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 [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes

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MessageSujet: [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes   [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes EmptyVen 24 Juil - 11:55

#1 : Où est la sortie s’il vous plait ?
#2 : Bal masqué
#3 : Le baiser qui n’en est pas vraiment un
#4 : Cauchemar
#5 : Grimm, Perault
#6 : Drapeau blanc
#7 : Help
#8 : Embrasse-moi
#9 : Noir et Blanc
#10 : Les sept pêchés capitaux
#11 : Crépuscule
#12 : En pièces
#13 : La pire erreur de ma vie
#14 : Enfer et damnation
#15 : Logique
#16 : Conte de Noël
#17 : Adieu
#18 : La cerise sur le gâteau
#19 : Double jeu
#20 : Il était une fois
#21 : Chaque jour qui passe
#22 : Le bon côté des choses
#23 : Colocation
#24 : Echecs
#25 : Si seulement je pouvais lui manquer
#26 : Pacte avec le diable
#27 : Attention… Moteur… Ca tourne !
#28 : A l’envers
#29 : Euphorie
#30 : Tea Time
#31 : Reviens-moi
#32 : Silence absolu



Dernière édition par Apophis Sykes le Dim 2 Aoû - 20:42, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes   [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes EmptySam 25 Juil - 11:22

Titre : Et si jamais...
Couple : Apophis Sykes et... Raphaël Gibson (allez ! Une tite ola pour ce dernier ! Oooolllaaa !! XD)
Personnages concernés : Apophis Sykes, Raphaël Gibson.
Rating (G, PG, PG-13, R, NC-17) : R.
Thème (numéro et nom) : #32 : Silence absolu
Tomes concernés (au delà de l'année en cours ?) : aucun car antérieurs aux évènements décrits par J.K. Rowling.
Cadre (époque et lieu si besoin) : (domaine du rêve) Azkaban Septembre 1987.



"Tu m'as dit un jour que si tu avais été là à cette époque de ma vie tu m'aurais sûrement empêché de le faire...

Tu as toujours prétendu par je ne sais quelle certitude qu'un ami comme toi ne pouvait rester indifférent à ce qui m'avait rongé.

Et si...

Et si tu avais été là, Raphaël ? Vraiment là...

Alors qu'aurais-je choisi ?...".



"Je pars". prononça-t-il et ces quelques mots eurent pour effet de faire lever la tête de son compagnon de travail, bien trop affairé sur l'un de ses dossiers. Le jeune Raphaël Gibson, somptueux et impérial dans son costume, observa son vis-à-vis d'un air interloqué. il était davantage abattu qu'à son habitude -poids qu'il n'avait encore jamais ressenti chez lui auparavant.

"Je finis ce dossier et je t'accompagne, ok ? Je n'en ai pas pour longtemps. Ca te dérange p....".

"Finis tout seul, coupa court Sykes, j'ai besoin de marcher un peu donc je t'attendrai pas...".

L'Auror Gibson fronça les sourcils et reprit, non sans se départir de son calme et de sa maîtrise naturels :

"Tu es bien certain que tu en seras capable ?".

L'autre ricana légèrement.

"Si c'est pour mettre un pied devant l'autre, je pense oui".

Son compagnon baissa les yeux et en revint à son travail sur un "comme tu voudras" détaché. Maintenant que le silence s'abattait sur eux, que rien ne pouvvait le retenir, que des cloches naissantes en son esprit sonnaient un glas tout proche, il ne lui restait plus qu'à tourner les talons et à lui dire adieu... puisque l'heure était venue.

Ce chemin il se devait de le faire seul. Jamais il n'aurait entrainé son compagnon dans son calvaire, l'invitant à porter sa croix tandis qu'il le suivrait insouciant et les mains dans les poches. Raphaël n'était en rien dans l'échec programmé d'Apophis ni dans ce malaise qu'il avait de se sentir si inférieur, si peu fait pour ce métier. Pourtant ce n'était pas faute d'y avoir mis tout son coeur... Que lui manquait-il alors pour être meilleur encore ? Enfin non, pour être LE meilleur ?

Pour les dépasser tous et Gibson le premier ? Comment lui, enfant de Mangemorts, parviendrait-il à s'imposer aux yeux de ses protecteurs du Bien et surtout aux yeux d'une personne douée d'un tel sang-froid comme l'était le jeune Raphaël ? il était plus vieux que lui de quelques années, et pourtant c'était sur lui que reposait toute confiance... mais aussi l'admiration d'Apophis. La jalousie peut-être même Cette passion dévorante, cette ambition consummante, cette soif intarrissable qui le faisait se retourner de douleur dans son lit chaque nuit afin de trouver la solution... Cette envie qui lui étreignait le bas ventre et qu'il ne pouvait contenter. Et il avait beau voir des putes pour se soulager, la situation restait au status quo.


Mais les choses changeraient peut-être maintenant qu'il avait eu cette idée, maintenant qu'elle était imprimée dans sa tête et qu'il savait que par ce schéma il parviendrait enfin à assouvir ce désir profond... Car rien n'était plus fort, hormis peut-etre la faim charnelle qui taraude tout homme, que celle qui le rongeait de l'intérieur et depuis tout petit. Apophis poussé jusqu'à l'extrême pour devenir quelqu'un, sur qui se portait tant d'espoir lorsqu'il était enfant, sur qui chaque oeil mauvais était braqué depuis qu'il avait quitté ses parents. A présent, il devait s'accomplir ! Prouver à tous qu'il n'avait pas claqué la porte pour rien et qu'il était en mesure de fabriquer ses propres rêves...
N'était-il pas né dans cette optique ? N'avait-il pas été conçu dans cette fièvre de succès ? N'avait-il pas été désiré pour respecter cette promesse ? S'il avait fait souffrir sa salope de mère biologique ce n'était qu'afin de remplir les espoirs d'un homme égoïste, mais qui n'était jamais avare de gifles et de coups, de bastonnades ou passages à tabac. autant honorer son contrat la langue pendue, la gorge sèche, le ventre vide... autant honorer son contrat...

Et c'est les poings serrés, le visage déjà mort, les yeux rougis de larmes séchées sur ses joues, qu'il parcourait ces longs couloirs de mort au coeur de la prison d'Azkaban pour le plaisir enfin, pour l'ultime orgasme de sa vie, pour ces ailes déployées vers la métamorphose d'un être nouveau.
Avec cette certitude, cette peur au ventre, cette pensée qui vous vrille le cerveau : celle que vous partez lentement pour la plus grande partie de jambes en l'air de votre vie. Celle qui, enfin, vous offrira la plus grande satisfaction -bien plus que son corps comme elle vous volera votre âme- en vous forçant, pieds et poings liés, à donner plus qu'à recevoir.
L'homme est une bête et Apophis le parfait exemple... Assoiffé et faible plus que jamais face aux plaisirs quotidiens. Capitulant devant les épreuves de la vie. Refusant de jouer davantage le jeu de la dificulté en choisisant la voie la plus facile -car c'est ainsi qu'il avait été élevé : en méprisant ce qui obligeaient le commun des mortels à cravacher.


Apophis longea un autre couloir, le dos voûté, accablé par le poids de reproches et de mépris qu'il portait depuis cinq années déjà, broyé sous des pensées et des songes qui le rendaient plus vil et ridicule encore. il fallait que cela cesse... et c'est ce qu'il hurla à la face de Raphaël lorsque celui-ci se jeta sur lui avant qu'il n'ouvre la porte, devinant son idée.
Il l'avait ceinturé violemment si bien que Sykes était tombé en avant de tout son long, son menton donnant contre le sol en béton, ses dents mordant sa lèvre. Il s'était retourné sur lui tandis que l'autre le soulevait par le col. Les deux hommes étaient à terre et le sang coulait de la bouche d'Apophis. Il eut un rire stupide, méchant, comme un gosse que l'on vient d'arrêter dans sa bêtise. L'autre hurla :

"Tu ne te rends pas compte ? Es-tu fou ? Qu'est-ce que tu comptais faire, hein ?! Te jeter en pâture à ces créatures dégoutantes ?".

Sourire sarcastique et transcendant. Sa tête ballotant sans effort comme celle d'un pantin.

"Qu... qu'est-ce que ça aurait bien pu faire, Raphaël ? Ils ne m'aiment pas...".

"Mais qui, Sykes ?! Qui ne t'aime pas, bon sang ?".

"Mes... mes parents".

Un silence plana l'espace d'un instant durant lequel le sourire niais d'Apophis resta imprimé sur ses lèvres noyées de sang. Cruelle évidence. Et il faisait sentir à son compagnon qu'il n'avait lui-même pas été en mesure de le deviner. Raphaël reprit sans ciller :

"Tu ne les as jamais aimé non plus, c'est pour cette raison que tu es parti".

"J'avais besoin de repères !!!! S'écria-t-il emporté, j'avais besoin de repères pour me construire !!!!! Il fallait qu'ils m'entourent, qu'ils m'aiment autant que moi je les...".

"Resaisis-toi ! Lui intima-t-il fermement, c'est fini maintenant.
Tu ne pourras plus revenir en arrière".


Et toute la lucidité de Sykes roula, bascula, faisant s'effondrer un monde de raison comme de logique, de sagacité comme de pertinence. Achevé, liquidé, il leva des yeux transcendés de stupeur vers lui.

"C'est... c'est fini ?".

"Hélas, oui".

Raphaël s'efforça de l'aider à se relever mais il s'y refusa, fixant entre les bras de son ami un regard droit vers un horizon invisible.

"Et ça n'a jamais commencé en fait ? Ca n'a jamais...".

Il ramena son visage vers le sien.

"Ecoute, renchérit le jeune homme brun, tes parents étaient des lâches et ils n'ont pas su à quel point ce qu'ils avaient fait pouvait être grave pour toi. ils t'ont fichu en l'air sans songer à ce que toi tu ressentirais...".

Quelque chose se désamorça dans l'esprit de Sykes.

"Tu veux dire qu'à l'heure actuelle je suis incapable de me détacher d'eux ?".

Raphaël pinça ses lèvres.

"C'est ce que je pense. Apophis, tu restes cloîtré dans ton passé ! Tu fais sans cesse référence à tes parents et à ce que tu as subi ! Toutes ces horreurs... C'est affreux, certes, mais pour avancer il va falloir que tu les enterres profondément -il posa un doigt sur son front- dans ton esprit".

L'autre lui tendit un regard révolté, électrique sur un visage glacial.

"Ils ne valent même pas la peine que tu fasses ce sacrifice ni même que tu te fasses autant de mal...
Tu es toi, Apophis".

"Je suis moi ? lâcha-t-il pernicieux après un court instant de pause, tu crois ?".

"Oui".

Echange de regards aussi intenses l'un que l'autre ; et Apophis de comprendre que son ami essayait de lire en lui.

"Mais... sais-tu seulement ce que je suis ?".

Un sourire. Et Gibson écarquilla les yeux sur le passage mental qui venait de s'ouvrir à lui. Il s'efforça de reculer, plongeant ses iris vertes et scandalisées dans celles de son compagnon.

"Non... Apoph...".

Il se jeta sur lui toutes griffes dehors, empoignant son cou avec avidité, sur un visage transcendé par la beauté du meurtre, déformé comme si la réalité se fondait dans l'impensable.
Corps à corps ils luttaient, l'un emprisonné sous l'autre, l'autre emprisonné dans lui-même et la forteresse d'injures et de mensonges quil s'était construite.
Car le pire ennemi de Sykes n'était pas son père mais bien lui seul, et ses histoires, ses horreurs qu'il avait imaginé et dont il s'était nourri depuis tant d'années ! Cette affreuse façon de tout emplifier, jusqu'à ce qu'une goutte devienne océan...

"Tu veux savoir ce que je suis, craha-t-il entre ses dents, je suis jalousie, Raphaël, je suis envie, je suis colère, je suis admiration, je suis fascination...
Et je suis un assassin, Raphaël, je suis un meurtrier ! Un fou qui se sera construit au gré d'une imagination trop fertile et dangereuse ! Un condamné emprisonné dans ses propres chimères ! Un monstre qui ne se nourrit que de la convoitise qu'il a sur les autres car, O Merlin, comme les autres ont meilleure vie que lui !".


Il suffoquait déjà et il sentait sa pomme d'adam couler le long de ses mains... Il sentait Raphaël Gibson ployer sous son étreinte, ne devenir rien d'autre... rien d'autre... rien d'autre qu'un homme finalement.

"Tu n'es qu'un être humain, Raphaël. Un être humain avc ses faiblesses... ohh comme... comme tu es faible... hihihihi, comme tu... tu es faible !".

Il gémissait, chouinait, euphorique, des larmes de joie roulant sur ses joues d'albâre à peine teintées par l'effort.

"Tu n'es pas infaillible, mais moi je vais le devenir !
Regarde-toi, ainsi, sous mon pouvoir...".

Ses yeux étincellèrent d'une lueur macabre tandis que le sang de Gibson battait furieusement à ses tempes dans un dernier apport de sang. Un dernier effort, un dernier pour survivre... Il se baissa sur lui avec la solanélité, la conscience du tueur. La mort venait d'investir chaque parcelle de son être.
Les mains de Raphaël se cramponnèrent aux siennes pour le faire cesser, ses ongles rentrant dans sa chair. Apophis gémit mais tint bon. Et la voix étranglée de sanglots :


"Disparais, Raphaël. Disparais. Ta présence me sera moins odieuse à l'avenir et tu ne me renverras pas ce que je m'apprête à faire à chaque regard que tu poseras sur moi...
Personne ne peut plus m'empêcher désormais".

Il sentit son corps se cambrer, la mort le serrer, fort, plus fort encore... et ses yeux gris-verts de s'injecter de sang, les vaisseaux éclatés. Pour qu'enfin enfin seulement son corps ne se détende, ses mains ne s'échappent progressivement de ses poignets, sa tête ne bascule vers des cieux plus cléments, attiré dans la mort par la vengeance de l'Auror Sykes -celui qui s'était emparé de sa vie.

Apophis fut étreint d'une profonde sensation de froid. Il frissonna, laissant s'échapper comme un soupir glacé venant de son être. Des larmes roulèrent à nouveau sur son visage, ses yeux levé vers le ciel.
Le visage mort, profondément vague et sans humeur, il referma délicatement les yeux de Raphaël pour mieux se baisser jusqu'à lui et aposer un baiser sur son front -rituel de passage vers l'au-delà.
Au-delà... oui, au-delà d'un monde qu'il n'aurait jamais voulu lui faire connaître une fois que son âme lui serait emportée.


Il se redressa, tanguant sur ses jambes, comme ivre puis lui tourna le dos...


"il faut savoir qui l'on sauve de qui, Raphaël... tout Auror se le dit.

Sauve-t-on une femme de son mari ? Des enfants de parents trop cruels ? Une famille d'un danger trop propice ? Une nation d'une menace imminente ?

Si on les protège de ce danger, alors on fait en sorte que plus jamais ils ne le cotoyent, qu'ainsi ils en soient préservés.

Mais peut-on longtemps protéger un homme de lui-même ? Est-ce juste de le cacher de ce qu'il est réellement, de le préserver de ce qu'il risque de devenir ?

Personne ne se connait jamais mieux que nous-mêmes... Ainsi sommes-nous les seules personnes à savoir comment taire la bête qui nous afflige.

Tu le comprendras au fur et à mesure de ton existence, tout infaillible que tu sois.

Lorsque ta forteresse se fissure et éclate, sois prêt à te connaitre mieux".
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MessageSujet: Re: [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes   [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes EmptyVen 31 Juil - 10:45

Titre : Préférons le prêtre...
Couple : Apophis Sykes et Britanny of Woodbury.
Personnages concernés : Apophis Sykes, Britanny of Woodbury.
Rating (G, PG, PG-13, R, NC-17) : G
Thème (numéro et nom) : #26 : Pacte avec le diable
Tomes concernés (au delà de l'année en cours ?) : intemporel.

Cadre (époque et lieu si besoin) : eh biienn ^^ près de Fleet Street on dirait bien ! Wink Au 19ème siècle.

"Il n'y a rien que nous puissions faire...", maugréa-t-il le bras déposé contre le fenêtre et le front sur ce dernier, pensif. Il contemplait la rue environnante, ces gens qui passaient repassaient, dépassaient sans cesse, sans discontinuer... Ils battaient le pavé, certaines de leurs petits talons de soulier victorien, d'autres de leur escarpins à la française puis d'autres encore de leurs grosses bottes de ferme. Une fourmilière, Londres grouillait de tout un monde sale, aussi écoeurant que ce qu'un cochon pourrait vomir... De toute manière, d'aussi loin qu'il l'ait connue, elle n'avait jamais été pour lui qu'un grand trou noir aussi sombre qu'un grand chien, là où la vermine du monde résidait...

Une Britanny à la robe fanée, dépareillée, comme une ménagère que l'on aurait détroussée, soupira et tâcha d'arranger ses cheveux blonds et emmêlés au-dessus de sa tête toute pâle de poupée macabre. Posant un doigt sur ses lèvres sèches, elle soupira, secouant la tête aux tracas de son amour et ajouta :

"Vous vous tracassez beaucoup trop, M'sieur... Remarquez maintenant qu'vous l'dites, reste plus grand chose à faire...".

A son tour de soupirer.

"Et ce juge... qui ne reviendra pas...".

Ses bras retombèrent, il se raidit dans son costume de poussière, sombre comme celui d'un croque-mort, élégant comme celui d'un homme de la ville mais venant d'une autre époque -un peu comme si on l'en avait retirée pour le porter quinze ans dans le futur.

"... qui ne viendra plus...", poursuivit-il entre ses dents.

La demoiselle jeta un oeil à son établi, à sa cuisine couverte de farine... où était-ce, là aussi, de la poussière ? D'ailleurs, n'était-ce pas sa faute si le costume de son ami en était recouvert ? Que lui restait-il à faire pour chasser sa mauvaise humeur ? Elle qui avait cru que des fleurs embelliraient la pièce du haut ainsi que son humeur mausade... Mais il était tellement obsédé par ce juge, cet homme, sa famille... Comment ne pas l'être après un retour sur les lieux -lieux abandonnés, envahis par la mauvaise herbe, et par des souvenirs encore trop persistants, saturant l'air ambiant.
Elle passa derrière sa table de travail, jeta un oeil à la mixture de viande qu'elle avait préparé ce matin pour les tourtes -avant que ce vacarme ne l'arrête en plein effort- puis grimaça. Décidemment elle aurait plus vite fait de gaver ces mets si peu délicats de viande de chat.

"Que voulez-vous... mais concentrons-nous sur autre chose, vous voulez bien...".

Aucune réponse.

"Monsieur S. ?".

Il se tourna brusquement, l'air absent, mais levant un sourcil précieux et vaguement intéressé par ce qu'elle avait à dire... un "moui ?" vague sur une moue tout aussi brouillonne et préoccupée.
Elle cala ses poings sur ses hanches potelées.

"Soyons réalistes. Vot' client on arrivera jamais à l'enterrer nulle part... On le retrouvera, pour sûr !".

Sourire étrange sur le visage de cire de son compagnon avant qu'il ne tende un autre regard à la rue... et elle à sa cuisine.
Jusqu'à ce que ne lui vienne une idée ! Ohh une prodigieuse idée !
Celle de plaire à son aimé ! Celle de dire "je te soutiens, quoique tu fasses" et d'ainsi accéder à sa reconnaissance, son amour.
Elle continuerait à le servir, moyenant certains cachoteries sur els siens, bien sûr, tout en lui offrant ce qu'il souhaitait. Et justement la pensée qu'elle venait d'avoir pour les sortir de ce pétrin le ravierait plus que jamais.
Et après à eux gloire, fortune, mariage, peut-être maison sur la plage où ils pourraient y vieillir... ohh oui, sur la plage...
Il ne pourrait pas résister longtemps à sa proposition.

"La viande est dev'nue bigrement cher, reprit-elle sous un soupir, langoureuse, l'air de ne pas y toucher, terriblement cher...".

Elle lui jeta un regard en douce. Aucune réaction.

"Et cette dame d'la rue d'à côté, qui faisait les mêmes tourtes que moi, les farcissant des chats de gouttière du quartier... Et c'était un délice !".

"Un délice, oui...".

Elle le foudroya du regard. Y avait-il goûté ? Non, il n'aurait jamais trahi sa confiance à ce point et ne serait jamais allé de lui-même dans une autre échoppe. Après tout, y servait-on du gin pour faire passer le cake, hmm ? Non, il n'y avait que chez elle !

"Et puis... quel gâchi cette viande laissée au premier étage. De plus, imaginez un peu ! Le prix du boeuf augmente, quant au porc, c'est l'inflation... Avec un homme, au moins, voila de quoi fournir tout un pâté de maison pour six jours durant".

Et le regard stupéfait, non, agréablement surpris de Sykes, de croiser celui de Miss of Woodbury.

"Ah... ah...", souffla-t-il enchanté.

"Voila qui arrangerait bien nos affaires... de la viande de barbier".

Un silence. La poitrine de son homme se gonfla, une lueur de fierté brillant dans ses yeux, élargissant son sourire de dingue...

"De la viande humaine...".

Il fit un pas. Cette approche toucha son coeur de jolie femme abandonnée.

"Savoureuse, en conséquence...".

Un autre pas.

"Miss of Woodbury...".

"Ohh, Monsieur Sykes...".

Et il se jeta sur elle, prenant entre ses mains de bourreau les siennes, aussi fines et douces que celles d'une poupée de porcelaine. Il s'exclama, plein d'entrain :

"Miss of Woodbury, j'ai toujours su que vous aviez du potentiel. Un potentiel tel que j'ai toujours su lire en vous une certaine malice, une ingéniosité telle que vous n'en paraissez que plus rayonnante ! Et quelle idée, Miss of Woodbury, que d'ainsi utiliser matière que...".

Et il la ramena jusqu'à la fenêtre, qu'elle puisse faire son choix...

"... nous avons sous les yeux".

Plantés devant les carreaux de la boutique, quelle plus belle vue que des futurs "clients" qu'ils auraient bientôt à leur table.

"Regardez cela, Miss of Woodbury... tout ce monde qui va et vient... tous ses passants".

Elle se pencha à son tour, les yeux plissés de concentration. Pour elle il y en avait tellement qu'elle ne savait vraiment par quoi commencer. En somme se posait cette question : lequel était le plus savoureux ?

"Là, Monsieur S. ! Voyez-vous ce que c'est ?", fit-elle en montrant le personnage grandiloquent, pompeux et bien en chair qui saluait quelques connaissances sur une mine pontifiante.

"C'est quoi ce truc ?".

"Ca ? Du prêtre. Un peu gras, sans trop l'être. Une bonne viande, savoureuse, élevée dans son cloaque pas au grand air, sous des couches de pollution d'atmosphère... et pas trop cher !".

Il eut une moue dégoûtée.

"Je ne suis pas franchement convaincu, ça doit baigner dans sa graisse mine de rien...

Et ça là-bas ?".

"Ohh ça -elle haussa les épaules face à ce petit bonhomme un peu sec, griffonnant quelques notes et abordant les passants, un journaliste de gazette... c'est filandreux et, en plus, trop maigre. Pas de quoi se mettre quoiqu'ce soit sous la dent par les temps qui courent".

Elle lui glissa un sourire mutin puis tira son bras pour l'amener à une autre fenêtre de l'échoppe.

"Regardez, fit-elle en pointant le doigt sur une personne évaporée et insouciante, celle-là là-bas !".

"Cette grande tige ? On dirait une asperge...".

"Que neni ! Gagez bien qu'son cerveau est bien rempli. Pour une prof de divination, c'la va sans dire. La viande n'est pas trop mal... un peu raide quand même. Ca c'est à force de frapper ses élèves...".

"Pas envie d'avoir une indigestion... ohh mais ! Regardez-moi cette chose !".

Et Monsieur Sykes de pointer son index vers un jeune homme élancé, propre sur lui, tout en élégance et bien portant. Musclé à point... Mademoiselle of Woodbury.

"Ca, si vous aimez la viande élévée au grand air, c'est le moment ! Et c'est une viande de saison quoique très d'mandée de nos jours...".

"Et qu'est-ce que c'est ?".

"De l'Auror !", acheva-t-elle tout fière.

Elle arracha une grimace à son compagnon puis partit dans un éclat de rire jusqu'à l'amener à une autre fenêtre où elle avait entraperçu quelque chose d'intéressant.

"Si vous aimez ce qui a un goût d'ailleurs, Monsieur S., préférez le jeune joueur de Quidditch. Pour sûr qu'au gré des tournois, ce gamin se nourrit aussi bien en France qu'en Asie. J'espère qu'vous aimez la viande relevée et parfumée".

Sourire carnassier aux lèvres dudit Monsieur S. qui ne leva pas son attention du jeune homme aux couleurs de son équipe.

"Mais, fit-elle en haussant les épaules, nonchalante, moi j'préfère le prêtre, Monsieur Sykes... Regardez donc le gâchi d'une viande bien trop crèmeuse !".

Elle arriva derrière sa table de travail et y déposa une petite tourte qu'on aurait dit pétri de l'avant veille alros qu'elle était du matin. Dégoulinante, jaunâtre et écoeurante, la "crème" fuyait sous ses petits doigts blancs.

"Voyez ? D'la viande de médicomage. Gavée de bile ! Ca à force de se faire du mauvais sang pour ses patients, v'la l'résultat. Comme je vous le dis...".

Sykes la saisit entre ses doigts et observa l'étrange mixture, la renifla, puis la laissa retomber sur la table dans un geste dégoûté, cherchant de quoi nettoyer sa main poissée.

"Ecoeurant...".

"Mais... l'Auror, par contre, ça c'est bon !".

Nouveau regard sombre de la part de son compagnon. Elle lui tendit un torchon qu'il s'essuit les mains puis :

"Imaginez, Monsieur S., ce que nous pourrons faire avec tout ce beau monde...".

"Pour pas cher non plus, de quoi nourrir les bouches ouvertes crevant de faim et nous ramener le plus de clients possibles dont...".

"... dont les plus grattinés, poursuivit-elle une étincelle dans les yeux, oui ! De quoi faire des plats d'un raffinement jamais égalé jusqu'ici ! Ohh l'fric qu'on s'fera, Monsieur Sykes...".

"Plus ils viendront, mieux ça sera... et notre célébrité d'enfin parvenir aux oreilles de ce...".

"Aux oreilles de tous, Monsieur Sykes, s'exclama-t-elle en se jetant dans ses bras, voyez un peu ! Grand comme petit, mince comme gros, jeune comme vieux, d'ici comme d'ailleurs...".

"Je ne suis pas sûr d'aimer les viandes avariées, Miss of Woodbury", ricana-t-il.

Et il lui rendit son étreinte, saisissant au passage sur la table de travail un hachoir massif qu'il plaça sous sa gorge.

"Par contre, les jeunes et tendre, j'adore...".

"Je vous reconnais bien là...".

Il passa son bras par-dessus les épaules de la jeune femme, le couteau toujours au bout de sa main, s'approchant lentement de la plus grandes des fenêtres, du dehors...

"Voyez donc, Miss of Woodbury, voyons donc ! Une fois tout ce beau monde avalé, une fois Londres lavée de cette vermine, une fois que nous aurons fait notre office, ce juge viendra...
Il viendra à l'apogée de notre gloire et enfin... enfin...".

"Enfin nous pourrons jouir ensemble d'une retraite bien méritée !".

"Tandis que nous ne serons jamais soupçonnés de quoique ce soit".

"Et pourrons nous retirer sur une petite île tranquille, au bord de l'eau, dans une jolie maison, avec plein d'enfants...".

"Et un repos bien merité".

"Après seulement après, murmura-t-elle les yeux pleins de paillettes, que not' commerce ait bien tourné et que nous soyons gavés d'en avoir trop mangé...".

"Un coup de couteau bien placé sous la gorge...".

Il se tourna vers elle, planta son regard incisif dans ses yeux clairs et pâles.

"De quoi le vider de son sang, mais pas trop, pour garder le jus de la viande...".

"Et ensuite dépouillé comme un lapin, vidé comme un goret, plumé comme un poulet...".

"Pêtri et cuit...".

"Servi bien chaud".

"C'est prêt, régalez-vous !".

Et il joignit le geste à la parole, lâcha le hâchoir, coula ses main le long de sa gorge pour lui accorder un baiser, goûtant le sel de ses lèvres...
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MessageSujet: Re: [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes   [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes EmptySam 1 Aoû - 10:22

Titre : les agneaux ont-il cessé de pleurer ?
Couple : Apophis Sykes et Karen Broome.
Personnages concernés : Apophis Sykes, Karen Broome.
Rating (G, PG, PG-13, R, NC-17) : PG-13
Thème (numéro et nom) :
#12 : En pièces

Tomes concernés (au delà de l'année en cours ?) : intemporel.
Cadre (époque et lieu si besoin) : Etats-Unis, Memphis.



Elle marchait d'un pas pressé, battant le pavé de ses talons jusqu'à atteindre ce grand bâtiment de lumière au milieu de Memphis -joyeux orné d'or dans cette ville déjà recouverte d'une chape de plomb nocturne. Tout autour, dans les rues bondées de monde, des polices étaient massés afin de faire corps avec la foule. Leurs véhicules de patrouille renvoyaient sur le mur de ce qui semblait être un gran hôtel leur lueur criarde rouge et bleue tandis que les cris des badauds se répercutaient en échos dans ses oreilles... Elle secoua la tête comme pour les chasser, sans se départir de son calme, puis présenta sa carte aux quelques policiers massés à l'entrée. Ces derniers la laissèrent pénétrer dans les lieux -un grand hall circulaire, fin 19ème, d'or et de bois précieux, de marbre et d'arabesques ciselées dans le sol. Un style bien particulier pour garder captif un des plus grands criminels de leur histoire... Mais ç'aurait été à son goût néanmoins.

Karen s'étonna de trouver cette prison dorée presque aproprié à un homme dans son genre. Elle chassa cette idée et passa au détecteur de métaux, fouillée de près (trop près ?) par quelques agents de sécurité de la ville qui ne manquèrent pas de plonger leurs regard intéressés au fond de son décolleté. Elle les remercia d'un sourire courtois, étudié, puis se dirigea vers l'ascenseur -direction l'étage où on le disait retenu.
Elle pénétra dans la cabine, là aussi, début année 20, somptueuse, certainement d'époque. Trois policiers entrèrent en sa compagnie, plaisantant sur la détention de son informateur, de tout le "ramdam" que cela suscitait, de ce qu'ils lui feraient si seulement ils en avaient la possibilité... L'un d'entre eux souhaitait qu'il s'échappe de sa "cage dorée", se jette sur des passants pour avoir le droit de l'abattre. Ricanements brefs puis on se rendit compte qu'elle était là aussi. On se rengorgea, se tint droit et cessa toute dérision. Karen Broome baissa les yeux sans rien dire, mais n'en pensant pas moins...

Arrivé à l'étage ils se séparèrent. Manifestement, ces policiers se dirigeaient vers une autre allée de l'hôtel. Quant à elle, elle poursuivit vers la grande salle qu'on lui avait indiquée. Elle ne mit pas longtemps avant de la trouver vu les deux flics qui gardaient consciencieusement la porte. L'un d'eux la fouilla au passage, voir si rien n'avait été oublié dans le hall -quel confiance en ses collègues, c'était dingue !- puis la laissa passer une fois qu'elle eut produit sa carte. Là aussi, on ne savait jamais ! Peut-être n'était-elle qu'une simple curieuse venue pour en savoir plus sur la bête fauve qu'ils conservaient dans cette pièce... ou même une fan invétérée désireuse d'un autographe. Dieu seul savait ce que pouvait susciter comme attirance et comme pouvoir un mec dans ce genre...
Les policiers, là aussi, ne purent faire autrement que de la laisser pénétrer dans l'immense salle. Elle ne saurait pas seule, on le lui avait indiqué. Leur entretien serait ainsi entendu par une tierce personne.

"Ca n'a pas d'importance", avait-elle répliqué avant que les portes ne s'ouvrent sur une immense salle circulaire, lambrisée, parcourue de moulures esquises et tapissée d'un marbre fin et brillant traçant des volutes et des courbes esquises dans les tons crèmes et marrons. Un style typique de ces vieux hôtels américains du début du siècle.
Et au milieu de cette salle somptueuse et pleine de lumière, comme l'oeil de Dieu braqué sur Caïn, Apophis Sykes comme un lion de cirque dans sa cage dorée, assis sur une chaise qu'on avait bien voulu lui céder. Il était habillé comme à son habitude, sauf que l'uniforme bleu passé de l'hôpital où il était interné le lui avait été retiré et qu'il ne lui restait plus qu'un pantalon dans cette même couleur et un t-shirt blanc. Sans lui accorder trop d'attention, il lisait le journal, sous fond de musique d'opéra. Elle s'approchait de lui, se râcla la gorge :

"Docteur Sykes ?".

Aucune réponse. Elle réitéra, plus fort et plus impatiente.

"Docteur Sykes, il faut nous dire où elle est...".

"Je l'ai déjà dit à vos collaborateurs, agent Broome, à mon arrivée à Memphis. De plus, je vous ai déjà mis sur la piste...".

"Je ne suis pas convaincue, reprit-elle, tout ceci est trop trouble, trop... -et comme il ne l'écoutait que d'une oreille- nous avons trop peu de temps, Docteur Sykes, pour seulement jouer aux...".

"Qui n'a que trop peu de temps, agent Broome ? Lâcha-t-il de but en blanc en la fixant de son regard de rapace, vous ou moi ? Personnellement, je dispose de toute l'éternité dont je désire et c'est plutôt vous qui vous évertuez à gaspiller celui que j'ai placé entre vos mains...
Le temps, agent Broome, est précieux. Mais vous peinez encore à le mettre à profit. Réfléchissez.
Qui est son assassin ?".

"Docteur...".

"Réfléchissez !".

Elle prit une pause, s'efforça de chercher, à contre coeur, puis annonça :

"Personne d'une trentaine d'années, isolée, repliée sur elle-même, adolescente difficile, difficulté à s'affirmer en tant qu'homme, dénie de sa virilité. Il se pourrait qu'il soit transexuel..".

"Mais encore ?".

Elle soupira, anxieuse.

"Tout ça nous l'avons déjà dit, docteur. Je m'attendais à plus d'informations de votre part. C'est pour cela que je suis ici".

"Car maman-sénateur n'a pas été en mesure de me tirer les vers du nez, n'est-ce pas ?".

Elle demeura silencieuse.

"Echange de bons procédés, agent Broome. Vous me donnez quelque chose et, en échange, je vous offre ce que vous souhaitez. Etes-vous prête ?".

"A quoi ?".

"Etes-vous prête ?".

Elle déglutit, rigide et froide.

"Je le suis".

"Bien, sourit-il, qu'est-ce qui vous faisait peur étant jeune ? La mort de votre père cache quelque chose d'infiniment traumatisant pour l'enfant que vous étiez...
Que s'est-il passé après qu'il soit mort ? Où êtes-vous allée ?".

"Chez mes grands-parents".

"Vous êtes restée combien de temps ?".

"Très peu de temps...".

"Pourquoi ?".

Elle déglutit, releva la tête comme pour faire face, se syeux commençaient à briller et elle semblait particulièrement mal à l'aise... Se syeux de charogne étaient toujours plantés dans les siens.

"Pourquoi ?".

"A cause des agneaux. Ils... ils pleuraient le soir, ça m'empêchait de dormir".

Un silence. Silence durant lequel un fin sourire coula le long des lèvres émaciés de son interlocuteur.

"Les agneaux ont-ils fini par se taire, Karen ?".

"Docteur Sykes ?, appela une voix à l'autre bout, la visite est terminée. Agent Broome, apprêtez-vous à écourter !".

Le policier en faction s'était approché d'eux, prêt à faire cesser leurs propos. Et pourtant il restait tant de choses à dire, tant de choses à éclaircir... et pourtant, Sykes n'avait pas dit son dernier mot, il attendait qu'elle réponde pour répartir à son tour...
Il lui fallait cette minute !

Elle agrippa les barreaux de son captif et lui répondit alors :

"N... non. Ils... ils n'ont jamais cessé de crier...".

Son visage de marbre se rapprocha du sien, jeune et doux, bien que composé pour lui faire face.

"Après cela qu'avez-vous fait ?".

"Je me suis enfuie".

"Agent Broome ?".

Elle ne répondit pas, captivée par Apophis Sykes, son nez à quelques centimètres du sien. Ses grosses mains s'étaient abattues juste au-dessus des siennes.

"Elle est gardée captive chez lui. Cherchez bien. Un type comme Jame Gumb n'est pas assez intelligent pour se trouver une planque... ou alors bien trop attaché territorialement pour abandonner l'endroit où il vit au profit d'un autre, inconnu, où il ne pourrait pas accomplir pleinement sa métamorphose...".

"Jame Gumb".

"Agent Broome, insista le policier, c'est fini maintenant".

"Je pourrais les tailler en pièce, souffla Sykes à son intention, si l'on me laissait l'oportunité de le faire... Je les taillerai tous en pièce, agent Broome.
en de mus morceaux, histoire qu'ils cuisent vite. Je m'attaquerai sûrement à la tête au début puis ensuite je commencerai par ronger les joignures de leurs membres, taillant dans le vif des os, déchiquetant jusqu'au moindre petit tendon puis avalant leur chair...
Mais pas vous. Vous avez trop d'importance à mes yeux...".

Il n'était plus qu'à quelques pas d'eux deux.

"Laissez-moi un dernier souvenir...".

Il agrippa sa main, se plaquant contre ses grilles, le visage penché sur le sien. Elle n'osait plus bouger de peur qu'il la morde, qu'il la mange, qu'il la mastique, qu'il...
Où n'était-ce là que ce qu'elle attendait enfin ? Douloureux frisson.

"Agent Broome...".

Elle ferma les yeux, se laissa aller, les pieds surélevés afin d'arriver à sa hauteur et de m'éfleurer qu'une seconde, une fraction de seconde, le bout de ses lèvres.
Des mains puissantes et brusques vinrent se saisir de ses épaules.

"C'est fini maintenant !!! S'exclama le flic, mais bon Dieu qu'est-ce qui vous prends ?".

Il l'éloigna du monstre, de celui qui, souriant, avait pu y goûter. Toujours accroché à ses barreaux, il la regardait partir sur un sourire décadent. Il reprit d'un ton humble et grave :

"Je ne vous mangerai pas pour tout l'or du monde, Karen !".

Puis elle fut sortie manu militari par le gardien, les portes se fermant sur cette horrible scène aussi bien que sur ses étranges sensations et ce terrible personnage.
Ne lui restait plus qu'à aller au bout de son travail à présent...
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MessageSujet: Re: [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes   [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes EmptyDim 2 Aoû - 19:26

Titre : la maison du bonheur.
Couple : Apophis Sykes et Bellatrix Lestrange.
Personnages concernés : Apophis Sykes, Bellatrix Lestrange... and folks ^^.
Rating (G, PG, PG-13, R, NC-17) : NC-17 (c'est parce que Bellatrix elle fait peur aux enfants en fait XD)
Thème (numéro et nom) :
#28 : A l’envers
Tomes concernés (au delà de l'année en cours ?) : tome 7.
Cadre (époque et lieu si besoin) : dans la belle maison de Bellatrix ^^.




Maintenant, nous sommes un couple civilisé ! C'est vrai !
Qui, dans ce monde en perdition, aurait bien pu accepter des personnes telles que nous franchement ? Il nous fallait arrêter de nous morfondre sur nous-mêmes, nos tourments, nos problèmes, ce qui nous bouffaient alors de l'intérieur.
Nous avons enfin compris ce qui nous manquait à tous deux...
C'était elle pour moi, moi pour elle...
Et une belle maison.

Bellatrix était en retard, comme souvent lorsqu'elle rentrait du travail. Depuis trois semaines, elle avait trouvé un post au Ministère -de quoi calmer ses ardeurs les plus profondes et les plus noires, histoire d'étancher sa soif de revanche et d'extermination de la race humaine. Elle travaillait au Service des Transports Magiques. De quoi la ravir tous les jours à s'occuper des trains en retard, composter les billets dans le magicobus quand Stan Rocarde était en vacances, faire en sorte que les cartes de réduction s'appliquent bien sur certains déplacements internationaux, s'assurer qu'enfin chacun puisse voyager dans une valise... un wagon, un wagon, confortable plié en quatre ou alors découpé en morceaux. Ce travail lui apportait beaucoup, c'était certain ! Avec de vraies perspectives d'avenir ! Mais pas comme celui, dé-ri-soire, qui aurait pu devenir le sien si elle avait fini aux côtés de Voldemort, non, non ! Il pouvait bien continuer sa guerre tout seul, elle, elle avait trouvé mieux. Ainsi s'affirmait-elle, se retrouvait-elle même dans ce nouveau train de vie.

Mais s'il y avait bien la belle et épanouie jeune femme échevelée, encore y avait-il aussi son amoureux transi !

Apophis Sykes avait compris que tuer tout le monde, rêver de sa mère toute nue, vouloir coucher avec les femmes des autres et foutre la râclée de sa vie à son meilleur pote, finalement, ne lui apporteraient pas grand chose. Sur le court terme, oui, cela pouvait être satisfaisant... mais qu'en était-il du long terme ? Sûr il ne continuerait pas longtemps sur cette voie qui, chaque fois, s'avérait plus que savonneuse...
Ainsi avait-il regardé la vérité bien en face et avait-il compris ! Ils partageaint tous deux les mêmes idéaux, étaient passionés par les mêmes choses et se refusaient leur amour depuis trop longtemps déjà. Mieux valait ne plus fuir et ainsi sauvegarder le peu de vie sur Terre qu'il leur restait -parce qu'entre un meurtrier psychopathe et une Mangemort recherchée c'est à celui qui se fera liquider le plus rapidement, finalement...
Sykes avait décidé de tout sacrifier pour elle, il se le devait ! Puisque c'était son choix...
Aussi accepta-t-il de se "mettre au vert" dans une jolie maison de campagne choisie par sa belle, non loin de Londres pour qu'elle n'ait pas trop à souffrir des transports le matin et le soir, et de veiller à leur petit ménage à... sept (à force d'aller à droite, à gauche, on en paye les pots cassés).
Eh oui ! Apophis était devenu homme au foyer !

Et ce jour-là, Bella débarquait à huit heures du soir... une demi heure de retard ! Cela commençait à faire beaucoup ! Plus ça allait, plus elle les accumulait. Il y a sept jours, huit minutes de retard ! Deux jours plus tard, dix minutes de retard ! La semaine suivante, quinze minutes et j'en passe ! Non vraiment, quelque chose n'allait pas. Aussi leva-t-il les yeux au ciel lorsqu'il entendit le gravier de l'allée crisser sous les pas de son aimée.

"Hadès !!! Hurla-t-il en pointant un doigt vers un adorable bambin blond machouillant un livre, repose ça tout de suite sinon papa va se fâcher !! Tu vas voir, hein ! Je le dirai à maman, on verra ce qu'elle en pensera !".

Il replongea ses mains dans la vaisselle sale, astiquant avec le grattoir comme un dingue, serrant les dents sous l'effort. La porte claqua, Bellatrix jeta son sac dans un coin et lança à la cantonnade et en direction du salon :

"Salut tout le monde ! Je suis trop crevée. Bon, y a quoi à manger ?".

Et Apophis de se retourner sur elle comme une furie, les poings sur les hanches.

"Tu as 35 minutes de retard !!".

Un regard en arrière puis...

"Ah ouais ? T'es sûr ? -elle consulta l'horloge murale juste au-dessus de la hotte de la cuisine- ah ouais, tu as raison ! J'avais pas vu, désolée !".

... juste avant de buter sur une petite fillette de huit ans à peine qui tomba à la renverse pour le coup. Catastrophe et pleurs imminants !

"Ah ! Pardon... euhh... -se gratte la tête- euhh...".

"Athéna...".

"Ouais, Athéna. C'est ça. Bah ? Pourquoi tu pleures ? Tu as faim ? Tu as quoi ?..."

Elle jeta un regard circonspect à la fillette, l'aida à se relever puis lui tapota la tête juste avant de prendre place dans le divan du salon au milieu de trois autres bambins de... 5 à 12 ans à en juger. Elle leur jeta un bref regard, chopa dans le bol à pop-corn du plus jeune, plus gros et plus blond puis ajouta en s'en enfournant une belle poignée :

"Hey ! T'oublie pas qu'y a les Martins qui viennent dîner ce week-end, hein ?".

Apophis rangea une dernière assiette, rejeta avec hargne ses gants à vaisselle et vint manu militari se fiche devant sa compagne, mains sur les hanches, devant la télé -masquant de toute son imposante stature l'épisode ou le Docteur Greene apprend qu'il a un cancer...


Dernière édition par Apophis Sykes le Dim 2 Aoû - 20:43, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes   [Défi] 30 baisers | Apophis Sykes EmptyDim 2 Aoû - 19:26

"J'ai PAS oublié qu'il y avait les Martins à dîner ! Seulement, je sais toujours pas quoi leur faire vu que tu me donnes AUCUNE idée !
Puis, je te ferais dire que, et d'une, c'est pas une auberge ici et je fais pas à manger pendant que toi tu fiches les pieds sous la table, ok ?

Et de deux, tu avais promis d'emmener Castor, Pollux et Anubis jouer au square et résultat regarde où ils sont !".

Bellatrix chercha du regard, ne sachant pas vraiment où Castor, Pollux et Anubis pouvaient se trouver en ce moment précis... Peut-être dehors ? Ou...

"Devant la télé, s'exclama-t-il en lui montrant les trois gosses se bourrant de bonbons, là ! A regarder des imbécilités car l'heure des dessins animés est dépassée depuis... bah depuis bien longtemps !".

"Raaahh la laaa, crie pas ! Je t'entends ! Je suis pas sourde...".

Elle eut un sourire de circonstance. Les gonzesses, franchement...

"J'en ai MARRE, Bellatrix !".

Il croisa les bras sur sa poitrine. Son teint avait viré au rouge tomate à force de crier.

"Je trime comme un malade tous les jours ! Je nourris les petits, je joue avec eux, je les emmène manger une glace, au square, je les habille, je les véhicule à leur cours de poterie et de danse... Tiens ! Est-ce que ça t'intéresse de savoir qu'Hector est passé premier de sa classe en scrapbooking, hein ? Non !
Je suis certain que tu l'avais oublié", cracha-t-il en détachant bien les mots.

Des pas se firent entendre dans l'escalier et un jeune homme de seize ans environ débarqua dans le salon, casque à baladeur autour du cou, planche au bout du bras, pantalon baggy et cheveux roux et bouclés lui descendant en cascade sur les épaules. Des boutons plein la figure et une voix qui mue finalisaient le portrait :

"Ouais p'pa, m'man ! J'vais chez James ! C'est soirée tacos...".

"Tu ne bougeras pas d'ici tant que ta mère et moi n'aurons pas fini cette discussion, Hermès -et comme il faisait mine de filer à l'anglaise- TU M'ENTENDS ??!".

"Ouais c'bon ! J'suis pas sourd, roohhh la laaa...".

Ricanement de la part de Bellatrix, se prélassant toujours dans son sofa en compagnie des gosses captivés par l'intervention du docteur Benton pour sauver une S.D.F. congelée.

"Bah voila, j'suis pas la seule !".

"Ahh toi... Hermès, écoute, Amélia sera là ?".

"Baaannn... ouais, peut-être !".

"Je ne VEUX PAS te revoir en compagnie de cette fille ! Elle est mauvais genre !".

"Mais p'pââââ... putain, vas-y, c'est trop grave abusé c'délire...".

"Mais laisse-le, reprit Bellatrix, enfin ! C'est de son âge de courir après les filles, franchement ! Moi, je sais pas, mais à seize ans j'avais déjà...".

"ON NE T'A PAS DEMANDE TON AVIS !!!!".

Et, furibond, de placer une main sur sa poitrine, presque au bord des larmes.

"C'est MON fils !".

"J'peux m'barrer ?...".

Et le ton de monter...

"Ouais ! Bah t'as raison va ! Fit-elle dans un geste, c'est TON fils, comme toute cette ribambelle de gamins qui passent le plus clair de leur temps dans MES jambes quand je suis claquée, rentrée du boulot ! C'est TES gosses, TOI qui les a fait et je suis encore bien gentille, moi, d'aller galérer dans ce Ministère de m*rde pour nourrir toutes ses bouches qui m'appartiennent pas !!".

Elle s'était levée, les poings serrées, son nez à quelques centimètres du sien.
Hermès, quant à lui, effectua un pas, leva le doigt histoire d'essayer de judicieusement attirer l'attention.

"Euhh... j'peux y aller ?".

"OUI !!", hurlèrent-ils à l'unisson.

"Hermès, fais pas chier !", reprit dérechef le petit Anubis qui, tout fier de lui, tourna un regard vers ses parents.

"Voila. Et, en plus, ils apprennent des insanités !".

"Aahh bah ça, c'est pas moi ! Ca jamais ! Pas de ces mots dans ma bouche !".

Bellatrix lui jeta un regard foudroyant.

"Et puis, reprit Apophis sur une mine de petite pute, si tu n'aimes pas ton travail, t'as qu'à le plaquer puisqu'il est si nul !".

Un instant de silence...

"T'ferais mieux de la boucler cinq minutes Apophis... C'est quand même pas moi qui rentre plus dans mes jeans de l'année dernière, regarde le téléachat l'après-midi et me vide un pot entier de crème glacée au macadamia en deux jours !".

Sykes laissa échapper une exclamation scandalisée. Les larmes lui venaient à présent et il papillonnait des paupières comme si on venait de lui balancer la plus grande claque de sa vie.

"Ce... c'est pas vrai ! Je n'ai pas repris depuis Noël dernier !".

"Ouais bah c'est pas ce qu'indique la balance !".

Nouvelle exclamation douloureuse. Une main sur le coeur, reculant tout en hochant la tête.

"Comment peux-tu dire ça ? Moi qui fait tant d'efforts pour te plaire ! Tant d'efforts pour que tu me trouves beau ! Regarde !".

Il se tint droit, se présenta d'un geste de la main... révélant bien malgré lui ses poignées d'amour.

"Pas un gramme...".

"Ouais, c'est ça...".

Et un radam pas possible de s'annoncer juste au-dessus de leur tête, comme si un troupeau de buffle venait de passer à travers tous l'étages. Des cris perçants d'enfants se firent entendre.

"ATTIA, SERVILIA, VOS GUEULES !!".

Apophis, digne, sécha rapidement ses larmes d'un revers de main tout en se détournant de sa compagne. De son côté Bellatrix errait à travers le salon tel un lion en cage, se prenant la tête entre les mains, soufflant pour tenter d'évacuer tout le stress emmagasiné en elle.

"Je sais bien que je ne suis pas utile... que si je sortais seulement, si j'avais un boulot, là je perdrais du poids".

La jeune femme leva les yeux au ciel, les bras croisées.

"Je sais bien qu'ainsi tu n'aurais pas honte de moi...".

Il renifla.

"Que tu aimerais mieux mes enfants...".

Pesant silence. Nouveau reniflement fiévreux. Bellatrix soupira puis se tourna vers lui.

"Mais je les aime tes gosses, Apophis...".

Le blond étouffa un gémissement douloureux. Elle s'approcha de lui, posa une main sur son épaule pour qu'il se retourne. Ses yeux sombres furent confrontés aux siens, bleus électriques, rougis par les larmes. Sykes redressa la tête, fuyant son regard.

"Non. Ne me regarde pas pleurer ! Je préfère que tu emportes une autre image de moi lorsque tu partiras et nous laisseras seuls, livrés à nous-mêmes...".

Elle le força à confronter leurs regards.

"Mais voyons, sourit-elle un peu confuse, c'est la vie que j'ai choisi de passer avec toi, Apophis.
Et puis, même si tu es un peu... rondouillet, tu restes toujours mon préféré !
Je suis ta fan numéro 1 !".

Et elle lui déposa un fin baiser sur les lèvres.

"Allez, mon beau ! Courage !".

Et une franche tape sur les fesses qui le fit sursauter puis glousser.

"Ooohh, Bellatrix...".

Rougissant, Sykes regagna sa cuisine et Bellatrix concéda à passer à la salle à manger où une bonne douzaine d'enfants attendaient impatiemment d'être servis. Ils étaient tous, à part de rares exceptions, blonds. Preuves que certains gênes plus forts que d'autres l'emportaient bien sûr *SBAF XD*.
Arrivé à table avec le plat -des pâtes bolognaises- Apophis adressa un joli sourire de connivence à sa compagne.
La nuit promettait de se finir en feu d'artifice ! Et, qui sait ? Peut-être y aurait-il une petite fille ou un petit garçon aux cheveux noirs prochainement ?
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