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 Sous le soleil de Satan — M. Symphonie

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Ferdinand Wieder
Ministère

Parchemins : 41
Âge : Soixante-dix ans, mais gardez-vous bien de lui demander son âge !
Actuellement : Commissaire à la Sécurité et aux Renseignement secrets auprès de la Confédération Internationale des Sorciers ; ancien Ambassadeur.


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MessageSujet: Sous le soleil de Satan — M. Symphonie   Sous le soleil de Satan — M. Symphonie EmptyVen 26 Juil - 12:54

Sous le soleil de Satan



Le mal avait de multiples visages. Il aimait en jouer, par ailleurs ; se déguiser et se draper d'innocence et d'insouciance, se blottissant alors dans les recoins de la confiance des damnés qu'il croisait sur son désertique chemin. L'être humain, par volonté de comprendre et de capter ce qui lui était étranger lui avait imposé noms et visages, afin de mieux l'apprivoiser. C'est une manière touchante de faire croire qu'on peut contrôler les grands hasards et les grands silences de la vie. La mort, le destin, le malheur ; autant d'éléments qui constituent ce qu'on appelle généralement le malheur. Autant de silences qu'on ne contrôle pas, qui attendent dans un coin jusqu'au jour où ils s'imposent et face auxquels on n'a ni contrôle ni réponse. Il faut bien tenter de les saisir, un temps, on leur dotant de signes, de symboles qu'on fait perdurer de générations en génération.
C'est ainsi qu'est né Satan, dans l'imaginaire chrétien - conscience à l'aune entre Orient et Occident. Un motif commun, partagé ; un mythème compris par tous. Satan était devenu l'expression même du mal, de la tentation, mais surtout celle de la chute. Il était l'ange rejeté, celui qui avait perdu l'absolu ; sûrement, donc, la plus proche incarnation de bien des êtres sur terre.
On avait fini par y projeter des fantasmes et des rêves. Satan était rapidement devenu l'être proche de la chair, de faillibilité de l'Homme. En cela, il se rapprochait pleinement de ce qu'était l'Homme dans toutes ses questions, dans l'ensemble de ses désirs et de ses défaites. Alors, progressivement, on avait pensé que Satan se trouvait en chacun, et qu'il pouvait prendre les formes les plus tentatrices mais surtout banales. Une jeune enfant, un homme marchant sur un chemin de campagne croisant un curé, une vieille dame repliée sur elle-même brinquebalant son petit sac brodé dans une rue parisienne. Un ensemble d'êtres aussi monstrueux qu'humains, aussi vivants que tentateurs. On avait fini par croire à la banalité du mal, à la possibilité qu'il puisse naître en chacun au détour d'une mauvaise rencontre, d'un hasard malheureux ou d'une émotion trop humaine et vivante.
Peut-être avait-on eu tort de ne plus nous méfier de Satan.

Wieder marchait, seul.
Derrière lui, Poudlard était illuminée par un soleil de fin de matinée. Bientôt, les élèves termineraient leurs cours et iraient déjeuner.
Il sortait à peine de son rendez-vous avec Erel Pentagast, la scientifique nommée par le Ministère de la Magie anglais pour enquêter sur les exactions de la Magicis Sacra. L'entretien avait été intense, et le Commissaire à la Sécurité et aux Renseignement secrets avait appris un certain nombre de choses. Des choses factuelles, mais aussi des éléments intéressants dans la personnalité et la conscience de la jeune femme. C'était toujours sensiblement pertinent que de rencontres des individus de la race humaine. On y sentait leur odeur, celle de l'espérance, de la crainte, de l'angoisse, du contrôle de soi, de la confiance en soi, même. Pour Wieder, l'Homme était un terrain d'exercice infini ; c'était le lieu et le moment pour lui d'influer sur les caractères, d'observer les réactions instantanées, les noter, les retenir pour mieux comprendre le prochain individu rencontré ; c'était surtout l'occasion de s'oublier pour comprendre et contrôler l'autre, le saisir. Ferdinand redevenait enfant à chacune de ses rencontres. Il jouait, s'amusait, comme lorsqu'il évoluait dans les salons officiels du manoir Wieder à Berlin, jeune enfant, passant de robes en robes, de pantalons de costumes à d'autres jambes fines et élancées. Il redevait cet être oublié qui buvait tout de ce qui sortait de la bouche des adultes.
Et tandis qu'il marchait, certes assez difficilement au vu de sa petite taille et de sa silhouette grassouillette, il repensait à tous les éléments qu'il avait emmagasiné pendant sa précédente rencontre. Autant d'informations qu'il gardait pour lui, souvent, préférant les adjoindre aux enquêtes de la Confédération Internationale quand et comme bon lui semblait. C'était ainsi qu'il soignait son influence et son pouvoir, puisqu'il se définissait avant tout par ce paradoxal instinct de survie désintéressé mais pourtant tellement égoïste.

Depuis son entrée dans la politique diplomatique, autrement dit depuis presque cinquante ans, Ferdinand Wieder s'était construit un réseau international et éclectique. Officiellement, il était entouré d'ambassadeurs, de ministres, d'intellectuels, de chefs d'entreprise, d'artistes, d'aventuriers ; autant de personnalités fortes et influentes qui l'accueillaient à bras ouverts lors de ses visites diplomatiques internationales. Autant d'être qui ne vivaient que par ces soirées mondaines interminables des salons dorés, par ces cocktails hypocrites où les sourires cachaient des poignards. C'était ici un monde officiel, celui qui négociait officiellement, celui à qui on avait confié des responsabilités, celui qu'on trouvait photographié dans les revues et les articles de presse.
Mais il y avait un autre monde, plus souterrain, et finalement bien plus réaliste. Wieder l'avait construit tel un démiurge attentif et soigneux. Et s'il paraissait souvent mondain, excentrique et tonitruant en public, il était en secret appliqué, perfectionniste et manipulateur. Ses espions, ceux qu'il aimait à appeler ses petits oiseaux n'étaient cachés de personne. Tous ceux qui connaissaient Ferdinand Wieder savaient que des espions et des mouchards étaient, à travers le monde, à sa solde. A la sienne, et à lui seul. La Confédération Internationale le savait, elle aussi. Le Manitou Suprême fermait les yeux, parce que les temps étaient durs et que les oisillons de l'Araignée Wieder était à leur service. La plus grande influence de Wieder en découlait. Une des trois parties de sa fortune familiale passait grandement par l'entretien de ce réseau d'espionnage. Et les membres de ce vaste réseau international ne dépendaient que de cet argent. Mais le contrat était clair, et probablement bien plus honnête que les milliers signés dans les ministères et les ambassades.
D'une certaine manière, le maître des espions de la Confédération Internationale de la Sorcellerie avait bien plus confiance en ces êtres secrets, méprisables, simples, discrets, versatiles, corruptibles, intéressés et vénaux qu'en bien d'autres plus présentables.
Ils étaient humains et faibles.
Comme lui.
Ou presque.

C'était justement à la rencontre d'une de ces personnes paradoxales et étranges qu'il partait. Aucune action de Ferdinand Wieder n'était hasardeuse ou inutile. Leur agencement dans le quotidien était prévu d'avance et produit par de longues heures de recherches.
En enquêtant sur la main-mise de la Magicis Sacra sur Poudlard, Wieder avait épluché les témoignages réalisés auprès des Aurors anglais. Mis en relation avec d'autres rapports de quelques espions, il en était arrivé à une liste plus ou moins exacte de personnalités qui étaient intervenues au cours de la libération de l'école écossaise. Des noms logiques s'y trouvaient - bien que Wieder se méfiait toujours du vraisemblable et creusait là où il semblait y avoir le plus d'évidences -, mais d'autres surprenant étaient apparu. Une infirmière de Sainte-Mangouste, que Wieder chercherait à rencontrer plus tard, le gérant d'une ménagerie magique et, enfin, la propriétaire d'une boutique de vêtements de luxe. Des noms étrangement postés là ; ils avaient aidé à la libération de Poudlard, comme ceux qu'on appelait l'Ordre du Phénix en 1998 lors de la célèbre bataille éponyme. Mais ceux-ci ne portaient aucun étendard, ne répondaient à l'ordre d'aucune bannière ou manitou quelconque. Ils s'y étaient rendus et avaient lutté contre une secte qui, finalement, était bien moins connue que l'étaient Gellert Grindelwald ou Tom Elvis Jédusor. Défendaient-ils une cause? Des personnes en particulier? Une école? Des souvenirs? Servaient-ils de marionnettes entre les mains de la secte qui faisait croire en une vaste opération de résistance afin d'appuyer son réel pouvoir et sa réelle influence?
Autant de questions, et encore bien d'autres, qui motivaient le Commissaire à la Sécurité et aux Renseignements Secrets. Elles expliquaient cette marche solitaire dans ce chemin tortueux qui reliait Poudlard à Pré-au-Lard.

Ici, il était, pour la plupart, un inconnu.
Wieder était ce type de politicien qu'on voit partout, mais dans les très hautes sphères. On connaissait son nom, mais simplement parce qu'on le croisait dans quelques journaux de temps en temps. Il ne disposait d'aucun pouvoir local précis puisqu'il oeuvrait principalement dans l'ombre, sans que personne ne se doute de quoi que ce soit.
Ses gardes du corps l'attendaient à Pré-au-lard. Il avait exigé une solitude totale depuis Poudlard, et relative une fois dans le village. Ils se devaient de le protéger, de le surveiller - ils étaient, après tout, payés pour cela - mais cette fois-ci, il fallait qu'ils soient invisibles. Ces derniers avaient troqué leurs costumes noirs en tenues de villageois ou de touristes. Ils avaient l'habitude, maintenant, de suivre Ferdinand Wieder.

Le vieux dandy, qui laissait derrière lui cette étrange odeur de sucre coulant et de lavande douce, évoluait dans les rues calmes de Pré-au-lard. Sa démarche était caractéristique d'un homme de la haute-société qui avait un rang à tenir. On avait même l'impression que le vieil homme dansait en marchant, déposant délicatement ses pieds et effectuant une chorégraphie douce et élégante. Il ignorait magistralement ce monde du commun qui le regardait quand même passer ; c'était rare de voir un bourgeois passer dans ce petit village. Le dernier habitué des lieux s'appelait Slughorn, et cela faisait maintenant quelques années qu'il avait pris sa retraite.
Il entra dans une boutique de vêtements que tous connaissaient. L'acteur montait sur scène, et le drame promettait d'être intéressant.

La petite cloche sonna, et le Commissaire à la Sécurité et aux Renseignements secrets auprès de la Confédération internationale de la Sorcellerie fit un petit sourire à l'encontre de la propriétaire des lieux. Ses dossiers et rapports ne mentaient pas, la tête qu'il voyait devant lui correspondait bien à celle des nombreuses photographies prises pendant l'enquête.
Il y avait, chez cette femme, quelque chose qui intéressait Wieder.

« Bonjour, très chère madame. Je revenais d'un rendez-vous professionnel, et me voilà soudainement happé par votre boutique ! Wieder parlait élégamment, comme si chaque syllabe était onctueusement mâchée dans sa grasse bouche. Vous avez là des pièces d'une incomparable beauté ! Des tissus que vous devez probablement faire venir de bien loin, n'est-il pas? »

Wieder s'approcha, un large sourire sur ses lèvres contrastant avec cet éternel regard froid et insensible qui transparaissait de ses yeux gris.

« Les vêtements sont, après tout, et bien avant les yeux, le miroir de notre âme, je le crains. Ils révèlent nos espoirs, nos doutes, nos désirs... Wieder marchait, et touchait délicatement de ses potelées mains les différents vêtements qui se présentaient à lui. Ils sont la porte vers ce que nous sommes au plus profond de nous. On y verra la jeune fille devenue femme et mère qui tente de toujours séduire son mari. L'ambitieux jeune homme qui se doit de correspondre aux critères mondains mais qui n'a pas l'argent nécessaire pour mettre des moyens à son ambition sociale. Ou même encore ce père de famille qui cherche la pièce rare à offrir à sa femme après l'avoir trompée avec la première catin trouvée dans la rue, et qui rêverait tant de porter ce magnifique foulard, juste une fois. Ferdinand tourna la tête vers la femme qui se tenait maintenant près de lui. Alors, que révèlent-ils de vous, chère madame? Tous ces habits habiles et précieux que vous vendez et manipulez si bien? »

Le Commissaire à la Sécurité et aux Renseignements secrets avança sa grasse main vers madame Symphonie. Une odeur de lavande s'élança alors vers la jeune femme.

« Quel malpoli animal je fais, pardonnez cet outrage ! Ferdinand Wieder, Commissaire chargé de la Sécurité et des Renseignements secrets auprès de la Confédération Internationale de la Sorcellerie. »



« Wider, en ancien allemand Widar ou Widari, signifie "contre", "face à", parfois "envers". Et il lançait des exemples en l'air: Widerchrist, "antéchrist"; Widerhaken, "crochet, croc"; Widerraten, "dissuasion"; Widerklage, "contre-accusation", Widernatürlichkeit, "monstruosité" et "aberration". Tous ces mots lui paraissaient hautement révélateurs. » R. Bolaño, Etoile distante
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Myrielle Symphonie
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MessageSujet: Re: Sous le soleil de Satan — M. Symphonie   Sous le soleil de Satan — M. Symphonie EmptyVen 26 Juil - 17:03

« Ayélet ! Tu n’as pas un peu fini de courir partout ? Monte sur ce tabouret que je prenne tes mensurations une bonne fois pour toute ! Ta robe ne va pas se coudre toute seule ! » Myrielle regardait sa fille, six ans et demi, jouer à cache cache avec sa grenouille dans sa boutique. La sulfureuse rousse n’avait pas pu la mettre à l’école ce matin-là car son compagnon, Alexis Montgomery, devait l’emmener chez le médecin à Londres. Il existait une petite probabilité, non négligeable, que le petit diable aux cheveux d’un joli blond vénitien tirant sur le roux soit atteint de la même pathologie que son père, maladie qui atteignait différents organes et dont Myrielle ne voulait pas pour sa fille. Sauf qu’on ne choisissait pas, la génétique n’ayant rien à voir avec la magie. Les piqûres et autres prises de sang n’ayant pas mise Ayélet dans de bonnes dispositions pour retourner en classe à son retour, Myrielle la gardait à la boutique pour la journée et espérait en profiter pour lui coudre sa robe pour les fêtes qui approchaient. La fillette ne l’entendait pas exactement de cette oreille et sa mère se demandait si elle n’allait pas devoir sévir.

Finalement, Ayélet obtempéra, sûrement parce qu’elle considérait avoir assez jouée. Myrielle put donc la hisser sur le tabouret et prendre ses mesures. Comme son fils, qui avait maintenant douze ans, Ayélet grandissait à une vitesse qui l’impressionnait. « Maman ! Fais attention avec tes aiguilles ! Je déteste les aiguilles ! » La rouquine soupira : elle se souvenait peu de la période où elle avait l’âge qu’avait actuellement sa fille, mais elle était sûre qu’elle avait été bien moins peureuse. Son entraînement avait commencé peu après qu’elle ait appris à marcher. Comme on lui avait principalement fait l’école à la maison, son temps était partagé en trois temps distincts : entraînements au combat, cours à l’école de danse de salon trois fois par semaine et leçons traditionnelles. Nathan était beaucoup plus âgé qu’elle donc quand elle était enfant, il était souvent à Poudlard. C’était sa grand-mère, Myriam, qui s’occupait d’elle. Si la vieille dame ne l’avait jamais martyrisé comme l’avait fait Nathan, elle n’avait pas non plus été tendre. À l’époque, personne ne pouvait dire ce que les Malefoy attendraient d’eux : Myrielle devait maîtriser toutes les arcanes de son art avant d’entrer à Poudlard.

Sa fille ne subissait pas toutes ces pressions. En tant que première née de la nouvelle génération, c’était probablement Viska qui reprendrait le flambeau des Symphonie. Si elle n’en voulait pas, son fils, Alexandre était le deuxième en lice. Ayélet subirait un entraînement digne de ce nom un jour, mais il n’y avait aucune urgence à ce qu’elle apprenne à se battre. Elle pouvait avoir l’enfance auquel sa mère n’avait pas eu le droit. « C’est bon, tu peux descendre mais va plutôt jouer dans l’arrière boutique avec Megan. » Ou plutôt : va donc te mettre dans les pattes de Megan plutôt que dans les miennes. Myrielle commença à dessiner le patron de la robe de sa fille. Pour que sa lourde chevelure rousse ne la gêne pas, elle l’avait relevé en un chignon qui laissait voir un peu de sa nuque et de son tatouage. Parmi les nombreux sévices que son frère lui avait fait subir, la marquer au fer rouge du sceau de leur famille avait sûrement été le moment le plus douloureux et le plus difficile. Elle avait honte des diverses marques qui parcouraient son corps lorsqu’elle était adolescente, cette honte avait disparu. Elle n’irait pas jusqu’à les afficher volontairement mais elle était plus à l’aise avec ses cicatrices : elles étaient la preuve qu’elle s’était battue pour survivre et suivre la voie qu’elle avait choisi.

Le tintement de la cloche éveilla tous les sens de la rousse et elle était déjà levée quand l’odeur sucrée lui monta au nez. Le visage ne lui était pas connu et ce verbiage ne lui inspirait pas confiance. Son regard d’un bleu acier fixait son visiteur et sous des airs de vendeuse affable, Myrielle était sur ses gardes, comme elle l’était toujours quand un étranger entrait dans sa boutique. Elle savait à la seconde près combien de temps il lui fallait pour dégainer sa baguette d’une main et son poignard de l’autre. Elle avait déjà repéré, machinalement, par habitude, les points stratégiques de son vis à vis. Il ne faisait jamais de mal de jeter un coup d’œil aux fragiles artères qu’elle devrait viser en cas de menace.

Depuis que son fils et sa nièce avaient été séparés d’elle pendant deux mois à cause de Magicis Sacra, elle était encore plus attentive à ce qui se passait autour d’elle. Elle avait pleinement conscience que la période de paix qu’elle avait vécu pendant près de quinze ans était terminée et que c’était de nouveau la guerre. Autrefois, elle n’avait pas pris parti avant la dernière des batailles. Cela lui avait été difficile parce qu’elle s’était toujours plus sentie l’âme d’une justicière plus que d’un assassin, mais la vie en décidait autrement et sa loyauté allait à Drago. Ce dernier n’avait pas encore d’enfant à Poudlard alors il restait totalement à l’écart de ce nouveau conflit. Myrielle n’avait pas ce luxe car bien au-dessus encore du serment qui la liait à son ancien camarade de classe, il y avait la sécurité de sa famille au sens large et, surtout, de son fils. Elle détestait l’idée qu’Alexandre ait à vivre une période aussi troublée que quand elle était élève.

L’homme parlait beaucoup. Mais Myrielle n’était pas sans remarquer qu’il ne disait rien de véritablement intéressant. Il était toujours possible qu’il veuille vraiment lui commander une tenue mais elle en doutait, sinon, pourquoi lui demanderait-il ce que ses créations disaient d’elle ? Et bien que sa manière de parler agaça profondément Myrielle – dont le mauvais caractère était presque aussi connu que son manque de patience -, il ne faisait rien qui justifia qu’elle sorte ses armes. Et puisqu’il lui posait une question, elle allait bien devoir lui répondre…

Cela lui demanda de faire preuve de toute la retenue et de tout le savoir vivre que sa grand-mère avait pu lui inculquer lors des soirées mondaines qu’on lui infligeait enfant : « Enchantée Monsieur Wieder, Myrielle Symphonie, simple styliste. » Un peu de fausse modestie n’avait jamais tué personne (sans mauvais jeu de mot avec son autre talent). « Pour répondre à votre question, je suppose que mes créations dévoilent ma volonté d’élever l’élégance au rang d’art. Il y a effectivement des tissus précieux, mais j’ai aussi de nombreuses pièces meilleur marché pour les bourses plus modestes. Tous les sorciers ont le droit d’être bien habillés. » Elle doutait qu’il soit vraiment venu débattre qualité du tissu et objectif professionnel. Elle n’avait pas relevé la partie la concernant en propre, il pouvait parfaitement voir ses vêtements : ils étaient les mêmes que ceux qu’elle portait presque toujours, soit une robe bordeaux, longue, des bottines à lacets noires, un corset ouvragé en cuir qui possédait une cache subtile mais pas invisible dans son décolleté pour son poignard… le tout était complété par une cape qui descendait jusqu’à ses cuisses, assortie au reste de sa tenue, et quand elle sortait, elle mettait un petit chapeau qui aidait ses cheveux à tenir en place.

Outre le petit poignard dans son corsage, elle en avait deux autres sur elle, mieux dissimulés. Les Symphonie ne faisant plus parler d’eux depuis longtemps, il y avait encore des sorciers qui ne connaissaient pas leur réputation, ils étaient cependant rares car la grande majorité de sa clientèle étaient des personnes de sa génération ou les enfants de ceux-ci. Or Myrielle n’avait jamais fait un mystère de sa dangerosité, elle n’était pas un serpent sournois qui dodelinait de la tête avant de mordre l’ennemi, elle était plutôt de ceux qui sifflent pour prévenir du danger et qui n’auront aucune pitié pour ceux qui la braveront néanmoins.

Son palmarès n’était pourtant pas encore totalement complet, elle espérait bien avoir un jour la tête de Freja Blomberg, cheffe de Magicis Sacra, pour tout le mal qu’elle avait fait à ses proches. Myrielle s’était battu contre elle une fois, il y avait plus d’un an, sur le chemin de traverse. Si elle n’avait pas perdu, elle n’avait pas gagné non plus. Cette peste était puissante. La rouquine se demanda pourquoi l’image de Freja s’imposait à elle, peut-être parce que cette démone avait une tendance au verbiage aussi importante que celle de son visiteur ? Allez savoir.

Considérant qu’ils avaient passé assez de temps debout à se regarder, gris contre bleu, elle désigna des chaises. C’était là qu’elle discutait avec ses clients des modèles qu’ils voulaient, car elle ne faisait que du sur mesure. « Désirez-vous vous asseoir ? »


Rose Noire & Poignard
« La victime meurt face à un assassin. L'assassin, lui, meurt face au monde entier. » (⚡) Les Milles Symphonies de Dieu
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Ferdinand Wieder
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MessageSujet: Re: Sous le soleil de Satan — M. Symphonie   Sous le soleil de Satan — M. Symphonie EmptyMer 7 Aoû - 18:58

Espionner avait toujours été, pour Ferdinand Wieder, un jeu d'enfant. C'était un certitude que pour lui, l'art de lire entre les lignes, celui de collecter des informations, de les recouper, de parier des faits et d'en attendre d'autres revenait à vivre, à être naturel. Il dirigeait ses espions comme on une reine grasse dirige ses abeilles ; les espions, eux, butinaient tous les jours, dans les vastes plaines des fleurs mondiales et rapportaient le miel à la source. La ruche grossissait et devenait de plus en plus importante. On avait même fini par varier les tâches ; certaines abeilles protégeaient la reine, d'autres s'assuraient de la survie alimentaires et d'autres enfants, les ouvrières, travaillaient sans relâche. C'était une machine extrêmement bien conçue, protégée de toutes parts, influente dans les plus gros cercles politiques. Ferdinand Wieder avait réussi à se rendre indispensable, dans un domaine absolument inconnu pour ceux de son nom. Entrepreneurs, aventuriers, négociateurs et chefs d'entreprise, les Wieder n'avaient aucun sens de l'espionnage, ni même de la responsabilité politique. Décider par des idées pour des états était une chose bien trop lente, pour eux, et bien moins rentable. On y perdait son temps, son argent et sa crédibilité, et ce depuis des générations.
Ferdinand Wieder, le dernier des Wieder à l'époque, avait donc surpris tout le monde en pénétrant dans les grands salons d'ambassades. Petit à petit, le diplomate de salons dorés s'était révélé être un Wieder politicien. Il avait trouvé le moyen de rendre rentable l'activité politique et avait mis en place une infrastructure en mesure de placer ses idées plus rapidement sur le devant de la scène. Le maître des espions avait rapidement remplacé le diplomate. L'international ne lui avait servi alors que de couverture et de vaste terrain de jeu, étendant son réseau au-delà des frontières et des gouvernements, le rendant libre et quasiment autonome. Et désormais qu'il dirigeait un des plus puissants Commissariats de la Confédération Internationale de la Sorcellerie, celui de la Sécurité et des Renseignements Secrets, Ferdinand Wieder jouait cartes sur table.
Et ce n'était pas nécessairement pour le mieux.

Depuis qu'il était si haut placé, Ferdinand Wieder était aussi une cible à abattre. Politiquement, et ainsi, de l'intérieur, puisqu'il constituait une menace pour beaucoup de ses congénères. Certains rêvaient de son poste, d'autres en voulaient d'autres mais savaient que l'Araignée en connaissait beaucoup à leur sujet ; beaucoup trop pour qu'ils puissent espérer un jour gravir les échelons de la politique gouvernementale. D'autres encore avaient subi les trahisons, coups bas et complots fomentés par Wieder au moins une fois pendant le demi-siècle durant lequel le maître espion avait sévi.
Les ennemis venaient aussi de l'extérieur ; inexorables, inépuisables, ils étaient l'hydre aux mille et une têtes qui se renouvelaient sans cesse. Il y avait eu les autorités internationales, après la chute de Grindelwald, puis Dumbledore, puis Voldemort, puis enfin les illuminés de la Magicis Sacra. Des ennemis intelligents et robustes, qui avaient en plus d'autres charmantes qualités celle, inestimable, de se reprendre vie à chaque cycle avec de nouvelles forces et de nouvelles idées. Wieder ne les craignait pas ; ils étaient le poids nécessaire à l'équilibre du monde, au conflit essentiel. Caïn, Abel, Ramsès, Moïse, Rémus, Romulus, Polynice, Etéocle, Atrée, Thyeste... Ils étaient les innombrables frères se déchirant, les dépositaires des luttes intestines intrinsèques à l'existence des mondes. Wieder avait naturellement appris à s'en habituer ; il était même de ceux qui s'amusaient à rééquilibrer les éléments quand certains échouaient. Tout n'était, il en était persuadé, qu'une question de lumière et d'ombre, de regard et d'oubli. Le pouvoir se situe là où la plupart croit qu'il se situe... A peu de choses près, c'est Rémus qui aurait gagné le combat, et Rome n'aurait jamais été Rome. Il se devait qu'un tyran gagne, et ce fut un des deux frères. L'équilibre avait été respecté.
C'était bien de lui-même que Ferdinand Wieder avait peur. Et il savait désormais, à soixante-dix ans, et après une vie secrète, après des complots, des trahisons, des heures acharnées sur des dossiers à négocier des accords diplomatiques, il savait désormais qu'il était arrivé au bout du monde, sentant fragilement les vagues de la Mer Glaciale qui, de son bleu noirâtre, attendait de l'engloutir. Il savait sa fin proche, et la préparait astucieusement.

Le dossier qu'on lui avait transmis, sur Myrielle Symphonie, était sûrement un des plus intéressants car un des plus vides. Rien, ou quasiment rien, et il savait déjà qu'elle deviendrait l'une de ses plus grandes alliées. Découvrir ce nom lui avait fait sentir les limites de son pouvoir, lui avait donné envie de braver les risques et d'aller la rencontrer, lui, celui qui trônait au poste de numéro deux de la Confédération Internationale de la Sorcellerie. Et il était ici, lui, Ferdinand Wieder, face au ravin que la mort avait creusé pour lui, lui Ferdinand Wieder, était ici et savait que désormais quelques chose d'exceptionnel se déroulait.
Myrielle Symphonie avait composé sa vie avec secret, ce qui plaisait à Ferdinand Wieder. Elle aussi était un monstre puisqu'une immense partie de sa vie était inconnue, presque détachée du reste de ce qui était connu. Elle était un être hybride, en plusieurs parties ; l'incohérence était sa cohérence, sa structure même.
Alors face à l'inconnu, Ferdinand Wieder avait enquêté. Des semaines, remplies de nuits à chercher, à interroger, à tuer, même. L'Araignée était sortie de sa toile pour chasser, prenant le risque d'être attaquée à son tour, le risque de tout perdre. Il était allé interroger le passé. Le passé est toujours très proche du présent. Il invente des ponts. Un visage se retrouve, quelques cinq ou six années plus tard, au détour d'une rue. Des mots résonnent soudainement, entendus une nuit d'amour avec un amant transpirant vingt ans plus tôt. Le passé aime jouer avec son frère le présent et prend de multiples formes dans le coeur des Hommes. Chacun y projette alors ce qu'il veut y projeter, et le moindre hasard factuel devient un événement reliant l'avant et le maintenant. Des noms avaient surgi... Flammes, Nathan, Damian, Joshua et puis Dawn. Un frère, des Mangemorts, un nom si célèbre pour ceux qui savent écouter. Wieder avait tout remué, puis tout refermé. Et il s'était mis en marche.

« M'asseoir? Les yeux globuleux de Wieder s'écarquillèrent comme si, soudainement, ils allaient sortir de leurs orbites. Dieux ! Mon enfant, me voilà touché en plein cœur. Il pouffa comme une vieille grand-mère gâtée par ses petits-enfants. J'en suis tout chose... Vous êtes bien prévenante ! Ou alors, mon périple hivernal provoquerait-il en vous un profond sentiment étrangement mêlé de charité et de pitié? »

Il pouffa de nouveau, laissant tomber avec grâce son petit corps gras de politicien.
Puisqu'on semblait le prendre pour un vieil excentrique, il avait décidé en jouer et de faire de son vieil âge un avantage.
Il sortit d'un métal ouvragé en argent une très fine cigarette qu'il porta aussitôt à ses lèvres. Un fin mouvement de ses doigts dodus au bout de la cigarette fit quelques braises et il put tirer une première bouffée de ce fin bâton.

« Cet hiver qui n'en finit pas ! N'est-il pas, ma chère? Vous devez voir vos clients s'amoindrir à vue d'oeil, et ce n'est guère le Professeur McGonagall qui viendrait ici refaire sa garde-robe ! A l'instant même, la petite moue pincée qu'il fit avec ses lèvres roses et dodues donnèrent l'impression que les deux se connaissaient depuis des siècles, et que la médisance et le commérage étaient devenues leurs activités favorites. Je suis moi-même fils de commerçant, le saviez-vous? Un commerce mondial réunissant une des plus grandes fortunes d'Europe, et non une simple boutique d'un village écossais, du reste... C'est ma tendre soeur, Hilda, qui dirige l'entreprise familiale de sa main de fer ! Une âme de guerrière et la langue d'une diplomate, je puis vous l'assurer ! »

A nouveau Wieder tira sur sa cigarette.
C'était probablement une des rares fois où il parlait de Hilda Wieder, sa grande-soeur, et probablement l'une de ses plus proches protectrices. Réputée pour son intransigeance, mais aussi et surtout pour sa froide discrétion, celle qui dirigeait désormais l'ensemble des entreprises Wieder se tenait à distance du grand monde que son petit frère Ferdinand s'assurait de manipuler et d'assembler à sa guide. Elle l'avait, finalement, toujours vu comme un enfant s'amusant dangereusement avec des jouets qui ne comprenaient rien à ce qui leur arrivait. De ce pauvre être, elle en avait tiré une profonde affection et la promesse qu'elle le protégerait toujours. Ferdinand Wieder était le plus exposé des trois enfants, mais il n'était pas seul. D'autres surveillaient, dans l'ombre, la potentielle attaque.
Probablement pour ne pas voir la menace secrète, intrinsèque.
Après tout, elle aussi était une Wieder et comme tous les Wieder, elle avait depuis très longtemps les yeux crevés qui ne voulaient voir que ce qu'ils cherchaient à voir.

Assis là, Ferdinand Wieder faisait part de sa vulnérabilité.
Entouré de sa fumée, enfoncé dans un fauteuil moelleux face à une personne qu'il s'agit intelligemment dangereuse, il avait fini par renoncer à se protéger, du moins en apparence.
Il n'avait jamais fait si vieux, lui qui pourtant avait connu deux guerres, était toujours présent dans les plus grandes réceptions auprès des plus grands. C'était comme si, dans ce village écossais enneigé, perché dans les monts brumeux près de Poudlard, cet homme du grand-monde s'accordait une pause, une halte dans sa descente aux enfers. Car ce qu'il avait entrepris, il savait déjà que cela l'amènerait à vivre sa dernière grande aventure auprès des vivants, ou du moins de ce qu'il en restait. Ainsi enfoncé dans un fauteuil moelleux, celui qui avait conseillé des Ministres, mené des Accords internationaux, dirigeait désormais le plus grand réseau d'espionnage était redevenu, le temps quelques minutes, un être parmi les êtres, une âme parmi les âmes, un coeur parmi les coeurs. Il savait que cette rencontre serait capitale dans son présent et pour son futur. Il l'avait soigneusement préparée et il savait qu'elle serait décisive pour la suite.
Il tira une nouvelle bouffée de cigarette.
Ses yeux gris et froids se perdirent pendant quelques secondes dans les volutes de fumée que sa cigarette avait provoquées.
Sans doute existe-t-il des êtres faits pour se rencontrer, ou un agencement de faits qui poussent de grands inconnus à faire de petites rencontres millimétrées et terriblement fragiles. Perclus ici, enfoncé dans son fauteuil moelleux, Ferdinand Wieder ne sentait pas le vent glacial et fouettant qui tournait dans les rues du village. Il était au chaud.

« Un grand événement m'attend, ma chère, et je cherche la meilleure tenue qui soit. Le vieil homme replia sa jambe droite sur sa gauche, et posa délicatement une de ses mains dodues dessus. Son mouvement activa un doucereux parfum de lavande et de miel. Cela pouvait en devenir particulièrement entêtant. Je me dédie pleinement à vous et n'écouterai que vous ! Que percevez-vous de moi? Quel habit me donnerez-vous, mon enfant? »

Les termes du contrat étaient donnés.
Wieder avait longtemps travaillé pour trouver son égal sur terre. Il avait une garde rapprochée ; Philippe de Saint-Clair, Constance, Hilda et ses chers petits oiseaux. Ils l'entouraient, le protégeaient ; il était leur Reine, grasse, dodue, au milieu d'une tonne de miel, au milieu de sa toile. Mais jamais il n'avait encore trouvé celui ou celle qui, un jour, pourrait prendre sa suite.
Alors quand des noms étaient apparus, et qu'il avait enquêté, il avait compris qu'il en avait trouvé une, une potentielle suite. Des semaines durant, il avait disparu et enquêté. Il avait interrogé bon nombre de personnes fragiles, faibles. Faibles par amour, fragiles par destin, par faille familiale, par déficience affective. Ceux-là, s'il ne les avait pas éliminés, il les savait perdus et s'éliminant seuls dans leur lutte inespérée contre eux-mêmes, contre le destin qu'ils s'étaient crées. Ils étaient des perdus, et Wieder en avait rencontré des milliers dans toute sa vie. Des âmes vides, dès sa jeunesse enfance. Celle de sa mère, violée, celle de son père, violeur, celle de ceux qui malgré le crime venaient se repaître dans le sang sale des Wieder. Ceux-là, les hypocrites vendeurs de rêves, négociateurs de destins et pourfendeurs d'avenir ; ils s'étaient rués dans les salons Wieder, à la quête d'une notoriété, d'argent ou d'une existence de quelques heures. Enfant, encore innocent, encore pauvre de ce qu'on appelle la connaissance, encore ignorant de qui est Satan, de ce qu'est l'Enfer, de ce que le diable fait du monde des vivants, enfant de tout il s'était avancé dans les robes de satin et les pantalons de soie. Il avait écouté les conversations, surpris les mains baladeuses, les tics nerveux au bout des doigts. Un deux trois, un deux trois, un deux trois, un deux trois. Il en aurait même vomi de ces danses à n'en plus finir, de ces effluves d'êtres en perte totale d'eux-mêmes, de cette société grandissante de haine et de mensonges. Il avait senti les espoirs de nuits, ceux de voir l'amante ou l'amant en sueur, il avait senti les amours impossibles et les affinités mystérieuses.
Et tout ce qu'il voulait voir et vivre, c'était les montagnes. Les montagnes d'Islande, les montagnes de Norvège, les immenses étendues d'arbres et de glaces.

Alors à nouveau perdu dans le tumulte des voix anciennes et faibles, à nouveau occupé à écouter les inintéressants, Ferdinand Wieder l'avait trouvée. Un petit dossier, minuscule ; pourtant, le meilleur de ses oisillons y avait mis toute sa peine pour tout rassembler ; il n'y était jamais arrivé. Peut-être avait-il trouvé celle qui nouerait avec lui le contrat de transformation, le contrat de sa métamorphose. Peut-être enfant avait-il trouvé celle qui le ferait mourir et quitter la danse ; quitter les salons, les sofas de cuir, les verres de vin, les sourires blancs d'hypocrisie.
Quitter le vent qui pousse et fait tomber et accueillir la mort au bout du monde et au bord de l'océan des âges.



« Wider, en ancien allemand Widar ou Widari, signifie "contre", "face à", parfois "envers". Et il lançait des exemples en l'air: Widerchrist, "antéchrist"; Widerhaken, "crochet, croc"; Widerraten, "dissuasion"; Widerklage, "contre-accusation", Widernatürlichkeit, "monstruosité" et "aberration". Tous ces mots lui paraissaient hautement révélateurs. » R. Bolaño, Etoile distante
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Myrielle Symphonie
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MessageSujet: Re: Sous le soleil de Satan — M. Symphonie   Sous le soleil de Satan — M. Symphonie EmptySam 10 Aoû - 19:15

Myrielle observait toujours le vieil homme mais elle agissait comme si de rien n’était. Pourtant, elle détacha son chignon, ses cheveux se répandant dans un parfum de rose autour de ses épaules. Elle garda ainsi la longue aiguille fine dans une main. Cet objet aux apparences anodines pouvait parfaitement lui servir d’arme si elle l’utilisait correctement mais ce n’était pas le but de son geste : elle avait simplement voulu recouvrir le tatouage sur sa nuque. Une rose entrelaçant un poignard était la marque de sa famille. Il était assez courant chez les sorciers que les membres des vieilles familles portent un bijou ou un tatouage avec leurs armoiries. Celle des Symphonie avait été gravé au fer rouge sur sa peau. Elle n’était alors qu’une enfant, une pré-adolescente formatée par les idées de son frère, pourtant la douleur cuisante de cet instant n’avait jamais quitté ses souvenirs.

Elle ignorait ce que cet homme faisait ici, ce qu’il lui voulait réellement, aussi, elle optait pour le plus de discrétion possible. Même si les Symphonie étaient une famille de l’ombre – celle des Malefoy plus précisément -, les signes distinctifs pouvaient en dire plus qu’elle ne souhaitait. Elle agissait ainsi par pur automatisme, ses instincts de conservation étant nettement plus affûtés que son intelligence. Myrielle n’avait jamais été à proprement parler bête, mais face aux énigmes de MS, personne ne comptait sur elle (et c’était plus sage ainsi). Toutes les décisions malines et toutes les ruses dont elle usait et abusait provenaient de cet instinct aiguisé par l’entraînement et rendu sûr par les épreuves.

Par exemple, après avoir passé la majeure partie de son adolescence à rêver d’un grand mariage en robe blanche, Myrielle n’avait finalement jamais épousé son conjoint. Elle vivait avec, avait même eu deux enfants avec lui si on passe sur les détails de la conception du premier, néanmoins, elle avait fini par décider de ne pas se marier. Elle n’avait pas fait de longues recherches pour en arriver à ce résultat, son instinct lui avait seulement soufflé que c’était une mauvaise idée, que cela pourrait retourner le fameux pacte qui la liait aux Malefoy contre la famille de son mari. Imaginez si les Montgomery – aussi nombreux que des gouttes d’eau un jour de pluie – en venaient à être sous les ordres des Malefoy parce qu’elle aurait épousé Alexis ? Le monde sorcier ne s’en serait peut-être jamais remis !

« Je ne serais pas une bonne commerçante si je ne prenais pas soin de mes clients. Il sera, en outre, plus aisé pour vous de consulter mes lourds catalogues confortablement installé. » dit-elle en ponctant ses paroles d’un sourire indulgent. Elle-même montra l’exemple et s’assit devant les croquis de la robe d’Ayélet qu’elle rassembla et mis de côté pour faire apparaître à leur place le catalogue pour homme de sa collection.

En d’autres circonstances, elle aurait interdit à cet étranger de fumer chez elle. Sa fille était à côté et elle prenait très au sérieux les dégâts du tabac sur de jeunes poumons. Toutefois, comme Megan devait avoir entendu le léger cliquetis annonçant un client, Ayélet avait peu de chance de venir les rejoindre. Et Myrielle tenait à ce que son client se sente à l’aise… qu’il parle, cesse son petit jeu, et lui dévoile ce qu’il voulait vraiment. Entrer dans un débat sur les risques du tabagisme passif serait contre-productif au vu de ces objectifs. « Détrompez-vous, monsieur, le bal de Noël est notre période la plus faste avec toutes ces commandes de robes de soirée et de costumes. Vous pourriez aussi être étonné des goûts vestimentaires du professeur McGonagall, ils sont très classiques, mais elle apprécie la qualité de nos vêtements. » Myrielle avait été l’élève de McGonagall, comme la plupart des petits anglais. Elle ne faisait pas parti de ses plus grandes fans mais elle avait apprécié, à l’époque, l’impartialité du professeur de métamorphose. Bien que directrice de Gryffondor, elle n’avait jamais noté différemment les élèves de sa maison ou ceux de Serpentard – alors maison rivale des lions -. Si la vieille dame n’était certes pas sa meilleure cliente, il arrivait qu’elle passe la voir, tout particulièrement à l’approche des fêtes.

« Non, je l’ignorais, mais je dois vous avouer que votre nom ne m’est pas familier. Il ne faut pas en prendre ombrage, je ne sors plus beaucoup dans le monde. » Et, pour être totalement franche, elle ne se souvenait pas d’une famille Wieder quand elle était encore prise dans une vague de mondanité, entre 9 et 14 ans environ. Cela ne signifiait pas grand-chose, tout comme sa réputation n’était connue que de ceux de sa génération, elle ne connaissait réellement que les familles des sorciers avoisinant son âge. Si Monsieur Wieder n’avait eu ni enfant ni neveu à Poudlard en même temps que Myrielle, il n’y avait aucune chance pour qu’elle s’en souvienne. Elle était du genre à mettre de côté tout ce qui lui était inutile et considérait comme tel pas mal de choses et pas mal de gens. « Mais je suis sûre que votre sœur pratique avec toute l’habileté nécessaire l’adage qui veut que l’on use d’une main de fer dans un gant de velours en affaire. » Ajouta-t-elle tout de même pour ne pas laisser mourir la conversation. Si elle préférait éviter de parler de son frère Nathan, elle savait être intarissable sur son demi-frère Clément ou sa sœur d’adoption Clara quand les sujets s’y prêtaient.

Il prétendit chercher un habit pour une cérémonie importante. Ne se laissant pas déconcentrer par l’odeur douceâtre qui se mêlait à celle de la cigarette, elle ouvrit l’un des catalogues : « Il me faudrait plus de renseignement sur cette cérémonie mais je vous verrais plutôt dans une tenue d’un bordeaux profond, le rouge est toujours trop tape à l’œil lors des soirées officielles mais c’est une couleur de pouvoir, il suffit de la prendre dans ses teintes les plus foncés pour ne pas agresser le regard. » Myrielle en savait quelque chose, elle qui avait eu les cheveux rouge pendant toute sa scolarité. Elle était repassé à son roux naturel qu’une fois adulte, pensant qu’elle inspirerait plus de confiance et de sérieux si elle abandonnait certains de ses artifices. C’était aussi à cette période qu’elle était revenue à ses habitudes d’enfant de porter des robes longues, les mini-jupes n’ayant été qu’une passade encouragée par ses amies de Poudlard. Elle se sentait toujours plus « classe » quand elle sentait le tissu froufrouter à ses pieds.


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