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 Mon Reflet Dans le Miroir

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MessageSujet: Mon Reflet Dans le Miroir   Jeu 5 Juil - 13:19

Sin se tenait l'épaule fortement pour tenter d'étouffer la douleur qui ne faisait que s'accroître. Il titubait, se heurtant aux arbres immenses qui bloquaient son avancée. Derrière lui, il entendait distinctement les pas de la bête. Il ne savait pas où il se trouvait, il n'avait jamais été aussi perdu depuis son arrivé dans la Forêt Interdite. Il distinguait au loin le couli d'une eau, mais laquelle ? Celle d'une rivière, d'un ruisseau ? Il ne parvenait pas à comprendre l'importance du cours. Il se concentrait sur la bête qui le suivait. Il n'en avait vu que les longues griffes effilées qui lui avaient tranché l'épaule sans prévenir alors qu'il s'était endormi à la venue du jour. Il avait été pris par surprise car sa tanière n'avait encore jamais été attaquée.

Les branches lui fouettaient le visage et réduisaient sa capacité de vision. Il ne voulait pas tourner la tête de peur de voir celle de l'animal qui le talonnait. Il sentait en l'âme de cette bête quelque chose de très semblable à ce qu'il ressentait tous les jours, la haine et la cruauté dominaient tous les autres sentiments présents dans le monstre. Il n'aurait aucune pitié, raison de plus pour courir vite. Sin espérait à présent sur le défaut d'endurance de son assaillant et il décida de plus courir pour l'épuiser que pour réellement lui échapper.

Soudain, un silence peu rassurant empli la Forêt. Au loin, il entendait toujours les oiseaux, le bruissement des feuilles, la course de l'animal, mais il s'approchait du silence, il était presque palpable par rapport aux bruits incessants habituellement omniprésents en ces lieux. Les arbres se faisaient moins denses et moins nombreux, Sin se rendit soudain compte qu'il quittait la forêt et se dirigeait vers le Saule Cogneur. Il songea à bifurquer puis il se souvint que les bêtes ne pouvaient sortir de la Forêt Interdite, or, il ne faisait pas vraiment partie des bêtes "omologuées" de l'endroit. Il se jeta donc vers la barrière que le gros tas qu'était Rubeus Hagrid avait planté devant les premiers arbres. Il accéléra pour un meilleur élan et sauta par dessus la barrière. Il retomba un genoux à terre et fit aussitôt volte-face. La bête atteignait enfin la limite de la Forêt et Sin put voir son horrible gueule verte qui s'ouvrait pour hurler quelque chose qui ressemblait à une plainte déchirante alors qu'il recevait une décharge magique.

Sin longea les Ormes, prenant bien soin de ne pas s'approcher du Saule Cogneur qui agitait ses immenses branches commes de diaboliques tentacules. Le petit jour s'était levé et une lumière d'automne, étouffée par les nuages effilés d'Ecosse, éclairait d'un rayon oblique et pur la tour Est du château. Il savait qu'en continuant un peu, il pourrait atteindre le Lac et entrer dans la forêt par un nouveau sentier, plus sûr et à l'écart des féroces ennemis qu'il semblait s'être fait. Il regrettait de devoir quitter sa tanière, mais il avait souvent été obligé de s'adapter. Perdu dans ses pensées, il ne regardait pas où il marchait et il se prit les pieds dans un sac d'écolier. Les élèves de Poudlard étaient donc de bien piètres sorciers, ils ne rangeaient même pas leurs affaires. Sin attrapa le cartable et l'ouvrit d'un geste habile. Il semblait que c'était un sac de fille, il y avait des pinces pour les cheveux et un prénom masculin inscrit dans un coeur sur la couverture d'un bloc-notes ; "Cédric"*. Sin n'y prêta pas longtemps attention et fouilla un peu plus, il y avait un miroir dans une poche intérieur. Sin le sortit et se regarda dedans. Son reflet lui envoya un regard cruel qu'il tenta d'adoucir du mieux qu'il put sans y parvenir. Il pouvait voir la blessure de son épaule et l'état de ses dents, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu un vrai reflet dans un vrai miroir.

*Je ne suis pas si mal...*

_____

* Ce n'est pas la petite amie de Cédric, juste une admiratrice où quelqu'un dans ce genre.

652 mots pour Serpentard
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MessageSujet: Re: Mon Reflet Dans le Miroir   Jeu 5 Juil - 22:16

[J'ai déjà pas mal de sujets en cours, mais celui-ci me tentait trop! Very Happy Sinelius, si un détail de mon post te gêne (notemment la température, détail léger mais quand même ><) n'hésite pas à me le dire.]


On se demandait vraiment à quoi jouait le soleil. Pluie, beau temps, très beau temps, orage, pluie, pluie, pluie, pluie... Les jours se suivaient sans se ressembler à Poudlard, et aujourd'hui le temps était clément, bien que légèrement brumeux. Du moins, le parc de l'école était plongé dans une obscurité assez étrange, il était difficile de reconnaître quelqu'un à plus de 10 mètres, et si le sol avait perdu sa capacité spongieuse et détrempé, il n'en restait pas moins boueux à certains endroits. Quoi de mieux pour ravir Parvati, on pouvait toujours chercher! Elle qui appréciait les jolies temps, les paysages ensolleillés, les sorties (avec Lavande! Elle avait déjà essayé seule et cela ne s'était pas très bien passé...) dans le Parc... Pfff...

La veille, pourtant, il avait fait tellement, tellement beau... Le soleil éclairait à tel point que Parvati s'était rendu dans le parc, au bord du Lac Noir qui paraissait ravissant sous cette température typiquement estivale. Avec Lavande, elles avaient longtemps discuté en contemplant l'eau transparente, et Parvati s'était pris à griffonner sans réfléchir sur son bloc-notes. Cédric, Cédric, si beau prénom entouré de ce coeur gravé à l'encre rose... Finalement, en relisant après, elle avait considéré comme un écart peu coutumier d'écrire le nom de Cédric... Mais, ah, elle avait tellement l'habitude de se pâmer devant lui sans qu'il ne le remarque... Ce devait être un rustre, un rustre seulement... Hummm...

Enfin, l'après-midi s'était poursuivi et Lavande avait proposé de rentrer dans la salle commune - ce que Parvati avait approuvé rapidement. Seulement, elle avait laissé son sac tout à côté du lac et n'y avait pas pensé le soir alors que des nuages s'amoncelaient au dessus de Poudlard.

C'était juste ce matin qu'elle avait remarqué son oubli - trois fois, elle se frappa le front de frustration - et disant à Lavande qu'elle revenait, qu'elle allait au Lac chercher son Sac, Parvati sortit du château.

Brrr, quel temps, mais quel temps vraiment! Poudlard n'aurait pas pu se trouver... A Hawaï!? Descendant les marches du château à vive allure puis trottinant dans le parc, Parvati s'avançait rapidement du Lac. Son sac était hors de vision, et se frottant les épaules, la jeune fille crut sentir une baisse de température. Le retour des Détraqueurs?

Soudain, comme brusquement sortie du néant, une silhouette se dessina devant elle. Heureuse de rencontrer un être humain dans ce début de brouillard glacial, Parvati remarqua qu'il était penché sur son sac. Elle haussa les sourcils - peut-être qu'il cherchait à savoir à qui il appartenait? De toute façon, elle était déjà heureuse de voir que son sac n'avait pas pris l'eau! C'est qu'il y en avait, des choses importantes, là dedans! - et se râcla bruyamment la gorge en ralentissant l'allure. La personne - certainement un élève de Serpentard - l'avait forcément entendu.

- " Salut! Je crois que c'est mon sac, merci de l'avoir... retrouvé..."

Parvati plissa subitement les yeux, la mine légèrement repoussée. C'était... Un homme qui se tenait là... Mais il n'avait pas l'air très bien... Apparemment, son épaule était blessée, et c'était quoi, ce truc qui pendait dans son dos? Ca faisait un peu peur, non? Parvati bégaya, sans comprendre, alors que Sinelius lui révélait son étrange profil, petit à petit.

- " Mais... Que...?"

[544 mots sans compter le HJ]

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MessageSujet: Re: Mon Reflet Dans le Miroir   Ven 6 Juil - 12:00

Ces derniers temps, il avait fait une météo très aléatoire, mais force était de constater que le temps avait été le même sur tout le domaine de Poudlard. Pourtant, Sinelius, les sens en éveil, remarquait de nombreuses différences entre les sensations dans la forêt interdite et celles dans le parc de l'école. Le sol avait une texture différente, Sinelius avait les pieds trempés car l'herbe semblait s'être gorgée d'eau, le sol de la forêt, en revanche, l'avait absorbée et, bien qu'il fût boueux, il n'était pas détrempé. La température, le taux d'humidité, la lourdeur du temps, tout était comparable avec de grosses différences. Sin tenait encore le miroir dans ses mains alors qu'il réfléchissait à tout cela. Le brouillard s'était levé en quelques minutes, c'était l'Angleterre après tout, et il était heureux de se sentir ainsi protégé des regards. Les élèves sortaient aussi moins si le temps était aussi maussade. Sin aurait pu faire un petit sourire triomphant et satisfait, il ne le fit pas. Ce n'était simplement plus dans sa nature depuis des centaines d'années.

De fines gouttelettes d'eau se formaient sur le miroir, sur les mains et sur les ailes de Sin. Il sentait ses cheveux mouillés lui toucher la nuque. Il secoua ses ailes pour en faire tomber les gouttes et observa de nouveau son visage dans le miroir. S'étant concentré sur ce qu'il voyait, il avait oublié de faire fonctionner son ouïe habituellement bien plus aiguisée et il n'entendit qu'au dernier moment les paroles d'une fille. Il lâcha le miroir qui se cassa en deux en tombant sur le sac. Il se pencha pour le ramasser mais se coupa la main droite au niveau des phalanges. Il se retourna et regarda quelques secondes durant s'approcher la silhouette floue qui se découpait un peu plus précisément à chaque fois qu'elle faisait un pas dans la grisaille. C'était bien une fille, une inconsciente qui se jetait dans la gueule du loup. Elle lui avait parlé de loin et il avait compris quelques bribes. Il semblait que c'était son sac. Elle parlait en anglais et il mettait du temps pour traduire, il n'avait pas vraiment fait attention tout au long de son existence à l'évolution du pays et il n'avait pas jugé très utile d'apprendre une langue, car une langue amène à être social et Sin n'était pas une bête en voie de socialisation.

Il grogna en espérant que cela suffise à la faire partir en l'effrayant. Mais, alors qu'elle se rapprochait plus encore en commençant à se poser des questions sur l'origine exacte de la personne qui se trouvait en face d'elle, Sin distingua l'écusson qu'elle portait sur sa cape de sorcière et il se souvint du petit homme qui n'avait pas abandonné la quête de Godric Gryffondor. Les Gryffondor étaient courageux, et Sin craignait qu'elle ne s'en allât pas. Il ne fallait pas que quiconque soit informé de sa présence en ces lieux, il n'aurait plus droit de sortir de la Forêt Interdite si la fille prévenait le directeur de Poudlard de sa venue dans le parc. Il se mit alors à avoir peur lui-même. Il ne sortait pas souvent de la forêt, pour ne pas dire jamais, mais l'idée que des limites lui soient fixées lui firent soudain songer à une liberté qu'il n'avait déjà pas et qu'il allait encore perdre. Si seulement il avait pu suivre son entière scolarité à Poudlard, il aurait pu devenir quelqu'un de brillant puis il serait mort et il n'aurait pas eu à se traîner dans cet état lamentable. Il songea cependant qu'au stade où il en était, il était hors de question qu'il meurt, il voulait vivre, même si c'était s'apporter plus de souffrance encore.

La jeune fille devait avoir le même âge que lui, dans l'absolu s'entend, il avait quinze seize ans lorsqu'on l'avait emprisonné à l'extérieur de Poudlard, elle devait avoir un âge proche de quinze ans. Elle était petite et ses formes n'étaient pas encore très dessinées, sa peau était bazanée et elle n'avait pas vraiment le physique d'une Anglaise type. Il pensait à tout cela en reculant de plus en plus. Sa vue se troublait, il avait très mal au bras gauche et la douleur dans sa main droite n'arrangeait rien. Il fallait qu'il trouve un centaure qui le guérirait, mais pour cela il devait atteindre la Forêt Interdite.

-Il f... Il ne faut... pas dit, dire, que tu as vu Sin.

Il ne parvenait pas à aligner correctement les mots et il enviait certaines créatures qui s'exprimaient très bien et parlaient même parfois en vers ou citaient du Shakespeare. Il tituba, comme un homme soul, puis il s'effondra tel une marionnette brusquement privée de ses fils. Il se traîna sur un mètre à l'aide de son épaule valide et de ses jambes affaiblies. Mais il finit par abandonner et, à bout de souffle, il se laissa aller sur le sol tremper.

-Ne pas dire...

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MessageSujet: Re: Mon Reflet Dans le Miroir   Ven 6 Juil - 14:56

Le bruit de son miroir qui se brise fit sursauter Parvati, déjà nerveuse. Ses pas s'étaient fait beaucoup plus lents, beaucoup moins amples, comme si elle avait finalement peur de ce qu'elle découvrirait au bout de son chemin. La forme était désormais plus distincte, et Parvati raya définitivement ses suspicions: ce ne pouvait pas être un élève de Serpentard. Grimaçant, Parvati entendit les grognements de Sinelius et elle sursauta de nouveau. Sa voix était tremblante:

- " Qui... Qui est là...?!"

A bien y réfléchir, ce n'était peut-être pas la peine de paniquer autant... Si? Après tout, c'était peut-être juste quelqu'un... Qui lui faisait une blague... De très mauvais goût, c'est vrai. A sa connaissance, personne n'avait ce genre d'humour - ou bien peut-être les jumeaux Weasley, mais qu'est-ce qu'ils lui voudraient?

Luttant contre sa terreur, Parvati se força à continuer à s'approcher de la présence, portant à sa bouche une main qu'elle mordilla. Courage, courage, ce mot qui résonnait avec force dans son esprit sans qu'elle ne veuille vraiment le respecter... Soudain, la créature - faute de meilleur terme, n'est-ce pas? - lui parla, et Parvati poussa un léger gémissement. Elle s'arrêta sèchement, et sous ses chaussures trempées de rosée et du début de bruine, elle sentit l'herbe se courber et frissonner au même rythme qu'elle.

Qu'avait-il dit? Ne... Ne pas dire... Quoi? Qu'elle n'avait rien vu? Mais, elle y était obligée! Comme si elle pouvait décemment garder ça pour elle!

Parvati entendit la créature tituber en voulant s'éloigner d'elle, et mûe par un sentiment très étrange, elle se remit à marcher vers elle. Après tout... Peut-être avait-elle besoin d'elle...? Alors que Parvati marchait sur un des deux morceaux de son miroir, la présence tomba au sol humide. Parvati poussa un petit cri de surprise et se mit à courir dans l'herbe glissante alors que l'autre se traînait péniblement pour finalement s'arrêter alors que la Gryffondor arrivait près de lui.

Désormais immobiles tous les deux, Parvati et Sinelius pouvaient se contempler autant qu'ils le voulaient, ce que fit la jeune fille, bien entendu, en retenant un puissant haut-le-coeur. Ses deux mains à présent plaquées sur son visage, masquant de son nez à son menton, Parvati observait d'un oeil horrifié la silhouette à peine humaine qui gisait au sol, visiblement blessée et à bout de forces. Deux choix se propulsèrent dans les intentions de Parvati: courir, courir vite, fuir très loin en hurlant et aller prévenir Dumbledore... ou aider cette personne - parce que manifestement, oui, elle avait besoin d'elle, quelle qu'elle soit... Ou quoi que ce soit...

Chassant sa répulsion, Parvati retira ses mains de son visage, ses yeux un peu humectés, et se pencha sur Sinelius. C'était un jeune homme... Un peu plus vieux qu'elle, sûrement... Oh, mais qu'est-ce qui lui était arrivé?! Non, il se passait encore des choses horribles à Poudlard! Ses parents allaient vouloir la faire rentrer à la maison...

Maladroitement, Parvati présenta sa main à Sinelius - peut-être voudrait-il la prendre dans la sienne ou la poser sur son front? - en chuchotant d'une voix effrayée:

- " Qu'est-ce... Qu'est-ce qui s'est passé...? Comment t'appelles-tu? Tu es... Tu es à Poudlard?"

Constatant que son timbre se perdait de plus en plus dans les aigus et que ce n'était pas ce qui allait forcément rassurer cette personne, Parvati se tut en se mordant la lèvre inférieure. Que faire, alors que faire? Rester ici et donner soutien à ce garçon ou aller prévenir quelqu'un (Dumbledore!)? Malheureusement, Parvati n'avait pas les compétences nécessaires en Médicômagie... Elle se redressa légèrement en déclarant:

- " Je vais... Je vais aller chercher du secours... D'accord?"

Lentement, elle détourna les yeux de Sinelius. Finalement, elle se sentait très mal à l'aise en sa compagnie, elle avait l'impression de discuter tranquillement avec... Avec un mort... Un long frisson la secoua.

[638 mots]

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MessageSujet: Re: Mon Reflet Dans le Miroir   Sam 7 Juil - 11:00

Sin avait perdu conscience quelques secondes qui lui avait semblées être des heures tant son envie de partir vite et loin le rongeait. Il poussa un petit gémissement de douleur, à peine audible et qui s'étouffait un peu dans l'atmosphère cottoneuse du brouillard. Au cours de sa petite rêverie, il oublia sa douleur pour songer à ce qui allait se passer si on le trouvait. Il ne voulait pas être emprisonné et surtout pas être tué. Il regrettait son effroyable curiosité. Il entendait à peine ce que disait la fille mais il sentait très bien qu'elle s'était rapprochée. D'ordinaire, il se serait jeté sur la fille et l'aurait assassiné sauvagement. Mais il n'avait pas la force et il n'était pas dans son environnement idéal.

*Mais quelle idée de venir me perdre dans le parc de Poudlard.*

Se perdre dans le parc, c'était tellement paradoxal, lui qui connaissait par coeur la forêt que la plupart des élèves redoutait. Même les plus vieux, même les professeurs ne voulaient pas s'y aventurer. Il tenta de se concentrer et ouvrit brusquement les yeux. La fille était penchée sur lui, il sentait sa nervosité et sa peur. Il était répugnant et il sentit une profonde vexation l'envahir. Ses lèvres tremblèrent, il tenta de dire quelque chose mais abandonna aussitôt car elle le devançait. Elle lui dit qu'elle voulait aller chercher des secours... Mais que signifiait le mot secours déjà ? Elle s'éloignait.

-Non ! ( en français )

Il se redressa directement sur ses jambes, dans un sursaut d'énergie soudain qui lui fusilla tout de même l'épaule, et il lui prit le bras. Il ne fallait pas qu'elle aille chercher quelqu'un, si elle avait peur il avait bien plus peur encore, il n'aurait pas le droit de rester, et, après avoir vécu mille années dans la Forêt Interdite, il ne pourrait jamais s'adapter ailleurs.

-Pas d'aide !

Il planta son regard argenté dans le sien et la tira vers lui pour la faire tomber à ses pieds. Il ne savait plus quoi faire, il ne pouvait pas la tuer. Il décida qu'il allait l'emmener avec elle. Mais il ne devait pas rester de preuves. Il tourna la tête et vit le sac qui se découpait à quelques mètres. Il sortit sa baguette magique et la pointa sur les jambes de la jeune fille. Tant de souvenirs lui revenait soudain. Il y eut un instant de flottement, la fille le regardait, effarée sans doute, et il prononça, d'une voix rauque mais volontaire :

-locomotor mortis

Le latin, le français, il comprenait déjà beaucoup mieux que cet anglais barbare qui ne signifiait rien et ne correspondait à rien, n'avait aucune élégance. Lui qui était un ancien Serpentard, un Sang Pur élégant et fier, il regrettait ses vêtements de velours et l'ancien uniforme de Serpentard, du velours et de la soie noire, un liseret vert foncé et une lavalière noire brodée de fils d'argent. En tout cas, il n'avait jamais oublié ses leçons depuis le "lumos" qui lui avait permis de lire les inscriptions laissées par ses charmants camarades dans la caisse qu'il avait ensuite faite brûler, il en avait encore des marques dans le dos. Il s'était facilement souvenu du locomotor mortis, un sort de première année qui bloqua les jambes de la jeune fille.

-Ton nom ?

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MessageSujet: Re: Mon Reflet Dans le Miroir   Lun 9 Juil - 21:26

Oui, Parvati était répugnée, dégoûtée; mais moins par l'apparence générale du pauvre Sinelius que par l'idée extrêmement inconfortable qu'il avait été attaqué. Attaqué dans les limites de Poudlard...

Chassant distraitement de la main un brouillard impalpable, Parvati déglutit bruyamment. La créature était toujours au sol, mal au point.

-Non ! entendit-elle, en français, apparemment.

La jeune fille sursauta en portant à sa bouche une main tremblante. Ses jambes prises de frisson lui donnaient l'impression qu'elles allaient bientôt se dérober, mais avant... Avant ça, il fallait qu'elle parte! Elle le sentait brusquement: il fallait fuir.

Nouveau sursaut, agrémenté d'un cri: Sinelius s'était relevé, vif comme l'éclair, et reposait déjà sur ses deux pattes articulées. Il pouvait donc encore marcher... Malheureusement.

-Pas d'aide ! déclara-t-il.

Paralysée par ce regard inquiétant qu'il lui assenait, aussi gris que le ciel, Parvati balbutia, incapable de bouger, de coordoner ses pensées.

- " Mais... Mais si, si... Il faut..."

Et soudain, sans qu'elle n'eut ni l'audace, ni le temps de faire quelque chose, cette étrange créature l'avait attiré à elle pour la faire choir à ses pieds décharnés. Parvati hurla - et pourtant, elle n'avait pas eu mal - hurla pour de l'aide, du secours! Elle était en danger! Agrippant l'herbe sous ses mains pour tenter de se redresser, elle entendit que Sinelius lui jetait un sort et crut vraiment qu'elle allait mourir... Mais ce n'était qu'un:

-locomotor mortis

Ses cris aigus se calmèrent légèrement parce qu'elle observait d'un oeil paniqué ce qu'il advenait de ses jambes. En une seconde, elles s'étaient collés l'une à l'autre, comme soudées... Parvati hurla encore.

- " LAISSE MOI!! LAISSE MOI! JE NE T'AI RIEN FAIT!"

Mais ce n'était plus l'épouvante qui faisait trembler ses mots, non... C'était la colère, la colère et le défi, saupoudrée d'un ton qui se voulait réprobateur. Sa baguette à elle, où était sa baguette? Oh, nooon, pas dans son sac...?!

Fouillant sans se cacher dans toutes les poches de sa robe, avec des mouvements précipités, profitant de la liberté de ses bras, Parvati jeta à Sinelius un regard qui avait perdu toute pitié. Comme lui un peu avant, elle tenta de s'éloigner en se traînant contre l'herbe humide, ses mains se resserrant sur un mouchoir, un bracelet, un morceau de papier... Mais pas sa baguette! Ce n'était pas vrai, elle l'avait dans la Salle commune, une heure avant, environ! Elle n'avait pas pu l'oublier dans son sac!

-Ton nom ? demandait l'étrange créature.

Parvati détourna la tête, tentant d'attirer l'attention de quelqu'un se trouvant le parc à l'aide de ses "AU SECOURS! JE SUIS ATTAQUEE!". Puis, levant ses yeux d'ambre sur Sinelius qu'elle considéra avec un écoeurement mauvais, elle lança d'une voix volontairement élevée:

- " Parvati Patil, sale mocheté, et crois moi que tu vas payer ça! Si j'avais ma baguette..."

... et tout de suite après, la Gryffondor reprenait son concert de "AU SECOURS" énergique.
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