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 Etat d'urgence... [PV Karen]

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MessageSujet: Etat d'urgence... [PV Karen]   Mer 5 Aoû - 19:29

"Vite, hurla-t-il à travers tout le corridor, venez m'aider !".

Il venait de faire irruption à Sainte-Mangouste, une gamine de huit ans entre les bras, l'espoir au coeur et la peur au ventre. Ses mains serraient fort entre ses doigts glacés d'effroi le petit corps qui, petit à petit, s'annonçait sans vie. Du sang recouvrait sa chemise bleu pâle.
Un assistant médicomage ainsi que quelques infirmiers se précipitèrent vers lui. Un autre amena une civière, de quoi la transporter en sureté. A peine les avait-il considéré, s'affairant au travail, qu'ils étaient déjà partis direction le bloc opératoire. Atlas resta seule, immobile, dans ce hall bien rempli par des malades divers et variés, seul... terriblement seul...
Et sa propre voix de raisonner dans sa tête, comme un cri sans fin, déchirant sa raison : "elle a sauté. Du haut de la fenêtre elle a sauté. On l'y a poussé et elle a rejoins le sol...
Comme une poupée de chiffon...
Exactement comme une poupée de chiffon".

***


Choqué et peut-être plus accablé qu'il ne souhaitait l'admettre il était demeuré en salle d'attente durant trois bonnes heures. Elles s'égrainaient sans qu'il ait à les voir, sans qu'il en ait le besoin -cette indicible trouille, celle de "devoir" s'insinuant jusque profondément dans ses viscères et son cerveau. Cette probabilité se faisant de mèche avec cette absolue nécessité qui serait sienne : devoir fouiller dans sa tête, extraire ce qui s'est passé, voir enfin qui l'eut poussé pour qu'elle s'écrase comme un papillon sur le pavé.
L'homme passa une main bourrue et piquée de poils sombres derrière sa nuque qui craqua sous l'effet. Tout autour de lui son monde s'était rempli : femmes enceintes dans l'attente d'un rendez-vous avec leur gynécomage, enfant qui s'étaient cassés le bras après une mauvaise chute, jeune fille qui s'impatientait dans l'attente d'un père qui sortait d'intervention aujourd'hui... Tout autour de lui, le soulagement, la joie, les pleurs, les remerciements et l'admiration. Ainsi qu'une phrase castratrice d'un petit garçon : "quand je serai grand, je serai comme la dame !" en désignant une belle jeune femme brune, élancée, aux fins yeux bleus et à l'allure glamour. Son petit doigt enflé par une piqûre d'insecte ne lui faisait plus rien...

Et dire que, dans quelques temps, il serait peut-être rappelé pour se pencher sur l'un ou l'autre de ces cas, s'attarder sur l'un de ces cadavres ambulants, chair fraîche en attente de putréfaction, et ce pour voir, savoir, comprendre "pourquoi". Pourquoi mort de cette façon ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ?... Et de répondre aux éternelles questions des familles, des membres de la cour, de l'avocat, des plaignants, de tout ce monde-là. Pourquoi ?
Ah oui... Dans la mesure du possible il voulait bien s'y contraindre -si seulement il n'avait pas à revivre seconde par seconde des souffrances engendrées par le meurtre et la peur, revivre jusqu'au plus profonds de ses trippes cette intense et indescriptible douleur qui vous enlève tout et vous transforme en rien.
Alors il faut prendre patience, "se laver" de ces blessures et surtout de ces gens morts, et accepter. Accepter d'emporter un peu plus vers notre sombre tombe un petit peu d'eux-mêmes.

L'humilité il l'avait apprise auprès d'un jeune avocat mort poignardé dans le dos. La sensibilité il l'avait puisé au coeur d'un petit garçon handicapé, molesté par d'autres. La patience il avait su la prendre chez cette bonne vieille femme qu'une mauvaise chute dans un escalier avait privé de vie.
Et la rancoeur, il l'avait connu par le biais d'un mari jaloux. La haine il l'avait rencontrée au détour d'une âme aussi noire que la nuit, celle d'un ancien Mage Noir, Langue-de-Plomb de surcroît. La possessivité il l'avait trouvée auprès d'un vieux commerçant qui avait préféré se donner la mort en emportant tout ce qu'il avait avec lui et en ne laissant rien, rien à ses enfant, rien...
Les scènes de tortures et de viol. Les chutes vertigineuses pour s'exploser en contre bas. Cette affreuse sensation d'être privé d'air quand on vous étrangle. Et l'eau qui remplit vos poumons lorsque vous vous noyé. Tout ceci l'avait fait... tout ceci avait contribué à garnir sa nouvelle mémoire... tout ceci était les fragments de la vie qu'il avait commencé à construire...

Parce qu'en tant que membre de cette unité spéciale, ils n'étaient presque plus considérés comme des hommes... mais bien comme des matrices.

Il leva les yeux au même instant et il lui sembla reconnaître cet homme. C'était le médicomage qui s'était précipité vers lui pour se saisir de l'enfant et l'emmener. D'une voix sobre et neutre, face à la mine blaffarde et sombre de son "nouvel ami", Atlas trancha aussi sec :

"Trop tard, n'est-ce pas ?".

L'homme laissa échapper un léger soupir comme pour dire qu'il était navré, qu'il en avait gros sur la patate, qu'il avait tout essayé mais...

"Oui, Monsieur. Trop tard".

Rayshern baissa les yeux sur ses mains caleuses, contemplant ses pouces... d'où pas une seule marque d'emprunte digitale ne ressortait.

"Etes-vous un membre de sa famille ? Un proche ?".

"Non, rien. Je ne suis rien pour elle. Je pense pas qu'elle soit quelqu'un pour quiconque d'ailleurs...".

Ses yeux gris sombres se plantèrent dans les siens.

"Je l'ai vu tomber d'une maison dans une des ruelles du Chemin de Traverse. Je n'habite pas ici mais cela se trouve juste derrière la boutique du vieil Ollivander...
C'est tout ce que je sais".

L'homme acquiesça d'un signe de tête.

"Je préviendrai les autorités. Ils commençerons une enquête...".

Et là, coup de théâtre ! Cette phrase, toute solennelle en elle-même, toute de circonstance, manqua de le faire s'étrangler de rire. Au lieu de cela, ce dernier partit dans des trilles nerveuses, sèches comme si cette situation odieuse s'y prêtait, faisant se secouer ses larges épaules...
On le regarda de tout côté, on le dévisagea longuement tandis qu'on le foudroyait aussi du regard. Le pauvre chirurgien ne savait plus où se mettre.
Atlas Rayshern reprit peu à peu son sérieux, et d'un air cynique au possible :

"Ils ont mieux à faire, Docteur, que de s'occuper de cas comme ça. Ils... pansent les plaies de la nation, comme ils disent si bien.
Personne ne s'inquiétera de cette gamine...".

Et son visage grave était à nouveau retombé sur ses mains, tiraillé, bouffé par cette sensation de devoir le faire, dévoré par celle de foutre le camp d'ici.
Mais l'autre fut plus rapide. A peine tentait-il de se lever pour filer à l'anglaise qu'il appelait déjà l'une de ses collègues à la rescousse. Une jolie jeune femme, toute aérienne, toute sûre d'elle... la même qui avait soigné l'autre petit garçon.

"Docteur Broome, voulez-vous venir s'il vous plait ?".

Et de s'excuser en douce :

"Je vous laisse avec ma collègue afin que vous puissiez vous entretenir avec elle. Pour ma part, je vais faire les démarches nécessaires afin de retrouver sa famille...".

Atlas acquiesça d'un signe de tête et songea en lui-même qu'essayer d'arrêter la jeunesse équivalait à interdire à un hyppogryffe de voler. Le chirurgien tourna les talons, partant à la rencontre de sa collègue. Il lui glissa en douce :

"Ce type a ramené une petite fille. Commossion cérébrale, hémoragie interne. Elle était quasi morte dans ses bras...".

Un bref regard au colosse.

"Je vais me charger de retrouver les parents de la petite. Toi, charge-toi de découvrir qui est ce mec".

Il lui sourit et opina du chef pour tout remerciement avant de partir en direction d'un autre couloir.
Désormais, le géant sentait comme un tout autre regard planer sur sa personne...
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Jeu 6 Aoû - 21:47

Karen détestait voir des enfants arriver à Sainte Mangouste, elle ne s'y ferait certainement jamais. Côté moldu ou ici, c'était toujours pareil, cette petite boule au ventre qui la prenait lorsque l'infirmière lui tendait la fiche du patient et qu'elle voyait l'âge du petit malade. Cette femme qui n'avait officiellement jamais eu d'enfant, et qui commençait à faire une sérieuse obsession, supportait vraiment de moins en moins de les voir arriver dans des états pas possibles. Les parents étaient donc tous aussi inconscients? Laisser un gamin jouer avec un baguette cassée équivalait à le laisser jouer avec des allumettes côté moldu. C'est vraiment pas possibe de voir une chose pareille. Souvent elle avait eu envie de leur hurler dessus, mais à chaque fois, son professionnalisme reprenait le dessus à temps, et elle restait fidèle à ce qu'on pouvait attendre d'une médicomage.

Ce jour là, ne faisait pas exception à la règle. A peine arrivée, deux gamins et une grand-mère. Rien de bien grave pour une fois, des parents inquiets pour un petit garçon qui souffrait d'un simple rhume, une grand-mère au col du phémur cassé, et le dernier piquer par un insecte en faisait la chasse au gnome dans son jardin. Le petite avait été adorable et n'avait pas pleuré lorsqu'elle lui avait retiré le dard de la bestiole rester coincer dans son pouce qui avait triplé de volume.

Le petit avait l'air impressionné si bien qu'il déclara vouloir faire comme elle plus tard. Karen lui sourit, c'était toujours mignon de les voir idolâtrer le premier venu qui était gentil avec eux. Mais au-delà de ça, c'était une preuve qu'elle avait bien fait son travail, non seulement il n'avait rien sentit, mais en plus il ne craignait pas de revenir se faire soigner. Bien sûr, elle ne souhaitait en aucun cas le revoir ici.

La sorcière repartit en direction de son bureau, histoire de prendre les autres fiches de patients, et jeter un coup d'oeil à leurs antécédents. Evidemment, ça n'était pas les candidats qui manquaient pour se faire soigner, et Karen du faire un tris par priorité dans la gravité des cas. Ce matin, il n'y avait pas de véritable urgence, mais une vérification de cicatrisation pouvait passer après une entorse.

Elle se dirigeait vers le hall pour récupérer le prochain patient, lorsqu'un de ses collègues l'interpella. Qu'est-ce qu'il y avait encore? Elle s'approcha de lui, sans un sourire, la courtoisie c'était avant et après le boulot. Entre, c'était des relations strictement professionelles et personne ne se vexait du peu d'intérêt que semblait leur porter les autres. Elle attendit donc d'en savoir un peu plus avant d'essayer de placer trois mots, mais c'était trop tard, il était déjà partit vers d'autres horizons.


*Sympa... j'avais autre chose à faire!*

Elle n'en voulait pas au pauvre type qui avait du apporter cette petite gamine vers sa fin de vie prématurée, mais à ce collègue qui se défilait face à quelque chose qui faisait partit de leur métier. Karen s'avança donc vers son nouveau "patient", greffé au milieu des autres, pour en savoir un peu plus. Elle l'aborda avec un sourire très effacé qu'imposait les circonstances et lui tendit une main pour le saluer et se présenter.


- Bonjour monsieur, je suis le docteur Karen Broome. J'aurai deux-trois petits renseignements à vous demander, vous voulez me suivre dans mon bureau ou préférez-vous rester ici?

L'homme lui tombait quasiment du ciel, à part les rapides informations que lui avait lancé son collègue avant de s'éclipser, elle ne savait rien. Cet homme était peut-être choqué d'avoir trouver cette petite fille dans un tel état... Elle n'allait pas le forcer à répondre, ni même à changer de place. S'il préférait rester dans cette salle d'attente, ils y resteraient. De toute façon, il y avait un tel mouvement ici, que personne ne restait bien longtemps.

Karen appella une infirmière pour lui confier les fiches des deux prochains patients qu'elle était censé soigner. Son nouveau cas allait peut-être lui prendre du temps, alors autant donner les autres à un collègue plus libre. Mais elle, prit le soin de laisser un rapide mot de remerciement pour celui qui aurait la gentillesse de prendre son relais.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Ven 7 Aoû - 14:39

La jeune femme se présenta et il lui sembla qu'elle n'était sans prétention aucune, comme ces médicomages qui font avant tout passer leur devoir et leur travail afin de mieux faire faces aux familles éplorées et aux difficultés rencontrées. Atlas apprécia se professionnalisme et se dit alors qu'il n'aurait pas à faire à l'un de ces médecins trop compatissants, trop présents, trop protecteurs... il ne souhaitait guère s'embarrasser de ce genre de formalités, aussi la manière dont Karen abordait les choses la satisfaisait-il. Il lui sourit poliment puis hocha négativement et lentement de la tête, ajoutant de sa voix basse et rauque :

"Non merci. Je préfère encore rester ici...".

Se déplacer équivalait à n'attacher que trop d'importance au drame et, même s'il s'agissait d'une horrible tragédie, Atlas songeait qu'il était plus poli et mieux approprié de rester à l'écart. Il dévisagea un instant son interlocutrice, calme et patiente, attentive et ajouta tout de go avant qu'elle ne prenne la parole :

"Ecoutez... comme je l'ai dit à votre collègue, je passais dans ce quartier quand l'enfant est tombée. Je ne suis sûr mais je pense qu'elle a été poussée. C'était dans une ruelle derrière le magasin de baguettes...".

Il fronça les sourcils, ferma les yeux. Comment se nommait ce magasin déjà ? A qui appartenait-il ? Ah ! Il l'avait sur le bout d ela langue mais impossible de remettre la main dessus...

"Ollivander !, finit-il par lancer, Ollivander, c'est ça...".

Il haussa les épaules.

"J'ai rien vu d'autre... et même rien vu venir".

*Et maintenant pour ce que ça compte*, avait-il presque envie de lui dire. Mais froisser une personne aussi charmante et, qui plus est, aussi sérieuse aurait été fort dommage...
Voila où il en était. Il ne lui serait pas d'un très grand secours. Que feraient-ils de l'enfant s'ils ne retrouvaient pas ses parents ou quelques proches ? Généralement les corps dits "abandonnés" sont incinérés s'ils ne sont pas réclamés suivant une certaine période. en deviendrait-il de même pour cette gosse ? Son corps brûlé, balayé au quatre vents sans espoir de repos ? Et si sa famille s'en apercevait un jour, criaient-ils au scandale et à la faute professionnelle ? Y aurait-il un nouveau procès d'ouvert accablant Sainte Mangouste ?

Mais, au fait, pourquoi se posait-il autant de questions ? C'est vrai ! En quoi cette histoire pouvait le concerner plus que de mesure ? Il ne connaissait pas cette fillette ni même ne savait comment elle s'appelait... Tout ce qu'il avait fait c'était la ramener ici afin qu'elle soit soignée.
Cependant et malgré tout il restait différent des autres... Si un commerçant, par exemple, l'avait trouvée et amenée à sa place il en aurait été autrement. Or lui était... lui était de cette race de légilimens capable de les faire parler. Et, dans un sens, il serait tout à fait en mesure de répondre à Karen Broome et ses collègues.

Seulement c'était replonger là dans l'accablante et sinistre raison de sa mort... ce qu'il ne souhaitait guère.
que faire ? Se lever et dire à cette jeune femme : écoutez, laissez-moi faire quelque chose ! Laissez-moi trouver qui elle est et ce qu'on lui a fait !
Ou alors se taire, donner les informations qu'on lui réclamaient et repartir comme il était venu un point en moins sur l'estomac... ou pas ?
Et c'est alors qu'une évidence traversa son cerveau. Une petite chose toute bête, appartenant à la politesse et qu'il avait occultée -raison sans doute de la présence de cette femme à ses côtés.
Atlas sourit. Ce n'était pas pour la gamine qu'elle était venue, mais bien pour lui. Ses yeux gris croisèrent les siens et il reprit :

"Je m'appelle Atlas Rayshern. Je travaille pour le Ministère de la Magie...
Je n'habite pas loin de ce quartier, au Chaudron Baveur. Je me promenais quand elle 'm'est tombée dessus...".

Léger ricanement affecté.

"Ouais... c'est peut-être pas ce qu'il y a de plus approprié comme formule, je vous l'accorde".

Il soupira, se déporta légèrement de côté lorsqu'un malade qui venait d'être appelé l'avait frôlé de trop près. Il frissonna. Tout ce monde autour, toute cette foule.. il aurait aimé être ailleurs. Et d'ailleurs, il était temps de ne pas s'attarder.
Il se leva de toute sa gigantesque hauteur et considéra Mademoiselle Broome.

"D'autres questions ? Ajouta-t-il dans un souffle, j'ai pas mal de choses qui m'attendent...".

Et ses paupières de cligner sous le coup du mensonge...
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Ven 7 Aoû - 21:54

Rester ici, ok pas de soucis... Elle ne se déconcentrerait pas, Karen ferait de son mieux en tout cas. La sorcière devait écouter cet homme, dont elle ignorait jusqu'à son nom, et découvrir un peu pourquoi c'est lui qui avait apporté cette gamine ici. Bien sûr, elle laissait le reste aux flics, elle ne les aimait pas ceux-là, les pires étant les moldus, mais la version sorcière était pas mal non plus. Toujours à fourrer son nez là où il faut pas, et à faire les cowboy pour un oui ou pour un non! C'est limite si ça n'est pas eux qui crée les accidents parfois...

Mais bon, passons. Elle l'écouta, comme elle se devait de le faire, en le regardant dans les yeux, mais sans trop donner l'impression de le disséquer vivant. Karen n'est pas un menthe-religieuse! Elle faisait son boulot du mieux qu'elle le pouvait, c'est tout. Et cet homme lui était assez étrange, pas choqué le moins du monde d'avoir été témoin de cet accident... ou meurtre. Chacun réagit différemment, mais il semblait vraiment éloigné de l'évènement.

Enfin, elle su son nom et même son prénom. Quelle avancée! Elle les nota dans un coin de son cerveau, et prit les autres infos avec. Il travaillait au ministère, ça devenait moins étonnant alors cette réaction de détachement. Il ne lui dirait certainement pas où précisément il travaillait dans les nombreux départements que comptait le ministère, mais cela ne lui importait peu de toute façon.


- Monsieur Rayshern, je ne pense pas que vous ayez autant de choses à faire. Pardonnez moi si je me trompe, mais de toute façon, je préfère que vous restiez encore un peu.

Karen parlait calmement, malgré qu'elle se sente vraiment petite à côté de ce sorcier. Il n'avait aucune marque d'agressivité, elle n'avait donc rien à craidre, et puis de toute façon elle ne lui demandait que de rester un peu, et c'était pour son bien à lui, pas pour le sien.

- Vous m'avez dit que vous l'avez vu tomber. Mais pourquoi pensez-vous alors qu'on l'ait poussé? Je ne mène pas d'enquète, vous pouvez répondre honnêtement, rien ne filtrera. Je suis comme vous, je ne sais rien de cette pauvre enfant, mon collègue m'a seulement informé de ses blessures, qui comme vous le savez déjà lui ont été fatales.

Cet homme cachait quelque chose, c'était clair, mais elle n'était pas psy, et quand bien même, s'il ne voulait rien lui dire, elle n'irait pas fouiller sa mémoire. Elle ne savait pas le faire de toute façon et détestait qu'on utilise ce genre de don sur les autres.

- Pardonnez ma franchise, mais ce qui m'étonne, et a étonné mon collègue, c'est votre attitude face à ce coup du sort. Je sais pertinnement que personne ne réagis de la même façon, mais vous semblez très détaché. Vous me direz que c'est parce que vous ne la connaissiez pas, mais j'ai du mal à imaginer comment on ne peut pas être un tant soit peu choqué...

Elle n'était pas du tout accusatrice, elle cherchait à mieux le cerner. Voir si c'était une façon, ou non, de cacher justement le traumatisme éventuel de cette rencontre.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Dim 9 Aoû - 8:37

Atlas chercha du regard ce qu'en sport on appelle communément une "ouverture" ou un passage par lequel on peut se faufiler pour pouvoir soit esquiver l'adversaire, soit poursuivre la partie. Et celle qu'il souhaitait continuer était la sienne, sa vie, dans sa chambre d'hôtel dans l'attente qu'enfin les lettres et CVs envoyés aux divers intéressés servent à quelque chose... en rélaité, même si c'était horrible à dire, il ne pensait plus à la petite fille -où plutôt refusait d'y penser davantage. En effet, s'il laissait son esprit vagabonder jusqu'à elle il se retrouverait tôt ou tard en face d'un mur qu'il ne désirait en rien franchir mais que sa conscience forcerait si jamais c'était le cas. Ainsi il était plus facile de passer à côté sans rien dire, sans rien laisser transparaître, que de songer à cette petite fille tombée des nus. Cependant, c'était sans compter sur l'appui insistant de la jeune médicomage qui, décidément, n'en démordrait pas de sitôt...

Monsieur Rayshern, je ne pense pas que vous ayez autant de choses à faire. Pardonnez moi si je me trompe, mais de toute façon, je préfère que vous restiez encore un peu.

Il ne lui répondit rien pour le coup. Il savait s'incliner lorsque ça lui était nécessaire et il fallait bien admettre qu'elle marquait là un point. Il soupira pour la forme, posa une main sur sa hanche et darda un regard imprécis à Karen sur un pauvre sourire, l'air de dire "ma pauvre fille, qu'attends-tu de plus de ma part ?". Il en était presque navré de devoir rester, mais navré pour elle ! Puisqu'il ne pouvait lui apporter son secours...
Mieux valait, en effet, qu'elle ne comprenne jamais qu'il pouvait être l'homme de la situation. Et cette désinvolture, ce désintérêt pour ce qui s'était passé était aussi involontaire qu'il pouvait être parfaitement calculé. C'était un peu des deux, un mélange d'intentions que lui offrait Rayshern. Peut-être afin de brouiller les pistes ? C'était sûrement ça...
De toute façon, une si jolie et compétente jeune femme n'irait pas passer sa journée à questionner un gros lourdau aux allures de paysan d'Irlande profonde...


Vous m'avez dit que vous l'avez vu tomber. Mais pourquoi pensez-vous alors qu'on l'ait poussé? Je ne mène pas d'enquète, vous pouvez répondre honnêtement, rien ne filtrera. Je suis comme vous, je ne sais rien de cette pauvre enfant, mon collègue m'a seulement informé de ses blessures, qui comme vous le savez déjà lui ont été fatales.

Mais c'est qu'elle ne lâchait plus le bout de gras désormais ! Atlas cligna des yeux, un peu surpris par ce professionnalisme qu'il jugeait plus que poussé... Et elle ne travaillait pas pour le Ministère ? Chose bien étrange étant donné qu'elle s'accordât parfaitement avec le milieu.
Il haussa les épaules, l'air défait et brouillon, comme ailleurs. Ses yeux gris détaillèrent un instant la salle d'attente avant d'en revenir à sa question :


"J'en sais rien... je ne m'en souviens même plus maintenant... je l'ai vu tomber en arrière, c'est peut-être ça...".

Il esquissa un geste vague et pinça l'arête de son nez entre son pouce et son index. Il avait mal à la tête, une migraine qui s'était déclenchée manifestement quand l'autre médicomage était venu lui annoncer la nouvelle. Maintenant tout venait à se brouiller dans sa tête et il était bien incapable de dire quoique ce soit avec certitude... Maintenant, était-ce vraiment une petite et pas un petit garçon ? L'avait-il vu tomber comme il le prétendait où l'avait-il aperçu allongé(e) sur le sol ? Il siffla entre ses dents, papillonnant des yeux avant de passer une main sur son visage morne et de croiser les bras.
Il s'apprêtait à répondre autre chose, lorsque la jeune femme embraya tout de go :


Pardonnez ma franchise, mais ce qui m'étonne, et a étonné mon collègue, c'est votre attitude face à ce coup du sort. Je sais pertinnement que personne ne réagis de la même façon, mais vous semblez très détaché. Vous me direz que c'est parce que vous ne la connaissiez pas, mais j'ai du mal à imaginer comment on ne peut pas être un tant soit peu choqué...

Rayshern lui jeta un regard aussi outré qu'il était stupéfait. Choqué par ce qu'elle osait prétendre qu'il ne se sentait pas concerné et surpris car elle avait réussi à le percer à jour derrière ses efforts pour tâcher de l'oublier, d'oublier ce qui lui était arrivé... Eh oui ! Puisqu'il n'y avait plus rien à changer, puisqu'il n'avait rien réussi à faire pour elle, puisqu'on le lui avait dit : c'était déjà trop tard avant même qu'il ne l'amène ici.
Il lui envoya un regard dur et métallique, mais sans ciller et ses yeux, peut-être beaucoup plus touché qu'il ne voulait l'admettre finalement, trahirent un peu plus ce qu'il ressentait vis-à-vis de tout ceci. Ce qu'il répugnait à faire se dessinait maintenant devant lui et clairement, prenant la forme du Docteur Broome qui, comme si elle avait sondé son âme, gardait en elle une certaine conviction : celle qu'il était l'homme de la situation coûte-que-coûte...

Une lourde chape de plomb s'abattit sur ses épaules et Atlas crut recevoir comme une claque en pleine figure. Son impassibilité vola en éclats, révélant ainsi l'homme désemparé, affligé, affecté ; celui qui avait ramassé cette enfant dans la rue.
Il passa devant Karen sans un mot, prenant en direction du couloir où était venu son collègue, ne cherchant pas même à ce qu'elle lui emboîte le pas.
Il ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait la veille et pourtant il se rappelait clairement des mots que l'enfant avait eu lorsqu'il s'était saisi d'elle.
Elle l'avait regardé sur un sourire et d'un visage serein -celui qu'ont les morts juste avant de... Comme si leur fantôme était enfin heureux de quitter notre monde.
Elle lui avait souri et dit :


"Je m'appelle Serena Mayfield. Et j'ai un message pour toi".

Atlas Rayshern fut immédiatement arrêté par le médicomage qu'il avait vu tout à l'heure. Ce dernier traversait le couloir à sa rencontre et n'eut que le temps de l'arrêter avant qu'il n'aille plus loin. Sa voix presque imperceptible, tellement lointaine, lui demanda où il comptait aller, ce à quoi il ne put répondre pour le moment... Il baissa les yeux, cherchant dans sa mémoire ce que cette enfant avait bien pu lui révéler d'autres, s'il n'avait pas entendu sa voix dans le désordre de sa détresse. Puisqu'elle était semi-morte, puisque c'est vers lui qu'elle ne pouvait que se tourner maintenant et qu'elle le savait. Comme si un horrible coup du sort les avait réuni.
Et enfin la lumière se fit, agrandissant ses pupilles grises, liquéfiant son visage de stupéfaction.
Il "voyait" désormais.

"Karen ! Lança le jeune médicomage en s'approchant de sa collègue, tu devineras jamais ce qu'on a découvert à la suite de l'examen pratiqué sur la gamine...".

Et Atlas de fermer les yeux. Et de constater que même s'il avait tout fait pour l'éviter, il avait quand même fouillé dans la mémoire de cette petite... Du moins, pas exactement. Mais son agonie lui avait permis d'en savoir déjà plus.

"Tu te rends pas compte !! Reprit l'autre à l'attention de Karen, cette fillette est connue de nos services, elle est leucémique ! Je te filerai l'examen sanguin mais...
Karen, il faudrait que tu ailles la voir. Je crois que c'était une de tes patientes !".


Il se retourna à ce moment-là sur les deux médecins et annonça d'une voix lourde et sombre :

"C'est exactement ce qu'elle m'a dit...".

Il laissa un temps de pause, soupirant et laissant s'affaisser ses épaules. Autrefois, on était pendus aux lèvres des Oubliators tels que lui, en admiration face à des héros capables de cerner la vérité... Et maintenant ? Tous des fous.

"Mais en plus que je devais trouver une certaine "Karen Broome" car j'ai un message pour elle...".

Ses iris d'acier se plantèrent dans les siennes avec attention :

"Elle m'a dit de vous dire que vous étiez en danger...".

"Atlas Rayshern, avait-elle murmuré le crâne fendu par terre, je m'appelle Serena Mayfield... et j'ai un message pour toi.

Va à l'hôpital Sainte Mangouste et trouve Karen Broome".
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Mer 12 Aoû - 16:50

L’homme ne semblait plus se souvenir de grand-chose à présent, peut-être était-ce justement son état de choc. Cela pouvait prendre de multiples formes, autant qu’il y a d’êtres vivants en réalité, mais les plus communes était la négation, la personne se met à dire que out est faux, qu’elle n’a été témoin de rien; la colère était une caractéristique assez redondante également, les gens se mettaient alors en colère pour un rien et accusaient les médecins de ne pas savoir faire leur métier; et enfin l’amnésie, ou un doute profond sur les causes qui les avaient pousser à venir jusqu’à l’hôpital. Oui, c’était le plus souvent ces trois états d’être qui revenaient. Karen l’écoutait, il y avait autre chose derrière ce soudain trouble de la mémoire, elle le sentait sans savoir l’expliquer. Atlas lui expliquerait peut-être par lui-même, volontairement ou involontairement d’ailleurs.

La sorcière soutenait ce regard qui était dur envers elle, effectivement elle allait peut-être un peu loin, mais quelque fois il faut savoir aller chercher au plus profond des personnes pour comprendre. Le sorcier faisait partit de ce type de gens qui ne veulent pas montrer leurs failles, mais comme tout le monde ils en sont plein! Karen faisait cela sans une once de méchanceté ou de cruauté, elle soutenait se regard du sien, mais sans jamais paraître froide ou hautaine.

Mais c’est alors que sans lui répondre rien, le géant passa devant elle, et prit une direction qu’il semblait connaître. Comment et pourquoi? C’est bien ce que la jeune femme aurait aimé qu’on lui explique. Elle le suivit donc sans oser l’interrompre dans son parcours, surveillant néanmoins qu’il ne franchisse pas le seuil d’une porte dont l’entrée en était interdite aux personnes externe au personnel de l’hôpital.

Le collègue qui avait accueillit et prit en charge la petite fille qu’avait amené Atlas fit son irruption dans ce même couloir qu’ils empruntaient. Karen fit son apparition de derrière le sorcier qu’elle suivait pour prier l’autre médiocrate de le laisser faire. Mais le médecin ne comptait en finir ainsi, il reprit directement la parole pour elle, lui annonçant d’un ton plutôt désinvolte que c’était une de ses patientes.

Le sang de Karen ne fit qu’un tour… une de ses patientes… une enfant… Et voilà le genre de situation qu’elle détestait. Un mélange de colère et de tristesse l’envahis. Pourquoi il ne l’avait pas tout de suite avertit? Les médecins lachent leurs autres examens en cours, si l’un de leur patient nécessite un traitement d’urgence! La sorcière ne cessait de le crier à chaque étage, mais non, il fallait que ça tombe sur elle, et surtout sur cette petite fille! Elle n’était pas du genre à s’énerver d’un coup, et surtout pas devant une autre personne, mais là elle allait vraiment hurler sur son collègue lorsqu’Atlas reprit la parole.

La jeune femme se tourna vers son nouveau patient, après avoir assommé son collègue d’un regard noir qui en disait long sur son ressentit. Mais elle aurait mieux fait de ne pas l’écouter, il ne valait pas mieux que son collègue finalement. Elle! en danger? N’importe quoi! Décidément, entre des collègues incompétents et un patient maboule, Karen les cumulait.

Son attitude se ferma aux autres, elle poursuivit sa marche en direction de la fin du couloir d’un pas lent et lourd, laissant les deux hommes sur place. Elle savait que trop bien où l’on laissait les pauvres petits corps en attente d’une famille qui pourrait leur offrir une toute dernière demeure.

Le médecin qui était resté avec Atlas la regarda s’éloigner sans oser dire un mot pour elle, puis se tourna vers le géant.


- Ca lui passera, elle réagit toujours violement lorsqu’il sagit d’enfant, c’est une femme!

Il y avait une grosse pointe de machisme dans sa voix, mais également de sarcasme. Peut-être se vengeait-il d’elle, avant même qu’elle ne lui ait assainé toutes les reproches qu’elle s’était apprétée à lui faire avant qu’Atlas ne fasse sa révélation.

- Vous feriez mieux de l’attendre dans la salle d’attente, elle va rester avec la gamine et reviendra pour finir son boulot avec vous.

Il prit les devants et partit en direction du hall d’attente pour récupérer un nouveau malade.




Karen était arrivée dans la pièce où personne ne respire, hormis celui qui y entre en marchant. Elle était médecin, elle devait avoir l’habitude de ce genre de choses, mais on ne s’y fait jamais, ça n’est que mensonge que les confrères disant y parvenir sans sourciller. Elle n’eu aucune difficulté à trouver le petit corps qui l’ »intéressait » parmis les autres qui reposaient en paix ici, avant de faire leur dernier voyage.

Il ne s’était pas trompé, c’était bien la petite Serena Mayfield. Elle avait été admise dans son service il y a deux ans, et depuis son état n’avait cessé de se dégrader. Pourtant l’enfant avait toujours gardé cette dignité qu’on les jeunes patients qui se savent déjà condamnés au printemps de leur existance. Karen les admirait pour le courage qu’il déployait, ils arrivaient même à faire sourire les médecins qui savaient parfaitement ce qu’il en était de leur santé.

Elle sortit le bracelet que l'on met à ces pauvres petits corps dépourvus d'âme à présent, y inscrivit le nom et le prénom de l'enfant, avant de le lui attacher. Au moins, elle avait retrouvé une identité.


- Tu as été courageuse Serena, une véritable petite reine des fées.

Elle ne pleurait pas, elle avait dit cela comme si l’enfant pouvait encore l’entendre et qu’elle ne devait surtout pas l’effrayer. Comme elle l’aurait fait après un examen en sommes.

Après quelques minutes, combien exactement? Karen n’aurait pu le dire, mais elle se décida à laisser cette trop jeune dépouille, pour retourner aux côtés de celui qu’elle avait délaisser dans le couloir. Décidé à partir comme il l’était, Atlas avait déjà du quitter les lieux.
Elle ne pensait même plus à ce qu’il lui avait dit, l’annonce de la perte de sa jeune patiente avait prit le dessus sur le reste.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Mar 25 Aoû - 12:12

Tout s'était passé très
vite sans qu'Atlas puisse objecter quoique ce soit. L'annonce que lui
avait fait la fillette, la réaction quasi immédiate de
son médecin en la personne de cette jeune femme puis les
propos plus que déplacés de son abruti de collègue.
Ce dernier s'était d'ailleurs empressé de partir dans
la direction opposée, soit salle d'attente, histoire
d'accueillir de potentiels gentils patients. Quelle audace dans ces
mots et cette attitude ! De la bêtise rien de plus d'un côté...





Du coup, l'homme imposant qu'il était
resta un plein milieu du couloir, incapable de bouger davantage, les
yeux baissés vers le sol. Les mots de la petite Mayfield
raisonnant encore en son esprit, il ne parvenait plus à s'en
défaire, posant une main sur sa hanche, les lèvres
pincés. Il cligna des yeux jusqu'à ce que son attention
n'embrasse le fond du couloir. Il soupira, une main hérissa
ses cheveux pour les laisser retomber aussitôt tandis que d'un
pas lourd il filait rejoindre Karen. Si elle était en danger
autant qu'au moins il soit là pour la protéger. Eh
ouais ! L'autre débile de toubib avait entendu leur
conversation. Aussi, si les choses tournaient mal pour elle... n'en
serait-il pas le parfait coupable ? Merveilleux responsable ?





Et même sans l'implaccable
justice sur son dos, il ne se le pardonnerait sûrement pas.
Quoique... Avait-il seulement à voir avec cette femme ?


Ses talons claquaient ferme contre le
sol du couloir aseptisé de l'hôpital. traversant cette
allée blanche et sobre comme la mort. Celle de non-retour...
il s'arrêta brusquement, stupéfait. Une nouvelle lueur
déchirait le temps et l'espace, créant une distorsion
qui fit que tout autour d'elle parut prendre subitement vie. Etait-ce
ce qui faisait d'elle un médecin ? Etre capable de faire
repousser l'herbe après le passage du fléau ? Etre en
mesure, de par sa présence, de dégeler ce qui devait
demeurer éternellement statique et endormi ? Pouvait ranimer
l'espoir et prouver qu'enfin rien n'est réellement parti ?


Etait-ce cela qu'elle produisait sur
ses patients ? Cette sensation que rien n'était encore
vraiment joué ? Qu'il y avait toujours une possibilité
encore inexplorée ? Que peut-être, oui, peut-être
elle aurait la clé qui les délivrerait de leur départ
prochain, de leurs souffrances inassouvies ? Etrange femme.





Il lui fit face intentionnellement, lui
barrant presque le passage, abattu et sinistre comme il savait si
bien l'être en ces circonstances. Peut-être aussi vide,
déprimé, que les murs de ce maudit couloir. Et pourtant
que de cynisme et de désinvolture dans son attitude. Que de
défiance dans ce regard clair. Que de sarcasmes sur ce petit
sourire blasé qui se dessinait sur ses lèvres. Un peu
comme si, dans un sens, la vie ne le surprenait même plus...


Et c'est ce qu'il y avait d'horrible :
c'était vrai.


Serait-il, selon l'avertissement de
cette gosse, le sauveur du docteur Broome qu'un danger menace tant ?
Rentrerait-il simplement chez lui en ayant croisé un cadavre
parlant de plus, virant ses chaussures et se jetant sur son canapé
avant de s'endormir ? Et comme l'existence pouvait être étrange
parfois...





C'est sur elle qu'il se pencha. Et sur
elle que ses lourdes mains se posèrent.





« Elle est morte désormais,
dit-il en détachant ses mots précautionneusement, et
vous, vous êtes vivante.


A votre place, j'essayerais de
rallonger mon séjour sur Terre, qu'en pensez-vous ? ».





Quelle innocence ont les Hommes à
se croire au-dessus d'Elle ? Elle, la Faucheuse, celle qui prend, ne
rend jamais, ne donne quoique ce soit... Elle viendra pour Karen
Broome, c'est certain, autant qu'elle viendrait pour lui et pour
l'autre débile de doc' de tout à l'heure. En naissant,
on a déjà un pied dans la tombe. Le but étant de
ne pas joindre l'autre...


Il passa gentiment son bras par-dessus
son épaule afin de l'escorter jusqu'à son bureau. Plus
il y aurait de monde autour de cette femme, moins elle ferait une
cible potentielle.


Et à peine voulut-il faire un
pas, à peine voulut-il revenir vers le dehors, vers le
bruissement des humains en plein travail, qu'une voix folle,
stridente, décharnée s'éleva pour les couper
dans leur progression. Atlas stoppa net à ce cri déchirant,
plaçant un bras devant le médecin, puis voulut
s'avancer seul, voir ce qui se tramait. Autant découvrir le
vrai visage de cette éventuelle menace afin de pouvoir la
neutraliser.


Mais, une fois de plus, il n'en eut pas
le temps. Cette détresse le vissa sur place, annihilant tout
effort, liquéfiant ses espoirs, l'arrêtant dans son
attention.


Alors que cette femme hurlait ce qu'il
y avait de plus approchant du genre humain :





« ET JE TUERAI LA
RESPONSABLE DE SA MORT ET TOUS CEUX QUI SE METTRONT SUR MON CHEMIN
!! ».





Une lumière verte tapissa le mur
sur sa droite le faisant frissonner et craindre le pire. Alors que
déboulait face à eux, à l'embouchure de cet
étroit couloir la silhouette amaigrie, affaiblie d'une femme
échevelée, rongée par le désespoir et la
faim...


Pourquoi avait-il pensé
immédiatement à ce dernier terme ?


Les gémissements et quelques
échos de sanglots se faisaient entendre depuis la salle
d'attente qu'elle venait de quitter. La respiration saccadée,
voûtée comme une bête, elle vrillait sur Karen et
Atlas un regard assassin.


Elle leva sa baguette aussi bien que sa
voix rauque de douleur brisait ce semblant de silence :





« Etes-vous Karen Broome ?
Etes-vous la femme qui a condammné mon enfant à une
mort certaine ? ».





Une étincelle démente
explosa dans son oeil torve et mauvais tandis que Rayshern soufflait
à la jeune femme :





«Docteur Broome, ne répondez
pas, surtout pas ! C'est elle votre menace, alors ne dites rien »
.





Et il attacha ses yeux gris au moindre
mouvement de la malheureuse. Un geste, et ce serait la fin de l'une
d'entre elles.


Quitte à choisir, autant que
l'innocente de ce drame vive..
.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Jeu 27 Aoû - 19:24

La médecin avait quitté l’enfant avec une sensation qu’elle détestait, celle d’être en quelque sorte coupable de ne pas l’avoir sauvé. Pouvait-elle sauvé tous les êtres vivants de cette terre? Ca n’était pas possible, et si cette personne existait, Karen n’enviait pas son existence. Ses pensées l’occupaient tellement qu’elle faillit percuter celui qu’elle était pourtant en train de chercher. Il était là, face à elle, ne bougeant pas d’un pouce et lui barrant quasiment le passage. Elle posa son regard clair dans le sien. Celui de l’homme était tellement étrange, presque troublant. Mais la sorcière ne pouvait pas s’attarder sur de telle chose, aussi futiles, elle allait donc l’invité à la laisser passer pour qu’ils rejoignent son bureau, mais il prononça ces quelques mots « Elle est morte ». Peut importait ce qui suivit, ces mots étaient de vrais poignard, et aussi neutre que se devait de l’être Karen, elle ne put retenir un regard noir en direction de cet homme qui ne la connaissait pas, et qui pourtant se permettait de faire une telle remarque.

- Qu’importe que je sois en vie, quite à choisir, elle aurait du vivre à ma place. Cette gamine avait encore toute sa vie devant elle.

La médecin avait un peu de rancœur dans la voix, mais ça n’était pas dirigé contre le géant, plus contre cette injustice face à laquelle elle se sentait si démunie. Combien de fois n’avait-elle pas voulu qu’on prenne sa vie plutôt que celle d’un enfant. Ces petits êtres étaient l’obsession de sa vie personelle, alors lorsque sa route croisait celle d’un condamnée, elle ne pouvait qu’être en colère. On ne pouvait rien faire dans de nombreux cas, et ça serait comme ça encore pendant un long moment, si ça n’était pas pour toujours.

Cependant, elle se ressaisit rapidement. Elle ne voulait quand même pas qu’il se sente mal. L’homme avait trouvé la petite, et l’avait amené ici, il avait donc quand même tenté de lui donner une chance de survie. Rien que pour cela, Karen se devait de lui être reconnaissante. La jeune femme fuya alors ce regard qui la dérangeait, parce qu’elle n’arrivait pas à en saisir le véritable fond.


- Pardonnez moi, je réagis un peu violemment. Cette petite venait très souvent pour se faire soigner, et sa mort… enfin vous comprenez.

La sorcière se laissait guidé par son potentiel patient, bien que les rôles semblaient terriblement inversés. Atlas semblait être en train de soutenir Karen, qui pourtant aurait du avoir cette attitude envers lui. Oui, le tableau était assez étrange.

Mais soudain un cris se fit entendre. Il provenait du hall d’accueil, et était tout à fait déchirant. Karen fut arrêtée par le sorcier qui l’accompagnait. Il chercha à s’avancer pour certainement en voir un peu plus, mais une lumière verte apparu. La sorcière était sur ses gardes, elle n’avait pas sa baguette, aucun médecin ne devait garder sa baguette sur lui s’il était en consultation. Les traitements nécessitant une activité magique particulière étaient très strictement encadrés.

Et enfin, elle la vit, cette femme qui hurlait n’était autre que la mère de la petite fille décédée quelques instants plus tôt. Le cœur de la jeune femme eu une petite faiblesse en la voyant, elle semblait tellement anéantis…

La sorcière n’osait bouger, et les paroles d’Atlas semblaient vouloir qu’elle continu ainsi, mais elle devait affronter les choses en face, et celle-ci en faisait partit. Même si c’était cette mère meurtrie la menace qui pesait sur Karen, cette dernière ne pouvait pas faire comme si de rien n’était. Elle lança un petit regard au sorcier qui semblait ne vouloir que la mettre en garde, et la garder en vie tant qu’à faire. Son regard semblait vouloir le remercier, mais si elle devait mourir de la sorte, il n’y pouvait rien.


- Je suis bien Karen Broome, madame. Je n’ai aucune explication à vous donner, et encore moins des excuses à vous demander. Votre fille s’est bien éteinte dans notre établissement, mais pas de sa maladie. Croyez bien que j’aurais préféré vous dire que j’avais fais une faute, votre colère n’aurait été que méritée, mais il n’en est rien.

Karen parlait avec un calme déconcertant comparé à la colère dont faisait preuve la mère. Il faut avouer qu’elle n’avait pas vraiment d’autre choix, si elle ne voulait pas envenimer davantage la situation.

- Son corps est juste à côté, si vous souhaitez vous recueillir, je peux vous y accompagner.

La médecin ne cherchait rien d’autre qu’à écarter cette femme des autres personnes, et notamment des patients. L’état de choc dans lequel elle se trouvait pouvait lui faire faire n’importe qu’elle folie, et notamment causer des drames parmis les personnes présentes. Karen ne voulait pas que cela se produise, et si déjà elle parvenait à l’isoler ça serait un progrès indéniable.

Elle ne faisait d’ailleurs plus attention à Atlas, lui accorder un regard de plus aurait été équivalent à l’inclure dans une quelconque relation dans ce qu’il se passait. Bien qu’il ait apporté l’enfant ici, il était innocent au drame qui l’avait fait succomber.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Ven 4 Sep - 18:46

La pauvre femme éplorée ne semblait pas vraiment comprendre la situation. De temps à autre, son regard oscillait entre Atlas et Karen, ne sachant lequel des deux il fallait suivre, lequel seulement écouter... lorsque la voix basse et calme du médecin s'adressa immédiatement à elle. Elle était d'un calme exemplaire, belle dans sa décence, dans sa compréhension, terriblement digne face à cette jeune femme aux abois et déchainée :

"Je suis bien Karen Broome, madame. Je n’ai aucune explication à vous donner, et encore moins des excuses à vous demander. Votre fille s’est bien éteinte dans notre établissement, mais pas de sa maladie. Croyez bien que j’aurais préféré vous dire que j’avais fais une faute, votre colère n’aurait été que méritée, mais il n’en est rien".

Cette dernière affirmation parut la faire réagir. Son visage se torda de douleur en une grimace étrange et qui aurait pu être comique en d'autres circonstances tandis que, de se syeux, commençaient déjà à poindre comme un départ de sanglots. Atlas se colla un peu plus contre Karen, ses yeux sombres braqués sur la mère de l'enfant, prêt à tout. Il vit alors avec surprise que cette dernière commençait à se détendre, ôtée de toute force, comme si l'entité qui l'avait faite devenir folle venait de s'envoler. Des larmes roulèrent sur ses joues d'opaline et un sourire affreux torda un peu plus ses lèvres gercées.

"Son corps est juste à côté, si vous souhaitez vous recueillir, je peux vous y accompagner", déclara Broome, sûre d'elle.

"Docteur Broome ! S'emprassa-t-il de lui glisser à l'oreille, pas ç...".

"Oui, ajouta naïvement et tendrement la mère, je veux voir mon enfant avant...
Je veux pouvoir la serrer contre moi une dernière fois. Je veux pouvoir lui raconter une dernière histoire. Je veux pouvoir...".

Elle fit un pas vers eux, trébucha au même instant et relâcha sa baguette sans effort. Atlas s'en saisit et se précipita vers elle pour l'aider à se relever, s'efforçant de mieux la soutenir. Son corps glacé contre le sien le fit frémir et il tendit un regard crispé à Karen. Comment pouvait-elle croire que cette femme était encore être saine d'esprit et suffisamment apte à affronter la mort de sa propre fille en face ? Qu'attendait-elle pour appeler le reste de sa cavalerie à la rescousse et pour l'enfermer pour de bon ?
Il ravala sa salive mais prit bien garde de ne faire aucun mouvement et aucun pas, gardant cette mère au bord du gouffre strictement éloignée du Docteur Broome. Ainsi convaincu qu'elle encourait un grand danger, que cette femme n'était là qu'afin de mettre sa menace à exécution, il entreprit de la raisonner :

"Docteur Broome, Karen... réfléchissez un instant, je vous prie.
Je sais que ce que je vous ai raconté jusqu'à présent est à peine croyable, que les paroles obscures que j'ai eu à votre égard doivent vous paraître étranges mais... Vous devez à tout prix me croire !

J'étais là ! J'ai vu cette fille tomber du haut de cette fenêtre !".

"NON, s'écria soudainement la mère, non c'est FAUX !! Ma petite fille n'est pas tombée de cette fenêtre, non !!!
C'est la maladie qui l'a emportée !!! La maladie !!!! C'est elle qui l'a tué et a ensuite détruit notre famille tout simplement parce qu'une médecin n'a pas été capable de faire son boulot !!!".

Elle se débattait à présent et il était encore très difficile pour Atlas de la maintenir en place. Criant et hurlant, battant des mains dans le vide, il était clair qu'elle essayait de se raccrocher à Karen quoiqu'il advienne...
Des personnes débarquèrent dans le couloir juste derrière leur dos. De là où elle était, Karen pouvait apercevoir trois ou quatre de ses collègues, dont son jeune collègue de tout à l'heure. Celui-ci serrait sa baguette d'un air farouche mais peu décidé. Ce nouveau mouvement eut le don de rendre la jeune mère passablement en colère, se transformant d'un coup d'un seul en une furie que plus rien ne pouvait arrêter. Pas même les bras du géant qu'était Atlas...
Elle se détâcha de son emprise et se rua toutes griffes dehors sur Karen qu'elle empoigna violemment à la gorge tout en la faisant tomber sous son poids.

Elle la secouait comme un prunier, les mains serrées sur sa gorge dans l'attente qu'elle rende son dernier souffle, tout en hoquetant de douleur des mots inhumains et terrifiants :

"C'est moi qui l'ai tuée car je ne la supportais plus et c'est VOUS qui m'avez poussé à le faire !! C'est VOUS !!!".

Atterré, désarmé, Rayshern observait ce spectacle se dérouler devant ses yeux sans trop savoir quoi faire. La réalité de ces instants, l'horreur poignante qui en découlait le laissait littéralement livide, sur place, immobile. Il n'arrivait à faire la part des choses, ses pensées se mélangeant en son esprit, ne parvenant à joindre le présent, l'en éloignant progressivement... Comme si ce qui se jouait n'était que le combat d'une vie contre une autre, un souvenir de plus de deux existences sur le point de s'achever.
"Sur le point" était le maître mot... Ni l'une ni l'autre n'était encore morte pour l'instant mais elles finiraient par le devenir si personne n'agissait rapidement.

Atlas Rayshern vit les gestes nerveux mais empêchés du collègue de Karen, il croisa le regard empli de détresse de la jeune Médicomage cherchant l'air à chaque seconde, et celui, empli d'une profonde haine, de sa meurtrière. A bout de nerf et de force, il projeta des mains avides sur elle, raccrochant ses ongles à ses poignées afin de la faire céder. Il la projeta à terre avec toute la vigueur dont il était capable -et qu'il n'avait jamais cru sienne jusqu'à ce jour- pour venir sauver cette dernière vie, ce fil pas encore brisé, ce petit échantillon d'humanité qu'était Miss Broome...

Il porta ses mains à sa nuque pour l'aider à se redresser et faciliter le passage de l'air dans ses poumons. Il espérait que peu à peu elle reprendrait d'autres couleurs... un pâle sourire éfleura un instant son visage.
Les cris décharnés par la folie et la frustration de son agresseuse se répercutaient sur les murs du couloir alors que les Médicomages tâchaient de la maintenir à terre. Elle hurlait, déversait toute sa bile, étalait jurons sur jurons sans oublier d'accuser des pires maux celle qui, selon elle, avait été l'instigatrice de la mort de la petite Serena. Et là Rayshern ne put qu'intervenir. Il se releva, se campa devant elle de toute sa hauteur et brandit un doigt tremblant et furieux :

"C'est VOUS, tonitrua-t-il, VOUS la seule responsable ! Vous qui n'avez pas eu le courage d'attendre jusqu'à ce qu'il y ait de meilleurs résultats !! Vous seule qui avez décidé de m'être fin aux jours de votre fille !!".

"C'est faux !!!! Faux !!! Tout est faux !!!".

"C'est elle qui me l'a dit, souffla-t-il pénétrant son âme de ses yeux de charbon, elle et elle seule...".

Elle se tut brusquement, incapable de la moindre parole, redevenue subitement calme dans la contemplation stupéfaite de cet homme. Son regard s'arrêta sur Karen puis sur lui à nouveau tandis qu'elle hochait la tête avec force incompréhension :

"Qu... quel genre de monstres êtes-vous tous les deux ?".

Elle plissa les yeux, comme pour chercher la vérité à travers les siens... ou peut-être essayait-elle de retrouver l'histoire de sa fille dans les prunelles de l'ancien Oubliator. C'est ainsi qu'il le perçut en tout cas.
On la releva, face à lui, juste avant de la trainer hors d'ici. Elle marchait, trainait des pieds, soutenue comme une suppliciée que l'on conduit à ses bourreaux.
Atlas, quant à lui, resta raide et droit comme un piquet. Son regard s'adressant seulement à l'horizon.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Sam 5 Sep - 18:58

Tout semblait enfin sous contrôle, la pauvre mère avait retrouvé un calme relatif, et semblait être coopérative. Il n’en fallait pas plus à la médecin pour se sentir un peu plus tranquille. Si la femme se calmait, elle allait aborder son deuil d’une façon nettement plus paisible que si elle restait dans la rancœur. Une rancœur d’ailleurs totalement injustifiée, puisque Karen n’y était véritablement pour rien dans la mort de cette pauvre enfant. Cependant, elle comprenait la douleur de cette mère, elle ne l’était pas, mais si elle avait eu la chance d’avoir un enfant, et qu’on le lui avait reprit d’une façon aussi brutale, elle ne pouvait pas jurer qu’elle n’aurait pas eu une telle réaction.

Les mots de la mère brisait le cœur de la médecin, rien ne paraissait bien sûr, il fallait apprendre à contenir ses émotions pour être un bon docteur, deuxième année de médecine… La femme voulait voir sa fille pour lui raconter une dernière histoire. Comment lui refuser cela? D’autant plus que l’enfant semblait être en train de dormir…

La mère sembla perdre l’usage de ses jambes, ainsi Atlas et Karen eurent le même mouvement pour la rattraper et la soutenir. Ses mains étaient glacées, cette pauvre femme était sous le choc, si elle en avait le temps, et surtout avait la confiance de la femme, la sorcière lui aurait prescrit de quoi se calmer…
Mais déjà le sorcier essayait des les écarter. La médecin regarda l’homme, elle ne rivaliserait pas, de toute façon il était plus fort qu’elle alors autant qu’il soutienne l’autre femme.
Cependant lorsqu’il voulut la convaincre de tout ce qu’il avait vu, elle le coupa.


- Non! Plus tard pour vos histoires, celle-ci presse davantage…

Ils furent couper dans leurs paroles par la Mère de la fillette qui reprenait de la vigueur et surtout de la colère, puisqu’elle recommença à hurler. Karen était une nouvelle fois sa cible et cette fois, elle s’écarta d’elle-même. Le rafus que faisait cette femme ameuta plusieurs des autres médecins, mais la sorcière leur demanda de rester à distance. Encore une fois ça ne servait à rien qu’il y ai d’autres blesser par sa faute. En détournant son attention de la femme pour faire arrêter les autres médecins, Karen ne put pas prévoir cet assaut de la mère, et cette dernière lui sauta dessus, en refermant ses mains sur son cou.

La sorcière essayait de repousser son agresseur, mais plus elle essayait, plus l’air lui manquait, et moins ses tentatives étaient effectives, bientôt elle ne bougea même plus. Mais les paroles de la mère lui parvenait toujours, et se regard furieux qui était planté dans le sien. Et bien, si c’était sa la mort, elle ne pourrait pas la qualifier de belle là où elle irait après, si tant est qu’il est quelque chose après…

Ses idées étaient de moins en moins claires, et seules les paroles « c’est vous qui m’avez poussé à le faire » raisonnait dans ce qu’il lui restait d’esprit. Karen commençait à ne plus vraiment entendre à présent, et même le regard terrifiant de la mère se faisait moins net… C’est alors que le miracle se produisit et qu’elle put respirer de nouveau. Le retour étant très douloureu. La vie qui reprend ses droits le fait si rapidement dans votre corps, votre cœur, votre cerveau, que tout semble se percuter, s’entre-choquer, se mélanger…

Quelques instants suffirent à la jeune femme pour distinguer de nouveau les visages et les voix. Et le premier qu’elle vit fut son sauveur, qui arborait un léger sourire qu’elle lui rendit. Karen aurait du l’écouter, il pourrait bien le lui repprocher après. Pour le moment les cris de la mère lui brisait encore les tympans. Elle aurait voulu intervenir une nouvelle fois, mais ses membres refusaient d’obéir pour le moment. La médecin ne pouvait qu’être une vulgaire spectatrice de ce qu’il se passait.

Alors qu’Atlas faisait face à la mère en furie, Karen récupéra doucement, seule. Mais ce regard assassin fut le plus gros électrochoc. La sorcière ne put le soutenir, et alors qu’elle put voir que tout entrait à présent sous contrôle, elle se leva comme elle le pouvait et s’éclipsa sans rien demander à personne. D’ailleurs sans le nombre de gens qui pouvait dire où elle était…

En fait, elle était retourner auprès de sa petite victime, pour la seconde fois, mais là le trajet fut plus douloureux de part les séquelles provisoires physiques bien sûr, mais aussi par ce qui avait été dit. Alors après s’être soutenue plusieurs fois aux murs pour tenir sur ses jambes, elle se soutint enfin au-dessus de ce petit corps. Karen savait qu’elle n’avait pas le droit d’être là, que ça n’était pas bon pour plusieurs raisons, mais elle avait besoin d’être ici, auprès de l’enfant. Ses jambes se dérobèrent sous elle, et elle tomba assise au sol, tenant dans sa main celle de la petite fille.


- Pardon Serena… Pardon…

Cette fois elle pleurait réellement, son souffle ne s’était pas encore totalement remit du choc, mais qu’importe. Elle se sentait tellement coupable maintenant, l’instant d’avant elle était persuadée qu’elle n’avait rien à voir dans la mort de sa patiente, et à présent, c’était tout le contraire.
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