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 [Journal] I'll never be enough.

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Viska Spingate
Viska Spingate
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Ξ Sujet: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptySam 2 Jan - 17:56




Première page

lundi 7 mars 2016

C'est important, je crois, d'avoir la foi.

Erin m’a conseillée de tenir un journal parce que c’est ce qu’ils lui ont fait faire lors de sa cure l’été dernier. Quand je lui ai demandé à qui elle s’adressait quand elle écrivait, elle m’a répondu qu’elle faisait comme si elle s’adressait à son groupe de parole, mais je ne suis pas certaine qu’il existe ce genre de groupe pour les personnes enlevées par leur père sociopathe, meurtrier et incestueux. J’ose espérer que ce cumul reste rare sinon je vais définitivement perdre foi en l’humanité.

C’est important, je crois, d’avoir la foi, de penser que les choses finiront forcément par aller mieux et qu’il y a des tas de choses dans notre vie qui méritent qu’on se battent pour elles. Mais ça ne me dit toujours pas vraiment pour qui j’écris. Tout le monde ? Personne ? Disons tout le monde, ne parler à personne c’est pas du tout mon genre.

Maintenant que j’ai réglé la question du à qui, évoquons un peu le quoi. Si j’ai accepté le carnet tendu par Erin, c’est en parti pour lui faire plaisir et en parti parce que pendant que j’écris dedans, je suis occupée. Elle s’attend sûrement à ce que je m’étende sur ce que je ressens, sur mon passé, sur mes sentiments… seulement je ne sais pas si je suis très douée pour ça. Il y a bien des événements des six jours passés avec Nathan dont j’ai très peu parlé, des choses qui me hantent, des peurs que je n’avais pas avant, mais je suis Viska Spingate : je ne suis pas supposée me laisser abattre.

Je reconnais que j’étais plus crédible quand je disais ça avant d’être enlevée, parce que maintenant j’ai d’insupportables accès de faiblesse. Si ça avait du sens, je me filerais des baffes. Ce n’est pas qu’il soit inconcevable pour moi d’envisager ma situation objectivement. Je sais qu’après ce que j’ai vécu, c’est normal de ne pas aller bien. Je ne suis pas dans le déni non plus. Je crois seulement qu’aller de l’avant est une nécessité absolue et urgente actuellement.

J’étais préparée à vivre dangereusement grâce aux entraînements, pourtant face à Nathan je n’ai pas du tout assurée. Il m’a maîtrisée beaucoup trop facilement. Rien que d’y penser, je suis furieuse contre moi. À quoi ça sert de savoir se battre si on ne peut même pas se défendre le moment venu ? Je n’ai même pas été capable de résister à la torture. Il y a pris son pied ce pervers !!!!



J’ai du faire une pause dans l’écriture, Jensen me trouvait agitée et je n’étais pas sûre que ce soit une bonne idée qu’il lise ce que j’étais en train de noter. J’ai attendu de monter dans les dortoirs avec Peony pour continuer. Comme je disais, donc, je conçois la normalité de mon traumatisme et la réalité de son existence. Je n’ai pas honte d’avoir peur du moment que ça ne m’empêche pas d’avancer. Or, actuellement, je suis faible, ce qui est un luxe que je ne peux pas me permettre, encore moins avec Nathan toujours dans la nature.

J’aurais bien repris les entraînements dès cette semaine, cependant physiquement, je suis encore trop faible, sans même parler de mon état psychologique. Je n’ai aucune prise sur ma guérison et mon impatience agace les adultes qui me demandent de rester au calme… sans parler de Jensen et Alex’ qui n’ont pas l’air enchantés quand j’évoque ma reprise du sport. Ces deux-là, s’ils pouvaient m’enfermer dans un cocon jusqu’à guérison complète – ou plus -, ils le feraient. Il faudra bien que je reprenne un jour pourtant : entre ma semaine séquestrée et celle à l’infirmerie, j’ai perdu du muscle alors que ce n’était déjà pas mon point fort.

Enfin… chaque chose en son temps. Pour le moment, c’est l’heure de prendre mes potions et de dormir, je verrai si je continue d’écrire demain ou pas !

{653}
(c) DΛNDELION



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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyJeu 4 Fév - 9:45




Seconde page

mardi 8 mars 2016

Je me contiens mais tout m'agace.

Je n’arrive pas à penser du bien de l’annonce du banquet de demain. Les professeurs nous ont dit fièrement qu’une délégation de mages venus de tous les pays alliés allaient réparer notre bouclier. Présenté comme ça, ça semble être une bonne chose : notre école est devenue un vrai gruyère entre les passages secrets magiques vers d’autres endroits, les taupes en tout genre, et bien sûr ma disparition. Pourtant, je n’arrive pas à m’enthousiasmer pour cette nouvelle. Jensen non plus, pour les mêmes raisons. Je n’avais pas fait mystère de mes impressions d’être épiée depuis que j’avais quitté la maison de Jensen, ils auraient du trouver ça bizarre et mener de vraies recherches. C’est un peu tard maintenant de se dire « Oups, on devrait vérifier le bouclier », et ça me paraît surtout assez maladroit de faire un banquet pour le fêter.

Maintenant, je ne me sens plus surveillée, preuve que cette impression ne venait pas de mes angoisses mais que c’était un fait bien réel. Que ce soit avant ou maintenant, je crois que je ne me sens pas vraiment écoutée par mon entourage en général et par les adultes en particulier. Personne ne m’a demandé, par exemple, quand et comment je voulais revenir en cours. On m’a imposée des modalités qui, sans être fondamentalement incongrues, ne sont pas simples pour moi. Si ce n’est pour que Jensen puisse y retourner, je n’étais pas si pressée de retourner en classe. J’ai eu l’impression qu’on me jetait en pâture aux lions, impression fortement renforcée par les murmures qui couraient dans mon sillage. Et même si je conçois qu’il ne puisse pas y avoir de dérogation aux règles du dortoir, les adultes devraient essayer de comprendre que ce soit difficile d’être séparés pour Jensen et moi. Faire comme s’il n’y avait pas de traumatisme sous prétexte de bienséance n’efface pas la réalité de son existence. Même chose pour ce banquet, ce n’est pas parce qu’on va nous demander de rester sagement à table dans nos petits uniformes pour faire bien devant les invités que tout va réellement bien.

Je me contiens, mais tout ça m’agace. Faire de belles phrases n’y change rien : je suis obligée de me faire violence pour paraître « normale » mais on m’en demande toujours plus. Si je m’écoutais, je me cacherais quelque part avec Jensen et je n’en ressortirai qu’une fois Nathan attrapé. Évidemment, ce n’est pas une solution réaliste, ça paraît même franchement lâche, donc jamais je ne dirais un truc pareil à haute voix. En plus, je sais qu’au final si je me cachais, mes amis me manqueraient et que je ne tiendrais pas si longtemps que ça loin d’eux. Je nourris néanmoins des fantasmes de repli à chaque nouvelle crise.

Parce qu’il y a les crises aussi. De la simple panique à l’évanouissement en passant par la violence, en fonction de ce qui les provoquent, elles n’ont pas toujours la même forme, mais la cause est toujours la même. J’ai peur. J’ai peur d’être de nouveau enlevée, j’ai peur de me brûler, j’ai peur des serpents, j’ai peur de la part de moi héritée de Nathan, j’ai peur d’être seule, j’ai peur de sombrer dans la folie, j’ai peur que Jensen ne m’aime jamais, j’ai peur qu’il m’en veuille à cause du Quidditch, j’ai peur quand quelqu’un me touche sans prévenir, j’ai peur de rater mes BUSES. J’ai peur en permanence et c’est épuisant.

Mais je ne peux pas dire tout ça alors j’essaie de me contrôler. J’y parviens un peu mieux que les premiers jours. L’équilibre reste fragile, je sombre encore trop souvent, et même quand je tiens, ce n’est qu’une apparence. Je voudrais bien être plus courageuse… être capable de simplement me réjouir de m’en être sortie sans être aussi craintive. Malheureusement, je n’ai aucun contrôle là-dessus, et je ne sais pas si l’écrire dans ce cahier va vraiment aider (disons qu’au pire ça ne fait pas de mal).

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    Viska Coline Spingate

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyJeu 4 Fév - 15:42




Troisième page

jeudi 10 mars 2016

J’ai donc disparu alors que je me rendais en cours de divination.

Certains prétendent que ça irait mieux si j’en parlais. Est-ce réellement possible ? Depuis ma pseudo-évasion, j’ai essayé de rester factuelle. L’étendue des sévices subis ne m’apparaissait pas essentielle pour la recherche de Nathan et je me suis généralement concentrée sur le récit de mes diverses tentatives pour m’enfuir ainsi que sur les quelques bribes d’information que j’avais pu recueillir – malheureusement rien de très utile -. Comme je l’ai expliqué à Prue, ce n’est pas que je ne veuille pas en parler par peur ou par pudeur, ce qui me retient c’est l’impression que si je raconte ce qui s’est réellement passé pendant ces six jours, je n’aurais en retour que des réactions gênées et forcées. Cela mettra forcément tout le monde mal à l’aise, même si me voir m’évanouir deux à trois fois par jour n’a rien de confortable pour mon entourage. Mais ne serait-ce pas pire qu’ils aient un aperçu de ce qui se passe dans ma tête ? J’ai un peu peur que, s’ils l’apprenaient, ils ne me jugent juste bonne à être enfermée. Ou, peut-être pas jusque là, mais en tout cas qu’ils ne prêtent plus vraiment foi à mon jugement.

Mais si je l’écris, personne ne le saura ? Ce journal n’est pas vraiment caché, mais je ne pense pas que quelqu’un ait l’idée d’aller le lire.

Peut-être que je pourrais écrire…



J’ai donc disparu alors que je me rendais en cours de divination. J’étais seule à ce moment là, j’avais fait un détour par les toilettes en me disant que s’il nous fallait encore boire du thé avant d’en lire les feuilles, ma vessie ne tiendrait pas jusqu’à la pause du midi. J’avais déjà utilisé un portauloin et la sensation fut assez similaire. Un peu désorientée au départ, j’ai malheureusement assez vite compris les grandes lignes de ce qui était en train de se passer lorsque j’ai vu Nathan. Mon « père » s’est approché de moi, un sourire aux lèvres.

On imagine toujours que les gens méchants ou dangereux ont un physique qui permet de les identifier comme tel, rien n’est plus faux. Nathan est un bel homme à l’air aimable lorsqu’il n’est pas dans une de ses crises que je qualifierais de psychotiques à défaut d’en connaître le terme exact. Connaissant cependant la vérité de ses penchants, je restais figée, incapable de dire quoi que ce soit. Il passa la main sur ma joue avec une tendresse horripilante et la caressa : « Bienvenue à la maison Viska » m’a-t-il dit, et en fait de maison, il ne s’agissait que d’une cabane de pêcheurs, entièrement en bois, avec un poêle à bois dont le conduit courait le long de l’un des murs. Une table et une unique chaise était à l’opposé, la surface était couvertes de journaux et de carnets. Contre un autre des murs, près de l’entrée, se trouvait le lit en ferrailles muni d’un matelas. Des couvertures étaient pliées en quatre et posées sur le rebord. Quelques cageots dans un coin contenaient des provisions et du matériel de première nécessité. Il n’y avait pas de sanitaire. Nous buvions l’eau de bouteilles visiblement achetées dans des grandes surfaces moldues, pour le reste, nous faisions avec l’eau glacée du lac avoisinant. Autant dire que le confort était sommaire mais ce n’était pas là mon plus grave problème.

Entraînée à ça par ma tante, je luttais contre la sidération qui me donnait l’impression d’être une biche hypnotisée par les phares de la voiture qui va l’écraser. En l’absence de réponse de ma part, Nathan se pencha sur moi pour m’embrasser mais cela acheva de me sortir de ma torpeur. Je lui envoyais un direct bien placé dans l’estomac qui aurait remis à sa place n’importe lequel de mes camarades, mais Nathan n’était pas un adolescent et si mon geste le stoppa net, il le fit à peine broncher. Je devais réaliser au fil des jours suivants que la douleur n’avait quasiment aucun effet sur lui. « Ne me touche pas... » lui intimais-je néanmoins avec froideur, ayant pleinement récupérée toutes mes capacités physiques et mentales. « Voyons Viska, tu sais bien que c’est pour ça que tu es née, pour ça que je t’ai faite... », il fallait plus que mes petits poings pour le déstabiliser et il continuait à sourire, je notais cependant qu’il avait enlevé sa main de mon visage. Je compris plus tard que Nathan ne me contraindrait pas de cette façon, il avait une autre manière d’envisager ses projets. « Plutôt mourir » lui répondis-je pourtant, plus sûre de moi en apparence que ce que je ressentais vraiment. « Tu ne mourras pas ma chérie, j’ai déjà attendu seize ans, c’était très long. Mais tu finiras par être d’accord, il faut juste que je t’enlève toutes les idées stupides que McGonagall et Granger t’ont mise dans la tête, c’est tout. »

Cela ne faisait donc pas dix minutes que j’étais arrivée que je me retrouvais attachée aux chevilles et aux poignets, à même le sol glacé. Il commença alors à parler dans un monologue beaucoup trop long pour que je l’ai vraiment retenu. Il parlait beaucoup de Myrielle et de comment un certain Isaac l’avait montée contre lui. Quand je pus en placer une, et parce que je suis parfaitement incapable de me taire pendant des heures sans faire de commentaire, j’objectais que le mari de Myrielle s’appelait Alexis. Cette remarque lança Nathan sur le sujet des mésalliances et même si ma peur formait comme une boule dure au fond de mon estomac, je restais attentive. Pendant qu’il parlait, je cherchais un plan pour m’évader.

Je n’avais pas ma baguette, celle de Nathan était dans son dos, glissée entre son jean et son tee-shirt.  Myrielle m’avait appris à me défaire de mes liens mais durant toute cette première journée, je n’eus aucune ouverture. Il parlait et parlait sans discontinuer… j’en déduisis qu’il avait trop longtemps été seul sans personne pour l’écouter râler sur le monde sorcier. Je trouvais inquiétant de me reconnaître dans ce besoin compulsif de s’épancher mais sur le moment mes ressemblances avec Nathan n’étaient pas au cœur de mes préoccupations.

Il me fit manger des lentilles et du riz à la cuillère pour le dîner, comme je n’avais pas déjeuné, ayant été enlevée en fin de matinée, je pris ce repas sans faire la difficile. Il n’était pas dans mes intentions de me laisser mourir de faim et je songeais que pour m’enfuir, il me faudrait des forces. Mes bras et mes jambes commençaient à être un peu engourdis, mais je sentis néanmoins alors que la nuit tombait que les mains de Nathan allaient à des endroits desquels un homme de son âge, et à fortiori un père, ne devrait pas approcher chez une adolescente. De rage, je le mordis au premier endroit que je pus atteindre, son cou. Je n’y mis absolument aucune retenue et j’eus l’énorme satisfaction de, cette fois-ci, le faire hurler de douleur et de surprise. De frustration peut-être aussi. Il saignait et je regrettais presque d’avoir raté sa jugulaire tellement j’étais horrifiée par son comportement.

En réaction, et peut-être pour me punir, il me donna un coup de poing qui me fit presque tomber sur le côté. Le sang de Nathan et le mien se mélangèrent dans ma bouche et quand je crachais je fus prise d’un hoquet entre rire et larmes. « Pas touche j’ai dit » lançais-je en me redressant, le défiant du regard dans la pénombre. Il se leva et m’envoya cette fois un coup de pied, toujours au visage, qui m’assomma. Je perdis connaissance et ne me réveillais que plusieurs heures plus tard, mes blessures lavées et pansées. Nathan était allongé dans le lit, il dormait. Une sourde douleur au crâne m’élançais et je finis par m’endormir, allongée sur le sol et roulée dans la couverture que Nathan m’avait laissée.

Ma première journée de captivité se terminait sur un statu quo.

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyJeu 4 Fév - 23:34




Quatrième page

Samedi 12 mars 2016

Nathan commença à passer en revue mes « fréquentations ».

C’est un peu éprouvant d’écrire le récit de ma captivité, et pour le moment je n’y trouve pas l’effet cathartique promis. Peut-être parce que personne ne le lit ? Au final, ce n’est pas très différent que de me repasser le film de ces jours-là dans ma tête… ce que je fais beaucoup trop souvent. Mais admettons : autant aller au bout de l’expérience, qui sait, si un jour j’ai besoin de partager cette histoire avec quelqu’un, au moins n’aurais-je qu’à lui montrer ce cahier ? Ma mère, par exemple, aimerait probablement tout savoir, même si c’est horrible. Ce n’est pas son genre de fuir la difficulté. Mais lorsque j’étais à l’infirmerie, je n’ai pas pu le faire. Oralement, c’est plus difficile de ne pas perdre le fil, de ne pas se laisser déborder par l’émotion.

Le deuxième jour, donc.
Le réveil a été un peu difficile à mon niveau : j’avais été frappée à la tête et le sol n’était pas idéal pour une nuit réparatrice. J’avais un peu peur d’avoir une commotion cérébrale mais il semblait que ce ne soit pas le cas. Enfin, n’oublions pas les liens pour ajouter à mon inconfort. Je me débarrassais de ces derniers dans le courant de la matinée. Je n’étais peut-être pas très forte, mais pour ces trucs là, j’étais vraiment douée. Nathan était au lac, j’en profitais pour prendre la poudre d’escampette. J’ai couru droit devant moi pendant dix minutes avant qu’il ne me rattrape, m’attrape et me ramène à mon point de départ sous mes cris de rage. Il me colla de nouveau une rouste mais il évita le visage, peut-être ne voulait-il pas plus défigurer sa poupée ? En tout cas, j’écopais cette fois-là essentiellement de bleus. C’était la base du combat au corps à corps : savoir doser les dommages que l’on causait. J’étais plutôt fière de moi, à ce stade de ma captivité, les seuls cris que j’avais poussés étaient provoqués par la colère.

Niveau conversation, Nathan commença à passer en revue mes « fréquentations ». Il était étonnamment bien renseigné, signe qu’il m’avait espionnée. Un fait flippant parmi d’autres. « Et bien quoi papounet, mes goûts en matière de garçon te déplaisent ? » à ce stade de la conversation, je m’en étais déjà prise une ou deux de plus mais ses commentaires sur Jensen ne passaient pas. De manière assez prévisible, il le comparait à ce Isaac donc il m’avait rebattu les oreilles la veille. Au-delà du fait que rien dans la bouche de Nathan à ce sujet ne pouvait être flatteur, je n’étais pas sûre que ce soit très sympa pour Jensen. J’veux dire… ce gars là, c’est un ex de Myrielle, mais elle n’en parle jamais… donc c’est qu’il a pas du être sympa, non ?

Bref. Sans surprise, ma remarque ne lui plut pas. Il m’envoya une nouvelle gifle pour commencer. Son visage était rouge, il était très en colère. Il avait même arraché mon collier, brisant sa chaîne. « Tu n’avais pas le droit de… de fréquenter ce petit... » Je haussai les épaules ce qui me fit très mal mais déjà, seulement en jour deux, ça comptait moins que de lui rappeler que je n’étais pas à lui. « Et je ne fais pas que le fréquenter, je couche avec aussi. Ça te fume ça pas vrai ? » Visiblement, il le savait déjà, ou il s’en doutait, ça me faisait juste plaisir de le lui rappeler. « Il n’avait pas le droit de…
- C’est amusant parce que je suis presque sûre de ne jamais avoir eu besoin de ta permission pour quoi que ce soit. » Malheureusement, c’est à ce moment qu’il changea de tactique. Il arrêta de me frapper, s’accroupit pour mettre son visage à ma hauteur et j’eus bien plus peur de lui en voyant son air sûr de lui que lorsqu’il était en colère. « Il faut juste que je te rééduque. » Cette phrase me fit froid dans le dos, mais ce fut encore pire quand, quelques minutes plus tard, il revint avec un seau d’eau glacé qu’il déversa sur moi. Nous étions mi-février et, tout à fait objectivement, j’avais toujours été nul pour les entraînements sous l’eau froide. Je détestais même tellement ça que Myrielle avait renoncé à m’en faire faire.

Je grelottais alors qu’il se penchait de nouveau sur moi : « Il y a deux choses que tu dois savoir Viska, la première c’est que tu n’as été créée que pour me servir, la seconde c’est que tu n’es pas assez bien pour McGowan. Regarde-toi ma chérie, tu n’es qu’à moitié sorcière, tu n’es qu’un passe-temps pour lui. Un joli passe-temps, j’en conviens, mais le seul qui puisse aimer une chose comme toi, c’est moi. » Saisie par l’eau froide, essoufflée par l‘hypothermie, je ne pus rien répondre. Cela lui laissa tout loisir de poursuivre sur le même ton pendant un temps infiniment long durant lequel il ne posa pas un seul doigt sur moi. Il se contentait de me parler, et, de temps en temps, de me recouvrir d’eau froide qu’il venait d’aller puiser. Le sol, celui-là même sur lequel je devais dormir, était trempé. Mes hoquets de surprise à chaque nouvelle salve me faisait avaler de cette eau sale et je manquais parfois de m’étouffer avec. Nathan m’empêchait de m’endormir, autant pour m’éviter de tomber malade que pour pouvoir se faire le plaisir de continuer à descendre ma relation avec Jensen. Quand il eut fait le tour de ce côté là, il en revint à mes amis mais le résultat était assez similaire : personne ne pouvait m’aimer parce que j’étais défectueuse. Une poupée cassée, créée avec une moldue faute de mieux. Si j’avais pu parler, quelques répliques cinglantes sur son incapacité à se trouver une femme de son « rang » n’auraient pas été de trop. J’aurais voulu aussi pouvoir défendre mon entourage, les lambeaux de ma conscience me rappelant que c’était Nathan qui pensait ça, pas eux.

Le soir venu, Nathan me donna de nouveaux vêtements et une serviette. Il eut même la décence de sortir pendant que je me séchais, enlevant ce que je pus, mais obligée de garder ma chemise à cause de mes liens. Je l’épongeais maladroitement en claquant des dents et passait le pull par-dessus. Quand Nathan revint, il me donna un bol de soupe chaude, cette fois sans parler – ce qui me reposa – mais à peine l’eus-je fini qu’il me plaqua sous le nez un tissu imbibé de chloroforme. Ma deuxième journée se terminait alors que je sombrais dans un sommeil factice.

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptySam 6 Fév - 16:08




Cinquième page

Dimanche 12 mars 2016


Le troisième jour marqua un nouveau tournant dans l’horreur. Bien que transie de froid, blessée et abattue moralement, Nathan constatait que ses discours n’avaient aucun effet sur ma docilité. Je tentais de m’enfuir dès qu’il fut parti chercher du bois de très bonne heure, les effets de la drogue s’étant dissipé, et même si cette fois-ci je ne fus pas très surprise qu’il me rattrape, il en était contrarié. Je savais déjà qu’il me fallait un meilleur plan et j’en avais déjà l’ébauche : ce qu’il me fallait c’était la baguette de Nathan. Mon idée était de tenter d’envoyer un patronus messager – ce que je fis d’ailleurs -, mais le fait que je ne sois jamais très bien parvenu à créer un patronus corporel ne m’apparaissait pas comme un handicap réel. J’étais encore une sorcière de premier cycle, ma magie était surveillée : si j’arrivais à l’utiliser, le Ministère aurait un indice sur l’endroit où je me trouvais. Toute utilisation de la magie le serait car j’avais fini par remarquer que Nathan l’évitait. Il faisait tout à la manière moldue, sa baguette ne paraissait être qu’un accessoire qu’il portait uniquement pour m’en empêcher l’accès.

Ma tentative de fuite m’ayant juste permis de me dégourdir les jambes, je fulminais dans un coin pendant que Nathan repartait à la tâche qu’il avait interrompue. Il avait laissé la porte de la cabane ouverte et une couleuvre entra, probablement en recherche de chaleur. Je n’ai jamais été aussi à l’aise que Jensen ou Karen avec les reptiles. Pour tout dire, je ne les aimais déjà pas beaucoup avant ça. J’ai toujours fait un effort parce que malgré tout je suis très fière de ma maison, mais je préfère porter du vert plutôt que d’accessoiriser mes tenues avec des serpents. J’ai bien conscience que Jensen est un animagus qui devient une de ces affreuses bestioles, mais même toute l’affection que je lui porte ne peut me faire oublier ma répugnance. Avant ce jour-là, toutefois, je n’aimais pas les reptiles mais je les tolérais au besoin, depuis lors, je suis carrément devenue phobique.

Nathan est entré un peu après l’arrivée de la couleuvre qui s’était un peu trop approché de moi à mon goût, aussi m’étais-je collée contre le mur. Je savais que les couleuvres n’étaient pas venimeuses, je voulais seulement qu’elle ne me touche pas. Mal m’en pris, mon manque de maîtrise me coûta cher : en constatant mon dégoût, Nathan était ressorti et au lieu de remplir son sceau d’eau froide, il y mit toutes les couleuvres qu’il put trouver. Je trouvais que, pour la saison, il en trouva vraiment beaucoup trop, à se demander s’il n’avait pas carrément été les dénicher dans leur cachette. Toujours est-il qu’il revint et me déversa tous ces serpents. Je sautillais nerveusement en tentant de leur échapper. Je me retenais de crier mais je sentis que je commençais à réellement perdre le contrôle de mes nerfs. Finalement, et parce que j’étais déjà à bout de force, je tombais à genoux sous les éclats de rire de Nathan et vomis mon petit déjeuner.

S’il nettoya les traces de ma terreur avec une certaine rapidité, il ne fit pas sortir les couleuvres qui me tinrent compagnie bien malgré moi pendant une bonne partie de la journée. Nathan en profita pour se lancer sur le récit des années à Poudlard, la forme de son patronus, sa rencontre avec Voldemort… mais contrairement à d’autres de ses monologues, je me souviens très peu de ce qu’il a raconté ce jour-là. Il n’y avait que les couleuvres qui me préoccupaient. La sensation de leurs passages sur ma peau m’étouffait et me donnait envie de me frotter, mais j’étais entravée et dans l’incapacité de le faire. Par moment je me roulais pour essayer de les faire fuir, ce qui amusait beaucoup Nathan, tant et si bien qu’il alla même en chercher de nouvelles.

Bien décidée à ne pas en supporter plus, je ne me libérais que les pieds et tentais une nouvelle fois de fuir. Nouvel échec et nouvelle punition. Alors que les serpents n’étaient toujours pas partis, il attrapa le tisonnier qui lui servait à remuer les cendres dans le poêle. J’étais trop occupée à éviter les couleuvres pour me soucier de ce qu’il était en train de faire (en plus il m’avait attaché aux barreaux du lit…), j’eus même à peine le temps d’avoir peur quand je le vis s’approcher de moi, son tisonnier chauffé à blanc à la main.

Cette fois j’ai hurlé, de douleur, de surprise, de lassitude et de frustration. Ce n’était que le troisième jour, mais je n’en pouvais déjà plus. Ces nouvelles blessures me firent tant souffrir que j’en perdis connaissance. Nathan me réveilla avec un sceau d’eau pour pouvoir me brûler une seconde fois. Ces premières marques, il les fit au niveau de mes épaules, une de chaque côté. Ce n’étaient que les premières d’une longue série. Il ne servirait à rien que je raconte les jours qui suivirent, ils furent globalement similaires aux trois premiers : multiples tentatives de déstabilisation de sa part, bavardages divers, eau glacée, serpents en visite, coups répétés et brûlures au tisonnier.

Mon état allait en se dégradant de plus en plus. Nathan pansait mes plaies mais je n’étais plus qu’une masse informe et endolorie couvertes de cloques avec des vêtements que je supportais de moins en moins tâchés de mon sang. Ils étaient pleins de trous puisque Nathan ne s’embarrassait pas de me les enlever avant de me brûler. Dormir à même le sol ne me dérangeait même plus car cela signifiait que je pouvais enfin me reposer. Comme il me droguait, je n’avais même pas mal dans ces moments là, l’inconscience restait mes instants les plus faciles à vivre…

J’avais peu le loisir de penser à mes proches une fois que Nathan eut commencé à jouer avec son tisonnier. J’essayais pourtant parfois de me rappeler des bons moments, de mes amis, de Jensen… Mais ma vie à Poudlard finissait par devenir lointaine tant je souffrais. Tout ce qui me restait de contrôle, je le mettais à continuer de lutter contre la volonté de mon tortionnaire. Et au milieu de la douleur, j’attendais mon heure… J’attendais qu’il oublie que je n’étais pas une victime, qu’il fasse une erreur. Cela prit trois jours de plus.

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyLun 1 Mar - 14:39




Sixième page

Mardi 14 mars 2016


Je ne reviendrai pas sur les circonstances de ma libération, largement évoquées par les journaux sorciers et plusieurs fois racontées par moi-même à mes amis. Il n’y a eu aucun mystère là-dedans, aucun secret, j’ai même parlé avec Vic’ du souvenir heureux qui m’avait permis de créer mon patronus messager.

Je doute que Jensen verrait les choses ainsi, mais c’est un peu comme s’il m’avait sauvée : si je n’avais pas eu la pensée de nous deux auquel me raccrocher, je n’aurais peut-être pas été secourue. Évidemment, on peut m’objecter qu’il est aisé de faire une interprétation à posteriori des faits, il est quasiment impossible de savoir ce qui se serait passé si des pans de l’histoire avait été différente. Disons que ça me console de me dire qu’il y a au moins un truc dans ma vie que je n’ai pas totalement foiré cette année…

Non pas que mon couple soit très solide : Jensen n’a pas répondu à ma déclaration – à sa décharge, pas mon meilleur moment niveau maîtrise des nerfs, ce fut assez pitoyable – et sans aller jusqu’à donner raison à Nathan (je m’y refuse par principe), c’est un fait que je suis une sang mêlée. À une époque pas si lointaine, on se chamaillait comme des chiffonniers parce que je suis trop « pro-moldue » et rien n’a vraiment changé depuis si ce n’est Jensen lui-même.

Cela dit, j’ai pour habitude d’essayer de voir le verre à moitié plein… donc : peut-être que Jensen ne m’aime pas comme moi je l’aime mais on sort quand même ensemble et il tient à moi ! Quant au problème de niveau social, sang et compagnie, on n’est qu’en cinquième année ! Dire que je ne suis pas inquiète du tout serait un gros mensonge (auquel Peo’ ne croirait pas vu toutes les conversations que nous avons à ce sujet), mais il serait stupide de jeter le bébé avec l’eau du bain le retour des expressions que personne n’utilise plus alors que pour le moment ça se passe bien.

De toute façon, l’erreur de base vient de moi : pourquoi tomber amoureuse de Jensen McGowan ? (Question purement rhétorique, je sais pourquoi – plus même que ce que lui-même s’imagine -... ça reste ridicule.) Non seulement il n’a jamais caché que les aspects romantiques d’une relation l’ennuyaient lorsque nous n’étions encore que spectateurs des histoires des autres, mais au-delà de ce qu’a pu en dire Nathan, nous sommes effectivement différents.

Ce n’est pas pour rien que notre couple est né dans la tourmente. Les probabilités pour qu’il émerge dans nos vies d’avant étaient proches de zéro. À cette époque, j’éprouvais une vague attirance pour Jensen (personne ne dira le contraire, même quand il est super chiant, il reste très beau) que j’avais assez facilement remisée dans la catégorie des trucs qui ne pouvaient pas arriver. Certes, c’était aussi parce que je pensais que pour une raison ou une autre je n’étais pas son genre physiquement, et puis aussi, comme je l’ai expliqué à Jensen, quelques mois en arrière, je ne me voyais pas dans un couple traditionnel. Flirter avec lui n’aurait rien donné : nous étions amis, je n’avais pas plus envie que ça de le mettre mal à l’aise – sérieux, je suis pas si sans gêne que ce que tout le monde s’imagine ! -.

Mais le fait est que tout ça, sur le papier, ça paraissait raisonnable… puis est arrivé Nathan. Je ne sais pas jusqu’à quel point Jensen était perturbé cette nuit-là, de mon côté j’étais dans un sentiment d’urgence. J’avais besoin de l’embrasser (bien que, avant de passer à l’acte, j’étais persuadée de me faire jeter). Et après notre première nuit ensemble, j’étais déjà fichue ! Sauf qu’à ce moment-là je n’en avais pas vraiment conscience… Je me pensais seulement poussée par une sorte d’instinct grégaire primaire et une bonne dose d’hormones.

On ne peut pas m’enlever qu’en dépit de l’enthousiasme débordant de Victoire et Peony, j’ai plutôt bien évité de me laisser aller au sentimentalisme les premiers temps. Là encore, c’est la faute de Nathan ! Rien de tel que six jours de torture pour vous mettre face à vos émotions… Penser à mes parents pendant qu’il me faisait du mal n’invoquait généralement qu’une sorte de bile amère – j’aurais tellement voulu que mon beau-père soit mon vrai père ! -, alors quand j’étais en mesure d’invoquer des souvenirs réconfortants, je pensais à Jensen. Nathan ne s’était pas rendu compte d’à quel point, au final, son comportement me faisait aller totalement à l’inverse de ce qu’il voulait faire de moi.

Conclusion : pour le meilleur comme pour le pire, je suis amoureuse de Jensen. Et comme je suis honnête, il le sait. Malgré le côté maladroit de ma déclaration (même moi je sais qu’on n’est pas supposé se mettre à pleurer dans ces circonstances), ce n’est pas à cause d’elle que je me sens aussi stupide. Lorsque je déprime un peu, je regarde le bracelet qu’il m’a offert et en général ça suffit à me consoler – certains de mes traîtres d’amis disent de ça que c’est parce que je suis simplette (avec des amis comme eux, pas besoin d’ennemis tsss) -. Je crois que je me sens bête parce que j’ai totalement intégrée une sorte de complexe d’infériorité.

C’est bizarre, parce que je pense que je pourrais facilement concourir à un prix de la fille la plus orgueilleuse de l’école (même si j’y aurais de la concurrence), pourtant j’ai vraiment l’impression que je ne suis pas assez bien pour vivre une jolie histoire. J’étais maudite avant même de savoir que j’étais une sorcière… et même sans ça, si on divisait les filles entre celles dont on tombe amoureux et celles avec qui on couche, je serais dans cette dernière catégorie. Je suis belle, on peut même aller jusqu’à dire que j’ai un certain charisme, mais c’est tout. L’amour ce n’est pas un concours de popularité (et encore, même à ça, j’ai jamais gagné si on y songe !), c’est ridicule d’espérer y avoir droit.

*le bas de la page est illisible à cause de traces de larmes*

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyLun 31 Mai - 8:38




Septième page

Lundi 25 juillet 2016


Mes thérapeutes actuels ont trouvé qu’écrire dans ce carnet était une bonne idée même s’ils n’en ont lu qu’une version expurgée car ils sont moldus – ce n’est pas moi qui ai recopié cela dit, car ça m’était trop pénible, mais mon oncle -. Cela dit, je n’ai pas grand-chose de neuf à raconter en dehors du fait que Jensen m’a quittée il y a un mois.

J’ai toujours été persuadé que Jensen ne m’aimait pas, cette rupture n’était donc pas autant une surprise pour moi que pour d’autres personnes de mon entourage, Peony en tête. Cependant, je pensais que notre amitié rendrait notre séparation honnête et propre. Douloureuse, forcément , mais chirurgicale dans son exécution. Qu’on se quitterait comme on avait commencé à sortir ensemble, dans la confiance et la franchise.

Actuellement, je suis bien incapable de dire pourquoi Jensen m’a quittée, j’ai toutefois quelques idées sur le sujet:
1. six semaines d’abstinence lui ont paru un délai trop long et il a préféré rompre avec moi pour se taper je ne sais quelle fille à son stage.
2. suivant le plan de ses parents visant à nous séparer « pour son bien », il s’est débarrassé du boulet que je suis pour vivre loin de mes problèmes... ce que je peux difficilement lui reprocher. Si je pouvais, moi aussi, je vivrais loin de moi.
3. notre relation devenait trop longue, trop sérieuse. Ça aurait fait six mois fin juin... il s’est rappelé que nous n’avions aucun avenir puisque je suis une sang mêlée, d’où la rupture.

J’ai une petite préférence pour l’option numéro 1, dans le sens où ça expliquerait l’absence d’explication justement. Jensen n’est pas quelqu’un de foncièrement méchant, cela a forcément rendu son acte difficile pour lui. Non pas que je le plaigne parce que je trouve que m’abandonner à deux semaines du bal était particulièrement cruel, mais tout de même… Enfin, de toute façon, je ne peux que conjecturer. Ne pas savoir pourquoi m’a beaucoup travaillé, mais je ne pense pas que j’aurais moins souffert en sachant la cause. Je pensais être prête à ce que ça arrive un jour, il s’est révélé que ce n’était pas vraiment le cas, comme si j’avais à mon insu fini par croire un peu Peony et Victoire quand elles disaient qu’il m’aimait. Je vivais avec ce peut être que, parce qu’il m’avait dit qu’il n’était pas avec moi que pour le sexe, et que j’avais envie de le croire, parce qu’il m’avait offert un bracelet avec un cœur, parce que sa meilleure amie paraissait si sûre d’elle… Et elle l’est toujours d’ailleurs. Il aurait dit à Peony qu’il m’avait quitté pour mon bien ou quelque chose de ce genre, un truc obscur et tellement incompréhensible que je ne saurais même pas l’écrire. D’après moi, il n’assume juste pas ses actes parce que Peo’ est mon amie aussi et qu’il peut difficilement admettre auprès d’elle qu’il ne restait avec moi que pour coucher et qu’à partir où il ne peut plus le faire à cause de son stage, il n’a aucune raison de rester en couple. Ça lui épargne la corvée de m’écrire pour savoir comment je vais même si ça avait paru important à un moment…

Je ne vais pas mal d’ailleurs. J’ai vraiment cru que ça allait m’achever les premiers jours et il est heureux que notre salle commune soit en sous sol parce que j’avais une grosse envie irrationnelle de me jeter par une fenêtre. À la place, j’ai évité tous les endroits en hauteur et je me suis accrochée à mon traversin jusqu’à ce que ma détresse redevienne contrôlable. Les psy’ m’ont demandé si j’avais envie de mourir, mais ce n’est pas tout à fait ça, je n’ai pas envie de mourir, j’ai juste envie d’arrêter de souffrir, et parfois, mourir m’apparaissait juste être une solution pour que la douleur s’arrête. Mais j’ai fourni beaucoup d’efforts pour survivre entre les mains de Nathan, je ne pense pas jamais céder à une quelconque pulsion de mort rien qu’à cause de ça… même si mes raisons de me battre me paraissent désormais insuffisantes.

Mais ça finira par passer, non ? Je ne crois pas qu’aimer quelqu’un d’autre que Jensen soit une solution dans le sens où je ne crois pas que ça vienne de lui, il n’est pas tombé amoureux de moi simplement parce que je ne suis pas une fille qu’on aime, juste une fille qu’on baise. Ça serait pareil avec quelqu’un d’autre, c’était aussi le cas avec Mylène par exemple, même si je n’étais pas amoureuse non plus dans son cas donc c’était forcément moins douloureux comme constat. Mais mon chagrin finira bien par passer, et la solution est peut-être de faire comme Vanellope et de ne pas s’attacher, de juste s’amuser sans rien chercher de sérieux. L’ennui là-dedans c’est que je sais bien que moi je suis quelqu’un qui s’attache justement, je n’ai pas le je m’en foutisme de V. C’est bien dommage d’ailleurs, car elle a l’air bien mieux dans sa peau que moi – même si le challenge est pas dur depuis quelques mois -.

Avant de penser à comment je ferai à l’avenir, de toute façon, il faut que j’oublie Jensen. Je regrette l’absence de mode d’emploi pour ça… j’aurais bien demandé à Erin, mais visiblement, elle n’a pas réussi à oublier Noé finalement. Elle était pourtant un bel exemple de quelqu’un qui était parti de loin pour remonter la pente… sauf que si c’est pour rechuter sans arrêt, non merci. J’espère que ça va, elle, d’ailleurs. Je suis tellement obnubilée par mes problèmes (à ma décharge, ils s’accumulent et je croule dessous) que je ne suis pas certaine d’être une très bonne amie depuis quelques temps. Je sais par exemple que Victoire souffre par anticipation du départ de Ted de Poudlard (actuellement elle doit être H24 avec lui donc ça doit aller hein), mais quand je la vois, on ne parle presque que de moi. Et de mes repas. Ils me soûlent tous avec ça. Comme si j’allais mourir de faim parce que je n’ai pas envie de manger ! On est en plein été, c’est normal de ne pas avoir envie de repas consistants quand il fait chaud ! Ce doit être à cause de cette histoire de fenêtre, ils doivent penser que j’ai encore ce genre d’idée, alors que pas du tout. En fait, je ne ressens pas de pulsion suicidaire, je ne ressens rien du tout la majorité du temps. Pas de quoi s’inquiéter donc.

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Dernière édition par Viska Spingate le Mer 14 Juil - 19:01, édité 1 fois
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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyDim 6 Juin - 10:57




Huitième page

Samedi 30 juillet 2016


Hier soir avait lieu le premier concert d’Erin. Parler de « mini-concert » serait plus exact vu que c’est pour présenter quelques autres morceaux qui seront présents dans son album mais que la prestation dans son entier ne dura guère plus de vingt minutes. Même si certains étaient absents car ils étaient trop loin pour revenir juste pour ça, une bonne partie de la bande de Poudlard était présente. Il y avait quelques unes des petites fan de Magic Mix, Dominique en tête, des membres du groupe lui-même comme Peony, et ceux de Sterne dont je faisais parti avec V. Je supposais que certains des anciens septièmes années avaient fait le déplacement aussi – j’espérais que Noé était présent par exemple car la limite entre être indécis et être un goujat était parfois mince – mais la foule de spectateurs était trop dense pour que je puisse vraiment voir qui était là ou non en dehors de ceux que j’avais croisé. Il y avait aussi une majorité de personnes qui ne me disaient rien et qui avaient l’air d’être des moldus. On reconnaissait les vrais fans aux pancartes qu’ils tenaient au-dessus de leur tête ou aux photos qu’ils tenaient dans l’espoir de pouvoir les faire dédicacer tandis qu’une autre partie de l’assemblée semblait plutôt composée de curieux venu voir ce qu’était ce mini-concert promotionnel gratuit. L’album d’Erin était vendu après le concert en avant-première dans une opération marketing parfaitement ficelée, j’avoue avoir fait la queue pour en acheter un, même si dans mon cas c’était moins de la curiosité qu’une envie de mettre ma pierre à l’édifice.

J’ai toujours beaucoup aimé l’ancienne promotion des Serpentard de septième année. Candys et Noé sont de la famille d’Alex’ et ils ont fait parti un temps de Sterne avant d’arrêter parce qu’ils étaient trop occupés – je soupçonne que leur tante Opaline les avait contraints à s’inscrire au départ -, j’avais un bon feeling avec le trio des dragueurs même si c’était surtout d’Alfie dont j’étais proche. Quant à Erin, à cause des nombreuses heures passés ensemble à Sterne, ainsi qu’au Quidditch quand j’en faisais encore, c’était celle à qui je parlais le plus – toute proportion gardée car nous n’évoluions pas dans les mêmes cercles d’amis vu notre différence d’âge -. J’avais même essayé de me mêler de son histoire avec Noé, à le pousser lui à aller vers elle, surtout quand elle ne parlait plus pendant l’invasion de MS, mais je dois dire que la suite ne m’avait pas convaincue d’avoir été très utile.

Pourtant, je fais parti des quelques personnes qui pensent que ces deux-là sont faits l’un pour l’autre. Avant qu’ils ne se mettent à se disputer sans arrêt à cause de l’ex d’Erin et d’un autre truc qu’elle ne veut pas me raconter, on avait toujours la sensation qu’ils s’harmonisaient parfaitement tous les deux dans une alchimie qui créait comme une bulle autour d’eux. Elle existe toujours, la bulle je veux dire, sauf que maintenant on y sent plutôt une certaine tension qu’il n’y avait pas deux ans auparavant. Que Noé rejette Erin avait paru incompréhensible – il faut dire que j’étais plus jeune à cette époque, j’avais encore une vision assez idéaliste de l’amour – et j’avais encore moins compris qu’elle se mette à sortir avec Ted alors que, lui, il était destiné à Victoire (d’après… et bien… tout le monde... non?). Je dirais que j’ai loupé des trucs, surtout cette année parce que j’avais un peu autre chose à penser avec le retour de Nathan et ma relation avec Jensen, mais j’étais bien contente qu’elle largue Bartley. Là encore, on ne peut pas dire qu’elle se confie à moi, et Erin est quelqu’un d’assez réservée. J’ai appris ce qui se tramait avec Noé à peu près en même temps que le reste de Poudlard, quand ils se sont embrassés après le dernier match. Sauf que j’étais moi-même occupée à ce moment-là donc on me l’a raconté pendant la soirée qui a suivie.

En tout cas, j’espère vraiment que cette fois leur histoire est sur les rails, ne serait-ce que parce que j’ai besoin que mon entourage vive des amours épanouissants à ma place. Enfin… je suppose que j’étais épanouie quand j’étais avec Jensen, mais on se comprend. Vivre par procuration c’est un peu la seule solution qu’il me reste.

Bref. Pour en revenir à la soirée d’hier : Erin était fabuleuse mais je crois qu’aucune des personnes de Poudlard venues la voir n’en avait douté ! Et moi, je suis restée principalement avec Alex’ même si j’ai parlé avec pas mal de monde. C’était un peu étrange car j’étais sincèrement contente d’être là pour Erin et j’avais l’impression d’apprécier le spectacle, mais en même temps, je me sentais très loin de tout, comme si je me regardais en train de parler avec mes amis.

J’ai souvent cette sensation ces derniers temps, d’être en dehors de moi, de m’observer agir comme si je n’étais pas vraiment dans mon corps. Même lorsque j’ai envie de m’impliquer avec les autres, comme c’était le cas hier soir, je me sens juste distante, absente et fausse. J’ai l’impression de passer mon temps à leur mentir à tous car c’est comme si je faisais semblant de m’intéresser à eux, alors qu’en fait j’ai envie d’être là pour eux tous, c’est seulement qu’à l’intérieur je suis figée. Je peux presque sentir mes veines se glacer, au point que ma plus grosse crainte est qu’à un moment je m’arrête, comme un automate cassé.

Nathan dit que je suis une poupée vide et, si j’arrivais encore à ressentir quelque chose avec Jensen, depuis qu’il n’est plus là…

Je crois que Nathan a raison. Peony me tuera si elle lit ça (Peo’, si tu lis ces lignes, souviens-toi que le but de ce journal c’est que je survive justement), pourtant, je ne ressens effectivement plus rien, et quand je ressens quelque chose, c’est seulement de la détresse et de la peur. Je suis devenue totalement vide, creuse, et quelque part je crois que je l’ai toujours été, c’était juste que je ne m’en rendais pas compte parce qu’être superficielle m’allait très bien tant que l’alternative n’était pas de souffrir. De moi, il ne reste que ce qui a été façonné : une arme pour tenir la malédiction. Et ça m’énerve, parce que j’aurais voulu profiter de cette soirée avec mes amis ! Mais je n’ai réussi à y porter qu’un regard presque clinique et objectif.

On m’a plusieurs fois expliqué que c’était un des symptômes les plus fréquents du SPT et certainement pas le plus grave, pourtant je trouve qu’en dehors des évanouissements, c’est le plus gênant. Peut-être que j’étais déjà creuse avant, mais au moins j’arrivais sincèrement à me réjouir pour mes amis et à les aimer comme ils le méritent. Ils n’ont certainement pas besoin de quelqu’un comme moi qui, au mieux, ne ressent rien.

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyLun 5 Juil - 0:31




Neuvième page

Lundi 8 août 2016


Tout le monde a un petit péché mignon qu’il savoure en secret, pas vrai ? J’ai discuté du mien durant ma dernière séance de thérapie. Je ne sais même pas vraiment comment c’est arrivé sur le tapis parce que je pensais qu’on se fichait un peu de ce que j’aimais quand ce n’étaient pas des personnes. Je n’ai pas bien compris en quoi c’était important que je sois fan des romans Le Chardon et le Tartan, aussi connus sous le nom de Outlander de Diana Gabaldon ! On notera que si peu de gens le savent, c’est uniquement parce que je suis tellement cataloguée comme une sportive moyennement bonne en classe que personne ne s’intéresse à ce que je lis. Je suis pourtant une lectrice tout à fait honorable, les bibliothèques de mes parents étant remplies de romans aux thèmes variés et les livres ayant toujours été le seul truc que je puisse chiner quand ils m’emmenaient avec eux aux courses. Ce n’est pas que j’aime particulièrement la littérature pour elle-même, mais j’ai mes genres de prédilection, et parmi les romances (on va dire que je vis par procuration à travers elles), c’est celle-ci ma préférée.

On m’a demandé en séance ce qui faisait que j’aimais cette série de roman (et cette série tout court, j’ai pu voir les deux premières saisons grâce au wifi/compte en banque/grosse élan de culpabilité (rayez la mention inutile) de ma tante et c’est vraiment trop bien ! Même si Jaimie n’est pas assez roux à mon sens… mais passons… je garde mes vindicatives pour les réseaux sociaux). C’est une question difficile, surtout quand on me la pose dans ce contexte, parce que, bien que je sois née en Écosse, que j’y ai grandi et que j’y sois scolarisée, au moins un de mes psy a l’air de penser que ce sont surtout les écossais que j’aime…

Dieu seul sait pourtant que Jensen n’a rien à voir avec un personnage de roman d’amour ! J’avais pourtant l’impression d’avoir été on ne peut plus claire dans la description que j’en ai faite mais ce psy là tourne carrément en boucle (et ça ne sert à rien de censurer cette phrase tonton Alexis, je dis toujours ce que je pense ouvertement, donc il est déjà au courant). Ils me prennent vraiment pour plus demeurée que je ne le suis s’ils croient que mon chagrin d’amour est mon unique problème. Il y a des matins où j’ai envie de mourir tellement j’ai mal, mais ça ne veut pas dire que j’ai perdu tout sens des réalités. Je sais très bien que mon syndrome de stress post-traumatique est plus grave que d’avoir été abandonnée comme une vieille chaussette par Jensen et qu’avoir un père meurtrier et incestueux c’est autrement plus inquiétant que de se faire larguer. Donc je ne comprends pas qu’eux (mais surtout ce psy là plus que les autres se chargeant de mon cas) ils s’entêtent à vouloir que je parle de Jensen et de ce que je ressens pour lui, ou de ce que je ne ressens pas vu que je veille soigneusement à ne pas y penser. Je ne veux pas continuer à répéter la même histoire alors que la fin est à vomir. Je reprends les cours dans quelques semaines et je vais m’atteler à être aussi normale que possible là-bas… avec la Ligue des Trois Repas par Jour à demeure à mes côtés, de toute façon, je ne vais pas vraiment avoir d’autre choix que de faire illusion. C’est qu’on a tous des diplômes à obtenir et un avenir à construire, on n’a pas de temps à perdre avec mes problèmes, encore moins sentimentaux !

Mais comme j’ai encore un peu de temps avant la rentrée (pas la peine de paniquer à l’avance!), revenons en à « pourquoi j’aime Outlander ». Déjà, si la série a été la cerise sur le gâteau d’une découverte littéraire - j’ai lu les romans quand j’avais douze ans, même si à mon avis certains passages n’étaient pas de mon âge (et pourtant, j’ai toujours été précoce dans de nombreux domaines!) -, je suis une puriste et je préfère les livres. De ce que j’ai pu en voir sur ces deux premières saisons, elle respecte assez fidèlement la trame principale, mais je trouve que la relation de Jaimie et Claire prend trop de place, mettant en marge les autres personnages et les sous-intrigues. J’avais aimé découvrir à travers les pages du roman mon pays natal et son histoire, il y avait pas mal de choses que j’ignorais, d’autres que j’avais oubliées car je n’en avais plus entendu parler depuis l’école primaire. C’est un hasard que je sois tombée amoureuse d’un écossais, mais c’est grâce à Outlander que j’ai succombé aux charmes de l’Ecosse. Le roman véhicule bien quelques clichés (mais suis-je la mieux placée pour prétendre que les écossais ne sont pas si têtus que l’autrice veut bien le laisser croire?!), mais à travers les yeux de la narratrice, Claire, jamais les Highlands ne m’avaient paru si beaux.

Quant à l’histoire d’amour elle-même, je n’ai jamais trop su quoi en penser. S’il a toujours été évident que j’adhérais au parti pris du roman de faire préférer Jaimie malgré les qualités évidentes de Franck, je ne suis pas certaine qu’il soit très crédible de penser qu’un mariage forcé puisse aussi bien tourner. Après, ce n’est que de la fiction, et c’est un poncif du genre. Beaucoup de romans d’amour commencent par « la fille et le garçon sont obligés de se marier et ils seront finalement heureux pour toujours », ce qui n’arrive probablement jamais dans la vraie vie. Et, heureusement, j’avais déjà assez de recul à ma première lecture pour le savoir, comme la plupart des adolescentes éduquées du Royaume-Uni. Claire est d’ailleurs un personnage qui le dit, que ce n’est pas bien, que c’est barbare, etc. Le voyage dans le temps facilite la critique de la narratrice sur sa propre situation, ce qui le différencie de la plupart des autres romans que j’ai essayé de lire dans la même veine mais qui m’ont bien moins plu.

Donc non, je ne fais pas un transfert quelconque sur ces romans, surtout que j’aimais ces livres avant que ma vie ne déraille. D’ailleurs, vous savez quoi ? Je pense que je vais relire le premier tome, rien que pour le plaisir ! Pendant que je fais ça, personne ne viendra me dire que je passe trop de temps à m’entraîner, et puis j’ai une petite crise de flemme de toute façon… Alors ce sera lecture ou visionnage de Gossip Girl – il faut bien en profiter tant que j’ai encore internet ! -.

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Ξ Sujet: Re: [Journal] I'll never be enough.   [Journal] I'll never be enough. EmptyLun 5 Juil - 0:34




Dixième page

Mardi 23 août 2016


Je me suis réveillée avec la tête complètement éclatée, j’ai jamais eu une migraine pareille. J’ai pris mon journal parce que mon ordi ou mon téléphone me paraissaient des options pas géniales vu comme la lumière qui filtre par les volets m’agresse. V dort encore et, soit dit en passant, pour quelqu’un d’aussi petit et menu, elle prend une place de fou dans le lit !

N’allez pas imaginer n’importe quoi : on n’a pas couché ensemble - ou alors je l’ai oublié ce qui veut dire que je me suis bien plus défoncée que ce que je croyais ! -. On n’a plus ce genre de relation avec V, surtout que j’essaie d’encourager le crush de Thomé à son égard. Elle est juste venue passer la nuit chez ma tante et on a profité du fait que pour les adultes « préfet = sagesse » pour boire la vodka bon marché que la lionne avait emmenée et fumer de l’herbe. En théorie, je n’approuve pas ce type de comportement, c’est parfaitement incompatible avec une pratique sportive intensive, mais V avait l’air de penser que ça me ferait du bien de lâcher du leste le temps d’une soirée…

Vu la migraine que je me tape, je ne suis pas totalement persuadée du bien fondé de ce conseil, mais je suppose qu’une cuite de temps en temps ne va pas me faire perdre le bénéfice de semaines d’entraînements acétiques. Je me souviens aussi assez vaguement que j’ai parlé sous l’effet conjugué de l’herbe et de l’alcool... j’ai parlé de Nathan, de l’enlèvement, de Jensen, de la douleur, de mon SPT… mais je ne me souviens pas trop de ce que V a répondu, je crois qu’elle a surtout relancé en me resservant et en posant des questions. Encore et toujours plus de questions. Cette soirée était probablement un piège fomentée par la roublarde de copine… remarquez, me soûler, c’est inédit comme méthode. Personne n’avait jamais essayé, il faut dire aussi qu’il fallait au moins avoir la ténacité et l’argumentation de V pour me décider à passer outre mes principes de bonne conduite.



J’ai été boire un peu d’eau et préparer du café dans la cuisine. J’ai aussi envoyé un message à Flynn et à Vic pour leur dire que V m’avait fait boire, Flynn va sûrement trouver ça drôle mais avec un peu de chance Vic va l’engueuler !

V vient de se tourner, maintenant je ne vois que son dos et ses cheveux. Ils sont tout emmêlés. J’ai pris quelques photos que j’ai envoyé aux copains lions histoire de me venger un peu. N’est-ce pas injuste qu’elle dorme encore comme une bienheureuse alors que j’ai un mal de crâne de fou ?

J’ai passé un petit temps à la regarder puis j’ai rallumé le joint entamé et laissé dans notre cendrier improvisé en espérant combattre le mal par le mal. Je ne suis pas sûre de moi pour le résultat mais j’aime bien l’odeur, et le flou grisant aussi. Tout paraît plus cotonneux après quelques bouffées. Que dirait V si je lui disais que je trouve tentant d’y avoir plus souvent recours ? Est-ce qu’elle me ferait la leçon ou est-ce qu’elle m’apprendrait comment ça s’achète ? Mieux vaut peut être que je n’ai pas la réponse à cette question. Je suis déjà assez sur la mauvaise pente comme ça.

Personne encore n’a remarqué « mon rituel » et j’ai déjà monté un plan pour en cacher les effets. Je ne veux pas inquiéter ma famille ou mes amis pour quelque chose que je fais justement pour rester fonctionnel. La rentrée approche et j’ai peur d’y retourner. C’est sûrement pour ça que j’ai accepté d’entrer dans le jeu de V hier, je serais prête à faire n’importe quoi pour oublier ou contrôler cette angoisse. Le pire c’est que je ne sais même pas ce que je crains réellement car on ne peut pas dire que je me sente vraiment mieux chez ma tante. Mon transfert dans une autre école a été mis sur le tapis, je m’y suis farouchement opposée. C’est vrai que pour plein de raisons, Poudlard me fait peur. J’y ai été enlevée, ce qui est déjà traumatisant en soit, et, sur un plan plus personnel, j’ai des souvenirs avec Jensen dans presque toutes les pièces, y compris certaines salles de classe. Mais je ne crois pas que fuir à l’étranger soit la bonne solution – au-delà du fait que je ne parle qu’anglais et que donc Beauxbâtons ou Durmstrang paraissent des choix délicats sur un plan purement pratique -, fuir tout court ne l’est pas. Je serai majeure dans quelques semaines, je dois bien être capable de gérer à la fois mon syndrome de stress post traumatique et mon ex ! C’est ça la maturité, non ? C’est du moins ce que j’ai répondu à mes parents et à ma tante. Mon oncle, lui, a proposé que j’arrête tout simplement l’école maintenant que j’avais mes BUSES mais ça non plus ce n’était pas envisageable. Je tiens vraiment à entrer dans la police magique après l’école mais pour ça il me faut impérativement certains ASPICS. Je ne vais pas gâcher tout mon avenir pour une année pourrie quand même !

En plus, il y a des solutions pour maîtriser la peur : le « rituel » en est une, je dirais que la marijuana en est une autre (au moins pour ses fins récréatives), il en existe sûrement d’autres… même si je me demande pourquoi tout ce qui fonctionne a des aspects peu reluisants. De mémoire, je dirais que je n’ai pas parlé du rituel à V : je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai bien tenu l’alcool (comme je n’avais jamais bu, mes chances étaient minces) mais mon instinct de survie est très bien entraîné lui aussi. Je crains en revanche de m’être un peu épanchée mais ce n’est pas grave tant que mon seul secret est en sécurité. Surtout que la plus gênée était sûrement V : la partie sur mon enlèvement est ce qu’elle est, seulement on sait tous qu’elle préfère encore parler de ça plutôt que de Jensen ! Elle a dû être ravie quand je me suis plainte de tout ce qu’il devait être en train de faire avec d’autres filles. J’sais pas si c’est l’herbe ou quoi, mais ça me fait bien rire maintenant que j’y repense. Elle affichait un drôle d’air. Probablement qu’elle mourrait d’envie d’abonder dans mon sens juste pour pouvoir casser du sucre sur le dos de ce pauvre Jens’ tout en se disant qu’il ne fallait pas m’encourager dans mes idées noires.

V s’est réveillée, fraîche comme une rose si ce n’est son allure débraillée. Visiblement, elle, elle tient parfaitement l’alcool. J’sais bien que sa mère est toujours très occupée et que sa grand-mère se fait déjà bien vieille, mais il n’y a vraiment personne pour vérifier ce qu’elle fait chez elle ? Ce n’est quand même pas tout à fait normal d’être aussi délurée que cette fille quand même ! (Et c’est moi qui dis ça en plus alors que mes parents ont toujours été très cool!).

Le café était coulé, on a pris un petit déjeuner étrangement normal. Elle m’a repris le joint, l’a éteint puis rangé dans un sachet plastique dans sa poche sans faire de commentaire. « La première règle c’est de savoir quand s’arrêter, et là tu as les yeux tellement rouges qu’il est grand temps. » m’expliqua-t-elle ensuite en avalant le contenu de sa tasse tout en feuilletant la Gazette du jour. Elle est partie maintenant, Alexis l’a ramenée chez elle. Moi je vais me recoucher un moment, le temps que ça passe un peu.

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    Viska Coline Spingate

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