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 Call me Emma Carter [PV]

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Wilhelmina Kilgarvan
Wilhelmina Kilgarvan
Ministère

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Âge : 19 ans (31/07/95)
Actuellement : Stagiaire au département des Mystères


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MessageSujet: Call me Emma Carter [PV]   Call me Emma Carter [PV] EmptyJeu 16 Avr - 13:00

- Ah, Winnifred. Parfait. Vous avez une minute ?
- Ben, c’est-à-dire que je suis en train de mettre au propre les notes sur l’expérie…
- Tant mieux. Vous allez donc pouvoir aller déposer ces vieux dossiers aux archives : nous avons besoin de place.
- Mais le compte-rendu d’exp...
- Et si vous pouviez en profiter pour revenir avec neuf sandwiches aux œufs et trois au thon, je crois que l’équipe de recherche de la salle deux commence à avoir faim.
- Oui, mais le co…
- C’est urgent, mon petit, vous ne voudriez tout de même pas que ces pauvres gens tombent d’inanition, n’est-ce pas ? Ils travaillent dur, vous savez...

Face au regard sévère de sa N+1 supérieure, qui n’était pas sans rappeler celui de Minerva McGonagall, son épouvantard personnel (« Pitié, Professeur, j’ai fait une rature en bas de la troisième feuille de parchemin de mon devoir, mais je vous jure que ce n’est pas une provocation… Tenez, je vous offre mon chat en sacrifice ! »), Wilhelmina avait fini par céder. Pourtant, le matin même, comme tous les matins depuis presque un an et demi (un an et demi, bon sang, était-elle à ce point dénuée de toute fierté ?), la jeune femme s’était juré que cette fois, cette fois, c’était terminé. Enfermée dans la salle-de-bain (pour le plus grand bonheur d’Alice, qui attendait que la place se libère depuis une bonne demi-heure), les deux mains rivées au lavabo, la Serdaigle avait plongé ses yeux dans le reflet – encore embué de la douche trop chaude – que le miroir lui renvoyait, et répété le petit discours qu’elle espérait tenir à Aurora Shairkeur, sa tortionnaire attitrée responsable directe : « Bon, Aurora, d’abord, moi, c’est Wilhelmina, Wil-hel-mi-na, pas Winnifred. Franchement, au bout de deux ans, c’est un peu vexant que tu n’aies toujours pas pris la peine de retenir mon prénom, même si c’est gentil d’avoir essayé. Ensuite, j’aimerais bien qu’on reparle de ce statut de larbin stagiaire qui, sans vouloir avoir l’air de me plaindre, devient un peu ridicule : je crois que je suis prête à accomplir des tâches plus gratifiantes que la livraison de café ou le rangement des salles d’expérimentation ».
Sans oublier – mais cela, elle n’oserait jamais le formuler à voix haute, tant la pensée lui semblait déjà mesquine – que la plupart des stagiaires qui avaient été titularisés, au cours de l'année écoulée, lui passant ainsi devant le respect est mort, ne lui paraissaient pas plus compétents qu’elle. Seulement, ils n’hésitaient pas à se mettre en avant, eux.

Hélas ! A peine Aurora était-elle venue se pencher au-dessus de la minuscule table branlante, coincée dans l’étroit cagibi qui lui tenait lieu de bureau, que la belle détermination de Mina avait disparu. Il avait suffi d’un froncement de sourcils désapprobateur et d’un pincement de lèvres un peu appuyé, pour que la Serdaigle se transforme en petite gelée tremblotante, et prête à accepter les corvées les plus ingrates : Aurora lui eût-elle demandé d’aller récurer tous les urinoirs du Ministère, à l’aide d’une vieille brosse-à-dents fatiguée, qu’elle se serait immédiatement exécutée. Et avec le sourire, en prime. Pitoyable. Parfois, Winnifred Wilhelmina se détestait. Les bras chargés de dossiers poussiéreux, dont certains dataient du début du siècle dernier (« Sérieusement, les gars, vous faites le tri tous les combiens ? Et est-ce qu’on a bien besoin de garder une note de synthèse sur le temps de gestation des strangulots en eaux tempérées ? Même Hagrid, s’en moque pas une bestiole assez dangereuse pour lui, ça, le strangulot ! »), la jeune femme oscillait entre colère (« Tu sais où tu peux te les coller, tes sandwiches au thon, Aurora ? Ah ! ») et abattement (« Bouhouhou, je suis vraiment trop nulle, je n’arriverai jamais à rien, pas étonnant que personne ne me prenne au sérieux. Je vais finir ma vie dans ce placard : « Winnifred, la plus vieille stagiaire du Ministère », qu’on m’appellera. Après ma mort, mon fantôme hantera encore le Département des Mystères. »), tandis qu’elle se dirigeait d’un pas chancelant (« Et en plus mes muscles me lâchent : je suis atteinte d’une grave maladie dégénérative, je suis foutue, c’est évident ! ») vers l’ascenseur. Puis, avec toute la dignité qui la caractérisait, elle grimaça, coinça la pile de dossiers sous son menton, afin de la stabiliser et, dans une torsion du buste qui n’avait rien de naturel, utilisa son coude pour appuyer sur le bouton d’appel.

- Pardon, désolée, bonjour, baragouina-t-elle d’une voix étouffée, alors qu’elle pénétrait en crabe dans la cabine, et réitérait son coup de coude, pour demander, cette fois, un arrêt au deuxième étage. Elle se sentait parfaitement idiote. Une chance pour elle, l’ascenseur était vide, exception faite des notes de service qui voletaient paresseusement au-dessus de sa tête, et d’une autre personne, vers laquelle Mina n’osa pas lever les yeux, de peur non seulement, de mettre à mal le fragile équilibre des dossiers, mais également de croiser le regard de l’occupant des lieux, ce qui les obligerait, l’un comme l’autre, à se lancer dans une conversation aussi gênante qu’inutile (« Beau temps pour la saison, héhéhé… Ah ? Il pleut ? Mais vous savez ce qu’on dit : pluie en Juillet, pluie en Février ! Non ? Personne ne dit ça ? Ben je vais me taire, alors, hinhinhin ! »).

L’ascenseur s’ébranla dans un grincement qui n’était pas sans rappeler un râle de rongeur asthmatique, eut un premier soubresaut, un second, avant de marquer un arrêt brutal, entre deux étages. Déstabilisée, Wilhelmina, dans un pas chassé malhabile, écrasa le pied de Maxou le gigolo son compagnon d’infortune.
- Pardon ! Pardon ! Vraiment désolée !
La jeune femme, mortifiée, se répandait encore en excuses, quand une note de parchemin plus téméraire que les autres, lui frôla le sommet du crâne. La Serdaigle, qui avait déjà les nerfs à fleur de peau, laissa échapper un couinement étranglé, et, dans un geste de défense malheureux, leva les bras au ciel… Envoyant, au passage, valser ses dossiers dans les airs.
- Je… Je… Holàlà… Holàlà… Jesuisdésoléepardonjevaisramassermondieutoutleclassementestàrefairejesuismortepardon…
Rouge de honte, la rouquine s’agenouilla, dans un murmure inintelligible, et entreprit de ramasser ses papiers épars.
* Si on me demande, songea-t-elle, paniquée, je donne une fausse identité. Emma Carter, voilà. Je suis Emma Carter. Rien à voir avec Wilhelmina Kilgarvan. Wilhelmina qui ? Connaîs pas… Ahaha… Z’êtes sûr que c’est pas Winnifred, plutôt ? Ahaha… Oh Merlin…*
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Maximilien Bowman
Maximilien Bowman
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MessageSujet: Re: Call me Emma Carter [PV]   Call me Emma Carter [PV] EmptyJeu 16 Avr - 23:33

Call me Emma Carter
Wilhelmina & Maximilien

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Maximilien était de passablement mauvaise humeur. Dix jours plus tôt, l'ancien Serdaigle avait reçu une lettre de Bob, son responsable lorsqu'il travaillait encore au Ministère de la Magie. Bob, qui, par une mobilité transversale dont il s'auto-congratulait dans sa missive, l'informait qu'il avait rejoint la Ligue britannique et irlandaise de Quidditch ("tu comprends Maximilien, les alpagas de mon épouse sont devenus un vrai gouffre financier, et bien sûr, j'ai fait le serment (rien d'officiel, cela va sans dire, il s'agit plutôt d'un engagement personnel, une sorte de profession de foi, si tu me permets le terme) de dédier mes connaissances et mon savoir au Bureau des Brevets Saugrenus (B.B.S), mais la Ligue m'a fait une offre que je ne peux pas refuser. Le salaire en lui-même..."), et en profitait pour le convoquer au Ministère, illico presto. Maximilien avait observé la lettre, qui n'avait rien de ce petit quelque chose de purement impersonnel auquel l'avait habitué le Ministère, mais qui, en revanche, était couverte de petites tâches vertes d'origine non identifiée, d'un air dubitatif. Pourtant, une fois passé le paragraphe faisant l'étalage de la vie privée de Bob (dont Max' avait toujours été bien trop au courant à son propre goût), l'objet de sa convocation ne lui laissait pas beaucoup de marge de manœuvre. Il était "impératif", qu'il vienne "sur place", remplir et signer le formulaire DKJ-Y615 au plus tôt car "tu comprends bien mon garçon qu'en l'état, on ne devrait même pas te laisser participer à des matchs en tant que titulaire. C'est une question de réglementation, et comme disait ma tante Yvette : avec la loi on ne rigole pas" (cette phrase en elle-même aurait dû rendre sa convocation nulle et non avenue, de son humble point de vue).
Seulement voilà, Maximilien ne voulait pas prendre le risque d'être arrêté. Le Quidditch occupait désormais tout son temps, même et surtout, la partie libre de celui-ci. Le match contre les Pies de Montrose approchait dangereusement, et il était hors de question qu'un oubli administratif lui coûte sa titularisation. Et ce même s'il avait le sentiment irrépressible que Bob cherchait surtout à le faire venir jusqu'au Ministère pour lui demander une quelconque faveur en lien avec le Quidditch. Et ça ne le faisait pas rire du tout.

Foutu pour foutu, il avait indiqué à son entraîneur qu'il arriverait tard dans la matinée, et s'était résigné à transplaner à côté de la vieille cabine téléphonique dissimulant l'entrée des visiteurs du Ministère. Après plusieurs années de bons et loyaux services, il aurait apprécié qu'on lui déroule le tapis rouge, c'est un minimum pouvoir s'y rendre autrement qu'en entrant dans un petit habitacle dégageant une forte odeur de renfermé, en s'attirant le regard éberlué d'un gamin qui passait par là ("mais M'sieur ces machins-là ça marche pas Hibernatus c'est bien vous ?"). Il ne faisait pourtant pas le malin, et ce pour plusieurs raisons (outre le subtil chantage opéré par Bob) : d'un, il était un peu anxieux à l'idée de croiser Roy Ava, qu'il n'avait pas revue depuis leur rupture officielle il y a de cela plusieurs mois, et deux, il avait fait quelque chose d'un peu ridicule en conséquence. Il était ici in-co-gni-to se répéta-t-il pourtant en posant les pieds dans l'Atrium, lunettes de soleil sur le nez alors qu'il était en souterrain. Il avait toujours entendu dire que l'important, c'était d'y croire. Nerveux et ronchon mais pas abattu, il avait pénétré dans l'un des ascenseurs magiques, et avait appuyé sur le bouton sept en soupirant. Pas d'Ava en vue.

L'entretien avec Bob se déroula à peu près comme il s'y était attendu : une tirade interminable sur les alpagas, les difficultés de la vie conjugale ("quand j'te dis qu'elle a transformé tous nos nains de jardin en alpagas, c'est vraiment tous, gamin") et enfin, le clou du spectacle. La vraie raison de sa présence en personne au Ministère ("tout devient tellement impersonnel de nos jours ! Et tiens qu'j'te signe ça et que j'te l'envoie par courrier, où est passé le contact humain ? De mon temps, les gens adoraient se faire la bise v'nir dans nos bureaux. Bon, et sinon, tu m'signerais pas ce petit poster de Flaquemare ? C'est pour mon neveu, il est fan"). Maximilien s'était gardé de faire remarquer à Bob qu'il était enfant unique, il s'en voulait déjà trop à lui-même d'avoir gardé cette information en mémoire (et il avait surtout le sentiment que son autographe allait alimenter de malheureux alpagas pour un petit bout de temps). Agacé par cette perte de temps, il avait appelé l'ascenseur non sans une certaine hargne, et avait esquissé un sourire ravi en s'apercevant qu'il était vide. La première vraie bonne nouvelle de la journée.

Un instant plus tard, il le sentait ralentir, et son cœur se serra avec une anticipation qui ne fit que grandir lorsque les portes s'ouvrir sur une touffe de cheveux roux cachée derrière une montagne de dossiers. Son estomac fit un joyeux saut périlleux, mais son cerveau avait déjà enregistré qu'il ne s'agissait pas de la même teinte que les cheveux d'Ava. Max' suivit des yeux la seule et nouvelle arrivante de l'ascenseur. Il se racla la gorge. « Ah, oui, bonjour. » marmonna-t-il avec un temps de retard, à la fois perturbé par cette apparition soudaine, et par le fait qu'il pensait en fait reconnaître la personne derrière la montagne de dossiers.  En fait, il avait même ouvert la bouche pour formuler cette hypothèse à haute voix lorsqu'une douleur inattendue traversa brutalement son pied droit, lui faisant pousser un « Aoutch » peu viril. Il lui fallut quelques secondes de plus pour réaliser que l'ascenseur s'était immobilisé on l'appelle La Flèche. Il lâcha un soupir exaspéré. « C'est pas possible. » Était-il maudit ? Était-il comme l'un de ces sorciers à propos desquels on lisait dans les journaux que leur vieille tante acariâtre leur avait jeté un mauvais sort au berceau, pour se venger de sa petite-sœur-la-préférée-de-leurs-parents ? Comment expliquer autrement qu'après deux occurrences distinctes à plusieurs années d'intervalles où il s'était retrouvé coincé sur les maudits escaliers mouvants de Poudlard, il se retrouve bloqué dans un ascenseur-pourri-du-Ministère ? C'est ce qu'on appelle dans le jargon une coïncidence, Maximilien. Furieux contre la vie, Bob, les fabricants d'ascenseur, il finit par se concentrer sur la litanie d'excuses qui parvenait à ses oreilles et qui lui firent froncer les sourcils.

« C'est pas - » Le reste de ses paroles fut perdu dans une pluie de dossiers, un couinement proche de l'ultrason et une nouvelle litanie d'excuses. Baissant les yeux, il vit Winifried (car il lui avait bien semblé que c'était elle, cachée derrière tous ces dossiers !) à quatre pattes par terre, en train d'étaler et/ou ramasser ses papiers. Passant une main dans ses cheveux avec perplexité, Maximilien se racla une nouvelle fois la gorge, désormais dans un état de vigilance constante. A chaque fois qu'il essayait de parler, une nouvelle tuile lui tombait visiblement dessus. « Erm, Winifried ? » Il toussota, hésitant. « C'est bien Winifried, non ? Ou Willy ? Désolé j'ai un doute... On s'est croisé à Ilvermorny ? » offrit-il en observant toujours le sommet du crâne de Winifried, puis, jugeant que la situation était ridicule, il s'agenouilla à son tour, rassemblant quelques papiers avant de réaliser qu'il y avait plus simple. Sortant sa baguette pour rassembler les dossiers attention aux coupures de papier, il reprit avec curiosité : « C'est quoi tout ça ? Ça en fait des dossiers c'est toutes les inculpations de Roy Bradley non ?, coup dur pour la planète ! » Agitant sa baguette, il parvînt à réunir les dossiers en un petit tas rangé. « Je crois qu'on était à Serdaigle ensemble. » ajouta-t-il, assez sûr de lui, visiblement plus physionomiste qu'il n'était bon en prénoms. Personne n'est parfait.
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MessageSujet: Re: Call me Emma Carter [PV]   Call me Emma Carter [PV] EmptySam 18 Avr - 14:14

Emma Wilhelmina, à quatre pattes sur le sol d’une propreté douteuse (les elfes de maison, ce n’est plus ce que c’était : Granger démission !), regroupait d’une main tremblante les papiers éparpillés de tous les côtés, non sans laisser échapper, par intermittence, des lamentations sibyllines sommes-nous dans l’au-delà et est-ce vous, Messire Dagobert ? Je crois que votre culotte est à l’envers….
- Holàlà… Oh Merlin… Le code bleu du dossier vert… Le code vert du dossier bleu… 1907 avec 1909… Et ça, c’est quoi ? 1912 ? Où est le dossier Titanic ?
Tandis qu’elle farfouillait au milieu des pochettes cartonnées, dont certaines étaient si anciennes qu’elles menaçaient de tomber en poussière, à la recherche du fichier Titanic (qu’on appelait, dans le milieu, L’Insubmersible, rapport à sa couverture étanche), ou, à défaut, de la chemise Iceberg, la jeune femme réalisa subitement qu’elle courait à l’échec. Aurora lui avait confié plus d’un siècle de données soigneusement compilées, étiquetées, classées, rangées, selon une logique bien précise, dont les normes avaient évolué au fil des ans, suivant les lubies des directeurs successifs du Département ( « Jusqu’à présent les documents roses concernaient les notes de synthèse sur les expériences temporelles. Désormais, nous les rédigerons sur des fiches violettes, elles-mêmes placées – écoutez, c’est important – dans l’armoire métallique arc-en-ciel. C’est beaucoup plus sensé. Des questions ? ») : même si elle parvenait à remettre la main sur l’ensemble des feuilles échappées – opération simple, en apparence, mais à laquelle Mina était tout-à-fait capable d’échouer lamentablement : avec sa chance légendaire, elle était prête à parier que le document vital de la pile se trouvait pris dans la grille d’aération – jamais elle ne réussirait à retrouver la place occupée, initialement, par chacune d’elles. A cette idée, un spasme d’horreur vint contracter le visage de la rouquine oui, Maxou, non seulement tu es venu au Ministère, non seulement tu as eu le pied écrasé, non seulement tu es coincé dans un ascenseur, mais en plus Winnifred fait une attaque : champion !. Elle ferma les yeux, comme abattue par cette révélation soudaine ( « Laissez-moi : j’ai failli à ma mission, je ne suis plus digne de contempler la lumière du jour… »), et lâcha, dans un long et déchirant geignement.
- Ma vie est finie…

Car, dans un éclair de lucidité, elle venait d’apercevoir son avenir, et c’était le Sinistros, mon pauvre chéri. Quelle que fût la voie qu’elle empruntait, à partir de maintenant, elle ne pouvait que la conduire à sa perte.
Essayait-elle de cacher son méfait ? Les archivistes – de sinistres personnages, dont la passion pour le silence et les vieux bouts de parchemins, faisait dire à Mina qu’ils sortaient tous du même moule que Madame Pince… Les réunions de famille devaient être fort chaleureuses, ma foi : « Passe-moi le sel… » « Chuuuuut… » « Passe-moi le sel… » « As-tu, au préalable, rempli la demande d’autorisation B339 ? » – reniflaient immédiatement la supercherie, et n’hésitaient pas à la dénoncer aux autorités (Trahison d’un agent de l’administration publique dans le cadre de l’exercice de ses fonctions : procès, prison, déchéance sociale, alcoolisme, marginalisation, mort solitaire, sous un pont, par une froide nuit d’hiver, corps gelé et dévoré par les rats bon appétit).
Allait-elle confesser son crime ? Aurora, scandalisée, l’humiliait publiquement ( « Voyez, voyez, Ô peuples incrédules, le visage de l’incompétence ! Contemplez la figure de l’impéritie ! Gravez dans vos cœurs l’image de la bêtise et tremblez, oui, tremblez de reconnaître, un jour, ses traits dans vos propres actions ! »), avant de la renvoyer, sans lettre de recommandation (chômage, loyer impayé, expulsion, pauvreté, prostitution, grossesse non-désirée, vente de ses dents et de ses cheveux pour payer une faiseuse d’anges, hémorragie, mort et fosse commune).
S’efforçait-elle de réparer sa faute ? Elle passait le reste de sa vie, jour après jour après jour après jour après jour…, à reconstituer les dossiers mélangés (nuits courtes, suppression des congés, maladie, mort prématurée, travail inachevé, blâme et retenue sur salaire, son fantôme était condamné à passer l’éternité dans le cagibi des stagiaires).
L’ascenseur mettait-il du temps à redémarrer ? Combo gagnant : elle ne remettait pas les dossiers aux archives dans le temps imparti (désertion de poste et non-respect d’un ordre hiérarchique : retenue sur salaire, mise à pied, pilori dressé dans l’Atrium), elle ne rapportait pas leur déjeuner aux Langues-de-Plomb de la salle deux (affamées, elles commençaient à s’entredévorer : perte des meilleurs éléments du Département, diminution de l’influence de l’Angleterre sur la scène internationale, à la faveur de la France, nouvelle guerre de cent ans, désespoir de la population, révolte et déstabilisation du gouvernement, décapitation de Granger, instauration de la dictature MacMillienne) et, au milieu du marasme général, personne ne pensait à venir les libérer (mort sur le lieu de travail : game over).

Puis, alors qu’elle pensait avoir touché le fond, et s’apprêtait à s’allonger, là, sur les parchemins de son désespoir, devenus son lit mortuaire, elle sentit la main du destin lui appuyer un peu plus sur la tête, juste comme ça, au cas où elle ne serait pas encore assez sous l’eau. Pardon ? Le seul, l’unique témoin de sa stupidité la connaissait ? C’était une blague ? Qu’avait-elle fait aux dieux courroucés pour mériter un tel redoublement de ses peines ? Stupéfaite, la jeune femme redressa la tête, et découvrit enfin l’identité de son bourreau co-ascenseuriste paf, mort d’un académicien. Maxou la Menace. Evidemment. Elle n’aurait pas pu se trouver coincée avec Alice ou Daryl, des êtres bienveillants et, depuis longtemps résignés quant à sa maladresse chronique. Non. Il avait fallu qu’elle tombe sur une vague relation de Serdaigle, qui, si elle résumait, l’avait déjà vue 1. rater, avec une constance admirable, tous les vifs d’or qu’elle avait pris en chasse 2. Agiter sa baguette magique en tous sens, telle une première année paniquée, lors de la bataille d’Ilvermony (n’avait-elle pas, à cette occasion, manqué de l’éborgner ?) et 3. Couiner de peur au cours de cette même bataille : était-il écrit, quelque part, que le jeune homme serait toujours le fossoyeur de sa dignité ?

Ses soupçons, concernant ce dernier point, se confirmèrent lorsque, s’agenouillant à son tour, le fourbe lui asséna le coup de grâce. Winnifred ? Winnifred ? Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous, avec ce prénom ? Est-ce qu’elle avait une tête de gentil petit animal de la forêt, dont on aurait fait le personnage secondaire d’un livre pour enfant ? Pompon, l’ours des bois, et son amie, Winnifred la ratonne, cueillent des fraises, par exemple ? Ou bien Winnifred le putois prend un bain ? Ou sa version montagnarde : Winnifred la marmotte invite ses amis pour le thé ? Honnêtement, elle trouvait ça un peu vexant : après avoir frôlé la mort auprès d'elle (certes, parce qu’à force de mal diriger ses sortilèges, elle avait manqué de l’abattre, par erreur du moins selon la version officielle une bonne demi-douzaine de fois, mais ne nous arrêtons pas à des détails sans importance), il aurait pu avoir la décence de fouiller sa mémoire pour retrouver son nom. Ainsi, elle s’était souvenu, elle, qu’il s’appelait Maximus Broomgirl, et pourtant, elle n’était pas physionomiste (« Professeur MacGronigoule ? Je n’ai pas du tout compris le dernier cours de sortilèges… »). Dépitée et amère, la Serdaigle grommela :
- Ouais, c’est exactement ça, ouais. Moi c’est Winnifred, et toi, c’est Maximilien.
Elle espérait ainsi lui faire comprendre à quel point il était désagréable, de voir son prénom écorché, mais elle regretta aussitôt cette mesquinerie, quand Maximus, l’aida à rassembler les documents épars.
- Merci mais tu aurais pu les classer, au passage, hein !, dit-elle, gênée de ne pas avoir pensé à utiliser sa baguette elle-même. J’espère que tu n’as rien vu de confidentiel Ajouta-t-elle d’un ton austère, Ma supérieure serait capable de te mettre à mort, sinon… ça se passe comment, cette petite journée, Maxou ?
Elle ne plaisantait qu’à moitié : Aurora s’était montrée particulièrement insistante quant à la nécessité de préserver « au péril de votre vie, s’il le faut, jeunes gens » les secrets du département : que Maximilien dût changer d’identité et de continent n’était pas à exclure ( « Dorénavant, je m’appelle Maximilio-Willio Petarado, et j’élève des alpagas sur les hauts plateaux péruviens… »).

La rouquine se remit debout dans un craquement de genoux abominable : l’ascenseur s’était immobilisé pour de bon.
- J’ai l’impression qu’il n’y a pas de bouton pour alerter les secours… Constata-t-elle, après avoir étudié d’un œil éteint dubitatif le panneau de contrôle de l’appareil. Tu vois des instructions, quelque part ?
En bonne Serdaigle, Mina croyait beaucoup aux manuels d’utilisation et aux petits encarts informatifs : que le Ministère n’en ait pas prévu à l’intérieur de chaque ascenseur lui paraissait la preuve d'une négligence coupable.
- On peut transplaner, tu penses ?
Oh oui ! Voilà ce qui manquait encore, à la longue liste de ses humiliations : la désartibulation.
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Maximilien Bowman
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MessageSujet: Re: Call me Emma Carter [PV]   Call me Emma Carter [PV] EmptySam 18 Avr - 18:04

Maximilien avait presque oublié le chantage l'ayant amené jusqu'au Ministère, son pied endolori ou sa situation précaire dans un ascenseur étriqué et à l'arrêt, et ce pour une raison très simple : Winifried semblait être au bord des larmes. L'observant d'un air concerné, mais de loin, comme face à un animal sauvage, il craignait qu'elle ne fonde en larmes à tout instant, ce qui serait simplement terrible. Il était extrêmement mauvais pour réconforter les gens en pleurs, sa petite-sœur était bien placée pour le savoir "mais non t'as pas mal Alex', c'est dans ta tête la douleur, oui on voit l'os et alors ?" Il se voyait déjà en haut de l'affiche à devoir tapoter l'épaule de Winifried d'un air compatissant, et il en était horrifié d'avance. Avait-il seulement un mouchoir à lui offrir ? Cherchant dans ses poches pendant que Winifried époussetait généreusement le sol avec ses vêtements le cœur sur la main, l'ancien Serdaigle n'y trouva qu'une Noise. "Regarde Winifried, tu vois bien que tout n'est pas tout noir if one only remembers to turn on the light, voilà une Noise tu peux boucher une narine avec, il y a un début à tout". Il secoua la tête : ça ne ferait pas l'affaire. Il avait aussi un vieux bonbon probablement fusionné à vie avec son emballage, mais l'idée de regarder Winifried se débattre vainement avec son enveloppe plastique le dissuada de le lui donner. Il s'aperçut alors qu'un petit papier cartonné était tombé par terre lors de sa stupide quête. La carte de visite de Bob ("tiens petit, tu donnes ça à tes collègues, et tu leur dis d'passer par moi s'ils ont le moindre souci avec ces vieux schnocks du Ministère oui j'en fais partie et alors ? Je leur fais sauter l'alinéa 3 du formulaire 812-THY en un claquement de doigts moi"). Il haussa les épaules. Il supposait qu'elle pouvait se moucher là-dedans si elle le souhaitait.

S’accroupissant à son tour quitte à être coincé autant balayer t'as raison, il osa une première interrogation à l'intention de la jeune femme, tout en craignant toujours le torrent de larmes. « C'est peut-être un peu excessif ? C'est à cause des dossiers ? Ou t'es claustro et tu vas commencer à me secouer comme un prunier d'ici trois, deux, un... ? » demanda-t-il au sujet de l'écourtement annoncé de son existence toute entière. Il avait l'habitude des déclarations très dramatiques. Sa meilleure amie était actrice, et sa petite-sœur était une Bowman.

Il ne fut pas tout à fait surpris que Winifried (finalement ça n'était pas Willy, il ne savait pas pourquoi il avait pensé à ce nom-là, peut-être un sobriquet ?) connaisse son nom. Après tout, il avait acquis sa petite notoriété depuis qu'il jouait en tant que titulaire pour Flaquemare c'est pas la modestie qui l'étouffe, et il se rappelait d'ailleurs qu'ils avaient fait partie de l'équipe de Serdaigle ensemble. Il n'en avait pas un mauvais souvenir, si ce n'est qu'elle était une joueuse légèrement fébrile ? Ce qu'il comprenait moins en revanche, c'était le ton qu'elle avait employé pour prononcer son prénom accessoirement elle a mal prononcé son propre prénom, Winifried faisait-elle une crise cardiaque ? Confus, il eut un flash soudain de la bataille d'Ilvermorny, où il avait entendu la sœur d'Orwell l'appeler... « Minnie ? » Raté, essaye encore. D'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais été capable de se retenir d'énoncer les pensées qui lui traversaient l'esprit. Et c'était loin de toutes être des pépites, il en était bien conscient. Il se racla la gorge avant de reprendre : « Ta pote t'a appelée comme ça à Ilvermorny, non ? Non mon effronterie ne connaît aucune limite, pourquoi ? » Il sentait que quelque chose n'était pas tout à fait juste, mais Winifried (ou Winnifred ? Il ne savait plus à présent) se montrait particulièrement floue dans ses réponses. Par exemple, elle ne lui avait toujours pas expliqué ce qu'étaient que tous ces dossiers. Par contre, elle lui indiqua gracieusement qu'il s'agissait d'informations confidentielles, et haussant les sourcils, l'ancien Serdaigle attrapa la première pochette du tas qu'il avait formé pour en lire le titre : « 'Schémas de migration du Veracrasse' ? » Il leva un regard dubitatif vers Winnifred, bien que réellement intrigué, ce qu'il ne souhaitait nullement exposer à haute voix. « T'as raison, on envoie les gens à Azkaban pour moins que ça... » concéda-t-il tout en ironie. Décidément, sa journée allait de mal en pis. Non seulement il finissait coincé dans un ascenseur - alors qu'il était attendu à son entraînement ! -, mais en plus, Winnifred affichait l'amabilité d'une porte de prison. C'était quoi cette manière de prononcer son prénom, d'abord ? Oui, elle l'a vexé.

« Il ne manquait vraiment plus que ça pour parachever cette fantastique matinée. Vraiment. Exceptionnel. » marmonna-t-il en secouant la tête avec exaspération, posant son postérieur par terre alors que, dans un élan de proactivité, Winnifred/Willy/Minnie se redressait en quête du manuel d'utilisation de l'ascenseur. Son côté Serdaigle se faisait nettement ressentir en cet instant, ce qui fit esquisser un léger sourire à Maximilien. Il se releva à son tour pour regarder par dessus l'épaule de W/W/M, mais tout comme elle, il n'y vit rien de plus que les boutons désignant les différents étages du Ministère. Pas de petit indicateur en forme de cloche à l'horizon. « Nope. » Pour faire bonne mesure, il appuya quand même sur le bouton de l'Atrium à nouveau, sait-on jamais. Comme on pouvait s'y attendre, l'ascenseur resta cependant parfaitement immobile. Fourrant les mains dans ses poches, il ramena le regard vers la rouquine. Contrairement à elle, il avait une certaine expérience dans ce genre de situation frustratoire au plus haut point. Il était presque prêt à accepter son destin. « Je suppose qu'on peut en théorie, les employés transplanent pour venir et partir du Ministère. Mais habituellement ils ne le font pas directement dans un ascenseur gain de temps : deux minutes. Contrepartie : moins une jambe. Ils auraient quand même tout intérêt à bloquer le transplanage là-dedans, non ? C'est un coup à se louper et ne finir qu'à moitié dedans ou dehors. »

Sortant néanmoins sa baguette de sa poche, il tourna un regard incertain vers sa camarade d'infortune. « On pourrait essayer... de le réparer ? » Deux Serdaigles sont bloqués dans un ascenseur : on aurait dit le début d'une bonne blague. Il leva soudain les yeux vers le plafond. « Ah, sinon il y a une trappe ! J'te fais la courte échelle Minnie ? » Il imagina l'ascenseur repartir pendant qu'il était debout sur la plateforme. Ses parents avaient des espoirs pour lui, autres que de finir célèbre comme Maximilien-la-Crêpe. Mais ils ne pouvaient pas non plus rester sans rien faire ! Il poussa un soupir de frustration. « Je vais être en retard à l'entraînement... » Et Winnie le respect est mort avait visiblement des choses à faire elle aussi, comme par exemple trier toutes les archives du Ministère.
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