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 Etat d'urgence... [PV Karen]

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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Dim 6 Sep 2009 - 13:34

Ses pas lourds raisonnaient à travers le couloir. Ils lui paraissaient comme amplifié par le drame de l'instant, l'horreur de ces minutes passées à devoir sauver... des vies.
Il marchait à présent droit vers la salle qu'avait rejointe Mademoiselle Broome sans vraiment savoir pourquoi il agissait ainsi. Juste que... il se raccrochait sans doute à une forme d'étincelle d'existence qui n'était pas encore morte, pour laquelle rien n'avait encore été joué par le destin. C'est le coeur serré qu'il allait vers elle...

Autrefois, on l'avait enfermé dans un monde de néant où l'espoir n'avait pas sa place, où penser à autre chose que la Fin n'avait pas lieu d'être, ou il lui avait fallu combattre et réprouver la moindre idée de renouveau, de recommencement. Puisque rien ne suit au-delà du sommeil éternel et que les seules personnes qu'il ait cotoyées jusqu'à présent dans son travail comme dans sa vie furent aussi bien les défunts que les Oubliators de sa section, se retrouver nez à nez avec une personne du corps médical avait quelque chose d'assez déstabilisant. Ils étaient tous deux dans leur vie comme dans leur profession diamétalement opposés, si bien que leurs idées et leur façon de voir les choses ne s'étaient pas rejointes jusqu'à présent... ni même ne se rejoindraient jamais.

Il ne pouvait pas faire comprendre à Karen Broome toute l'urgence qu'il y avait à savoir se détacher et prendre du recul, car alors elle n'aurait plus exercé son métier avec autant de foi et il pressentait que c'était comme lui nouer la corde au cou. Elle avait ce don chevillé à l'âme : celui de guérir, de perpétuer la vie. Jamais il ne pourrait clairement le comprendre de toute façon, et même s'il refaisait surface petit à petit dans les monde des vivants.

Il entra dans la chambre froide, cet endroit lugubre où sont entassés dans des boîtes les restes de nos chers disparus. Sans y accorder le moindre regard il s'approcha d'un pas rapide vers la jeune femme qui semblait avoir, une fois de plus, ouvert l'habitacle renfermant le petit corps de la victime. Ses premiers mots furent de lui demander des excuses, choses qui outrepassa la compréhension d'Atlas qui s'était pourtant gonflé de paroles rassurantes et compatissantes avant de se lancer. Il se tenait juste derrière elle au moment où elle s'écroulait sur le sol, sans force, sans aucun autre recours que de se laisser là.

"Vous lui demandez pardon ? S'exclama-t-il horrifié, après tout ce que vous avez fait pour elle, vous venez lui demander pardon ?".

Il se saisit de cette main d'adulte serrant par détresse la main de la défunte et les sépara aussitôt. Peu importe le regard que pourrait lui adresser ce médecin. Lorsqu'il fallait agir, on se devait de prendre des mesures ! Il l'observa patiemment, toujours assise sur le sol, puis prit l'initiative de refermer le tombeau provisoire de l'enfant... sut tant est que l'on se souvienne encore d'elle après ce drame. Le corps réintégra l'habitacle sans autre forme de procès tandis qu'Atlas, portant si bien son nom, endossait une victime de plus. Il se tourna vers Karen qui n'avait pas quitté le sol et se pencha à sa hauteur, les deux mains sur ses épaules.

"Ecoutez-moi, Docteur Broome. S'il y a bien quelqu'un qui doit s'agenouiller pour demander pardon à cette enfant, c'est sa mère et personne d'autre. C'est elle qui l'a tuée, elle et elle seule ! C'est elle qui n'a pas su attendre que vous fassiez quelque chose ! C'est elle qui n'a pas su supporter la maladie de sa fille !

Regardez-moi, bon sang !", cracha-t-il entre ses dents.

"Aujourd'hui, vous êtes la seule qui se soit préoccupée d'elle. Vous êtes la seule qui ayez tenté quelque chose pour la sauver. Vous êtes la seule qui soyez venue avec l'attention louable de faire quelque chose, non de détruire ; alors que sa propre mère venait seulement dans l'optique de se venger !
Alors, pour la dernière fois, ne vous apitoyez pas sur son sort !".

Il se détacha d'elle et se redressa sans l'accompagner dans son geste, cherchant plutôt à ce qu'elle le fasse par ses propres moyens. Et d'ajouter :

"Si c'est ça être médecin... tomber à terre dès qu'on perd un malade...".

Il fit claquer sa langue, roulant des yeux désespérés vers le plafond.

"Je croyais qu'on vous formait à vous endurcir quoiqu'il arrive... j'aurais peut-être fait un meilleur Médicomage que vous, non ?

Eh bien quoi ? Finit-il sur un regard plein d'insolence, vous ne me répondez pas ?".
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Jeu 10 Sep 2009 - 18:38

Karen n’avait pas entendu une autre personne arriver dans cette pièce réservée exclusivement aux corps sans vie. Aussi, lorsqu’Atlas commença à parler, elle fut très surprise, mais rien ne paru, elle tenait toujours cette petite main déjà froide dans la sienne, et pensait à tellement de choses en même temps que même son esprit ne pouvait s’attarder sur l’une d’entre elles.

La médecin laissa le sorcier faire ce qu’il avait à faire, c’est ainsi qu’il remit la petite Serena dans son compartiment, avant de venir lui parler de nouveau. Ses paroles étaient dures, et quelques peu cruelles sur les bords, mais Karen ne bougeait pas, son regard pleins de larmes avait suivit celui d’Atlas durant son discours, mais rien n’avait filtrer.


- Vous voulez vraiment que je vous réponde?

Elle se releva non sans quelques difficultés, et se planta devant lui, la sorcière posa ses deux mains sur le torse du sorcier et le poussa assez violement pour qu’il recule. Qui aurait pu croire qu’une femme aussi frêle puisse faire bouger un géant tel qu’Atlas? Toujours est-il qu’elle accompagna son geste à la parole.

- Et bien c’Est-ce que je vais faire! Vous venez ici sur vos grands chevaux, vous décider de me sauver en sachant ce qui m’attend. Comment, pourquoi? Personne ne le sait! Je ne vous ai rien demandé bon sang! Tout en parlant, elle continuait à le faire reculer vers la porte. Et maintenant, vous venez ici, sans vous demandez si cela m’était nécessaire, et vous pensez tout savoir! Vous ne me connaissez pas, monsieur! Tout comme j’ignorais, il y’a encore quelques minutes jusqu’à votre existence! Elle pointa du doigt la petite porte qui renfermait le corps de l’enfant.
Vous avez tord de m’avoir défendu, car je suis bien responsable de sa mort! Ca doit vous étonner, mais ça n’est que la stricte vérité!


La médecin était énervée, sa voix et ses gestes étaient crispés, mais elle ne perdait en rien l’aplomb qu’elle avait tout à l’heure face à la mère hystérique.

- Il y a deux semaines, Serena est restée quelques jours hospitalisé ici. Un soir, alors que j’étais de garde, elle a fais un cauchemar, comme elle nous a appelé je me suis déplacée. Et vous voulez savoir quoi? Dans son cauchemar, sa Mère la tuait! Mais moi, moi je n’ai rien voulu croire là-dedans, comme tout le monde, j’ai pensé que ça n ‘était qu’un mauvais rêve! Tous les enfants font des cauchemars lorsqu’ils restent à Sainte Mangouste, mais c’était un appel au secours, et je n’ai rien compris! Alors oui, sa Mère avait tord en m’accusant de ne pas l’avoir soignée, mais je ne peux pas niée que je suis innocente dans sa mort. Si j’avais compris son rêve, elle pourrait peut-être encore vivre!

La sorcière essuya ses joues d’un revers de manche, où des larmes s’étaient une nouvelle fois écoulées. Son regard bleu, toujours planté dans celui d’Atlas.

- Alors? Est-ce que vous voyez toujours une innocente face à vous. Une personne dont il fallait sauver la vie?

Maintenant, elle avait réussi à le repousser jusque dans le couloir, et sa voix se faisait nettement plus autoritaire.

- Vous avez raison, je ne suis pas un bon médecin, vous feriez certainement mieux. Au moins, vous, vous êtes capable de sauver quelqu’un!



Elle aurait pu réagir comme ça, c’est peut-être même ce qu’elle aurait fais en temps normal, mais aujourd’hui elle ne s’en sentait absolument pas la force, elle resta donc assise au sol, à regarder ce sorcier qui essayait de la faire réagir. Elle essuya les quelques larmes qui perlaient encore, avant de s’exprimer, d’une voix quelque peu éraillée par l’émotion, la sorcière leva les yeux vers Atlas. Son regard n’était absolument pas celui d’une personne implorant quoique ce soit. Une fois de plus, elle semblait terriblement neutre, preuve qu’avec les années son métier avait eu raison de beaucoup de chose sur elle. Karen était capable de pleurer, mais ses émotions n’étaient pas aussi éloquentes qu’avant.

- Vous avez certainement raison… vous feriez un bien meilleur médecin que moi… Mais j’aime mon métier, je ne pourrai en changer. Je vous trouve injuste envers moi, vous ne me connaissez même pas…

Sa voix n’avait aucun reproche, elle était toute douce, et pourtant pleines de sentiments mêlés. Même son regard n’exprimait aucune rancune ou méchanceté.
Il est clair que si la vie personnelle de cette femme n’avait pas été ce qu’elle était, elle ne se serait pas laissé submerger par l’émotion en voyant le corps de sa patiente. Mais il en est ainsi, le destin fait son œuvre, et malgré ce que l’on peut, généralement nous la subissons. Atlas avait certainement ses blessures aussi, mais Karen ne les connaissaient pas.

La sorcière ayant repris un peu possession de son corps, trouva la force de se lever pour faire un semblant de face à face avec Atlas. Elle se tenait devant lui, ne cherchant ni à l’apitoyer, ni à lui faire regretter ses paroles.


- Je vois des centaines de patients chaque jour, sorciers ou moldus, et bon nombre d’entre eux périssent entre mes mains. C’est ma vie, je ne peux pas sauver tout le monde… Mais Serena n’était pas tout le monde. Elle est arrivée dans un moment important de ma vie, et part dans un autre qui l’est tout autant, mais ça vous ne pouvez pas le comprendre.

La petite fille avait été témoin de deux grandes choses dans la vie de sa médecin, c’était leur petit secret en sommes, et une façon pour Karen de rendre moins douloureux les actes de médecines qu’elle pouvait être amener à pratiquer sur la petite. En parlant de cette chose, Serena ne pensait plus à sa douleur.

Karen contourna le sorcier, et s’avança vers la porte. Elle n’avait rien à ajouter, peut-être que maintenant qu’elle avait retrouver sa voix, elle aurait pu lui dire le merci qui aurait du accompagner le sourire qu’elle lui avait offert alors qu’il venait de la séparer de son « assassin », mais elle ne l’ajouta pas, à quoi aurait-il pu servir à présent?
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Ven 11 Sep 2009 - 18:33

Atlas n'avait effectivement pas réagi lorsque Karen l'avait repoussé de toutes ses forces, ni ne s'était même interposée lorsqu'elle c'était dirigée vers la porte en le forçant presque à sortir à son tour. Il était resté de marbre, ou plutôt silencieux... car aucune personne, sut tant est qu'elle fut humaine encore, n'aurait pu être insensible à un tel discours. Il était déchirant, litéralement bouleversant, de quoi faire chavirer votre coeur dans les élans de la tristesse et Merlin savait que question tourments il en connaissait un rayon. Et Karen Broome tout autant... Elle parlait avec son âme de cette passion dévorante qui l'avait fait un jour se dire : c'est ce métier là et pas un autre. Elle parlait encore et encore de ces personnes qu'elle cotoyait, de ces autres qui passaient, de ces gens qu'elle voyait tous les jours, de toutes ces vies passées entre ses mains. Des pertes oui, des fracas encore plus... Une éternité suffirait-elle pour s'en remettre ?

Alors oui, il avait été brusque et dur envers elle. Oui, ses mots avaient été cruels presqu'inhumains. Oui, il y aurait eu d'autres manières de lui parler. Oui, toutes ces choses-là n'étaient peut-être pas très appropriées et surtout malvenues... Mais plus que toute autre chose : il savait que Mademoiselle Broome en avait eu besoin. Il sentait qu'il avait fallu cet électrochoc pour qu'enfin elle se relève de son maudit carrelage froid et lui tienne ainsi tête sans s'effondrer, sans seulement démordre de ce qu'elle avait eu clairement à lui dire. Alors oui, c'était certain, cela avait dû être éprouvant et terriblement injuste d'entendre ces railleries de la part d'un inconnu, mais il avait l'espoir que cela lui soit bénéfique.
C'est donc non sans un regret et même avec un léger sourire qu'il accueillit ses paroles amères ainsi que son refus de continuer davantage. Il la vit faillir une seule fois et crut bon de l'aider à se relever, mais elle parvint à nouveau à tenir bon et à serrer les poings. Nul doute là-dessus : c'était une battante et un excellent médecin.

S'il avait seulement le choix, il laisserait sa vie entre les mains d'un soldat plutôt que d'un chirurgien. Au moins, ce dernier sait ce que c'est que de risquer sa peau et de devoir la défendre à tout prix... Mais il crut bien reconnaître en ce petit bout de femme tout frêle ce semblant de trouffion.
Il s'écarta afin de la laisser passer mais ne tenait pas à en rester là. Non, pas de sitôt. Elle aussi avait le droit à des explications et à un brin de soutien... si minime soit-il. Il n'était pas dans ses habitudes de réconforter et sur certains plans, il devait l'avouer, il savait reconnaître lorsqu'une cause était vaincue d'avance. Réaliste ou défaitiste ? A mesure qu'il vieillissait, il finissait par se croire du second bord...

Jamais cette femme ne se remettrait du souvenir de cette enfant. Ou alors il lui faudrait du temps et du cran ainsi que changer la totalité de son état d'esprit et de son caractère ce qui, en la voyant, n'était sans doute pas gagné. Elle avait trop de coeur, elle aimait trop les gens pour considérer la petite fille comme un cadavre en plus dans un tiroir. Si elle ne parvenait à surmonter son décès, alors parviendrait-elle à effacer ce sentiment de culpabilité un de ces jours ? Rien n'était moins sûr...
Et puis peut-être qu'il valait mieux trainer cette peine-ci que de se voir entièrement changer pour l'oublier...

"Non, vous avez raison, Karen. Je ne peux pas le comprendre... En matière même de vie humaine, de vie tout court, je ne comprends pas grand chose".

Il renfonça ses gros poings dans les poches de son pantalon et poussa un soupir vanné :

"Vous savez je ne sais pas ce que vous déciderez de faire par la suite, mais il y a peut-être une chose pour laquelle je suis certain. Vous n'abandonnerez pas. Votre travail vous tient trop à coeur et vous ne le lâcherez pas de sitôt... C'est la crainte que j'ai eu en vous voyant pleurer autant sur le sort de cette enfant.
Je suis pas psychomage, encore moins philosophe, je n'ai pas d'avis à vous donner sur ce que vous ressentez, ni de conseils à vous attribuer pour la suite -il sourit- enfin si j'en aurais, mais ils risquent de ne pas vous plaire...".

Et de relever le menton, comme pour faire passer une trop grosse boule qu'il avait dans la gorge.

"Karen, je sauve pas des vies, vous vous en sauvez.
Moi j'arrive lorsqu'il est trop tard... mais tout ça, maintenant, n'a plus rien d'officiel".

Et son sourire de se fissurer pour ne plus laisser entrevoir à présent qu'une mine trop sombre...

"Je suis Oubliator, mais pas dans le sens qu'on peut le présenter. Je suis... j'étais, nous étions chargés de pénétrer les souvenirs des morts, de sonder leur vécu afin de déterminer dans quelle conditions ils avaient disparus si leur décès nous parassait trop suspect. Je suis en quelque sorte un enquêteur qui parlent aux morts...

Mais ce n'est pas tout, vous voyez ? Je suis amnésique et n'ai pas de mémoire. Je m'appelle Atlas Rayshern, mais ce n'est sans doute pas mon vrai nom. J'avais une existence avant comme tout un chacun... mais la personne que j'étais autrefois a décidé de la troquer contre ce travail, bon gré mal gré, je n'en sais rien.

Aujourd'hui, lorsque cette morte m'est tombée du ciel, j'ai pensé qu'elle me tendait la main afin que je sauve peut-être la première vie de toute ma carrière. Que pour une fois je n'arrive pas trop tard".

Il lui bailla un grand sourire afin de sauver les apparences, laissa pendre ses bras dans le vide avant d'ajouter :

"Voila. Vous savez tout de moi. Pourquoi ai-je voulu vous le dire à vous ?
Je dirais : parce que. Depuis que je ne travaille plus pour le Ministère vous êtes peut-être la première personne intéressante que je rencontre et que... je vous l'ai dit je n'ai pas de mémoire.
Si l'on ne se revoit pas par la suite, trancha-t-il d'une voix froide, je vous oublierai. Mais vous, par ce biais-là, peut-être que vous ne m'oublierez pas...".

Et après une pause tandis qu'il oscillait entre le chagrin et la nécessité de conserver toute dignité...

"On peut sortir peut-être si vous voulez, lâcha-t-il dans un geste, l'air est trop stagnant par ici, je n'aime pas ça".
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Sam 12 Sep 2009 - 19:17

Spoiler:
 

Karen se retourna pour le regarder, il n’avait plus ce regard dédaigneux qu’il avait quelques instants plutôt lorsqu’il lui crachait presque dessus toutes ces choses injustes. Le discours qu’il lui tenait à présent était nettement plus posé, la sorcière préférait l’entendre dire cela. Bien sûr c’était plus proche de la réalité, mais surtout un peu trop. Elle ne se doutait qu’on pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert. Cet homme lui sortait des choses que même ses plus proches collègues ne lui avaient jamais dites. Mais c’est un mauvais exemple, les autres médecins n’étaient vraiment pas du genre à venir se tailler une petite bavette avec vous simplement pour vous connaître davantage. Non, lorsqu’ils faisaient un geste envers vous, c’était qu’ils avaient besoin de vous ou qu’ils souhaitaient sympatiser un minimum pour ensuite mieux vous poignarder dans le dos. Oui, la vie n’est pas toute rose, et elle ne l’était pas plus à Sainte Mangouste.

Mais la médecins ne comprenait plus vraiment où il souhaitait en venir. Comment pouvait-il arriver trop tard? Il était croquemort? Dans ce cas, il devait bien comprendre qu’elle se sente affectée par la mort de l’enfant. Mais il n’avait pas vraiment la tête de l’emploi à y réfléchir. La sorcière réfléchissait extrêment rapidement, mais le plus simple était encore d’attendre une explication de la part du sorcier.

Le visage de Karen se durcit un peu à mesure qu’il lui expliquait ce qu’était en réalité sa profession. Comment des personnes pouvaient-elles être assez forte pour supporter ce genres de choses? C’était déjà bien difficile au stade d’un simple médecin, alors voir les pensées d’un mort… C’est ainsi qu’il avait su pour Serena! La sorcière comprenait désormais nettement mieux tout ça, tout ce qui faisait qu’il était venu la protéger d’un mal dont même lui ignorait jusqu’à la forme avant que la Mère n’arrive.
La petite fille l’avait donc sauvé par l’intermédiaire de cet homme. C’était tout de même assez difficile à suivre.

Elle eu un petit sourire lorsqu’il évoqua la vie qu’il était venu sauver, pour espérer ne pas arriver trop tard, au moins une fois. La sorcière était touchée de savoir qu’elle était une des seules personnes, voire même la seule personne, à connaître l’ancienne profession de ce sorcier. Pourquoi avait-il confiance en elle, comme ça, sans raison?

Karen regarda le géant qui lui faisait face, il lui paraissait nettement moins impressionnant maintenant, son explication ne devait pas être étrangère à cette impression. Elle jeta un regard dans le couloir, qui était désormais complètement vide de tout patients ou médecins appelés par une curiosité malsaine de savoir qui hurlait sur qui et pourquoi.


- Venez, nous allons aller dans mon bureau.

Elle avait déjà du lui faire cette proposition auparavant, mais elle n’en n’était même plus certaine. Les dernières minutes avaient été tellement éprouvantes… Elle lui tint la porte ouverte pour lui laisser le passage vers le couloir, Karen jeta un dernier petit regard en direction du fameux casier, puis sortit à son tour. La médecin ne dit aucun mot sur le chemin qui séparait cette sinistre salle de son bureau. Là encore, elle le fit passer avant elle, avant d’entrer à son tour.

La pièce était très simple, et manifestement plus adaptée pour les consultations pédiatriques que les autres. Et pourtant, Karen s’occupait bien de tout le monde et pas seulement des enfants. Une grande plante verte dans un coin servait plus à rendre cette pièce un peu moins austère que de la remplir d’un semblant de vie.

La sorcière présenta un siège à Atlas, et alla s’assoir face à lui à son bureau. Elle passa une main dans ses cheveux histoire de se rafraichir les idées et d’en même temps recoller tous les morceaux des derniers évènements… C’était quand même pas évident de digérer.


- Je… Merci pour tout à l’heure.

Les mots étaient sortis comme ça, sans prévenir, et Karen arborait un sourire reconnaissant tout en posant son regard bleu sur ce sorcier à qui elle devait ni plus ni moins que la vie. S’il n’avait pas été là… La sorcière soupira avant de poser son regard sur les quelques feuilles qui trainaient sur son bureau. Deux consultations que son collègue lui avait gentiment refiler, et un rappel de réunion du personnel.

- Pour votre problème d’amnésie, je ne voudrais pas vous donner de faux espoirs, mais la médecine a fait de grand progrets. Aussi bien la sorcière que la moldue…

Cela supposait bien sûr qu’Atlas accepte de suivre un traitement moldu. Beaucoup de sorcier ne pouvait accepter cette perspective, malgré tous les rapprochements qui avaient été fait entre les deux mondes. Mais cela supposait également sous jacente que Karen souhaitait à son tour aider le sorcier. Sa proposition devait sembler être une déformation professionnelle qui prenait toute son ampleur avec lui, mais il n’en était rien. Elle se sentait redevable d’Atlas, même s’il ne lui avait pas vraiment demandé son aide. De toute façon, s’il refusait, cela ne l’empêcherait pas de chercher quand même par elle-même quelque chose qui pourrait l’aider; évidemment ça ne serait pas aussi facile, mais elle aimait les causes désespérées! Sinon pourquoi s’acharnerait-elle au travail, en faisant en parallèle de recherches personnelles sur les êtres spéciaux tels que les vampires, loup-garou, etc… Certains confrères lui métaient régulièrement des batons dans les roues, mais la sorcière n’abandonnait pas si facilement, et elle commençait même à avoir un bon paquets d’observation.

Une douleur la sortie de ses réflexions, cette dernière était localisée sur son cou. Elle posa ses doigts dessus, son corps réagissait à l’agression, elle devait déjà avoir des petites marques naissantes ayant une vague forme de doigts. Oui, elle n’était pas prête d’oublier cette tentative d’étranglement, et ses marques la lui rappellerait encore pendant quelques jours visuellement.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Mer 23 Sep 2009 - 14:11

Atlas n'avait pas objecté lorsqu'elle lui avait proposé de sortir pour se rendre à son bureau. Ici ou ailleurs, il n'y avait guère de différence... du moment qu'il pouvait s'asseoir afin de se remettre de ses émotions. Il lui emboîta le pas, traversa les divers couloirs sous l'oeil intrigués et les messes basses des autres médecins, baissant les yeux afin de n'avoir à affronter aucun regard. Il les releva cependant lorsqu'il aperçut à l'accueil six personnes vétues de noir et qui prenaient des renseignements auprès de l'hôtesse. Ce dernier soupira lorsqu'il vit qu'il s'agissait là de la Brigade Magique, venue ici pour enquêter et rendre compte de ce qui s'était passé. Karen et elle n'étaient pas au bout de leur peine...

Le géant voulut poser une main de réconfort sur la jeune femme mais elle s'arrêta net devant une porte, coupant court à son geste. Elle pressa la poignée et l'ouvrit, les laissant pénétrer dans un bureau tout ce qu'il y avait de plus normal -à cette différence que ceux des médecins avait cette pâleur immaculée d'un endroit calme et reposant. Il accepta bien volontiers le siège qu'elle lui offrit et se laissa retomber dedans, une main sur le visage et les yeux clos. Il lui fallait reprendre un peu de force...
Il entendit qu'elle le remerciait. Assez surpris par cette entrée en matière, Atlas releva la tête et salua son intention d'un bref sourire. Il ajouta, un peu bêtement :

"Ohh ça n'est rien, ça n'est...".

Comme si elle l'avait remercié d'avoir surveillé ses plantes durant son absence... Il replongea dans son immense contemplation du plancher et attendit que le silence pensant laisse place à une nouvelle esquisse de conversation :

"Pour votre problème d’amnésie, je ne voudrais pas vous donner de faux espoirs, mais la médecine a fait de grand progrets. Aussi bien la sorcière que la moldue…".

Elle était trop gentille, et il ne fallait pas. Tant d'attention pour un seul homme, cela ne se faisait pas. Assurément Karen Broome avait des patients plus urgents que lui à traiter... Puis de toute manière, il n'était pas vraiment sûr... pas qu'il ait quoique ce soit contre la médecine, mais pourquoi se souvenir finalement ? Pourquoi se rappeler ce qui résonne en nous comme douloureux ? Pourquoi avoir à jamais en tête les choses horribles de notre existence, les plus durs tourments endurés ? Pour réagir comme cette jeune femme à la mort de cette enfant et pleurer toutes les larmes de son corps ? Atlas n'aurait qu'à franchir la porte pour entendre ses sanglots étouffés...

Et pourtant, n'était-il pas doux de se remémorer des sensations et instants agréables ? Parfois il les sentait comme un frisson le long de son échine ou la délicieuse sensation d'avoir vu ou vécu cela quelque part... La tendresse d'une étreinte, la beauté d'un baiser, la joie d'un éclat de rire.
Peut-être que dans un sens il était terrifié à l'idée d'exister au milieu des autres gens, tétanisé à la pensée qu'il pourrait, lui aussi, tisser une vie normale faite de blessures comme de baume au coeur... Cette inconnue-là, l'avait-il fui autrefois ? Pourquoi en était-il venu à travailler pour le Ministère et à devenir ce genre d'Oubliator ?
Il lui fallait des réponses et qu'il n'avait pas encore. Peut-être qu'ensuite, oui, peut-être qu'il pourrait recommencer cette nouvelle vie.

Comme les intentions de la jeune femme étaient tout à fait louable et qu'il ne désirait en rien la froisser, il lui répondit simplement :

"Laissez. Ca ne fait rien. Je ne cherchais pas à attirer votre attention sur mes problèmes, juste à vous expliquer mes réactions".

Un léger rire et il hocha la tête, atterré par ce qu'il venait de dire. Des réactions... comme s'il était une sorte de créature, de malade, qui se justifierait de l'un ou l'autre de ses symptômes. "Excusez-moi mais quand je vois du sang, je deviens agressif !", c'était un peu ça. Et pourtant Karen, dans toute sa belle sincérité, avait le don de convaincre.
Et peut-être même qu'elle avait accès à certains dossiers dans son hôpital. Si l'homme qu'il avait été s'était blessé ou autre, peut-être qu'on l'aurait pris en charge dans cet hôpital. Cela ne coûtait rien d'essayer !
Un sursaut le prit soudain et il se leva d'un seul bond. Certain qu'il venait sans doute de lui faire peur, il tamissa ses craintes d'un geste, comme pour s'en excuser, et s'approcha d'elle immédiatement.

"Karen, lui souffla-t-il en l'empoignant du regard, est-ce que vous avez accès à tous les dossiers des patients de cet hôpital ?".

Il s'arrêta un instant, conscient de faire une faute grave et d'encourir beaucoup plus qu'une simple verbalisation. Tout Oubliator qui tentait de remettre la main sur son passé se retrouvait catapulter à Azkaban, et ses complices avec...
Mais il fallait savoir coûte que coûte. Et il ferait attention, bien attention !

"Cela vous dérangerait-il de...".

A cet instant, on toqua à la porte. A nouveau, le géant sursauta et se tourna vers cette dernière.
Se pourrait-il qu'on ait déjà compris le fond de ses pensées ?...
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Mer 30 Sep 2009 - 19:02

Spoiler:
 

Atlas ne souhaitait pas qu’elle cherche si un traitement existait pour essayer d’au moins alléger les amnésies, elle pouvait comprendre de toute façon c’était chose courante que des patients refusent de se faire soigner, et ils avaient toujours une excellente raison pour se justifier. Que pouvait faire Karen? Comme tout médecin qui se respecte elle ne pouvait que démontrer par A+B que tant qu’il y a un espoir il faut poursuivre sur cette voie, elle n’avait en aucun cas le droit de les obliger à la suivre. C’était bien regrettable, car bon nombres de patients perdaient la vie rapidement dans ces circonstances. La nature humaine est complexe, et l’une des choses les plus importantes est de savoir respecter l’individu, ça n’est pas toujours facile, parfois même très difficile, mais qu’elle plus grande marque de considération que le respect.

La médecin esquissa un petit sourire, comme pour ses autres patients, elle n’allait pas le forcer à faire quoi que ce soit, il avait fait son choix, il en serait ainsi. Karen sortit une feuille et prit la plume qui se trouvait sur son bureau, elle traça quelques mots. Atlas avait besoin d’un dossier, qu’elle le soigne ou non, son passage devait être mensionné.

C’est alors que le géant se leva d’un bond, la faisant sursauter et sa plume lacher une tache d’encre sur le parchemin. La sorcière le regarda très surprise d’une réaction aussi vive, et posa sa plume pour écouter l’explication qu’il allait lui donner. Mais elle ne vint pas, ce fut une question à la place… Karen le regarda de plus en plus surprise, mais elle n’en oublia cependant pas pour autant de lui donner une réponse.


- Oui…bien sûr, oui. Mais uniquement sur les cinq dernières années, pour les années précédentes cela devient plus compliqué.

Pourquoi voulait-il savoir ça? Sur les cinq années précédentes ça ne lui causerait aucun problème, mais plus loin c’était nettement plus difficile, il lui faudrait une autorisation bien spécifique, et surtout attester que cela pouvait aider pour un traitement actuel. Karen comprenait bien, après réflexions, qu’il voulait connaître certaines informations sur son passé, mais il lui semblait que les Oubliators qui désobéissaient de la sorte encouraient des peines terribles… Lui et elle allaient se retrouver dans le même panier s’ils se faisaient prendre.

- Mais il y a le secret professionnel… je, enfin même pour vous je risquerai gros vous savez, et vous également. Je comprends que vous vouliez savoir, mais êtes vous seulement certain de votre ident…

On venait de toquer à la porte de son bureau et le géant venait une nouvelle fois de sursauter. Elle le regarda avec un regard très calme, lui semblait nettement plus angoissé par contre. Karen se leva et posa une main rassurante sur l’épaule du sorcier.

- Qui que ce soit ou que vous ayez à vous reprocher, vous n’avez rien à craindre tant que vous rester dans l’établissement et que je m’occupe de votre cas.

Karen ne comptait pas le laisser partir comme ça, que ça soit de son plein gré ou par obligation. Elle avait bien remarquer les représentants de la brigade magique à l’accueil, et c’est pourquoi elle avait réfléchit à comment protéger ce sorcier. N’oublions pas qu’il lui avait sauvé la vie, si elle devait faire quelque chose pour lui, ça serait peut-être bien maintenant. Et en prétendant qu’il devait avoir des soins ici, personne, pas même le ministère ne pourrait le faire sortir, après tout elle était son médecin, elle savait par conséquent ce qui était bon ou non pour lui.

Cette technique avait parfois été employée l’année dernière, surtout par notre sorcière d’ailleurs, faisant partit de l’Ordre du Phénix, lorsqu’un Auror ou un autre membre arrivait à Sainte Mangouste, elle s’occupait toujours d’eux de façon à les protéger pour telle ou telle raison, même s’ils n’étaient pas malade, du ministère qui avait été corrompu.

Maintenant la donne avait changé, mais Atlas était un de ces cas particuliers qu’on ne peut pas laisser abandonné à lui-même. Karen, en tout cas, se le refusait. Elle alla donc ouvrir et fut presque soulagé de voir son imbécile de collègue.


- Karen, il est avec toi?

- De qui tu parles?

- Le gars qu’a apporté la gamine tout à l’heure.

- Oui.

- Je peux le voir?

- Non.

- Tu ne vas pas recommencer, il y a des personnes qui veul…

- Ca m’est égale, pour le moment je l’osculte et comme tu le sais aucun médecin ne peut lacher un patient tant que son état n’est pas certain. Tu ne voudrais tout de même pas qu’il augmente le nombre de personnes mortes ici?

Le collègue de la sorcière semblait très embété, et au vue des bruits du couloirs il n’était pas seul, bien que Karen ne voit que lui. Si les gens de la brigade étaient venus, ils se gardaient bien pour le moment de se montrer directement à elle. La médecin toisa son confrère d’un regard assuré mais pas le moins du monde dédaigneux, il fallait bien qu’il la laisse, et c’est-ce qu’elle espérait qu’il ferait très rapidement.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Sam 7 Nov 2009 - 8:33

Spoiler:
 

Aïe certes... Karen avait raison. Peut-être valait-il mieux qu'il la laisse tranquille avec toutes ces affaires. En effet, elle risquait gros, son métier -c'était si peu, bien sûr voyons !-, sa réputation, la confiance que l'on avait placé en elle... pour lui. C'était ridicule ! Elle ne le connaissait que depuis quelques heures et elle le ferait ainsi sans la moindre hésitation ? De toute manière il ne pouvait pas lui demander de faire ça... sut été manqué d'un profond jugement et aussi d'un certain intérêt envers la vie de cette jeune femme -ce qui était particulièrement contraire à l'éthique qu'il s'était fixé. Il n'irait pas jusque là et trouverait, pour sûr, un autre moyen !

Atlas redressa l'oreille lorsque Karen Broome se mit à répondre à son collègue d'une voix plus âpre et terriblement sincère pour quelqu'un qui mentait. L'homme se prit à sourire, passant son bras par-delà le fauteuil et observant avec attention la situation. Il ne comprenait pas ce que son vis-à-vis lui disait puisqu'il parlait trop bas, mais il semblait bien qu'on désirait qu'il sorte de cette pièce. L'affaire précédente lui revint en mémoire et l'ex-oubliator frissonna, baissant les yeux sur le carrelage, songeant que la porte de la salle d'interrogatoire n'était pas loin. Mais voici que la sublime Docteur Broome repassait à l'action ! Ca c'était une lady ! Elle le défendait bec et ongles ! C'était vraiment adorable à voir et tellement... chaleureux. Rayshern en fut particulièrement touché tant et si bien qu'il s'exécuta afin de donner plus de poids à ses affirmations et prit le partie de retirer sa chemise et le maillot de corps qui couvrait son torse mis à nu à présent.

Voyant que la situation tournait au vinaigre -avec l'insistance de son benet de collègue...- Atlas s'approcha d'elle, mit une main sur la porte comme pour l'entrouvrir et timidement demanda :

"Y a un souci ?".

En d'autres circonstances la situation aurait été bien cocasse... on se serait cru dans la maison d'un mari trompé avec Karen Broome en rôle principal dans celui de l'amante éhontée, Atlas dans celui de l'amoureux transi et l'autre pignouffe en mari insulté. L'effet n'éfleura qu'un instant son imagination qui soudain comprit qu'un autre personnage venait d'entrer en scène.

"Pourriez-vous, s'il vous plait, ouvrir cette porte ?", demanda-t-il sur un ton des plus polis... et un accent étrange qu'il n'avait jamais encore entendu.

L'homme, plus petit que lui cela allait de soi, portait un long imperméable de cuir sombre attaché à la ceinture ce qui donnait l'impression -en plus d'une apparente grandeur- que ses épaules étaient proéminentes. Le reste n'était pas visible mais Atlas voyait clairement palpiter sous un foulard de soie bleue roi une gorge d'une étonnante blancheur. Le curieux inspecteur leva vers lui un sourire biaiseux et ajouta sur ce même timbre de voix calme et limpide :

"Pourriez-vous, s'il vous plaît, m'ouvrir la porte ?".

Et après une seconde...

"Ah ! Oui je vous le demande car j'ai bien l'intention de passer tout mon après-midi derrière elle afin que vous me laissiez entrer".

Et Atlas, décontenancé, se sentant stupide avec ses affaires à la main.

"Je suis malade, affirma-t-il, j'ai attrapé une vilaine toux et...".

Toux qu'il mima... grossièrement ou pas, il s'en foutait...

"En effet, reprit l'autre, quelle vilaine toux grasse ! Dans ces cas-là on reste chez soi et on fait venir un Médicomage à domicile me semble-t-il ? Vous n'avez pas ça en Angleterre, hmm ?".

Il avait tourné son visage anguleux vers Karen et Atlas sentit son sang bouillir du plus profond de ses veines. Il intervint coûte que coûte, appliquant plus sévèrement sa main sur la porte afin qu'elle ne se ferme.

"Le Docteur Broome est une amie... que je vais consulter de temps à autre".

"Une amie occasionnelle alors. Puisque le personnel de l'hôpital vous voit pour la première fois".

Il allait lui faire ravaler son sourire mielleux ! Il écarta légèrement la jolie Médicomage et approcha son visage de celui de l'inspecteur.

"Veuillez nous laisser tranquille pour l'instant, je vous prie. Une fois que nous aurons terminé je serai à vous".

Un léger regard à Karen pour la mettre en confiance, il lui sourit. Etait-ce plus désespéré qu'assuré, lui qui sentait qu'il ne pourrait plus lui demander quoique ce soit appartenant à son passé ? Il lui avait fait perdre son temps, c'était certain, et maintenant lui attirait des ennuis passablement conséquents...

"Mais, Monsieur Rayshern, décréta l'autre encore une fois, n'est-ce pas à Madame d'en décider ?".

Et ses yeux de rapace de se fixer sur elle.

"N'est-ce pas à vous, Mademoiselle Karen Broome, d'en décider si c'est votre cabinet de consultation, non ?".

Et son visage auparavant si charmant, si clair et avenant se fit alors bien sérieux, attendant patiemment une réponse.
Le coeur d'Atlas Rayshern rata un battement, son regard oscillant entre cet homme et la jeune femme, ne sachant réellement quoi faire... enfin si il savait mais il doutait que cela les mettrait dans une situation réellement confortable avec un inspecteur du Ministère au nez fracassé et deux présumés suspects fugitifs... Il ferma les poings et les yeux, priant ainsi pour que Karen trouve les mots justes à lui dire.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Sam 7 Nov 2009 - 22:01

Spoiler:
 

Atlas l'avait rejoint mais d'une façon.... allégée on va dire. Karen qui était plutôt bien sûre d'elle pour tenir tête à son collègue et aux autres hommes, elle se retrouva toute bête d'un seul coup à le voir comme ça, débarrassé de sa chemise. Le moins qu'elle pouvait dire, c'est qu'Atlas était parfaitement rentré dans son jeu, il n'avait pas beaucoup le choix dans un sens, mais là c'était vraiment bien... moui bien... pas mal du tout même, mais on s'égare dans les réflexions de la demoiselle là.

Une conversation des plus froides s'instaura entre l'un des hommes et Atlas. Karen n'osait rien dire pour le moment, le sorcier géant à côté d'elle, semblait parfaitement gérer son petit truc sans elle, notre sorcière se contenta donc pour le moment de garder une attitude décidée, mais toujours professionelle.

Puis soudain, après un petit sourire plus désespéré qu'autre chose de la part d'Atlas, l'homme s'adressa de nouveau directement à elle. Mais c'était vraiment trop gentil de sa part de voir de nouveau qu'elle existait et qu'en plus elle lui faisait face! Elle esquissa un sourire qui se voulait poli, mais peut-être que sa véritable pensée se faisait sentir sans le vouloir véritablement.


- Vous devriez retourner sur la table d'examination, vous allez vraiment attraper la mort en restant dans les courants d'air.

Elle posa un regard doux accompagné d'un vrai sourire cette fois sur le sorcier qu'elle protégeait de la même façon qu'il venait de le faire pour elle. C'était mignon de voir à quel point ils étaient en train de s'enfoncer dans les problèmes ces deux-là... La médicomage l'insita à retourner en arrière dans le cabinet, sentant qu'il était à court d'argument et que de toute façon elle était seule à pouvoir régler, ou en tout cas retarder le problème.

Karen se tourna de nouveau vers l'homme qui semblait s'être attribué toute la mission. Il fallait qu'elle fasse preuve de tact, elle le savait. Elle ignorait qui il était mais au vue de son collègue c'était quelqu'un de relativement important.


- Dans un premier temps, monsieur, j'aurais apprécié de savoir à qui je m'adresse puisque vous semblez savoir qui je suis. D'autre part, comme je l'ai dis en votre présence, je suis en cours de consultation, par conséquent je voudrais que vous me laissiez terminer avec Monsieur Rayhsern. Comme vous avez pu le constater il a une vilaine toux, et si vous voulez tout savoir je soupçonne un nouveau cas de grippe. Alors à moins que vous ne vouliez être contaminé tout de suite, je vous prierai de bien vouloir m'attendre et d'attendre mon patient dans le bureau de mon collègue qui se chargera de vous faire patienter dans les meilleurs conditions qu'il se doit je n'en doute pas.

Elle se tourna de nouveau vers son collègue qui avait la tête de quelqu'un qui vient de voir un fantôme.

- Je te laisse accompagner ces messieurs, nous vous rejoindrons dans quelques minutes.

Elle ne laissa le temps à personne de réagir, puisque déjà elle refermait la porte de son cabinet derrière elle. La médicomage resta quelques secondes à se demander ce qu'elle était en train de faire... Elle venait de fermer sa porte au nez d'un homme influent... Aïe aïe aïe!

Finalement elle s'avança vers Atlas, s'il savait quelque chose c'était le moment où jamais de le lui dire.


- Vous savez quelque chose? Qui sont ces hommes qui ont tellement l'air de vouloir vous parler? Jamais personne ne vient questionner mes patients, même s'ils ont été temoin d'un meurtre!

Karen se demandait bien ce qu'elle pourrait faire maintenant. La grippe lui était apparu comme une très bonne idée sur l'instant, mais évidement il ne l'avait pas! Cette grippe qui avait tant fait trembler le Ministère. Elle ne savait même plus si elle devait le protéger des autres, ou si elle ferait mieux de se protéger elle-même de lui... La sorcière ne le connaissait pas, et pourtant son métier voulait qu'elle le protège, ce qu'elle venait de faire, mais peut-être dans une mesure qu'elle ne maitrisait déjà plus.
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Dim 20 Déc 2009 - 9:33

[HJ : j'adore Karen quelle femme !].

En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, Atlas se retrouva à nouveau dans le cabinet de la jeune femme, à un endroit relativement éloigné pour ne plus offrir sa propre vision aux Aurors et membres de Brigade visiblement très irrités et énervés. Ainsi resta-t-il en retrait comme elle l'avait souhaité, bénissant en son for intérieur la bonté qu'elle avait eu à son égard, cet élan fraternel -ou pas- mais au moins défensif... C'est étonné qu'il l'écoutait palabrer sur l'éventuelle maladie qu'il avait, et elle était tellement peu convaincante qu'il se prit à vraiment se poser la question sur son état de santé actuelle. De la où il était, la stupeur des membres du Ministère ne faisait pas l'ombre d'un doute ! Même son collègue paraissait assez appeuré, sans doute prêt à déclencher l'alerte de quarantaine une fois le seuil de la porte passé. L'homme menant la Brigade ne se fit pas non plus prier pour sortir d'ici, et ce n'est pas non sans un petit soupir et une grimace excédée qu'il emboîta le pas à ses collègues et à celui de Karen qui s'efforçait de rétablir la situation afin de leur paraître agréable. Véritable pantin celui-là, mince !

D'un geste rapide, Atlas enfila sa chemise et la boutonna quatre à quatre. Oui, certes, en échelle et alors ? L'intention était là et elle comptait, non ?
Lorsque Karen revint à lui il voulut l'empoigner afin de la remercier mais elle fut diablement plus rapide et revint sur un sujet des plus sérieux et épineux. Brisé dans son élan, perdant le sourire et l'éclat pur de ses yeux, il lui répondit d'un ton laconique :

"Ces types ? Des Membres de la Brigade Magique. Leur chef je ne l'avais encore jamais vu, juste entendu parler... C'est un Allemand, Schiffer, Schlaffer un truc dans le genre. Rigueur teutonique qui fait froid dans le dos n'est-ce pas ?".

Mais voyant que le Docteur Broome ne répondait pas plus à cette petite blague et qu'elle attendait visiblement un tout autre échange, il répliqua :

"Ecoutez, certes vous ne savez pas tout et je peux déjà vous aiguiller un peu plus sur ce qui se passe ici... du moins autant que faire ce peut".

Il passa une main dans ses cheveux de jais, soupira douloureusement puis :

*Certains souvenirs ne sont pas à mettre entre toutes les mains...*.

"Je suis... j'étais moi aussi un membre du Ministère, un Oubliator, mais dans une branche assez "particulière" du service. J'ai fait partie de ceux et celles qui pouvaient "parler aux morts" si j'ose dire. Afin de découvrir et connaître enfin ce qui étaient arrivés à certaines victimes et de ne plus laisser la moindre chance à n'importe quel assassin, les cadavres nous étaient amenés et nous plongions ainsi dans leurs souvenirs et interprêtions leur vie. Nous découvrions bien souvent le coupable... mais non sans emporter, je crois, une part de chaque machabée avec nous, leurs douleurs, leurs souvenirs... tout comme ceux de cette petite fille.

Pour être sûrs que notre passé, notre éducation, notre vécu sensoriel n'entâchent et ne prennent le pas sur ce que nous découvrions en nos "clients" le Ministère a fait en sorte que nous soyons tous exempts de nos souvenirs. Nous étions amnésiques... nous le sommes toujours maintenant que notre service n'existe plus".

Il eut un petit sourire vain.

"Inutile de vous dire que bon nombre d'entre nous est toujours au chômage, que certains ont grossi certains asiles et hôpitaux divers et que beaucoup ne se remettront jamais de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils ne sont pas ou plus...
Mais moi, ça va si vous voulez le savoir ! Pour le moment, je tiens le cap !".

Petit clin d'oeil tandis qu'il déposait sa main sur son épaule.

"Voila pourquoi je vous demandais s'il vous était possible de consulter le dossier de vos patients... au cas où j'aurais été dedans, vous comprenez ? Je m'appelle même pas Atlas Rayshern si ça se trouve. Dans ce service, on pouvait choisir nos noms et prénoms".

Il poussa un profond soupir puis vint s'asseoir sur un tabouret situé à quelques pas de lui. Les mains sur les genoux, la tête penchée vers le sol il expirait ce qui lui restait de tension... ou plutôt s'apprêtait à affronter le refus et le rejet de la jeune femme en face de lui. Car, c'est vrai, qui à part un fou pouvait encore croire en son histoire ? Le Ministère sans doute... ou les monstres de laborantins qui avaient imaginé ce plan parfait, cette machine infernale et brillamment huilée -tellement peu efficace en matière d'asservissement qu'Atlas et les siens ne servaient plus à rien en dehors du Ministère.

"Nous avons deux éventualités : soit cet Allemand sait tout et cherche justement à savoir ce que cette gamine m'a dit pour comprendre la mort de sa mère... soit il ne sait rien et veut déjà démarrer une enquête sévère et serrée. Et connaissant ce bonhomme comme je peux le connaître, l'une comme l'autre n'augure rien de bon...".

Il planta ses yeux sur elle.

"Aussi, je ferais mieux de partir pour vous laisser tranquille. Je crois que vous avez déjà assez de problèmes comme ça".

Ce n'était pas fuir qu'il tentait de faire mais plutôt préserver le Médicomage. Mieux valait qu'il la garde à l'abri de tous malentendus et de tout interrogatoire qui pourrait lui coûter sa carrière. Après tout, il était prêt à tout endosser, à la défendre pour qu'elle soit exempte de tout soupçon. Et il le ferait bec et ongles, c'était bien le moins qu'il pouvait rendre.
Il replaça le col de sa chemise, essaya vainement de remettre chaque bouton à sa place malgré la tension et l'angoisse engourdissant ses doigts, raidissant ses mouvements. Il inspira et expira un grand coup, pétri d'effroi de ne pas même pas savoir lui-même ce qui l'attendait.

C'était drôle. Lorsqu'il s'en retourna sur Karen il avait l'impression qu'ils n'avaient cessé de se protéger l'un l'autre. Dans une entraide commune, sans pour autant se connaître, sans pour autant savoir quoique ce soit les concernant... tout ceci c'était fait naturellement alors qu'il nous arrive bien souvent de forcer les relations humaines. Elles viennent d'elles-mêmes, sans qu'on les y porte, et c'est sans doute ça qu'il garderait en mémoire au moment de sortir pour affronter... Schäffer. Ca y est ! Wolfgang Schäffer ! Il le remettait enfin.

"Vous inquiétez pas trop pour moi, Doc', ajouta-t-il sur un sourire canaille, ce que vous ne savez pas non plus c'est que je suis le garde du corps de Julian Gibson et qu'il a encore une certaine influence sur le Ministère... Je pense pas qu'il me laisse tomber, même face à sa Brigade.
Sinon, peut-être que je me reconvertirai dans votre service, qui sait ?".

Un dernier clin d'oeil puis il tourna les talons pour mieux se diriger vers la porte, la nuque baissée, le coeur gros de devoir détourner ses yeux d'une si charmante coéquipière...
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MessageSujet: Re: Etat d'urgence... [PV Karen]   Jeu 14 Jan 2010 - 21:33

Spoiler:
 


Karen écouta attentivement tout ce qu'il pouvait bien lui apprendre sur ces hommes, la situation actuelle, et puis sur lui. Tant qu'à faire! Tout cela n'était pas bien joli, et la sorcière avait vraiment envie de l'aider, comme elle l'avait fait jusqu'à maintenant. Pourquoi, même elle ne le savait pas, mais ça semblait évident. Elle ne pouvait pas le laisser sortir et tomber comme un rat entre leurs pattes... Ca n'était franchement pas très "professionnel". Mais il ne lui laissa pas beaucoup de temps de réflexion enchainant rapidement sur les raisons pourquoi l'allemand s'intéressait à lui.

- Pensez-vous... Qu'il puisse être lié, directement ou indirectement à sa mort?

Il est vrai que c'était assez troublant, qui, hormis la famille, pouvait être concerné par un accident/meurtre? Cet homme qui sortait de nul par n'était peut-être pas aussi blanc qu'il voulait bien le dire.
Bon ok, Karen était encore pas mal marquée par l'épisode des mangemorts, etc... a très fortes raisons d'ailleurs, mais dont elle ne parlait jamais. Pourquoi étaller sa vie, alors que soit même on la nie, ou l'avons oublier.

Tiens cela lui rappelait brutalement le cas du pauvre Atlas... Peut-être que c'était pour cette raison qu'elle ne pouvait pas le laisser sans son aide. Tout s'explique! ou pas....


- Attendez, vous n'allez pas partir comme ça?!

Oui oui, elle avait réfléchit très vite. Karen faisait peut-être une grosse erreur, elle risquait sa place, mais bon... Son premier but était de sauver ses patients... n'était-il pas le sien depuis quelques minutes? Si alors même s'il n'était pas à sauver sur le plan médicale, il n'en était pas moins en difficulté sur les autres plans.

La médicomage alla jusqu'à son bureau, de nouveau, et sortit d'un des tiroirs, une espèce de petite carte. Tout ce qu'il y'a de plus banal et discret, même chez les sorciers. Elle revint vers le sorcier et la lui donna.


- C'est mon pass. Vous avez toutes les sorties ouvertes avec, prenez celle qui se trouve à gauche au bout du couloir, vous arriverez directement sur le côté Ouest de l'établissement, l'entrée des employers. Elle sourit. Je vous fais confiance, ne faites pas de bétises avec cette petite chose!

En passant par le chemin qu'elle lui avait indiqué, il ne croiserait personne des gens du ministère, et puis aucun des membres de Sainte Mangouste ne lui poserait de questions puisqu'il avait le pass...!

- Je chercherai tout ce que je peux trouver sur vous dans les dossiers, je vous apporterai ses informations et vous me rendrez le pass à ce moment là. Je suis connue ici, je peux très bien l'avoir oublié dans l'hôpital moldu sans que cela ne paraisse louche.

Elle leva les yeux au ciel. Elle jouait de son don, mais elle n'avait pas trente mille cervelle et il pouvait facilement lui arriver d'oublier quelque chose quelque part. Karen était humaine!

Mais le problème était de savoir quand se retrouver... Il fallait qu'elle est le temps d'accéder aux archives, sans retourner dans l'autre établissement moldu, sinon ça paraitrait vraiment étrange qu'elle ait oublié deux fois de suite le pass. Bah! ils trouveraient bien! Ils semblaient se rejoindre sur pas mal de points, alors se retrouver en chair et en os ne devrait pas être bien compliqué!
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