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 London Christmas [PV]

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MessageSujet: London Christmas [PV]   Jeu 27 Aoû - 0:36

C'était Noël, Noël, la fête préférée de Quentin. Il y avait pour la quasi-totalité des gens l'anniversaire qui arrivait en pôle position des fêtes préférées, mais avec un frère et une soeur triplée, croyez-bien que les anniversaires n'ont plus rien de spécial, avec le temps. Bien au contraire ! Non, Quentin adorait Noël, son esprit, ses traditions, son ambiance, tout ça. Puis, cette année ci, en plus de voir Susan qu'il n'avait pas vu depuis trop longtemps (selon lui, et oui, une semaine c'est long !), Quentin allait voir Anabelle, sa petite soeur, qui à vrai dire lui manquait beaucoup aussi.

Le jeune homme devait passer la prendre à King's Cross vu qu'elle rentrait de Poudlard, après le Bal de Noël (Bal auquel Quentin aurait bien aimé participer avec Susan qu'il s'imaginait déjà dans les bras de Filius), pour passer quelques jours ensemble. Cette visite était prévue depuis à présent très longtemps et les évènements la précédant (la lettre d'Anabelle) n'avaient pas réussit à décourager Quentin. Il en fallait plus au jeune homme pour céder face à la pression familiale !

* Surtout que ça me donnera une occasion pour ne pas penser boulot. *

Ça c'était clair que pour changer les idées, il n'y avait rien de plus efficace qu'Anabelle Montgomery ! Depuis que sa jeune soeur avait écrit la lettre à l'ex-Serpentard, Quentin avait beaucoup beaucoup réfléchit. Se mettre dans la peau d'une fillette de 15 ans à Poufsouffle n'était pas chose aisée quand on en avait 3 de plus, mais se mettre dans la peau d'Anabelle Montgomery était une chose bien plus complexe ! Et comment ! Les jeunes filles avec pour meilleur ami un oiseau imaginaire, ça ne courait hélas pas les rues, même dans le monde sorcier !

Quentin avait donc psychologiquement dû endosser le rôle de sa jeune soeur depuis sa tendre enfance, et ce pendant des journées entières. Sa position dans la famille, son rejet flagrant (oui il faut le temps de comprendre) au sein de ses ainés, sa timité (jadis) maladive. Beaucoup de choses qui rendaient Anabelle Montgomery ce qu'elle était à présent. Beaucoup de logique dans tout ça en réalité, bien plus que Quentin ne l'aurait jamais cru. Tout n'était que logique. L'ancien Serpentard comprennait à présent son attachement à Shawn, son rejet de la famille, son besoin de se faire voir et se faire aimer. Tout devenait à présent clair, à croire qu'il avait fallut une lettre empoisonnée pour tout déclencher.

Quentin avait prévu une petit journée en compagnie de sa soeur dans les rues de Londres, pour terminer avec une soirée à son appartement. C'était Noël, il avait bien évidemment pensé à un cadeau pour sa soeur. Puis c'était la journée à Anabelle, elle ferait ce qu'elle voudrait, après tout, il connaissait assez Londres pour ne pas avoir des préférences de visites. D'ailleurs, il ne comptait pas la promener comme on l'aurait fait avec une fillette de 10 ans. Non. Quentin avait finit par comprendre que l'élève de 15 ans n'était plus celle d'antant. Elle avait changé, beaucoup changé. Et d'ailleurs, si son comportement avait apparut à Quentin passablement immature, il avait finit par comprendre que justement, de la maturité, elle en avait à revendre bien plus qu'il n'y parait, la jeune fille ! Ainsi il avait pour projet de radicalement changer avec elle. Plus question de la préserver comme il le faisait. Cette attitude, elle détestait ça. C'était bien clair non ? Maintenant il la traiterait comme une grande, comme une égal, pas comme une petite chose qu'on devait protéger. La lettre avait au moins eut cet avantage là, Quentin avait finit par comprendre que sa soeur n'était plus une enfant. Elle avait besoin d'attention, mais pas celle que Quentin lui avait toujours accordée.

Non maintenant, Anabelle, ce serait comme Izzie. Il la chercherait sans arrêt jusqu'à ce que celle-ci finisser par imploser (au sens propre !). Elle voulait jouer dans la cours des grands, elle y jouera !

Arrivé à la gare d'arrivée du Poudlard Express, Quentin attendait sur le quai avec quelques parents d'élèves. Il était clair qu'aucun grand frère ou grande soeur hormis l'ex-Serpentard n'était pas là, ça ne se faisait pas ces choses là (à part chez les Montgomery !). Le train arriva plusieurs minutes après et le jeune homme guetta la sortie de sa soeur. Il y avait bien moins de wagons, ça serait simple de l'apercevoir. Une fois qu'il l'eut repérée, Quentin hésita entre trois solutions. Ne pas bouger comme l'aurait fait un père devant ses enfants, attendant qu'ils se dirigent vers lui, un par un, pour le saluer. Jouer la mère poule - ce qu'il aurait fait d'ordinaire - soit s'approcher d'Anabelle pour la serrer dans ses bras et lui témoigner combien elle lui avait manqué. Ou bien la troisième solution, celle que Quentin aurait spontanément adopté avec Izzie.

« YOU-HOUUU !! ANABEEELLE !! »

A présent, Quentin se sentait mort. Déjà d'un, pas mal de monde le regardait (mais non, il ne rougissait pas, tout est une question de volonté et de charisme !), et de deux, pas mal de monde aussi s'était tourné vers Ana. Bingo ! Honte garantie, du genre celle qui aurait vallut un majestueux savon de la part de la triplé (si elle était la victime de l'histoire). Ça au moins, c'était fait, plus besoin de s'en tracasser ! Un sourire satisfait accroché aux lèvres, l'attitude droite et ferme qu'il adoptait sans cesse, Quentin regarda sa soeur s'approcher de lui (elle n'avait même pas jugé bon de faire demi-tour, quel cran !), satisfait.
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Lun 31 Aoû - 11:58

Oui, c'était Noël. Noël. La fête la plus barbante du monde de l'avis de la jeune Anabelle Montgomery. Rien qu'à l'idée qu'elle allait être obligée de supporter sa famille au grand complet, elle avait envie de s'enfuir en courant à l'autre bout du monde. Toutes ces mièvreries, ces promesses sans lendemain échangées au pied du sapin, cette hypocrisie à peine dissimulée... Noël était vraiment une fête de Serpentard de bas étage ! Normal, leur salle commune est dans les cachots, ahaha La demoiselle aurait probablement supporté sans broncher cette débauche de bons sentiments si elle avait pu rester à Poudlard pour les vacances mais, malheureusement, Christian, son tuteur, en avait décidé autrement. Noël était une fête familiale avant tout et, que la famille se déchire ou non, il fallait respecter la tradition. Ce type était d'un coincé, tout de même ! Pourquoi ne pas la laisser mener sa petite existence dans son coin ? De toute façon, pour ce que ses frères se souciaient d'elle, qu'est-ce que ça changerait qu'elle soit présente ou pas ? Résumons plutôt l'ampleur du désastre. Il allait lui falloir supporter 1) Victoria, cette pimbêche à la voix criarde et à la vulgarité sans pareille ; 2) Christian, cet écrivain sans talent doublé d'un tyran détestable ; 3) Quentin, monsieur l'ange à deux noises par excellence, qui croyait qu'il allait sauver l'unité familiale avec ses petits bras, pathétique Quentin ! 4) Edward, l'ennui fait homme, comme si elle ne le voyait pas assez comme cela à l'école ! A tous les coups, il allait lui parler de son programme pour le deuxième trimestre ; 5) Agapanthe, sans commentaire, rien que sa vue était insoutenable ; 6) Opaline, sa soeur bavante et puante à l'intérêt carrément limité ; 7) Ses neveu et nièce, dont elle avait allégrement oublié les prénoms. La gamine avait un prénom idiot. Candeur ou un machin du genre. A tous les coups c'était une idée de Christian. Honnêtement, avouez qu'il y avait de quoi avoir envie de sauter la bûche et les cotillons pour retourner directement en classe ! Seules Isabelle et Ash' trouvaient grâce aux yeux de la Poufsouffle.

On comprendra donc aisément, par conséquent, qu'elle ait fortement hésité avant de grimper à bord du Poudlard-Express. Après tout, si elle ratait le train, que pouvait-il se passer ? Christian n'allait tout de même pas venir la chercher à Poudlard pour la traîner par la peau du cou jusqu'au manoir, n'est-ce pas ? Euh... Attendez... A la réflexion, si, il en était tout à fait capable. Ou alors Edward serait chargé de la ramener. Tout plutôt que de rester cinq minutes en compagnie du "professeur" Montgomery ! C'était déjà assez difficile comme cela de se le farcir trois heures par semaine ! La brunette, dans un soupir de résignation à fendre l'âme, avait donc reconnu, en son for intérieur, qu'elle avait tout intérêt à prendre le train pour Londres aussi avait-elle, le jour du départ, suivi la foule des élèves qui rentraient à la maison pour les vacances. Oui, elle les avait suivis, mais elle faisait franchement grise mine à côté d'eux. Notez, il y avait de quoi : outre le fait qu'elle allait retrouver son horrible famille (paix à son âme !), voilà un an quasiment jour pour jour que sa mère était morte et, Anabelle avait beau faire la fière, il n'en restait pas moins que Claire lui manquait cruellement. La hargne qui couvait au fond de son coeur n'avait fait que s'accroître depuis son décès, à tel point que la Poufsouffle s'effrayait parfois elle-même des sombres pensées qui traversaient son esprit. Elle avait le sentiment d'être sur le point de devenir folle. Fillette sage et aimante, elle se découvrait subitement un goût prononcé pour le cynisme et la méchanceté. Voilà qui avait de quoi la déstabiliser ! Tout le monde - ou presque - l'agaçait et le pauvre Adrien en faisait les frais.

*Pfff, si seulement je pouvais m'endormir et me réveiller dans deux semaines, pour la rentrée...* avait-elle songé en appuyant son front contre la vitre glacée du Poudlard-Express.

Recroquevillée sur sa banquette, seule, Anabelle avait regardé le paysage défiler à travers la fenêtre au fur et à mesure que le train approchait de Londres. Elle avait l'impression qu'on la conduisait à la guillotine et à chaque kilomètre avalé, un sentiment d'angoisse mêlé à de la rage grandissait au fond d'elle, lui donnant envie de pleurer, de hurler, de fracasser tout ce qui se trouvait autour d'elle. Anabelle avait fermé les yeux et serré les dents. En cette minute précise, elle aurait donné n'importe quoi pour échanger sa place avec quelqu'un d'autre, avec un de ces élèves qui se réjouissait de retrouver sa famille pour les quinze jours à venir. Oh Merlin ! Que ne pouvait-elle pas disparaître six pieds sous terre ? Tout plutôt que de se farcir les Montgomery-Tout-Court au grand complet ! Hélas ! Trop vite, beaucoup trop vite, King's Cross avait été en vue et il avait fallu descendre du train.

Valise à la main et bonne soigneusement enfoncé sur la tête, Anabelle s'était laissée porter sans résister par la vague de ses camarades qui se pressaient pour sortir de la gare. Quentin ne devait pas être loin. A moins qu'il ne l'ait oubliée. Ce serait bien son genre. Pile au moment où cette pensée se formait dans son esprit, un appel enjoué parvint à ses oreilles. Pitié non. La Poufsouffle s'arrêta net et ferma les yeux d'un air excédé avant de les rouvrir pour fixer ses prunelles marron hop on n'oublie pas les règles de l'accord des adjectifs de couleur sur la figure goguenarde de son aîné. Elle pinça les lèvres d'un air mécontent et gratifia Quentin d'un long regard perçant. Puis, la tête haute et les joues pâles elle marcha droit sur son frère...

... Qu'elle dépassa sans même lui adresser un bonjour. Elle était obligée de rester avec lui, elle n'était pas obligée de lui parler, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Lun 31 Aoû - 18:38

A la vue du regard perçant d'Anabelle, Quentin devina que sa soeur allait faire des siennes. Et pardi ! C'est qu'on commençait à la connaître, la bourrique de Poufsouffle ! Il y avait à parier qu'elle allait trouver un moyen pour se faire remarquer et rester fière. Bien entendu ! Parce que si Christian et Quentin Montgomery étaient des garçons fiers, ce n'était juste rien à côté d'Anabelle Montgomery, croyez-le! La fierté réincarnée, ou celle de la famille entièrement concentrée dans le corps de la jaune et noire. A croire que cette petite devait avoir un défaut véritablement énorme pour compenser ses qualités. Et bien, elle, c'était la fierté.

Ainsi quand Ana' passa à côté de Quentin, le garçon garda son self control et se contenta d'afficher un sourire. Il s'en était douté, c'était prévisible, et au fond tellement Anabelle. Le jeune homme décida de ne pas attaquer directement, il était quand même poli, et était (malgré tout) content de revoir la jeune fille.

« Bonjour Ana', tu vas bien ? »

Dit-il tout en posant sa main sur son épaule pour l'empêcher d'aller plus loin. C'était qu'elle était motivée à faire la forte tête la jeune fille ! Mais Quentin était bien décidé à passer une bonne journée, quitte à ce que ça pête une bonne fois pour toute. Si la première lettre de Quentin l'avait blessé, la seconde l'avait passablement énervé. Tant de stupidités et d'acharnement réunie dans un but vain (parce que si dans la famille, un accordait bien de l'importance à Anabelle, c'était bien lui), l'avait vraiment mis hors de lui. Pire que ça, même. Elle était tellement stupide et bornée des fois, à croire qu'Izzie lui avait déteint dessus !

Voyant qu'elle ne voulait pas lui parler, Quentin ne put contenir plus ses paroles qui partirent aussi vite qu'i les avaient pensées. Ça devait bien sortir un jour, de toute manière.

« En ce moment je te l'assure tu as aussi honte de moi que j'ai honte de toi. »

Ça au moins, c'était fait. Et jugeant qu'il devait s'expliquer sur ses paroles, Quentin enchaîna, à l'abris des regards, puisque le quai se vidait assez rapidemment par petit groupes de famille.

« Déjà, parler d'Edward comme tu l'as fait est tout simplement une honte. C'est ton frère, il t'aime, et même si tu n'apprécies pas que Roze t'ai piqué ton grand frère – parce qu'il est là, le problème, ne le cachons pas – tu lui dois un minimum de respect. Le même respect qu'on doit à tous les êtres humains, je te rappelle. Maman aurait honte de toi, si elle te voyait ! »

Quentin se rappelait chaque paragraphe de la lettre et se demandait ce qu'on avait bien pu faire à Anabelle pour qu'elle déteste autant sa famille. Elle ne se rendait pas compte combien chacun l'aimait ? Ou alors c'était tout simplement une maladie, plus forte qu'elle, un fort syndrôme de paranoïa qui lui hurlait qu'on ne l'aimait pas.

« Je vais passer sur les stupidités sans nom sur Susan et Edward qui seraient revenus à Poudlard pour te surveiller. Tu es donc devenue égocentrique maintenant ? Tu crois que le monde tourne autour de toi ? Tu aimerais bien, dans tous les cas, d'après ce que je vois. Ô oui j'ai bien compris ton petit jeu, jouer la méchante pour qu'on te remarque et qu'on fasse attention à toi. Mais tu gagnes précisemment les effets inverses Anabelle ! Tu crois qu'Edward aura envie de passer plus de temps avec toi si tu craches sur Roze comme la dernière des hontes ? Tu crois que je vais t'aimer plus si tu m'insultes par lettre incendiaire ? Perdu, je ne peux pas t'aimer plus en l'occurence, et même si tu es d'une méchanceté sans borne avec moi, tu es ma soeur et je n'ai pas le choix que de faire avec elle, cette fichue méchanceté jouée qui ne mène à rien ! »

C'était vrai ça, pourquoi elle avait besoin d'être méchante ? Le besoin d'amour n'avait jamais demandé de la méchanceté, c'était même plutôt l'inverse, en principe. Mais au fond, les principes, dans la famille Montgomery, étaient tellement surfaits.
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Lun 31 Aoû - 19:32

Anabelle avait eu la ferme intention de tracer son chemin suivre sa route d'un pas décidé, lorsqu'elle était passée devant Quentin, et ce même si elle ignorait totalement dans quelle direction elle devait aller une fois sortie de la gare. Malheureusement pour ses petits projets, la main que Quentin posa sur son épaule l'obligea à ralentir l'allure. Officiellement, elle en était excédée, bien entendu, mais officieusement, elle devait bien reconnaître qu'elle n'était pas mécontente que son frère l'ait arrêtée dans son élan, car il lui épargnait la honte de se tromper de route lorsqu'elle serait à l'extérieur. Elle se garda pourtant bien de laisser paraître son soulagement.

- Hé ! s'exclama-t-elle d'un ton indigné en faisant volte-face pour fixer deux prunelles noires sur son aîné, ne me touche pas, ou je crie à l'enlèvement ! rajouta-t-elle plus bas, tandis qu'un sourire mauvais étirait ses lèvres.

Elle n'en eut toutefois pas le temps. Son frère avait vraisemblablement relégué la patience aux oubliettes. La dignité aussi, d'ailleurs. Voilà qu'il se mettait à lui faire la morale au beau milieu de King's Cross. Anabelle pinça le nez et pâlit sensiblement. De quel droit, non mais de quel droit est-ce qu'il la sermonnait de la sorte ? Il n'était même pas son tuteur légal ! Qu'il aille se faire voir lui et ses bons sentiments ! La jeune fille gratifia son aîné d'un coup d'oeil lourd de sous-entendus avant d'esquisser une moue butée.

- Pfff, t'as vraiment rien compris, mon pauvre Quentin, rétorqua-t-elle d'une voix dédaigneuse, je n'ai pas honte de toi, je te méprise, c'est totalement différent. Si j'avais honte de toi, ça voudrait dire que tu comptes à mes yeux.

Vlan. Mais croyez-vous que l'assertion calmerait le jeune homme ? Que nenni ! Franchement, ce type était pire d'une vieille Comète : très dur à lancer, impossible à arrêter. Anabelle laissa échapper un soupir clairement ennuyé et coinça une mèche de cheveux derrière son oreille : quand elle raconterait à Adrien les retrouvailles avec Quentin, il se moquerait bien d'elle, tiens ! La mine plus revêche que jamais, Ana coula un oeil assassin en direction de l'ancien Serpentard. Il comptait rester combien de temps, sur ce quai ouvert aux quatre vents, d'abord ?

*Super, déjà que je me farcis la famille, mais en plus je vais avoir un rhume pour Noël... C'est ça, cause toujours, tu m'intéresses... Non mais épuise-toi, épuise-toi, si tu savais comme je m'en tape de ce que tu peux blablater !* songea-t-elle, tandis que son frère poursuivait sa diatribe.

- Ahahaha, ricana-t-elle toutefois, plus piquée qu'elle ne voulait bien le laisser paraître, par les propos de Quentin, ne me fais pas rire, s'il te plaît, comme si Edward s'était un seul instant soucié de ma petite personne. Je m'en moque bien, qu'Agapanthe se l'accapare. Ne confonds pas mes problèmes avec les tiens, par pitié ! D'ailleurs, je te signale que si j'étais jalouse d'elle, je devrais également l'être d'Ash ou de Susan !

Hé bien oui, parce qu'en toute logique, si elle craignait que les petites amies de ses frères ne lui volent leur affection, son animosité se serait étendue à toutes les demoiselles que ses aînés fréquentaient, or, seule Roze avait eu cet "honneur". D'un geste de la main, Anabelle balaya l'allusion à Claire. Quentin ne l'avait évoquée que pour la faire réagir, c'était évident. Tellement éculé, comme façon de procéder... Pour un Serpentard, il n'était vraiment pas très doué, ce garçon ! Le calme relatif d'Anabelle ne fut cependant pas en mesure de supporter l'ultime attaque de son frère. La brunette serra les poings avec colère et tapa brutalement du pied sur le sol :

- Mais tais-toi, tais-toi, hurla-t-elle subitement, tandis que ses joues rougissaient progressivement, ne fais pas semblant de me comprendre, t'as rien compris du tout ! Et puis c'est trop facile, Quentin, trop facile de faire le gentil frère moralisateur maintenant, alors que vous ne vous êtes jamais occupés de moi avant ! Parce que vous en foutiez bien, de moi, quand j'étais petite, dis pas le contraire ! Et c'est d'autant plus dégueulasse que tout le monde est gaga d'Opaline, alors qu'elle est pas plus intéressante que moi à son âge !

Elle se tut un instant, pour reprendre son souffle, les yeux écarquillés pour ne pas pleurer. De nouveau, elle pinça les lèvres et déglutit.

- De toute façon, conclut-elle en défiant son frère du regard, je m'en fous d'être méchante et toute seule. P'têt même que c'est moi, qui aurais dû aller à Serpentard !

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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Lun 31 Aoû - 22:35

Ainsi donc Anabelle continuait sur la lancée en restant anormalement méchante. Elle se devait de jouer son rôle à fond, au fond, c'était logique. Si elle le méprisait tant que ça, elle n'aurait pas prit la peine de lui écrire une lettre. Quand on méprise autant quelqu'un, on ne s'embête pas à lui rédiger une missive salée pour lui prouver combien on le déteste. Nul. Faible. Petit. Anabelle avait encore bien à apprendre.

Elle remit encore une fois en cause les paroles de Quentin en insinuant qu'Edward n'avait rien à faire d'elle. Erreur de plus, à croire qu'on lui avait mis des lunettes qui modifiaient son sens de la réalité. Elle avait vraiment du souffrir en étant enfant, plus que Quentin l'aurait cru, en tout cas. Gorgeous avait bel et bien finit par disparaître, la source du problème ne s'était pas envolée avec lui, apparement.

« Pourquoi serais-tu jalouse d'Ashaiah ou de Susan ? Christian et moi sommes les seuls à te faire comprendre que tu comptes pour nous ! »

Quentin continua sur sa lancée. Pas question qu'elle ait le dernier mot, il voulait la faire parler, lui faire dire ce qu'elle avait à dire, lui faire rendre compte combien ce qu'elle pensait était idiot et puéril. Tous avaient fait des erreurs, et c'était bien ce que Quentin essayait de rattraper depuis toutes ses années. Comme quoi ne pas tout dire oralement causait bien des tracas, il ne fallait jamais passer sous silence des choses importantes, ça finissait toujours pour vous bouffer. Quentin en avait fait les frais avec Christian, maintenant c'était sa jeune soeur qui en pâtissait.

« Ecoute moi Anabelle... » Quentin posa un genou à terre pour s'y reposer et ainsi être plus près de sa soeur qu'il dépassait quand même largement en taille étant debout. « Depuis que je suis né, j'ai toujours voulu avoir l'affection de Christian. Lui, il a toujours préféré Victoria, et il ne s'en ait jamais caché. J'ai donc naturellement grandit avec Ed' et Izzie, qui me correspondaient en tout point. On a grandit ensemble, on a tout partagé, on avait le même père – même si ce détail est pour moi insignifiant – inévitablement, ça nous a soudé. Puis tu es arrivée. Tu était notre petite attraction. Notre petite soeur. Un temps, puis Maman t'as couvée, beaucoup. Nous avons repris notre train-train habituel, nous ressoudant à trois, te laissant seule. On te voyait te renfermer sur toi, tu as même inventé un oiseau imaginaire tellement tu te sentais seule. Mais pour nous – pour moi du moins – c'était toi qui le voulait, je ne voulais pas te priver du plaisir de t'amuser. Tu sais ô combien moi aussi j'aime être seul parfois... Je n'ai prit conscience que bien plus tard que tu en souffrais. Une de mes plus grandes erreurs. Pourquoi tu crois que depuis plus de 3 ans je me suis rapproché de toi ? Parce qu'Izzie et Ed' ont commencés à me mettre à part ? Non... Ils m'ont mis à part parce que justement je m'éloignais d'eux, pour venir vers toi. Pourquoi tu crois qu'au début je n'aimais pas Roze ? Parce qu'elle m'avait prit mon frère, mon triplet, le seul qui me comprenait comme personne. Et plus je t'accordais du temps, plus ce fossé se creusait. Tu n'as jamais semblé remarquer que je m'étais rapproché de toi. Combien je voulais te prouver mon amour. Bon d'accord je n'ai jamais été très explicite mais bon... Pourquoi tu crois aussi que je voulais t'acheter Chaton ? Pour que tu ailles mieux, pour que tu oublies Gorgeous, pour que tu trouves aux autres. J'ai plutôt réussit puisque tu as des amis fidèles à présent, d'après ce que je sais. Dans tous les cas tu n'as pas besoin d'être méchante avec moi, ne joue pas les dures, ça ne te va pas du tout. Et puis je n'aime pas plus Opaline que toi. Ce n'est pas une question de comparaison. Je t'aime et tiens à toi plus que tout au monde. Peut être même plus qu'à Susan. A ne pas lui répéter, toutefois. D'ailleurs, si jamais tu veux te comparer à la famille, vas-y. C'est toi que j'ai invité pour Noël, pas Christian, ni Edward, ni même Isabelle ou Victoria. Toi. Et pas pour t'embêter comme tu pourrais le croire, non parce que ça – bien que ce soit très tentant – j'en ai pas trop envie. Et puis merde, peu importe si tu me trouves cucu ou tout ce que tu veux, je m'en fiches, je veux juste retrouver la soeur que j'aime tant, pas celle qui se fait remarquer juste pour qu'on lui dise qu'on l'aime, et m'amuser, profiter de Noël avec ! Je t'aime, même si je ne le cris pas à tous les coins de rues ! »

Quentin se releva et avait parlé plus fort. Fuck les gens, il en avait juste rien à cirer ! Juste rien à cirer que quelqu'un du ministère le voit déclarer sa flamme à sa soeur. Il voulait juste la retrouver, s'amuser avec elle, même pire, il en avait besoin ! Enfin en vacances, ce n'était pas le moment de broyer du noir avec Anabelle, il n'en avait vraiment pas envie, ça c'était clair !

« Et puis... saches qu'à Serpentard il n'y a pas que des méchants. Certains sont ratés – je te l'accorde – mais certains arrivent à sortir du lot, en bien. »

Il lui tardait juste que sa soeur redevienne sa soeur, pas l'espèce de tyran qui la remplaçait depuis déjà trop longtemps.
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Mar 1 Sep - 12:43

Anabelle oscillait entre deux extrêmes. D'un côté, elle avait envie de refourguer des coups de pieds vicelards dans les tibias de son frère mais d'un autre, elle se sentait également au bord d'une magistrale chouinade. La Poufsouffle plissa les yeux d'un air mauvais et fronça les sourcils sombrement. Si elle avait su qu'elle se ferait engueuler à peine descendue du train, elle serait restée au chaud à bordel. Il était vraiment trop nul, Quentin ! Genre il comprenait tout à ce qui se passait dans sa tête ! C'était n'importe quoi ! Et pour cause : même elle, elle n'était pas bien sûre de savoir ce qui lui arrivait, dernièrement. Elle esquissa un rictus dédaigneux avant de grogner, butée :

- Non mais t'as rien écouté à ce que je viens de dire ou quoi ? Je m'en fous, d'Ash et de Susan ! Et Agapanthe, je te signale que je ne l'aimais déjà pas avant qu'elle ne fréquente Edward, alors arête avec ta psychologie de nain de jardin.

C'était vrai, à la fin, il était agaçant, avec ses théories bidons ! Elle ne tenait pas la route trois secondes, en plus, son explication ! Si Anabelle était réellement jalouse d'Agapanthe parce qu'elle voyait en elle une concurrente dans le coeur d'Edward, qui ne lui prêtait pourtant pas beaucoup attention (sauf pour lui dire que "Hop, Montgomery, tu viens au premier rang, je ne veux personne au fond de la classe !"), elle devrait être doublement odieuse avec Susan ou Ash qui, elles, accaparaient l'affection de ses frères les plus "présents" (irony inside). Mais allez faire entendre raison à Quentin, tout content de sa petite spéculation.

*Laisse tomber, de toute façon, si je lui explique qu'il se trompe, il va me sortir un truc du genre : "Mais non, Anabelle, si tu détestes Agapanthe, c'est parce qu'au fond, c'est Edward ton préféré, comme c'est lui qui s'occupe le moins de toi..." Et blablabla... Totalement débile !* songea-t-elle avec cynisme.

- Bon, tu comptes... commença-t-elle d'un ton froid.

Elle avait eu l'intention de dire quelque chose comme "Tu comptes fêter Noël ici, ou quoi ?", mais elle fut coupée dans son élan par son frère. Allons bon. Voilà qu'il se la jouait à la "Je suis ton super pote, t'as vu, je me mets à ta hauteur !" maintenant. Plus pathétique tu meurs. Dans trois minutes, les violons tziganes se mettaient à jouer une plainte larmoyante, à ce rythme là ! Anabelle roula des yeux d'un air franchement ennuyé avant de laisser échapper un petit soupir résigné : si ça lui faisait plaisir, après tout, autant y aller franchement, peut-être qu'après, il la lâcherait. On peut toujours rêver.

*Ouais, c'est ça, parle moi de tes problèmes, genre ton complexe de cadet inférieur m'intéresse...* pensa-t-elle, en gratifiant le jeune homme d'un coup d'oeil torve.

Mais c'est qu'il avait de la verve, en plus ! Il durait combien de temps, son petit discours ? Son long monologue, plutôt, ouais ! C'était lui, qui avait un problème, en fait, pas elle, pour déblatérer comme cela, au beau milieu de la gare. L'espace d'un instant, Anabelle faillit bâiller de manière significative, dans l'espoir d'interrompre son frère. Elle y renonça cependant : lancé comme il était, à moins d'une attaque sauvage d'alligators en tutu rose, rien ne pourrait le stopper.

*Mince, j'espère que ce n'est pas la préfecture qui rend aussi barbant ! Parce que sinon, je démissionne tout de suite, moi !* se dit-elle avec une moue lassée.

- Super Quentin, rétorqua-t-elle trois heures plus tard quand son frère en eut fini, tu veux que je fasse quoi, là, au juste ? Que je t'applaudisse pour ta bonté et ton sens du dévouement ? C'est merveilleux tout ce que tu as fait pour moi, c'est ça ? Je ne crois pas que tu en ais besoin, visiblement, tu sais très bien te jeter des fleurs tout seul, j'aurais trop peur pour tes chevilles si j'en rajoutais une couche, conclut-elle d'un ton sec.

Pleurnicher n'était désormais plus une option. Donner une grande claque à Quentin par contre... Sa main droite se contracta, et Anabelle dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas la coller dans la figure de son aîné. Au lieu de cela, elle fronça le nez et cracha son mentos :

- De toute façon, j'ai pas besoin de toi !

(729 mots)


# TOUS COMPTES # GUIRLANDE
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Mar 1 Sep - 18:19

Passons sur l'amour qu'elle portait à Roze, elle serait peut être plus mature quand elle grandirait, pour l'heure, elle était bien trop têtue et bornée pour comprendre et entendre quoique ce soit. Mais si Anabelle était têtue, Quentin l'était bien plus, et ne comptait pas cette fois-ci laisser des non-dits qui allaient leur pourrir la vie à tous deux. S'ils avaient des raisons de se détester, Quentin serait le premier à accabler Anabelle mais là personne n'avait rien fait – volontairement toujours – et c'était ça qui était agaçant...

« Qu'est-ce que je veux ? Tu sais très bien ce que je veux, que tu te rendes compte que tout le monde ne te rejette pas, et tiens à toi ! Arrêtes de vouloir te faire désirer, tu sais très bien que je suis du genre à ramper pour que tout s'arrange entre nous ! La preuve, j'en suis limite à me prosterner devant ma soeur en plein milieu de King's Cross ! »

Pas faux... Il fallait reconnaître que sur ce coup là, Quentin n'avait pas peur du ridicule. En fait non, il n'avait absolument pas peur du ridicule, il s'en fichait comme de l'an 40 qu'on le juge en cet instant là. Tant qu'Anabelle retrouvait raison, c'était tout ce qui comptait. Rien d'autre.

Mais qu'est-ce qu'elle pouvait être agaçante ! Insupportable même oui ! Quentin à la limite de sortir sa baguette pour la faire taire, mais hélas – hélas – dans la vie de tous les jours, ça ne se passait comme ça. Dommage ! Parce que qu'est-ce qu'elle était insupportable et illogique, quand elle s'y mettait !

« Mais bordel, qu'est-ce que tu peux être agaçante quand tu veux ! Tu n'en a pas marre d'être insupportable et odieuse avec tout le monde ? Explique moi ce que tu gagnes dans tout ça hein ? Tu crois vraiment qu'on va t'aimer plus si tu es méchante, en maudissant tout le monde ?! Tu le crois sincèrement, Anabelle Montgomery ? Et bien sache que j'ai rarement été aussi dégouté par ton attitude, ma soeur n'était pas comme ça, avant ! Je préfère encore celle qui s'amusait avec son moineau imaginaire ! »

C'était vrai à la fin, on l'aurait cru possédée par une âme maléfique tellement elle était mauvaise. Mauvaise encore, c'était faible. Quentin ne pouvait en fait pas comprendre son attitude, c'était juste impossible. Impossible. Elle devait avoir des motivations qu'elle seule connaissait, parce que même les plus logiques et problables, semblaient exclues pour Quentin. Elle était tout Imperium c'est ça ?! A croire que oui ! C'était à vous faire pêter un cable, allégrement même !
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Mar 27 Oct - 23:20

(Et vingt ans plus tard...)

Han ! Non mais c'était un festival de la médiocrité, qu'il lui faisait, là, ou quoi ? Voilà que maintenant il essayait de la prendre par les sentiments en se la jouant grand frère trop aimant qui se traîne devant sa soeur. Plus pathétique, tu meurs. Qu'est-ce qu'il croyait ? Que se conduire comme le dernier des vers de terre allait le faire remonter dans l'estime d'Ana ? Pour un Serpentard, Quentin avait vraiment l'orgueil dans les chaussettes ! C'en était presque gênant. Non, attendez, presque ? C'était carrément gênant, oui ! Anabelle esquissa une grimace dégoûtée et recula précipitamment de quelques pas, comme si elle cherchait à mettre la plus grande distance possible entre son frère et elle. Que les passants ne s'y trompent pas : elle n'avait rien à voir avec cet individu ! Tout en lançant des coups d'oeil en biais aux alentours, Anabelle siffla d'une voix sourde, tandis que ses joues rosissaient de colère :

- Relève-toi, par pitié, tu te comportes comme un parfait imbécile !

Ce qu'il était également debout, notez. Mais un peu moins tout de même.
La brunette inspira profondément à plusieurs reprises, dans l'espoir de retrouver un semblant de sang-froid. Elle se sentait sur le point d'exploser et des frissons, qui n'avaient rien à voir avec le froid hivernal, lui parcouraient l'échine à intervalles réguliers. Ah ! Elle était une petite sotte égoïste, hein ? Ah ! Elle ne se souciait pas de sa famille, hein ? Ah ! Elle se montrait ingrate envers eux qui l'aimaient tant, hein ? Hé bien tant mieux ! Qu'ils souffrent, qu'ils implorent, qu'ils paient, oui ! Qu'ils paient pour toutes les années où elle n'avait été qu'un fardeau sans grande importance, à leurs yeux ! Pour toutes les années d'affection rejetée et de douloureuse indifférence ! Pour toutes les années où elle avait été exclue du troupeau fraternel, contrainte de se replier sur elle-même et de se défier du monde. A présent, c'était à son tour de repousser ses frères, et elle comptait bien jouir du résultat obtenu.

Bizarrement, le brusque accès de colère de Quentin fut plus salutaire pour les nerfs de la jeune fille que toutes ses inspirations. S'il se mettait en colère, alors elle avait le dessus, alors elle était la plus forte, alors elle le tenait. Elle esquissa un sourire qui tenait plus du rictus sans joie tandis que la vague de rage qui avait menacé de la submerger s'éloignait progressivement. Elle se pencha de nouveau en direction de son frère et souffla séchement :

- Ah vraiment ? Tu la préférais ? Peut-être même que tu l'aimais bien ? C'est marrant, parce que ce n'est jamais le sentiment qu'elle a eu. Mais à t'entendre, on croirait plutôt que, de deux maux, elle était le moindre. Charmante image de la fraternité, n'est-ce pas, Quentin, conclut-elle, les lèvres si pincées qu'elles en étaient devenues blêmes.

Parce qu'on ne pouvait décemment pas dire que la manière dont la phrase du jeune homme était tournée fût des plus diplomatiques ni même des plus convaincues. Au fond, entre la peste et le choléra, hein... Au moins, quand elle avait Gorgeous, elle ne nous embêtait pas. Hé bien, pour en arriver à de tels raisonnements, c'est qu'il ne devait pas tenir beaucoup à elle de toute façon. Quand on aimait vraiment quelqu'un, on devait l'aimer avec constance et opiniâtreté, même insupportable, même odieux, même haineux. Surtout haineux, d'ailleurs. Il fallait rester à côté tout le temps et ne pas juger, jamais. Il fallait s'efforcer de comprendre pour pouvoir dire : "Maintenant, je sais ce que tu as enduré et je souffre avec toi. Mais viens, rentrons à la maison et je promets de t'aider à effacer ta peine parce que je t'aime, quoi que tu puisses dire ou faire" ; et alors, alors seulement, les plaies pouvaient commencer à guérir. Parfois. Pas tout le temps. Parce qu'il arrivait que la compréhension vienne trop tard, on ne pouvait plus que regarder, impuissant, les fils qui nous unissaient se défaire les uns après les autres et en souffrir le reste de sa vie.

(676 mots)
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Lun 2 Nov - 10:49

Quentin ne se rendit compte de ce qu'il avait dit que trop tard. Tout était allé trop vite, son énervement avait prit le dessus et c'était sortit sans qu'il puisse y réfléchir. Zut, Quentin détestait ça. Ne pas être maître de ses actes et donc de ses paroles était sacrément agaçant, et il fallait reconnaitre qu'Ana avait un don tout trouvé pour pousser les gens à boût. Surtout ses frères. Surtout Quentin...

Le jeune homme écouta sa soeur attentivement, les sourcils froncés, signe de son inquiétude. Enfin, enfin, Ana arrivait un peu à s'ouvrir et laisser entendre ce qu'elle avait enduré ! Pas clairement non, jamais Anabelle ne faciliterait autant la tâche à Quentin – il ne fallait pas pousser - , mais elle avait au fil de la conversation, laissé tomber plusieurs de ses barrières. Preuve qu'il était sur la bonne voie. Preuve qu'Ana n'était pas une prison barricadée dont l'entrée était bien cachée et que malgré ses attitudes pour le moins décourageante, on pouvait trouver de l'espoir. Et l'espoir, était bien la seule chose qui restait à Quentin en cette période de Noël.

« Je suis désolé, ce n'est pas ce que je voulais dire... Je t'aimerai quoiqu'il arrive, et quoique tu fasses. A l'époque je n'avais pas conscience que tu souffrais, là, je m'en rends compte, et tu ne peux savoir comme je le regrette. C'est la dernière chose dont j'ai envie, que tu souffres même Susan, à côté, je m'en tamponne. Je veux que tu sois heureuse, rien de plus. Enfin si, égoïstement, j'aimerai que tu sois heureuse avec moi aussi. C'est tout ce qui m'importe... ton bonheur... rien de plus... »

Et s'il y avait bien un moment pour être heureux, c'était bien la fête de Noël. La fête où on se retrouvait en famille, où on profitait des autres, où on s'amusait, on s'aimait. Ce n'était pas pour rien qu'elle était la fête préférée de Quentin, en fait.

Un courant d'air passa sur King's Cross à cet instant là comme pour sortir de leur bulle les deux Montgomery qui avaient peu à peu oublié ce qui les entourait. Le quai était à présent désert et seuls l'ex-Serpentard et la Poufsouffle restaient dans un coin de celui-ci. Quentin remonta son écharpe sur son épaule, et voyant qu'il faisait de plus en plus froid en ce temps purement d'hiver, décida qu'il était temps de partir. Il avait – on a tendance à l'oublier – prévu tout un programme à Anabelle et cette discution le lui avait un peu fait oublier. Il fallait reconnaître que celle-ci avait été bénéfique dans un sens, parce que jamais Quentin n'avait autant ouvert son coeur à sa soeur, et il espérait que la réciprocité était vraie.

« Viens, on va aller à la maison, il commence à faire froid... »

Quentin posa légèrement sa main derrière l'épaule d'Anabelle comme pour la pousser vers la sortie de la gare, surtout par peur qu'elle ne veuille pas partir avec lui, en fait. Elle n'avait certe aucun endroit où aller, mais Anabelle pouvait être très têtue quand elle avait de bonnes raisons.
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MessageSujet: Re: London Christmas [PV]   Dim 29 Nov - 14:09

Ce n'était pas pour critiquer King's Cross, mais Anabelle commençait réellement à être frigorifiée, malgré la colère qui l'animait. Elle enfonça rageusement ses mains gantées dans les poches de son manteau moldu et lança un nouveau regard scandalisé à son frère, comme si elle le tenait personnellement pour responsable des températures hivernales. S'il l'obligeait à rester plantée dans ce froid trois minutes de plus, elle allait hurler à l'enfant maltraitée ! Elle gratifia un coup d'oeil courroucé à Quentin alors qu'il reprenait la parole. Le coup d'oeil à la "Tu m'touches, j'te bouffe !" L'esprit de Noël avait peut-être soufflé sur l'ancien Serpentard, il n'avait visiblement pas pris la peine de s'arrêter chez la jeune Anabelle. D'ailleurs, elle s'apprêtait déjà à ouvrir la bouche pour rétorquer de manière cinglante lorsque... Hé ! Mais... Ce n'était pas du tout le texte prévu, ça ! Depuis quand est-ce que Quentin faisait preuve de psychologie et d'abnégation ? Ah ben mince alors !
Totalement décontenancée par le ton nouveau du discours de son frère (encore une ruse de Serpentard ?), la jeune fille parut un instant à court d'idées. Elle haussa un sourcil interrogateur et lorgna son aîné des pieds à la tête, comme si elle s'efforçait de percer ses pensées. Mais, quoiqu'il lui en coûtât de l'avouer, les propos de son frère avaient sonné juste et Ana n'y était pas insensible, loin s'en fallait ! Hors de question, cependant, de rendre les armes aussi facilement ! Après deux ans d'une guerre sanglante ou pas, elle n'allait pas lui sauter dans les bras tel le brave labrador un peu sot qu'elle n'était pas.

- Ouais ben euh... Maugréa-t-elle, un brin à court d'argument, T'auras mis du temps à t'en rendre compte ! conclut-elle avec une moue boudeuse, tout en évitant soigneusement de croiser le regard de Quentin.

La brunette hocha la tête en signe d'assentiment et emboîta le pas à son frère, sa valise à la main. Elle avait esquissé un mouvement de recul lorsqu'il lui avait touché l'épaule mais s'était ravisée presque aussitôt, de sorte que Quentin ne l'avait probablement pas remarqué. Ce n'était peut-être pas les folles retrouvailles que le jeune homme avait espérées, mais pour Ana, c'était déjà beaucoup.

- Ben j'espère au moins qu'il y a du chocolat chaud, là où on va ! reprit-elle en sortant de la gare.
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