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 Une nouvelle vie commence [PV]

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MessageSujet: Une nouvelle vie commence [PV]   Dim 4 Fév - 13:56





Une vie nouvelle commence
Susan & Quentin Montgomery-Bones

black pumpkin


Après une convalescence de plusieurs jours à Ste Mangouste, c'était un tout autre Quentin Montgomery-Bones qui en était sorti. Fraîchement et presque entièrement réparé par les médicomages du service des pathologies de sortilèges, le policier magique était sorti plein de bonnes résolutions. Déjà, plus de 'policier magique' justement, Quentin avait renoncé à vivre pour mourir au service des tireurs de baguette magique d'élite et avait posé sa démission dans la foulée. Finies les nuits blanches, fini de vivre à son bureau, fini de se faire un sang d'encre toute la sainte journée, fini de laisser s'échapper les maigres indices qu'ils avaient (quand ce n'était pas carrément des suspects), fini Quentin le larbin qui faisait le boulot des autres et fini de n'avoir aucune reconnaissance en passant – toujours - après ces dieux vivants d'Aurors. Assurément, Quentin n'avait pas choisi le bon département pour la gloire et le succès éternel, celui-ci était réservé à Potter et toute sa clique. Maintenant il était papa enfin depuis quelques années certes, mais il faut un petit temps de réaction à tous les hommes, il était temps de songer à un nouveau plan de carrière.

Épuisé de ne plus parler à sa femme ni de voir ses enfants grandir, après la blessure du Chemin de Traverse qu'il devait à Magicis Sacra merci les gars, Quentin eut un déclic. En fait non, l'idée lui trottait dans la tête depuis de longues semaines, mais par conscience professionnelle l'ex-Serpentard s'interdisait même de penser à quitter le navire en pleine tempête. Il l'avait pourtant fait. Avec l'aide inébranlable de Susan qui le soutenait à 100% dans tous ses projets, l'ex-préfet avait dans un premier temps posé sa démission, se libérant ainsi de l'emprise néfaste que l'ambiance du Ministère avait sur lui, pour se reposer ensuite quelques jours au calme.
Ces quelques jours lui avaient permis de réaliser deux choses : que le sud-ouest de l'Angleterre était l'endroit parfait pour démarrer une nouvelle vie. Une vie loin de Pré-au-Lard, de Poudlard, du Ministère, plein de calme et de verdure, une vie où ses 4 enfants pourraient courir dans des parcs de l'herbe non ce n'est pas une légende urbaine sans problème et à l'abri de tout. Pour tous ces critères, Godric's Hollow était parfait. Le village sorcier serait donc leur nouveau chez-eux, c'était décidé.
Ensuite, que la vérité sortait toujours de la bouche des enfants. Lysandre, le plus empathique de ses enfants, voyait son père comme un super-héro, mais il savait aussi voir au delà du tireur d'élite qu'il avait toujours connu. Après une discussion des plus sincères avec son second enfant, le projet de Quentin prit forme plus concrètement : c'était décidé, il allait ouvrir sa propre ménagerie magique. Le projet semblait sortir de nulle part et pourtant, il venait de loin. A l'école déjà, Quentin aimait beaucoup la compagnie des créatures en classe de SACM : les hippogriffes, les licornes, les êtres de l'eau... Lysandre lui avait fait réaliser tout un tas de choses que Quentin – depuis plus de 13 ans - avait enfoui si profondément, qu'il avait presque oublié leur existence. L'ex-Serpentard aimait voyager, chercher, découvrir. Il aimait faire rêver, étonner, émerveiller. Son entrée au Ministère dès la fin de sa scolarité avait bloqué tous les rêves du Serpentard dans un magnifique paquet serti de la lettre 'M'. Il s'était vu évoluer, protéger la veuve et l'orphelin (à une époque où Voldemort venait tout juste de tomber), consacrer sa vie entière à cette merveilleuse machine qu'était le Ministère de la Magie et par la même, s'oublier lui. Tout comme Lysandre, Quentin avait une connexion particulière avec les animaux et dès qu'il imaginait son fils passer les portes de sa boutique, les yeux en forme de cœur plein d'étoiles, il décida qu'elle serait sur le Chemin de Traverse.
Il allait parcourir le monde à la recherche d'animaux toujours plus extraordinaires, inconnus, certains pour les ramener dans sa boutique ou les vendre directement à des passionnés, et d'autres dans le but de les étudier afin de  mieux les comprendre. Les voir et les observer dans leur habitat naturel serait bénéfique et il se faisait déjà une joie de partir à la conquête du monde. Dans cette merveilleuse entreprise, il avait sollicité la présence d'Anabelle, sa sœur cadette. La jeune fille devait justement trouver toute sorte de bois et de garniture d'intérieurs pour l'intérieur de ses baguettes, et avec la présence de Quentin, elle était sûre de trouver de toutes nouvelles parties d'animaux magiques, non encore exploités en baguetterie. Ces expéditions entre frère et sœur emballaient déjà Quentin au plus haut point, mais ça et la construction entière de sa boutique ne l'empêchait cependant pas de ressasser comment le Ministère avait mal accueilli son départ, tout récemment.

- 13 ans, 13 ans à leur service et je pars comme un pestiféré. Il n'y a que Gibson qui m'a remercié du travail accompli, il m'a dit qu'il comprenait ma décision. 'A votre place, je serais parti avant', qu'il me sort. Mais Hermione, rien, même pas un mot. Il était bien loin le temps où on était amis à Poudlard.

Ce que Quentin ne disait pas, c'était qu'il avait toujours été secrètement jaloux sans blague du sort que réservait Granger à Potter et Weasley, ses meilleurs amis. Il n'avait plus supporté avec le temps que le bureau des aurors soit constamment sous les feux de la rampe tandis que les tireurs d'élite, qui effectaient régulièrement des missions bien plus périlleuses qu'eux, restent dans l'ombre. L'évolution fulgurante de la Gryffondor au poste de Ministre n'avait pas aidé Quentin à se sentir mieux : lui qui n'avait jamais réussi à évoluer en 13 ans de carrière car Mr Gibson, son supérieur, restait toujours accroché à son poste à 80 ans et des brouettes. Être ami avec Raphaël n'avait pas aidé le chef du département à pistonner Quentin... Les amitiés de Poudlard se font et se défont, Hermione en était la preuve vivante, et finalement... Ernie aussi.

- Mais ça ne me manquera pas, tout ça. Enfin, je ne verrais plus Ernie tous les jours, ça...

Et ça, ça allait être un changement majeur et une épreuve très difficile. Autant le Ministère et son ambiance stressante ne lui manqueraient pas le moins du monde, autant croiser, travailler parfois avec et faire un point quasiment tous les jours avec son ami allait être brutal comme changement, tant ils lui faisaient du bien. Susan, elle, il la voyait tous les soirs c'était différent, mais maintenant qu'il allait travailler à Traverse, tout allait être changé pour la seule amitié qui comptait vraiment à ses yeux : Mr McMillan himself. Enfin, ce serait comme tout le reste, il s'y ferait.

On lisait une pointe de regrets dans les yeux du Serpentard, qu'il chassa immédiatement en quittant la salle de bain attenante à la chambre. Sorti de la douche en peignoir de la chambre parentale, Quentin enfila un caleçon large puis ensuite un tee-shirt blanc, face au miroir, afin de se brosser les dents. De dos, Susan pouvait ainsi voir encore toute l'étendue des dégâts infligés au corps de son mari : le sort lancé par un des sbires de Magicis Sacra avait causé des dommages irrémédiables au corps du sorcier. Le maléfice cuisant avait brûlé à l'acide une bonne partie de l'épaule et du dos du sorcier et bien que les Médicomages de Ste Mangouste aient fait un travail fabuleux, les cicatrices demeuraient. La douleur bien que contraignante, devenait supportable de jours en jours.

Le brossage des dents terminé et ses cheveux séchés, Quentin se glissa enfin dans son lit. Les enfants étaient au lit et son programme de la journée de demain – bien qu'il devait encore en toucher quelques mots à Susan, puisque ce samedi là il avait besoin d'elle à la boutique – était bien clair dans sa tête. Pour la première fois depuis de long mois, voire de longues années, Quentin allait passer une belle nuit reposante. Était-ce l'effet Godric's Hollow ? Le fait est qu'une nouvelle maison, un nouveau projet, des enfants heureux et une femme magnifique avait de quoi rendre heureux, tout simplement.
Une fois Susan installée à ses côtés dans le lit, il l'embrassa sur le front en lui disant, un sourire malicieux aux lèvres :

- Nous allons secrètement nous réjouir du retour des longues nuits...

Secrètement, parce qu'Artémis faisait enfin des nuits sans cauchemars. Depuis de longs mois, la plus petite et la plus sensible de la famille, véritable éponge à émotions, quittait son lit en pleurs pour rejoindre ses parents, ou le plus souvent, sa maman, car Quentin était absent. Et pour quelqu'un qui ne se rendormait plus quand il était réveillé, c'était un peu contraignant.
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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie commence [PV]   Dim 18 Fév - 19:40

Susan, à moitié assisse sur le rebord de la fenêtre, se battait avec sa veste de pyjama (si, dans un univers parallèle improbable, un magazine féminin gnangnan lui avait demandé de rédiger un article sur les 1001 styles à adopter pour la nuit, elle l’aurait probablement intitulé : « le glamour, c’est bien, le confort, c’est mieux »). Elle l’avait, comme toujours, ôté à la va-vite le matin-même ceux de Poufsouffle aiment travailler et leur patience est proverbiale, de sorte qu’une des manches avait décidé de rejoindre le côté obscur, et s’était – la fourbe – complètement retournée. Après avoir bataillé ferme pour la remettre à l’endroit ( « Accident domestique : une femme a été retrouvée étranglée par sa propre manche de pyjama. Son mari porte plainte contre le fabriquant et espère reconstruire sa vie avec sa jeune secrétaire l’argent du procès »), et boutonné le tout, la Poufsouffle leva les bras et, joignant les mains au-dessus de sa tête, s’étira longuement.

Elle était éreintée. Les dernières semaines avaient été riches en rebondissements, et ce qui aurait dû être un été paisible, était devenu le point de départ de bouleversements qui allaient modifier en profondeur la vie de tous les membres de la famille. Ce n’était pas une surprise pour autant : la nécessité d’un changement couvait depuis des mois, mais l’attaque menée par Magicis Sacra, sur le Chemin de Traverse, avait précipité les choses. La blessure de Quentin avait fait l’effet d’une gifle à Susan. Elle s’était sentie personnellement responsable de la situation, comme si elle avait elle-même lancé le maléfice qui avait brûlé une partie du dos de son mari. Sa culpabilité n’était d’ailleurs pas sans fondement : tout au long de l’année, elle avait assisté, impuissante, à la lente dégradation des conditions de travail du Serpentard.

D’abord il y avait eu la frustration de ne pas parvenir à arrêter, ne serait-ce qu’un membre actif de la Menace alors que dans le même temps, à Poudlard, les élèves humiliaient la police en menant l’enquête avec succès ; puis les tensions sous-jacentes avaient donné lieu à des conflits presque quotidiens, au sein du département ( « Les aurors sont tellement idolâtrés qu’on leur a même cédé notre budget trombones. C’est une honte ! ») ; les journées à rallonge étaient ensuite arrivées, les nuits commencées au bureau « Tu me trompes avec ta stagiaire, c’est ça ? », et les fins de semaine sacrifiées au nom de l’intérêt général étaient devenues la norme ; enfin, stade ultime de la frénésie générale qui semblait avoir pris le Ministère, les missions s’étaient faites de plus en plus fréquentes et hasardeuses, si bien que Susan n’avait plus jamais l’esprit tranquille.

Elle avait néanmoins tu ses angoisses, en même temps que ses interrogations sur la manière dont le Ministère s’y prenait pour gérer la crise. Elle connaissait trop le sens du devoir du Serpentard : exprimer ses réserves n’auraient servi à rien. Il les aurait entendues, mais il ne les aurait pas écoutées. Elles seraient toutefois restées dans un coin de son esprit, d’où elles auraient miné un peu plus encore son moral déjà chancelant. Non, avait-elle tranché, inutile d’ajouter ses peurs au poids qui pesait sur ses épaules ( « Solitude du héros ? Impression de porter, à lui seul, le sort de toute la communauté ? Moui… Nous avons clairement affaire à un Gryffondor… »). Susan avait ainsi gardé ses inquiétudes pour elle et avait vécu en apnée : elle ne respirait librement que lorsque Quentin rentrait au bercail, le plus souvent très tard dans la soirée. Le reste du temps – et ce où qu’elle fût et quoi qu’elle fît - elle attendait le moment où on viendrait l’avertir qu’il y avait eu un « Malheureux accident » dans lequel son mari avait été impliqué / blessé / mutilé / tué (le degré d’intensité de cette partie variant selon son propre niveau d’anxiété).

Assez ironiquement, cependant, ce n’était pas au cours d’une opération officielle que s’était produite la catastrophe qu’elle redoutait depuis des mois. Ce qui n’avait pas empêché Susan, passé le premier état de stupeur, de se sentir coupable. C’était sans doute ridicule, mais elle n’avait pas arrêté de penser, tout le temps qu’avait duré la convalescence du Serpentard, que peut-être, peut-être il aurait fait preuve de davantage de prudence et de sens commun si elle avait parlé. Elle ne pouvait, bien entendu, en être complètement sûre. Ce dont elle était sûre, par contre, c’était que plus jamais elle ne voulait connaître ce sentiment de terreur pure, qui lui avait glacé le cœur, quand elle avait reçu le Hibou Express de Sainte-Mangouste, ni se ronger les sangs devant la porte close d’une salle de soins, en attendant qu’un médicomage vienne la chercher. La période de repos forcé de Quentin avait donc été propice à la réflexion… Et aux changements radicaux ( « Déso, Quentin, mais tes cicatrices me dégoûtent. J’supportais déjà pas le bébé éclair de Potter, alors ta carte géante du delta du Nil… Bref, j’me casse avec ton soigneur. En plus il a le sens de l’humour, lui »). Entre la démission de Quentin ( « Ahaha, excellente initiative… Mais rassure-moi, tu vas continuer à ramener un salaire à la maison ? »), la concrétisation de son projet commercial ( « Voilà, très bonne idée d’ouvrir une boutique pile dans la rue où tu as failli perdre la vie… Une chance sur deux pour qu’elle explose d’ici la fin de l’année, en plus… ») et le déménagement à Godric’s Hollow ( « Au moins on ne sera plus voisins avec la pire dealeuse de tout le pays ! »), auxquels étaient venues s’ajouter les responsabilités liées à sa propre promotion ( « Du coup on ne donnerait prêterait pas les enfants à leurs parrains ? Que je puisse faire semblant de préparer des cours entre une et trois heures du matin ? »), Susan avait eu le sentiment que chaque journée était un nouvel Everest.

En résumé, et à ce stade, si quelqu’un est encore en train de lire ce post, il a gagné mon respect éternel, elle n’aurait pas été contre un rab’ de vacances ( « Ahlàlà, Minerva, c’est bien triste, mais j’ai contracté une forme particulièrement contagieuse de la dragoncelle… Le docteur m’impose un repos absolu dans un pays chaud pour les trois prochains mois. »). Car à présent que les décisions les plus importantes avaient été prises, et, pour la plus grande part, mises en œuvre, l’adrénaline qui lui avait permis de tenir le rythme retombait, et différentes parties de son anatomie venaient lui réclamer l’addition ( « Bonjour, ici tes cervicales. C’est juste pour te prévenir qu’on envisage un mouvement de grève demain… Les vertèbres vont p’têt suivre, elles ne sont pas encore décidées… Allez… On te passe les rotules, je crois qu’elles veulent te parler aussi… Bisous ! »). Elle étouffa un bâillement et plongea la main dans la poche de son pyjama, à la recherche du paquet de mouchoirs qu’elle y gardait généralement elle a des enfants en bas-âge, je te rappelle, on ne sait jamais trop quand ils vont se mettre à vomir.

Le bout de ses doigts entra alors en contact avec une substance gluante non identifiée. Horrifiée, elle retira de sa poche une grosse boulette de pain de mie partiellement miellée et – erk ! – mâchonnée. Merde, c’était là depuis quand ça ? Le souvenir d’Artémis, encore engourdie de sommeil, qui avait passé le petit-déjeuner à grogner sur ses genoux, en grignotant de mauvaise grâce une tartine de miel, remonta à la surface. Le réveil matinal – condition sine qua non du déménagement réussi – n’avait pas été du goût de la fillette, qui s’était montrée d’humeur massacrante presque toute la matinée tout le portrait de son père, cette petite. Apparemment, elle avait profité d’un instant d’inattention de sa mère, qui essayait de la convaincre cette tortionnaire de manger, pour se débarrasser à la va-vite de ce qui restait de sa tartine. Charmant. Vaguement dégoûtée les enfants sont merveilleux, elle ouvrit la fenêtre pour jeter le morceau de pain ( « Oh, ça va, c’est carrément biodégradable ! »).
- Il faudra quand même signaler à cette enfant qu’il y a des poubelles, dans la maison… Maugréa-t-elle, plus pour elle-même que pour Quentin, tandis qu’elle se dirigeait vers le lavabo, devant lequel le Serpentard était en train de pester. Il avait beau avoir démissionné, songea-t-elle, tout en se rinçant les mains, il n’avait pas totalement tourné la page du Ministère. Mais, après tout, il y avait consacré treize ans de son existence. Rien d’étonnant à ce qu’il ressassât son départ.

- Je ne sais pas quoi te dire, répondit-elle, en fixant le reflet de Quentin que lui renvoyait le miroir, sinon que tu as bien fait de partir. Sauf changement radical de ligne politique, je vois mal comment la situation pourrait s’améliorer au Ministère. Elle se tut un instant, et fronça les sourcils. Elle était toujours gênée, quand il s’agissait de parler de l’organisation du Ministère : sa loyauté à l’égard de Quentin la poussait à écouter (et à soutenir) ses récriminations, mais dans le même temps elle plaignait Hermione. Elle n’aurait vraiment pas aimé être dans ses chaussures : gérer le paquebot qu’était le Ministère, qui plus est dans les circonstances actuelles, aurait pu figurer au nombre des travaux d’Hercule. Peut-être manquait-elle de souplesse ou d’empathie, mais à la place de la Gryffondor, Susan aurait rendu les armes depuis bien longtemps. Il n’en restait pas moins que, si elle était soulagée du choix que son époux avait pris de quitter son emploi, les conditions dans lesquelles il avait posé sa démission la désolaient. Je comprends ta frustration, reprit-elle finalement, mais essaye de ne pas trop ruminer, d’accord ? Concentre-toi plutôt sur tout ce qui est à venir. Pour le reste, tu as déjà assez donné.

Elle arrêta son regard sur les cicatrices qui s’étendaient le long du dos de Quentin. Elles étaient toujours aussi impressionnantes. Comme à chaque fois qu’elle les voyait, Susan fut traversée par une violente bouffée de haine à l'encontre de celui qui les avait infligées. Elle aurait aimé l’avoir face à elle, pour lui faire payer de ses propres mains chaque centimètre de peau traumatisée. Cette violence sauvage, qu’elle sentait s’agiter au fond d’elle, s’accordait mal avec son naturel modéré. Son agressivité lui faisait presque peur. Troublée, elle détourna les yeux, et acheva de se préparer, avant de rejoindre Quentin ah bon ? Ils ne font pas chambre à part ?, qui faisait preuve d’un optimisme attendrissant ( « Youhou, tu te rends compte ? On va peut-être avoir six heures ininterrompues de sommeil ! Champaaagne ! »).

Elle lui sourit, contente de le voir heureux c’était même un peu bizarre, et se pencha pour l’embrasser… Mais n’en oublia pas moins de préciser ensuite :
- Longue pour toi, je ne sais pas, mais pour moi, certainement : hors de question que je me relève cette nuit. Si y’en a un qui chouine, je te préviens, je fais semblant de ne rien avoir entendu. En plus tu pourras en profiter pour vider les derniers cartons
Satisfaite de voir ce long post cette longue journée s’achever, la jeune femme enfonça son dos dans l’oreiller. Elle tendit la main pour attraper le roman posé sur la table de chevet (Le divorce pour les nuls), parut hésiter un instant, et finit par la laisser retomber sur les draps. De nouveau, elle se tourna vers son mari, l’air plus sérieuse cette fois :
- Tu penses que ça ira ? Demanda-t-elle, en le dévisageant avec intensité. La question était vague, mais c’est qu’elle s’appliquait à des domaines aussi divers que la nouvelle organisation familiale, l’intégration des enfants dans leur nouvelle école ( « Mais s’ils ne se font pas d’amiiiiiiiis ? ») ou le virage professionnel de Quentin. Tu te sens prêt pour l’ouverture du magasin ? Vu la période, tu as des chances de voir la moitié des futurs élèves de Poudlard débarquer pour trouver un animal de compagnie… Excellente stratégie marketting ! Elle lui sourit encore, et, du dos de la main, lui effleura tendrement la joue. Elle se sentait très fière de lui.
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MessageSujet: Re: Une nouvelle vie commence [PV]   Jeu 29 Mar - 8:28

Susan ne pouvait pas mieux dire : Quentin avait bien fait de quitter le Ministère de la Magie. Non parce que le navire prenait l'eau, qu'il devenait dangereux d'y travailler et que Potter lui piquait ses trombones faire chou-blanc pendant des lustres était extrêmement frustrant, - personnellement et professionnellement parlant - mais parce qu'il en avait assez de vivre loin de ses enfants pas de sa femme, non, ça va. La veille, Lysandre lui avait clairement signifié que Terence, son meilleur ami, avait lui aussi décidé de déménager à l'autre bout du pays. Terence ? Meilleur ami ? Tellement absorbé par des mois de travail, Quentin avait littéralement laissé sa progéniture de côté. Il savait – au final – très peu de choses sur ce qui s'était passé dans leur vie depuis l'arrivée de Magicis Sacra dans la sienne. S'il réussissait parfois à soulager Susan en allant les chercher à l'école tous les 30 février, ses pensées étaient encore bien trop centrées sur le travail pour qu'il daigne écouter sérieusement sa douce marmaille et s'intéresser à leurs journées. En somme : Quentin était devenu le pire père de la création.

- Ce n'est pas tant le Ministère qui m'inquiète : tu sais qu'avant-hier notre petite Artémis m'a très sérieusement demandé qui j'étais ?

C'était une blague, certes, mais ce n'était pas tout à fait dénué de sens. Quentin était presque devenu un étranger pour ses propres enfants et il comptait bien remédier à ça  « Pas question qu'ils soient plus proches de Susan que de moi ! », par tous les moyens en sa possession « Je vais leur offrir un Phénix, ils vont adorer. Non mieux, un Calmar Géant ! Ils auront leur propre Calmar Géant au fond du jardin, aha ! Ça va être bien. Ça va être très bien même. ». Adressant un sourire malicieux à sa roublarde de femme, Quentin ajouta :  

- Il serait temps que je passe plus de temps avec eux, non ? Ça tombe bien, demain il y'a tous les gravas à dégager au magasin, je ne savais pas quoi leur faire faire.

Le soucis c'est que Quentin quittait une galère pour se lancer dans une nouvelle : la création de sa boutique lui prenait beaucoup de temps. Bon, c'était une galère temporaire, certes : une fois la boutique lancée et ouverte, tout allait s'enchaîner plus naturellement surtout quand il serait à l'autre bout du pays avec Anabelle. Susan lui demanda s'il pensait que ça irait, s'il se sentait prêt. Pour la première fois de sa vie, Quentin était sûr de lui un mariage et 4 gosses plus tard, il était temps. La Jobarbille était sa création, son bébé « Marcus laisse ce Petit Duc tranquille, il est A MOI ! », il l'avait pensée de nombreuses semaines, étudiée, réfléchie autant par la forme que par le fond, et il savait que ça allait marcher. Il en était sûr. Peut être parce que cette fois Susan était là pour l'épauler, que les enfants étaient plus grands et le soutenaient aussi à 100%. Ça aussi, ça devait jouer.

- Oui, ça ira, j'en suis sûr. J'espère juste avoir le temps d'ouvrir pour la rentrée.

Quentin réfléchit un court instant, il pensait au chantier qu'il avait laissé au 17 Chemin de Traverse et réfléchissait à ce qu'il lui restait à faire. En plus des infrastructures à créer, à ensorceler et à décorer, il y avait – et c'était bien là toute la difficulté de la chose – une myriade d'animaux à se procurer. En bref, une ouverture à Noël de l'an prochain serait déjà presque un miracle.

- Mais ça m'étonnerai, très franchement. J'ai au moins 4 ou 5 pays différents à faire pour être sûr d'avoir tous les animaux de ma liste. Il va me falloir un certains temps pour arriver à me faire connaître et à avoir un bon réseau, c'est sûr.

Un bon réseau, ça voulait dire tout simplement se faire bien connaître par tous les parcs zoologiques du monde parc à dragons et autres. Entendons par là que tous les animaux magiques ne se trouvent pas en liberté : certains sont recueillis, soignés et protégés dans des parcs spécialisés pour permettre ensuite à d'autres de leur trouver un meilleur foyer : des Quentin en puissance ; Contrairement à ce qu'on croit, un animal heureux n'est pas toujours un animal en liberté. Reviens aussi ensuite à Quentin de trouver des vendeurs, mais aussi et surtout – et c'est là la beauté de sa tâche – de trouver les animaux dans leur habitat naturel. Pour les recueillir quand il le faut, mais aussi et surtout pour les étudier.

- Tu pourras passer à la boutique demain ? J'ai plusieurs sorts d'extension costauds à lancer et seul j'y arrive pas...

Evidement, avoir pour femme le prof de sortilèges de Poudlard, c'était un petit plus bien pratique. S'enfonçant doucement dans sa couette auprès de Susan Quentin s'endormit instantanément. Paf, fin du rp, Quentin ajouta à son intention :

- Tu pourras prendre les petits avec toi, peut être ? J'ai envie de leur montrer comment ça a évolué !

Le lendemain les petits n'avaient toujours pas école comme leur saleté de feignasse de prof de mère, déjà parce que c'était samedi, mais surtout parce qu'ils étaient encore en vacances pendant plusieurs jours. Autant dire que si le chantier leur avait été refusé dans un premier temps (Susan et Quentin s'en était donné à cœur joie de détruire tous les murs non-porteurs de la boutique. Le festival du 'Bombarda', en somme), maintenant que les pièces étaient définies et propres, ça allait sûrement leur faire un choc. Quentin avait hâte de leur expliquer comment il allait découper le magasin en trois parties distinctes (animaux de terre, d'air et d'eau) et surtout quel animal se trouverait dans quelle partie et comment. Bref, ces enfants allaient adorer tout de A à Z.
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