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 [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30]

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Dahlia Lloyd
Dahlia Lloyd
Préfète de Serdaigle

Parchemins : 1608
Âge : 16 ans {16/09/1999}
Actuellement : 5ème année


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GALLIONS EVENT: 3


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MessageSujet: Re: [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30]   [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30] - Page 3 EmptyVen 22 Mai 2020 - 1:57

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Citation :
Titre : Crime et châtiment
Thème : 5. « J’ai quelque chose à te dire… »
Couple : Dahlia Lloyd & Vanellope Reynolds
Autres personnages concernés: Joaquín Kostas, Prudence Faraday, Candys Montgomery, Fiona Quincy (citée), Jensen McGowan (cité), Peony Lloyd (citée)
Contexte : Dahlia a toujours eu la gâchette facile. Du moins, avant de devenir préfète, car une préfète, elle, n'est pas sensée dégainer plus vite que son ombre. N'est-ce pas ?
Rating : G
Mots : 2132


Dahlia flirtait avec Vanellope depuis le début de l'année. Les choses s'étaient faites de manière étonnamment naturelle : Peony avait convaincu sa sœur de venir à plusieurs répétitions de Magic Mix pour faire les photos du groupe, et comme elle, la Gryffondor était présente en tant que soutien, assurant le support technique pour les filles et s'attirant l'estime de Dahlia du fait qu'elle était à la fois 1. tout à fait saine d'esprit et intéressante et 2. la camarade de dortoir de Victoire (ce qui devait forcément mettre son équilibre mental à rude épreuve au jour le jour). Vanellope était jolie et ne se prenait pas la tête - pas plus qu'elle -, et au sortir d'une répétition de Magic Mix, alors que Peony rejoignait Jensen, qui l'attendait à la sortie, Dahlia se vit traîner derrière avec la Gryffondor. Sans qu'elle l'ait tout à fait anticipé ou prévu, Dahlia sentit son regard glisser vers les lèvres de Vanellope. Elles s'embrassèrent brièvement, interrompues presque aussitôt par du remue-ménage à l'extérieur de la pièce. Une voix féminine résonna avec force : « T'as un nombre de 'bonjour' limité par jour ou comment ça se passe ? » Vanellope écarquilla les yeux. « Aïe, Fiona... » Elle adressa un sourire d'excuse à Dahlia, et disparut précipitamment à la suite de son amie. Quelque chose lui disait que Jensen allait en prendre pour son grade.

Dahlia quitta la salle à son tour, mais peu encline à rejoindre une confrontation bruyante et insensée, elle passe de manière très discrète sous le seul regard de sa jumelle, et disparut vite à l'angle du couloir. Elle avait mis plusieurs étages entre le Grand Drame et elle, lorsqu'une voix traînante se fit entendre derrière elle. « 'paraît que t'as chopé Reynolds, Lloyd ? C'est quoi le deal, ton frangin tolère les meufs, ou il va lui casser la figure ? C'est dommage, elle est jolie... Même si elle n'a pas de très bons goûts. » Elle tourna un regard froid vers Timothy McDougall, sans pour autant s'arrêter de marcher. Sa crétinerie n'avait pas de bornes, et pourtant, il persistait à se demander pour quelle obscure raison elle avait pu repousser (avec très peu de charité) ses avances l'année précédente. Ou avait dû lui jeter un maléfice quand il s'était montré trop insistant. Il ajouta de nouvelles paroles d'un goût des plus douteux, et Dahlia fit volte-face, baguette à la main.

--

C'était une catastrophe. Elle était préfète, on ne la laisserait jamais garder son poste après ça. Elle ne pouvait pas laisser une stupide erreur tout gâcher. Gardant son sang-froid pour déterminer la marche à suivre, elle s'immobilisa en entendant une mélodie familière. Pas de doute, quelqu'un sifflait ce qui semblait être une interprétation étonnamment juste de la Cucaracha, et ce quelqu'un se rapprochait dangereusement. Faisant volte-face, baguette dressée, Dahlia était déterminée à gérer l'imprudent qui mettait son plan en péril. La Cucaracha reprenait de plus belle, et Joaquín Kostas apparut joyeusement à l'angle du couloir. Il interrompit son mouvement en voyant la scène. Hésitante, Dahlia baissa sa baguette. Elle n'allait pas attaquer Kostas par dessus le marché.
« Qu'est-ce que- »
Elle leva la main pour obtenir son silence.
« Quino, j'ai quelque chose à te dire... »
« Tu as attaqué Rusard ? Et Timothy McDougall ? » l'interrompit-il, les bras ballants le long de son corps, un air de franche stupeur sur le visage.
« Parle moins fort enfin ! » Elle s'approcha de lui alors que son visage prenait une expression de méfiance, et l'attrapa par la main tandis qu'il l'interrogeait : « Tu travailles pour Magicis Cracra, Dada ? T'as passé l'arme à gauche ? » Ignorant l'impudence de cette question et le mauvais usage évident de cette expression, elle tira Quino jusqu'aux corps inertes de McDougall et du concierge.
« McDougall se comportait comme un énorme crétin, j'ai voulu le toucher lui, et Rusard est apparu à ce moment-là. Le sort a ricoché sur les deux. » détailla-t-elle, visiblement tendue. « Si je réveille Rusard, il saura que c'était moi, et je doute que McGo s'amuse à garder des préfètes qui ont attaqué un membre du corps professoral. »
Le regard de Quino passa de Dahlia à Rusard, puis à McDougall, avant de revenir vers Dahlia, un sourire narquois sur les lèvres.
« Tu as enfreint le règlement, Dada ? Toi Dahlia Lloyd, tu as fait une bêtise ? » Dahlia fronça les sourcils, répondant par un simple « Quino » des plus menaçants. Comme à son habitude, Quino ne sembla pas impressionné (elle ne devait être ni la première, ni la dernière à lui adresser pareil regard noir). « Tu sais Dada, je pourrais t'aider. Il n'y a pas plus doué que moi pour gérer ce genre de situation. » déclara-t-il d'un ton grandiloquent, et bombant visiblement le torse. Par Merlin, elle n'était pas sortie de l'auberge. « Bien sûr, si tu n'as pas besoin de moi, j'entends des dizaaaines d'autres élèves en attente désespérée de mes services... » Il fit mine de vouloir s'écarter, mais Dahlia posa la main sur son bras pour l'arrêter. « D'accord. » céda-t-elle d'une voix éteinte. Elle n'avait pas vraiment le choix : elle pouvait difficilement déplacer deux corps inanimés à elle toute seule, et sans personne pour lui servir d'éclaireur. A son crédit, Quino avait de l'expérience en la matière - elle ne le savait que trop bien.

« Est-ce que tu peux m'aider à ne pas me faire virer ? » demanda-t-elle très succinctement, tout en fixant le gréco-argentin de ses yeux bleus. Si Quino parut tenté de le lui faire répéter (insister pour un 's'il te plait' serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase, ou pas ?), il se garda pourtant de concrétiser ce désir, et se contenta de lui adresser un sourire semblant atteindre ses oreilles. « Avec plaisir Dame Dada, Chevalier Kostas à votre service ! » déclara-t-il d'un air fort pompeux qui l'exaspérait autant qu'il la faisait rire (et même si elle ne l'aurait jamais admis oralement, la balance tendait peut-être même davantage vers la seconde option : maudit Kostas). « On les déplace du coup ? Tu prends les jambes ? » proposa-t-elle avant que Quino ne l'arrête cette fois par un « Dada, Dada, Dada » des plus agaçants (et le fait qu'il secoue la tête en signe de dénégation avec une condescendance affectée n'aidait certainement pas). « Il nous faut un expert pour cette opération. Quelqu'un qui connaît bien le terrain, avec de la bouteille (de Whisky Pur-Feu !), tu vois. » Elle n'était pas sûre d'apprécier cette facette de la personnalité de Quino (la blague à deux balles n'était, elle, malheureusement pas nouvelle). « Jette leur un sortilège de Désillusion au cas où quelqu'un passe - même s'il n'y a jamais personne ici -, je vais chercher du renfort ! » Et avant qu'elle n'ait pu contester cette décision, Quino lui adressa un clin d’œil et tourna les talons, s'éloignant en courant. Elle espérait vraiment ne pas avoir commis une grave erreur.

--

Dahlia n'eut pas à attendre longtemps. Ses deux victimes sous sortilège de Désillusion, elle resta debout à proximité, la baguette cachée dans la manche de sa robe. Quino réapparut en trottinant gaiement, et derrière lui... Le visage stupéfait de Prudence Faraday - clairement, elle avait cru jusque là que Quino lui faisait une sorte de farce de mauvais goût ("Dahlia a agressé Rusard dans un couloir ! Et Alan met des coups de matraque aux première années ! Hahaha qu'est-ce qu'on rigole ! Tu viens voir Prupru ?").
« Bah alors Bégonia Dahlia, tu nous as fait quoi là ? » Dahlia pinça les lèvres. « C'est pour ça qu'les novices ne devraient pas se lancer dans ce business, clairement ça les dépasse... » marmonna-t-elle en adressant un regard entendu à Quino, tout en s'approchant. Elle tâta l'épaule de Rusard du pied, l'air circonspect. « Tu les as pas ratés on dirait. » continua-t-elle avec expertise, et Dahlia la soupçonna d'avoir des pensées peu charitables à l'égard des Serdaigles ("Elles sont gentilles, hein, les têtes d'ampoule, mais elles y vont pas de main morte quand elles jettent des sorts. Faut qu'ça s'la pète même en dehors des cours, genre : regardez comme je jette bien mon Avada Kedavra M'sieur Stevens ! Oui bah t'es gentil Patrick, mais là ton petit copain il est mort") Elle se demanda comment Quino avait convaincu Faraday de se pointer : elle n'était pas exactement sa plus grande amie - voire même pas du tout (Chantage affectif ? Echange de bons procédés ? Mensonges éhontés ?)
Le brun donna alors un coup de coude à la Poufsouffle, reprenant avec son enthousiasme de golden-retriever habituel et paf : deux côtes en moins : « On fait quel plan alors ? Double Casper ? Une Prison Break ? Starsky et Hutch ? » dit-il avec animation (s'attirant un haussement de sourcil de Faraday). Dahlia commençait à pressentir qu'il en faisait des caisses pour son bénéfice - et puis, Casper, c'était pas le Poufsouffle à mono-sourcil (affectueusement surnommé 'Barres Parallèles' par ses petits camarades), là ? Elle s'apprêtait à poser la question, quand Prudence répondit : « J'ai mieux. »

--

Dahlia était allongée sur le sol. Contre son pied, elle sentait la présence de celui de Quino. Un murmure plus tard, et du mouvement se fit entendre à proximité. Dahlia se redressa précautionneusement, et, assise sur les fesses, elle croisa le regard de Prudence, avant de se tourner vers Rusard, qui revenait effectivement à lui. Derrière, McDougall gisait encore les yeux fermés, mais émergeant doucement. « Mais qu'est-ce qui s'est passé... » grinça le concierge de l'école, l'air mauvais, posant lentement les yeux sur son environnement.
« Olala, j'ai mal au crâne moi... »
« Je sais pas du tout ce qui m'est arrivé, dites donc... On a dû être stupéfixé ? »
Silence de mort. Quino lui donna un coup de pied des plus subtils dans leur contexte. Dahlia fronça les sourcils, avant d'articuler avec mauvaise grâce : « Peut-être un coup de Magicis Sacra ? » Avec un très mauvais jeu d'actrice, lui attirant les foudres de Prudence "je ne t'ai pas sentie faire corps avec ton personnage, là, Bégonia, Actor Studio, ça te parle ?". D'abord confus, Rusard plissa les yeux en posant les yeux sur Quino, puis encore plus longuement sur Prudence. « Mais ils sortent d'où ces deux-là ? »
« Stupéfix ! » Rusard s'immobilisa dans son mouvement, et pour faire bonne mesure, le gréco-argentin visa McDougall à nouveau.
« Quino ! »
« J'ai paniqué. » déclara-t-il avec un détachement tranchant nettement avec le dramatique de leur situation actuelle, qui, déjà mauvaise venait de le devenir encore davantage.
« Mais qu'est-ce qui se passe ici ? » Trois paires d'yeux se posèrent sur la silhouette menaçante (et habituellement si tempérée) de Candys Montgomery. Dahlia déglutit.

--

« Dix jours de retenue ! » se plaignit Quino alors qu'ils s'éloignaient tous les trois, laissant Candys gérer les états respectifs de Rusard et de McDougall. « C'est de l'abus de pouvoir. » approuva Faraday d'un air sombre, avant de poursuivre : « De la tyrannie ! » tout en se gardant pourtant de souligner le fait qu'elle n'avait techniquement rien fait. La solidarité des Poufsouffles, supposa Dahlia, qui, au vu de la situation, vivait l'un de ces rares instants où elle était prête à accorder des vertus à cette maison.
Pour sa part, Dahlia s'estimait plutôt heureuse d'avoir été découverte par Candys, plutôt que par McGonagall, ou n'importe quel autre professeur. Leur sort aurait pu être bien, bien pire tués ou pire, expulsé. Et surtout, elle aurait aisément pu y laisser son badge - alors qu'elle n'écopait pour l'instant que d'une courte suspension. Devant leurs explications - d'abord confuses et prononcées de manière inintelligible et de trois manières différentes, puis, plus raisonnées alors que Dahlia détaillait le comportement de McDougall d'un ton très détaché, et en évitant le regard de ses compagnons d'infortune -, la préfète-en-chef s'était montrée magnanime. Nul doute que le plus compliqué serait d'apaiser la colère noire du concierge, mais elle leur avait fait grâce d'assister à cette partie-là (et c'était sans doute plus sage : un rien de leur part aurait pu mettre le feu aux poudres). En attendant, Dahlia se coltinait deux semaines de retenue avec le gratin de Poufsouffle : dans le métier, on appelait ça une journée bien pourrie, et elle pressentait d'autres malheurs analogues venir dans son futur très, très proche.
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Dahlia Lloyd
Dahlia Lloyd
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MessageSujet: Re: [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30]   [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30] - Page 3 EmptyDim 22 Nov 2020 - 17:36

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Titre : Alcohol would be nice
Thème : #20. Retour à la maison
Couple : Dahlia Lloyd & Joaquín Kostas
Autres personnages concernés:  Peony Lloyd, Léopold Lloyd, Ash Lloyd, Noé Montgomery, Dominique Weasley (citée)
Contexte : La tante Cecil se marie, et apparemment, venir seule n'est pas permis.
Rating : G
Mots : 2880

« Tu ne devineras jamais le coup que m'a fait maman. »
Portable à la main, Dahlia s'affala de tout son long sur son lit, tandis que la voix amusée de Peony lui répondait à l'autre bout du fil imaginaire : « Raconte ? » Peony imaginait aisément la mine blasée que devait afficher sa sœur, nez froncé, yeux levés au ciel.
« Apparemment, sa grande copine Catalina a décidé d'acheter une maison à Cardiff. Dans notre quartier. L'énorme manoir avec les je-ne-sais-combien de chambres. »
« Netherfield ? »
« Dans ma tête c'est plutôt la baraque devant laquelle tu passes en te demandant si c'est un hôtel particulier où vivent plusieurs familles, ou la résidence d'une personne indécemment riche, mais oui, le nom péteux marche aussi. » répondit Dahlia, et si la longueur de sa tirade était indicative d'une chose, c'était de son exaspération.
« Elle a littéralement passé une demi-heure à me vanter les mérites de ses fils ("Catalina a aussi des filles, si c'est ce que tu préfères, Dahlia ?") : "Gabriel monte sa propre start-up, ça ne me semblait pas être une situation très stable, mais Catalina m'assure qu'il est très entreprenant, il a énormément de potentiel et il est très séduisant. Et Joaquín jouait dans l'équipe de football de son université, il est vraiment talentueux apparemment, il vient d'être recruté par un club dont je n'ai pas retenu le nom. F.C quelque chose ? Ils sont tous les deux célibataires, les pauvres..." » répliqua-t-elle dans une imitation quasi parfaite de la voix cristalline de leur mère. « Elle n'aurait pas pu être plus claire si elle l'avait voulu. A croire qu'être célibataire est devenu un crime. »
« La méthode est... discutable, mais elle ne pense pas à mal Lila, tu le sais. »
Dahlia se redressa brutalement, levant un doigt accusateur dans le vide.
« Oh tu peux parler Peo, tout ça parce que tu as quelqu'un, toi, tu n'as pas à te coltiner la frénésie de maman à me caser à tout prix. Incidemment, quand est-ce que tu rentres ? J'ai la dalle. »
« Je suis devant la porte. » Et effectivement, Dahlia entendit le bruit des clés dans la serrure de la porte d'entrée, puis l'actionnement de la poignée. Quelques instants plus tard, Peony apparaissait en personne, se laissant tomber sur son lit à son tour. « Tu pourrais décorer un peu plus Lila, tu pousses clairement le minimalisme trop loin, là. »
Ignorant cette remarque désobligeante à l'égard de la décoration de sa chambre, Dahlia observa sa jumelle, plissant les yeux. « Tu n'as pas l'air surprise par ma nouvelle. »
« Quelle nouvelle ? »
« Ma mise aux enchères au mariage de la tante Cecil, pour lequel il me faut ab-so-lu-ment un cavalier et "pourquoi ne serait-ce pas Joaquín, Dahlia ?" »
« Tu n'avais pas encore parlé de la tante Cecil - »
« A-ha ! » Levant les yeux au ciel, Peony écarta l'index vengeur que sa jumelle pointait dans la direction générale de son visage. « Elle m'a appelée juste avant de t'appeler, tu sais bien qu'elle fait toujours ça. En fait, je suis surprise qu'elle ne nous ait pas appelées en même temps ? »
« Ne me dis pas que tu es impliquée dans cette machination... » Peony secoua aussitôt la tête en signe de dénégation. « Je lui ai dit que ça ne te plairait pas Lila, mais elle a déjà proposé l'idée à Catalina. Elle a même convaincu papa d'aller sonner chez eux pour les accueillir dans le quartier... Tu ne vas pas réussir à y échapper, désolée ! »
Dahlia poussa un grognement de frustration, laissant retomber sa tête à plat dans ses bras croisés. Peony lui tapota délicatement l'épaule, puis la força à se redresser.
« C'est juste une soirée. » lui dit-elle avec une compassion que Dahlia jugea relative.
« Est-ce je vais au moins voir cet énergumène avant ma mise à prix ? »
« Tu le connais déjà Lila, les Kostas étaient au collège avec nous avant que leur père ne soit muté en Argentine. Mais d'ailleurs tu n'avais pas embrassé - »
Dahlia l'interrompit d'un geste de la main agacé.
« Oui oui on s'était embrassé quand on avait douze ans. Qu'est-ce qui me dit qu'il n'est pas devenu un psychopathe entre temps ? Ou pire, carrément chiant ? » Peony ne sembla pas désarçonnée par les airs théâtraux de sa jumelle. Question d'habitude.
« Tu le verras au dîner de répétition, comme ça tu pourras vérifier que ce pauvre garçon ne va pas te découper pendant ton sommeil. »
« Tu rigoles mais si ça arrive vraiment, maman vivra avec ça sur sa conscience jusqu'à la fin de ses jours ! » avertit-elle avec grandiloquence, avant de se lever pour de bon. Elle ne pouvait pas réfléchir davantage en ayant faim.

--

Deux semaines plus tard, Dahlia était de retour à Cardiff, vêtue d'une robe à bretelles d'un bleu pâle lui arrivant au niveau des genoux.
« J'veux dire, pourquoi il aurait accepté de venir au mariage d'une personne qu'il n'a jamais vue de sa vie, avec une fille à qui il n'a pas parlé depuis dix ans. C'est un acte désespéré, non ? »
« Et si je ne venais pas en soi, qui le remarquerait ? »
« Oh, ça suffit tous les deux ! » gronda la voix de Peony, apparue à l'entrée de la chambre de Ash, où Dahlia était discrètement venue se réfugier. Etendue sur le lit de son petit-frère, Dahlia redressa la tête, échangeant un regard avec son compagnon d'infortune. « Même Léo a fait l'effort de ramener sa pouf, le moins que vous puissiez faire, c'est de vous pointer, avec vos cavalier et cavalière respectifs. »
Ash tenta une manœuvre que Dahlia, de par son expérience, trouva carrément suicidaire. Adieu Ash, te connaître fut un plaisir.
« Je vais juste trébucher sur mes propres pieds devant tout la famille réunie si je viens, tout ça pour la tante Cecil, qui ne m'aime même pas. »
« Est-ce que tu veux vraiment t'attirer la colère de tous les Weasley en plantant Dominique à une heure du dîner ? » Ash prit un air déconfit. « Et toi. » Dahlia perdit le sourire narquois qui était brièvement venu étirer ses lèvres. « J'ai vu Joaquín, il a l'air tout à fait normal. Il a dû se faire traquenarder par sa mère, exactement comme toi. »
Dahlia soupira, mais acquiesça d'un hochement de tête. De toute façon, elle était pratiquement devant le fait accompli. Elle supposait qu'il faudrait y passer.
« C'est qui cette pouf au fait ? » se renseigna-t-elle, vaguement intéressée.
« Une Écossaise avec un accent pire que celui de Jensen. Je ne sais pas où il s'est débrouillé pour la trouver. »
Peony partit dans une tirade listant les torts ("Il ne nous en a jamais parlé avant ! Et d'un seul coup il la ramène au mariage de la tante Cecil, comme si c'était normal") et les mérites de Léopold ("Il a vraiment choisi un très beau costume, il a toujours eu beaucoup de goût !") tandis que Dahlia échangeait un regard silencieux avec Ash. Ils étaient saufs - pour l'instant.

--

Sans exagérer, sa mère poussa littéralement Dahlia sur Joaquín à peine cinq minutes après que les Kostas soient arrivés. Elle se retrouva le visage à dix centimètres du sien, ses yeux bleus plantés dans ceux gris-vert du gréco-argentin. Elle recula, mortifiée par cet instant et ceux sans nul doute à venir. Elle n'eut pas à attendre longtemps pour que la prophétie soit réalisée : comme Peony et Ash les avaient rejoints, leur mère sa lança dans une description de leurs faits d'armes, avec la verve et l'éloquence d'un présentateur de téléshopping. "Dahlia était la première de sa promotion à l'université, elle a toujours été très assidue ! D'ailleurs elle a eu des propositions de nombreux cabinets d'avocats quand elle a terminé, mais son travail est tellement prenant qu'elle est pertétuellement seule la p- " La fin de sa phrase fut couverte par la voix de Peony, annonçant bruyamment que Cecil leur faisait signe de s'asseoir. Dahlia adressa un regard appuyé à sa jumelle, s'assit à sa place, et repéra le vin. Il allait lui falloir beaucoup d'alcool pour survivre à cet événement.

Avec Joaquín à sa droite, et Peony à sa gauche, Dahlia se sentit brièvement en sécurité. C'était avant d'avoir réalisé que la copine de Léo se trouvait de l'autre côté de sa soeur. Peony se lança de manière impromptue dans un interrogatoire digne de l'inspecteur Columbo. En désespoir de cause, Dahlia se racla la gorge, et se tourna vers son autre voisin. « Désolée pour ma mère. Elle... Je ne sais pas ce qu'elle a à vrai dire. Elle a peut-être abusé sur le sherry avec la tante Cecil. » Elle eut droit à un faible sourire et un "Ah" peu prometteur. Dahlia n'avait pas l'habitude de pousser les gens à parler - sauf dans le cadre de son travail. Le reste du temps, elle vivait plutôt l'inverse : ses interlocuteurs ne semblaient nécessiter aucun encouragement pour se lancer dans des récits épiques abordant des facettes de leurs vies sur lesquelles elle ne les avait nullement interrogés. Joaquín Kostas, dans son souvenir, avait été un garçon particulièrement bavard. Il avait même souvent été puni en conséquence.
Pourtant absorbée par son interrogatoire ("Disons que mon frère, et un bébé golden-retriever, sont sur le point de tomber d'une falaise, Grace. Qui sauves-tu en premier ?"), Peony se débrouilla pour lui donner un coup de coude qui manqua de près de lui faire louper sa propre bouche en portant son verre de vin à ses lèvres. Elle se serait pour sa part très bien contentée de consommer son repas liquide en paix. En outre, Joaquín semblait avoir à peu près le même dessein : il venait de se resservir à son tour.
« Au moins il y a du vin - gratuit. » dit-elle en haussant les sourcils, rapport à sa consommation sans retenue. Cette remarque arracha un "Oui" à peine plus engageant que le "Ah" précédent. « Tu es taxé sur le nombre de syllabes que tu emploies ou quoi ? » Elle lui adressa un regard exaspéré, l'idée absurbe que sa mère ait pu payer pour un tel service lui traversant l'esprit - mais même pour sa mère, ce serait dément. Elle osait surtout espérer qu'elle n'était pas désespérée à ce point de la voir en couple.

--

« Ambiance de folie pendant ce dîner. Je crois que je vais passer mon tour pour le vrai soir. Quitte à être face à un mur, je préfère qu'il ne consomme pas ma part de vin. » annonça-t-elle alors que Peony la rejoignait au niveau du bar. Le vin rouge faisait son petit effet, au moins n'était-elle plus excédée par les regards appuyés que lui lançait sa mère à chaque fois qu'elle la croisait - ou par la gentillesse excessive de Catalina à son égard. L'alcool lui donnait une nouvelle perspective sur cette soirée : elle avait bien mangé, et il y avait un open-bar (le nouveau mari de la tante Cecil ne lésinait visiblement pas sur le budget). On avait vu pire.
Peony s'assit à côté d'elle, son regard passant sur le verre de Moscow Mule à sa main avant de revenir sur son visage.
« Je lui ai parlé Dahlia, c'était juste un énorme malentendu. » dit-elle en grimaçant, l'air visiblement irritée.
« Est-ce que le malentendu porte sur le fait que maman ait payé un footballeur dénué de tout sens de la conversation dans l'espoir qu'il sortirait avec moi ? Il a passé le dîner sur son téléphone donc je suppose qu'il sait au moins écrire, mais qui sait, peut-être qu'il jouait à Candy Crush. »
Peony prit une inspiration. « C'est son frère qui lui a dit de se comporter comme ça. » Dahlia arqua un sourcil. « Apparemment il n'est pas très à l'aise avec les filles, et son frère Gabriel lui a conseillé de se montrer distant. J'imagine que tu l'impressionnais un peu... » Dahlia lâcha un rire moqueur. « Ton explication est encore pire. » fit-elle savoir à sa sœur, avant de porter son cocktail à ses lèvres. « Laisse-lui-une-chance-oh-regarde-il-arrive-et-Lucas-m'appelle ! » Seules des années passées au contact de sa jumelle lui permirent de déchiffrer le charabia prononcé à toute vitesse avant que Peony ne tourne les talons. Quelques secondes plus tard, elle était remplacée par Joaquín Kostas.
L'alcool rendait Dahlia encore plus caustique qu'en temps normal. Elle haussa les sourcils.
« Tiens donc. D'autres monosyllabes à me communiquer ? "Oh" peut-être ? Ou "hé" ? » Peut-être qu'il avait pris trop de coups sur la tête en jouant au foot. Elle se demanda quelle excuse avait Gabriel en revanche, pour donner pareilles recommandations. Quel job insensé était-il censé exercer déjà ? Elle réalisait que sa mère ne l'avait même pas informée de la teneur de sa start-up. Apparemment, ça importait moins que sa "dentition parfaite".
« J'suis désolé Dada, c'était un peu bête. Je t'offre un verre pour me rattraper ? » Il lui adressa un sourire en coin qui lui évoqua l'enfance et un baiser éclair à la boum d'anniversaire de Victoire Weasley.
« C'est un open-bar. » répondit-elle platement, mais légèrement adoucie par l'usage d'un surnom qu'elle n'avait pas entendu depuis dix ans. Elle se retînt d'ajouter la suite de sa pensée, peu gracieuse, et qui consistait essentiellement à lui rappeler ce qu'était qu'un open-bar.
Son expression se fit alarmée alors qu'il se mettait à héler bruyamment le serveur, tout en brandissant un billet. « Bonsoir excusez-moi ! Je souhaiterais payer pour un verre de... Moscow Mule ? Avec ce billet de... » Il toussa. « Cinq livres. Gardez la monnaie. »
« Tu es ridicule. » l'informa-t-elle alors que le serveur s'éloignait avec une indifférence visible pour préparer le verre.
« J'entends dire que c'est ce qui fait mon charme. » déclara-t-il d'un air pompeux exagéré.
« Ta maman t'a menti, navrée Quino. »

--

Plusieurs cocktails et un shot plus tard, quelqu'un eut l'idée de prendre une bouteille de champagne et de partir en exploration du jardin. Il s'avérait que Quino était beaucoup plus rigolo quand il ne l'ignorait pas sciemment.
Ils avaient fait quelques pas dehors : le jardin était décoré par des guirlandes lumineuses lui donnant un côté hipster que Dahlia ne connaissait pas à la tante Cecil. Quino lui prit doucement la bouteille des mains, et elle se tourna vers lui. Mue par l'alcool et une envie soudaine, elle approcha son visage du sien. Ils s'embrassèrent avec une passion qui contrastait nettement avec la chasteté enfantine de leur dernier baiser. Elle passa la main dans les cheveux brun de Quino. La bouteille de champagne tomba par terre.
Le bruit d'une personne se raclant bruyamment la gorge les interrompit.
« Dahlia ? Ta mère te cherche. »
Noé Montgomery se tenait debout face à eux, l'expression de son visage indéchiffrable.
Elle passa la main dans ses propres cheveux pour se redonner contenance, épousseta sa robe, puis désigna l'intérieur. « Je ferais mieux d'y retourner. » indiqua-t-elle en souriant à Quino malgré son irritation - pour quelle raison obscure sa mère pouvait-elle avoir besoin d'elle ? Alors qu'elle réalisait finalement l'objectif annoncé de cette soirée ? (Ou du moins, quelque chose qui s'en rapprochait, car elle n'était pas sûre qu'un échange de salive en état d'ébriété à deux pas des bégonias de la tante Cécil était exactement ce que sa mère avait en tête pour elle.)
Il s'avéra que plusieurs cousins Lloyd, emportés par la liesse et l'ébriété, avaient perdu tout sens de l'étiquette. Ash avait fini par terre en voulant séparer Darren et Rodric - Peony le forçait à pencher la tête en arrière pour stopper le flot de sang issu de ses narines lorsque Dahlia arriva dans la pièce.
A part quelques regards échangés de loin, elle n'eut pas d'autre instant seule avec Quino de la soirée.

--

« Il fait comme si de rien n'était ! » Dahlia était assise dans la cuisine familiale, une tasse de thé fumant devant elle. « Maman m'a embarquée pour sa "visite du quartier" - à huit heures pétantes soit dit en passant, j'aurais dû être sous perfusion d'aspirine pour ce genre d'épreuve - et il prétend qu'il ne se souvient de rien. Il voulait même vérifier qu'il n'avait rien "dit ou fait" d'embarrassant, parce qu'il avait trop bu et a soi-disant oublié toute une partie de la soirée. » détailla-t-elle en secouant la tête, incrédule.
« Tu embrasses si mal que ça, Dahlia ? » s'éleva une voix masculine, jadis si innocente, aujourd'hui si mordante.
« Tu as envie de mourir si jeune que ça, Ash ? » répondit-elle sur le même ton - sarcastique, donc -, adressant un regard assassin à son frère.
« Ça m'éviterait le mariage au moins... »
« Ne recommence pas Ash ! » tonna aussitôt Peony, sous le regard dépité de leur frère. Elle lui tendit cependant une tasse de thé, avant de ramener les yeux vers Dahlia. « Vous aviez bu ce qui doit être l'équivalent de trois tonneaux d'alcool, et ton ex vous a interrompus. Peut-être qu'il a juste paniqué. »
« Ou qu'il a fait un blackout lié au traumatisme. » renchérit Léopold en entrant dans la cuisine, suivi de Grace.
« Peut-être que les gens devraient arrêter de deviner quand ils ne savent rien du tout. » ronchonna Dahlia avec mécontentement.

{ à suivre }
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Dahlia Lloyd
Dahlia Lloyd
Préfète de Serdaigle

Parchemins : 1608
Âge : 16 ans {16/09/1999}
Actuellement : 5ème année


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SIGNE PARTICULIER:
RELATIONS:
GALLIONS EVENT: 3


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MessageSujet: Re: [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30]   [Défi des 30 baisers] Dahlia Lloyd [22/30] - Page 3 EmptyDim 22 Nov 2020 - 23:19

{ Suite de cette fic. }

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Citation :
Titre : Persil & compagnie
Thème : #8. Jardin secret
Couple : Dahlia Lloyd & Joaquín Kostas
Autres personnages concernés:  Peony Lloyd, Léopold Lloyd, Ash Lloyd, Gabriel Kostas (PNJ), Estefania Kostas, Valentina Kostas (citée)
Contexte : La tante Cecil se marie, et apparemment, venir seule n'est pas permis.
Rating : G
Mots : 1971

--
Peony Lloyd à Lila : il sort avec une instagrameuse !
Peony Lloyd : sortait ?
Peony Lloyd : elle a un nom à coucher dehors, regarde le lien que je t'ai envoyé
Peony Lloyd : Lila ?
Peony Lloyd : tu travailles ?
Peony Lloyd : LILA
--
Dahlia décrocha à la troisième sonnerie, sortant du bureau qu'elle partageait avec un collègue plus âgé qui, d'après ce qu'elle vit sur son écran d'ordinateur en passant à côté de lui, était occupé à préparer ses prochaines vacances aux Maldives.
« Tu as reçu mes messages ? »
Dahlia secoua la tête avec incrédulité. « Je suis au travail ! »
« Parlons-en de ça aussi, tu avais promis que tu resterais à Cardiff toute la semaine ! » Sa voix se fit plus discrète. « Tu m'as laissée seule avec Léo et Garce. »
« Grace. » corrigea-t-elle machinalement. Elle pouvait visualiser le haussement d'épaules indifférent de sa sœur. « Je sais, j'ai juste besoin d'aujourd'hui pour finir deux trois trucs urgents. Je prends le train de nuit ce soir. Et arrête de stalker Quino. »
« Je m'en veux de ne pas l'avoir fait plus tôt, quelle erreur de débutante ! »
« A plus Peo ! » annonça-t-elle avant que sa jumelle ne puisse partir sur une nouvelle tangente.
--
Peony Lloyd : elle n'est pas mieux que toi
Peony Lloyd : même si...
Peony Lloyd : on pourrait peut-être améliorer un peu ton style
Peony Lloyd : j'ai vu une jupe qui serait parfaite avec tes bottines camel
Peony Lloyd : je t'envoie le lien !
--
Dahlia retourna son téléphone face cachée sur le bureau. Par principe, elle ne se permettait jamais d'ignorer ses frères ou sa sœur, au cas où ils auraient besoin d'elle pour une raison urgente. Pour autant, elle ne pouvait pas se concentrer à la fois sur le dossier qu'elle avait été occupée à lire de manière diligente, et les diverses liens envoyés par sa sœur. Le dernier message qu'elle vit apparaître lui fit lever les yeux au ciel : "elle a accepté mon faux compte ! Je checke les photos où on l'a taguée" et un emoji loupe. Elle était décidément la plus normale de cette famille.
--
Assise dans le train du retour, elle ouvrit son ordinateur et cliqua sur l'icône de sa messagerie professionnelle. Elle soupira, puis céda à la curiosité. Elle venait de saisir le mot "instagram" dans la barre de recherche lorsqu'une notification lui indiqua qu'elle avait un nouveau message de sa sœur.
Peony Lloyd : j'ai un plan
Levant les yeux vers le jeune assis face à elle avec son casque sur les oreilles, elle jugea qu'elle pouvait discrètement appeler sa jumelle, sans trop risquer de le déranger. Peony répondit à la première sonnerie.
« Bon, j'ai plusieurs idées. D'abord, que dirais-tu de te créer un compte Instagram ? »
« Je dirais non. »
Le silence qui s'ensuivit arracha un sourire amusé à Dahlia.
« Toutes tes idées avaient un lien avec Instagram, n'est-ce pas ? »
« Peut-être. »
Dahlia secoua (inutilement) la tête.
« Je n'ai pas besoin de plan Peo. Je suis sûre qu'il n'a rien oublié du tout, et je vais le lui faire avouer. Très simple. »
« Ça ressemble à un plan. » observa sa sœur, l'air de ne pas y toucher.
« S'il a déjà quelqu'un, il n'y a pas mort d'homme. Il faudra juste dire à maman de s'asseoir avant de lui annoncer la nouvelle. Je-passe-mon-tour. » articula-t-elle en même temps que Peony soufflait « Pas moi. »
"Ash alors" déduisirent-elles à l'unisson, et Dahlia crut entendre son frère cadet grommeler en arrière-plan un "quoi encore" désabusé. Chaque chose en son temps.
« Bon, j'arrive à la gare dans deux heures. A toute ! »
Peony lui promit qu'elle viendrait la chercher, et Dahlia raccrocha. Allant à l'encontre de ses meilleurs instincts, ses doigts pianotèrent sur le clavier pour chercher la page de Katarzyna Ells. Elle ne pouvait pas voir grand-chose, à part sa photo de profil, son nombre de publications, son nombre d'abonnés et ses abonnements. Observant la photo pendant quelques secondes, elle finit par fermer la page.
Ash Lloyd à Theulu : ne comptez pas sur moi pour parler à maman.
Dahlia sourit, et ferma les yeux. Si elle dormait, elle arriverait plus vite.
--
Peony Lloyd à Theulu : alerte rouge
Peony Lloyd : maman a invité les Kostas à déjeuner à la maison
Léopold Lloyd :
Je ne manquerais ça pour rien au monde.
Dahlia se leva en se demandant s'il était encore possible de recourir à une émancipation quand on était plus proche des trente ans que de la minorité.
« Elle s'est lancée dans le Cawl il y a plus d'une heure. » l'avertit Peony sur le palier du premier étage. Et en effet, une forte odeur de bouillon de viande semblait émaner du rez-de-chaussée. « On les a croisés au marché hier, et Joaquín a dit qu'il n'en avait jamais goûté. »
« Je déteste ce mec. » déclara-t-elle avec simplicité, avant de s'engager bravement dans les escaliers. Elle n'était pas prête de revenir à Cardiff.

Il apparut évident que leur mère avait un plan de table imprimé dans l'esprit lorsqu'Ash essaya de s'asseoir à côté de Dahlia, et qu'elle lui arracha pratiquement la chaise du derrière. Ash ne dut son salut qu'à une réactivité louable de Léopold, qui l'attrapa par le bras d'un air blasé. La suspicion de nouveaux malheurs à venir se confirma quand Joaquín fut convié à s'installer sur le siège sur lequel Ash avait eu l'inconscience de vouloir s'asseoir. A la grande irritation de Dahlia, Quino semblait particulièrement se délecter de toute cette folie. Et dire qu'elle avait embrassé cette buse. Elle ne boirait plus jamais (pourquoi se mentait-elle à elle-même ? Une saga édifiante.)
Elle détourna son attention de la buse (qui était de toute façon trop occupée à jouer les lèches-bottes auprès de sa mère, à grands renforts de "qu'est-ce que ça sent bon M'dame Lloyd !" - choquant) et posa les yeux sur le reste de la fratrie Kostas. L'illustre Gabriel paraissait avoir environ le même âge que Léo, à côté de qui il avait visiblement été habilité à prendre place. Sa mère n'avait pas eu tort lorsqu'elle l'avait qualifié de séduisant, mais il avait un petit air suffisant en s'exprimant. Comparant naturellement les deux frères, Dahlia conclut qu'elle préférait le second. Les deux filles avaient nettement grandi : la dernière fois qu'elles les avaient vues, la plus jeune jouait encore à la poupée. La buse lui donna un coup de coude et s'excusa aussitôt, mais un coup d’œil vers lui fit conclure à Dahlia qu'il n'avait rien d'accidentel. La buse était visiblement d'humeur joueuse.
« Tu t'es remis de ton mal de crâne ? La dernière fois que je t'ai vu tu avais de petits troubles de la mémoire il me semble. » dit-elle avec une politesse feinte, un sourire factice aux lèvres. Les murs avaient des oreilles, et sa mère rôdait. Quand bien même elle était occupée à vanter les mérites de Cardiff à Catalina Kostas, Dahlia voyait qu'elle gardait une oreille sur le reste des conversations.
« Rien qu'un bon Cawl au persil frais ne puisse guérir, j'espère ! » Le sniper maternel avait encore frappé. Dahlia tourna les yeux vers Quino, s'attendant à une nouvelle réplique mielleuse, mais fut déstabilisée par son air alarmé. Les autres convives ne semblaient pas avoir remarqué quoi que ce soit d'anormal.
« Je suis allergique au persil. » dit-il d'une voix tendue, reposant prestement sa cuillère à soupe, précédemment portée à ses lèvres.
« Quoi ? Qui est allergique au persil ? Et pourquoi tu irais demander un cawl à ma mère, alors ? » Elle lui lança un regard excédé. Les joues de Quino rougissaient à vue d’œil, sans doute d'anxiété déduisit-elle.
« Dahlia, tu peux juste l'emmener prendre l'air dans le jardin ? Il n'a presque rien mangé, ça devrait aller. C'est dans sa tête. » Gabriel tapota l'index contre son propre crâne avant de hausser les épaules avec impuissance. « Ça va faire tout un pataquès si les parents remarquent, ça sera gênant pour tout le monde. » ajouta l'une des deux filles - Esmeralda ? - d'un air entendu.
« On sort trois secondes. » annonça-t-elle à sa mère à travers le brouhaha ambiant, désignant Quino du doigt. Heureusement, la combinaison des Kostas et des Lloyd impliquait qu'ils étaient douze dans la pièce, avec l'addition de Grace, qui était apparemment là pour la semaine. Lucas et Dominique, eux, devaient revenir le jour du mariage. Hormis Peony, on prêta peu d'attention à leur départ - d'autant plus que Ash avait profité d'un moment de calme pour projeter une cuillère à soupe pleine à travers la pièce.

Elle entraîna Quino avec elle à travers la maison puis dans le jardin. Ses pas la menèrent naturellement jusqu'à son endroit préféré, près du grand chêne qui lui servait de QG lorsqu'elle était plus petite. Une cabane de fortune se dressait encore en hauteur, ayant vaillamment bravé le temps. On était dans son jardin secret - son refuge d'enfance.
Quino paraissait moins rouge. Elle se permit un rictus moqueur : « Allergie au persil ? Excellent pour ta street cred. » Il secoua la tête. « Tu frappes un homme à terre ? Je ne suis pas surpris ! »
Dahlia haussa les épaules. Elle se demanda s'il était vraiment allergique, ou s'il avait voulu dissimuler le fait que malgré ses discours grandiloquents, il n'était pas un adepte du cawl. Un silence confortable s'installa entre eux.

« Je me souviens. »
Pourtant prise de court, Dahlia se retînt (avec maturité) de lui balancer un "Aha" en pleine face (s'il avait s'agit de Peony, sans doute ne se serait-elle pas privée). A la place, elle resta muette, en attente d'une quelconque explication si elle existait.
« J'sais pas pourquoi j'ai menti. J'me suis dit que tu regrettais peut-être. Et que ça serait plus simple comme ça, vu qu'il reste encore le vrai mariage. »
« Et ton expérience de mort imminente t'a fait changer d'avis ? » déduisit-elle d'une voix teintée de sarcasme. Elle avait croisé les bras, le dos appuyé contre le chêne.
« Nan j'ai parlé à ta sœur quand on l'a croisée hier, pendant que nos mères parlaient du mariage. Elle m'a expliqué pour Montgomery. »
« T'as cru que je sortais avec Noé ? » Quino haussa un sourcil. « OK, je suis sortie avec lui. Au passé. Alors que toi et ton instagrameuse... » Il laissa échapper un rire qu'elle jugea fort inopportun. L'expression de son visage dut le lui faire comprendre, car il s'empressa d'ajouter : « Oh, Kate est avec Hachi maintenant ! »
« Hachis ? » répéta-t-elle, perplexe. Quino sortit son téléphone et lui dévoila une photo des deux jeunes gens en question, ensemble. "Oh". Elle leva les yeux du téléphone : son visage se trouvait extrêmement près de celui de Quino, qui arborait encore une douce teintée rosée. « Tu t'es remis de ta crise alimentaire ? » se renseigna-t-elle avec un intérêt non dissimulé - elle n'avait pas envie qu'il lui clamse dessus. Il lui répondit en posant ses lèvres sur les siennes, et elle approfondit aussitôt le baiser. Son dos heurta le tronc du chêne.

« Je vous l'avais dit, Quino va très bien ! » annonça soudain une voix victorieuse. Dahlia ouvrit les yeux. Quino se détacha doucement d'elle. A sa plus grande horreur, leurs familles entières se tenaient à quelques mètres d'eux. Le téléphone de Dahlia émit une sonnerie familière. Elle regarda machinalement l'écran.
Peony Lloyd : je ne sais pas ce que tu fais avec Quino, mais sa mère a dit un truc sur le persil et ils ont tous l'air prêts à faire une battue pour le retrouver. J'essaye de ralentir maman mais c'est pas gagné !
Elle chercha sa sœur des yeux. Peony lui adressa un sourire mi-désolé, mi-amusé.
C'était décidé, demain à la première heure, elle dégotait un formulaire d'émancipation.
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