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 Arrrrrrg [PV - Thème]

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Prudence Faraday
Préfète de Poufsouffle

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MessageSujet: Arrrrrrg [PV - Thème]   Arrrrrrg [PV - Thème] EmptyLun 9 Sep - 18:21

- Aaaaaaaaaarg…
Prudence était rongée par le mal. Allongée dans un des lits étroits de l’infirmerie, les couvertures remontées jusqu’au menton – malgré les recommandations de Mme Pomfresh, qui soutenait qu’elle ne faisait qu’entretenir sa fièvre et « Ne m’obligez pas à venir vous les confisquer, Miss Faraday ! » – la jeune fille râlait par intermittence, dans l’espoir d’obtenir un peu d’attention de la part de l’infirmière ou, à défaut, de celle de son assistante. Une soif inextinguible lui brûlait la gorge, mais la distance qui la séparait du broc d’eau froide (à vue de nez trois mètres) lui semblait insurmontable. Hélas ! La grippe semblait être la tendance de la saison : la moitié de Poudlard s’était donné rendez-vous à l’infirmerie, et, au milieu des toussotements, crachotements, voire vomissements (les gens ne savaient pas se tenir, franchement !) des élèves, les plaintes de Prudence restaient inaudibles.

- Complot… Sneurfsneurf… Veulent me tuer… Threuthreu… Coup de McGonagall… Kofkofkof… C’est qu’j’ch’ais des choses, moi, aaaaaargle… Grommela-t-elle, entre deux reniflements, tandis que son esprit divaguait.
Il y avait quarante-huit heures que la Poufsouffe gisait là, après que, vaincue par un mal de tête d’une intensité qui lui était jusqu’alors inconnue ( « Mon cerveau cuit, Alan… »), elle se fut écroulée sur sa table de cours, obligeant le Professeur McGonagall à interrompre une explication absolument fascinante sur la transformation des cochons d’Indes en râpes à fromage ( « Waouh, encore une métamorphose utile au quotidien et tout-à-fait en accord avec la défense de la cause animale. Merveilleux. »).
Depuis, elle oscillait entre les périodes de veille brumeuse (elle était, ainsi, convaincue que le spectre de Godric Gryffondor était venu se gausser de leur récente défaite au Quidditch, et elle n’en démordrait pas, même une fois guérie) et des phases de sommeil agité (probablement parce que le bruit de ses propres ronflements – elle avait le nez bouché – la réveillait en sursaut).

Et, alors que ses oreilles sifflaient de la pimentine administrée par Mme Pomfresh ( « Z’auriez pas une aspirine, plutôt ? »), qu’une petite sueur de mauvais augure lui chauffait tout le corps, et qu’elle ne pouvait bouger un orteil sans avoir la sensation que toute la pièce se mettait à tanguer ( « Pas très efficace, votre remède, là… »), elle avait eu tout le temps de laisser son imagination s’emballer, et, la fièvre aidant, perdre tout contact avec la réalité. Elle était désormais persuadée que la maladie qui la rongeait n’avait rien à voir avec la vulgaire épidémie, qui faisait des ravages parmi ses camarades, mais n’était que la suite logique d’une malédiction lancée juste avant le match de Quidditch, et dont le but évident était de déstabiliser l’équipe de Poufsouffe : les autres maisons avaient dû prendre ombrage de leurs victoires répétées et s’allier pour trouver un moyen de les éliminer. Comment expliquer, sinon, qu’elle se retrouvât sur ce lit d’agonie, elle qui n’était quasiment jamais malade ?

D’ailleurs, on ne la lui faisait pas, à elle ; elle avait eu la grippe à Noël, l’année précédente : le mal qui la rongeait, était mille fois pire. Malheureusement, elle n’avait aucun espoir de voir les coupables punis : les directeurs de maison devaient être de mèche (ils étaient peut-être même les instigateurs de ce crime !) et, si elle venait à périr (le don inné de Prudence pour le mélodrame semblait grandir avec elle), il ne fallait pas compter sur le Ministère pour mener l’enquête : ces pignoufs avaient depuis longtemps montré l’étendue de leur incompétence. Sa seule consolation était de savoir qu’elle n’aurait pas à rendre sa dissertation d’Histoire de la Magie le lendemain matin ( « Les révoltes des Gobelins : vestiges du passé ou menaces pour notre monde contemporain ? » « Wesh, tu m’as prise pour une politologue ou bien ? »).

- Machine… Hep… Machine… Croassa-t-elle, à l’attention de sa voisine, dont elle ne voyait rien d’autre, pour le moment, qu’une touffe de cheveux clairs. Dans un grognement, elle se redressa sur le coude pour mieux la regarder. Houlà, ça tourne… Soudain très pâle la cuvette, Prue attendit que le décor se fût stabilisé pour reprendre d’une voix pâteuse : Ah, c’est toi Charlotte… Ils t’ont eu aussi, hein… Tu m’passerais l’eau, s’te plaît ? Je suis ta préfète, tu me dois le respect et l’obéissance.- Super, merci. Et maintenant dis-moi : est-ce qu’il y a un poney en nœud papillon devant mon lit, ou est-ce que je délire sévère ?

[753 mots]


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Charlotte Follet
Poufsouffle

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MessageSujet: Re: Arrrrrrg [PV - Thème]   Arrrrrrg [PV - Thème] EmptyLun 9 Sep - 22:19

Arrrrrrg [PV - Thème] Toile_11

Le lac noir. Le lac noir sous un ciel gris. Non. Le lac noir, sous un ciel bleu. Oui, un ciel bleu, illuminé de soleil était plus joli. Son pinceau à la main, la nuit tombée, Charlotte était posée devant une toile à moitié blanche, dans son dortoir. La jeune fille avait commencé plus tôt dans l'année un paysage - comme elle se plaisait si souvent à le faire depuis qu'elle vivait à Poudlard, l'Écosse regorgeait d'endroits magnifiques - donnant sur le lac noir et les landes écossaises (malgré ses nombreuses prières, le Calmar Géant n'était jamais apparu devant elle) et avait commencé par l'herbe, le lac et les couleurs froides. Seul problème, le temps ce jour là n'était pas resplendissant pour un mois de janvier parce que tout le monde sait qu'en janvier il fait grand beau temps, en Écosse et le ciel de ce tableau froid et peu engageant de l'inspirait pas. Elle voulait de la couleur, beaucoup de couleurs, de la joie et un peu d'espoir même : l'hiver avait beau être une saison qui annonçait sa fête préférée – Pâques Noël – elle en demeurait très froide et peu invitante à la ribouldingue fête. Charlotte avait toujours préféré les douces nuits de Printemps, les arbres en fleurs et cette farandole de couleurs qui lui apportait toujours beaucoup de baume au cœur et l'envie irrémédiable de sautiller dans des champs.
Mais pas que. La sorcière aimait les contrastes, les ciels cieux ? chargés de nuages où un soleil puissant caché tenait quand même à être vu. Un beau soleil. Allez, c'était parti. Allons-y pour un ciel ensoleillé, mais contrasté, où les nuages se tentaient eux-même de la couleur de l'astre, un ciel qu'elle avait déjà vu en Ecosse et qui ne serait donc pas un mensonge, à ses yeux : Charlotte prenait rarement des éléments de contrées éloignées pour ses paysages, elle aimait rester fidèle à la réalité et non prendre le meilleur de chacune pour faire un pèle-mêle.
Alors que la jeune fille allait s'attaquer aux extrémités du tableau avec un bleu qu'elle affectionnait beaucoup, un féroce mal de tête la prit. Elle porta sa main à son crane et jugeant qu'elle n'était pas dans les meilleures dispositions pour peindre, reposa le pinceau. Inutile de créer quand elle n'était pas en forme, ça ne donnait jamais rien de bon et ça la fatiguait toujours beaucoup.

Quinze minutes plus tard, l'Américaine dormait à point fermé. Son rêve était si prenant et si fort que la sorcière le qualifierait à son réveil de 'cauchemar' : c'était un bon souvenir qu'elle associait à quelque chose de mauvais, quelque chose qui la rendait très triste et qui la ramenait toujours à un mal-être, même si à chaque fois elle voyait la même chose. Ses parents souriaient, heureux de voir Gary, le garçon qu'ils avaient élevé pendant deux ans, depuis sa naissance à ses deux ans, donc – leur fils – en quelques sortes, entre de bonnes mains. Gary était élevé par sa famille - pas ses parents, décédés quand il était bébé - mais une famille proche tout de même. Papa et maman étaient restés très proches de lui, ne le quittant jamais des yeux, comme si leur premier enfant leur avait été enlevé pour une vie meilleure, mais qu'ils ne pouvaient se résoudre à le laisser complètement partir. Il était heureux, ils étaient heureux qu'il le soit, mais ne pouvaient accepter de ne plus le voir. Comme si leur propre enfant ne leur suffisait pas.

- Non !

Charlotte se réveilla en sursaut. Elle était en nage. Pas en nage comme quand la cheminée était trop forte ou qu'un cauchemar l'avait vraiment paniquée, non, vraiment en nage. Façon « Mon corps est à 50°C et dans quatre minutes je fond, le lit avec et le sol avec nous. » Son cri avait réveillé Dominique, elle se tourna donc vers son amie et lui souffla, les yeux à semi-clos.

- Dominique... J'ai très, très mal à la tête et, et... partout. J'ai mal partout. Et j'ai chaud, tellement chaud !

Charlotte ôta la couette de sur elle : elle ne la supportait plus. La Poufsouffle ne pouvait rester assise, l'effort la fatiguant trop : elle se laissa retomber dans le lit, à bout de force, son bref échange avec Domi' l'avait épuisée.
Éreintée, la jeune fille ferma les yeux, persuadée que son amie allait faire quelque chose pour l'aider, comme l'arroser avec un saut d'eau glacée ou lui couper bras et jambes pour qu'elle ne sente plus de douleur.
C'était bien, ça ! Go Dominique, n'aie pas peur, fais-le, ça va bien se passer.

La 1ère année avait si chaud qu'elle sentait sa bouche pâteuse, elle se tourna donc pour attraper le verre d'eau qu'elle mettait sur sa table de chevet chaque soir, et fut surprise de constater qu'il était vide. Elle remarqua également la présence d'une carafe. Une carafe ? Mais depuis quand avait-elle une carafe dans sa chambre ? Ouvrant un peu plus les yeux, Charlotte réalisa que l'obscurité l'avait quittée mais bordel elle est passée où ?. Elle se tourna et remarqua avec stupéfaction qu'elle n'était plus dans son dortoir, mais bel et bien dans un endroit qu'elle ne connaissait pas. La profusion de blanc – les draps, les coussins, les rideaux et même la lumière étaient blancs – lui fit immédiatement penser à l'infirmerie. Elle ferma les yeux pour ne pas être éblouie et faillit manquer la table de chevet et s'étaler par terre et Merlin sait qu'à l'infirmerie, les lits sont plus hauts que dans les dortoirs !. Comment diable était-elle arrivée à l'infirmerie ? Elle s'en fichait, elle se fichait de tout, en fait. Elle détestait être comme ça. La fièvre la cuisait littéralement de l'intérieur et elle rêvait à présent de prendre un bain de glaçons pour se refroidir. Les yeux rivés sur le sol, elle réalisa qu'il était en pierre. Il lui paraissait si frais qu'elle s'y serait bien laissée tomber délibérément, en fait. Il était si proche en plus, si froid, si accueillant et si proche : trente centimètres, maintenant plus que vingt centimètres...

- Hopla jeune fille, on reste sur son lit.

Une main douce et à la fois puissante la ramena dans son couchage, sur le dos. Charlotte avait tellement mal partout, y compris à la tête, qu'ouvrir les yeux en grand lui faisait mal. Elle reconnut cependant la voix rassurante de Mme Pomfresh, qu'elle avait déjà croisée à de nombreuses reprises à l'occasion de sa rupture des ligaments croisés et de son dernier traumatisme crânien.

A nouveau sur son lit, Charlotte cru entendre des appels du côté droit de sa position Delta, Charlie, Delta. Les blaireaux ont été écrasés. Je répète, les blaireaux ont été écrasés. Terminé.. Elle tourna la tête tant bien que mal, ses cheveux ébouriffés par la longue nuit lui collant au front, blanche comme un linge un linge blanc donc, pas de couleur en direction de l'appel. Elle retourna sa tête vers Mme Pomfresh pour lui signifier de bouger son gros cul de feignasse d'aller aider sa compatriote et réalisa qu'elle avait déjà disparu on peut compter sur le corps médical, dans ce pays, c'est bien, Charlotte était seule avec sa préfète, à qui elle devait obéissance et respect. Sans attendre, réalisant qu'il s'agissait de Prudence Faraday, une Poufsouffle, tout comme elle « C'est un comploooot Prudence ! On cherche à nous nuire. Encore un coup des Russes ! », Charlotte ne mit pas longtemps à essayer de se lever. Prendre soin d'elle était difficile, mais aider quelqu'un dans le besoin semblait lui demander moins d'effort.

Une fois debout, elle comprit son erreur. Charlotte Chancelante, la sorcière dû s'appuyer sur sa tête de lit que nous appellerons Patricia, pour l'occasion. Parce que les têtes de lit aussi ont droit à du respect. pour ne pas tomber. Ses jambes, toutes courbaturées de son dernier entraînement de Quidditch, ah non, erreur de perso la faisait beaucoup souffrir et se redresser lui donnait l'impression que tout son sang venait cogner à sa tête. La jeune fille décida tout de même d'aider sa préfète, mais de le faire rapidement. Elle arriva à la carafe parce que les brocs ça n'existe plus depuis 400 ans, même à Poudlard remplit deux verres d'eau, et tendit le premier à Prudence avant de boire le sien d'un trait tu vois moi, j'aide les gens à aller mieux, alors que manifestement je suis bien plus malade que toi.

Elle regarda devant le lit de la jaune et noire pour répondre à la question qu'elle venait de lui poser,  question qui contre toute attente, ne la surpris pas tant que ça. Charlotte était exténuée, comme si on l'avait réveillée en plein sommeil paradoxal et secouée comme un Orangina. Regagnant son lit tant bien que mal, la Poufsouffle, d'ordinaire si prompte à se carapater dès que quelqu'un lui adressait la parole, semblait totalement désinhibée. La maladie lui avait tout enlevé : sa force et sa timidité avec. Seule de la douleur et un manque incroyable de force semblait rester.

- Demande à Patricia, moi je ne vois rien.

Charlotte tomba littéralement dans son lit. Allongée sur le dos, un pied dehors, la moitié de ses cheveux lui collant au visage, la sorcière était bien en peine de dire quelle partie du corps lui faisait le plus mal. Ses membres - bras et jambes - qui la lançaient comme si un troupeau de batteurs certainement pas ceux de Poufsouffle, ces gros nazes les avaient violemment cogné, sa tête, véritable potion bouillonnante sur un feu ardent ou tout son corps, plus généralement, au cœur d'un gigantesque brasier – les flammes d'un dragon, certainement – résistant bizarrement à la combustion. Tout, tout, était insupportable. Elle n'avait qu'une envie, qu'on lui donne un gros somnifère et qu'à son réveil toute cette souffrance ait disparu ah mes amis, la guerre !.

(1625)
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Prudence Faraday
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MessageSujet: Re: Arrrrrrg [PV - Thème]   Arrrrrrg [PV - Thème] EmptyMer 11 Sep - 22:13

Prudence, qui venait de vider trois grands verres d'eau coup sur coup, reposa la carafe sur la table de chevet avec un soupir de soulagement. Du moins, c'eût été un soupir de soulagement si elle n'avait pas eu les bronches encombrées, car le son qu'elle émit tenait plus du gargouillement riche en glaires promesses de contamination que du souffle léger. Elle prit le temps d'expectorer avec une conviction qui pouvait laisser supposer qu'elle n'avait d'autre but, dans l'existence, que de propager ses miasmes à travers tout le château ("Moi, je dis, quand on a un truc chouette, c'est comme la syphilis, faut pas hésiter à faire tourner...") avant de décréter d'une voix de fumeuse impénitente :
- J'étais à deux doigts de la déshydratation, j'te jure... Sniiiiiirf... J'suis sûre que la vieille essaye de m'assécher... Remontant sa couverture jusqu'au menton, Prudence adressa une oeillade de chouette courroucée à l'infirmière, qui vérifiait la température d'un élève, deux lits plus loin. Pfffff, rajouta-t-elle, j'te parie que c'est juste un gros simulateur qui profite de la situation pour sécher des cours... J'les r'père de loin, ceux là, j'te dis... Elle s'abstint toutefois de préciser qu'elle avait elle-même songé, à de nombreuses reprises (euphémisme signifiant ici "trois à quatre fois par semaine"), à feindre le malaise pour échapper aux cours les plus barbants, au hasard, la métamorphose les potions ("Ohlàlà, Professeur, ne me dites pas qu'on va encore avoir la chance de réduire des foies de rats en bouillie aujourd'hui ? J'ai, mais, tellement hâte : j'vous jure, c'est le point culminant de ma journée, un rayon de soleil dans un océan de noirceur, quoi. Faudra pas m'en vouloir si je vomis m'endors au milieu de l'opération, par contre...").

Pomfresh ("Enfin fraîche, faut le dire vite, warfwarfwarf...") ayant le dos tourné, la Poufsouffle estima qu'il était inutile de continuer à la torpiller du regard, et elle reporta son attention sur Charlotte la chance. De toute façon, fixer l'infirmière lui donnait le tournis : avait-on idée, de s'agiter autant ? A son âge, en plus, ce n'était pas très raisonnable. L'espace d'un instant, Prue sentit - à son grand étonnement - son esprit dériver vers le système des retraites du monde sorcier. La fièvre sans doute. Et une chose conduisant à une autre, elle lâcha, d'un air absent:
- Y'a quand même vachement de vieux qui travaillent à Poudlard... Pomfresh, le tyran Mcgonagall, Pince, Hagrid, Gibson (car du point de vue de l'adolescente, il était bien entendu que le grand âge commençait à partir de vingt-cinq ans) Sérieux, c'est une vraie gérocrato... gétoroncra... gérotonca... géronto... collocation de vieux, cette école, en fait... Tu crois qu'c'est parce qu'ils n'ont pas d'argent pour payer la maison de retraite ou j'sais pas quoi ?
Oh, mon Dieu. Oh, mon Dieu. Un abominable soupçon venait de la frapper de plein fouet, et elle écarquilla les yeux d'horreur : que se passerait-il, si jamais sa mère n'avait pas souscrit à "un fond de pension ou j'sais pas quoi, là..." ? Prudence serait-elle obligée de la prendre chez elle pour assurer sa subsistance ? Non. Non, non, non, non, non. Plutôt mourir l'achever (sa mère, pas elle). Et la jeune fille de se promette que, dès qu'elle serait en état de tenir une plume sans trembloter, elle écrirait une lettre à Galway. Quelque chose de respectueux, mais franc. "Wesh Mother, c'est quoi ton plan épargne pour tes vieux jours ? C'est que tu ne rajeunis pas, et qu'il va falloir commencer à y songer...", par exemple. Oui, voilà, c'était exactement ce qu'elle allait faire. Que sa daronne ne s'imagine pas qu'elle allait vivre à ses crochets jusqu'à la fin de ses jours, quoi.

Rassurée sur ce point, Prudence se détentit un peu, et célébra sa résolution en se mouchant bruyamment dans un coin de son drap. Ce n'est qu'alors qu'elle s'aperçut qu'elle était supposée s'occuper de Patricia. Problème : qui était Patricia, déjà ? Elle plissa le front et chercha à extirper le nom de sa mémoire.
- Patricia, c'est pas une Serdaigle avec une tête de fouine ? Celle qui marche pieds nus sur les eaux du lac et joue avec la nourriture, ou j'sais pas quoi ? Pat-Pat, pour les intimes ? L'est en sixième année, non ? Elle est là ?
Dans un effort colossal (sa tête pesait une tonne, elle en aurait mis la main au feu), Prudence se dévissa le cou pour tenter d'apercevoir Patoche. Mais il n'y avait rien qui ressemblait tant à une mine chiffonnée qu'une autre mine chiffonnée : au milieu des draps blancs et du décor aseptisé de l'infirmerie, tous les élèves finissaient par se confondre. Elle abandonna, et se laissa retomber sur l'oreiller.
- Tu la connais comment, Patty ? J'croyais qu'elle ne parlait pas aux autres maisons. Parait qu'elle nous trouve crétins...
Ce n'était pas que la question l'intéressât réellement, mais, maintenant, qu'elle était réveillée, Prudence sentait poindre l'ennui. Pour elle qui détestait ne rien faire, rester inactive relevait de la torture, et la pauvre Charlotte était la seule à pouvoir la divertir : son voisin de droite, dissimulé derrière un paravent, ronflait comme un sonneur.

- Tu veux une pastille à la menthe poivrée prenez un chewing-gum, Emile ? J'en ai des tas, et ça fait du bien. Un peu. Elle tendit son sachet de "Bonbons, parce que même si tu le trouves au rayon rhume, faut pas se mentir, ça reste plus ou moins du sucre" à sa camarade, tandis qu'elle faisait elle-même bruyamment rouler une pastille dans sa bouche. C'est mon père qui me les as envoyées. C'est gentil, hein ? Pas très efficace, mais gentil. Il est moldu. Précisa-t-elle, comme si ce détail expliquait tout. Elle renifla de nouveau, presque machinalement, et reporta son attention sur le plafond. Blanc. Moche. Ennuyeux.
- Marrant, quand même, qu'on ne voit pas de profs malades. A croire qu'ils ont tout manigancé pour avoir une semaine de vacances en plus ces grosses feignasses surpayées. Sa directrice de maison n'aurait pas été capable de mettre au point un plan aussi diabolique - elle était un peu niaise - mais McGonagall... Prudence était convaincue que son portrait pourrait illustrer l'article "perfidie" de l'encyclopédie, tout comme celui de Granger la rubrique "Incompétence", au vu de l'incapacité du Ministère à arrêter Freja. Au fond, ce jeu était assez amusant, et Prudence se tourna de nouveau vers Charlotte :
- Si t'étais un mot du dictionnaire, tu serais lequel, tu crois ?

[1074 mots]


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Charlotte Follet
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MessageSujet: Re: Arrrrrrg [PV - Thème]   Arrrrrrg [PV - Thème] EmptyJeu 12 Sep - 8:25

Charlotte était avec Prudence, mais la préfète aurait pu tout aussi bien ne pas être là. Malade comme un chien, la petite fille délirait complètement. Elle voyait sa mère enlacer Gary, trop heureuse, pendant que son père - visiblement saoul - mangeait des fleurs à même le sol dans le jardin de leur maison New Yorkaise. Charlotte avait chaud, très chaud et une fois Prudence noyée hydratée, la jeune fille repartit presque immédiatement dans un sommeil léger et peuplé d'images. Notamment ses parents. Et Gary. Et une licorne géante qui mangeait les nuages du faux-plafond de la Grande salle. Charlotte ne savait même plus qu'elle était à l'infirmerie et n'entendit pas non plus Prudence délirer parler. Elle rouvrit les yeux, une fois encore gênée par la forte lumière blanche, pour s'apercevoir que Mme Pomfresh ne s'intéressait pas à elle : très bien, elle allait mourir ici, de chaud ou de froid personne ne savait encore, mais elle allait y passer c'était clair. La jeune fille mit toute son énergie disponible pour tirer la couverture à elle. Elle avait très chaud, mais elle grelottait en même temps et ses vêtement lui collaient à la peau, il fallait donc qu'elle se couvre.

A côté, elle sentait bien que Prudence n'était pas dans le même état d'esprit. Déjà, elle parlait, ce dont Charlotte était bien incapable à l'heure actuelle. Du moins aussi clairement et aussi longtemps, surtout tu respectes le sommeil de tes camarades, sinon, des fois ? ! Elle comprenait d'ailleurs un mot sur deux. Constatant après plusieurs minutes que Prudence continuait de lui parler « Ah mais tu me parlais à moi ? », Charlotte tourna sa tête en direction de la Poufsouffle, ses cheveux toujours soigneusement collés à elle et à son oreiller que nous appellerons Sylvester.
La jeune fille planta ses yeux clairs dans ceux de Prudence et ne broncha pas : ils lui semblaient dire « tu as fini ton laïus sur les personnes agés, c'est bon ? Toi aussi tu t'es rendue compte que ce n'était pas vraiment la priorité ? » Charlotte ne comprenait à  vrai dire pas la moitié des mots de ce que disait Prudence : à quel moment le professeur McGonagall Gibson était vieille ? Prudence aussi ne devait pas être dans ses meilleures dispositions, elle disait n'importe quoi.

Tellement n'importe quoi qu'elle croyait que Patricia était une Serdaigle à la tête de fouine. Mais pas du tout ! Sa préfète disait vraiment n'importe quoi - Charlotte était sûre d'elle - la Serdaigle à la tête de fouine s'appelait Pietra ou Pietrina, un truc comme ça. Elle trouvait parfaitement scandaleux – que d'un – Prudence soit assez feignante pour ne pas se rendre compte que Patty Patricia était juste à côté d'elle, elle n'avait qu'à tourner la tête pour l’apercevoir, et surtout qu'on puisse confondre Patty et la Serdaigle qui marchait pied nus dans le lac. Fatiguée, agacée de devoir tenir une discussion alors que manifestement, la mort semblait plus appréciable, Charlotte – qui avait déjà perdu tout inhibition – corrigea son aînée avec une lassitude teintée d'agacement.

- Mais non... Patricia est juste derrière moi. La Serdaigle à la tête de fouine c'est pas Pietra, Pietrina, un truc comme ça...

Charlotte n'était pas à Poudlard depuis longtemps, mais elle était sûre d'elle : il n'y avait pas 40 élèves qui s'amusaient à marcher dans le lac en plein hiver, à vrai dire, la bleu et bronze avait la réputation d'être un peu originale et ça Cha' s'en rappelait très bien. Comment aurait-elle pu confondre quelqu'un à ce point ?

Prudence surenchérit sur les pastilles de menthe de son papa et en proposa à sa cadette : Charlotte avait très soif et n'avait pas trop envie de manger quelque chose, cependant un reste de résignation lui dictait que sa préfète avait peut être raison et que ça lui ferait du bien. De toute manière, Prudence ne pouvait pas se tromper deux fois d'affilé.

Complètement amorphe, la d'ordinaire très sauvage Charlotte se surprenait à ne ressentir aucun stress en elle : effectivement, la douleur et la chaleur, plus la sensation de délirer complètement dès qu'elle fermait les yeux – autrement dit tout le temps, puisqu'elle ne pouvait les garder ouverts – la transformaient en une créature 'bavarde', décomplexée, qui ne pensait pas du tout aux conséquences de ses actes. En temps normal, jamais ô grand jamais Charlotte n'aurait osé contredire Prudence, ou même penser le faire. La maladie avait sur elle un effet libérateur désinhibant.

Charlotte écoutait la jaune et noir, tout en rêvant en même temps de cascade fraîche, où elle pourrait nager sans qu'un atroce mal de crâne ne la martèle. Prudence tenait très certainement un monologue une discussion futile, mais chacun des mots que la première année entendait prenait en elle une dimension christique : comment se faisait-il qu'elle arrive à vivre en temps normal sans la voix off de Prue dans sa tête ? Charlotte se demandait comment elle serait capable un jour de progresser dans la vie ou même de penser tout court par elle-même, sans que la 4ème année ne soit avec elle. Ses propres pensées étaient si confuses - Gary, qui mangeait la licorne. Derrière, Patricia se foutait allègrement de lui pendant que Mme Pince enlevait des poux de ses cheveux, avec une minutie incroyable – que la présence de Prue, à long terme, lui paraissait vitale. Alors que sa seule voix quelques minutes plus tôt lui donnait des envies de meurtre.

- Foutriquet, très probablement...

Allez savoir comment Charlotte avait compris la question, comment elle avait réussit à y répondre sans décéder et surtout comment elle connaissait le mot foutriquet, mais le pire dans l'histoire était qu'elle énumérait à présent dans sa tête tous les mots qui pourraient convenir à Patricia. Placide. Jolie. Plutôt passive, mais pratique, elle parle peu, mais on ne pourrait pas s'en passer.... Aïe. La douleur à la tête lui revint la faute aux merveilleuses idées de Prudence et sans qu'elle ne s'en rende compte, les meubles autour d'elle se soulevèrent. Le lit de Prudence bougea très légèrement mais le nécessaire à boire – carafes et verres compris – décolla et retomba avec violence au sol où tout finit par se briser. Charlotte ne compris pas tout de suite que c'était de son fait : bêtement, dans sa tête, la grippe était une maladie moldue. Jamais elle n'aurait cru possible d'attraper une grippe sorcière avec des symptômes tout ce qu'il y avait de plus magiques. Paniquée, Charlotte se redressa, grâce à la brève décharge d'adrénaline qu'elle venait de recevoir et lança à Prue :

- Qu'est-ce qui se passe ?

(1077)


Dernière édition par Charlotte Follet le Ven 13 Sep - 8:05, édité 1 fois
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Prudence Faraday
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MessageSujet: Re: Arrrrrrg [PV - Thème]   Arrrrrrg [PV - Thème] EmptyJeu 12 Sep - 22:58

- Wesh, vas-y, d'où t'as vu que t'étais autorisée à me manquer de respecter, gamine ? Tu veux te battre ou quoi ? Et d'abord, rends-moi ma pastille. P'tite outrecuidante.
Voilà comment Prudence aurait réagi face à l'insolence de Charlotte, en temps normal. Parce que, pardon, mais les jeunes, de nos jours, c'était vraiment n'importe quoi : de son temps, jamais Prue n'aurait osé, ne saurait-ce qu'adresser la parole à une préfète, alors la contredire avec autant d'aplomb... Franchement, cette enfant devait avoir des parents très laxistes en matière d'éducation à la politesse.
Mais nous n'étions pas en temps normal : la fièvre affaiblissait la susceptibilité de Prudence, qui se contenta de rétorquer, en étouffant un bâillement :
- Tu délires sec, ma petite aubergine, l'a plutôt une tête à s'appeler Igor ou Fernando, derrière toi. J'dirais même plus, on a clairement affaire à un individu de sexe masculin. Ou alors cette grippe colle vraiment des symptômes bizarres. Genre du poil sur le torse, si tu vois ce que je veux dire... Ajouta-t-elle, après un temps de réflexion. As-tu du poil sur le torse, Charlotte ? Je ne crois pas, non.

Satisfaite de sa démonstration, la jeune fille tira triomphalement un mouchoir "usagé mais carrément recyclable, pour peu qu'il ait séché assez longtemps" miam de sous son l'oreiller, et se vida le nez avec un enthousiasme tonitruant. Elle trouvait cet échange revigorant et, n'eût été la nuée de points noirs qui dansaient à la périphérie de son champ de vision (Quino venait probablement de lancer une poignée de poudre d'obscurité instantanée du Pérou trop humide pour être réellement efficace), elle n'aurait même pas hésité à se déclarer guérie et "A la revoyure Madame Pomfresh !"
Suçotant une nouvelle pastille ("On est d'accord que la posologie, c'est rien d'autre qu'une vague recommandation ?"), la Poufsouffle ferma les yeux un instant, en partie parce qu'elle avait l'impression que ses globes oculaires cherchaient à sortir de leurs orbites, et en partie parce que l'infirmière, qui lui tournait le dos, venait de se plier en deux pour examiner l'élève qui geignait ("Simulation !") dans lit en face du sien, et qu'il y avait des visions que son estomac n'était pas prêt supporter. Quand elle les rouvrit, dix minutes s'étaient mystérieusement écoulées ("Oh mon Dieu, Charlotte, appelle Mulder et Scully, je crois que j'ai été enlevée par les extraterrestres. Tudududududuuuu...), et Charlotte venait d'inventer un mot.
- De quoi ? Lâcha-t-elle d'une voix pâteuse. Elle leva une main pour se frotter les paupières et poursuivit : C'est un synonyme de frimeuse ou pas ? Parce que moi j'aurais plutôt dit que t'étais "duveteux", t'vois... Mais j'te connais pas trop... Admit-elle, en gratifiant sa cadette d'un coup d'oeil chiasseux.

De nouveau, elle étouffa un bâillement, et décida de s'autoriser un nouveau voyage dans le temps une petite pause bien méritée : toute cette philosophie du langage, c'était épuisant. Elle sombra sans effort dans un monde absurde et coloré, dans lequel, au milieu du Grand Hall transformé en jungle luxuriante (une idée tordue du prof de botanique pour aider les élèves à se "reconnecter avec la nature, Madame la directrice"), une Charlotte-guenon la poursuivait en hurlant : "Je t'avais bien dit que cette grippe boostait le système pileux ! Regarde Patricia !" Prudence s'apercevait alors qu'un mammouth laineux particulièrement difforme bloquait l'accès à la Grande Salle, et emplissait les lieux de ses lamentations : "Ma tête de fouine ! J'ai perdu ma belle tête de fouine ! Avez-vous vu ma tête de fouine ?". Prudence s'apprêtait à la consoler avec tact ("Non mais tu sais, elle était assez dégueulasse, ta tête de fouine. Franchement, t'es mieux avec du poil. Et des défenses."), quand un bruit fracassant la réveilla en sursaut :
- Hein ? Quoi ? C'est l'attaque ? Où est ma baguette ? Paniquée à l'idée de voir Freja débarquer dans l'infirmerie, Prudence voulut se lever, et manqua de s'étaler sur le sol. Elle se rattrapa de justesse à la table de chevet, et se rassit précautionneusement sur le bord de son lit. Toute cette action avait ravivé ses courbatures : elle avait l'impression d'avoir vieilli de soixante ans d'un coup, et elle se jura de ne plus jamais se moquer des rhumatismes de ses grands-parents.
- Ok, Foutriquet, je ne veux surtout pas avoir l'air alarmiste, mais je crois que tu viens de réduire à néant notre dernière chance de survie. Sympa. Commenta-t-elle d'un ton détaché. Une flaque d'eau glacée s'étalait sur le carrelage, à ses pieds. Elle la contempla d'un air blasé. Soudain, un soupçon naquit dans son cerveau malade :
- Tu travailles pour Magicis Sacra, c'est ça ? Tu es payée pour semer la mort et le désespoir dans le château ? C'est toi qui as contaminé tout le monde, et maintenant, tu t'attaques à nos carafes ? Madame Poooooomfreeeeeesh !
Fort heureusement pour Charlotte, Prue avait les cordes vocales trop abîmées pour que l'infirmière l'entendît...

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Charlotte Follet
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MessageSujet: Re: Arrrrrrg [PV - Thème]   Arrrrrrg [PV - Thème] EmptyVen 13 Sep - 8:23

Qu'on se le dise, Charlotte n'avait pas du tout l'impression - ni même l'intention, d'ailleurs - de manquer de respect à qui que ce soit. La jeune fille aurait d'ailleurs été mortifée d'apprendre que d'un, elle avait osé parler à quelqu'un avec la décontraction d'un hippie sous exta' pendant sa lente agonie, et de deux, de surcroit pour remettre en cause les dires d'une sorcière biiieeen sans éxagération plus agée qu'elle. Globalement, Charlotte n'était plus Charlotte. La douce et timide Américaine avait laissé place à une limace dégoulinante de transpiration cacochyme c'est cadeau, qui n'avait pour seul objectif dans la vie que de faire dépénaliser l'euthanasie pour elle-même.

Quand Prudence rectifia sa cadette sur qui était vraiment Patricia, la jeune fille eut une absence de quelques secondes avant de comprendre ce qu'il se passait. Ses yeux clairs plongés (difficilement) dans ceux de Prue, elle écoutait sa préfète lui expliquer en long, large et en travers que Patricia était un homme.
Patricia serait donc... un Patrick ? Non. C'était Prudence qui délirait sec, on n'avait pas idée d'un, d'être aussi peu physionomiste et de deux d'être aussi irrespectueux avec les gens. Charlotte priait juste pour que le sordide constat de sa camarade n'atteigne pas les oreilles chastes et virginales de Patricia. A l'évidence - et Charlotte fut très gênée de ne pas s'en être rendue compte avant – le stade de la maladie de Prue on parle de sa grippe, hein, pas de son syndrome de Gilles de la Tourette était bien plus avancé que le sien.

Complètement déboussolée par les dires de Miss Faraday et sûrement encore un peu KO des effets de la grippe sorcière non tu penses, Charlotte ne sut quoi répondre. Quoi répondre à ça d'ailleurs ? Quoi répondre à quelqu'un qui demandait à une fillette de 11 ans si elle avait du poil sur le torse ? Charlotte ignorait même ce que voulait dire le mot torse et elle ne voulait pas le savoir, c'était pour dire.

Réveillée en sursaut par le bruit des carafes s’esclaffant au sol, Charlotte regardait à présent Prudence d'un air franchement paniqué : elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer, mais avait la très fâcheuse sensation que c'était de son fait : ce qu'elle détestait au plus haut point. Comment, comment, aurait-elle pu faire ça ? Choquée de voir toute l'eau disponible glisser légèrement sur le sol, Charlotte ne savait pas ce qui était le pire : que l'eau ne leur soit plus accessible, ou que ce soit de sa faute. Les bras tendus derrière elle pour se maintenir dans une position peu confortable mais qui ne se voulait plus allongée, la première année sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle avait extrêmement mal à la tête, son corps la faisait beaucoup souffrir et voilà que maintenant, même les objets autour d'elle se cassaient.
Les dernières paroles de Prudence finirent de lui ôter le peu de résistance qui lui restait : se faire accuser de travailler pour l'ennemi et de vouloir répandre la désolation dans le château par une personne qu'on estimait et qu'on admirait même, avait quelque chose de très cruel. Particulièrement cruel quand on savait qe Charlotte ne se sentait déjà pas dans son état normal et été extrêmement diminuée.
Sans qu'elle puisse les retenir, des larmes coulèrent sur ses joues et la sorcière dû mettre toute sa bonne volonté pour retenir des sanglots... ce qui donna un résultat encore plus désastreux car ils ne sortirent au final que plus forts. Incapable de s'arrêter de pleurer, Charlotte voulut articuler quelques mots à destination de Prudence afin de lui faire comprendre que non, bien sûr que non, elle ne pourrait jamais être du côté de Magicis Sacra :

- Mais... non... snif. C'est pas... snirk... moi...

Elle se tourna vers sa préfète pour voir si elle avait décidé de partir en courant, loin d'elle, loin de cet odieux personnage passé à l'ennemi, et quand Charlotte réussit enfin à apercevoir Prue, elle était devenue Patricia avec une moustache– elle était restée ! Mais ce n'était peut être qu'une question de temps, après tout - son bras droit, appuyé un peu trop près du bord de son lit, glissa sans qu'elle ne s'en rende compte. Tout son poids posé dessus, glissa avec en direction du sol. Le corps de la fillette bascula vers le sol trempé d'eau et parsemé d'éclats de verre qu'avaient laissé le broc la carafe et les verres.

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