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 Laisser faire le destin ? [PV]

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Daël Rosenberg
Daël Rosenberg
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Parchemins : 89
Âge : 23 ans [10 septembre 1991]
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Ξ Sujet: Laisser faire le destin ? [PV]   Laisser faire le destin ? [PV] EmptyDim 16 Mai - 11:43



Laisser faire le destin ?
Nasira & Daël

« Vous me fatiguez ! » s’exaspéra Alice en levant les yeux au ciel tandis qu’elle tournait son tabouret vers Daël qui rangeait certains de ses livres dans la bibliothèque du salon par ordre alphabétique. Il avait déjà eu cent fois cette conversation avec la cadette de la famille Orwell, raison pour laquelle il ne prit pas un air particulièrement concerné pour répondre « Reste cool ma petite Alice, le monde ne va pas s’écrouler juste parce que ta sœur veut bien coucher avec n’importe qui sauf moi. » Alice prit un air pincé – elle n’était jamais très à l’aise pour parler de sexualité au vu de son absence d’expérience dans ce domaine – mais répondit quand même âprement « Peut-être que si tu y mettais un peu du tien aussi... » Daël remit un livre de Charlotte Brontë à sa place et se tourna dans un soupir vers son amie, les bras croisés. « Un proverbe de mon peuple dit que si le destin d’un homme est de se noyer alors il se noiera, même dans un verre d’eau. Le but d’une vie ce n’est pas de lutter en permanence, il faut laisser les choses se faire, ou ne pas se faire, Dieu se charge du reste. » En bonne athée, Alice n’était pas pour laisser la vie de sa sœur sous la responsabilité d’une entité chimérique. Elle dégaina donc son portable et tapa un message à sa sœur SOS, chez Daël, vite.

Moins de trois minutes plus tard, Nasira pénétra dans la colocation que l’ancien Gryffondor partageait avec Nikolaï dont la relation avec Alice reste obscure pour le moment donc éludons. « Nasira ! Timing parfait ! Daël est un imbécile donc je te le laisse, moi je n’en peux plus. Couchez ensemble, ne couchez pas ensemble, faites ce que vous voulez, mais parlez bon sang parce que sinon je vais devenir folle avant d’avoir atteint la trentaine. » Ce qui n’arriverait que dans plusieurs années, mais c’était histoire de dire qu’elle n’en pouvait plus : elle parlait à Daël, dans une moindre mesure car il fallait prendre plus de pincettes, elle parlait aussi à Nasira. Il était grand temps qu’ils se parlent entre eux ! « Et pas la peine d’essayer de partir d’ici, je suis prête à utiliser de la magie de MS s’il le faut, ils font des cages invisibles très efficaces. » Elle attrapa son sac à main et sortit, non sans avoir envoyé un message à Nikolaï pour le prévenir que son appartement venait de se transformer en zone de guerre – information toujours utile, il n’avait sûrement pas envie d’arriver en plein milieu de ce qui allait suivre -. Alice avait subtilisé en passant près de Nasira son portefeuille : on pouvait avoir l’impression qu’elle en faisait trop, mais avec sa sœur, on ne savait jamais… mieux valait ne pas lui laisser ses papiers d’identité et son argent quand on l’obligeait à parler de ce qu’elle ressentait.

Alice disparut, Daël regarda Nasira sans rien dire pendant quelques secondes avant de briser le silence ambiant : « Ta sœur a perdu la raison, non ? » Comme quoi, tomber dans l’excès n’était pas réservé qu’à Nasira, ça devait être un trait de famille. « Tu veux boire quelque chose maintenant que tu es là ? » ajouta-t-il poliment en ouvrant le frigo. « J’ai des bières ou du jus d’orange… et de l’eau évidemment. » Alice pouvait bien pester tant qu’elle voulait, Daël refusait d’avoir une conversation avec Nasira sur leur relation amicale mais bizarre si la jeune femme n’y était pas prête. Il préférait attendre indéfiniment, ou se lasser d’attendre même, plutôt que de la blesser. Alice le lui reprochait mais il n’y pouvait rien, il était comme ça.

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L'égoïste n'est pas celui qui vit comme il lui plaît, c'est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît ; l'altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie, sans intervenir.
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Nasira Orwell
Nasira Orwell
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Ξ Sujet: Re: Laisser faire le destin ? [PV]   Laisser faire le destin ? [PV] EmptyDim 16 Mai - 15:02


Laisser faire le destin ?

I've been tryna call. I've been on my own for long enough. Maybe you can show me how to love, maybe I'm going through withdrawals. You don't even have to do too much, you can turn me on with just a touch, baby.
Nasira & Daël

Pendant qu’Alice tentait vaillamment de s’occuper de sa vie sentimentale à sa place, Nasira passait un charmant moment avec Daniel. La jeune femme avait rencontré le moldu dans l’un des bars où elle se rendait régulièrement avec ses copines et ils s’étaient rapidement entendu sur le mode "on ne parle peu, on boit beaucoup et on termine la soirée par une bonne partie de jambes en l'air". Par conséquent, et comme Dan n’avait jamais dérogé à ces règles, il était devenu l’amant régulier de Nastia, l’un des rares homme avec lequel elle avait passé plus de deux soirées. Non que cela signifie quoique ce soit aux yeux de l’ancienne Poufsouffle : aucune coucherie avec le grand brun ne l’avait laissée insatisfaite et il embrassait vraiment bien, raisons pour lesquelles elle n’avait pas (encore) décidé de bloquer son numéro et ne plus jamais le revoir. Néanmoins, ce jour là de juillet, alors qu’elle était occupée à relacer ses sandales compensées tandis que Dan tentait de la faire craquer en embrassant son dos nu, le garçon l’a surpris en lui demandant s’il pouvait avoir un vrai rendez-vous avec elle. Nasira l’avait observée, surprise. Ils voyaient tous deux d’autres personnes et ils s’étaient tous deux montré clairs en se disant qu’il ne s’agissait que d’un plan cul alors pourquoi est-ce qu’il lui parlait de rendez-vous ? Nasty ne versait pas dans les rendez-vous. Elle ne savait même pas comment se déroulait un rendez-vous. Elle avait beau avoir cessé de compter le nombre de ses conquêtes, niveau relation, elle avait en réalité l’expérience d’un adolescent de douze ans.

Sur cette confusion s’ajouta le son caractéristique d’un message reçu et Nasira jeta un coup d’œil, oubliant soudainement les dernières minutes, oubliant limite où elle se trouvait et avec qui. « Faut que j’y aille. C’est ma sœur », avait-elle simplement annoncé d’une voix blanche, ne répondant pas à Dan qui eut l’air brièvement déçu avant de la saluer.

En dépit de ses capacités sorcières limitées, et de sa panique, c’est en un seul morceau que l’ancienne Poufsouffle arriva chez Daël. Il n’aurait plus manqué qu’elle se désarticule avec ça ! L’expression terrifiée, elle s’approcha rapidement d’Alice mais sa cadette ne semblait rien avoir, ni Daël d’ailleurs qui rangeait tranquillement sa bibliothèque. « Alice qu’est-ce que tu as ? » Nasira fronça les sourcils. Cette histoire de SOS ressemblait de plus en plus à un piège, elle connaissait assez sa sœur pour repérer son air malin, celui là même qu’elle avait arboré tant de fois pour expliquer ses différents plans pour voler des touristes benêts.

Alice lui répondit et à la réflexion, Nasira aurait préféré qu’elle n’ouvre pas la bouche. Les joues rouges, l’air interdit, elle s’apprêta à répondre mais aucune formule ne passa ses lèvres. Que lui prenait-elle ? Elle avait totalement pété un plomb ! Qu’elle tente de la raisonner en la forçant Alice pro de la torture à parler de ses sentiments pour Daël, passe encore, même si c’était désagréable pour la brune au moins cela restait entre les deux sœurs, mais qu’elle balance ça devant le garçon en question, c’était clairement le signe qu’elle en avait assez d’attendre gentiment qu’ils se parlent comme deux adultes que quelque chose clochait ! « Mais Alice ! Ça va pas ou quoi ?? », lui souffla-t-elle, énervée, en jetant un bref regard à Daël, qui arborait, lui, une expression imperturbable -rien n’atteignait donc jamais ce garçon ? « Les menaces maintenant ? Alice enfin ! » Mais sa sœur n’avait cure de ses plaintes puisqu’elle décampa rapidement en la laissant là, totalement pétrifiée.

Sentant peser le regard de Daël sur elle, Nasira refusa de le regarder, se contentant d’observer la porte par laquelle Alice était sortie. Entendre sa voix la ramena à la réalité. « Ça me paraît évident. Je crois vraiment qu’il est temps qu'elle rencontre quelqu’un », décréta-t-elle avant d’avoir une illumination subite et de fouiller son sac à main. « Elle m’a pris mon portefeuille et mes clés cette sale petite peste ! », enragea-t-elle. Il était rare que Nasira en veuille à ses frères et à sa sœur mais là c’était trop. Est-ce qu’elle se permettait de menacer deux de ses amis pour les obliger à avoir une conversation douloureuse sur leurs désirs et sentiments. Elle ne croyait pas ! Mais elle en aurait été parfaitement capable, on va pas se mentir.

« Une bière. Merci. » Nasira s’était avancé vers la cuisine et s’assit sur une des chaises hautes qui entourait le plan de travail-table. Elle posa les coudes sur le meuble et les mains sur les tempes, l’air accablé. Elle ne parvenait pas encore complètement à réaliser l’ampleur de la bombe que venait de lâcher Alice sur eux Alice désignée meilleure sœur du monde sorcier. « T’y crois toi ? Couchez ensemble, ne couchez pas ensemble, reprit-elle en imitant (mal) sa sœur. Comme si tu voulais coucher avec moi ! » Elle secoua la tête. Force était de constater que Daël avait raison : Alice avait perdu la raison avec une sœur comme Nasira, c’était inévitable.



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Ξ Sujet: Re: Laisser faire le destin ? [PV]   Laisser faire le destin ? [PV] EmptyDim 16 Mai - 21:45



De toute évidence, Alice n’avait rien, si ce n’est une patience usée par des années à voir la relation entre Nasira et Daël stagner. La blonde resta d’ailleurs sourde aux récriminations de sa grande sœur. Quand elle fut parti, le jeune homme ne douta pas une seule seconde qu’elle ait tout mis en œuvre pour que Nasira soit contrainte à rester… « C’est amusant que tu dises ça, vu le contexte. » Contrairement à Nasira, Alice n’était pas célibataire par choix. Elle avait un temps été amoureuse de son meilleur ami, et depuis que cela lui était passé, elle essayait de faire des rencontres. C’est du moins ce qu’elle prétendait, or Daël n’avait pas vraiment de raison de ne pas la croire. « Il faut croire qu’elle n’a rien perdu de ses talents de pickpocket… et qu’elle a du penser que c’était un mal nécessaire. Elle te les rendra sûrement en temps utile. » Quand elle aurait considéré qu’ils avaient assez parlé, Daël se demandait combien de temps cela prendrait exactement.

Il sortit deux bières du frigo qu’il décapsula pour tendre la sienne à Nasira. Bien qu’il ne croit pas autant qu’elle aux vertus de l’alcool (en réalité, l'alcool était même prohibée s'il suivait les sévères préceptes de sa mère), une bière les aiderait peut-être à se détendre maintenant qu’Alice avait mis les pieds dans le plat. Daël n’avait jamais essayé d’avoir de conversation avec Nasira sur leur relation (ou plutôt leur absence de) mais il ne lui avait jamais menti non plus. Il attendait qu’elle vienne à lui et elle ne venait pas, aussi ne forçait-il pas les choses plus avant, peu désireux de la brusquer. Daël était de toute manière trop romantique pour s'imposer à quelqu'un l'étant aussi peu que son amie.

Avalant une gorgée de sa bière tout en restant de son côté du bar, presque face à Nasira, il dit avec un grand calme : « Hum… Mais je veux coucher avec toi, seulement… notre relation ne s’accommoderait pas, il me semble, d’une aventure. » Il la respectait trop pour lui mentir, et de toute façon Alice les enfermerait plutôt pendant des jours que de les laisser éluder le véritable sujet pour lequel elle avait interféré. « Je ne m’en accommoderais pas pour être plus exact, et toi, tu ne veux pas de vraie relation, parce que ce sont des choses futiles et ridicules auxquelles tu ne crois pas. Nous sommes donc dans une impasse... » Elle voulait du sexe sans relation durable, il aimait mieux une relation durable, dut-elle être amicale, à une aventure avec elle. Ce problème insoluble était la cause principale de l’agacement d’Alice qui n’y voyait que de faux prétextes. En cela, elle était très différente de Nasira en ce que l’engagement ne l’effrayait pas et ne voyait donc pas dans celles de sa sœur ce qu’elles pouvaient avoir de légitime. « Bien, il semblerait que j’ai dit tout ce que j’avais à dire. À ton tour ? » Tentative de fuite de Nasira dans 3, 2, 1…  

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Ξ Sujet: Re: Laisser faire le destin ? [PV]   Laisser faire le destin ? [PV] EmptyLun 17 Mai - 0:24

Pas une seule phrase. Pas un simple mot. Même pas un "Bon courage" pour se sauver de cette situation pénible dans laquelle Alice l’avait mise sans son consentement. Rien. Nasira était peut-être coincée pour les prochaines minutes avec Daël, obligée de s’attarder sur ses désirs et sentiments, ce que, malgré toutes ses discussions avec Alice justement et Linwood sur le sujet, elle n’avait clairement pas prévu d’aborder avec le jeune homme avant très longtemps, voire jamais et après on s’étonne qu’Alice recoure à la ruse, mais une fois qu’elle s’en serait sortie, sa sœur allait l’entendre ! Elle prévoyait déjà des tas de plans machiavéliques destinés à rendre la monnaie de sa pièce à la blonde (qui impliquait beaucoup de rendez-vous avec des inconnu.es) lorsque la voix de Daël se fit entendre. Nasira jeta un regard intrigué à son ami. Elle ne voyait pas ce qui avait de si amusant dans cette histoire, d’autant qu’Alice avait remis sur le tapis en beauté l’attirance que sa sœur n’avait, en dépit de tout ce qu’elle avait bien pu affirmer à tort et à cris, jamais cessé d’éprouver pour lui. Attirance dont il, mais était-ce réellement nécessaire de le rappeler, n’avait cure et qui l’avait même mis bien mal à l’aise il y a quelques années de cela. Mais Daël n’avait pas du tout l’air mal à l’aise à présent, bien au contraire, il arborait toujours cet air tranquille qu’elle trouvait à la fois adorable et agaçant tandis qu’elle se mettait dans tous ses états bref résumé de leur relation.

« Un mal nécessaire ! Mais elle croit quoi ? Que je vais me barrer ? » C’était une présomption tout à fait justifiée. Par bien des côtés de sa personnalité, on pourrait penser que Nasira aurait pu être répartie à Gryffondor. Sauf qu’elle n’était pas courageuse. Pas vraiment. Elle avait été obligée de se montrer forte et coriace pour survivre dans un monde qui, très vite dans son enfance, lui avait montré la pire version de l’humanité, qui ne l’avait certainement pas épargnée et qui lui avait laissé de nombreuses fêlures. Ce n’était pas pour rien qu’elle avait peur de l’engagement et qu’elle fuyait toute conversation qui pouvait mener à une relation sérieuse. Sauf lorsque sa sœur s’en mêlait. La brune soupira, tentant de ne pas se laisser envahir par l’angoisse qui menaçait de la tenailler alors qu’elle se rendait de plus en plus compte qu’il n’y avait pas de fuite possible maintenant qu’Alice lui avait piqué ses clés -comme quoi, on ne pouvait vraiment pas laisser son passé derrière soi.

Alors qu’elle buvait au goulot de sa bière, et tant pis pour le manque de classe, Nasira faillit s’étouffer en entendant la réponse de Daël. Une fois sa toux passée, elle le regarda, des larmes dues à sa respiration bloquée pendant quelques secondes visibles dans ses yeux si clairs. « Pardon ? », s’étrangla-t-elle. Elle toussota une nouvelle fois, reprit une gorgée de boisson, puis reprit, la voix un peu rauque : « Qu’est-ce que tu racontes ? Je ne te plais pas. Tu ne veux pas coucher avec moi, arrêtes donc de blaguer. » Elle força un rire. Elle l’aurait su s’il avait eu envie d’elle. Elle l’aurait forcément su. Oui, forcément. « Et tu as raison, ça gâcherait notre amitié. » Et même si cette amitié était étrange, qu’elle ne le considérait définitivement pas comme un simple ami, pas quand même après avoir passé un bon moment avec Daniel, son plus grand désir était de lui retirer sa chemise qu’il boutonnait vraiment de manière trop sage, elle tenait à cette relation qu’ils avaient bâtis et il était hors de question qu’elle ne gâche tout.

La suite ne fut que renforcer sa confusion. « Je...c’est pas que ce soit futile ou ridicule...je... » Elle avait la brusque impression qu’elle ne savait plus s’exprimer et elle passa une main dans ses longs cheveux épais, agacée, but une autre gorgée de bière pour se donner contenance. Elle ne trouvait pas les relations de couples bêtes, le nombre de larmes qu’elle avait laissé échapper au mariage de Jade et d’Aiden où elle s’est incrustée le prouvait bien. Elle était la première à harceler Mattew pour savoir où en était sa demande en fiançailles à Samara, sans obtenir que de longs silences en réponse mais elle ne désespérait pas, et elle avait tellement étouffé Connor et Linwood de câlins lorsqu’elle avait appris qu’ils emménageaient ensemble que ce grognon de Conny reculait désormais d’un pas chaque fois qu’elle s’approchait de lui pas folle la guêpe. Seulement… « C’est juste...Tu sais bien que l’amour, le couple, tout ça, c’est pas fait pour moi. » Alice aurait probablement levé les yeux au ciel à cette réponse, exaspérée que sa sœur ressorte constamment les mêmes arguments. Mais elle ne pourrait pas, elle ne pourrait jamais tenir dans une relation monogame et routinière, elle se connaissait et elle savait qu’elle ferait immanquablement tout foirer. Sauf qu’il n’était pas question qu’elle ne foire son amitié avec Daël. Il lui paraissait toujours un peu bizarre qu’ils se côtoient autant des années après leur sortie de Poudlard. Il réussissait visiblement à la supporter sans trop de soucis et sans doute ce constat l’effrayait un petit peu, voire beaucoup, car peut-être qu’il pourrait l’accepter elle et ses excentricités, elle et ses insécurités, elle dans son entièreté en tant que plus qu’amie. Rien que cette idée aurait suffisait à lui donner envie de s’enfuir à toutes jambes elle disait quoi déjà plus tôt ? si ce n’est qu’Alice lui avait enlevé la possibilité de rentrer dans son point de chute. Finalement, ce qu’elle craignait encore plus que de se retrouver blessée et meurtrie, c’était bel et bien la possibilité que tout se passe bien. A cause de son enfance, elle croyait perpétuellement qu’un malheur s’abattrait sur sa famille ou elle. Même des années après s’être rangé, des années à habiter dans un endroit confortable, ses parents, ses frères et sa sœur à l’abri, elle croyait fermement que quelque chose finirait par aller mal. Cette tranquillité ne pouvait pas durer, si ? « On veut des truc complètement différents, on est complètement différents », confirma-t-elle, s’efforçant de paraître confiante en dépit de toutes les questions qui tournaient en boucle dans sa tête -une seule bière n’était pas suffisante pour les faire disparaître.

IL termina de parler et apparemment, c’était censé être son tour mais tout cette conversation apparaissait totalement inutile aux yeux de Nasira. Tout cela n’avait aucun sens. Elle descendit de son tabouret subitement, mais en gardant la pinte de bière à la main et sans en renverser la moindre goutte, attention. « Je sais même pas pourquoi on parle de ça. Ça sert vraiment à rien, tu crois pas ? J’suis venue parce que je croyais qu’Alice avait un problème mais à part mes reproches pour m’avoir piqué mes affaires, elle ne risque pas grand-chose... » Elle s’arrêta de parler et but le reste de sa bière en réfléchissant. Connor travaillait à cette heure, Wood aussi, Aélys était à Los Angeles pour un casting, Arthur à New York pour rencontrer divers scénaristes pour son prochain film, et Jade devait aussi se trouver au Ministère. Il était hors de question qu’elle ne retourne chez Daniel après cette histoire de rendez-vous. Restait ses colocataires. Elle pourrait bien aller en voir une pour lui demander ses clés ? Oui, c’était la solution, et elle se débrouiller pour récupérer son argent plus tard. Forte de ce choix, elle se tourna vers Daël qui sirotait sa bière de l’autre côté du comptoir de bar. De toute façon, il ne devait pas vouloir qu’elle s’attarde, il avait probablement mieux à faire, pensa-t-elle le cœur serré.


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Dernière édition par Nasira Orwell le Lun 7 Juin - 17:31, édité 1 fois
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Ξ Sujet: Re: Laisser faire le destin ? [PV]   Laisser faire le destin ? [PV] EmptyMar 25 Mai - 12:34


« C’est ce qu’elle croit, en effet. » répondit sobrement Daël, étrangement calme en comparaison des deux sœurs Orwell. Il ne fallait cependant pas s’y fier. Daël était un faux calme. Il paraissait flegmatique mais en réalité, la plupart du temps, c’était plutôt qu’il se fichait de ce dont on était en train de lui parler. Il n’était donc pas réellement pourvu de cette qualité typiquement britannique. Tout au contraire, Daël pouvait se montrer intense et passionné, il pouvait même aller jusqu’à s’emporter contre qui s’en prendrait à ses proches (surtout sa sœur), sa foi ou ses capacités cognitives – Daël avait longtemps mal vécu le fait d’être dyslexique et s’était acharné sur les livres pour cette raison, comme un pied de nez à son propre handicap -. S’il ne montrait pas de trouble face au piège d’Alice, c’était d’une part parce qu’il l’avait vu venir de loin et y était préparé (l’ex Serdaigle l’en menaçait depuis déjà un moment), et parce qu’il avait déjà des résolutions bien établies sur le sujet. Contrairement à Nasira, pour qui c’était une surprise, il n’y avait rien dans cette conversation qu’il n’ait soupesé de longue date. De plus : à bon bon s’énerver, Nasira le faisait très bien pour deux !

Il fronça néanmoins les sourcils et prit un air pincé quand la jeune femme tenta de tourner sa déclaration à la plaisanterie. Il était on ne peut plus sérieux, comme toujours d’ailleurs, elle devrait le savoir. « Je ne plaisanterais pas avec des sujets aussi importants Nasira. » Son ton était tranchant bien que toujours modéré par la neutralité qu’il tentait de garder. Il doutait beaucoup que la jeune femme puisse réellement fuir, Alice avait dû parer à toutes éventualités, mais cela n’engendrerait que toujours plus de frustration de la voir essayer de filer. Ce n’est pas parce qu’il savait que c’était inévitable que cela lui faisait plaisir, clairement pas même. « Et je n’ai pas dit que ça gâcherait notre amitié, ça ce sont tes mots, moi j’ai dit que je ne voulais pas simplement d’une aventure avec toi. C’est très différent. Être seulement du nombre de tes conquêtes ne m’intéresse pas, à ce compte-là, effectivement, je préfère encore qu’il ne se passe rien. » Daël était capable d’avoir des aventures, il en avait déjà eu d’ailleurs, mais ce n’était pas ce qu’il voulait de Nasira. Il supposait que tout aurait été plus simple si ça avait le cas…

« Non, je ne sais pas, personne n’est d’accord avec ça d’ailleurs. Tu t’englues dans cette idée et tu as sûrement tes raisons pour le faire, crois-moi, je le respecte, mais ça ne la rend pas plus vrai. » Il haussa les épaules avec un certain défaitisme : s’il n’avait jamais cédé aux imprécations d’Alice c’était parce que le problème ne venait pas de lui. Il ne prenait d’ailleurs pas comme un affront personnel que Nasira ne veuille pas d’une relation avec lui, parce que celle qui en souffrait le plus, finalement, c’était elle. Il n’y avait pas matière à être jaloux, bien qu’il n’irait pas jusqu’à dire qu’il trouvait plaisant de savoir que la plupart des rencontres de son amie finissent au lit, ces hommes ne lui prenaient rien, car ce n’était pas ça qu’il attendait de Nasira. Pas juste ça du moins. Et il n’en avait jamais été question, raison pour laquelle il l’avait autrefois repoussée (et aussi parce qu’il était très préoccupé par ses études à l’époque de Poudlard).

Elle était bien sur le point de fuir. Daël ne bougea cependant pas pour la retenir, sachant qu’elle s’y essaierait en vain. À la place, il répondit à sa question, encore qu’il se doutât qu’elle était prévue pour rester rhétorique. « Je crois que le but d’Alice est justement que nous définissions ce que nous voulons, c’est à ça qu’est sensé servir ce tête à tête. Tu pars du principe que nos visions de la vie sont incompatibles, mais est-ce vraiment le cas ? » Tout ceci en partant du principe qu’Alice ne se trompait pas et que, dans la multitudes des hommes entourant Nasira, il avait vraiment cette place à part que la blonde croyait qu’il avait. Sinon, effectivement, toute cette conversation ne menait à rien.


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Ξ Sujet: Re: Laisser faire le destin ? [PV]   Laisser faire le destin ? [PV] EmptyLun 7 Juin - 20:09

Bien sûr qu’Alice croyait que Nasira allait fuir cette conversation. Alice connaissait sa sœur par cœur, et pour avoir discuté de nombreuses fois avec elle au sujet de Daël, elle savait très bien que Nasira aurait presque préféré voler de nouveau plutôt que de se retrouver ainsi au pied du mur. Mais ce n’était qu’en la mettant ainsi au pied du mur qu’elle se forcerait à lâcher ce qu’elle ressentait depuis si longtemps, Alice le savait et quelque part au fond d’elle, Nasira aussi. Mais il était plus facile de râler à haute voix que d’admettre que la stratégie de sa sœur avait un sens. Et puis, elle n’était pas préparée à ce genre de discussions, sa sœur l’avait prise totalement au dépourvu. Sans doute cela faisait partie de son plan. Si Nasira avait le temps d’élaborer un argumentaire sensé et raisonnable destiné à lui éviter de parler de ses sentiments, ça ne servirait pas à grand-chose.

Ce que Nasira n’avait pas non plus prévu, c’était la révélation brute, sèche et nette que Daël avait envie de coucher avec elle -grande nouveauté ! Elle avait réfuté cette vérité. Elle ne voulait pas croire que son attirance à elle pouvait être réciproque. Il l’avait repoussée, il y a bien longtemps de cela, voilà ce qu’elle savait. Voilà ce dont elle était sure. Mais elle était aussi sure que Daël ne mentait pas, elle le connaissait à force et elle, plutôt méfiante de base, lui faisait entièrement confiance. Même à l’époque où elle le connaissait moins bien, elle lui faisait confiance. « C’est la première fois que tu m’en parles », lui reprocha-t-elle d’un ton grognon. Pourquoi n’apprenait-elle cette envie qu’aujourd’hui ? Et est-ce que ça avait vraiment de l’importance ? Elle savait très bien que Daël voulait plus qu’une simple histoire d’un ou de plusieurs soirs comme il l’affirmait très bien lui-même d’ailleurs. Or, c’était tout ce qu’elle était capable de donner. Tout ce qu’elle serait toujours capable de donner à un homme.  « Et je ne suis pas capable de plus qu'une aventure. Donc je suppose qu’on reste dans notre impasse. » Elle croisa les bras, dans une position de repli sur elle-même, dans une position de faiblesse, se sentant vulnérable, tout d’un coup. « Je ne comprends pas pourquoi...pourquoi tu veux plus que juste une aventure avec moi. » Il y avait des dizaines de filles qui rêvaient d’un type comme Daël, et d’une belle, grande histoire d’amour comme il en voulait une aussi, à commencer par sa propre sœur. Il avait fallu que ça tombe sur la seule fille à qui tout cela faisait peur pauvre Daël.

« Non mais attends je sais quand même mieux que les autres ce qui est fait pour moi ou non ! Ce qui est vrai pour moi ! », s’exclama-t-elle avec fureur. Elle avait des doutes et des angoisses fondées même si Alice n’était pas d’accord avec ça. Elle ne pouvait pas les balayer juste parce que sa sœur ou ses amis pensait qu’elle s’obstinait pour de mauvaises raisons et qu’elle était dans le déni. Elle savait mieux que tout le monde ce qui lui convenait ou non, quand même ?! La réponse est non. Elle ne se voyait pas en couple, à devoir faire des concessions, à supporter qu’on lui restreigne ses libertés. Du moins c’était ce qu’elle se disait. Elle savait qu’elle avait peur d’être heureuse, vraiment heureuse, parce que tout bonheur pouvait être brisé en un seul instant. Ou durer -et alors elle ne savait pas comment agir quand tout allait bien. Ni confier ce bonheur fragile à une seule personne.

Une personne qui n’avait même pas l’air de vouloir la retenir. Peut-être qu’ils s’étaient tout dit au final. Qu’ils s’étaient tout dit et qu’il n’y avait plus rien à dire. « Bien sûr. Tu veux une histoire d’amour, un truc qui dure longtemps, te construire avec l’autre personne, ce genre de trucs. Moi, je suis incapable de me projeter ne serait-ce qu’au lendemain. C’est foutu d’avance. » Elle baissa la tête. Elle ne disait pas tout à fait la vérité. Il y avait bien un vœu qu’elle s’était juré d’accomplir à l’avenir, celui de devenir maman, car elle avait toujours possédé ce côté maternel et cette envie de prendre soin d’un ou de plusieurs enfants, une fois que sa vie serait plus stable. Mais la véritable question était plutôt : est-ce que sa vie deviendrait vraiment un jour plus stable pour que ce vœu se réalise ?

La main de Nasira trembla et elle posa sa pinte vide sur le comptoir du bar en jetant un nouveau coup d’œil à Daël. Elle soupira et reposa son sac. Foutue pour foutue...Elle contourna le meuble et le rejoignit de cette démarche séductrice, prédatrice qu’elle avait adopté dès son plus jeune âge, et posa la main sur la joue rasée du garçon. « Moi c’est ça que je veux », souffla-t-elle avant de l’embrasser. Un court baiser, plus parce qu’elle était à peu près sure que Daël finirait par la repousser plutôt que parce que ça ne lui avait pas plu, puis elle se détacha. Elle se dirigea ensuite vers le frigo -il lui fallait absolument un nouveau verre- et prit une bière avant de la décapsuler et d’en boire une gorgée dans la foulée tout en jetant de brefs regards à Daël. « Mais bon, ça ne nous avance pas vraiment, n’est-ce pas ? », lança-t-elle en rejetant ses cheveux en arrière. Elle maudissait vraiment Alice pour le coup même s’il faudrait plutôt la remercier.


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I don't know where to start, I'm just a little lost, I wanna feel like we're never gonna ever stop. I don't know what to do, I'm right in front of you asking you to stay, you should stay, stay with me tonight. But if I fall for you, I'll never recover, if I fall for you, I'll never be the same.
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