin je veux dire, c'est le bazar partout, tu as lu la Gazette ? Pourquoi nous serions plus en sécurité chez nos parents ? Ils vont s'arrêter de travailler pour s'occuper de nous ? C'est ridicule. Et puis enlever les élèves de l'école c'est comme reconnaître qu'il y a un début de guerre et je veux tout faire pour que ça n'arrive pas. Notre meilleure arme contre le Menace, c'est de rester soudés en unis. »

Et ça, Alan en était infimement convaincu. Ce n'était hélas pas l'avis de tout le monde, bien au contraire. Certains, plus que persuadé qu'il allait y avoir une guerre, avait déjà tout mis en œuvre pour bien l'entamer.

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Poufsouffle

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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Ven 9 Sep - 20:06

Bien qu’elle regrettât l’absence de Magnus, dont les remarques décalées et l’esprit lunaire avaient toujours le don de la faire rire aux éclats, Prudence ne put que se ranger de l’avis d’Alan, quand il laissa entendre qu’ils avaient certainement autant de chance de tomber sur le trésor de Rackham le Rouge que de trouver le jeune garçon (« Magnus… Youhou…Magnus… Ah ben dites donc, ce ne serait pas un gros tas de diamants, là-bas ? Si je m’attendais… »). Elle jeta un dernier regard aux alentours avant d’acquiescer lentement :
- Ouais, tu as probablement raison… Et de toute façon, il y a neuf chances sur dix pour le voir rappliquer ventre à terre si l’odeur des cookies lui parvient. En fait, la prochaine fois qu’on aura besoin de le trouver, c’est avec un paquet de biscuits qu’il faudra partir à sa recherche. Je suis sûre que si on le secouait assez fort dans les couloirs, il arriverait vite.

La fillette esquissa un sourire : quand il s’agissait de dégotter de la nourriture, Magnus faisait preuve d’un indubitable talent, si bien qu’elle avait d’ores et déjà décidé que, le jour où une invasion de zombies la Menace obligerait toute l’école à aller se réfugier dans la forêt interdite, elle veillerait bien à le suivre à la trace. Au moins, elle serait assurée de ne pas mourir de faim. Mais pour l’heure, c’était Alan qui avait le ravitaillement, et Prue se laissa glisser sur le sol pour profiter du festin : ce n’était pas parce qu’elle manquait d’appétit qu’elle allait rater une occasion de s'en mettre plein la panse manger du chocolat.
- Super, commenta-t-elle, tandis qu’elle s’asseyait en tailleur, non sans prendre soin, au passage, de ramener sa jupe d’uniforme sous ses genoux, afin de ne pas exposer sa culotte « licornes roses et petits poneys bleus » à la vue du premier venu. Tu l’as pris à quoi, le chocolat ? Tu as fait une descente aux cuisines avant de venir, ou ce sont des provisions envoyées par tes parents ?

La question n’avait rien d’anodin : tout l’enjeu pour la jeune fille était de savoir si elle allait être en droit de critiquer la qualité de la nourriture (« Ahlàlà, c’est pas mal, mais on ne m’ôtera pas de l’idée que les cookies irlandais sont bien meilleurs ! ») ou non (« Ahlàlà, on sent tout de suite que c’est du cookie irlandais, ça. Rien à voir avec les cochonneries anglaises ! »). En bons Poufsouffles qui se respectaient, Prudence, Alan et Magnus n’avaient pas été longs à trouver le chemin des cuisines. D’ailleurs, les élèves plus âgés étaient tout disposés à leur donner le tuyau. A leurs yeux, il semblait s’agir d’une espèce de rite de passage (« Tiens, petit, c’est le plan qui te conduira jusqu’au Royaume de l’Infinie Boustifaille. Montre t’en digne. »), et Prudence ne pouvait que s’interroger sur les compétences du gestionnaire de l’école, qui ne paraissait pas s’apercevoir que des quantités faramineuses de nourriture disparaissaient mystérieusement depuis des années (« Bon sang de bois, mais j’aurais juré avoir enregistré une commande de dix kilos de cake aux fruits la semaine dernière… Je me serais donc trompé ? »). Pourtant, il aurait dû se rendre compte depuis belle lurette que l’entrée prétendument secrète des cuisines était devenue un vrai hall de gare. Si ça continuait, il allait bientôt falloir mettre en place un planning de fréquentation des lieux (« Ok, alors le lundi, accès aux cuisines réservé à Gryffondor jusqu’à la récréation du matin, après on laisse la place aux Serdaigles… »).

Prudence s’emballait et, n’eût été l’intervention d’Alan, elle aurait certainement lancé une réunion au sommet avec ses connaissances des autres maisons, pour évoquer la grave crise culinaire qui leur pendait au nez.
- Si, si, ça va, répondit-elle, bravement, mais en évitant soigneusement de croiser le regard d’Alan, qui la connaissait depuis trop longtemps pour ne pas remarquer ses mensonges. Ses épaules furent agitées d’une espèce de tic nerveux, comme si elle cherchait à se débarrasser d’une charge encombrante. L’idée que, finalement, ce n’était peut-être pas un mal que Magnus les eût lâchés pour battre la campagne, lui effleura l’esprit. Certes, Alan ne possédait pas la gaieté entraînante de son fantasque cousin allez bim, mais Prudence ne pouvait imaginer meilleur confident. Elle avait une confiance absolue en son jugement, et Dieu seul savait à quel point elle avait besoin d’un repère solide après cette étrange semaine. Enfin c’est rien, marmonna-t-elle avec circonspection, osant à peine se lancer, c’est juste cette histoire de Menace qui me tape sur le système.

Elle secoua la tête d’un air excédé. Franchement, est-ce que c’était trop demander, une première année pépère, où elle n’aurait eu d’autres préoccupations que de réussir ses examens trouver un moyen de pénétrer dans la forêt sans se faire étriper par toutes les bestioles interdites qu’Hagrid avait relâchées dans les bois, au fil des années le professeur McGonagall ?
- Voilà ! Exactement ! Explosa la fillette, c’est exactement ce que j’ai dit à mon hystérique de père, lundi ! On n’a pas plus de raison d’avoir des ennuis ici qu’ailleurs ! Il y a nettement plus d’adultes autour de nous à Poudlard que n’importe où, et ils sont tous plutôt calés, question magie même si je ne suis pas sûre que Madame Pince accepterait de nous défendre ! Mais tu crois qu’il m’aurait écouté ? Il veut carrément me retirer de l’école… Non mais honnêtement… C’est complètement dingue, quand on y pense… Où est-ce que je pourrais étudier, si je n’étais pas à Poudlard ? C’est pas papa qui va m’apprendre à lancer des sorts, parce que lui, à part les vieilles histoires dont tout le monde se fout royalement, il ne sait pas faire grand-chose, lança-t-elle, avec cette forme de méchanceté que la colère dictait parfois.

C’était faux, bien entendu, et Prudence ne manquerait pas de regretter très vite ses paroles. Elle aimait énormément son père, qu’elle était, d’ordinaire, très douée pour mener par le bout du nez, et elle ne s’était jamais sentie gênée par le fait qu’il fût un moldu – en réalité, elle n’y pensait même pas, c’était son père, point final – mais elle avait trop contenu sa contrariété pour ne pas se montrer injuste.
- Heureusement que ma mère est plus raisonnable, reprit-elle avec davantage de calme. Elle, elle n’a pas du tout l’intention de me retirer de l’école. Enfin, remarque, vu les dernières politesses qu’elle a échangées avec papa, ça m’étonnerait pas que je me retrouve expédiée dans je ne sais quelle école de magie anglophone d’ici la fin du trimestre. Promets-moi que tu m’écriras, si je suis obligée de partir en exil en Australie ! Supplia-t-elle, l’air profondément malheureux.
[1124 mots]




     

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Prudence Faraday

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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Sam 10 Sep - 8:07

Prudence partagea avec son meilleur ami une théorie, selon laquelle Magnus était l'être le plus introuvable du monde (exception faite du Kelpy dans le Loch Ness) quand on le cherchait, mais qu'il savait cependant apparaître en 3 secondes et demi dès que le bruit d'un paquet de gâteau se faisait entendre Magnus est un chien en fait.

« Tu rigoles, qu'une fois c'est arrivé. On était en pique-nique avec les parents, tatie, tonton et Magnus. Et il était parti dans la forêt sans trop dire où il allait, cherchant surement un caillou rare, comme à son habitude. Je pars à sa recherche et papa et ses parents m'ont imités en se dispersant, pensant qu'il était perdu. Et comme par hasard, il est soudainement apparu en courant quand maman a commencé à déballer le pique-nique. »

C'était une histoire vraie ! La forêt était en plus de ça non loin d'une grande cascade et par endroit le terrain glissant aurait pu faire croire à quiconque que le jeune Irlandais était tombé. C'est ce qu'avait cru le jaune et noir en tout cas, très en colère contre son cousin à son retour sur le camp, à qui d'ailleurs il n'avait pas manqué de passer un savon taille XXL Alan est la petit mère poule du groupe, en fait, sachez-le.

« Si ça ce n'est pas de l'instinct ! »

Mais il fallait reconnaître que si Magnus était un peu spécial bien plus qu'Alan ou Prue, d'ailleurs, il émerveillait. Prue et Alan étaient ses plus grands fans. Prue lui enviait son côté intrépide et aventureux, Alan son côté détaché, toujours insouciant et franchement amical.

« Les cookies et les oranges je les ai piqués dans la Grande Salle, au dessert. Le chocolat c'est papa qui me l'a envoyé, c'est un chocolat au lait, aux noisettes et à la pointe de fleur de sel. »

Inutile de dire qu'en bon Poufsouffle qu'il était, Alan avait son petit stock personnel de chocolat. Et du bon chocolat, mesdames messieurs ! Du chocolat Irlandais ! Directement envoyé de Galway par ses parents, acheté dans la meilleure chocolaterie de la ville. Le chocolat avait toujours été vital pour le sorcier, maintenant qu'il était à Poudlard plus que jamais. C'était devenu le rituel d'Alan et Prue, d'ailleurs, bien manger pour tenter d'oublier toutes les choses affreuses qui se passaient autour d'eux. Ils n'avaient que 11 ans nom d'une goule, à cet âge-là on est censé s'amuser et profiter de la vie, non ? Comment ça à Poudlard on est là pour travailler ? C'est nouveau ?

« Promis, je t'écrirai. Mais c'était à prévoir, ton papa a toujours eu un petit peur pour toi. Et à sa place, je serai inquiet aussi. Surtout quand on est dans son cas et qu'on ne peut rien contrôler, ça doit être très frustrant et effrayant. »

Aloysius avait toujours eu un côté trop très protecteur envers Prudence et ça n'avait d'ailleurs rien de très surprenant. Il était moldu et savoir dans quel monde magique évoluait sa fille, surtout sans pouvoir aucunement l'intégrer, devait être très stressant. C'est pourquoi un jour, quand il était petit, Alan avait gentiment fait la promesse à Aloysius de toujours veiller sur Prudence quoiqu'il arrivait et en toutes circonstances. A son niveau ça restait une petit promesse, mais Alan avait toujours eu le sentiment que ça avait un petit peu rassuré le vieux moldu.

« Vu qu'il me connaît bien, je pourrai lui écrire une lettre pour le rassurer, peut être ? Enfin... je doute qu'il tienne compte de l'avis d'un enfant, après réflexion, même le mien. Peut être que ça serait mieux si c'était une grande personne qui s'en chargeait, non ? Un des professeurs, peut être ? »

Alan creusait cette idée : manifestement, ce n'était pas madame ex-Faraday qui allait débloquer la situation. Alan la connaissait, Prudence lui ressemblait beaucoup. Et puis elle n'avait pas divorcé de son mari pour rien, ils n'étaient pas toujours d'accord sur beaucoup de choses, Prudence en tête de liste.

« L'autre jour le professeur Harris a mentionné un de ses 'très bons amis moldu', peut être qu'il pourrait écrire à ton papa pour lui dire que la situation est sous contrôle kof kof threuh et qu'il garde un oeil sur toi en toute circonstance ? Et puis comme il connait bien des moldus, il trouvera peut être les mots juste pour le rassurer. Qui ne tente rien n'a rien. »

Alan était certain que ça pouvait marcher. Une lettre d'un des professeurs de Poudlard, qui voit Prue tous les jours et qui a suffisament de recul pour ne pas tenir le discours hypocrite d'un directeur d'école, devait forcément rassurer. Sans compter que le professeur Harris portait la gentillesse sur lui et avait dû faire des miracles plus d'une fois. Il était du genre pacificateur, qui détestait le conflit et apaisait les gens assez rapidement.

« Ou alors – si tu veux - on peut demander à ta grande amie le professeur McGonagall, mais très bizzarement je dirai qu'en ce moment elle doit être assez prise. »

Euphémisme... Prue détestait dans tous les cas le professeur McGonagall, ça allait être coton s'ils fallaient les faire échanger ensemble. Mais pour le coup, Alan était sûr que Prue n'irait pas la déranger pour lui demander de l'aide. Elle ne pouvait vraiment pas la voir en peinture la vioc !

« En tout cas, je ne pense pas que ça que ce soit ta mère qui trouve les mots juste pour rassurer ton père. En ce moment elle doit être dans tout ses états, la connaissant ! »

Ils l'étaient tous, à vrai dire, les grandes personnes plus que les autres.
Ça n'empêchait toutefois personne de goûter décement. Alan sortit tout le petit attirail du parfait Poufsouffle et toujours assis à côté de Prue, commença par manger un cookies. Ça manquait de lait bien évidement, mais hélas le jaune et noir n'avait absolument rien pour le transporter. Dommage, ils allaient devoir faire sans !
Coupant le carré de chocolat pour en manger un, Alan écoutait attentivement les dires de Prudence. Il la connaissait par coeur, elle mettait plusieurs jours à se confier, mais une fois qu'elle avait fait le premier pas, ça lui faisait un bien fou de parler. Et Alan avait toujours eu cette qualité de très bien savoir écouter.

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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Mer 14 Sep - 22:39

Prudence hocha la tête d’un air scandalisé : « Comment ? Vous avez fait un pique-nique auquel je n’étais pas invitée ?! » entendu, après qu’Alan lui eut raconté son anecdote familiale.
- Voilà, c’est ce que je disais… Le jour où il ratera un repas, là, on saura qu’il a vraiment un problème. Ou qu’il a trouvé plus appétissant ailleurs, remarqua-t-elle encore, même si pour aujourd’hui, ça m’étonnerait qu’on puisse faire mieux que ton chocolat !
Elle s’empressa d’ailleurs d’en prendre un morceau, avant qu’Alan ce drogué au cacao bien connu de la Brigade des Stup' ne dévore tout, et croqua dedans avec un plaisir évident.
- Humph, il est chuper bon, bafouilla-t-elle, la bouche à moitié pleine, car elle venait d'enfourner un gros éclat de noisette qui dépassait, on sent tout de chuite que ch’est du chocolat irlandais, cha… Et puis che petit goût de sel… Echtra !

A présent qu’elle avait du chocolat à portée de main et toute l’attention de son meilleur ami, Prudence reprenait un peu espoir, même si la perspective d’être envoyée à l’autre bout du monde la tracassait encore. Elle reprit pensivement un morceau de chocolat, et fronça les sourcils, visiblement dubitative quant au degré d’intimité qui pouvait exister entre son père et Alan. Londonien de souche et de cœur (un abominable défaut aux yeux de Prudence), Aloysius – qui avait une peur bleue en avion et souffrait, pour ne rien gâcher au tableau, d’un mal de mer prononcé – n’avait pas dû mettre les pieds plus de quatre ou cinq fois en Irlande, depuis qu’Elanore y était revenue avec Prudence, lorsque celle-ci n’était encore qu’un bébé, et ses séjours avaient été très courts. D’ordinaire, Prudence retrouvait son père dans le petit appartement, encombré de livres d’Histoire, qu’il occupait, non loin du British Museum, et elle avait toujours trouvé sa présence en Irlande un peu déplacée. On le sentait bien plus à son aise dans la jungle urbaine que parmi les moutons irlandais.

A sa décharge, lors de son dernier voyage, tous les troupeaux avaient été pris d’une envie furieuse de charger, chaque fois qu’ils apercevaient le pauvre homme : Prudence soupçonnait sa mère de ne pas être totalement innocente dans cette sombre affaire ovine. Elle ne lui avait toutefois jamais posé la question, estimant préférable de ne pas avoir une idée trop précise de l’état de délabrement des relations qu’entretenaient ses parents.  Quoi qu’il en soit, il lui paraissait un peu osé de supposer qu’Alan et Aloysius eussent des liens très développés. Certes, elle avait tendance à beaucoup parler d’Alan et de Magnus, dans les lettres qu’elle envoyait à chacun de ses parents, mais entendre parler de quelqu’un et le connaître personnellement étaient deux choses très différentes, si bien qu’elle se permit de glisser :
- Ouais, enfin, à mon avis, vu comment il est doué pour les relations sociales, il y a une chance sur deux pour qu’il te confonde avec Magnus… Et je ne suis pas sûre que Magnus serve beaucoup ma cause. Car pour ce qu’elle en savait, Aloysius prenait le jeune garçon pour un inconscient particulièrement dangereux : Prudence avait appris à taire une partie des (més)aventures de son ami, de peur que son père ne lui interdît formellement de le fréquenter. Enfin, c’est gentil de proposer, rajouta-t-elle, en gratifiant Alan d’un sourire sincère.

Elle termina son morceau de chocolat et tapota avec soin sa jupe, pour en chasser les miettes restantes, avant de reprendre :
- Le professeur Harris ? Franchement, j’aimerais mieux pas. Elle se tut un court instant, tandis qu’elle cherchait à préciser sa pensée. Elle savait que bon nombre d’élèves aimait beaucoup leur professeur de potions, et n’aurait pas hésité à se confier à lui en cas de besoin, mais Prudence éprouvait la plus grande méfiance – pour ne pas dire la plus grande aversion – à son égard. Etait-ce parce que ses prédécesseurs étaient, pour ce qu’elle en savait, un vieil obèse facilement corruptible (« Oh, des ananas confits… Il ne fallait pas, vraiment… Allez, paf, je vous mets Optimal à votre examen ! ») et un psychopathe carrément flippant, ou, plus simplement, parce qu’elle avait du mal à faire confiance à quelqu’un dont l’un des grands plaisir était triturer des bestioles décédées et des ingrédients visqueux, pour les jeter ensuite dans un chaudron, toujours était-il qu’elle n’avait aucune envie de faire intervenir Harris dans ses affaires personnelles. De toute façon, dit-elle finalement, renonçant à expliquer ses réticences de manière rationnelle, si ça se trouve, il a lancé ça comme ça, pour se donner un air cool ou je ne sais pas quoi, et il ne connaît même pas vraiment de moldu… Il faudrait demander à Payton, rajouta-t-elle, d’un ton qui signifiait clairement qu’elle n’avait aucune intention d’aller interroger la Poufsouffle sur les fréquentations de son père, juste avant de conclure, comme s’il s’agissait de la pire des punitions : La pauvre, n’empêche… ça doit être horrible, d’avoir un de ses parents dans l’école !  Moi je te dis qu’il faut être sacrément tordu, pour infliger ça à ses enfants.

La fillette se promit d’être plus gentille avec Payton, à l’avenir, promesse qui signifiait surtout, dans le cas présent, de « surveiller plus étroitement Rosette pour éviter à sa préfète de lui rappeler cinquante fois par jour de faire attention à la sale bête ». Non, Payton ne disait pas réellement « sale bête », mais Prudence était convaincue qu’elle le pensait très fort.
- Quant à McGonagall, elle a certainement d’autres choses à faire en ce moment. En plus, elle serait beaucoup trop contente de se débarrasser de moi pour chercher à les dissuader de me retirer de l'école. Si elle leur écrivait, elle dirait un truc du genre : « oui, oui, reprenez-là, elle court un grand danger à l’école : j'ai toutes les peines du monde à ne pas l'étrangler à chaque heure de cours ! ». Et puis je préfère laisser les adultes en-dehors de tout ça, à vrai dire. Parce que je te signale qu’on n’est toujours pas sûrs que l’un d’entre eux ne soit pas lié à la Menace ! J’aurais l’air maligne, si je demandais à ses complices de m’aider, hein !
Car Prudence soupçonnait tout le monde, depuis les elfes de maison jusqu’à la directrice. Sa fréquentation assidue des romans policiers lui avait d’ailleurs appris que, plus un personnage semblait innocent, et plus il était, en réalité, coupable. Forte de cette observation, l'implacable directrice lui paraissait donc très suspecte.

- D’habitude, quand ils s’engueulent – c’est-à-dire approximativement chaque fois qu’ils se parlent – ça se tasse tout seul, mais là, je ne sais pas, c’est bizarre… Je crois que ma seule chance de rester à l’école, c’est qu’ils attrapent la Menace d’ici la fin de l’année, et ça m’a l’air plutôt mal barré…  La Poufsouffle haussa les épaules d’un air désabusé. Au rythme où ils avancent, on aurait plus vite fait de la chercher nous-mêmes, la Menace, tu ne crois pas ?




     

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Prudence Faraday

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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Dim 18 Sep - 19:04

Alan ne put que reconnaître les merveilleux goûts de sa meilleure amie en matière de confiserie. Ce chocolat était son préféré, et de loin ! Son père savait comment lui faire plaisir. D'ailleurs, dès que le jeune Poufsouffle annonçait une bonne note à ses parents, un petit colis arrivait généralement de Galway. Pour le plus grand bonheur du trio !

« T'as raichon, il est top ! Che vais demander à papa de m'en renvoyer. »

La discussion sur le papa de Prudence cette fois-ci se continua et l'Irlandais tenta d'apporter son soutien à son amie. Il hocha les épaules quand Prudence lui annonça que son papa ne serait surement pas touché son discours.. dans la mesure où il le reconnaissait ! L'Irlandais s'en doutait un peu, mais il fallait toujours proposer son aide et se la voir refuser que ne pas la proposer du tout.

La jeune fille rejeta également une éventuelle confession au professeur Harris tandis qu'Alan lui... continuait de manger. Ne promettez pas de la nourriture à Alan, c'est sa faiblesse. Avec ses amis, bien entendu. En gros, ne lui promettez pas de la nourriture à partager entre amis, il vendrait sa mère.

Elle pris cependant la suggestion d'Alan de parler à la directrice de l'école d'une façon assez inattendue. Le sorcier n'avait pas conscience de comment Prue percevait le comportement du professeur McGonagall à son égard. Selon lui, elle faisait fausse route, mais pire encore, elle s'imaginait des choses de façon disproportionnée. Alan en était convaincu, Minerva McGonagall ne détestait pas autant Prudence Faraday que cette dernière le laissait entendre.

« Oui tu as raison. Mais ne je pense pas que McGonagall souhaite ton départ. Vous avez juste quelques soucis de communication. »

Il n'irait pas jusqu'à dire qu'elle l'aimait bien, Prue lui aurait ri au nez. Mais Alan en était persuadé de ce qu'il disait, et pour cause ! La plupart du temps, le jaune et noir donnait raison à la directrice de l'école quand il y avait conflit avec sa meilleure amie. L'Irlandais connaissait suffisamment Prue pour savoir quand celle-ci dépassait les bornes – et c'était fréquent - il était d'ailleurs souvent là pour la ramener à l'ordre. Précisément ce que faisait Minerva McGonagall en fait, et qui horripilait la première année. La différence était qu'Alan n'avait aucun espèce de pouvoir sur Prue (c'était même le contraire) et que Prue connaissait son meilleur ami, elle prenait donc généralement bien ses remarques.

« Oui, je crois aussi. Ce n'est pas une si mauvaise idée... Mais après les devoirs. »

Alan n'en restait pas moins un Poufsouffle consciencieux.
Mais Prue, pour une fois, avait totalement raison. Ils subissaient au premier plan les attaques de la Menace sans comprendre ce qu'elle voulait, qui elle visait et qui elle était. Si les recherches au Ministère n'avançaient pas, c'était peut être parce que précisément, ils n'étaient pas à Poudlard. Eux, ils y étaient. Ils étaient en première ligne. Et comme le disait souvent maman, la meilleure force d'un sorcier, c'est son esprit d'équipe. Elle lui prouvait assez fréquemment.

[Terminé]
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MessageSujet: Re: [THEME] La cité de la joie [PV]   Dim 18 Sep - 20:49

Tandis qu'Alan parlait, Prudence grignotait un cookie d'un air pensif. Bien entendu, le biscuit, vulgaire ersatz britannique, ne valait pas les délices irlandais, mais elle s'en accommodait avec grâce, estimant qu'un cookie, tout anglais fût-il, était toujours mieux que pas de cookie du tout. Elle essayait, par ailleurs, de ne pas lorgner d'un oeil avide le dernier morceau de chocolat restant, de peur de passer pour une grosse goinfre malpolie : afin de tromper son envie, la fillette s'efforçait de manger son biscuit le plus lentement possible, dans l'espoir qu'Alan terminerait le chocolat avant qu'elle n'ait plus rien à se mettre sous la dent. Parler de ses tracas à son ami la soulageait visiblement, car son estomac s'était dénoué, et rappelait à présent à son bon souvenir tous les repas de la semaine au cours desquels elle n'avait que vaguement picoré le contenu de son assiette.

- McGonagall, ce qu'elle aimerait, à mon avis, c'est une école remplie de petits élèves bien sages et bien disciplinés, comme toi par exemple... En même temps, ce n'est pas étonnant : elle est trop vieille pour être patiente avec la fougue de la jeunesse, maugréa-t-elle, en levant les yeux au ciel, stéréotype superbe et décomplexée de l'adolescente butée qu'elle était en passe de devenir. Honnêtement, ce serait drôlement chiant ennuyeux, non ? Demanda-t-elle, juste avant de réaliser tout ce que sa remarque pouvait avoir de blessant. Enfin, s'empressa-t-elle de corriger, les joues un peu roses, pas que tu sois chiant ennuyeux ou quoi, hein ! Mais bon... T'es quand même beaucoup plus raisonnable que moi et tu es toujours hyper attentif en classe même pas que tu réponds quand je te parle, c'est limite vexant, je te jure. De toute façon, poursuivit-elle, pour clore le sujet, même si elle acceptait d'écrire une lettre à papa, il ne se laisserait pas convaincre. Maintenant que maman a envenimé la situation en mettant son grain de sel, il doit probablement considérer que c'est une question de principe, de ne pas céder.

La pensée de l'orgueil mal placé de son père - orgueil qu'il avait eu la bonté de lui transmettre - tira un soupir affligé à la Poufsouffle. Elle croqua de nouveau dans son cookie avant de reprendre, sans souci de transition :
- Je t'ai parlé de la fille de Serpentard qui m'a aidée à chercher Rosette, quand vous m'avez lâchement abandonnée, avec Magnus elle avait disparu ? On s'était dit que ce serait chouette, de pouvoir se réunir entre élèves, pour faire des recherches à la bibliothèque... Viska, elle s'appelle. Elle dit qu'il faut réunir des informations sur la dernière guerre pour comprendre ce qui se passe... Tu nous aiderais ? Même si on brise deux ou trois règlements de l'école au passage ? Parce que le seul moyen d'arrêter toute cette psychose, c'est de trouver la Menace, et comme les adultes n'ont pas l'air de savoir comment s'en sortir, il est peut-être temps qu'on se mêle de cette histoire.

Prudence avait apparemment une confiance inébranlable en les capacités d'investigation de sa génération. Elle acheva son biscuit dans un petit bruit de souris affamée, et, revigorée, bondit sur ses pieds :
- Bon, Magnus a dû trouver mieux ailleurs, on ne l'a pas vu rappliquer... On rentre ? Je commence à avoir froid, et comme tu le signalais si justement, j'ai un tas de devoirs à recopier sur toi terminer.
La Poufsouffle sourit largement à son ami, et se baissa pour l'aider à ramasser les reliefs de leur goûter.

[Terminé pour Prue]




     

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