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 [THEME] Dear Prudence [PV]

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Pandanjila Sonko
Pandanjila Sonko
Serdaigle

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Ξ Sujet: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyLun 7 Sep - 12:06


Pandanjila Sonko
(c) princessecapricieuse


La rentrée de Pandanjila s'était plutôt bien passée : sa classe était bonne, ils étaient tous plutôt studieux, certains manquaient de piquant certes, mais leur créativité compensait un peu. Il apprenait plein de choses (notamment en métamorphoses ! La baguette c'était tout nouveau pour lui) et bien que son cercle d'amis ne s'étendait qu'à une paire de personnes, il était plutôt content. Les anglaises étaient très jolies, très souriantes (ou dans tous les cas très empathiques, puisqu'il leur souriait en premier preuve indéniable qu'elles n'étaient pas des serials-killeuses, ces derniers étant dénués d'empathie. C'était rassurant.), même si hormis Fiona, aucune n'avait encore osé lui adresser la parole mais ça c'est parce que c'est lui qui lui a adressé la parole à Fiona en premier, en fait.

Le sorcier ne connaissait pas encore grand monde à l'école : Fiona et Moussa à Serdaigle et Alexandre à Gryffondor, c'est tout. Les deux autres personnes dont il se rappelait le nom étaient deux filles comme par hasard qu'il avait rencontré à stage du Ministère de la Magie. Selon Alexandre, elles étaient les deux créatrices de la Brigade Anti-Menace, club qui avait d’ailleurs sa petite réputation à Uagadou petite, faut pas déconner non plus.
La première, Viska Spingate, était à Serpentard la cousine d'Alexandre : elle avait plus ou moins créé le club toute seule et était dans tous les cas l'investigatrice de tout ça. Elle était blonde agaaaain, très jolie, mais d'une beauté froide qui laissait Pandanjila de marbre next.
La seconde était Prudence Faraday, Poufsouffle de son état, préfète, et avait tapé dans l’œil de Pan à la seconde où il l'avait vue.
Pour ainsi dire, si on voulait vraiment être correct, on aurait pu parler de coup de foudre.
Oui. Farpaitement. Exactement. Un coup de foudre : jamais le sorcier n'avait connu ça.
Le sorcier était plutôt réputé à Uagadou pour avoir justement sa petite réputation : il plaisait beaucoup aux filles (et aux garçons) et il n'était pas rare de le voir malgré son jeune âge flirter avec plusieurs d'entre elles. Aucune relation sérieuse à son actif 14 ans les gars mais un certain succès : Pandanjila, aimait la gente féminine : leur intelligence, leur manière, leur beauté, leur féminité, leur courage très souvent et leur créativité par dessus tout.
Mais il pouvait le dire – était-ce après à cause du contexte ? De l'école ? Du renouveau ? De l'adrénaline du Ministère de la Magie qui éveillait en lui beaucoup de choses ? - jamais il n'avait ressenti cette émotion là.
Le sorcier avait été très attentif à la jeune fille après ça psychopathe bonsoir et il avait noté chez elle plusieurs choses : son franc-parler, son courage, sa fougue et surtout, sa fidélité.
Oui, elle était toujours collée aux mêmes personnes qui allaient donc mystérieusement disparaître.

Quelques semaines avaient passé et quand Pandanjila l'avait revue à la rentrée, il avait senti son cœur se serrer à nouveau. Ce n'était pas anodin arythmies cardiaques ?.
Les signes étaient là et qui était-il pour ne pas les saisir ? Personne.
Pandanjila devait parler à cette fille.

Quelques semaines avant le bal de Noël, Pandanjila changea de plan et se rendit à la Bibliothèque plus tôt que prévu après son cours de botanique : il avait l'habitude de manger avant de travailler, mais cette fois il n'avait pas faim du tout. Le sorcier quitta ses camarades de classe et traversa la cour intérieur de l'école qui donnait (avait-il fini par comprendre après plusieurs semaines de géolocalisation laborieuse) vers les escaliers mouvants de l'école pas du tout.
Et il la vit. Elle traversait la cour toute seule, et allait passer non loin de lui.
Le Sénégalais y vit l'occasion parfaite.

Sûr de lui, le sorcier s'approcha de la jaune et noire, et l'apostropha.

- Hé Patience ! PATIENCE ! Oh je te parle, arrête-toi ! Excuse-moi... Prudence c'est ça ?

Elle était plus vieille que lui, mais de peu : Pan faisait ses 15 ans dans quelques jours à peine. Puis il avait toujours fait bien plus vieux que son âge : à Uagadou, on le croyait toujours être en année supérieure Professeur Sonko, puis-je vous parler?.

- Pardon de te déranger, on s'est vus au stage du Ministère de la Magie.

Croisés, plutôt : ils n'avaient échangé aucun mot, mais il n'y avait pas 150 élèves non plus.
Pan' comptait sur le sens de l'observation de son aînée pour le reconnaître : après tout, à Poudlard, il passait difficilement inaperçu quoique de fois on le confondait avec Moussa, bonjour les physionomistes depuis la rentrée. Viska n'était pas sans ignorer qu'il était ami avec Alexandre et Viska était la meilleure amie de Prudence, du moins de ce que Pan avait compris.
Il attendit donc la réponse tomber, plus stressé que d'ordinaire : ça ne lui ressemblait pas d'être dans un calme parfaitement olympien tu n'es pas Sénégalais ?.

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Prudence Faraday
Prudence Faraday
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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyMar 8 Sep - 23:01

- Et là, je me suis dit : non mais honnêtement, quels événements tragiques elle a dû traverser pour décider de consacrer ses jours à la métamorphose ? J'entends bien que c'est très rigolo de transformer des petits animaux velus en napperons, mais au bout d'un moment, quel est l'intérêt, hein ? Alerte à l'ennui, quoi ! J'ai raison ou pas ? Prudence ? Oh ! Tu m'écoutes ?
- Hein ? Quoi ? Ouais. Super ta vie Carrément barbant, ouais. Des napperons, merci le vomi. Plus immonde, comme déco, tu meurs... Maintenant sois sympa, et va vérifier s'il y a du monde dans la cour, s'te plaît... J'ai besoin d'aller aux toilettes, et... 'Fin... J'ai pas envie de croiser... des gens, tu vois...
Le regard plein de commisération que lui décocha Magda Peterson, d'un naturel pourtant stoïque, d'ordinaire, renseigna immédiatement Prudence : oui, sa camarade voyait parfaitement où elle voulait en venir, et un peu trop bien à son goût, même. Piquée au vif, Prue gratifia son amie imaginaire la Poufsouffle d’une grimace qui pouvait aussi bien signifier « Je suis d’accord avec toi, c’est pathétique… » que « Vas-y, fais un commentaire, et je te réduis en charpie ». Le résultat, à défaut d’être esthétique, eut au moins le mérite d’être efficace : Madga leva les yeux au ciel avec éloquence, mais accepta de trottiner jusqu’au cloître sans se fendre, au préalable, d’un long laïus sur le ridicule de la situation.

- C’est bon, la voie est libre, affirma-t-elle nonchalamment, après avoir jeté un coup d’œil à travers une des arches de pierre qui entouraient la cour. Par contre, hors de question que je t’accompagne : je suis beaucoup trop jeune pour mourir congelée dans ce froid polaire ! Déso, Prue-Prue, mais tu es seule sur ce coup-là… Je te retrouve dans la salle commune ?
La jeune sorcière hocha la tête avec raideur, et attendit que Magda se fût éloignée pour pousser un profond soupir de frustration. Sa comparse avait raison, elle en avait conscience : manger après tout le monde, arriver en cours au dernier moment, faire de longs détours pour éviter les couloirs les plus fréquentés, et, d’une manière générale, se débrouiller pour ne croiser âme qui vive dans le château, surtout si l’âme en question portait un uniforme de Serdaigle, n’était pas une attitude saine. Seulement, Prudence avait honte. Depuis qu’elle avait été sacrée « Pire attrapeuse de l’histoire de l’école, hé, Faraday, t’as pensé à prévenir les éditions du Balai ? Il va falloir qu’elles mettent leur Quidditch à Poudlard à jour, hinhinhin ! », après avoir échoué encore une fois à attraper le vif avant son adversaire, la Poufsouffle rasait les murs. Bien entendu, elle savait que cette stratégie d’évitement ne pouvait durer indéfiniment ; seulement, elle espérait que l’arrivée du bal de Noël (événement plus connu sous la poétique appelation "Hormones en folie et échange de bave entre adolescents consentants"), et l’effervescence qu’il suscitait toujours chez ses camarades, suffirait à faire oublier ses piètres performances sur le terrain de Quidditch. En attendant, elle n’avait qu’à serrer les dents, et négocier pour que le planning des rondes préfectorales ne l’associe pas à Dahlia-la-parfaite.

D'un pas qu'elle souhaitait tout à la fois furtif et décontracté – un mélange qui risquait surtout de donner l’impression, au spectateur extérieur, qu’elle avait perdu le contrôle de ses genoux, Prudence entreprit de traverser la cour verglacée, rentrant la tête dans sa grosse écharppe de laine pour lutter contre la bise hivernale. Parcourue de frissons, la Poufsouffle était en train de se demander si vraiment, vraiment elle avait envie d’utiliser ces toilettes du rez-de-chaussée Nord, ceux dans lesquels personne n’allait jamais, tant ils étaient traversés de courants d’air ( « Un coup à avoir le fondement gelé direct. Apparemment, une fille est restée coincée trois jours le derrière collé à la cuvette, l’année de la Grande Froidure… Elle a été obligée de quitter l’école et de changer de nom, après ça : tout le monde l’appelait « la fille aux fesses congelées », à c’qui paraît… »), quand l’ennemi quelqu’un l’interpella. Surprise, la jeune fille sursauta avec une violence telle, qu’elle manqua de s’étaler de tout son long sur le sol glissant. Elle se rattrapa tant bien que mal à un banc de bois judicieusement placé là, et adressa un regard furibond à son agresseur camarade. Un Serdaigle ? Super, la journée ne pouvait pas mieux tourner.

- Ouais, c’est pour quoi ? Demanda-t-elle d’un ton vif. Si c’est pour l’autographe, faudra attendre la révision du Quidditch à Poudlard, merci beaucoup. Les supporters de Serdaigle avaient été si nombreux à venir, après le match, la féliciter pour son exploit ou la remercier, l’air goguenard, pour la victoire ( « Super, Faraday, même pas eu besoin de te soudoyer, t’es vraiment une bonne grosse Poufsouffle, aha ! »), qu’elle préférait, désormais, prendre les devants, dès que l’un de ces abominables personnages l’approchait.
Etonnamment, toutefois, Pan-à-tes-souhaits-et-condoléances-pour-ton-prénom ne semblait pas vouloir mener la conversation sur le terrain du Quidditch voire sur le terrain de Quidditch, mouarfmouarfmouarf. En fait, réalisa Prudence, en coulant un œil suspicieux en direction du jeune homme, elle ne comprenait pas très bien où il voulait en venir, avec son histoire de stage au Ministère ( « Gars, c’était l’été dernier… Y’a une éternité, sérieusement ! »), et elle le soupçonnait de préparer un parallèle bien foireux entre ses performances le jour du stage (elle ne maîtrisait que très partiellement le sort d’invisibilité que Charisma avait cherché à leur inculquer, probablement la faute à son manque de concentration après le déjeuner), et ses talents d’attrapeuse. Circonspecte, elle reprit :
- Oui… Et alors ? T’as perdu tes lunettes pendant le stage et tu viens seulement de t’en rendre compte ? T'es pas super futé, non ? J’les ai pas, si c’est ce que tu veux savoir. Panda ne portait pas encore de lunettes ? Ce n’était qu’une question de temps : tous les Serdaigles finissaient par porter des lunettes un jour ou l’autre. Foutus rats de bibliothèque.

[1008 mots]


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Pandanjila Sonko
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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyVen 11 Sep - 7:51

Loin de se laisser envahir par l'agressivité de la jeune fille, cette soudaine tension avait tendance à le pacifier plus encore : les conflits, il avait l'habitude d'en gérer. Il faisait même partie des gens les plus calmes de son année : ses parents étaient des modèles de sagesse et lui avaient transmis un sang froid à toute épreuve, ainsi, presque rien ne l'atteignait. C'est d'ailleurs en partie pour ça qu'il était à Serdaigle ça et parce qu'il savait que Fiona y était, Chapeauflou bonsoir, et non à Gryffondor comme il aurait pu l'être. Il était plus sage que courageux au final.

Quand la sorcière manqua de tomber par terre arrête la picole Faraday, Pan eut le réflexe de la rattraper très corona friendly tout ça mais la jeune fille s'aida d'un banc de bois nettement moins sexy que lui et ne perdit finalement pas l'équilibre zut. Oui j'arrête. Il réalisa juste après que la jeune fille était d'une humeur massacrante et n'avait pas la moindre intention d'accueillir la venue d'un étranger (au sens propre) avec sympathie : manifestement, quelque chose semblait la tracasser.

Le jeune homme ne comprit pas de suite quand la jeune fille lui proposa un autographe : il avait effectivement assisté au match et trouvait que la sorcière s'en était très bien tiré. Et le fait que ce soit Fiona qui ait attrapé le vif d'or n'avait fait aucune différence à ses yeux : il appréciait Fiona, la trouvait très jolie, certes mais à ses yeux rien qui ne vaille Prudence. Il n'aurait su l'expliquer tant c'était chimique. Puis l'attrapée du vif d'or était quand même un sacré coup de chance, rien qui ne confirma ou infirma un quelconque talent.
Il éprouvait  tout ça, même avant de lui parler tu vas pas être déçu du voyage
Ainsi, le sorcier aurait été tenté d'accepter l'autographe de la préfète, mais il sentit vite qu'il n'avait pas intérêt à le faire : la jeune fille, visiblement remontée contre la terre entière (elle s'en prenait à lui qui ne lui avait rien fait), faisait dans le sarcasme.

- Non, c'était une lentille. Tu es sûre que tu ne l'as pas vue ?

Répondit-il du tac-au-tac, un peu vexé de faire aussi peu bonne impression : manifestement elle n'avait pas compris qu'il était un ami d'amie et semblait motivée à lui faire payer quelque chose dont il n'avait pas conscience.
Un peu rieur, le sorcier se rattrapa bien vite pour ne pas que la jeune fille se sente encore plus moquée : manifestement – en déduisit-il – ses comparses de Serdaigle qu'il n'appréciait d'ailleurs qu'à moitié avaient eu la main lourde sur l'humour après le match et l'attrapeuse adverse avait pris cher. Il trouvait ça un peu pathétique, surtout vu les états dans lesquels ça la mettait et se félicita de pratiquer des sports individuels. Il n'avait jamais eu de déconvenues du genre dans la course à pied...

- Je plaisante. Pan marqua une pause : généralement, Pan était celui qui arrêtait les flammes et pas celui qui jetait de l'huile sur le feu. Je suis venu en paix, tu n'as aucune raison de te méfier de moi. C'était peut-être un peu trop franc pour être bien interprété, mais c'était lui : il disait toujours ce qu'il pensait. Son visage affichait d'ailleurs un calme olympien.

- Mes camarades de maison te mènent la vie dure depuis la fin du match ? Si elle avait encore un peu envie de s'énerver, il lui laissait une porte ouverte : mais il était hors de question qu'il trinque pour le comportement immature de personnes qu'il ne connaissait pas. Il détestait l'acharnement en plus et on n'allait pas lui faire croire que Prudence était dans ses meilleurs auspices, là si : elle prenait tout ça à cœur. Le jeune fille se fit un devoir d'essayer de la calmer bon courage : déjà parce qu'il exécrait l'agressivité et surtout parce qu'il ne pourrait pas avoir une discussion cool avec qu'elle tant qu'elle serait persuadée qu'il était là pour lui la prendre pour une bille.

(658)


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Prudence Faraday
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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptySam 12 Sep - 22:56

Prudence avait beau chercher refuge dans la chaleur de sa cape de laine, qu’elle serrait avec ardeur contre elle, la bise hivernale s’insinuait insidieusement à travers le moindre interstice de tissu, et la gelait jusqu’aux os. La Poufsouffle n’aurait pas été étonnée outre mesure d’être changée en statue de glace, avant de parvenir à se débarrasser de Pandi-Panda-je-raconte-n’importe-quoi. Elle pinça les lèvres, et lança un regard torve à son camarade. Il commençait à la gonfler la rouquine, celui-là, à la retenir dans cette cour hostile. Qui plus est, nota-t-elle, scandalisée, le drôle ne paraissait même pas souffrir du froid ambiant. De là à penser que les Serdaigles avaient leurs petits secrets bien gardés pour affronter des conditions climatiques dignes du cercle polaire le sens de la mesure, il n’y avait qu’un pas.
Goûtant peu d’être la seule à claquer des dents, Prudence se rembrunit davantage encore si, c’est possible tandis que Pandaninou faisait de l’humour ? « Tu veux te battre, Machin ? C’est ça ? Tu veux mourir ? »
- Pardon ? Rétorqua-t-elle, remontée comme un coucou sous acide, Ta lentille ? Tu te moques de moi, c’est ça ? Ajouta-t-elle perspicace, tout en plissant les yeux, d’un air soupçonneux qui n’annonçait rien de bon.

Un praticien éclairé des colères Faradesques aurait pu conseiller à Panda de désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose et « Oh Merlin, dépêche-toi, mon gars, elle devient toute rouge et elle commence à fumer des oreilles ! ». Le Serdaigle n’aurait alors plus eu qu’à s’époumoner, avec toute la conviction dont il était capable : « Ahlàlà, mais ne serait-ce pas le Professeur Gibson, s’apprêtant à présenter sa démission, que je vois, là-bas, juste derrière toi ? », avant de filer à l’anglaise la vitesse de l’éclair potterien, pendant que Prudence se retournait, ou à lui agiter une tablette de chocolat sous le nez, dans l’espoir que le cacao la calmerait, voire à lancer, nonchalamment « Et sinon, t’en penses quoi, toi, de Dahlia ? Elle ne serait pas un peu coincée-prétentieuse, cette dinde ?, afin de détourner habilement l’attention de la Poufsouffle. Quelle que fût la stratégie adoptée, il aurait su, en tout cas, que reconnaître qu’il plaisantait se payait ouvertement sa tête ( « C’est ma version des faits, votre Honneur, et je n’en démordrai pas. Cet individu m’a ignominieusement provoquée ! ») revenait à agiter un drapeau rouge sous le nez de McGonagall en hurlant « Aux chiottes Gryffondor la métamorphose ! Fi, les dissertations ! Tuons des chatons ! ».

- Très drôle. Bravo. Super. Comique de l’année.
Les ailes du nez frémissantes, Prudence sentait sa voix enfler dangeureusement. Un instant, elle hésita à tirer sa baguette de sa poche, pour stupéfixer l’importun, mais elle y renonça, estimant, d’une part que faire usage d’un sortilège sur son camarade, alors que sa position de préfète ne tenait qu’à un cheveu, n’était peut-être pas une idée brillante et d’autre part, qu’il lui faudrait écarter les pans de sa cape pour brandir sa baguette ce qui, était hors de question. Pandanjiji ne méritait pas qu’elle risquât la pneumonie pour lui. Elle se ravisa donc, et se contenta d’expirer avec force pour projeter son coronavirus directement sur le Serdaigle, avant de reprendre, dans un grondement rageur :
- Franchement, vous n’avez pas envie de me lâcher les baskets, avec vos… plaisanteries. La jeune sorcière avait presque craché le dernier mot. Visiblement, les promesses de paix de son camarade étaient restées lettre morte, car la Poufsouffle poursuivit sur sa lancée : De la part des purs esprits que vous êtes, j’trouve cette débauche de « plaisanteries » vachement indécentes, si tu veux tout savoir. Mais si ça te fait plaisir vas-y, balance la suite de ta blagounette sur les lentilles, le Quidditch et le vif d’or, et après, chacun repartira de son côté, pour continuer sa petite vie tranquille enfin, naturellement, tu risques d’avoir perdu trois ou quatre dents dans l’affaire, mais c’t’un détail.

Sa tirade achevée, Prue darda un œil noir sur Panda… Juste avant de froncer les sourcils, la mine étrangement chiffonnée. De toute évidence, un mystère quelconque était venu heurter sa cervelle congelée « Ingrédient clef de la potion d’aiguise-méninges, les enfants. Allez hop, on boit cul-sec, surtout ! » de plein fouet.
- Attends, dit-elle, soudain circonspecte, quel est le rapport entre les lentilles, le Quidditch, et le vif, au juste ?
D’ordinaire, les boutades des Serdaigles n’avaient rien de très subtil, si bien que Prudence considérait en avoir, peu ou prou, fait le tour. Celle de Pandinounou, cependant, plus originale, était une énigme. Elle eut une moue indécise, et reprit :
- C’est pas une blague philosophique, au moins ? Tant qu’à me faire insulter, j’aimerais autant comprendre le sens de l’injure avant d’avoir cent cinq ans, alors sois clair, s’te plaît, M'sieur-j'aime-quand-les-gens-ont-des-engelures.
Ce surnom, plus marmonné qu'articulé, lui avait été inspiré par l'état de ses orteils... qu'elle devinait proches du point de non retour.

[827 mots]


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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyDim 13 Sep - 13:28

Pan était loin de se laisser envahir par l'hostilité de son aînée c'est agaçant hein ?, il devait néanmoins reconnaître que la sorcière était loquace. Uagadou avait beau être l'école la plus grande du monde sorcier, il n'avait pas souvenir avoir déjà vu une sorcière aussi bavarde : et pourtant les filles l'étaient sans généraliser  !

Ainsi, Pan' se tut. Il regarda la sorcière, un très fin sourire accroché aux lèvres : il se doutait bien que sa tirade finirait par se terminer un jour peut-être.
Manifestement, la sorcière avait besoin d'extérioriser et manque de bol pour lui, c'était celui qui ne lui voulait pas l'enquiquiner qui trinquait pour tous les autres. Serait-ce un acte manqué ou bien ce qu'on appelait le karma ? Pan' n'y vit pas une coïncidence, il se dit que tout arrivait pour une bonne raison : il trouvait assez sain que ça tomba sur lui, lui qui avait assez de recul pour ne pas partir au quart de tour comme elle je vois qu'on se connait bien !. Quelqu'un de mal intentionné aurait pu mal réagir, pour le coup.

Le sorcier perdit ainsi son regard dans celui de la Poufsouffle, complètement envoûtant, stoïque aux questions de la belle : il n'était pas question d'y répondre, déjà parce qu'elles n'avaient aucun sens pour lui, et surtout parce qu'il ne voulait précisément pas mettre de l'huile sur le feu. L'idée était de la calmer et entrer dans un  débat stérile ne ferait pas avancer le schmilblick oui, on l'a aussi en Afrique.

Ainsi, quand elle termina, il comprit deux choses : la jeune fille était pétrifiée de froid, et en voulait à mort à la maison Serdaigle si tu veux on t'envoie Leith. Non, vraiment, ça nous fait plaisir. Tu vas te régaler..

- Acceptes-tu d'être ma cavalière pour le bal de Noël ?

Oui d'un, Pandanjila était direct, de deux, il avait une fâcheuse tendance à être cérémonieux. A sa décharge, il ne parlait pas un excellent anglais, et surtout, il ne parlait pas encore le Prudence personne ne le parle.
Le sorcier aurait pu se fondre en un « C'est toi qui a commencé les hostilités, d'abord. » ou « Oh ! Oh ! Tout doux sorcière... Calme-toi, caaalme-toi ! Ça va aller. » mais il avait préféré adopter un ton cool et une phrase pour le moins concise. Au moins comme ça, la préfète n'irait pas imaginer tout un d'histoires folles : elle savait pourquoi il était là.

- Tu permets ?

Le sorcier venait du Sénégal et serait pour ainsi dire mort s'il n'avait pas anticipé sa venue dans un pays du nord. Et oui, l'hiver arrivait vite après l'été et il était inconcevable pour lui de se contenter d'une vulgaire écharpe : au nord, les gens mourraient souvent de froid appele-moi Iorek Byrnison, il devait être vigilant.
Le sorcier avait trouvé une technique de métamorphoses qui consistait à réchauffer les habits que l'on portait toute une journée : une savante combinaison entre un vêtement lambda et une bouillotte géante. Le matin, Pan avait réussi à ensorceler son pull et ses chaussettes et ne souffrait pour ainsi pas du froid. Il y'avait toujours le visage, qui, complètement frigorifié, le faisait parfois souffrir : il en pleurait presque bichette. Mais le sorcier ne se plaignait pas, le reste de son corps était chaud.

Il avança sa main vers la cape de sorcière de la jeune fille, et la posa sur son épaule dans un geste apaisant avant de recevoir un poing dans les dents. Il préférait demander la permission avant la jeune fille t'a dit non plutôt que de faire peur à Prudence : vu son état, elle était capable de lui en coller une avant qu'il ne puisse faire quoique ce soit.
Une intense chaleur se dégagea de la main du sorcier et envahit tout le manteau de la sorcière. C'était un sort de métamorphose élémentaire, ce en quoi Pandanjila était spécialisé. A Uagadou, les sorciers utilisaient parfois les baguettes, mais c'était rare et le Sénégalais était plus à l'aise sans. Il était aussi à Poudlard pour se perfectionner avec, mais était pour le coup persuadé que s'il avait sorti sa baguette, son monologue sa conversation avec Prudence aurait fini en duel ' Deux adolescents ont été retrouvés morts dans la cour intérieure de l'école Poudlard. On ignore encore les circonstances du drame. On sait déjà que Victoire Weasley, agresseuse récidiviste notoire, n'est pas impliquée dans l'incident, trop occupée à enguirlander son futur ex-fiancé Ted Lupin. '.

Une fois la métamorphose réalisée, Pandanjila retira sa main et recula d'un pas. Il espérait que la sorcière – réchauffée par son tout nouveau manteau doucement chauffé près de la cheminée – serait plus apaisée. Après tout, elle ne lui avait toujours pas dit si elle acceptait ou pas d'être sa cavalière.

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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyDim 13 Sep - 22:36

- Ah ben merde, lâcha Prudence, dans un élan de spontanéité qui aurait fait mourir de honte ses parents (car les bougres avaient beau n’être d’accord sur rien, en ce qui concernait l’éducation de Prudence, ils restaient - ces gros ringards - tous les deux attachés à ce qu’elle employât un langage châtié. Malheureusement, sans grand succès jusqu’à présent), celle-là, faut bien avouer que je ne l’avais pas senti venir.
Que Pandada, avec qui elle entretenait à peu près autant de liens que Freja avec la probité, vînt lui demander d’être sa cavalière pour le bal relevait, dans son esprit, de la science-fiction. Certes, ils s’étaient – pour reprendre l’expression du jeune sorcier - « vus » au stage du Ministère, mais, pour être parfaitement honnête, Prue n’en gardait pas grand souvenir. Tout au plus se rappelait-elle avoir lancé un coup d’œil curieux à Pandou lors de la cérémonie de répartition présentation imposée par Charisma ( « C’pas pour critiquer, Madame, mais on se connaît déjà quasi tous, et ceux qu’on ne connaît pas, y’a zéro chance qu’on les calcule d’ici la fin de la journée, merci. »), tous les nouveaux produisant cet effet, au début. Depuis, elle identifiait le Serdaigle, quand elle le croisait dans les couloirs, comme « le grand type qui vient d’une autre école ». Question intimité, on avait déjà fait mieux. Qu’il fût copain avec Viska n’y changeait rien : Prudence ne savait tout simplement pas qui était Pandanji-j’ai-oublié-la-fin-pardon. A sa décharge, elle n’avait pas beaucoup fréquenté la Serpentarde, depuis Septembre elle préférait faire des réunions de Poufsouffle secrètes, ultra-secrètes, du coup tout le château est au courant.

- T’as trouvé personne d’autre, c’est ça ? Pas facile, hein, de dégotter un cavalier pour ce fichu bal… Ajouta-t-elle, d’un ton compatissant. Elle en savait quelque chose, elle qui, depuis sa première année, s’y rendait, au pire toute seule, au mieux au bras d’un ami. Il faut que je te dise tout de suite que je ne suis sans doute pas ce que tu recherches, pour un Noël bien peinard. J’veux dire, l’an dernier, j’ai quand même… La Poufsouffle laissa sa phrase en suspens, hésitant à poursuivre : avait-elle très envie d’annoncer à un potentiel « vrai » cavalier – le premier en cinq ans, Alléluia – qu’elle était parvenue, en une seule et même soirée, à ramper au sol, perdre des points (mais gagner une retenue), et faire vomir son meilleur ami quasiment devant toute l’école ? Manifestement non, car elle acheva sur ce qui constituait, sans doute, l’euphémisme de l’année : … pas été une très bonne partenaire.

Etrangement, elle qui était, quelques secondes plus tôt, la suspicion incarnée, ne songea pas un seul instant que Panda pût être en train de se payer sa tête ( « Ben ouais, tout le monde sait, que c’est la galère, pour toi et tes cheveux filasses, de trouver un cavalier pour le bal, alors on s’est dit qu’on allait faire un geste, tu vois, rapport à la victoire que tu nous as apporté sur un plateau. Et je ne parle pas de la Gryffondor, au cas où tu n’aurais pas compris l’allusion. »), ce qui, quand elle se remémorerait la scène, ne manquerait pas de constituer une source intarissable d’étonnement… et d’exaspération ( « A-t-on idée, d’être aussi cruchonne ?! »). Elle s’apprêtait à préciser qu’elle avait autant de talent pour la danse que les Serdaigles pour l’humour, quand elle fut coupée dans son élan par la question de Panpan.

- Hein ? De Quoi ? Baragouina-t-elle, en se sentant parfaitement stupide lucidité, juste avant que la main de Pandore ne vienne s’abattre sur son épaule. Prise de court, la jeune fille faillit couiner, tel César à l’heure de sa mort « C’est de la violence ! » lucidité toujours, mais les mots restèrent coincés au fond de sa gorge, tandis qu’une chaleur, qui n’avait rien de naturel, se répandait le long de sa colonne vertébrale. Elle écarquilla les yeux de surprise :
- Comment tu fais ça ? T’es sorcier ? Demanda-t-elle, soudain bien plus intimidée qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Elle fixait Pandi d’un œil nouveau, à présent, comme si elle reconnaissait enfin que le jeune homme était digne de son intérêt.
- C’est quoi, ton nom, déjà ? Interrogea-t-elle encore, avant de préciser, consciente que la question avait de quoi vexer. J’l’ai pas bien retenu, au stage. J’suis nulle pour les prénoms. Désolée.

[734 mots]


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Pandanjila Sonko
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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyVen 9 Oct - 8:20

Prudence n'aurait pas pu avoir plus tort en demandant au Serdaigle s'il n'avait trouvé personne pour l'accompagner au bal de Noël. En réalité, Pandanjila sourit plus encore à cette idée là : il ne prenait pas mal la réflexion de la Poufsouffle en mettant en doute ses propres qualités de séduction personne ne me dit non, madame, bien au contraire, mais s'amusait du fait qu'aux yeux de la préfète, la seule raison pour laquelle on lui demandait à elle, c'était faute de mieux. Ça traduisait, aux yeux du Sénégalais, un manque cruel d'estime de soi.

- En fait, tu es la première personne à qui je le demande si on exclue Mme Pince.

Inutile d'enorgueillir la jeune fille en lui disant qu'elle était la seule et l'unique avec qui il voulait y aller : sans parler du fait qu'elle irait très certainement se jeter d'effroi du haut de la tour d'astronomie, il n'aimait pas trop se dévoiler trop vite. Bien loin de se départir de son sourire satisfait (satisfait étant un euphémisme : Prudence venait à demi-mot d'accepter), le jeune homme trouva utile d'ajouter :

- Oh, je ne dois pas être pas un excellent cavalier non plus, j'imagine. Je n'ai jamais dansé...

Ce qui – il le savait – ne serait plus un problème d'ici le bal de Noël. Hors de question de faire honte à sa cavalière – préfète de surcroit – pour la première danse (une tradition locale, blablabla) : il avait à présent tout le temps de se renseigner et de demander conseils autour de lui, maintenant qu'il n'était plus seul. Poudlard était plus ouvert qu'il ne l'aurait cru, en définitive : jamais il n'aurait imaginé possible d'être choisi par l'un des 10 préfets de l'école pour être son cavalier y'a plus de préfets que d'élèves, non ?. Ça allait un peu à l'encontre de ce qu'il avait relevé jusque là.

- Ça veut dire que c'est oui ?

Pandanjila lisait largement entre les lignes, mais il ne voulait laisser aucune chance à Prudence de se défiler. Il n'aurait pas supporté de la voir passer la soirée avec quelqu'un d'autre. Pan n'était pas du genre jaloux ou possessif, mais la perspective de ne pas passer plus de temps avec elle lui était devenu soudain étrangement frustrant. Elle devait accepter.

Quand il appliqua sa main sur l'épaule de la préfète pour transmuter ses habits, la réaction qu'il obtint fut surprenante : la jeune fille n'aurait pu être plus déconcertée. Mais ça, encore, il avait l'habitude.

- Sorcier ? Comment osez-vous madame, je suis quelqu'un de correct !

La question était si singulière que la réaction du Serdaigle fut un peu loufoque. Qu'entendait exactement Prudence par Es-tu sorcier?. Avait-elle consciente qu'elle était elle même dans une école de magie pour sorciers ? Ou bien se figurait-elle que Pandanjila – exceptionnellement – n'était qu'un moldu en voyage scolaire, destiné à être oublietté en fin de séjour ? Pour le coup, c'était cette question que Pandanjila n'avait pas vu venir.

- A Uagadou, on pratique la magie sans baguette. Précisa t-il.

Il faillit parler de la métamorphose, qui était sa matière préférée (avec l'alchimie, qui ne s'étudiait pas à Poudlard), mais garda le sujet pour plus tard. Ce n'était pas le propos.

Pour l'heure, Prudence était prête à retenir son prénom, ce qui n'était pas le cas de tout le monde.

- Je m'appelle Pandanjila. Mais tu peux m'appeler Pan', si tu veux.

Il le savait, pour les Britanniques, son nom était une épreuve : Fiona s'en était bien sortie, mais depuis son arrivée à Poudlard, c'était bien la seule.

(581)


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Prudence Faraday
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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyDim 11 Oct - 22:42

Prudence fronça le nez d’un air ennuyé. Si Panda-vas-y-répète-ton-nom-j’ai-pas-bien-compris n’avait jamais dansé, il était de son devoir de lui annoncer une bien triste nouvelle :
- Ah. Le problème, tu vois, c’est que les préfets doivent ouvrir le bal. Ne me demande pas pourquoi. Et je suis préfète. Ne me demande pas pourquoi non plus. J’ai essayé de me défiler l’année dernière et… Disons que ça ne s’est pas très bien terminé.
Elle tut un instant et esquissa une grimace, tandis que le souvenir des heures de retenue infligées par McGonagall, après qu’elle l’eût surprise à ramper sur le sol pour échapper à la danse d’ouverture, remontait à la surface. Elle trouvait pour une fois la directrice très injuste : après tout, tout le monde n’était pas censé être à l’aise sur une piste de danse, a fortiori si l’école n’offrait pas aux élèves une spécialité « Danses de salon » ou « Pas de deux et mondanités » dans le cadre des enseignements optionnels, et personne n’avait jamais dit que savoir valser était un prérequis nécessaire à la sélection des préfets.
A la réflexion, peut-être aurait-elle dû jouer la carte du complexe adolescent ? « Aaaaah, professeur, c’est affreux, je me sens si mal dans mon corps. J’ai la cuisse flasque, le ventre mou, le nez obèse et le front boutonneux. Et vous voudriez que j’expose ma grâce hippopotamesque aux yeux de tous ? Aaaaah, cruelle que vous êtes, plutôt mourir ! Un peu de pitié, Professeur, souvenez-vous de vos jeunes années… » Mais les jeunes années de McGonagall étaient sans doute trop loin pour être ressuscitées, et comme elle avait, selon Prudence, autant d’empathie qu’une chèvre morte, il y avait fort à parier que l’argumentaire l’eût laissée de marbre.

- Bref, si tu préfères sauver ta dignité et tes orteils pour y aller avec quelqu’un d’autre, je comprendrais. Sérieusement, ce truc, c’est l’horreur. Mais si tu es suffisamment inconscient pour tenter l’expérience, c’est d’accord, je veux bien y aller avec toi. Reprit-elle finalement. Elle ne se faisait aucune illusion, cependant : Pandidi devait déjà être en train de se demander comment revenir sur son invitation sans passer pour un gros mufle. Une partie d’elle, cependant, se surprenait à espérer qu’il ne le ferait pas : ne serait-il pas agréable, pour une fois, d’avoir un cavalier qui ne fût pas son ami ? Prue préférait éviter d’y penser, mais l’idée que jamais personne ne l’eût encore invitée au bal « pour de vrai », comme elle le formulait elle-même maladroitement, commençait à l’angoisser. Etait-elle si repoussante qu’il fallait la fuir ? La dernière fois qu’elle avait vérifié, pourtant, elle avait bien le nez au milieu de la figure, deux yeux tout à fait acceptables et une physionomie, somme toute, pas trop désagréable. Sans prétendre être une Victoire, elle valait bien une Vanellope ou une Dahlia. Alors quoi ?

- Uaga… Quoi ? C’est où, exactement ? Demanda-t-elle ensuite, en écarquillant les yeux d’un air ébahi. Bien entendu, Prue savait qu’il existait d’autres écoles que Poudlard, à travers le monde sorcier : Beauxbâtons, par exemple, où Joséphine avait commencé ses études, ou Ilvermorny, que Magicis Sacra avait, un temps, tenu sous sa coupe, mais elle n’avait jamais entendu parler d’Uagadou. Réalisant, dans un éclair de lucidité, tout ce que son ignorance pouvait avoir de vexant pour son camarade, la Poufsouffle s’empressa d’ajouter. Désolée, je ne suis pas très calée en géographie du monde sorcier… Je suis sûre que Binns a dû mentionner ton école à un moment ou à un autre, mais je devais être trop occupée à faire du pendu-sorcier avec Quino pour l’écouter… La Poufsouffle marqua une pause, et coula un œil prudent en direction de Panda : insulter son ancienne académie ( « C’est dans quel trou, ça, au juste ? Et ils sont reconnus sur la scène internationale, vos diplômes ? ») et faire preuve d’une désinvolture décomplexée à l’égard des cours d’Histoire de la Magie, ne risquait pas de jouer en sa faveur. Après tout, la plupart des Serdaigles semblaient juger criminel de ne pas prendre la moindre note chez Binns.

- Enfin bref ajouta-t-elle précipitamment, je ne savais pas qu’on pouvait faire de la magie sans baguette. Je croyais même que c’était impossible. Qu’il fallait un catalyseur ou j’sais pas quoi pour que la magie opère… On vous en fait acheter une quand même, au début, ou même pas ? Elle se demandait ce que le vieil Ollivander pouvait penser de ce type de magie. Pas grand bien, probablement. Ceci étant, quand on y réfléchissait, les petits enfants arrivaient à provoquer des phénomènes magiques sans avoir de baguette... Evidemment, ils ne contrôlaient pas ce qu'ils faisaient, mais c'était bien la preuve que la magie pouvait se passer de baguette. Prudence laissa cette question de côté pour le moment, et revint au Serdaigle.
- A tes souhaits. Pan ? D’accord, je note. Et tu peux m’appeler Prue, si tu veux.
Il allait de soi que cette dernière proposition n’était pas du tout liée au fait qu’elle avait déjà oublié dans quel ordre placer les syllabes du nom de son interlocuteur (« Pandanlidan, c’est ça ? »), et cherchait à faire comme si utiliser un diminutif, après moins de quinze minutes de conversation, était la chose la plus naturelle au monde.

[885 mots]


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Ξ Sujet: Re: [THEME] Dear Prudence [PV]   [THEME] Dear Prudence [PV] EmptyLun 2 Nov - 0:23

Pandi-Pandadanjila écoutait Prudence avec intérêt : il était content, elle semblait très à l'aise avec lui. Plus à l'aise qu'au début de la conversation n'était pas compliqué, certes, mais la jeune fille lui parlait comme s'ils se connaissaient depuis longtemps. C'était la première sorcière à ne pas lui parler comme à un étranger depuis son arrivée à Poudlard « Moi te dire que les cours vont bientôt commencer. Tu dois suivre moi. TOI, SUIVRE, MOI ! Pigé ? » et il appréciait ça.

- Je suis déjà au courant. Je ferai avec.

Pancakedanjila ne se trouvait pas particulièrement courageux, car il estimait que le courage était le fait de combattre ses peurs : lui, était rarement effrayé par quoique ce soit. Il n'éprouvait là par exemple aucune crainte à ouvrir le bal avec Prudence : il fallait dire qu'il ne connaissait personne à Poudlard, ça faisait carrément chuter tous les enjeux possibles à ses yeux. La seule personne qu'il avait à surprendre et à impressionner était à demi-mot en train d'accepter de le prendre pour cavalier. Tous les autres, il s'en fichait sans vouloir vous vexer.

- Je relève le défi !

Le très serrein Pangolindanjila n'était pas prêt à lâcher la Poufsouffle : si elle croyait qu'il allait se débiner, c'était bien mal le connaître. Il allait toujours au bout de ce qu'il entreprenait.

La jeune fille lui demanda ensuite où se trouvait Uagadou. Lui-même connaissait les pays où étaient implantés les écoles de magie du monde et sans en connaître l'emplacement précis, il connaissait au moins leur existence lui. Si à Poudlard il avait été surpris, voire choqué, de constater que personne ne connaissait Uagadou, il avait fini par s'y faire : apparemment, s'intéresser à ses voisins n'était pas très anglais. Pouvait-on pour autant reprocher à des enfants d'avoir été mal instruits ?

- C'est en Afrique, mais on garde l'emplacement secret. Dit-il avec un sourire : si Prudence lui demandait la localisation précise, il lui dirait : de toute façon, ce n'était pas comme si elle avait pour projet de s'y rendre. Aucun sorcier qui n'était pas de l'école était incapable de s'y rendre par contre les moldus, si..

Quand il fit sa démonstration de magie sans baguette, Pan s'était attendu à une réaction comme celle de Prudence : pour le coup, tous ceux qui utilisaient des baguettes (tous les sorciers du monde en somme) étaient toujours particulièrement choqués de la démonstration. A la longue, ça ne le surprenait plus tant que ça.

- La magie vient de toi, pas de la baguette. Tu es capable de faire de la magie sans, toi aussi, je t'assure ! Je pourrai t'apprendre si tu veux.

Pandanjila était plutôt optimiste : certes Prudence n'avait pas grandi dans un pays qui jugeait les bouts de bois inutiles et surtout elle avait appris la magie via la manipulation d'une baguette, mais ce n'était pour autant qu'elle était incapable de s'en passer. La magie faisait partie des sorciers, et quiconque à l'esprit ouvert pouvait accueillir de nouvelles connaissances. Celle-ci en faisait partie.

- D'accord !

Ça resterait malgré tout pour lui Prudence, il ne se sentait pas encore assez proche d'elle pour lui donner un surnom. Pour ce qui était de lui : il jugeait ça même normal, pour le coup, ses propres parents aussi avaient renoncé à l'appeler par son nom entier. Pourquoi le feraient-ils d'ailleurs ? Eux-mêmes devaient bien s'être rendus compte que Pandémiedanjila était lourd à porter.

(551)


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