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 PV ¤ Une arrivée furtive

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Daphné Greengrass
Professeur

Parchemins : 104
Âge : 16/06/1980
Actuellement : Professeur de soin aux créatures magiques


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MessageSujet: PV ¤ Une arrivée furtive   Jeu 3 Jan - 22:17

Ernie & Daphné
Avril 2014

Stages of life: Love is the sweetest. Separation is the hardest. Goodbyes are the most painful and reunion the most beautiful.

Il est tard, ce soir, quand Daphné foule le territoire anglais. Différentes sensations parcourent son corps tandis qu'elle prend une grande inspiration en levant la tête vers le ciel : et bien voilà, elle est de retour à Londres. A-t-elle raison de revenir au même endroit où a commencé tant de souffrances ? Non, il n'est plus question de faire machine arrière. Elle inspire une nouvelle fois puis se remet à marcher dans la ville. Son regard parcours chaque endroit où elle se promène. Que cela peut être déconcertant de voir l'évolution d'une ville sans qu'elle n'est réellement changée. Malgré la fraîcheur de la soirée, Daphné profite pleinement des mille et unes lumières scintillantes que la ville émet. Son émerveillement se lit sur son visage : ses grands yeux bleus reflètent les lueurs, ses pommettes hautes sont rosies et ses lèvres s’entrouvrent légèrement. La jeune femme porte à ses oreilles une invention vraiment intéressante des moldus : un casque audio. Elle continue sa visite au rythme de la musique. Son esprit est ailleurs. Ses jambes sont légères et ses mouvements fluides l’entraînent dans un ballet tourbillonnant. Elle aime s'imaginer, telle une héroïne, dansant dans la rue et amenant avec elle toute la populace dans ce flot de bonheur ponctuel.

Au détour d'une rue, elle s'arrête presque trop brusquement. Elle laisse le temps à son regard à s'habituer à l'ombre. Son regard est intense. Ne laissant pas les émotions prendre le dessus, Daphné s'engage d'un pas décidé dans cette ruelle bien sombre. Très vite, elle aperçoit des dizaines de lanternes et dans un mouvement quasi imperceptible, sa mâchoire se ressert. Son corps est tendu jusqu'au bout de ses ongles, vernis d'un vert émeraude. Un petit clin d’œil à sa maison. Son attention se dirige ensuite vers une boutique si connue mais l'où ne va - normalement - qu'une seule fois : La boutique de Monsieur Ollivander. Il ne semble pas avoir fermer le bougre, quel âge peut-il bien avoir aujourd'hui ? Daphné se souvient de s'être fait la même remarque lorsqu'elle est entrée la toute première fois pour chercher sa baguette. Cette pensée la détend quelque peu et si l'on regarde de plus près, il est possible de remarquer, sur les commissures de ses lèvres, un délicat sourire. Elle continue son chemin et remarque quelques changements. Les frères Weasley ont réussi leur pari de tenir une boutique de farces et attrapes. Quels frimeurs c'est deux là. D'autres magasins sont apparus également tels que Woolahan bros., La Gamme d'Or, Black & Red ou encore les Glaces de Florian FortArôme. La vie a reprit ses droits et une odeur d'apaisement flotte dans les airs.

Pourtant c'est au Chaudron Baveur que Daphné s'arrête. Son besoin de retrouver un endroit connu et agréable l'incite définitivement à pousser les portes de ce vieux pub pour sorciers. Une multitudes d'odeurs viennent envahir son nez au moment où elle avance d'en l'antre du dragon et une douce chaleur l'enveloppe délicatement. Elle se sent enfin chez elle. Son manque flagrant d'émotion l'empêche de verser une petite larme de soulagement mais son corps s'est ostensiblement détendu, une main survolant avec légèreté le vieux bois d'une chaise vide. Elle continue son chemin jusqu'à une petite table où elle s'installe tranquillement. Elle dépose sa veste sur la chaise à côté d'elle ainsi que son sac et sa pochette de documents. Demain est le grand jour : un entretien avec la Directrice de Poudlard pour le poste de Professeur de Soins aux Créatures Magiques. Son cœur s’accélère à cette pensée et plusieurs informations surgissent dans sa tête : oui, elle a téléphoné au Ministère afin de mettre à jour les papiers d'accès au territoire des animaux qu'elle transporte. Cela n'a pas été facile à obtenir mais elle doit encore leur rendre visite pour une question de signature et autorisation papier à venir récupérer. Qu'est-ce que l'administration peut être compliquée tout de même pour si peu. Cette manie de toujours vouloir tout maîtriser et savoir dans son pays la rend quelque peu mal à l'aise. Mais elle ne peut déroger à la règle, lui a précisé McGonagall. L'ancienne Serpentarde se refuse de cogiter sur les événements futurs plus longtemps et se lève pour demander une bière-au-beurre.

Une gorgée de la substance et Daphné réalise que ce goût particulier, si doux et sucré, lui a manqué. Après seize ans passée à l'étranger, la jeune femme a toujours suivi les coutumes du pays dans lequel elle se trouve et en a oublié les saveurs de chez elle. Elle ferme les yeux un doux instant et profite de se délice, ne faisant pas attention au reste des sorciers qui s'amusent gaiement - et parfois même un peu trop fortement -. Son casque audio sur ses épaules, elle en profite pour laisser échapper un filet de musique, à peine perceptible à ses oreilles. Si aucun détail n'a échappé à la jolie blonde, il lui reste quand même à trouver un hôtel où passer la nuit. Elle n'est pas pressée de dormir, merci au décalage horaire, mais il est nécessaire d'être perçue comme reposée lors de son entretien. Pas question d'afficher des cernes tombant sur ces pommettes ou le visage tiraillé montrant le début de ses rides - enfin si ride il y a -. Tout est une question de détail, ne pas prendre le risque en fait partie. Elle sort de son sac le livre Les Animaux Fantastiques de Newt Scamander et le feuillette avec désintérêt. En regardant d'un peu plus près, on peut apercevoir que ce livre sert depuis des années : cornés, avec des annotations par-ci par-là, des pages fendus par endroit et des traces de... enfin, il est préférable de ne pas noter cette précision. Daphné continue de siroter sa boisson, perdue dans ses pensées, faisant aller les pages de gauche à droite sans véritable logique.


Dernière édition par Daphné Greengrass le Ven 4 Jan - 23:30, édité 1 fois
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Ernie MacMillan
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Âge : 34 jets de cheveux (7 Octobre 1979)
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MessageSujet: Re: PV ¤ Une arrivée furtive   Ven 4 Jan - 13:32

Il avait fallu à Ernie beaucoup de temps et de courage, pour oser franchir de nouveau la porte du Chaudron Baveur. Lui qui était devenu, après sa sortie de l’école et son installation à Londres, un des plus fidèles piliers de bar clients de l’établissement, s’était fait rare, au cours de l’année écoulée. Pendant plusieurs semaines, même, il avait été incapable de passer devant l’entrée du pub sans être pris d’une irrépressible envie de pleurer, si bien qu’il préférait s’imposer un détour de plusieurs minutes pour rentrer chez lui, plutôt que de se confronter à la vision de l’enseigne bancale et aux sentiments qu’elle faisait fatalement naître en lui. Dans une autre vie, pourtant, le Chaudron Baveur, en devenant le QG officiel de tous ses rendez-vous avec Lisa, avait été la source de bien des bonheurs : c’était là qu’ils avaient passé des heures à refaire le monde, confortablement calés contre le dossier de leur chaise, un verre de bièraubeurre à la main, là que leur amour était né, timide et un peu maladroit, là aussi, qu’il s’était épanoui, avec une force telle qu’elle en était effrayante, parfois. Et puis… Et puis la trahison, le secret levé, le cœur qui vole en éclats, le départ de Lisa. Du jour au lendemain, la jeune femme avait disparu faites entrer l’accusé et, avec elle, la meilleure partie de sa vie.

Alors, chaque fois qu’Ernie apercevait l’entrée du pub, un vide immense semblait lui envahir le cœur, et il se sentait saisi d’une angoisse si puissante qu’elle en devenait douloureuse, tandis que revenait à son esprit, encore et encore, la même question lancinante : comment allait-il bien pouvoir vivre, désormais ? Certains matins, d’ailleurs, en se levant, triste et abattu avant même que la journée n’eût commencé, il était pris par la certitude glaçante qu’il n’y arriverait pas. Pendant des mois, Ernie avait avancé dans le brouillard. Sa vie était comme suspendue, arrêtée à ce moment fatal où Lisa était partie à cause de lui. Son existence se résumait à quelques automatismes. Se lever. Se nourrir. Travailler. Travailler. Travailler. Travailler à s’en abrutir. Travailler encore pour étouffer son chagrin. Rentrer – le plus tard possible. Dormir – le plus profondément possible. Anesthésier, en somme, les débris de son cœur.

Cependant, le temps qui guérit tout avait guéri cela aussi : son amour total, intense, passionnel pour Lisa. Ou plutôt, il l’avait adouci, affadi, et comme dompté. Il avait alors eu l’impression de sortir d’une longue maladie, pour entrer dans une phase de convalescence, délicate d’abord, toute allusion à Lisa menaçant de le faire rechuter, mais bientôt de plus en plus assurée. Déjà la douleur refluait, et ses souvenirs, en s’éloignant, se transformaient et se nimbaient d’une nostalgie nouvelle. Un peu avant la fin de l’hiver, par un froid lundi de Février, sur une impulsion soudaine, Ernie était retourné au Chaudron. Tom n’avait fait aucune remarque, quand il l’avait vu revenir, après des mois d’absence, mais, ce jour-là, il avait refusé qu’Ernie paie son repas, se contentant de grommeler, tandis qu’il lui servait une généreuse part de tarte à la mélasse (sa deuxième de la soirée), que c’était « la maison qui régalait ». Le jeune homme en avait été profondément touché. Depuis, il avait renoué avec sa vieille marotte : quitter le Ministère aux alentours de vingt heures, plusieurs rouleaux de parchemins soigneusement rangés dans son cartable avec son nom brodé dessus, juste à côté d’une licorne rose trop kawaii, pour aller dîner au pub.

Ce soir-là, installé seul à sa table habituelle – suffisamment en retrait pour ne pas être gêné par les conversations du bar, mais assez centrale pour que Tom le repère immédiatement s’il avait besoin de quelque chose (une nouvelle théière, une part d’apple pie ou un chaton à étrangler pour calmer ses nerfs, mis à rude épreuve par l’absurdité de certaines politiques internationales), - indifférent au brouhaha joyeux des autres consommateurs, Ernie travaillait. Une plume à la main, il étudiait avec intérêt une carte détaillé de l’Ouganda, qui avait le mérite d’être accompagnée de notes plutôt exhaustives sur la situation politique globale du pays, les relations qu’il entretenait avec la communauté internationale, aussi bien sorcière que moldue, les dernières positions de son Ministère de la Magie, notamment en ce qui concernait la montée en puissance de Magicis Sacra, la répartition des sorciers sur le territoire, et ses principales richesses. Un peu plus loin sur la table, un dossier de plusieurs pages attendait encore qu’il s’y intéresse : Jade lui avait préparé un rapport complet sur chacun des membres de la délégation ougandaise, dont l’arrivée était prévue pour la semaine suivante, et, à en juger par l’épaisseur de la chemise, elle avait bien travaillé.

Malgré lui, Ernie esquissa un sourire, satisfait de constater l’ardeur avec laquelle la jeune femme s’était acquittée de sa tâche. De fait, aux yeux du Poufsouffle, dresser le portrait des ambassadeurs était au moins aussi important que de maîtriser les flux économiques de leur pays. Des accords commerciaux importants devaient être discutés au cours de la visite des Ougandais, et Ernie savait pertinemment que la réussite ou l’échec de leur signature résidait dans des détails apparemment aussi insignifiants que le type de poissons servi à table, ou le sujet des tableaux accrochés aux murs. Les notes de Jade allaient lui être essentielles pour préparer la rencontre.
Mais plus que la perspective de donner un nouveau souffle à la production britannique des chaudrons en cuivre (« Des chaudrons solides et élégants pour réussir toutes vos potions ! » ) et de voir les exportations de Brossdur (« Le balai officiel de l’équipe de Pologne ! Brossdur, et la victoire dure ! ») augmenter, Ernie nourrissait le secret espoir de convaincre leurs hôtes de s’engager à respecter toute une série de lois internationales qu’ils avaient, jusqu’à présent, toujours outrageusement bafoué (« Pardon ? La protection de la faune sauvage ? Jamais entendu parler… »).

Le nez toujours plongé dans la carte, Ernie tendit une main vers sa tasse de thé… Et constata qu’elle était vide. Scandale. Il lâcha sa plume, releva la tête et, étendant ses bras au-dessus de son crâne, s’étira longuement avant de quitter sa chaise pour se diriger vers le bar, déterminé à commander, cette fois, une pleine théière et, s’il en restait encore, une part de crumble aux pommes. Tandis que Tom la lui préparait, il s’appuya négligemment sur le comptoir, et se perdit dans la contemplation de la salle des fois que quelqu’un viendrait lui voler ses précieux dossiers. Son regard glissa deux fois sur le visage de la dernière cliente à avoir poussé la porte du pub, avant de s’y attacher. Il fronça les sourcils. Et des vestiges d’une vie passée remontèrent à la surface. Il était question d’une fille étrange, de confiture de framboises et d’une invitation au bal. D’un goût d’inachevé, aussi. Ernie écarquilla les yeux de surprise.

Avant même de réaliser ce qu’il faisait, le jeune homme s'était avancé jusqu’à la table de Daphné :
- Greengrass ? Lâcha-t-il d’un ton dubitatif, comme s’il s’attendait à ce qu’on le détrompe aussitôt (« Ah non, désolée Monsieur, moi c’est Teagarden, et je vous préviens tout de suite, mon mari arrive, et il est très costaud… »), Vous n’étiez pas brune, avant ?
Une entrée en matière surprenante, mais Merlin seul savait à quel point la question capillaire primait, quand on s’appelait MacMillan.
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Daphné Greengrass
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MessageSujet: Re: PV ¤ Une arrivée furtive   Ven 4 Jan - 22:53


Depuis quelques minutes, le regard de la jeune femme se focalise sur un point invisible, légèrement au dessus des pages, provoquant ainsi une vision floue de son livre préféré. Les aiguilles de l'horloge ralentissent jusqu'à leur arrêt absolu. Les bruits sourds des éclats de rires et autres sons ambiants atteignent de moins en moins la jolie blonde. Les mouvements des sorciers se font plus longs, plus étendus, avant de s'estomper de sa vue périphérique. Le temps semble comme suspendu. Seule l'odeur de la bière-au-beurre vient encore chatouiller les narines de l'ancienne verte et argent. Les pages continuent de tourner progressivement de gauche à droite, de droite à gauche sans véritable détermination. Ses doigts fins glissent sur chacune des pages, lui donnant l'illusion d'une caresse apaisante. Daphné se sent perdue. Malgré sa passion pour les créatures magiques qui l'amène au bout du monde, c'est ici qu'elle se sent chez elle. Comme si l'Angleterre l'attire implacablement, l'implorant de rentrer sur ses terres brumeuses. Chaque extrémité de son corps refroidit imperceptiblement en dépit de la chaleur du vieux bar. La musique continue de lui faire écho, au travers de son casque audio, plongeant un peu plus la Serpentarde révolue dans ses méandres chimériques. Son souffle est faible, quasiment inexistant. Chaque parcelle de Daphné revendique la contradiction : son corps n'est qu'incandescence quand son cœur n'est que glace. Son âme appelle à vivre sur les terres celtiques pendant que son corps lui incombe de fuir. Deux entités antinomiques qui cohabitent l'une avec l'autre avec véhémence et témérité.

D'un geste machinal, elle attrape sa bière-au-beurre. Le liquide tiède envahit sa bouche puis sa gorge, la réchauffant instantanément. Tous ses sens sont à l'affût. Le contact, presque douloureux, de ses doigts froids contre la choppe tempérée attisent sa perception sensorielle. Ses grands yeux bleus s'ouvrent avec ferveur. Depuis quand les a-t-elle fermés au juste ? Le cliquetis de l'horloge résonne dans son esprit. Le temps s'accélère. Vite. Trop vite. Le bruit foudroie les tympans de la jeune femme dans un chahut incohérent : des rires abondants, des mains qui claquent un peu trop fort sur les vieilles tables en bois, des débits de parole en continue, une tasse qui tombe dans un fracas tonitruant, les crissements de chaises en bois qui se retournent, la surprise de quelques sorciers qui reprennent presque instantanément leurs discussions animées, le grognement d'une voix grave et profonde qui lance un sortilège de réparation, les pas qui font grincer négligemment le plancher... Le regard de Daphné est toujours plongé dans le livre déposé sur la table dont les pages sont aplaties par sa main droite. Des pas. Les pas d'une marche assurée, tranquille. Elle se tétanise en comprenant que ceux-ci s'approchent dangereusement d'elle. Elle n'est pas encore prête pour affronter la sociabilité. Pas encore. Pas prête du tout même. Son esprit se veut pragmatique : sûrement une serveuse qu'elle n'a pas vu qui vient lui proposer une nouvelle bière-au-beurre ou un morceau de tarte à la mélasse ? Son regard se pose instinctivement sur sa choppe. Mince, elle est encore à moitié pleine. Horreur. Elle réfléchie à vive allure, ses doigts crispés sur le verre chaud. En continuant de baisser la tête, Daphné se persuade que la personne va renoncer à l'aborder. Une idée lui vient alors : les toilettes ! Cela ne peut être que cette solution plus que réaliste.

Les secondes s'écoulent et Daphné tente de cacher tant bien que mal son malaise grandissement. Elle respire profondément et affiche un visage impénétrable. Ses pensées se bousculent et ses yeux se déplacent dans des mouvements linéaires. Savoir-vivre, Greengrass, savoir-vivre. Ses doigts se resserrent un peu plus sur la choppe pendant qu'elle essaie d'esquisser un sourire qui se veut naturel. Raté, trop crispé. Les coins de ses lèvres retombent aussi sec. Comment sourit-on déjà ? Faire bonne figure, faire bonne figure. Concentrée sur ses pensées nouvelles, elle mordille inconsciemment sa lèvre inférieure. Par tous les dragons, elle a pourtant pris soin de choisir la table la plus reculée de la pièce afin d'éviter justement ce genre de situation. Comment est-ce possible ? Les pas s'arrêtent devant sa table mais elle n'arrive toujours pas à lever les yeux pour faire face à l'individu. Elle prépare sa phrase comme si elle s'attend à une question précise (« Un morceau de tarte à la mélasse, Mademoiselle ? »). A la place de cette question, son nom tombe comme un couperet. « Greengrass ? ». Cette voix calme, chaude, emprunte d'une sympathie naturelle avec une pointe surprise tinte dans les oreilles de Daphné.  Elle ne réalise pas tout de suite. Comment cet homme peut-il connaître son nom. Désorientée, elle lève la tête, les yeux un brin écarquillé, sa lèvre inférieure toujours maintenue entre ses dents. Elle le détaille avec curiosité. Il semble la reconnaître bravo Daphné, quelle perspicacité. Son nez se fronce tandis ses souvenirs défilent. Après une contemplation, un poil trop attardée, elle plonge son regard dans les yeux du jeune homme. « MacMillan ? ». Vient-elle de parler ? Vraiment ? Comment est-ce possible ?

Tous les souvenirs de MacMillan se percutent en mémoire comme un boomerang qu'on ne voit pas revenir. Quelle claque monumentale. Le visage du blondinet prends forme dans son esprit, lorsque dans un passé lointain, elle le regarde une toute dernière fois avant de rejoindre le diable Raphaël le soir du bal de quatrième année. Une boule se forme dans sa gorge en même temps que ses lèvres s'entrouvrent. Il n'a pas vraiment changé. Enfin si, évidemment. Il a grandi, ses cheveux ont poussé, la naissance d'une barbe bien rasé, une voix au timbre médium. Bref, ce n'est plus le petit blondinet à la bouille de bébé, casse-pied. Durant un quart de seconde, on peut lire dans les yeux de la blonde, une certaine admiration qui s’entremêle avec une profonde reconnaissance. Toutefois, hors de question de le lui avouer. Même contrainte à la torture, Daphné nie tout en bloc. La seconde question de l'ancien Poufsouffle la ramène à la réalité. Brune. Ses cheveux. Quoi ? Vraiment ? Est-il sérieux en lui demandant ça ? Cela lui semble tellement hors de propos, tellement hors du temps. C'est alors qu'elle sourit, baisse faiblement la tête tout en fermant les yeux. MacMillan, il n'a vraiment pas changé. Elle lève à nouveau la tête pour lui faire face. Par Merlin, il est grand. Ses grands yeux bleus ont une lueur amusée et se plonge dans ceux de MacMillan Le Grand. Elle le fixe intensément sans se dépeindre de son sourire en coin « Vous avez l’œil averti. ». Mille questions se pressent dans la tête de Daphné mais se ravise aussitôt. Un soupir s'échappe alors de sa bouche. Comment réagir face à une vieille connaissance et qui plus est la seule qui ne lui a jamais fait de mal ? Par tous les dragons, que c'est difficile d'exprimer ses émotions. « Je... ». Elle doute puis son hésitation s'amoindrit et elle reprend sans se rendre compte que son corps s'est entièrement décontracté. « Je suis ravie de vous revoir, MacMillan. ».

Ah ah ! Daphné grande conquérante des terres inconnues de la gentillesse a réussi son premier challenge. Ce n'est pas si difficile finalement. Elle se sent soulagée d'un poids aussi lourd que le monde Atlas ? Où es-tu ?. En plus d'être cordiale et polie, sa réplique est avenante. Satisfaite par son exploit ne lésinons pas sur ses efforts, ses lèvres s'étirent en un sourire franc, éclatant. Qui ose dire qu'elle ne sait pas sourire ? On peut même affirmer qu'elle ressemble à n'importe quelle femme aimable. De peur de ne paraître benêt, elle reprend une neutralité sur son visage. Que va penser MacMillan de cet air ahuri ? Des deux, c'est quand même lui l'idiot. Aaaah, Daphné, la Serpentarde, rusée et roublarde est de retour. Ne ditons pas « Chassez le naturel, il revient au galop. ». La jeune femme se racle la gorge, ne sachant pas comment enchaîner. Vient-il seulement la saluer avant de repartir ? Souhaite-t-il une conversation, on-ne-peut-plus-banal, sur comment s'occuper des cheveux blonds de Daphné ? Veut-il boire en sa compagnie une bière-au-beurre ? Dans un dernier élan spontané, Daphné se redresse pour lui faire face. Il est vraiment grand. Même debout, elle est obligée de lever la tête pour le regarder dans les yeux. « Cela fait longtemps... » souffle-t-elle plus pour elle que lui. « Partageriez-vous une bière-au-beurre avec moi, en souvenir du bon vieux temps ? ». Elle le regarde puis fronce les sourcils, soucieuse de ce qu'elle lui demande. « Enfin... une bière-au-beurre ou tout autre boisson qui vous plaise, évidemment. ». Son regard est attentif. Elle le scrute avec patience et détermination. Elle ne veut pas laisser échapper la moindre petite réaction du jeune homme. En cet instant, aucune magie ne peut remplacer la chaleur, la douceur et l'intensité de ce regard.
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