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 Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV

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Ivalyana Van Cress
Ivalyana Van Cress
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Ξ Sujet: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyLun 13 Juin - 0:03

Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés.Jack Frye
Premier weekend de Juin.
Voilà déjà plus d'un mois que mon hôte: Ivalyana Van Cress fut effacée par ma présence. La pauvre enfant avait été obligée de subir ma personne dès son plus jeune âge, sous le rituel d'Adelmort. La situation avait été assez stable, la faisant passer pour une malédictus jusqu'à ce que ma malédiction s'éveille pleinement. La rencontre et le contact avec Viska Spingale éveilla ma conscience dans le corps d'Ivalyana. Prisonnier de sa chair, je ne comptais en rien la faire souffrir, loin de là. Une hôte parmi tous les autres qui m'avaient retenus en tant que prison vivante, j'avais trouvé dans sa personnalité et sa curiosité cette superbe. Son charme naturel me força à l'aimer et désormais à la pleurer.

"Répète moi le plan. " Réclamais-je à Alexandre Van Cress, l'oncle et tuteur légale de mon hote. L'homme, un alchimiste chevronné qui avait du mal avec sa baguette, n'était autre de le chef de l'ordre du Corps du Pardon qui avait prit vie à l'époque de mon existence physique, deux milles ans plutôt. Le Basilic que j'étais avait pu prendre forme humaine et à la mort de ma mère adoptive, ce fut la rage qui me poussa à tuer sans discernement beau nombre de personne. La punition fut donc de m'enfermer, à défaut de pouvoir me tuer. Qu'elle ironie qu'il fut alors que celle à qui j'avais tenté de sauver la vie en offrant mon sang, fusse aussi condamnée à revenir à la vie à mesure que je changeais de corps: jusqu'à devenir Viska Spingale.

"Nous avons besoin de sorcier compétent et digne de confiance pour rompre la malédiction. Récapitula Alexandre avec cet air fatigué. "Le livre que tu ne pouvais lire contient la malédiction dans ces moindre détails. Ce qui nous permet ainsi de trouver comment la défaire." L'ouvrage en question avait été trouvée dans une salle de stocage cachée de l'ordre. Dire que j'avais sentit que ce bouquin devait être lu par mes soins m'avait poussé à le voler et le prendre à Poudlard avec moi. Résultat, Angélica Smith et sa soeur Elisabeth n'avaient pas pu le lire avant plusieurs mois. Fort heureusement, la curiosité d'Ivalyana l'avait poussé à demander de l'aide à une préfète de l'école. Ce fut alors que le livre revient entre les mains d'Alexendre et pu être lu comme il se devait. Dire que le livre était enchanté pour qu'aucun fourchelangue puisse le lire ne manquait pas d'ironie - puisque je l'étais de par ma nature.

"Je sais cela, mais pourquoi m'avoir fait sortir sous permission spéciale de la direction, pour venir dans un night-club?" La situation, déjà frustrante, ne manquait pas de me mettre de mauvaise humeur. Non seulement obligée de jouer le rôle d'Ivalyana en parfaite étudiante, je devais à cette heure jouer je ne sais quelle personnage inventé pour gagner un Messène. " Le sort qui permettrait de te déplacer d'un corps à l'autre, nécessite plusieurs personnes. Dont neuf sorciers pour manipuler la magie dans ce cas. Il faudra aussi convaincre Viska de participer, vu que ton sang est liée à son âme." Un point précis ne me plaisait pas. " Le réceptacle ne peut être ni mort, ni plus âgé de deux ans et par dessus tout, je refuse de quitter le corps d'Ivalyana, cela la tuera. Son âme n'est plus dans son corps, c'est de la folie. " Outre que cela était aussi très dangereux pour tout le monde. " Et puis, il faut six autres sorciers. Alors digne de confiance, c'est beaucoup demander non?!" Son regard me fit aussitôt comprendre qu'il avait déjà trouvé plusieurs personnes. Mon avis ne semblait pas compter, ce qui me fit seulement soupirer. Que pouvais-je dire? Cet homme s'efforçait de sauver sa nièce pour la rendre à sa famille.

"Bon, soit, venons en au plant." Résigné par la détermination et l'espoir fou que cela fonctionne, je me permis d'espérer un peu. " Ho, soit juste un peu moins agressif et dépressif. Cily, il faut que cet homme accepte de nous aider. On me l'a recommander, alors tâchons d'obtenir sa parole. " J'ignorais si je devais trouver que c'était une bonne idée de tenter le sort ou si la folie devenait contagieuse. Au moins, cela restait moins fou que d'essayer de me fabriquer un corps artificielle avec des serpents morts. L'expérience réalisée contre mon grés sur l'un de mes hôte avait pour le moins... eu un côté fascinant par sa puanteur.

Alors qu'Alex' m'expliquait une nouvelle fois le dit plant qui ne m'enchantait pas, je m'efforçais de croire qu'il était possible que cela fonctionne. Bien que parasiter un nouveau corps ne m'enchantait en rien. Hors, l'idée qu'il avait eu pour m'offrir un réceptacle pouvait marcher. Cela fit croire cet espoir infime. Je plaçais donc cette capuche ridicule pour dissimuler, dans ce visage angélique, mes yeux d'ambre dévoilant si férocement la nature de mon âme: celle d'un Basilic. Fort heureusement, mon regard ne pouvait qu'être terrifiant, jusqu'alors son côté mortel ne fonctionnait pas grâce à un précieux bijou autour de mon cou. L'objet venait presque du fond des âges, même si j'ignorais qui l'avait conçu, il garantissait jusqu'ici la vie de ceux que je croisais. Ajouter plus de mort à ma liste de victime ne m'enchantait peu. Alors soyer de sang ce corps représentait un crime que je ne pouvais tolérer.

Soit, accrochée au bras de l'oncle Alexandre, je pénétrais enfin la rue du club. Il m'avait assuré avoir prit un rendez-vous, bien que l'heure soit particulière, c'était la seule disponible pour l'homme, un certain Jack Frye. Le prénom ne me disait rien, mais les Fryes faisaient, comme un grand nombre d'ancienne lignée, autrefois partie des membres de l'ordre. Il n'était pas évident d'entrer dans le Corps du Pardon, mais en sortir était simple. Un serment inviolable de ne rien divulguer sur cet ordre et c'était tout. Ridiculement facile, cela expliquait pourquoi il n'y avait plus que trois membres désormais. "Nous avons rendez-vous avec Monsieur Frye. Alexandre Van Cress et Ivalyana Van Cress. " Articula calmement l'alchimiste face à un homme dont je ne pouvais voir le visage et réciproquement. Il nous guida à l'intérieur, laissant la musique attaquer mes oreilles. Je fus soulager quand nous arrivâmes dans ce qui semblait être une salle privée ou un bureau. Les yeux couvert de la sorte, je ne comptais que sur Alex' pour me guider vers notre rencontre. "Bonsoir monsieur Frye, je suis Alexandre Van Cress et voici ma nièce, Ivalyana Van Cress. " Le grand jeu commençait. Je pinçais son bras désapprouvant encore et toujours que les choses soient aussi compliquées et probablement des plus inutiles. Il retira doucement son bras pour le poser dans mon dos, m'invitant ainsi à dévoiler mon visage. Tant de cérémonial pour si peu, mais soit, je jouais le jeu et découvris mes yeux et mes cheveux de cette capuche. Mes iris d'ambres étaient en parfait accord avec mes pupilles reptiliennes, du plus grand effet, démontrant mon statue magique. Dire que je ne devais pas me découvrir de la sorte, là je me donnais en spectacle et redressais même les mentons en prenant cet air autant et grave. " Appelez moi Iva. " Tout cela me rebutait au plus haut point, heureusement que je savais un minima jouer la comédie. Après deux milles ans d'existence, le contraire serait ridicule. Au moins, Alex' n'avait pas demandé à ce que je me dévoile sous le petit surnom que m'avait affublé Magicis Sacra: le Dieu Serpent. Cily était un nom simple et j'y tenais. Sauf que c'était le corps d'Ivalyana, Iva pour les amis.

1348Alexandre
:copyright: 2981 12289 0
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Jack Frye
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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyLun 13 Juin - 19:16

Il y a des journées qui diffèrent des autres dans l’écoulement nonchalant d’une existence, aussi simple et futile soit-elle. Que l’on soit riche comme Jeff Bezoz, ou plus pauvre qu’un SDF. Jeune et ignare comme les pousses de Poudlard qui peinent à s’épanouir en révélant leur plein potentiel au gré de stupides conventions, ou âgé, comme les hurluberlus qui statuèrent dans leur sagesse illusoire qui valait mieux s’affranchir de tout ceci. Sorcier, souvent faussement incroyables et parfois même juste dérangés ou Moldus, de simples humains qui vivent et meurent, mais dont la beauté ne se révèle que par sa nature éphémère. Bien sûr, je ne suis qu’un trublion et parmi tout ce que je pourrais prononcer, la tendance pointerait dans une direction précise sans aucun contournement possible, qui serait de dire que les Sorciers ont quand même plus d’avantages. Allez dire ça à ma voiture. Elle m’apporte plus de plaisir que mes pouvoirs et mon héritage…
D’ailleurs, en parlant de mon héritage, il me pose toujours des problèmes. Tout comme il m’en a posé ce jour-là…

Je ne me souviens pas exactement de la date de cet « évènement ». Tout ce qui me vient à l’esprit, c’est de l’ennui au préalable. Laissez-moi vérifier mon journal, et évitez les sourires en coin. Il n’a rien d’intime. Du moins pas de la façon dont vous pourriez l’espérer…
Ah oui, voilà !

Un jour comme un autre pour ma petite personne agréablement intégrée dans la machinerie sociétale des Moldus. Du moins, c’était ce que j’eus espéré pendant la majeure partie de ce jour dont je ne désirais de lui qu’une inexorable fin sans vagues ou remous. Je n’étais -et ne suis toujours pas- marin dans l’âme, il était donc très certainement impératif pour moi d’éviter toute forme de perturbations, de trombes impromptues, de houle… J’aime le langage de la mer. C’est pratique l’eau. Pour survivre ET pour tuer, ou si vous n’aimez pas ce mot, pour « s’assurer que la nature empêche elle-même certaines erreurs de la nature de proliférer au-delà du respectable. ».

Je me souviens clairement avoir bu un café arabica, bien noir, sans sucre. Dès le réveil au petit matin. Un exploit lorsqu’on me connait et me côtoie suffisamment pour savoir que je vis généralement la nuit au détriment d’un apport que le soleil est sensé fournir à mon corps. Mais ce jour-ci était différent. Bien trop différent pour que je l’aborde comme une fade modalité placardée sur mes vitres tous les matins comme le journal qui y fait des plats, me forçant à me demander si je vis en Angleterre ou bien dans une banlieue américaine des années 60. J’en viens à me demander si ce n’est pas un gamin nommé Tom qui s’époumonne tous les matins sur un vélo trois fois trop petit pour sa taille, en pédalant comme un dératé avec un pneu crevé… Franchement, je vous jure, c’est un outrage, ce « cling » tous les matins !
Donc je disais ? Ah oui ! MON CAFÉ !

Sauf que, je n’avais pas volontairement omis le sucre, je l’avais oublié... Enfin, pas moi directement, mais ça c’est une autre histoire…
Le contact avec ce liquide noir légèrement ambré et amer me fit l’effet d’une bombe, sans l’aspect retardement. Blblbll avais-je murmuré, en panique face à la guerre civile qui prenait désormais place dans ma cavité buccale, comme si la majorité du budget des films de Michael Bay se retrouvait condensé dans ce petit espace qui me servait principalement à ingérer nourriture et alcool. Principalement de l’alcool, soyons honnêtes.
Des explosions de saveur dont je me serai passé, les joues gonflées comme un écureuil bien trop gourmand même en été, et un regard traduisant un mélange de panique, de surprise exacerbée et de dégoût à l’égard de la mixture qui patientait paisiblement dans mon gosier, entre une chute vertigineuse, un mur de dents sponsorisé par Colgate et des papilles désormais noyées contre leur gré, le tout sous le regard sadique de ma glotte qui trempait à peine le bout des pieds.

Recracher étant hors de question, j’ai fermé les yeux. Et, j’ai avalé. Oui, j’ai avalé. Tristesse.
Le goût étant imprégné dans mon être tout entier, je me suis dit qu’adoucir la suite du voyage serait une perte de temps, d’autant plus que mon café du matin risquait de refroidir outre mesure. Il était certainement mon ennemi d’un instant, hors de question de le transformer en némésis récalcitrant.
C’est donc avec énormément de courage que je me suis résolu à finir mon café, sans sucre pour m’accompagner en toute gaieté dans cette journée au point de départ frisant la catastrophe. Mais au moins, je n’avais pas trempé mes draps en recrachant à l’instinct…

Une fois l’épisode malencontreux du café pur derrière moi, j’ai pris quelques instants pour faire le point, avant même de sortir du lit. Pour éviter que vous ne posiez la question, mon café, on me l’apporte. Et généralement, tout se déroule sans accrocs. Pourquoi fallait-il NOM DE DIEU, que cela tombe ce jour-là…

Les mains sur les tempes, je me suis offert un rapide massage agrémenté par la lueur du jour qui tentait une percée désespérée à travers les rideaux opaques que j’avais fait installer un mois auparavant pour mon propre confort de vie. Je ne dirais pas que je déteste le soleil. Je ne suis pas un vampire, aussi cliché puisse-t-on en percevoir un. Cependant, je préfère la nuit, et je pense que cela se reflète dans mon métier.
Après avoir massé mes tempes, j’ai brièvement frotté mes yeux, surpris que ces derniers soient si collés après s’être écarquillés autant quelques instants avant.

Bon, quand faut y aller… Murmurais-je à moi-même, désespéré, mais surtout blasé. Aujourd’hui, j’avais rendez-vous. Ce soir précisément. Avec des Sorciers dont le nom ne me revenait même pas. Par contre, la raison de leur venue, ça, ça me parlait déjà un peu plus… Toutefois, le simple fait d’oser y penser me donnait mal au crâne et m’énervait au plus haut point, car cela faisait écho à l’existence de l’enfoiré que j’aurai dû joyeusement désigner avec le terme « Père ». Tout ça à cause d’un Ordre quelconque dont mon cher papounet que je hais tant aurait fait partie. Ce qui est faux. Il ne s’agissait pas de mon paternel, mais bien d’un ancêtre plus ancien tristement connu de l’Histoire. Le problème, c’est que les idiots ont évoqué mon père. Et rien que pour ça, je vais les faire valser un petit moment dans le creux de ma paume, comme l’aurait fait l’Éventreur de son vivant. D’autant plus que je possède tous les bons outils pour cela. Ses chers journaux, sa tenue, son arme d’époque, ses dons, et même son prénom. C’est à se demander si je ne suis pas sa réincarnation, par moments… Il est temps de jouer double jeu.

Et tout bon jeu commence par une préparation assidument planifiée, d’où mon souhait de me lever bien plus tôt en ce jour fatidique de ma concoction, afin de modeler le terrain à l’avance, pour mieux le miner. Le seul accessoire manquant à ma panoplie, c’était… un sac avec deux trous… mais j’y reviendrais plus tard.

Première véritable étape de la journée, me lever. Autrement dit, extirper ma carcasse courbaturée par une nuit horrible passée à cauchemarder si fort que j’en ai transpiré comme si la grippe avait été mon amante. Pourtant, mon matelas est un nuage. Le dos déjà droit, je me souviens avoir été sous le coup d’une grande flemme intersidérale dont la résultante fut un enchaînement d’actions sans aucune forme de volonté, cette dernière ayant apparemment rétrogradé à un niveau encore plus insignifiant qu’un tardigrade, sans m’en offrir l’effroyable résistance. Péniblement, j’ai ainsi trainé mes jambes vers le bord du lit, on aurait dit deux menhirs poussés sans convictions par des gaulois sans potion magique probablement mal nourris voire déshydratés. Le tout sans même faire l’effort insignifiant qui consistait à dégager le drap afin que celui-ci n’entraîne pas ma chute au premier pas. Quand je n’ai pas envie, je n’ai pas envie.

Lorsque mes pieds entrèrent en contact avec ce qui aurait dû être le sol, j’ai sursauté. Mal réveillé, je n’ai pas tout de suite compris quelle fumisterie se déroulait contre ma voûte plantaire, désormais face à une douceur traîtresse aux atours chatouillant ma peau avec mesquinerie. Alors qu’un sourire osa graver son esquisse sur mon visage, je me suis souvenu de la présence d’un tapis soyeux tout autour de mon magnifique lit en bois véritable. Une moquette bordeaux au raffinement bien trop exquis qui devait soi-disant excuser son prix exorbitant. La moquette ne fit donc point grimper mon désir de me lever mais rendit le processus plus acceptable tandis que j’enfilais mes chaussons lapinou. Le sol froid n’allait pas se mettre en travers de ma route !

C’est donc plein de confiance, et sans le moindre charisme, tel un lombric croisé avec une asperge, portant du Calvin Klein en version moulante, que je me suis dirigé vers ma salle de bain, sans même daigner ouvrir mes rideaux auparavant. Tout cela au rythme des aboiements du clébard du voisin, occupé à passer sa rage sur les mouches ayant construit des logements sociaux dans son pelage si long que l’animal en était très certainement aveugle ou hippie. Ou les deux.
Si j’avais pu, je lui aurais balancé un parpaing dans le museau. Shame on me, je ne suis ouvrier de chantier que dans les fantasmes de certaines. J’ai donc ignoré le son répété venant massacrer mes oreilles tout comme la musique que je diffuse habituellement. Accélérant d’ailleurs le pas pour terminer au plus tôt le supplice, je me suis bien rapidement enfermé dans ma salle de bain aux tons chocolatés. J’aimais -et j’aime encore aujourd’hui- cet aspect réconfortant. Un carrelage crème, des murs marron foncé, un plafond noir. PERFECTO.

Dans cette salle de bain aux dimensions honnêtement raisonnables, vous trouverez un grand miroir, qui en ce jour devint ma mère. Uniquement là pour me montrer mes défauts. Un lavabo, dans lequel mon dentifrice terminait souvent sa course. Une baignoire design qui ne ressemblait à rien. Et une douche à l’italienne assez large pour deux. Ce matin, ça serait douche froide. Très rapidement. Si rapidement que je vais essayer de ne pas trop la décrire. Disons juste que ça m’a fait l’effet d’un bizutage, sans le toucher rectal.
Mais au moins cela me réveilla assez pour que je puisse me laver les dents par la suite sans ressembler à un gamin de cinq ans qui s’amuse et s’en fout partout sous le regard consterné de parents qui regrettent d’avoir arrêté les préservatifs, même pour un seul moment.
Cependant, mes soins ne s’arrêtèrent ici. En effet, même si cela ne demande pas énormément de mots, sachez que j’ai ensuite appliqué sur ma peau une douce crème nourrissante, puis, je me suis taillé la barbe et la moustache en sifflotant, avant de me coiffer à l’aide de gel. Et bien sûr, un petit coup de déodorant et de parfum. Je n’ai plus les marques en tête, par contre…

Le reste de la journée s’écoula plutôt vite dès que j’eus posé un pied hors de ma salle de bain. Hors de question de rester sans rien faire en attendant l’épreuve de ce soir. M’habillant simplement d’un survêtement et d’un vieux T-shirt ainsi que mes chaussons, je suis rapidement descendu pour préparer le club avec l’aide de mon videur et ami, celui que tous appellent l’Irlandais. Sauf que pour l’occasion, ses frères étaient là aussi.
En toute honnêteté, j’étais quasiment prêt à mettre en œuvre tout ce que j’avais appris au cours des jours passés, notamment grâce à YouTube, bel outil, n’est-il pas, afin de m’amuser avec mes convives impromptus. J’allais leur jouer des tours avec la science et non pas avec la magie.

Comment ça se présente mes amis ? demandais-je, tandis que j’arrivais par l’escalier, en pleine jubilation.
— Comme tu le souhaites, Jacky ! Les salles du fond seront prêtes pour ce soir, et mon géant de cousin aux airs de viking roux jouera le guide. Ça va leur faire bizarre, aux Van Cress. Quel nom à la con d’ailleurs.

J’approuvais pleinement son affirmation, tandis que le groupe entier me guida dans ce que j’appelais affectueusement mon Sanctuaire, ou, le Piège à Cons. Un projet spécifique qui me tenait énormément à cœur, et qui m’avait été inspiré par Batman. Oui, oui. La bande-dessinée.
Depuis mon arrivée ici, j’avais lentement développé une forme de passion, de fascination, pour mon ancêtre Jack l’Éventreur. Non pas pour ses crimes, mais pour le mystère entourant une telle personnalité. Un faste sans pareil, qui n’avait nulle équivalence autre part. Une prestance et une théâtralité faisant de feu mon aïeul un être craint et respecté, autant par les Moldus que les Sorciers, ce qui, je dois bien l’admettre, me surprend au plus haut point. Il y a tant de mystères qui planent autour de cet homme d’un autre temps que je ne pus que jalouser un tel palmarès. Outre les meurtres, ses journaux me révélèrent un homme torturé, à la méthodologie sans pareille. Ce pauvre bougre a tout consigné, jusqu’à l’utilisation de certains sorts de son cru qui ne servent qu’à mettre l’emphase sur la façon dont il entre en personnage central sur la scène que nous appelons simplement nos vies.
Ce qui m’amuse encore à l’heure où j’écris ces mots, c’est de me dire que ce ne sont que des sorts simplistes et connus, légèrement modifiés pour faire tourner un spectacle d’excentricité. Il ne les cachait pas, il n’avait aucune raison de le faire. Mais personne n’a jamais su comment reproduire des effets similaires, tout simplement car ce n’était pas que de la magie. Il y avait de la science Moldu dans ses tours.

J’ai donc passé d’innombrables nuits à lire les mots de celui dont la mort n’est même pas certaine, et sous l’impulsion de ma lecture de certains comics, je me suis dit qu’il s’agissait peut-être là d’un moyen simple de palier à mon ennui en devenant un digne héritier.

Mon plan commença donc des mois avant cette histoire de rendez-vous. Sous le couvert de rénovations approfondies, j’ai payé pour des constructions souterraines accessibles par un grand escalier de marbre noir. J’ai peut-être un peu abusé sur la décoration de ce qui est désormais, après de longs mois de travail acharné, une antichambre dédiée à traumatiser quiconque en saurait ne serait-ce qu’un peu trop. Des piliers au style victorien, de grands tableaux anciens, et longs rideaux de théâtres furent les premiers véritables ajouts. La tapisserie rouge sang s’accorde parfaitement aux dalles nacrées qui délimitent le chemin à suivre pour arriver dans mon bureau.

Celui-ci servira à accueillir les Van Cress tandis que je leur exprimerais mon désarroi. En effet, mon cher grand-père ne voudra sans doute pas partager ses recueils et puisque je possède de toute façon sa tenue, grâce à un habile jeu de miroirs et de perspective, je vais pouvoir me délecter de leur réaction face à un fantôme, même si ce n’est qu’une étape parmi tant d’autres…  Étapes qu’il me fallut le reste de la journée pour planifier, sans m’y perdre au milieu de tous les systèmes de poulies et autres mécanismes cachés qui nécessitent un petit groupe dans l’ombre, d’où la présence d’une fratrie d’Irlandais tout aussi tarés que moi…

Le moment tant attendu arriva bien vite. Les Van Cress. Un oncle, une nièce, mais il y avait bien plus à observer. Oh oui, tellement plus. Comme une jeune femme qui pensait que ses piètres talents de comédienne suffiraient à me berner. De plus, ignorer mon titre de Baron n’allait pas faciliter l’échange. J’aurai ignoré un tel manque de respect en général. Mais je jouais pour la première un rôle excitant causant une jubilation extrême dans mon cœur.
Ne montrant aucune émotion, j’allais attendre que cet ignare se reprenne de lui-même, un sourire taquin se dessinant sur mon visage tandis que d’un signe de la main, mon sbire du moment quitta la pièce pour pousser un cri d’horreur quelques instants plus tard, qui mènerait à sa fausse mort, d’un coup de dague bien spécifique, que Monsieur Van Cress serait je l’espère en mesure de reconnaître. Sauf que pour Van Cress, ce meurtre aurait tout d’un vrai… C’est ainsi que la soirée commença, tandis que je prononçais les mots suivants du ton le plus ennuyé possible, ce qui n’était un mensonge, vu mon réel ennui :

— Eh bien, grand-père n’a pas apprécié votre introduction irrespectueuse… Allons voir, avant qu’il ne massacre tout le monde…

Sans plus en dire, j’ai poliment montré le chemin jusqu’au cœur d’un carrefour qui n’était pas là avant… et l’entrée par les escaliers avait disparu… J’avais plus que hâte d’observer mes invités dans cette danse aux airs macabres…

(2803 mots)

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Ivalyana Van Cress
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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyMar 14 Juin - 21:25

Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés.Jack Frye
A l'entrée, le grand homme dont je ne voyais que jusqu'au ventre, sentait cet élégant et gracieux parfum musqué de Jean Paul Gauttier, certainement La Male ou un autre nom ridicule que seul les non-mages pouvaient apprécier. Après tout, les sorciers préféraient l'eau de toilette version naturel. Alexandre, par exemple, sentait, malgré lui, l'huile de Mandragore et la fleur de sureau. Un mélange que je trouvais agréable, tout comme Viska sentait le sol et la rosée du matin. C'était un peu plus complexe à expliquer, mais les mages et les communs n'avaient pas le même parfum. Beaucoup ne pouvait l'affirmer, simplement parce qu'ils n'avaient pas cet odora de serpent si riche et si variée pour identifier tout et rien. Je pouvais même sentir que cet homme était exité et fière, voir presque arrogant et un peu nerveux. Ses habits étaient fraichement lavé et il avait même prit le temps de se raser, d'un peu trop près. Tout cela rien qu'avec mon nez d'apparence humaine.

Alors donc que l'homme nous montrait la voie, je constatait que l'oncle n'avait pas détourner les yeux. Contrairement à Ivalyana, Alexandre était d'une taille légèrement supérieur à la moyenne des hommes: un mètre quatre-vingt sept. Ses épaules n'étaient guère musclés, mais il imposait naturellement et une certaine grâce résidait dans ses gestes. Un jeune alchimiste d'une petite cinquantaine d'année, du moins en physique d'apparence. Il avait un jour laissé passé que Nickolas Flamel lui avait donné quelques leçons, ce qui devait remonter à une bonne trentaine d'année. Hors le Grand Flamel n'aurait pas enseigner à n'importe qui, ce qui suggérait qu'Alexandre jouait sur son âge sans vergogne. Néanmoins, il restait le petit frère du père d'Iva et il devait donc avoir tout juste moins de soixante ans. Dire que je cumulais tellement plus était ridicule...

Les yeux rivés sur les chaussures du guide, je m'étonnais de ne pas trouver l'endroit trop fort en parfum. Ma tenue suggérait seulement que je ne souhaitais pas être reconnue, mais en rien que ce corps n'avait que dix-sept ans et encore moins que j'étais là pour affaire. Une robe sombre classique et des bottes réhaussaient ma hauteur. En parfait accord avec le style non-mage de rigueur pour ce coin. Je me demandais toujours pourquoi Alexandre avait insisté quand au fait que je devais montrer mes yeux de Basilic et non les garder, comme toujours, dissimuler.

L'ambiance glissa à mesure de l'avancée vers moins de musique et d'alcool, vers les affaires. Enfin, c'était ce que j'espérais quand nous finîmes enfin pour arrêter cette marche et que l'oncle se présenta. Aussi poli que calme, tout ce décors ne l'impactait en rien. Je le savais voyageur et dans le monde magique, le style aussi vieux jeu et ridicules étaient souvent mélanger avec l'excentricité. Rien ne pourrait le faire broncher, hormis quelques merveilles d'ingrédients incongrus. Hors, moi qui avait certes vu le monde, je le redécouvrais une fois de plus avec des sens parfaitement éveiller. La pauvre Ivalyana n'avait quitté sa demeure, où Alexandre la gardait protéger du monde, que pour se rendre à Poudlard. Le reste ne lui était connu qu'à travers les livres. Autant dire que toute cette mise en scène l'aurait effrayée et intriguée en même temps. Pour ma part, je fus charmé. Le tapis sombre éveillait en moins quelque souvenir sanglant, mais fort agréable. L'idée de pouvoir faire couler le sang sans que personne n'en sache rien m'amusait autant que cela me chagrinait. Je refusais toujours de salir ma pauvre hôte, trop chère à mon cœur qui pleurait chaque instant son absence récente. Et ma joie naissante fut aussitôt balayée, laissant pleinement la place à ce désaccord totale face au plant prévu.

Le cris qui se fit entendre derrière nous, me poussa à tourner la tête. Je ne sentais pas l'angoisse frappante et le parfum du sang ne vient pas. Soit, je ne pris donc qu'à la légère les paroles et eut un sourire plus naturel que voulu. Alexandre, lui, dans son rôle de maître du self contrôle, fut bien moins convainquant en fronçant les sourcils avec cet dégout évident. Je me fis violence pour attendre que le maître des lieux se tourne avant de secouer la tête avec dédain. C'était vulgaire et tout simplement, parfait! L'homme à la tenue soigneusement préparée avait un terrain de jeu très travailler. Une possibilité, ridiculement impossible, germa dans mon esprit. Si ce mage était vraiment en accord avec le monde moldu, alors, quand Ivalyana aura retrouver la vie - ridicule n'est-ce pas? - nous pourrions peut-être demander à cet homme de l'aider à s'implanter dans ce même monde. Sauf qu'on ne pouvait reconstruire une âme et encore moins faire vivre un corps sans aucune dedans. D'où la raison logique de mon refut totale de quitter le dit corps! Ivalyana tenait  à ce qu'elle soit la dernière prison vivante et je respectais suffisamment cela que pour refuser le sortilège que l'ordre tenait tant à accomplir.

" Comment souhaiteriez-vous être appelé? " Demandais-je poliment en lançant un regard  aussi incertain que mécontent. Je n'avais qu'une hâte, mettre fin à ce bal ridicule. Plus je gardais ces yeux d'ambre, plus l'envie de me transformer démangeait ma peau. Bientôt, ce sera même ma chair qui fourmillera en m'ordonnant de prendre cette forma bestiale surdimensionnée qui, de toute évidence, serait trop grande pour le couloir et pour les pièces que je devinais petite. Même si, la grandeur de mon aspect premier n'était pas semblable à une telle créature âgée de deux mille ans, je n'en restais pas moins impressionnant.  " On m'a fait savoir que vous êtes baron. " Ajouta très rapidement Alex après ma question. Je lui lançais un œil assez mécontent de ne pas en avoir été informé plutôt. Le noble, tout comme les sang-purs, tenaient au formule de politesse au premier abord.

" Votre grand-père, se joindra à nous? " Formulais-je poliment après un moment. Si d'autre personne devait nous rejoindre, je préférai le savoir et ainsi ranger ces yeux. Le ministère n'apprécierait pas d'apprendre qu'une petite réunion avait eut lieu avec des personnes non tenues par le secret. SI jusqu'ici les aurors ne me couraient pas après, c'était bien parce que je me tenais un minimum correctement. Ils n'avaient pas encore apprit pour la disparition de mon hôte, mais cela viendrait peu de temps après en avoir informé les professeurs. Je n'avais aucune envie de subir une dernière année dans ce château, où de toute façon, je n'avais pas ma place. Certes, j'appréciais les amis de ma douce hôte, mais tous les autres m'irritaient au plus haut point. Partir loin de ces leçons ennuyeuses aussi bien à entendre qu'à étudier me donnaient envie de hurler. Peut-être était-ce aussi dû à l'horrible douleur que de son absence?

1202 Alexandre
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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyMar 14 Juin - 23:28

La suite de la soirée promettait d’être enrichissante pour moi. Bien plus que je n’avais osé l’espérer de prime abord. D’ailleurs, quelle ne fut pas ma joie en constatant que les faibles ne polluent désormais plus les rues londoniennes. Un étrange sentiment que je ne savais guère m’expliquer sur l’instant. De fait, même s’il m’était plus qu’évident que j’allais devoir gérer la suite de ce sordide banquet aux allures de farce avec un tact mesuré, je me réjouissais au moins de la soudaine politesse dont les deux troufions sous mes yeux faisaient preuve, allant jusqu’à sourire tel le diable en Prada gagnant le césar de la pire raclure, à l’évocation de mon titre de noblesse. Sachant que j’allais bientôt troquer ma tenue fort simpliste pour un « complet » bien plus évocateur, je me délectais d’avance du faux respect que ces deux pantins de je ne sais quelle société secrète.
En effet, Sir Van Cress dégoulinait abondement d’une politesse bien trop désaccordée pour mes tympans. Sa nièce semblait bien plus intéressante au premier coup d’œil.

Mais bon, je n’avais pas le temps de m’attarder sur de tels détails. The Show MUST -AND WILL- go on. Et cela commençait avant tout par ma présentation. Je devais cependant peser chaque mot. Après tout, le spectacle de ce soir n’était qu’une tragédie remaniée. C’est donc avec beaucoup de soin que je m’étais préparé à bon nombres d’éventualités, et la plus amusante venait de se présenter à ma porte. Il était temps de la saisir…
Après tout, les convives exceptionnels que je recevais humblement dans cette Batcave revisitée pour ressembler à une maison close ou à un manoir de très mauvais goût… ils avaient un manque cruel de connaissances sur ma famille. Certes, seul mon nom devait leur importer. Mais ne pas avoir pris la peine de réunir plus d’informations allait peut-être leur coûter très cher… Et pour les incultes, la Batcave, c’est la « base secrète » de Batman, sous son manoir…

— Je suis heureux de constater que vous ayez décidé de rectifier vos paroles, commençais-je gentiment, mais je crains de ne point être celui qui se sentit offusqué, Sir.

C’était là une première étape satisfaisante. Me mettre de leur côté face à celui qui nous rejoindrait bientôt, dans l’idée de la charmante nièce qui ne m’inspirait rien. Ni bonnes, ni mauvaises énergies. Juste rien, un vide, un plat. Comme à la piscine, beaucoup d’éclaboussures ou de paillettes, dans le cas présent, bien que ce soit métaphorique. Et derrière tout ça, du vide. Le néant. Le cerveau de la Reine. Diantre, ai-je osé ? Oui.
Reportant brièvement mon regard vers la jeune femme en question à la tenue bien austère, j’ai ainsi répondu à sa question.

— Malheureusement, je le crains. Un invité semble vouloir se glisser dans notre petit entrevu. Ce qui s’avère être une action légitime. Ce que vous cherchez lui appartient.

Cette fois-ci, mon ton beaucoup plus inquiet et résigné m’aiderait à mettre l’emphase sur mon impuissance. Impuissance non mensongère, puisqu’après tout, qui étais-je pour transmettre ainsi des documents sur lesquels je n’avais aucun droit. Tout comme je n’avais aucun véritable intérêt pour ces derniers, si bien que j’aurai pu les transmettre sans faire d’histoires. Le problème, c’est que je n’ai jamais été connu pour être sage ou obéissant. Et que voir mouliner les gens m’apportait une satisfaction inouïe et empreinte d’un sadisme tel que j’aurai pu en jouir…

D’un mouvement rapide du poignet, j’ai jeté un coup d’œil à ma montre, le regard sincèrement lassé. Je me doutais bien que mon expression ne passerait pas inaperçue, tant mieux. Plus les deux personnes devant moi se posaient de questions, plus j’étais heureux… et disposé à épaissir le mystère…

— N’est-il pas étrange que le sang n’ait pas coulé ? Que le corps ne soit plus là ? Je m’attendais à bien plus de surprise dans vos regards, mais je suppose que je me suis ramolli. Permettez-moi de vous escorter au bureau de nouveau. Après tout, je suis sûr qu’un indice nous y attend. Mon aïeul est un homme joueur. Il a beaucoup joué par le passé…

Sans me montrer réellement explicite sur le sujet que j’abordais alors sans prétentions, j’ai laissé mon expression s’assombrir à chaque mot prononcé, une véritable angoisse naissant dans mon estomac, nouant ce dernier. L’idée que feu mon grand-père puisse avoir survécu aux âges me hantait et j’étais en train de m’imaginer tout un scénario où il viendrait se venger de mes petits jeux salissant ainsi sa mémoire et son héritage, aussi glauque soit-il. S’il ne s’agissait au départ que d’un simple exercice pour mieux jouer la comédie, je ne mentais désormais plus. Seigneur, quelle idée terrifiante…

Arborant désormais une expression aussi décomposée que le corps d’un zombie, je pris les devants dans une hésitation toute relative. Sans le réaliser, mon pas était bien plus pressé que ce que j’aurai voulu. Bien plus hâtif et désordonné. Plus naturel aussi, ce qui je suppose, n’était point une mauvaise chose tandis que mes talonnettes martelaient le sol plus vite qu’une imprimante de fausse monnaie n’accomplirait son bien éphémère dessein.

Tout cela pour me retrouver face à un acte qui avait été planifié par mes soins, pour être le plus morbide possible, même si cela avait dû nécessiter… un meurtre. D’un Moldu certes, un criminel tout de même.
J’avais en effet, en bon justicier psychopathe, engagé des criminels des bas-fonds pour incarner mes sbires en cette soirée des plus inhabituelles. Il y avait donc un pendu dans mon bureau. Fraîchement décédé qui plus est, présenté dans la plus grande théâtralité et tenant dans sa main livide teinté de sang, un poignard, une dague… que je ne connaissais que trop bien puisqu’il s’agissait exactement de la même arme que celle qui reposait précédemment sur la moquette du couloir…
Serrant mes poings de toute mes forces, à fond dans mon délire, j’exultais de frustration. Il s’agissait en fait de rage, parce que ça m’énervait un peu d’être là. Toujours est-il que pour rendre cela plus réel, je me suis volontairement enfoncé les ongles au plus profond que je pus, serrant les dents dans le processus, tout en avançant pas à pas vers le bureau et le pauvre mort, qui en soi, l’avait bien cherché.
Récupérant la dague argentée aux fines reliures des mains étonnamment tièdes d’un cadavre qui avait l’air de moins en moins mort, j’ai dû étouffer un rictus en reconnaissant un Irlandais couvert de son propre sang… Ils ont vraiment un grain… Mais au moins, pas de morts…

— Pépé… TU ABUSES !!! ARRÊTE DE TORTURER MES SERVANTS ! Je ne prononcerai pas mon nom ! Et par conséquent, tu retomberas dans l’oubli !! TU AS MON NOM ET MON VISAGE, ET TU TE PERMETS DE M’EMBARQUER DANS TES JEUX ?! VA CHIER VIEUX CON !!!

J’avais dû m’époumonner pour celle-là, alternant entre désespoir et folie dans ma façon de dévoiler ma performance. Sauf qu’il allait bien falloir que je prononce ce fameux nom avant l’entracte. Et je n’avais qu’une seule façon de procéder. Il était temps de faire commencer le véritable spectacle sous le regard d’invités dont je ne me souciais même plus. À la place, je me suis dirigé vers un grand rideau fermé, cachant un portrait de mon ancêtre dans sa magnifique parure victorienne. Et je me suis mis à poignarder le tableau, frénétiquement, jusqu’à ce qu’une épaisse mixture de sang, mon sang, et de pigment rouge utilisé pour peindre, se mette à suinter à travers chaque plaie que je faisais subir au tableau…

— T’AIMES ÇA, HEIN ?! HEIN, JAAAAAAAAAAAAAAAAAACK !!!!!

Enfin, l’entracte ! J’avais envoyé le signal en hurlant ce nom hehe. Un passage « secret » s’ouvrit en réponse, tandis que je simulais une crise. Le but n’était pas d’y faire croire. Juste de gagner quelques secondes tandis qu’au fond du passage s’allumaient des lampes à huile, révélant une bibliothèque, et les livres tant désirés par les Van Cress. Mais j’allais les faire languir encore un peu…
Sans même leur accorder un regard, je me suis alors exprimé.

— Jack Frye premier du nom accepte de vous accorder une audience. Il m’a cependant désigné comme intermédiaire. Je dois suivre ses lois, mais vous aussi. Si jamais vous refusez… Et bien, disons que l’on ne l’a pas surnommé L’Éventreur pour rien… Il estime sans doute que si vous apportez de la valeur à ses recueils, vous saurez faire le bon choix…

D’un geste de la main, je les invitais à s’enfoncer dans le couloir très peu éclairé, pressé d’entendre leurs réponses…
 

(1422 mots)
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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyMar 12 Juil - 11:55

Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés.Jack Frye
La Noblesse, il y avait tant à dire sur le sujet. Une de mes précédentes vie avait été celle d'un vicompte. Du moins, l'une dont me souvenir m'est impossible. Toutefois, puisque l'ordre avait tenu un registre assez élogieux de leurs observations sur ma personne, je pouvais conclure que c'était un fait. Soit, rien ne valait le coup de ma douce sœur Cily, la grande prêtresse, qui fut la princesse de L'empire d'Autriche, à la fin du dix-huitième siècle. Elle en avait bavée, pas autant que d'autre réincarnation, mais cela ne semblait pas lui avoir laissé une très forte impression.

Soit, je comprenais l'importance de tenir compte du rang, mais lequel m'avait-on gratifier à plus d'une reprise? Celui d'un dieu. N'était-ce pas ridicule? Certes, je devais bien être le seul "basilic" à avoir plus de deux milles ans, mais surtout, le premier à avoir vu le jour sans œuf de poule ou de crapaud, le premier à avoir pris forme humaine aussi. L'ordre me vénérait et me craignait, ceux qui me rencontrait devait plutôt me considérer avec prudence. Surtout ces temps si, mon humeur maussade plongeait carrément vers des crises de colères noirs qui finirait très probablement par devenir meurtrière. Raison qui me poussait à quittait cette école de sorcier.


La voix de notre hôte me fit arquer un sourcil. J'avais comme le sentiment de l'avoir déjà entendu, comme la moitié des personnes que je croisais, cela devait aussi être une erreur. Ces mots, quand à eux, me firent pincer les lèvres en regardant Alexandre. Il ne semblait pas en savoir plus, mais au moins, il s'en voulait d'avoir loupé un détail d'arrogance première. "Shira ssi ha sha rissa hé shahha sihérashaa." L'oncle détourna le regard. De toute évidence, il avait compris mes paroles en fourchelangue et jugeait bon de ne pas me contredire, dans n'importe quelle langue. Même si cela pouvait être prit pour de l'impolitesse, que de parler un dialecte rare, incompréhensible et mal vu, je n'en avais rien à faire. Mon ton et mon regard était clairement une réprimande, il n'y avait pas besoin que quelqu'un d'autre la comprenne.

Le ton qu'abordait monsieur Frye ne me plu qu'à moitié. J'avais à nouveau un sentiment de familiarité, mais c'était plus comme face à un charmeur de serpent. Dire qu'un illuminé tentait de m'amadouer avec une flute revenait au même.  Et pourtant, un frisson parcouru mon dos. Une promesse  oubliée. Un cri dont les mots ne deviennent que murmure au loin. " Ce que nous cherchons? " Pensais-je un instant avant de sourire. " Parfaitement, je n'avais juste pas compris que cela ne vous appartenait pas. " Alex approuva, tout en faisant un sourire très poli. Que ne savais-je pas encore? Il se passa une main pour ajuster son col. De toute évidence, lui-même ne savait pas de quoi parlait cet homme. Le tic et les tocs faisaient partie du code courant de l'ordre. Il y avait toute sorte de geste commun qui pouvait modifier un débat. Lever un doigt, regarder dans les yeux, retenir son souffle un instant, faire passer l'air entre ses dents, lisser sa chemise, soit, la liste n'en terminait pas. Pour repérer ces petits riens, il fallait les connaître et savoir quel était l'un des trops nombreux présignes du langage non-dit. Le pire, c'était que je ne parvenais pas à croire que j'avais retenu tous ces gestes au fils des ans. Heureusement que les Smiths n'étaient pas, elles auraient commencé à commenter le Baron sans même qu'il le sache. Dire qu'il aurait alors fallu que je ne laisse rien transparaitre. Dans le cas présent, je me contentais de remettre une mèche de cheveux en place.

L'ambiance passa de l'amadouée et camaraderie à l'angoisse. Je ne comprenais pas où il voulait en venir jusqu'à ce qu'il parle de son ancêtre: Jack Frye! Le fameux ! Homme que je ne connaissais pas. Dont je n'avais pas entendu parlé non plus. Un parfait inconnu dans ma longue liste et il m'était impossible de m'en plaindre. Sauf que c'était du sérieux. L'homme face à nous avait peur, une frayeur palpable qui aurait du me faire réagir gravement comme Al' - Oui, je diminuais son prénom en fonction du niveau de respect que j'éprouvais pour lui - , hors, c'était la faim qui montait. Curieux! Mes sourcils se froncèrent gravement, me rendant presque aussi inquiète du problème de cet ancêtre joueur.

Dès le premier pas sur ce tapis gobant le son de mon talon, je pris d'un froid violent. Le couloir changea, mais je ne m'arrêtais en rien, car ce n'était pas que le chemin qui venait de quitter mon regard, c'était le présent.


Londre 15 Décembre 1856.
Les mains cachées sous les aisselles, le dos vouté, les pieds protéger par des chaussures trouées, Caelius Lumnard marchait dans la neige. Le froid glacial régnait sur la ville accompagnée par ce manteau sans pitié. Le pauvre sorcier n'avait que vingt-huit ans, il ne m'avait jamais sentit. Je n'avais même plus conscience de mon existence. Seul le froid, si mordant, si féroce qu'il vient à moi, m'éveilla pour lutter. Ce fut douloureux, effrayant de sentir la chair et les os changer sans même savoir ce qui avait lieu. Caelius avait cru être ensorcelé, jusqu'à ce que ma voix résonne dans sa tête. Jusqu'à ce que des souvenirs fragmentés de violences me reviennent et l'inonde pour le noyer à jamais.


Une main se posa sur mon épaule. En tournant le visage vers l'homme qui marchait à côté de moi, je reviens dans ce couloir grotesque d'une cave au vingt et unième siècle. Un tremblement me parcouru des pieds à la tête. Ce souvenir n'avait duré qu'un instant. Comme c'était horrible, je m'étais remémoré tout de ce sorcier sans jamais avoir eu autrefois son nom en mémoire. Son existence même m'avait échappée. Tout comme ce besoin : cette terreur. Je ne craignais pas la mort, pas la mienne dû moins. Hors, celle de mon hôte me hantait nuit et jour. Je découvrais que celle de tous mes hôtes me faisaient cauchemarder.

Le visage pâle de Van Cress ne me défigurait pas, il fixait quelque chose dans la pièce. L'odeur me vient, la faim gronda, la vision était aussi incongrue qu'appréciable. Je repoussais sèchement la main d'A. pour entrer dans la pièce. Il hésita un instant avant d'oser pénétrer. Peut-être aurai-je du lui dire de partir? Ce cœur qui était le mien par défaut ralentit. L'air se fit plus rare dans mes poumons. Le parfum étourdissait mes sens et m'embrumaient si férocement que le spectacle qui suivit fut totalement farfelu dans mon esprit.

Je voyais Ivalyana ramasser un couteau. La dague qui changea radicalement son expression. Celle de Frye probablement. Je m'efforçais de garder pied, de repousser cette vision délirante qui pourtant s'imposait. Dans le rôle si bien joué de Jack, je voyais mon hôte. "Monstre… TU ABUSES !!! ARRÊTE DE TORTURER MES AMIS ! Je ne prononcerai pas ton nom ! Et par conséquent, tu retomberas dans le néant !! TU AS MON VISAGE, ET TU TE PERMETS DE M’EMBARQUER DANS TON ENFER?! VA CHIER VIEUX CON !!! " Je savais, en partie, qu'elle ne dirait jamais cela, pas même si elle avait pu de son vivant. Pourtant, la scène se jouait en moi, déchirant mon cœur. Le dit tableau, qui apparu, ayant le même visage qu'elle, avait pourtant mes yeux. Chaque coup de poignard fut ponctuer par un flash, un souvenir, une dague, une lance, une épée, un fusil, toujours des meurtres : les miens !

L'odeur épaisse me fit grimacer. Non pas de dégout, c'était dans ma nature même que de savourer les bonnes choses. SI bien que je luttais pour ne pas me transformer et broyer tout ce qui se trouvait dans cette pièce Ô combien trop étroite pour ma forme première. Une main posée sur ma bouche, je tournais mon regard vers... qui déjà?  L'homme grand aux cheveux sombres s'approcha de moi en fixant quelqu'un d'autre. Un parfum acre et amère me vient. En un instant, ce fut un liquide plus épais que la saveur du sang qui tapissa ma bouche. Le choc fut aussi désagréable que prévu, j'avalais. Cette potion avait permis à ma pauvre Ivalyana de garder forme pendant des mois. J'en avais plus que besoin et la première gorgée fut assez efficace pour effacer mes yeux d'ambres. " Ca va? " Son ton ne cachait pas son inquiétude. Pas plus que ses bras qui m'avaient entouré pour me protéger de cet étrange scène, même si je ne pouvais dire à quel moment il avait réagit.

Les yeux pleins de larmes, parce que cette potion me tordait les tripes ou les détordait. Parce que la vision d'Ivalyana me terrifiait. Sans oublier tous ces visages de haines, de chagrins et de dégouts qui m'étaient revenus dans les dents. " Pouvez-vous ne accorder un instant? Ma nièce est à peine majeur...   Alexandre regarda le pendu, puis le tableau avant de revenir sur ce Jack, maître de cérémonie de toute évidence. Elle n'a jamais vu pareille chose. " Formula-t-il en me gardant contre lui pour marcher vers la sortie présentée. " Rassi shahé rassaha. " Ma prononciation laissa à désirer, mais en sentant Alexandre Van Cress, de son véritable identité Claude-Alexandre Archibale, sursauter avant de plonger ses yeux bruns dans les miens, j'avais la certitude qu'il avait comprit que ce numéro, ce spectacle, cette situation étrange, avait provoqué quelque chose qui aurait pu tourné au drame.

" Serait-il possible d'avoir du thé s'il vous plait. Pour apaiser ma nièce. " Cet était étrange, le voir agir comme un adulte sur lequel Ivalyana aurait pu compter. D'autant plus ridicule qu'il ait oublié un instant que c'était moi : Cily. Par les dieux, je venais presque de le tuer comme sa jumelle!

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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyJeu 14 Juil - 23:31

Le mal-être qui s’est répandu en moi à ce moment-là fut une des expériences les plus traumatisantes de ma vie. Me tenant fièrement devant ce que je considérais alors comme un chef-d’œuvre à la théâtralité morbide, j’ai alors subi une expérience qui me donna un aperçu de ce que le terme folie pouvait signifier. Je n’ai pas tout de suite compris quels étaient les sentiments étranges que j’ai alors ressentis. Ils se sont lentement incrustés, lentement instigués au tréfonds de mes entrailles, à la manière surprenante d’un prédateur paresseux. Quelque chose de lent et d’insidieux, suffisamment pour faire naître un malaise incompréhensible qui étouffait ma poitrine sans pour autant ne m’infliger une réelle pression… pour le moment…

Le tout s’orchestra de façon relativement macabre dans mon imaginaire, au fond à droite. Tout cela à cause d’un jeu vidéo qui me poussa à imaginer un assassin terminant mon existence à l’aide d’une corde à linge, pendant que son crâne luisant brillait de mille feux sous les reflets argentés de la lune dans une ruelle sombre. Voilà comment je percevais le magnifique mal de ventre -aussi fulgurant qu’un cancer ! Ou qu’un lendemain d’une joyeusement susnommée soirée tacos- qui venait de me prendre au corps, même si une partie de mon esprit ne pouvait s’empêcher de le visualiser comme étant la mort venant me punir pour mes errances passées, aussi lointaine soient-elles.
Petite anecdote, si au lieu de prendre la porte au fond à droite, vous prenez celle au fond à gauche, vous risquez de tomber sur des fantasmes personnels concernant une sorcière rouquine bien connue. Et j’aimerais garder cela pour moi… si seulement elle avait été actrice dans une autre vie…

Mais c’est bien, au moins, à ce moment-là de ma vie, j’avais des choses à penser. Hermione, Hermione quand tu nous tiens la b… la barre évidemment, la marine royale, tout cela…

Cependant, mon état n’était pas si reluisant. Avec le recul, je peux me permettre de faire de l’humour, qu’il soit noir arabica ou tout simplement douteux. Et comme vous pourrez bientôt le constater, je délirais énormément. Dans un duel contre moi-même, je me suis cependant bien vite rendu à l’évidence : j’étais visiblement atteint d’une fièvre torride et Madame Granger n’y était pour rien. J’avais juste vachement l’impression d’être sous l’effet de produits illicites… sauf que le seul produit illicite que j’avais en tête, pour le coup, c’était la sociabilité. Ou l’alcool. Sauf que l’alcool n’est techniquement pas illicite en soi, non ? Peut-être qu’en abuser a été le problème…
Voyez-vous, pour me convaincre de ne pas rejeter mes convives, je me suis enfilé plusieurs verres de cognac et de whisky. Dans l’espoir de réussir à accepter l’idée d’accueillir dans mon propre petit coin de paradis de véritables gênes qui ne seraient que le reflet déformé de mon paternel tant détesté.

Mon front commençait d’ores et déjà à se perler de gouttes de sueur qui dégoulinaient gaiement sur mes tempes et mes joues, à la manière d’enfants bien trop jouasses sur des toboggans. Du coin de l’œil, j’observais mes invités et leurs réactions face à mon petit manège, seulement pour les entendre me demander du thé. Et entendre autre chose, une chimère, une impression. Je n’en étais pas sûr, peut-être était-ce un rêve… de toute façon, je n’étais plus en état de recevoir qui que ce soit. Cet état dangereux dans lequel j’étais plongé ferai bientôt ressortir mon véritable visage. Toute ma préparation allait s’écrouler. Quel dommage. J’avais pourtant fait tellement d’efforts…

C’est alors que la folie montra ses premières lueurs, à la manière d’un goût. Une amertume prononcée0 noyant ma cavité buccale dans le désarroi le plus total. Mais bon, soyons légèrement poétiques : Ô douce amertume qui noie ma gorge dans ton flot désastreux. D’une langueur absurde au creux du gouffre désormais infernal et sanguinolent qu’était mon cœur, tu te déversais. Mais eau tu n’étais pas ! Essence, tu étais ! De ta marée noirâtre naquit le brasier psychologique qui embrasa mon corps de l’intérieur ! Tu m’enflammais en silence, laissant mon esprit aux abois tandis que tu le forçais à se nourrir d’émotions subites : une haine sans nom et une colère tout bonnement inexplicable. Fin de ma phase shakespearienne.

J’étais alors au bord de la crise cardiaque pour une raison qu’il m’était impossible de trouver, tandis qu’en périphérie de mes oreilles passaient gaiement quelques wagons de syllabes formant une requête que je n’arrivais pas vraiment à percevoir de façon intelligible. Ma fièvre redoublait de sévérité et s’aggravait à chaque instant. Bientôt, je n’étais même plus capable d’imaginer rester calme. Je commençais à voir trouble et c’est ainsi que je l’ai vu. Il remplaça mon reflet à ma plus grande horreur. Jack l’éventreur. C’était lui que je percevais au cœur du miroir trônant au fond de la pièce, non pas ma propre image. Sauf qu’il avait une position qui n’était pas la mienne. Dans sa tenue d’origine, sa tenue de baron, son visage était masqué par une capuche. Du bout du doigt, il pointait dans une direction. Lorsque mon regard suivit ladite direction, cela menait tout simplement à la dague que je tenais dans ma main, avec laquelle j’avais massacré quelques instants plus tôt le tableau qui représentait ce pauvre monstre d’une ère passée. C’est alors qu’une hypothèse germa dans mon esprit. Une hypothèse qui eut la décence de réussir à me rassurer pendant quelques instants. Tout en me faisant détester ce que je venais de faire.

Mon petit spectacle venait, selon mon hypothèse, de laisser sur moi une marque bien plus profonde que ce que j’aurais pu prévoir, comme les griffes d’un monstre assoiffé de sang se glissant en moi, en perforant mon existence jusqu’aux moindres recoins de mon âme si pervertie par la décadence de l’humanité, l’alcool, l’argent, et probablement les prostituées peu farouches que l’on peut retrouver aux abords de quelques pubs n’ayant rien de recommandable, dans le vieux Londres.
Je m’explique : il est possible que les ingrédients utilisés pour la pigmentation de ce vieux tableau soient toxiques. Peut-être qu’en ayant tranché dans la toile avec une lame nettoyée au préalable… et bien peut-être que j’avais créé une réaction chimique dangereuse, suffisamment dangereuse pour me mettre aussi mal que lorsque j’ai appris pourquoi l’on venait me déranger en cette soirée étrange.
Et vu que mon rythme cardiaque, lui, s’amusait sans doute à essayer de battre des records impossibles, en faisant de son mieux pour gravir pas à pas les marches d’une échelle qui me rapprochaient petit à petit de la Mort, je me disais que cette hypothèse était plausible. Si bien que j’étais persuadé de la chose suivante : bientôt mon cadavre s’étendrait sur le sol.
Ma poitrine, comme subitement compressée sous un énorme poids, me faisait comprendre que quelque chose n’était définitivement pas normal. Peut-être qu’une surexposition à des produits dangereux allait mettre fin à ma vie de la façon la plus stupide qui soit. Cependant, ce n’était pas tout…

Il n’y avait pas que mon corps qui partait en vrille. Il y avait aussi mes ressentis, mes émotions. Pour être franc, mes émotions, je ne les comprenais pas. Je ne les comprenais plus. Je ne comprenais plus rien. Il n’y avait plus que la colère et la haine. Mais, envers qui ? Envers moi-même ? Non. Envers mes invités ? Pas vraiment, sincèrement. Ou était-ce la colère et la haine de quelqu’un d’autre ? Si c’était le cas, comment aurais-je pu le ressentir ?

J’ai d’ailleurs mis du temps à me rendre compte que mon visage était crispé par les émotions néfastes qui parcouraient mon existence sans me laisser de répit, me forçant instinctivement à me recroqueviller. Comme si je me tordais de douleur, sauf que cette dernière n’était pas physique. Je me souviens m’être peu à peu renfrogné en me mordant la lèvre inférieure jusqu’au sang. Je pouvais sentir l’entièreté de ma dentition pénétrant ma fragile chair si appréciée des dames, créant une microscopique crevasse de laquelle se mit à jaillir un liquide aux accents carmin et au goût ferreux, tandis que j’étais dans l’incapacité de cacher mon état, tant mon corps était paralysé dans cette position inconfortable détruisant ma dignité au passage.

Évitant ainsi de regarder les deux personnes qui m’avaient suivi jusque dans ce bureau dont je venais de massacrer une des plus belles pièces, à savoir le tableau de mon ancêtre, je me suis retourné avec difficulté. La sueur commençait à perler le long de mon dos désormais, joignant mon front dans cette activité surprenante qui ne manquait pas d’augmenter mon inconfort tandis que ma tenue commençait à coller à ma peau. Je n’avais plus envie d’être joueur. Cette situation me mettait dans un état lamentable.

« Jack… mon bon vieux Jack… j’osais espérer que tu serais plus résistant… »

Une voix sortie de nulle part. Résonnant dans ma propre tête. Que m’arrivait-il donc ? Était-ce cela, la fameuse malédiction de la dague de mon grand-père ? Encore une fable stupide transmise dans la famille… du moins, c’est ce que je croyais à ce moment-là.

Dans un éclair de lucidité, faisant fi de la possibilité où mes invités me dévisageraient, je me suis tourné vers le bureau, à la recherche de la dague en argent soi-disant source du maléfice familial. Chaque mouvement de mon corps devenait un calvaire comme si celui-ci pesait plusieurs tonnes et menaçait de se briser à chaque mouvement comme du verre. Et c’est là que j’ai compris la véracité de cette soi-disant « malédiction ». Dès que mes yeux se sont posés sur elle.
Ma vision devint encore plus trouble, et mon cœur se mit à trembler tandis que je m’appuyais des deux avant-bras sur le bureau, bavant mon propre sang qui continuait de dégouliner de ma lèvre, le regard vide.

« Jaaaaaaaaaaaaack… fistooooooon… il faut se reprendre… »

Ça y est, ai-je pensé. Tu deviens fou, Jack, me suis-je dit. Surtout que ce n’était pas la voix de mon père. Et surtout, vu le manque de réaction des deux autres personnes dans la pièce, j’étais probablement le seul à percevoir ces mots qui résonnaient de plus en plus dans mon esprit. J’ai donc pensé à une réponse, sans la prononcer, en me disant qu’avec ma chance, la saloperie qui était en train de me faire passer du côté obscur de la force capterait cette réponse hasardeuse qui n’était autre que : vous n’avez pas la voix de mon père, merde !
Bien évidemment, la voix m’a répondu.

« Nous avons quasiment le même visage, ne te fous pas de ma gueule, tu es forcément mon fils. »

La folie, la folie la plus folle. J’en étais désormais persuadé. Il n’était pas possible que j’entende mon grand-père décédé depuis je ne sais pas combien de décennies. Et minimum deux siècles. J’espère. Je ne suis pas doué en histoire. Mais bon, quitte à être fou, autant répondre ceci : certes, je suis un de vos descendants, j’ai votre visage, j’ai même votre prénom, mais je ne suis clairement à votre fils, bienvenue au vingt et unième siècle…
Encore une fois, une réponse, teintée de surprise et d’amusement, même si le fond restait violent.

« Intéressant… il m’a fallu si longtemps pour trouver quelqu’un de suffisamment similaire… notre lien semble plus fort que ce que j’espérais, au final. Si tu veux aller mieux, il va falloir que tu réussisses à me calmer. Le problème c’est que les satanés serpents dans cette pièce semblent avoir oublié que nous sommes des Frye, tout comme il semble avoir oublié de qui tu descends, moi, en l’occurrence. Je vais faire un effort afin de rendre ton existence immédiate plus facile. En échange, remets-leur les points sur les I. »

Sa phrase terminée, j’ai pu retrouver un contrôle plus adéquat sur mon propre corps, presque instantanément, ce qui avait tout de surprenant. Mon cœur se calma, et je pus retrouver une emprise plus adéquate sur mes membres. Suffisamment pour envisager de répondre aux demandes qui m’avaient été adressées, en transmettant les désirs de mon ancêtre au passage… je ne comprenais cependant pas sa haine non dissimulée au cours de l’histoire pour ceux qu’il avait appelé des « satanés serpents ».
Personnellement, je n’avais rien contre tous ces beaux parleurs fourchelang, je crois que c’est le nom. Ils sont juste trop fades au travers de mon regard de joueur compulsif. Mais pour le peu d’informations qui composaient mes maigres connaissances sur ce sujet bien trouble car dénué d’intérêt à mes yeux, mon grand-père avait apparemment un jour confié publiquement qu’il les détestait plus que tout au monde. Ceux qui parlaient ainsi. Alors que techniquement, il pouvait le parler aussi…

Pour tout vous avouer, même mon père, feu cet enfoiré de première et grand fanatique des premières heures, n’en savait guère plus au sujet de cet ancêtre si incroyable pour beaucoup. Écrivant ses propres recueils d’une façon que lui seul pouvait comprendre, d’une manière bien cryptique, je doutais même que mes étranges camarades de fortune ne puissent en tirer quoi que ce soit. J’avais moi-même essayé de lire ses livres. Ils étaient cryptés par un code qui n’avait rien de sorcier, pardonnez-moi la petite blague… au contraire, il s’agissait d’un procédé bien plus démoniaque de mon propre point de vue. Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de code. Seulement des ramassis de mots assemblés à l’arrache que seul l’écrivain pouvait comprendre.

Que faire, tandis que j’essayais de garder mon calme alors qu’une envie de meurtre était en train de prendre possession de mon esprit. Une envie de massacre à l’égard de la… je n’aurais jamais pensé parler ainsi d’une jeune fille que je ne connais pas… la pu… sale petite catin… -je fais de mon mieux pour rester un minimum courtois, je vous jure-, cette petite sous-évolution de matières fécales qui salit mon précieux parquet, et dont les rejets bactériologiques s’incrusteront bientôt dans les rainures du bois et sur les joints…
J’ai envie de la planter. J’en meurs presque d’envie, pour vous dire. Mais ce désir doit probablement venir de mon grand-père, et non pas de moi. Leur servir du thé ne serait pas un problème, mais dans mon état, je devais probablement passer pour un psychotique. Il allait donc falloir que je la joue fine, ou que je profite de mon état actuel à mon avantage. Je n’avais plus vraiment intérêt de surjouer quoi que ce soit, notamment la souffrance et le malaise, puisque c’était réel. Il n’y avait plus de poudre aux yeux. Tout était désormais réel.

— Un thé, soufflais-je les dents serrées. Oui, bien sûr, un thé… laissez-moi juste… quelques instants.

C’est à ce moment que je l’ai remarqué. J’hallucinais de plus belle. La dague, toujours dans mes mains depuis le début, était désormais aussi sur le bureau. Alors, la plantant dans ce dernier, à l’endroit exact où l’illusion se trouvait, je l’ai tirée vers moi à maintes reprises, massacrant le meuble sans une once de regret en balançant des copeaux de bois dans tous les sens. Et si vous voulez mon avis, ce bois, c’était de la merde.

« Tu te mets à penser comme moi. Je posais souvent cette dague sur mon bureau. J’ai l’impression que connecter nos esprits est bien trop perturbant pour ta personne. Il faudra t’habituer. Maintenant, si tu voulais bien faire l’effort de rappeler aux intrus qui nous somment, j’accepterais de rendre ces quelques instants plus faciles à vivre pour toi, et en guise de bonne volonté, je vais commencer dès à présent… »

Diantre, qu’il était chiant ! Il ne peut pas me laisser cinq minutes pour me calmer ? Là, là je redeviens moi-même. Mais cette fois-ci, suite à cette pensée, je n’ai perçu qu’un rire retentissant et sincère. Le pauvre psychopathe de l’ère victorienne adorait que je lui tienne tête ou quoi ?! Non mais sans déconner ! Merde ! Suivi d’un « tu me plais ». Je n’ai qu’une chose à te dire, l’ancêtre : ta gueule !
Bref, où en étais-je ? Ah oui ! Le thé ! Le thé. Le thé… Hmmm… Du thé… avais-je du thé ? Je suis beaucoup plus américain que British, dans mon style, voir irlandais. J’ai de l’alcool, mais je n’ai pas de thé… par contre, cela m’inspirait encore plus, en alternant entre folie furieuse et décontraction totale.

C’est donc avec un énorme sourire distordu affiché sur le visage, que je me suis redressé avant d’arranger mon costard. Et je me suis mis à réfléchir à voix haute, en laissant mon faciès se retrouver son expressivité habituelle tout en tapotant ma lèvre inférieure à l’aide d’un mouchoir de soie pour faire disparaître le sang, qui Dieu merci avait fini sa course sur un tapis dégueulasse que je ne comptais pas garder de toute façon.

— Du thé… Du théééééé… Hmmm… Un chocolat chaud j’ai… j’ai de quoi faire un grog aussi… mais du thé… je haussais les épaules, perplexe. Du thé, ce n’est pas ma tasse de thé, justement. Je ne suis pas British, je suis irlandais. Laissez-moi réfléchir…

En prononçant le fameux « laissez-moi réfléchir » je me suis amusé à pointer mes convives du bout de la dague, dans une gestuelle digne d’une vieille pub des années quatre-vingts, j’étais maniéré et un peu trop enjoué. Après une pause qui ne dura que quelques instants, j’ai repris la parole.

— Je suis navré… je n’ai pas définitivement pas ce que vous demandez. Par contre, peut-être que vous pourrez faire quelque chose pour moi. Voyez-vous, mon grand-père vient de vous décrire en usant d’un triste colifichet. Avant que vous ne posiez trop de questions, sachez que moi seul peux l’entendre, à mon plus grand malheur. Ne parlez plus jamais votre satanée langue reptilienne, sinon il va me punir de nouveau de la façon dont il vient de le faire, puis il s’en prendra à vous, je n’ai pas envie de payer les pots cassés à sa place…

Ravalant ma salive avec beaucoup d’hésitation, j’ai trituré mes boutons de manchettes pendant de longues secondes en essayant de créer un plan qui me permettrait de me sortir de ce qui s’annonçait d’ores et déjà comme un conflit ouvert étant donné que mon aïeul ne semblait pas avoir sa langue dans sa poche, ainsi que bien trop d’orgueil. Me déplaçant habilement jusqu’à l’autre côté de mon bureau, en passant derrière celui-ci pour éviter de me rapprocher des deux personnes que je venais ouvertement de remettre à leur place sans en avoir le véritable droit, j’ai fait sonner une petite clochette. Instantanément, un de mes « sbires » rappliqua et je pus ainsi quérir son aide afin qu’un chocolat chaud soit préparé pour la jeune femme qui… je ne sais pas en fait…

— Finn, veux-tu bien préparer un chocolat chaud pour la jeune demoiselle ? lâchais-je, avec un violent rictus quant aux origines de son nom.

— Un grog, ça serait pas plus efficace ? Faut la requinquer, la donzelle, non ?

Je ne savais pas comment réagir face à la réponse de mon allié momentané. Par contre, en guise de petit bonus de culture générale, voici une légère explication sur les origines de son nom. Il s’agit du nom d’un héros de la mythologie irlandaise, sauf que dans la version originale, le nom en question donne « Fionn mac Cuumhaill ». Les gens avec un peu de jugeote comprendront pourquoi je rigole autant…
Et pour revenir sur le reste de l’histoire, j’ai décidé d’abandonner la politesse. Ce que je venais de vivre quelques instants plus tôt avec mon grand-père m’avais convaincu qu’avoir accepté la venue de ces deux personnages était la chose la plus stupide que j’avais accepté depuis belle lurette…

— Elle pourrait refuser, Finn. Mais je t’avoue que l’idée fait rire mon grand-père…

— Va pour un chocolat, alors, patron ! Je reviens vite ! Passez votre bonjour à votre aïeul pour moi…

Le pauvre garçon ne se doutait pas à quel point ses derniers mots pouvaient être lourds de sens, surtout maintenant. Il partit bien vite en quête du Graal, sauf que celui-ci n’allait pas contenir le sang du Christ mais bien du lait et du chocolat, probablement avec une pointe de cannelle, puisque ce dernier avait l’habitude de foutre de la cannelle partout… mon grand-père en profita pour lâcher un commentaire… je m’en serais bien passé, mais de toute façon, moi seul pouvais l’entendre. Et pendant environ une minute, j’ai littéralement parlé seul devant deux inconnus.

« C’est un bon gars… mais si tu veux me faire plaisir, retourne le basilic… de toute façon ce n’est qu’une coquille »

Je vais être honnête, sur le coup j’ai pensé à la cuisine. Des coquilles, probablement des coquilles Saint-Jacques, et du basilic. Mon cerveau n’a pas vu plus loin tandis que je patientais péniblement, debout, comme une quille qui attendait sa triste fin, à savoir de se faire percuter au bowling par une grosse boule pleine de testostérone, même si ce n’était pas vraiment le profil de Sir Alex. Seulement plutôt que de garder cette discussion secrète, j’ai décidé de répondre à haute voix, afin que tout le monde puisse profiter de l’échange. Même si chaque mot était entrecoupé d’un violent fou rire tant la situation me paraissait absurde.

— Grand-père… tu n’es pas clair. Des coquilles Saint-Jacques ? Du basilic ? Comment je peux retourner du basilic dans des coquilles Saint-Jacques ? Je ne suis même pas dans une cuisine…

« Retourne la gonzesse… »

— … C’est pas mon style… elle manque de qualités notables. Je préfère les plus forts volumes.

« Dans ce cas, fait couler des litres de lait… tu sais, je commence vraiment à apprécier ton humour… »

— Mais que faire si elle dispose d’une intolérance au lactose, d’ailleurs ? Peut-être est-ce pour cela qu’elle désire du thé ?

« Crois-moi, elle préfèrera une bonne grosse saucisse à un tas de feuilles de thé. Toutes les victimes avaient le même profil… des coquilles qui ne demandaient qu’à être remplies… après tout, c’était majoritairement des prostituées… je ne me souviens même plus pourquoi j’ai autant tué, d’ailleurs… »

Je n’avais plus une once de respect pour personne. J’ai attendu qu’il finisse sa phrase avant d’éclater de rire. Je ne m’attendais pas à ce genre d’humour de la part de celui qui avait reçu le surnom d’éventreur. Plié en deux, sans donner plus d’explications, j’ai apprécié l’arrivée de mon serviteur, qui apporta, dans la plus grande moquerie, si ce n’est la plus grande escroquerie du siècle, un mug de chocolat chaud sur un plateau d’argent. Et gaiement je m’exclamais alors :

— Madame est servie !

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Légende :

Violet : Jack Frye
Rouge foncé : Jack l'éventreur (que seul mon personnage entend, je suis catégorique sur ça... et j'ai choisi ce rouge parce que BLOOD, fin le sang quoi, les meurtres...)
Orange : Serviteur (un Irlandais => Roux => Orange... Oui c'est un cliché.)
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Ivalyana Van Cress
Ivalyana Van Cress
Indépendant

Parchemins : 387
Âge : 17 ans ◄ 30 Avril 2000 ►


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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyLun 25 Juil - 23:40

Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés.Jack Frye Le numéro n'avait que peu de valeur artistique, si tentait qu'il fallait avoir conscience que cela en était un. De mon point de vue, très bien mal placé, je venais d'assister à une horrible et effrayante personnalisation même de ma crainte: le rejet de ma défunte hôte. Cela me glaçait le sang tout en me brulant la peau. Mes idées ne voulaient pas s'éclaircir, si bien que parler dans ma langue natale ne me surpris pas. Cela ne paru pas choquer Claude-Alexandre qui me gardait contre lui, sans doute pour me rassurer. Ou peut-être était-ce simplement pour ne pas que je vacie sur mes jambes engourdies par la potion anti-métamorphose? Je l'en remerciais mentalement tout en tentant de trouver une logique dans la folie que montrait ce Jack Frey. La seule chose qui me vient en tête fut que nous étions très loin de l'homme dont nous avions besoin. Ce type avait de sérieux problème, presque aussi grave que le mien, hors je n'étais que maudit depuis deux milles ans.

La violence repris brusquement. Je ne pouvais voir l'homme poignarder hystériquement son mobilier, mais je l'entendais. Une mélodie sa familière, je me retenais de jurer, mais trop tard, des souvenirs me noyèrent de plus belle.

Caelius, sa peau glacé par la nuit de travail et les mains usées par le travaille de la pelle soupirait. Il n'avait reçu que six sous pour le cadavre qu'il venait de déterrer. Ces foutus étudiants en médecines auraient sa peau, si ce n'était pas son patron qui lui réclamait toujours plus de taxe pour pouvoir travail sur son territoire. Foutu gang, foutu vie. Il se refusait d'utiliser la magie, parce que c'était l'œuvre du diable et que si quelqu'un le voyait s'en servir, il serait pendu haut et court. L'idée même lui donnait mal à la gorge. Il avait été trainé au sol, la corde au cou, par un policier quelques mois plutôt. L'horrible scène le hantait tellement que son coeur battait plus vite. Ce fut par chance qu'un ami qui trainait avec son groupe vient en son aide, sans quoi, il n'aurait pas survécu. Peut-être que cela aurait été mieux au final? Il était au début du moi de Décembre et il n'avait pas un rond en poche. Les nuits étaient de plus en plus froide, se trouver un coin près du feu devenait cher. Manger encore plus. Alors réclamer à son raquetteur de le laisser un peu en paix, cela revenait à demander la mort. C'était justement ce qu'il allait faire en entrant dans la taverne répugnante. Le chef se leva en le voyant, Caelius secoua la tête en crachant quelques mots, mais rapidement, tout bascula, sans raison, sans logique.

Comme en cet instant dans ce bureau. L'odeur du sang collait dans ma bouche. La colère folle qui martelait le bois s'arrêta. Le souffle saccadé me parvenait, un murmure lointain qui se faisait une place par dessus les battements de cœur effrayé de l'homme qui me tenait. La réalité revenait doucement, avec cette voix qui parvenait à articuler derrière ses dents deux mots. " Un thé. " La situation reprit vie et la colère pulsa de plus belle en moi. Ce Caelius me tapait sur le système, ne  pouvait-il pas rester dans sa tombe? Pourquoi me souvenais-je de lui à ce moment précis? Dans ce coup gorge où nous avions osé poser le pied en quête de quelque chose qui n'y était, de toute évidence, pas !

Par dessus mon épaule, je parviens à distinguer l'homme. Ce Frey... Frey?! Comment ça Frey? Je ne connaissais pas de Frey. J'avais bien connu un Jack, mais pas de Frey. Seulement un nom énoncé dans une discussion. Un nom lu dans un livre ou deux. Mais son visage. Les souvenirs voulaient m'avaler, m'agressant pour refaire surface avec cette rage noire et cette soiffe de sang. Il en était hors de question.

" Le fourchelangue ne vous dérangera plus. " Articula dans sa mâchoire crispée l'oncle. Mon regard glissa vers son menton. Ses bras me gardaient prisonnier de son étreinte, ce qui était pas agréable, mais soit. Il avait l'air en colère et méfiant. De droit, c'était lui qui nous avait conduit jusqu'ici pour rencontrer ce fou furieux! Ce dernier décida donc qu'un chocolat chaud était la seule boisson sans alcool et chaude qu'il pouvait servir. Je voulais protester, je préférais un wysky que cet amertume répugnante dans mon gosier. Je n'avais jamais compris pourquoi Ivalyana l'aimait tant!, mais aucun son ne quitta ma bouche. Soit, j'abdiquais en silence, me résignant à cette horreur à peine plus agréable que la potion que j'avais avalée plutôt.

D'un pas infime, Alexandre nous recula, j'en profitais pour glisser une main vers la baguette qui refusait de m'obéir correctement depuis qu'Iva s'était estompée pour de bon. Dans le même temps, l'alchimiste fit de même, mais avec bien plus d'aisance que moi. Je le savais peu doué pour les sortilèges du quotidiens, mais il brillait dans ceux de défenses. Ces boucliers magiques autours de sa maison valaient dix fois ceux de Poudlard. Hors, c'était bien tout ce que pouvait faire l'homme avec sa baguette. Son truc c'était les potions et même son professeur avait de quoi être fière !

Les paroles, énigmatiques, du Jack Frey, me furent d'une clarté choquante. Deux possibilités logiques me vinrent aussitôt. Soit il était un réincarné, ce qui était presque impossible, le seul réincarné n'était autre que ma sœur, prise au pièce avec moi. Ainsi, la deuxième idée était la plus logique, l'homme était en combat avec un horcrux. Le trouver serait plus compliqué. J'aurais pu prétendre que ma nature et mes sens m'y aideraient, mais c'était faut! Je n'avais pas ce don et je ne l'aurai jamais. Alexandre semblait avoir remarqué que le comportement de l'homme s'aggravait, non pas de minutes en minutes, mais de secondes en secondes.

D'un bout des doigts, je pinçais doucement mon gardien bien que porteur correspondait mieux. Alexandre baissa seulement les yeux tout en gardant en vu le noble farfelu. J'articulais sans son un seul mot " Horcrux. " et il approuva d'un hochement de tête. J'enchainais, puisqu'il semblait avoir compris, en lui disant de la même manière qu'il fallait qu'on dégage plus vite qu'un vif d'or. Il approuva à nouveau.

Le rire, désagréable, fut coupé par l'entrée du serveur. L'homme avait l'air ridicule avec son mug sur un plateau. Je me gardais bien de dire que la situation était des plus pathétiques et qu'il était donc tant que nous partions. Toutefois, Alexandre attrapa le mug d'une main calme et l'apporta à son nez. Expert sans égale, il jugea avant de me le tendre. " Et si nous revenions à la raison de notre visite? " Proposa-t-il en me laissant assez d'espace pour boire ce breuvage que je ne pouvais que trouver désagréable. Au moins, il atténua quelque peu l'odeur du sang et la saveur de la potion. Bon, le chocolat chaud remontait dans mon estime. Il finit quand même dans mon ventre en un temps record. " Mon oncle à raison. Il semble toutefois y avoir méprise. Nous ne demandons rien, mais nous apportons quelque chose. " Ma voix n'était pas de meilleurs, loin de là, je devais paraître malade.

Doucement, tout en gardant le mug entre mes doigts engourdit et ma baguette, je fis lentement demi-tour pour faire face à ce fou. " Nous avons trouvé des journaux ainsi qu'une dague appartenant à l'un de vos ancêtres. Je pense que mon oncle s'est mal exprimé en organisant cette rencontre. Nous désirons vous remettre ce qui est votre héritage retrouvé. " De beaux mots articulé avec plus d'assurance, mais ce n'était que ça. Des mots. Alexandre ne dissimula pas plus sa baguette en passant sa main dans son manteau pour en sortir les deux livres et la dague, soigneusement emballer dans un épais tissus. " A l'origine, nous voulions vous demander un service après vous avoir rapporté ceci, mais vous avez l'air de ne pas être en mesure de nous aider. " Alexandre se montra bien plus ferme et vindicatif. Il ne voulait pas insulter, mais informer qu'il avait changer d'avis et certainement pas en bien. J'approuvais totalement en silence.

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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptySam 6 Aoû - 20:02

Je n’aurais jamais cru que la lassitude surgirait pour m’accabler aussi vite après les avoir écouté pendant les quelques secondes qui me parurent s’éterniser au-delà des espérances du Très-Haut en quête de la lumière qu’est son enfant. Une référence que je doute voir comprise. Mythologie nordique. Un peu de culture ne fait pas de mal…
Toujours est-il qu’au vu de leur comportement récent, je m’étais vraisemblablement mis en danger. Un danger que seul un simplet n’aurait su déceler. Malheureusement, je n’avais pas le luxe, la chance, d’en être un. Ignorer la pièce qui se jouait désormais devant mes yeux plus longtemps aurait été un crime. J’étais peut-être connu pour être un joueur aux manières compulsives, mais je n’étais pas suicidaire, considérant que ma vie devait s’étendre le plus possible sur son chemin, aussi poussiéreux soit-il, parsemé de gravats, de sang et de larmes.

Il était temps pour moi d’arrêter mes pitreries compulsives. Cela me déplaît d’y repenser, mais à ce moment précis, mon père me vint à l’esprit, ainsi que les leçons qui composèrent mon enfance dans une symphonie de hurlements et de douleur. Heureusement pour lui, ce n’était pas physique. Il ne fit saigner que mon cœur, brisa mon âme, et en répandit les éclats au plus profond du Helheim. Les enfers, si vous préférez. Qu’Hel me pardonne, je ne suis pas un homme du Nord, mais je me suis réfugié dans les contes des vikings durant une bonne partie de ma jeunesse, d’où mon incessant besoin d’y faire référence, tandis que ma véritable nature risque d’émerger. Une nature beaucoup plus proche de celle de mon ancêtre.
C’était peut-être cette proximité qui lui permettait de communiquer avec moi. Ce pustuleux pragmatisme, changeant chaque mot en un jet d’acide. Chaque pensée en une morsure acérée triturant ma conscience à la minute où mes émotions s’insinuent dans le labyrinthe mental dans lequel j’étais piégé tandis que je cherchais une solution à mon problème actuel. C’est alors que la voix de mon grand-père résonna, comme pour me guider tout en me rappelant l’évidence…

« Ils te mentent, ou bien ne savent pas la vérité… du moins pour la dague. La seule véritable, tu la possèdes. Quant à ces livres qu’ils prétendent détenir, tu peux les accepter, à condition que tu me laisses t’enseigner comment les retranscrire correctement. Puis tu brûleras les originaux. Bien sûr, nous ne ferons cela que si nous approuvons leur valeur par une marge conséquente. »

L’écouter était amusant, malgré la gravité de ma situation. Ma précarité s’effaça quelques instants. Un sourire en coin sur le visage, j’ai longuement observé les gens qui semblaient avoir décidé que j’étais dangereux. Autant aller dans leur sens, en apparence.

— Je comprends mieux ! Cela me semble aussi plus logique, je dois vous l’avouer avec le plus grand soulagement. J’avais espoir que ma petite farce vous rebute, car je pensais sincèrement qu’il y avait erreur sur la personne. Si vous me le permettez, je vais cependant vous apporter les quelques œuvres que je possède.

Marquant volontairement une pause, j’ai planté mon regard dans celui de l’homme, mais au lieu de le regarder comme avant, j’ai tenté d’être sincère. Un regard franc, honnête, qui n’avait, je l’espère, plus rien de psychotique. J’ai ensuite continué à parler, mes mains bien trop occupées à sortir l’étrange dague de son charmant tissu. Il s’agissait sans doute d’un manque de respect que de baisser les yeux pour observer un tel travail d’orfèvrerie, mais je voulais m’assurer qu’il n’y avait aucune arnaque. Qui sait, je pourrais peut-être la revendre à bon prix…

— Je n’ai aucun intérêt pour les actes de mes ancêtres. Pour les engagements de ma famille. En toute franchise, je serais plus qu’heureux de me débarrasser de tout ce qui peut me rattacher de près ou de loin de mon putain de paternel…

Ça devait leur faire bizarre. Parce que pour la première fois depuis le début de la rencontre, je ne faisais pas semblant. Je suis même sûr que mon ancêtre a ressenti ma franchise. Cependant, il choisit de se taire, préférant sans doute observer la suite de la soirée…
Moi, j’ai soupiré. Un long soupir, le plus long de ma vie. Puis je leur ai tendu leur cadeau, après l’avoir patiemment réemballé en sifflotant. Je ne voulais pas d’un objet sans intérêt. Ça ne me ressemblait pas. Ça n’avait rien d’amusant. Ça ressemblait juste à une tentative sans véritable recours afin de faire couler de l’eau dans le gaz pour détendre l’atmosphère. Après tout, ils étaient ici pour les œuvres de mon grand-père. J’allais leur apporter, mais bon courage pour repartir avec. Après tout, j’avais essayé de les toucher… j’avais frôlé la mort…

Sans plus d’indications, je me suis dirigé vers le fond de la pièce. J’avais construit cet endroit avec beaucoup de soin, pour pouvoir toujours faire quelque chose d’inattendu. Ma plus grande fierté était un mécanisme caché qui me permettait de faire tourner les murs, afin de dévoiler la bibliothèque de mon grand-père ainsi que sa tenue d’époque. Il me suffisait juste de dévoiler la bibliothèque, pour que mes invités puissent jeter un coup d’œil. Si les livres avaient une quelconque pour eux, ils pouvaient librement tenter de les récupérer, à leurs risques et périls. Ça ne me concernait pas plus que ça.

De mémoire, le petit mécanisme se trouvait caché par une statue miniature de Vénus. J’ai toujours aimé les femmes. Une fois activé, les murs se mettraient à pivoter sur eux-mêmes. J’avais testé le système plusieurs fois pour m’assurer qu’il fonctionnait correctement. Il ne me fit pas défaut. La bibliothèque se révéla rapidement tandis que le mur à ma droite, faisant face au tableau désormais meurtri, se mit à pivoter dans une lenteur relative. Ce n’était pas le signe d’un désir de théâtralité… la bibliothèque était juste lourde, très lourde. D’elles-mêmes, pour commencer. C’est du bois massif. Il m’a fallu trois Irlandais bourrés de testostérone et de whisky pour la soulever. Rajouter une trentaine de livres au calcul nous fit vite comprendre, lors de l’élaboration du système, que si je ne voulais pas sortir de mon budget, il faudrait accepter la lenteur du mécanisme. Au moins, ça ne faisait pas de bruit.

Je me souviens, pendant que ça pivotait, j’ai croisé les bras en tapant du pied, parce que j’attendais. Et puisque je n’avais plus besoin de prétendre quoi que ce soit, j’ai ouvertement râlé envers mes propres décisions…

— Si j’avais su que créer un système aussi débile, juste pour une soirée, ça me ferait glandouiller autant, j’aurais investi mon argent ailleurs, nom de Dieu… tout ça pour des livres que je ne peux même pas toucher, au risque de mourir… Quelle merde… Au moins, il y en a une trentaine, des livres…

Je venais de révéler une information importante. Libre à mes convives de la croire ou non. En effet, à chaque fois que nous essayions de nous saisir de ces étranges recueils tout droits sortis d’un film d’horreur, nous étions frappés par d’étranges malaises dont l’origine était bien évidemment magique. Je ne sais pas ce que mon ancêtre avait foutu, mais il était clair qu’il avait des systèmes de sécurité beaucoup plus sophistiqués qu’un simple cadenas…
Comme pour confirmer, ce dernier décida qu’il était temps de me répondre, tandis que je me demandais silencieusement s’il était possible de prendre ne serait-ce qu’un seul livre en main, sans risquer de choper la peste ou le choléra…

« Il y a un moyen… »

Pas plus d’informations ? Tu te fous de ma gueule ? C’est quoi ton moyen ? Si je veux pouvoir refiler ses livres à qui de droit, il me faut une explication, une solution, une marche à suivre… quelque chose de pratique, si possible. J’ai dû le penser si fort que j’ai obtenu une réponse juste derrière…

« Il te suffit de porter ma tenue, précisément, mon gantelet. Donc, puisque j’ai observé ton esprit, fait pivoter le second mur. Invite donc ces sorciers à essayer de toucher mes livres. Laisse-les donc subir mes maléfices. De toute façon, nous ne pourrons pas porter le gantelet. Il n’accepte que ceux qui partagent avec moi des liens du sang, les liens les plus directs. Tu es le seul à pouvoir porter la tenue du baron Frye, toi, gamin qui porte le même prénom que moi. Tu es le seul à pouvoir leur dévoiler le contenu de mes œuvres. Et tu es le seul à qui je peux dévoiler la méthode pour comprendre le code que j’utilise lorsque j’écris. »

Espèce de taré ! C’est la seule chose à laquelle j’ai pensé, en entendant sa voix nasillarde résonner dans mon esprit. Elle était teintée d’amusement, il était en plein fou rire… pourquoi se faire chier à créer un procédé si complexe ? Pourquoi ?! Qu’est-ce qu’il y gagne, le tueur de filles de joie de l’ère victorienne ?! Rien. Qu’est-ce que vous voulez qu’il y gagne ? À part, emmerder sa descendance, je vois pas. Éclairez-moi. Je vous en supplie. Je craque. Et surtout, salut vient pas à l’idée que les sorts modernes sont peut-être plus évolués, et que peut-être, je dis bien, peut-être, son plan va foirer aussi misérablement que sa propre vie ?! Une vie, je le rappelle, durant laquelle il éventra une majorité de prostituées londoniennes, jusqu’à ce que ce terme, jusqu’à ce que cet acte, lui offre un surnom… tu sais, papy, quand tes amis te disaient « éventre-les de bas en haut, fais-toi plaisir », c’était sans doute une métaphore, pas un conseil littéral…

Malgré tout, quand j’y pense, je suis rassuré de me dire qu’à ce moment-là, malgré toutes mes pensées hystériques, je restais calme, peut-être grâce à lui, peut-être Grace à ce flegme meurtrier que j’avais hérité de lui. Être capable de transpirer la béatitude et la plénitude alors que mon subconscient brûlait plus de gomme qu’une voiture pendant les vingt-quatre heures du Mans.
Maintenant, il fallait que j’active un second mécanisme, et j’ai la flemme de dire où il se trouve, afin de faire pivoter un autre mur, pour révéler, toujours dans une lenteur qui ferait passer un escargot pour rapide, la tenue bien-aimée. Selon les dires de l’hérétique qui me servait de grand-père décédé coincé dans une dague, le gantelet de cette dernière était le seul objet permettant de se saisir des livres. J’allais attendre que mes invités se penchent d’ailleurs dessus, avant d’enfiler la totalité de la tenue comme un débile. Cependant, il fallait que je leur explique pourquoi je dévoilais un tel attirail. Un attirail si vieux que seul un serpent desséché aurait pu reconnaître cette parure digne du plus grand bourgeois de Londres…
Par contre, hors de question que je mâche mes mots… ça commençait de plus en plus à me saouler, après tout.

— Bon, voilà les livres, faites-vous plaisir, cassez voler donc dessus, apparemment ils sont ensorcelés. On peut pas les prendre en main, à moins de revêtir la parure qui est lentement en train d’apparaître. Je n’invente pas, malheureusement. J’ai autre chose à foutre que de faire l’idiot, désormais, notamment, assurer ma survie, vis-à-vis de vos baguettes. Et avant que vous me demandiez, je serai plus que ravi de vous laisser la revêtir. Sauf… apparemment… pour mon plus grand malheur, il n’y a que les héritiers directs du porteur originel, à savoir Jack l’éventreur, qui peuvent l’enfiler. Une magie du sang, quelque chose d’obscur, je ne veux pas en savoir plus. Essayez donc de récupérer vos manuscrits, moi je vais douiller. Enfiler ce truc seul me semble impossible…

Jack Frye
Esprit de Jack l'Éventreur

PS : voici la "parure" dont je m'inspire ouvertement, pour t'aider ^^

de devant : https://i.pinimg.com/474x/25/c6/5e/25c65e4b2c1e704e17d00863d59c6541--game-concept-concept-art.jpg

de derrière : https://i.pinimg.com/474x/80/68/17/80681781fe8b4c45fa17a9facc4af192.jpg
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Ivalyana Van Cress
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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptyLun 12 Sep - 1:41

Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés.Jack Frye La situation brillait d'un ridicule sans nom. Le numéro dramatique d'un fou hystérique n'avait aucun charme. D'autant plus que je n'y assistais que par fragment. Entre Jack Frey qui, malgré son beau physique, se montrait plus que dangereux et les souvenirs de Caelius qui déboulaient avec un timing agaçant, je me demandais pourquoi Al ne nous avait pas encore transplané ailleurs. Lui fallait-il une invitation en quatre exemplaire avec la signature de tous les membres du ministère en bas de page? Je me le demandais sérieusement. Au moins, il eut le bon sens de se souvenir de la raison de notre venu dans ce lieu... déconcertant. Je me retrouvais donc à tendre ls objets que l'homme prit sans la moindre gratitude.

Son attitude changea du tout au tout. Il sembla moins tourmenté par la folie alors qu'un sourire, répugnant, glissa sur son visage. Je me retenais de cracher sur son tapis, son visage ou de rouler des yeux. Mon regard s'efforça de fixer ce pauvre bureau agressé en vain. Le bois aurait besoin d'un ponçage en profondeur. Son propriétaire aussi, bien qu'avec un chiffon suffirait. La sueur qui coulait sur ses tempes me répugnait profondément. Comme le chocolat chaud que j'avais pourtant réussi à avaler. Que Vanellope me pardonne, mais plus jamais je ne laisserais du chocolat toucher les lèvres de ce corps ! C'était bien là le seul désaccord de goût grave que je pouvais reprocher à la charmante Gryffondor.

Le ton qui fit sortir les mots de Jack Frey me fit serrer les dents. Je reculais pour retrouver ma place près d'Alexandre qui, contrairement à ses habitudes, n'était vraiment pas de bonne humeur. J'avais bien noté que sa nervosité première face à ce rendez-vous était dû à l'espoir fou que Jack puisse nous donner un coup de baguette pour réaliser un sortilège tout aussi insensé. L'espoir de sauver sa nièce l'avait aveuglé si fort qu'il avait mis le corps de celle-ci en danger en entrant dans la gueule du loup. Je ne craignais pas de ne pas être capable d'empêcher qui conque de blesser la chair que j'habitais. Hors, ce n'était pas le cas d'Alexandre. Il s'était mis à penser que ce vestige restant d'Ivalyana était sur le point d'être détruit. D'où sa peur sans nom face à la situation théâtral que Frey nous avait montré. Alors quand ce dernier laissa comprendre que c'était une farce de mauvais goût, Alexandre l'aurait bien pétrifier sur place. L'idée me tentait aussi d'ailleurs. Sauf que je n'avais pas été assez stupide pour croire qu'elle pouvait être sauvé. C'était trop tard pour une telle chose ! Et même si, plus que tout au monde, je voulais pouvoir la savoir en vie et croire que par miracle elle pouvait subsister quelque part, je m'étais fait à la raison. Son âme avait été dévorer par la mienne, comme tant d'autre au part avant. Autant dire que cela ne me donnait pas une opinion acceptable de ma personne. Mon amour propre tendait vers le dégoût profond et la haine sans fin. Et malgré cela, malgré tout ! Je ne pouvais m'empêcher d'être déçu, terriblement, par cet inconnu que j'aurai préféré savoir fou enfin de compte. Quoi qu'il l'était peut-être bien, puisqu'il insista pour nous montrer ses livres.

Le regard que reçu l'oncle du jour fut accueillit avec toute la froideur du monde. Il posa sa main sur mon épaule d'un air protecteur. Je me mis à le supplier intérieurement de nous transplaner hors de cet endroit. Ce qu'il ne fit pas. Malgré sa colère, sa douleur flagrante, il écouta ce qu'avait à dire l'homme. " Chaque famille possède un individu que nous souhaitons faire disparaître définitivement. " Ses doigts pressèrent mon épaule et je ceux alors qu'il pensait à Adelmort. Son souvenir seul me crispa de rage. Si Ivalyana avait choisi qu'il n'aurait plus sa magie et qu'il vivrait enfermé parmi les non-mages. Ce n'était pas mon cas. J'avais bien hâte de trouver une excuse pour aller le voir et lui arracher la tête des épaules. Sa mort apaiserait un peu mon humeur, mais cela n'effacerait jamais le mal qu'il avait fait. " La mort ssseule n'est pas sssuffisante. " Grondais-je
en sifflant de colère. Il ne manquait presque rien pour que mes yeux retrouvent leur couleur bestiale, même sous l'effet de la potion. Je pouvais sentir l'ombre de mes écailles lutter contre l'élixir.

Soit, nous étions, pour la première fois, tous les trois d'accord. Certain individu causait trop de tord et n'aurait jamais dû exister. Cela aurait pu être un bon point de départ. S'il ne tombait pas déjà bien trop tard dans la rencontre chaotique. Après tout, qui accueillait ses invités avec un cadavre? L'Egypte antique me manqua brusquement. Ses coutumes, qui devaient désormais sembler étrange et même folle, avaient toutes un sens si profond.

Sans explication, le maître des lieu nous fit dos pour tripoter une sublime statue. Je me doutais bien que ce n'était pas tout à fait ce qu'il faisait. Quoi que le bon sens semblait lui manquer. Enfin, peut-être pas tant que cela. Un mécanisme s'activa et les murs bougèrent. Une idée me vient aussitôt en tête avec la force d'un géant. J'arquais un sourcil avant de tourner le menton vers Alexandre qui paru avoir la même pensée que moi. Je vis alors mourir sa colère pour cette déception naissante. Elle fut arrosé d'une potion de croissance rapide que Jack Frey se mit à pesté sur la lenteur ridicule de son mécanisme. " Seriez-vous un cracmol? " La question s'était échappée de ma bouche avec toute la bienveillance du monde ! Non, pas du tout, je fis preuve d'un étonnement presque méprisant. Je n'avais rien contre les rejetés de la magie. Les parents d'Ivalyana étaient charmants et il vivaient une vie des plus agréables et honnête. Le soucis, c'était que ceux qui n'avaient pas accès à la magie ne faisait pas bon ménage avec ma nature. J'avais eu plus d'un hôte cracmol et cela avait tourné vinaigre très tôt. Tout comme avec des non-mages. Ceux qui avaient gardés le plus longtemps leur identité, c'était ceux qui avait une magie puissante.


Alors que nous nous retrouvions devant des livres ensorcelés et poussiéreux. Mon attention glissa vers le visage, pressé de partir d'Alexandre. Il comptait utiliser sa baguette pour identifier le sortilège sur les ouvrages, car l'information n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, qu'il fut interrompu par la voix de Frey. Nous nous tournâmes avec une belle synchronisation pour faire face au maître des lieux dans sa nouvelle tenue. " Par les Dieux !" M'exclamais-je avant de sentir une main se poser sur mon épaule. Je n'eus le temps d'entendre le discoure de Jack. Je supposais donc que le contact fut celui d'Alexandre s'inquiétant sans doute de me voir devoir pâle. Ou peut-être tombais-je?

C'était le son des pas dans la nuit qui attirèrent l'attention de Caelius. Il ne pouvait l'expliquer, mais il l'entendit. Quelqu'un le suivait de loin. Notre regard glissa dans la rue. Déserte. Silencieuse. La brume légère offrait un abris léger. La même puanteur que Paris. Sauf que nous n'y étions plus. Le body snatcher avait décidé que l'Angleterre aurait sans doute plus d'argent à donner. Il n'eut tord. Ses poches se remplirent mieux. Ses habits furent changer. Pourtant, quelque chose avait remplacer la faim. Un individu le poursuivait. Nous poursuivait. Les yeux d'ambres, nous fûmes plus apte à trouver quel être au sang chaud avait jugé bon que la nuit pouvait le cacher. Il était là. Proche et loin à la fois. Une ombre caché. Quand notre regard trouva le sien, il sortit de l'ombre. Sa tenue promettait la discrétion. La mort. Qui était-ce?
Aucune idée.
Il fut rapide. Son visage dissimulé par l'obscurité vient sur Caelius. Il n'eut pas le temps de sortir sa baguette. Le premier coup, décisif, frappa entre les côtes. " Pourquoi? " La question n'aurait jamais de réponse. Je n'étais pas encore assez conscient pour même savoir que j'avais fait du tord par le passé. Le jeune sorcier repoussa son agresseur. Ma magie le dévora, sa chair, ses os, son sang, son âme, Caelius fut engloutit en un instant. La douleur et la peur se muèrent en colère. La violence qui se déchaîna ne servit à rien. Mortellement blessé. Je m'effondrais en peu de temps. Le corps meurtrit allait rester ma prison. L'agonie de la mort ne quitterait pas la chair, tout comme le cycle de ma malédiction tarderait à débuter.

La sortie de se souvenir fut plus pénible encore. La lame qui m'avait poignardé se faisait encore sentir. Ce n'était qu'un souvenir. Je savais que le corps d'Ivalyana n'avait rien. Le sang que je sentais ne provenait pas de moi. Pourtant. La douleur était si vive, si tenace que je posais une main sous mon coeur. Il battait. Fort. Il battait. L'entendre et le sentir me soulagea.

Puis le monde me revient. Je tenais sur mes jambes. Alexandre avait passé un bras autour de mes épaules. Il ne comprenait pas ce qui venait de m'arriver. Cela n'avait duré qu'un instant. Quelques secondes tout au plus. Hors, c'était une vie entière que me revenait en mémoire. Et avec elle sa mort. Son agonie. Une partie de ma malédiction que j'avais oublié.Je ne pouvais quitter le corps qui me servait de prison tant que le coeur de ma sœur battait. Il y avait fort à parié, que cette information se trouvait quelque part. Peut-être même dans les notes de l'ancêtre de Jack Frey. Je n'eus plus aucune envie de partir à la hâte.

Iv
Al
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Ξ Sujet: Re: Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV   Proposition, mystères, que les secrets soient dévoilés. [Biodag Airgid] PV EmptySam 15 Oct - 19:28

Quel séjour ! Quel voyage que celui que j’étais en train de vivre ! Sans avoir à me mouvoir au-delà des bien tristes frontières de mon bureau ! Honnêtement, c’est une situation de plus en plus ridicule, qui me force à constater que la notion d'amusement que j'espérai tant éprouver au début de cette rencontre fortuite toutefois soigneusement planifiée, n'était alors qu'une chimère à l'arrière-goût bien amer et insoluble, à l'inverse du temps alors gaspillé. Pour être tout à fait vérace, Je n'ai même plus la force de raconter les événements qui vont suivre, dont le contenu tend à m'échapper plus je m'efforce de m'en souvenir, par onces de regret, de lassitude et de dégoût. Tout ceci devient un devoir futile qui se perdra sans doute dans la purée d'insignifiance composant mon existence passivement effritée par un legs que j'aimerai enfouir tant il me saigne chaque jour. Un peu à la manière de verre pilé incrusté dans mes poings après avoir brisé mon reflet, un énième jour de frustration.
Un acte dont l'inutilité semble de plus en plus briller dans ma conscience éparpillée aux quatre vents ces jours-ci. Le paroxysme, imaginez.  
Mais je dois meubler, meubler autant que possible, dans un effort, je cite, de préservation du Patrimoine. À l'heure où j'écris ses mots, mon patrimoine ne vaut cependant pas grand-chose, et croyez en mon expérience, cela n'a rien d'étonnant. Ah, le PATRIMOINE. L'HÉRITAGE, si vous préférez. Cette chose abstraite que l'on s'évertue selon moi à définir par un mot qui nous évoque alors quelque chose de concret, réalisant ainsi un parfait oxymore, à condition qu’à l’instar de ma personne, l’on refuse de laisser des biens matériels aux futures générations. Je peux vous assurer qu’ils n’obtiendront rien de factuel de ma part…

C'est donc dans cette optique que je vais ainsi continuer de vous raconter mes mésaventures nocturnes au chevet de deux courges, les enfants... Quoique... Quels enfants seraient suffisamment instables émotionnellement ou mentalement, pour me lire dans mes mémoires ??? Mes enfants ???? J'ai réussi à en avoir ??? Peut-être... Nooooooon... Ou alors... Quelle idée cauchemardesque !

Je ne dois plus y penser ! L'idée d'un mini moi m'horripile, que ce soit un garçon ou une jeune fille. SURTOUT si c'est une jeune fille. Par ma faute, son éducation serait catastrophique ! J'entends déjà sonner le glas de la masculinité, achevée par un coup de talon aiguille dans mes parties intimes... Pensons à quelque chose de plus édulcoré ! Continuons donc notre bien belle histoire ! Celle où je m'évertuais à sauver ma peau, vous vous souvenez ?
Vous savez, celle avec l'oncle louche et surprotecteur aux manières de pédophile en fin de vie sous Xanax avec assistance respiratoire, et sa prétendue nièce aux manières serpentines dont le sourire forcé m'évoquait subconsciemment des pubs pour le traitement de la constipation chronique ! La même petite fiote qui a osé tirer la gueule quand elle a reçu du chocolat chaud ! Quand j'y pense, après tout ce temps, c'est toujours pas passé, j'ai toujours cette rancune enfantine envers elle... Même si son physique l'éloigne d'une enfant et la rapproche d'une égérie Victoria Secret ou... Playboy, au choix. Je veux dire, apparemment, selon Papy, le panel de choix s'étendait dans des frontières assez vastes, jusqu'aux reptiles... Erk... imaginez les sensations... Les mots de pépé à ce moment-là, quand l'hypothèse a fusée dans mon esprit, ils m’ont suffisamment marqué pour que je m’en souvienne...

« N'oublie pas petit... Les serpents possèdent une grande gueule et aiment bien gober... Après, je suis certain que dans son cas à elle, faudra forcer un peu... Elle a l'air si fragile, elle me rappelle mes victimes... Ou quelqu'un... »

Oui, vous avez bien lu. Ça ne volera jamais très haut avec lui, sauf si vous désirez vous lancer dans le meurtre en série avec… un gros couteau en arme de prédilection, à l’ère moderne. Blague à part, pour une raison qui m’est toujours obscure à l’heure d’aujourd’hui, pépé l’Éventreur commençait à faire une fixette presque malsaine sur l’un de mes deux convives. Pas Mister Xanax heureusement. L’autre, la chieuse au fourchelangue. Déjà, sur le moment, j’avais des doutes, mais je pensais que la source de son obsession succincte trouvait sa source dans l’utilisation de ce dialecte sifflant pour lequel il exprimait un si grand dégoût…
Et puis, j’étais bien trop occupé pour réellement me pencher sur la question, qui franchement n’éveillait guère d’intérêt chez moi.

En effet, mettant toute mon énergie à la disposition de ma volonté alors bien diminuée, je devais désormais enfiler la parure, pour ne pas dire, le risible costume d’arlequin qui faisait autrefois la fierté de mes ancêtres. Comment étais-je sensé réussir ?! Ce machin avait l’air de peser un mort, avec tout ce cuir épais. Afin d'enfiler la parure de cet esprit vengeur de malheur avec plus de facilité, ce dernier eut la bonne idée de lâcher un commentaire en réponse à mes arrières pensées dont la nature n'était clairement pas qualifiable d'innocente, tant je pestais sur ses habitudes vestimentaires à la limite du ridicule ! Donc, pour m'encourager, le fossile spirituel qui squattait ma conscience se transforma, l'espace de quelques interminables minutes, en une véritable commère...

« Enfile le bas d'abord... comme avec les femmes. D'ailleurs, ça serre sur les hanches. Ça va te mouler le fessier mon pauvre, même la gamine ne pourra pas te le gober... »

Non mais ne pouvait-il pas la fermer, honnêtement ? Il préférait que je la séduise ou que je la tue, miss chocolat-j ‘aime-pas ?! La deuxième option semblait au demeurant bien plus réalisable que la première bien que ce soit une activité que je qualifierai d'hasardeuse... Pas impossible cependant. Mes indésirables momentanés semblaient avoir omis une importante information depuis le début de cette tonitruante masquerade aux airs de péplum théâtral de seconde zone. Je n'étais pas le seul sorcier du périmètre. Il y avait énormément de bons sorciers à mes côtés, parmi la sécurité et les danseuses, entre autres...
Il est vrai que je craignais pour ma vie. Mais avec du recul, mes convives auraient remarqué ceci : Même si leur survie devait s'affirmer comme irréfutable, ça laisserait toutefois des marques...

Mais bon, pantalon d’abord heh. Quel chieur lui aussi ! J’ai seulement besoin du gantelet, pourquoi m’emmerder à glisser l’entièreté de cet apparat de carnaval sur ma personne ?! Ça rajoute quoi ? Du flow ? Enfiler la tenue entière me permettrait de devenir le portrait craché de l’ancien, au mieux, et je ne voyais pas l’intérêt. Du coup, j’eus droit à plus d’explications, enfin !  

« Je veux que tu portes ma tenue, point. Il y a quelque chose que je dois vérifier. Cette femme me dérange. Une impression de déjà-vu. Et puisque tu sembles être ma copie conforme… »

Il n’y a pas que lui qui souffrait d’une forme de malaise, maintenant. Lui était curieux et voulait confirmer des choses, moi j’espérais que mon casier judiciaire ne s’entacherait pas s’il décidait soudainement de faire de moi son complice dans l’hypothétique pièce macabre se déroulant dans mon cerveau, pendant que j’enfilais rapidement le pantalon de tissu noir, tout aussi sombre que les aspirations de son porteur originel. Ensuite venait les bottes… Mon dieu qu’elles montaient haut. Par contre, mention honorable pour la semelle et les talonnettes. J’aime bien quand je marche et que ça fait toc-toc sur le sol…

La suite de l’habillage se déroula sans accroc tandis que, comme un enfant, je m’émerveillais devant les prétentions d’une telle tenue. Toutes ces broderies, ces fils d’or soigneusement cousus à la main par des experts, jusque dans les finitions. Même le fameux gantelet d’argent était gravé d’une tête de lion… Cet habit hurlait « Je suis riche, peut-être démodé, mais toujours impeccable ! »
Et je ne pouvais qu’approuver, me regardant dans un miroir de temps à autre.

« Parfait. Je ne te forcerais pas à enfiler la capuche… quoique fait-le, je la portais quand je sortais. J’ai hâte de voir la réaction de cette catin qui a recommencé à siffler sa putain de langue ! Sectionne-lui la langue, tu as une dague pour réussir ! »

Du caaaaaaaaaaaaaaaalme ! L'utilisation répétée du fourchelangue semblait vraiment faire passer ce bon vieux Jack l'éventreur pour un épileptique mexicain à qui vous venez de couper la priorité. Ou du moins, les S avait été roulés et permettez-moi de vous dire, ce n'est pas sssexy, c'est sstupide.
Même de mon point de vue.
Faut arrêter les mauvaises blagues. Je connais l'histoire du monde des sorciers, je n'aime pas les serpents, je suis cardiaque, s'il vous plaît, stop. Arrêtons de siffler des dents, c'est malpoli ! Elle ne comprenait pas, la gonzesse, qu'il fallait éviter ? Que mon père, cet enfoiré de première, cette raclure de premier choix, ce bachi-bouzouk, m'en soit témoin, papy était en colère et ma santé mentale commençait progressivement à s'enfoncer dans les abysses. Pour rappel, l'humanité n'a toujours pas fini d'explorer ce qu'il y a dans les abysses. Je pense que je vais faire une percée capitale… à base de gros calamars, de poissons cauchemardesques et d'autres horreurs que je n'oserais nommer… comme cette garce qui siffle des dents, par exemple. Voyez, je ne la nomme pas, je la définis.

Par contre, maintenant que ça me revient, ladite garce m'a posé une question intéressante pendant que je râlais sur la lenteur du mécanisme que j’avais exempté de magie, par excentrisme. Un excentrisme qui allait s’amplifier avec les années.
Mais sur le coup, je ne savais pas de quoi elle parlait exactement. Jusqu'à ce que le tueur en série hantant mon esprit me donne une explication.

« Elle veut savoir si tu es un non-mage. Ton excentricité va finir par te faire défaut. Un cracmol est une personne dénuée de pouvoirs magiques, mais née dans une famille de sorciers. Et vu ton étonnement, j’ose te dire que oui, ça existe, elle n’a pas fumé la moquette… »

Oh… C’était plus clair. J’ai pensé à la réponse à offrir pendant longtemps, préférant la technique de la sourde oreille, au départ. Comme pour les conforter dans l’idée que c’était le cas. Ils allaient surement me dénigrer. Cela me donnerait l’excuse parfaite pour devenir froid envers eux. Mais vu que c’était une question, et non pas une affirmation, cela méritait réponse.
Mais avant de la donner, j’ai attendu qu’ils se tournent vers moi, mon regard braqué sur eux, habilement dissimulé par la capuche qui, je l’espérais, me donnerait un air plus agressif. L’exclamation de la Miss, ce fameux « Par les Dieux ! », m’a extrêmement amusé. Il avait quelque chose de malsain et de savoureux à la fois.

D’un, on aurait dit du blasphème. Le blasphème, ça m'excite. De deux, j’y ressentais une forme de surprise, suffisamment forte pour que cela éveille ma curiosité.
C’est ainsi, sous le regard d'un homme qui avait probablement envie de me tuer, et celui d'une jeune femme au regard autant embrumé que quelqu'un qui consomme de la drogue, que j'ai répondu à la question que l’on m’avait posé, un sourire au visage. Sauf que mon grand-père voulut d’abord me donner quelques conseils, semble-t-il, pour renforcer mon impact, mon poids dans la situation…

« Prend un rythme lent et décontracté, autant dans ton élocution que dans tes gestes. La gamine est vraiment surprise, et tu vas en jouer. Cesse ton petit numéro habituel. Je sais comment tu raisonnes. Comme moi. »

Avais-je été percé à jour avec autant d’aisance de la part d’un meurtrier bourge hantant une arme ? Apparemment oui. Comme vous le savez déjà, je suis un excentrique. Je m’en vante fièrement. Ce que je cache plus souvent, c’est mon attrait pour la manipulation et la fourberie en général… plutôt légitime vu mon passé familial.
Je comprenais donc facilement les instructions de mon aïeul. Je devais arrêter de volontairement passer pour un ignare incapable de comprendre leur intérêt pour mes livres, par exemple. Très bien, faisons ainsi. C’est dont dans un parlé volontairement lent, entrecoupé de courts silences me permettant d’amplifier l’emphase sur mes paroles, que je me suis exprimé, choisissant mes mots avec délicatesse.

— Si je puis me permettre, Sir Van Cress… Loin de moi l’idée de remettre en question l’éducation de votre nièce, aussi adorable sa frimousse soit-elle… Mais… Le regret s’empare de ma personne.

Ma phrase se terminait de façon nette. Ma voix, joviale au départ, venait de s’endurcir sur les derniers mots tandis que je prenais ma première pause, faisant lentement le tour de mon bureau, mes doigts gantés glissant délicatement sur le bois lustré, de la même façon qu’ils effleureraient la douce peau d’une amante… ou d’une victime…
Mes pas résonnèrent en rythme sur le parquet, soulignant mon agacement. Il résonnait en moi tel une mélodie, une symphonie de dédain et de frustration. Je n’étais sans doute pas le plus pur des sorciers, mais de là à ternir mon nom… Même pour moi, c’était un outrage, et en tant qu’héritier de la famille, en tant que Baron Frye, je ne comptais pas ignorer l’affront.

Sans même accorder un regard à môsieur ou à sa nièce sans éducation apparente, j’ai récupéré la précieuse canne-épée fournie avec la parure familiale.
Faisant prestement volte-face, j’ai frappé le sol de la canne en silence, mon regard verrouillé sur la jeune femme.

— Il est temps de remettre les choses en perspective si vous désirez poursuivre ce rendez-vous. Pour cela, rien de plus simple. Que l’enfant s’agenouille. J’ai conscience de l’outrage que représente ma demande, cependant…

Un nouveau silence, plus prononcé que le précédent. Je me suis alors saisi de la dague à mes côtés, que j’avais posée sur le bureau, le temps de me changer. Et je me suis mit à jouer avec, à la faire tourner, ce genre de petits jeux uniquement pratiqués pour passer le temps ou pour impressionner autrui. Sauf que mon but était tout autre. J’essayais de me détendre. Pour ne pas balancer cette arme blanche dans la gorge d’une des deux personnes en face de moi…

— J’ai aussi subi un outrage que je ne peux laisser s’effacer de lui-même. Pour la gouverne de votre nièce, je ne suis pas un cracmol. Ce genre de petit dérapage peut coûter cher, monsieur Van Cress, et j’ose espérer que vous avez réalisé… que c’est désormais en tant que Baron que je m’adresse à vous.

J'ai marqué une nouvelle pause durant laquelle je me suis rapproché, le temps de me saisir d’un livre prit au hasard, glissant par ailleurs la dague dans un étui apparemment prévu à cet effet, situé là où un holster aurait pu prendre place. Le titre de l’ouvrage poussiéreux ne m’évoquait absolument rien. Ce n’était pas important. Tout ce que je voulais, c’était que l’homme à qui je m’adressais précédemment sans même lui accorder un regard puisse digérer mes paroles, que ce soit agréable pour lui ou non. Je n'étais plus à ça près de toute façon.
Tout ce merdier, juste pour quelques pages couvertes d'une encre composée à soixante-quinze pour cent de sang de serpent. Papy venait de me donner l'info, sa voix imbibée de sarcasme tout comme j'avais envie d'imbiber mon corps avec de l'alcool pour essayer d'oublier au plus vite la présence incongrue de deux personnes qui ne savaient apparemment que se couvrir de honte et insulter ceux qui comme moi faisaient l’effort de les recevoir.

— Il est triste de constater que mon excentricité a été perçue ainsi par votre nièce, mais je me vois obligé de lui en tenir rigueur. Comme disait mon père, toute erreur doit être corrigée. Durement. Surtout si j’applique, en bon héritier, sa vision de l’éducation.

Un ricanement à peine perceptible s’échappa de ma bouche. J’en étais à citer mon père pour qui je vouais toujours une haine sans nom. J’appliquais désormais sa philosophie.

— Sinon, j’ai remarqué une habitude serpentine dans sa façon de s’exprimer. Était-ce là une provocation ? Je pensais pourtant avoir été clair…

Tournant légèrement la tête vers la jeune femme, levant momentanément les yeux du livre que je feuilletais pour la forme, j’ai ainsi terminé par un clin d’œil, la main droite posée nonchalamment sur la dague, en attente de leurs réponses…
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